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Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé

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Kei Hynawa

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MessageSujet: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Dim 14 Mai - 16:32


J’étais assis dans une pièce qui m’était étrangement familièrement. J’y avais passé une bonne partie de mon enfance enfermé avant d’avoir eu le courage de mettre le nez dehors. Ma mère ne venait pas me voir. Personne ne venait jamais. J’étais l’intrus de cette famille. L’être que l’on veut voir disparaitre du plus profond de son cœur. Bizarrement je n’entendais pas les bruits extérieurs comme à l’époque. C’était la seule chose qui me rappelait que j’étais en vie. Que j’existais un tant soit peu dans ce monde. Et pourtant, là je n’entendais rien. La pièce s’assombrissait même de plus en plus. Le fin filet de lumière qui filtrait par les volets fermés de la fenêtre autrefois ne perçait plus. J’étais plus seul que jamais. Il faisait plus sombre. Trop sombre même. Encore plus que lorsque la nuit tombait.  J’eus même jusqu’à avoir l’impression que la cellule qui me retenait prisonnier se réduisait de minutes en minutes. J’avais un mauvais pressentiment. Je frottais énergiquement mes bras pour me rassurer. Le rétrécissement de la pièce n’était pas un fruit de mon imagination. J’entendais le grincement des meubles que les murs poussés. Les livres sur les étagères commençaient à tomber. J’avais beau tambouriner à la porte qui me coupait du monde, personne ne répondait. Aucun bruit ne me parvenait de l’extérieur. Je criais dans l’espoir que ma voix atteigne quelqu’un. Les murs se rapprochaient. Les objets du fond de la pièce étaient déjà en train d’être écrabouillé sous la pression. Je m’époumonais sans que cela n’y change quelque chose. J’allais finir écraser comme les livres ou la bibliothèque avant moi. La distance entre les murs et moi diminuaient dangereusement. Les bras tendus parallèlement au sol, mes mains rencontraient l’obstacle. Je n’avais pas la force de le repousser. Dans moins d’une minute, je pourrais dire au revoir à ce monde. Mes bras fléchirent.  Je commençais à me sentir à l’étroit. Sept. Six. Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un. Zéro.

J’ouvris d’un coup les yeux. Je clignai plusieurs des paupières et posa ma main sur ma joue. Un rêve. Je me redressai pour me retrouver en position assise. Ce n’était qu’un rêve. Ou plutôt un cauchemar.  Je reprenais lentement mon souffle. J’essuyai la sueur qui coulait de mon front. Depuis combien temps n’avais-je pas fait de songe sur mon passé ? Depuis mon arrivé à Nordkia peut être. Je ne savais plus très bien. Je posai les pieds au sol. Ma main toujours posée contre ma tempe, je me disais  que je n’aurai peut-être pas dû prendre part à ce concours de beuverie hier soir. Je soupirai tout en me rendant dans ma mini salle de bain pour me rafraîchir. J’avais trainé dans un bar la veille pour récolter des informations pour l’un de mes commanditaires. Et je m’étais laissé emporter…  J’avais bu un verre, puis deux au bar avant de me trouver un bon camarade de boisson sur ma droite. Nous avions enchaîné les culs secs jusqu’à ce que mon adversaire s’écroule sous l’effet de l’alcool. Je n’étais pas ivre lorsque j’étais rentré. Juste un peu éméché. Mais visiblement cela avait suffi à me faire faire des cauchemars. Je soupirai une nouvelle fois. L’eau froide passa de mes mains à ma figure. Je répétai cette opération plusieurs fois, histoire d’être bien réveillé. J’attrapai un t-shirt beige couvert de taches noires que j’enfilai avant de faire la même chose avec un pantalon de couleur plus sombre. Je regardai mon visage dans le miroir fissuré. Machinalement, mon index suivit le tracé de ma cicatrice sous mon œil gauche. J’attrapai mon fond de teint pour l’appliquer sur cette marque du passé et la faire disparaitre pour la journée. Au fait, quelle heure était-il ? Le réveil n’avait pas sonné. Ou alors je n’en avais pas le souvenir. Je retournai dans la pièce principale où prônait une horloge. Huit heures trente. Je déglutis lentement avant de comprendre que j’étais en retard. La journée commençait bien…

J’avais attrapé la première veste qui traînait et l’avait enfilé à la va vite en sortant de chez moi. J’étais en retard. Et pas qu’un peu ! Les dockers commençaient souvent leur ouvrage dès les premiers rayons de soleil. Avec un peu chance, on n’avait pas encore remarqué mon absence vu mon habitude à être discret. Mais ce n’était une raison pour abuser de l’horaire ! Je courais à perdre haleine. Je bousculais une personne sur dix en lâchant un « désolé » sans même m’arrêter. Je n’avais pas le temps pour ça ! Mon pied à terre se trouvait pas très loin de la « frontière » entre les Ghettos et les quartiers commerçants et bien vu de Nordkia. J’avais donc une petite trotte à faire pour arriver à destination. La population dense de femme en train de faire leur marché ne m’aidait pas vraiment à avancer non plus. J’empruntais donc les ruelles moins passantes mais qui rallongeaient la distance à parcourir. J’avais couru pendant une bonne dizaine de minutes avant d’apercevoir enfin mon lieu de travail au loin. Lorsqu’il me restait une centaines de mètre, je ralentis pour terminer ma course en marchant. Je devais prendre mon poste discrètement. Ne pas me faire remarquer. Je passai par la porte de derrière. Je rejoignis les vestiaires où se trouvait mon casier pour prendre mes outils et rejoindre mon plan de travail. Discrètement. Encore quelques mètres et c’était dans la poche…  

- « Ah Kei ! Tu t’occuperas de ce gamin aujourd’hui. »

- « Mais chef, je…. »

- « Y’a pas de mais qui tienne ! Et au boulot ! »

Je soupirai discrètement en regardant le "stagiaire" qu’on me collait au basque aujourd’hui. Décidément, ce n’était pas mon jour…


Dernière édition par Kei Hynawa le Dim 22 Oct - 9:39, édité 2 fois
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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Jeu 22 Juin - 9:36

Des aéronefs... ? Qu'est ce que c'est encore que cette invention ?

Il ne se passe pas un jour sur Urban City sans que Diyo ne découvre quelque chose de nouveau. Voilà maintenant quelques temps qu'il a fait ses premiers pas dans la cité des Uniks, et à chaque fois qu'il se dit qu'il commence enfin à en comprendre les rudiments, une nouvelle chose surdimensionnée lui tombe sur le coin du nez. Au sens figuré évidemment... Parce que bon, un aéronef quand même...

Bref, toujours est-il qu'une fois de plus, le voilà qui se retrouve dans une situation des plus étranges, l'une de celles qui a le don de le mettre particulièrement mal à l'aise. Faut dire que Diyo n'est pas un être particulièrement social, alors se retrouver entouré de dizaines d'Üniks s'affairant en tous coin de ce qui ressemble à un immense hangar n'est pas pour le rassurer. *Pourquoi a-t-il encore fallu que j'accepte ce genre de plan ? Je le savais que c'était pas fait pour moi...* Pourtant, il n'a toujours rien touché. Parce que je vous préviens tout de suite, cet Hybrid est très loin d'être un génie de la mécanique ! Allez donc demander à un apothicaire de faire voler ce genre d'engin vous ! Personnellement je ne me risquerais pas à y embarquer...

D'un autre côté, il n'avait pas vraiment eu le choix la veille. Sa curiosité maladive a encore fait des dégâts, puisqu'après avoir observé d'un peu trop près un bolide à deux roues stationné devant un pub de Nordkia - comprenez par là qu'il n'a pu s'empêcher de poser les mains dessus - l'engin en question s'est retrouvé au sol accompagné par un "BANG" des moins discrets. Si l'idée de s'éclipser rapidement lui a effectivement traversé l'esprit, il n'eut pas le temps de la mettre en application que tout un groupe d'hommes bien plus costauds que lui sorti du pub en question. Et tous le dévisageaient avec un air des moins sympathique. Déglutissant tant bien que mal, le voilà qui priait très fort pour devenir invisible. Ou au pire suffisamment petit pour passer dans l'une de ces bouches d'égout et disparaitre de cet endroit.

Evidemment, rien de tout cela ne se produisit. S'il commença à fermer un oeil, s'attendant à se retrouver une fois de plus à devoir encaisser bien gentiment les coups - même s'il avait su se battre dans ce genre de situation ça n'a pas beaucoup d'importance - les paroles que l'un de ses interlocuteur lui cracha au visage aurait presque pu le faire sourire de soulagement. Emmitouflé dans sa longue cape beige qui lui donne un air de mendiant, il n'eu aucun mal à lui faire croire qu'il n'avait effectivement pas la moindre pièce sur lui. Non pas qu'il pense que la moto - qui avait entre temps été redressée par son propriétaire en colère - ait réellement subit de gros dégâts, mais l'expérience lui avait apprit que dans ce cas, mieux valait ne rien en dire.

”Eh bah t'as plus qu'à venir bosser pour moi gratuitement la prochaine semaine, ça pourra peut être rembourser une partie de ta dette ! Et j'espère que t'es pas du genre fainéant parce que je bosse pas avec des tires au flan !”

L'envie de lui rétorquer que puisqu'il ne serait pas payé ça ne changerait pas grand chose était forte, mais une petite voix lui conseilla fortement de se contenter d'acquiescer. Il faut dire que Diyo est loin d'être le genre bagarreur, et il a déjà eu son lot de mauvaises rencontres depuis qu'il est arrivé sur ce continent, alors il commence à savoir comment faire pour éviter les ennuis. Même s'il va encore lui falloir apprendre à ne pas toucher toutes les choses étranges qui se trouvent sur son chemin...

Et le voilà donc, de bonne heure, dans ce grand hangar, accompagné de ce personnage qui le fait autant flipper de jour que de nuit. D'ailleurs, il n'a pas l'air très content. Apparemment, celui qui doit lui montrer quoi faire n'est pas à l'heure. Au moins il ne va pas devoir bosser seul. Non pas que la compagnie de ses congénères lui soit des plus agréables, mais dans le cas présent, il est bien content de ne pas avoir à montrer au grand jour son incompétence totale. Ok, la journée ne fait que commencer...

Kei. Voilà donc le malheureux qui va devoir le supporter. En espérant qu'il ait en patience ce qu'il n'a pas en ponctualité... Le Phytös, qui avait du effiler une tenue obligatoire - suffisamment longue et ample heureusement pour camoufler sa collection de tatouages typique de son peuple - sa longue cape n'étant apparemment pas conforme aux normes de sécurité, se força à respecter les normes d'usage de la société lorsque l'on rencontre une nouvelle personne avec laquelle on va devoir interagir, le patron ayant déjà tourné les talons.

”Hum, bonjour. Moi c'est Diyo.”

Stricte minimum. Il n'a même pas pensé à tendre l'une de ses mains gantée comme le voudrait les bonnes manières. D'ailleurs, il n'en aurait de toute façon pas eu envie. Et il ose encore s'étonner de ne pas réussir à s'intégrer ! Je ne sais pas ce que le jeune homme aux cheveux blancs a bien pu faire à son patron, mais clairement, lui refiler l'Hybrid n'est pas un cadeau !

HRP:
 
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Lun 26 Juin - 20:56


Arrivé en retard au boulot ce matin à cause d’une beuverie un peu trop longue la veille m’avait valu de me retrouver avec un stagiaire. Je n’avais malheureusement pas eu le temps d’atteindre mon plan de travail que le chef me remarqua et m’assigna le jeune homme. C’était la punition pour ma grasse matinée. Je soupirai en regardant un peu plus le garçon en face de moi. Cheveux noirs. Petit bouc de la même couleur. Yeux sombres. Un peu plus grand que moi. Mais en même temps ce n’était pas bien compliqué… Il avait déjà enfilé l’uniforme du hangar et c’était tant mieux. C’était ça en moins que j’aurai à lui montrer ! Il me salua en m’indiquant son nom. Diyo. C’était original. Il ne me présenta pas sa main, ce qui ne me dérangeait pas. Bien au contraire. Moins les gens me touchaient ou m’approchaient, plus j’avais de chance de garder mon secret. Machinalement, je lui répondis de la même façon :

- "Bonjour. Comme tu l’as entendu par le chef, je suis Kei. Allez viens, je vais te montrer où on va bosser aujourd’hui."

Je ne pris pas la peine de présenter les autres ouvriers que l’on croisait. De toute façon, je ne connaissais, pour la plupart, pas leur nom. Ça venait bosser et ça repartait quasiment aussi vite. Et puis, on n’était pas vraiment là pour faire connaissance ou faire ami-ami. On était là par obligation. Pour gagner sa croûte. De plus, certains devenait teigneux lorsqu’on les dérangeait dans leur ouvrage. Fallait mieux s’abstenir de tout faux pas. Surtout que mon acolyte de la journée ne semblait pas très malin… Arrivé quasiment à mon plan de travail, je me retournai vers lui. Il n’arrêtait pas de regarder partout où ses yeux pouvaient se poser. Il n’avait jamais vu ces engins ou quoi ? C’était pourtant commun ici à Nordkia… Enfin…

- "Au fait, on t’a filé des outils ou pas ? J’vois que tu as déjà la tenue adéquate mais le chef a pensé au reste ?"

- " Bah alors Kei, c’est à c’heure-là qu’on arrive ?!"

- "On s’est pas remis d’sa p’tite sortie d’hier ?"

- "Tiens, on joue à la nounou aujourd’hui ?"

- "Hé les gars ! L’gamin s’occupe d’un autre gosse aujourd’hui. Le patron va bientôt les embaucher dès la sortie du berceau !"

- "C’est bon les vieux, on vous a pas sonné ! Fermez là un peu !

- "Mais c’est qu’il se rebellerait presque. "

- "Va bosser au lieu d’me chercher des noises Bruno.

- "Calmos gamin. Fais attention comment tu parles, j’arrive pas à la bourre moi !"

- "Ouais p’t mais en attendant, moi le boulot est fait en temps et en heure, contrairement à certains.

- "Tu veux t’battre Kei ?!"

- "C’est quand tu veux l’vieux !"

Diyo n’avait finalement même pas eu le temps de répondre à ma question que les autres ouvriers avaient ramenés leur grain de sel. Ce n’était pas mon genre habituellement de céder aux provocations… Mais ayant assez mal dormi, je n’étais pas vraiment d’humeur à me laisser marcher sur les pieds aujourd’hui alors j’avais répliqué. Résultat, un combat allait avoir lieu. Qu’est-ce que le stagiaire allait penser ? Peu importe de toute façon. J’allais rabattre son caquet à Bruno et on irait bosser tranquillement ensuite. L’annonce du fight fit rapidement le tour du hangar. Rapidement certes mais discrètement. Si cela arrivait à l’oreille du patron, nous risquions tous de passer un sale quart d’heure. Un ouvrier ramena deux engins démontés. La victoire reviendrait à celui qui parviendrait à le remonter en premier. Vous pensiez vraiment qu’on allait en venir aux mains ? Mais non. C’était une question de fierté. Et cela aurait été trop facile de s’abaisser à ça.

Le combat manuel s’engagea. Minutieusement, j’étudiais chacune des pièces pour en déterminer leur place. Les petites vis. Les écrous. Les grandes vis. Les boulons. J’observais chacun des trous sur les plaques métalliques. Rien n’était jamais fait au hasard. C’était comme un puzzle qu’il fallait refaire. Sauf que le nombre de pièce étaient plus important et que le tout donnait un résultat en trois dimensions. J’alignais chaque bout du puzzle sur l’espace qui m’était attribué. Ça allait le faire. Chaque engin se ressemblait de toute façon. J’attrapais mes outils et un à un je refixais les écrous, les boulons. J’enfonçais les petites vis dans les petits trous et les plus grandes dans les autres. Tout s’assemblait parfaitement. Je soudais ensuite ensemble plusieurs plaques de métal pour en faire un caisson et le tour fut joué ! Je fis déclarer vainqueur et Bruno était dégouté d’avoir perdu contre le jeunot que j’étais. Malicieusement, j’enfonçais un peu le couteau dans la plaie :

- "On s’fait la revanche quand tu veux, vieux."

- "C’est pas bientôt fini vos jeux ?! Allez au boulot bande de feignasse !"

Le chef veillait vraiment au grain… mais il avait quand même attendu la fin du match pour se manifester. J’étais retourné vers Diyo, que j’avais un peu oublié… En même temps, fallait pas me le coller dans les pattes ! Il avait toujours cet air de gars complètement paumé… Je soupirai et lui redemanda :

- "Alors ces outils ?"



Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:59, édité 1 fois
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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Mer 28 Juin - 22:49

Le jeune homme qui lui fait face ne semble pas beaucoup plus sociable que Diyo. Tant mieux, il préfère éviter les bavardages inutiles autant que possible, il se contentera de l’essentiel. Ne se départissent pas de son air des plus blasés, le Phytös profite de leur bref face à face pour détailler en son intégralité son interlocuteur. Dans la plus grande discrétion évidemment, et en ne retenant que les détails qu’il juge utile. Comme pour la plupart des êtres issus de cette partie d’Origin, beaucoup de détails concernant son physique lui paraissent inhabituels. D’autres un peu plus familiers. Comme c’est davantage le cas pour les personnes qu’il rencontre à Nordkia. Sans doute parce qu’ils sont moins embourgeoisés, et donc plus « naturels » que ceux d’Anathorey. Après tout, à la base ils faisaient tous parti du même peuple…

Après avoir acquiescé Diyo pris la suite de son enseignant du jour, remarquant au passage que les relations entre membres du personnel ne semblent pas surdéveloppées. Un fois de plus, tant mieux. Retenir des dizaines de noms et visages et anecdotes superflues associées ne fait pas partie des éléments pour lesquels il se montre des plus performants. En revanche, la plupart semblent prendre leur travail au sérieux. *Pas très étonnant avec un chef pareil…* Mais ses premières impressions sur cet environnement des plus studieux furent assez vite mises à mal lorsqu’ils atteignirent le fameux « poste de travail ». Eh oui, encore une nouveauté pour cet Hybrid habitué à changer d’environnement de « travail » au gré des lieux où se développent les plantes entrant dans la composition de ses diverses mixtures.

Heureusement que d’autres individus, sortis de nulle part lui donnent un temps de répit pour trouver la réponse adéquate à la question que vient de poser Kei. Des outils… A priori non, rien de ce que les autres personnes du hangar utilisent n’est arrivé entre ses mains depuis ce matin. La suite s’enchaine très vite. Des paroles qui montent à mesure que le retardataire répond, jusqu’à ce qu’une fameuse « rixe » éclate. Là encore, Diyo n’avait que faire du résultat de ce petit jeu, mais il nota bien ces étranges façons de faire. Au moins la violence ne semble pas être le seul moyen de règlement de conflits à Nordkia. Bon à retenir – même s’il serait effectivement incapable de reproduire ce que les deux protagonistes de cette petite scène viennent d’effectuer. Jusqu’à ce que son compagnon remporte la victoire. Au moins, il sera de bonne humeur, c’est pas plus mal ! Et ce petit échauffement lui permis en plus de mémoriser les différents engins qu’il allait sûrement à un moment donné avoir à manipuler. Et d’avoir la confirmation que rien de tel ne lui avait été fourni.

”Non. Cette tenue est la seule chose qu’on m’ai donné ce matin.”

Le ton employé est étrangement détendu, sans doute parce qu’après ce court interlude, le voilà qui dispose d’un peu plus d’informations sur le milieu dans lequel il se trouve. Même s’il n’a toujours pas la moindre idée de la finalité du travail effectué par chacune des personnes ici présentes. Et qu’il voit encore moins le rapport entre toutes ces « pièces », plus ou moins importantes suivant les endroits du hangar, et l’espèce d’énorme truc volant qui porte le nom d’aéronef. Mais chaque chose en son temps.

”Alors, qu’est-ce que tu fais exactement toi ici ?”

La question lui semble appropriée. Le lieu de travail paraît « découpé » en plusieurs segments, où chaque groupe de travailleurs produit des choses qui lui paraissent différentes. Et puis, s’il a vu juste, peut-être réussira-t-il à en apprendre un peu plus sur ce qui va inévitablement l’occuper toute la semaine qui va suivre. Et sinon, il aura juste l’air encore plus à côté de ses pompes que ce qu’il ne paraît déjà. Non, ne croyez surtout pas que cette phrase a été lancée pour alimenter la conversation. D’ailleurs, les intonations tout ce qu’il y a de plus platonique, associées aux traits de son visage qui n’ont pas encore manifesté la moindre trace d’émotion ne laissent aucun doute sur ses intentions. Et il n’a pas la moindre envie de fournir l’effort pour faire au moins semblant. Pourtant, quelque part tout au fond de lui, il meurt d’envie de poser tout un tas de questions tellement il y a qui lui passent par la tête. Mais il ne peut pas. Déjà parce qu’il risquerait d’attirer les doutes, ne sachant exactement ce que le plus gros des ignorants du continent peut se permettre de ne pas connaître, et puis parce qu’il est juste incapable d’exprimer physiquement ce qui se passer tout au fond de lui..
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Lun 10 Juil - 20:40



Après m’être «frité » contre l’un de mes charmants collègues et remporté la victoire, j’avais reporté mon attention sur mon cher stagiaire. Oui, oui, j’étais gâté aujourd’hui. Ce n’était surement pas aujourd’hui que j’allais gagner le jackpot en jouant au pari. Je soupirais. Ce n’était pas l’objectif du jour de toute façon. Le chef avait son travail à moitié avec le nouveau venu. Il lui avait fourni les vêtements de travail mais pas les outils qui allaient avec. Qui allait s’y coller ? C’était bibi. Je retiens un soupir avant de lui dire que j’allais lui en chercher et qu’en attendant il ne devait toucher à rien. On ne touchait qu’avec les yeux. L’aller-retour ne me prit que quelques minutes. J’étais allé dans l’entrepôt où étaient rangés les outils. Des dizaines et des dizaines d’instruments s’alignaient dans les racks. Je pris le strict nécessaire pour la journée. Diyo ne semblait pas familier avec ces objets. Autant ne pas l’embrouiller davantage avec un surplus d’information. Les différents outils en ma possession, je retournai auprès de mon élève qui m’avait sagement attendu. Rien ne semblait avoir bougé de place, ce qui signifiait qu’il avait respecté la consigne. Bien. Malgré son air rêveur et désintéressé, il écoutait au moins ce qu’on lui disait. En posant les divers outils sur la table, je lui dis :

- " Voilà ton matériel pour aujourd’hui. C’est ceux que j’utilise le plus. "

- " Alors, qu’est-ce que tu fais exactement toi ici ? "

Sa question était légitime. Nous nous étions présentés que très succinctement. Je l’avais ensuite emmené vers mon plan de travail sans même lui expliquer les différentes zones du hangar ni les personnes avec qui ils pourraient être amené à travailler. J’aurai peut-être dû… S’il ne connaissait personne, ça serait surement encore à moi de m’occuper de lui demain ! Je râlais déjà en pensant au lendemain alors que je ne savais même pas ce qu’il valait dans le boulot. C’est pas bien Kei. On ne juge pas les gens juste sur leur apparence nonchalante. Oui, oui, je le savais très bien ça. Je n’osais même pas imaginer ce qu’il pensait de moi. Je ne devais pas lui paraitre très sympathique non plus. Enfin bon, ce n’était pas le but. Revenons à sa question. Comment lui expliquer de manière pas trop complexe ? Je réfléchis un instant, avant de finir par lui répondre :

- " Ici on s’occupe principalement des aéronefs. Les pilotes nous les déposent pour qu’on fasse la révision. On vérifie que toutes les pièces sont encore bonnes et qu’ils peuvent voler en toute sécurité. Si on remarque une anomalie, on démonte, on répare et on remonte la ou les pièces incriminées. En gros, on est un peu les garants de la sécurité des pilotes et de la durée de vie de l’appareil."

Je pris une pièce qui trainait derrière le plan de travail. C’était l’une de mes tâches d’aujourd’hui. Un engin était arrivé hier en fin d’après-midi et les ailes étaient endommagées. J’avais fini ma journée de travail de la veille en les démontant. La pièce était longue. Tellement, qu’elle faisait toute la longueur de l’établie. Les Üniks avaient vraiment fait du bon boulot. Malgré son volume l’aile restait maniable. Ils étaient parvenus à utiliser un matériau à la fois léger et résistant. Ce n’était pas les Hybrids qui auraient réussi à faire ça. D’ailleurs. Les habitants de la Sylva avaient-ils déjà expérimentés le vol ? J’en doutais un peu. Ils connaissaient l’altitude lorsqu’ils grimpaient aux sommets des arbres de la Sylva. Mais la sensation qu’apportait le vol était différente. Je fis signe à Diyo se s’approcher pour qu’il observe plus attentivement.

- " Regarde. Ce qui lie ces deux morceaux de l’aile est rouillé et le mouvement est entravé. La zone qui bouge permet au pilote de choisir son altitude de vol et sa direction. Si c’est défectueux, je te laisse imaginer les dégâts. Je vais faire celle-là et je te laisserai faire l’autre."

Tout en lui expliquant, je lui montrais que le petit aileron avait du mal à monter et à descendre. Le raccord rouillé faisait grincer l’aileron au moindre mouvement. Comme le métal était rongé, le moindre choc pouvait conduire à la catastrophe. Je dévissais les écrous qui tenaient la charnière rouge en place. Je les mis dans un p’tit bocal pour éviter qu’elles ne se fassent la mal. Je retirai le bout rouillé. Les deux morceaux d’ailes étaient maintenant dissociables. Je pris des vis et charnière neuve. J’examinai rapidement les tailles pour les choisir à l’identique. Pour finir je refixais le tout avec les nouveaux éléments. Je vérifiai qu’il n’y avait ni frottement, ni grincement et que tout s’articulait bien. Les vérifications faites, il n’y avait plus qu’à aller refixer le tout sur l’engin. Mais avant ça, il fallait que la seconde aile soit opérationnelle à son tour. Je déplaçai celle terminée pour laisser la place à mon élève du jour.

- " A ton tour maintenant."

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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Ven 21 Juil - 10:29

*Tous ces trucs sont réellement utiles ?* Impossible pour Diyo de ne pas se poser la question en apercevant Kei revenir. Il est vrai que dans les coutumes Hybrids on ne s'encombre pas avec autant de matériel, l'objectif absolu étant de pouvoir tout faire en se servant de ce que propose la nature. A quelques exceptions prêt évidemment, comme ces fioles qu'il garde cachées toujours quelques part sur lui, lui servant à stocker tous ses ingrédients. Mais jamais au cours de sa vie il n'avait eu l'impression de manquer de quoi que ce soit pour réaliser ce qu'il voulait. Ok, jamais encore il n'avait tenté de construire un aéronef. Ni personne de son peuple d'ailleurs... Les quelques imprudents qui auraient eu l'envie de voler se seront bien plus logiquement lancé dans la fabrication d'ailes humaines, s'inspirant du règne animal. *Enfin si je veux réussir à m'intégrer va bien falloir que j'arrive à y piger quelque chose !* C'est plus la trouille de se faire rattraper par le boss et son équipe qui le pousse à faire des efforts, parce qu'entre nous, la probabilité qu'il tente un jour de reproduire un tel engin est plutôt faible...

Première étape, comprendre de quoi parle Kei. Ok, réparer les aéronefs ça c'est bon. Parce que comme tout ce que peut construire un originaire, ce n'est pas éternel, que ce soit par le temps, par les caprices de Mère Nature ou plus simplement par l'erreur qui est inévitable, il arrive un jour où ce qui a été construit soit détruit. Maintenant à savoir concrètement comment on répare une telle chose, c'est une autre question ! Visiblement, on ne lui demande pas d'identifier les pièces défectueuses. C'est déjà une bonne chose. Il lui "suffit" d'aider à la réparation de celles qui le sont effectivement. Attentif à ce que lui montre Kei il se contente de hocher la tête comme s'il avait tout compris. Parce que si théoriquement il n'y a aucun problème, il redoute le moment où il devra se mettre à l'action. C'est qu'il n'est sûrement pas là en tant que simple élève, et il est évident qu'à un moment il va lui falloir participer un peu plus activement... *Ou alors faut que je trouve un moyen de disparaitre avant...* Bien sûr... S'il en avait été capable, il ne serait pas là en ce moment. Mauvais plan.

”T'as l'air hyper à l'aise avec tous ces trucs, alors pourquoi tu continues à bosser ici ?"

Même si à première vue ce genre de phrase peut sonner comme un ultime essai pour gagner du temps, je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. Pour la simple et bonne raison que Diyo est du genre à préférer se viander devant toute une équipe de mecs trop pleins de testostérone que de faire "gratuitement" la conversation. Non, s'il pose une question, c'est qu'elle lui a réellement traversé l'esprit. Enfin, essayer de comprendre ce mec peut prendre beaucoup de temps... Alors s'il commence à se familiariser avec le système monétaire d'Urban City - même s'il ne comprend toujours pas l'intérêt qu'il présente par rapport au troc qui règne dans la Sylva - cette façon de travailler l'interpelle toujours autant. Parce que ça ne fait pas une heure qu'il est sur place qu'il ne pense déjà plus qu'au moment où il va enfin pouvoir quitter ce fichu hangar ! Et à la meilleure façon pour ne pas y remettre les pieds sans se retrouver avec des gros bras prêts à lui taper dessus....

Tout en parlant, il tente de recopier ce qu'a fait Kei sur la première aile. Et puis on ne sait jamais, peut être que tout occupé qu'il sera à lui répondre il ne fera pas attention à toutes les erreurs que ne va sans doute pas manquer de commettre l'Hybrid. Une fois de plus, rien de tout cela n'était vraiment prémédité, mais disons que ça l'arrangerait bien...

Bon déjà faudrait qu’il commence par réussir à placer correctement ce truc qui doit l’aider à enlever ce qui s’appelle écrou et qu’il voit pour la première fois. Ses mouvements sont mal assurés, à la manière d’un enfant qui voudrait imiter son père dans son atelier de mécano. *Ca n’a pourtant pas l’air si dur…* En fait, en voyant Kei, ça avait même l’air tout à fait naturel. Comme si ses outils étaient des prolongements de ses bras. Pour Diyo en revanche, aucun doute que ces prolongements sont tout ce qu’il y a de plus inhabituels. Heureusement, après avoir ripé deux ou trois fois, ne pouvant s’empêcher de se demander pourquoi ce n’est pas aussi évident que ce que ça en avait l’air, il finit quand même par réussir à desserrer suffisamment ce qui maintient l’aile rouillée. Tellement bien qu’il ne se rend pas compte qu’il arrive au bout de la vis, et que l’écrou se retrouve inévitablement à chuter au sol avec ce faible bruit métallique, lamentablement suivit de ce son de roulement qui ne laisse aucun doute sur le fait que l’écrou se fait le mal entre les nombreux plans de travail étalés dans le hangar….

*Bravo…* Alors qu’en son fort intérieur il est des plus blasés, l’Hybrid n’en laisse strictement rien voir, à se demander s’il est capable d’exprimer la moindre émotion. Heureusement que tout un stock de ces petits trucs se trouve sur le côté parce qu’autant dire que vu l’état du hangar, ça devient difficile de retrouver un si petit truc parmi tout ce bazar. D’ailleurs, après un rapide coup d’œil au sol, il ne doit pas non plus être le seul à laisser tomber quelques petits bouts de métal.

”Et, il n’y a pas de produits qui permettraient d’empêcher que ces matériaux se retrouvent dans un tel état ?”

Ah ça, c’est sûr que la chimie est bien plus son domaine que la mécanique. Alors la chimie version Hybrid certes, mais mélanger des solutions aux diverses propriétés pour obtenir un résultat que certains qualifient de ”magique”, ça il le comprend beaucoup plus vite. Les matériaux des Üniks lui sont assez peu familier, mais après tout ce qu’il a déjà pu voir en dehors de la Sylva, il ne doute pas qu’ils ont réussi à mettre au point de nombreux solvants aux propriétés qui doivent être impressionnantes. Et ça, ça l’intéresse beaucoup plus…
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Jeu 27 Juil - 20:57


Après avoir expliqué et montré à Diyo en quoi consistait mon travail en remettant au goût du jour une aile d’aéronef rouillé, ce fut à son tour de bosser un peu. J’avais posé la seconde aile sur le plan de travail et lui avait gentiment laissé ma place. Il n’était pas là que pour regarder. Même si il semblait attentif et qu’il faisait amen à chacun de mes gestes. Et plus vite il serait autonome, moins j’aurai à repasser derrière lui. En plus, il fallait bien qu’il fasse ses preuves. Surtout s’il avait une dette. M’enfin, ce n’était pas mes affaires. Ce qui comptait c’était le boulot. Pour le moment, du moins. Dès que je lui avais dit que c’était à son tour, il avait pris place derrière l’établi. Il n’avait pas rechigné, ce qui était une bonne chose. Enfin c’était relatif. Je me doutais bien qu’il n’avait pas vraiment beaucoup de plaisir à être ici. Moi non plus d’ailleurs… Ma tête à cet instant avait dû l’inspirer puisqu’il me posa LA question :

- ”T'as l'air hyper à l'aise avec tous ces trucs, alors pourquoi tu continues à bosser ici ? "

Pourquoi je continuais à bosser là… C’était une bonne question… Je ne savais même plus par quel chemin j’avais débarqué ici. J’essayais de me creuser la tête pour m’en souvenir. J’avais débarqué à Urban City il y a quelques années déjà. J’avais travaillé un peu à droite à gauche dans des postes qui n’avaient pour la plupart aucun lien l’un avec l’autre. Serveur dans un bar. Apprenti dans divers magasins de bric et de brocs. Puis j’avais dans la réparation d’aéronef. Par je ne sais quel miracle. Ce n’était pas la première boite avec ce métier dans laquelle je travaillais. Il y avait plusieurs ‘maisons’ dans les docks. D’ailleurs celle-ci était peut-être même la pire de toute… Le patron était un bon gros radin. Imbu de sa personne. Indigne de confiance. Bref, un sale rat.  Sans parler des employés. Il y en avait des bons mais ceux-là restaient cloitrés dans le coin, sans jamais réclamer leur dû. Alors que d’autres étaient des vrais bons à rien, débarqués fraîchement dans le métier sans rien y comprendre. Non, non, je ne visais personne en particulier, et surtout pas celui qui tentait désespérément de retirer le pauvre écrou rouillé qui retenait la vis. Je souris presque involontairement. Je n’avais pas l’intention de me moquer. Déjà parce que ce ne serait pas sympa de ma part. Mais aussi parce que je m’étais dans le même cas que lui quand j’avais commencé. Même si j’avais l’impression que j’étais un peu plus dégourdi avec mes dix doigts.

- " Prends ton temps. Ça ne sert à rien d’aller vite. La vis va pas s’envoler et l’aile non plus. Fais en sorte que l’outil épouse la forme de l’écrou. Et pour répondre à ta question, je bosse ici par obligation plus que par choix. C’est mal vu chez les dockers de se lever à midi et de ne rien faire de ses journées. Tu passes vite pour un paria. Pour des gars qui savent pas s’intégrer. Et tu sais ce qui se passe ensuite. Et pis bon, faut bien gagner sa croute. C’est un boulot comme un autre. A partir du moment où tu fais le taf correctement, le chef dit rien et te fais pas chier. "

Diyo était enfin parvenu à comprendre le mouvement qu’il fallait faire pour dévisser correctement l’écrou. En soit, ce n’était pas bien compliqué. Il fallait juste piger le truc et après ça allait tout seul. Bon finalement, je retire ce que je viens de dire... Ce n’était pas encore ça. Alors qu’il était plutôt bien parti, il se laissa aller et desserra un peu trop l’écrou… Résultat il se fit la malle entre les établis. Et vu le tintement qu’il fit, il n’était pas tombé juste à côté. Il avait dû rouler loin. Très loin. Et vu le bordel qu’il y avait dans l’entrepôt, c’était impossible de le retrouver. Ce n’était pas non plus une grosse perte puisque, de toute façon, on cherchait à le remplacer. Je pensais que mon élève aurait été gêné d’avoir fait tomber un objet mais non. Il avait l’air de s’en foutre royalement. Et il avait raison ! Enfin… ça aurait été différent si l’objet avait eu plus de valeur mais bon. Il me posa ensuite une drôle de question. Existait-il des produits qui permettraient d’empêcher l’usure du temps sur les matériaux. C’était légitime. Mais si un tel produit voyait le jour, on serait tous mis à la porte ! Et puis, les scientifiques préfèrent inventer d’autres trucs plus « utile ». Comme les objets permettant aux Üniks d’utiliser leur Dzeta.  

- "Non, ils n’ont pas encore inventé ça. Ceux qui les conçoivent ont d’autres objectifs en tête. Par contre, ils ont quand même pensé à des trucs pour nous aider. Tu vois l’aile là, malgré sa taille elle est légère. Il y a quelques temps, son poids était le double voir le triple de celui-ci. J’te montrerai un truc sympa tout à l’heure. Mais en attendant, allons rendre sa jeunesse à l’engin qui a perdu ses ailes. Enfin dès que tu auras terminé avec ton écrou. " finis je en souriant.

Dès que mon élève eut terminé avec l’aile, je vérifiai quand même que l’écrou était suffisamment bien serré. Il serait dommage qu’il s’envole dès le premier trajet… J’embarquai l’une des deux ailes et laissait l’autre au soin de Diyo. Nous déambulâmes ensemble quelques minutes dans le grand hangar avant d’arriver devant l’engin dépourvu de ses membres. Celui-ci devait mesurer au moins trois voire quatre mètre de long et un mètre cinquante de large environ. Tout en ferraille. Il n’avait pas l’air fringuant comme ça. En même temps, dépourvu d’aile et d’autres membres, c’était normal… Il aurait déjà une toute autre allure dès que nous aurions fini. Un autre ouvrier, barbu et à l’air un peu bourru travaillait déjà dessus. Malgré son air d’ours mal luné, il était très gentil et surtout, hyper compétent dans son domaine de prédilection. A savoir la motorisation. Je le saluai d’un bonjour et d’un geste de la main. Vu notre chargement, il comprit vite pourquoi nous étions là et nous laissa la place. Nous pouvions travailler à deux dessus mais ça lui donnait l’occasion de prendre une pause bien mérité. Nous nous approchâmes de l’appareil et j’expliquai à mon élève comment on rattachait une aile. Ce n’était pas plus compliqué que le remplacement des boulons rouillés. C’était exactement le même principe. On utilisait juste des écrous et des vis beaucoup plus épaisses. Je fis la première. Et le laissa faire la seconde toujours en gardant un œil sur son coup de main. Je vérifiai ensuite la ténacité. Il ne fallait pas qu’elle se décroche en vol… Bonjour les dégâts si ça arrivait… Enfin… Ceci fait, j’entrainai Diyo plus loin dans le hangar pour lui montrer ce que je lui avais promis.

Ce coin-là de l’entrepôt était moins bruyant et moins encombré aussi. Les vestiaires ainsi que lieu de stockage des outils n’étaient pas très loin. C’est d’ailleurs là-bas que nous allions précisément. Il y avait des étagères qui débordaient dans tous les coins. Des tournevis, des clés, des vis, des écrous. Tout ça s’agglutinait dans ce petit espace. Mais pas seulement. Au bout de la pièce il y avait un grand bac recouvert d’une grande bâche noire, mais surtout, rempli de poudre argenté. Je lui tendis une barre métallique d’une vingtaine de centimètres.

- " Tiens. Plonges là dans le bac et approches des étagères. Tu verras, le résultat est sympa. "

En effet, la poudre argentée n’était ni plus ni moins aimanté. Tout ce qui était métallique allait se retrouver accroché à la barre.
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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Jeu 10 Aoû - 14:10

Evidemment. A vrai dire, Diyo s'en doutait. Ce n'est pas par passion que Kei reste fourré ici. Mais il avait besoin de poser la question. Et d'essayer de comprendre ce qui, le cas échéant, pouvait bien le pousser à rester. Comme dans la Sylva, il faut bosser pour vivre correctement. Bien que le système soit différent, au final le principe est le même. Le travail permet d'avoir quelque chose à échanger, puisqu'une seule personne ne peut produire tout ce dont elle a besoin. Ou envie. La différence, c'est que dans la forêt les habitants ont davantage le choix d'exercer l'activité qui leur plait. Tout est relatif évidemment, et certains n'ont tout bonnement pas les compétences requises pour le job rêvé. Tout le monde n'a effectivement pas les capacités de devenir éclaireur. Et s'il faut bien avouer que les enfants se retrouvent souvent à emprunter la même voie que leurs parents, la différence de traitement qu'il a pu observer depuis son arrivée sur le continent Üniks lui donne envie de vomir. Même sans rien y comprendre à leurs coutumes ça crève les yeux ! Pendant que certains n'ont pas besoin de lever le petit doigt pour crouler sous le richesses, d'autres crèvent dans la rue sans que personne ne leur adresse le moindre regard. Pourtant à la base, il n'aime pas vraiment ce peuple. Mais l'Hybrid étant orphelin, il connait ce sentiment d'infériorité, celui de se savoir tout en bas de l'échelle sociale. Alors quand le système en place fait tout pour vous le rappeler chaque jour, il n'ose imaginer à quoi peut bien ressembler une telle vie. Enfin, même si au fond il aimerait pouvoir faire quelque chose pour aider à voir tout cela changer, les ouvriers se révoltant contre leur chef par exemple, il a depuis bien longtemps perdu ses utopies enfantines. Il sait bien qu'il n'a aucun pouvoir là-dessus. Ce qui n'empêche qu'il le garde dans un coin de sa tête.

Il se contente donc d’acquiescer une fois de plus à la réponse qui lui est fournie, de façon tellement machinale qu’on pourrait en réalité penser qu’il s’agit d’un de ces signes que l’on fait sans réfléchir, juste pour donner l’impression d’être attentif tout en pensant à autre chose. Ce qui n’est évidemment pas le cas de Diyo, mais allez le comprendre ! D’ailleurs, les paroles suivantes de Kei l’intéressent tout autant. Voir un truc sympa ? Bien sûr, il ne demande que ça ! Non, sa vocation n’est décidément pas de devenir mécano, cela dit, il n’est pas contre apprendre quelque chose de nouveau. Et si en plus ça il peut ne pas dépenser son énergie inutilement de la sorte, ça n’en est que mieux ! Non pas que l’aile soit très lourde, comme Kei l’a fait remarquer. Malgré sa taille imposante, son poids reste largement gérable pour un homme de son gabarit, mais les dimensions la rendent difficile à manoeuvrer au milieu de tous ces ateliers de travail installés tout au long du hangar. Ce qui surprend tout de même le Phytös. Qui suit toujours son guide, son chargement dans les bras.

Jusqu’au moment où il peut enfin poser l’aile. Quelqu’un d’autre semble affairé sur l’engin, mais ne resta pas bien longtemps. * S’il était un Hybrid, aucun doute qu’il serait rattaché à l’ours... * Non, Diyo ne put empêcher cette pensée de lui traverser l’esprit. Comme quoi, les différences physiques entre les deux peuples ne sont que relatives. Enfin, si lui était assez proche des Üniks, il faut bien avouer que pour d’autres de son espèce, il deviendrait difficile de passer inaperçu… Forcément, depuis qu’il est arrivé il a du mal à ne pas comparer les deux peuples. Et il faut bien avouer que les différences sont beaucoup moins nombreuses que ce à quoi il s’attendait. Même si une fois de plus, jamais un Hybrid n’a dû se retrouver ainsi à attacher une immense plaque de métal à un tel engin. Tout ça pour permettre à d’autres personnes de parcourir les cieux ! Heureusement, tous ces outils commencent à lui apparaître un peu plus familiers, et ses mouvements, sans pour autant pouvoir être qualifiés de fluides, sont un peu moins brutaux et saccadés.

Bref, tout ça commence à lui paraître bien monotone, à se demander comment Kei peut faire pour accepter de répéter ces manipulations tous les jours. C’est ce que pense Diyo jusqu’à ce que son acolyte l’amène dans une autre pièce et lui tende une barre en métal comme s’il s’agissait de quelque chose d’extraordinaire. Pourtant, du métal, ça il en a vu depuis le début de la journée ! Ce n’est pas ce qui manque dans le coin… Mais voulant comprendre ce que peut bien avoir Kei derrière la tête, il s’exécute, plongeant son nouvel accessoire dans cette étrange poudre dont il ne sait rien. Il en ressort la même barre, qui a simplement changé de teinte. Disons qu’elle est plus scintillante. Non, ce n’est sûrement pas pour l’aspect esthétique que cette poudre doit présenter un intérêt. Ce dont il a très vite la confirmation. A peine se tourne-t-il pour faire face à Kei, prêt à l’interroger du regard, que tout un tas de boulons jusqu’alors bien rangés décollent, et viennent se fixer à son bout de ferraille. Ce qui ne manque pas de lui arracher un air étonné. Il s’agit tout de même de Diyo, alors ne vous attendez pas à de grands élans d’ébahissement. Mais l’ouverture de ses yeux qui s’accentue légèrement, et ses lèvres qui s’écartent suffisamment pour laisser apparaître les deux rangées de ses dents de devant serrées sont déjà un bon indicateur.

”C’est effectivement… Sympa…”

Non pas qu’il ne croit pas en la magie, venant de la Sylva il a eu l’occasion d’assister à plusieurs événements non explicables, mais ce Phytös n’en reste pas moins très rationnel. Et fidèle à son peuple, il ne croit de toute façon pas que les êtres divins aient suivi les Üniks. Puis il a l’habitude des divers réactions chimiques, qui d’après lui expliquent davantage ce phénomène. Qui, il faut bien l’avouer, l’intrigue beaucoup. Suffisamment pour réveiller de nouveau toute sa curiosité. Voilà qui est bien plus passionnant de son point de vu que tous bouts de métal rouillés !

Avant de prendre de nouveau la parole il ne peut s’empêcher de jouer encore un peu avec cette nouvelle découverte. Attirant de nouveaux outils à lui à chaque mouvement. Suffisamment pour que le tout commence à devenir plutôt lourd. Il doit pourtant bien y avoir une limite au nombre d’objets qui peuvent venir s’y fixer !

” Tu sais qui fabrique ce genre de chose ? Et comment ?”

Peut-être prend-t-il trop de risques en posant ces questions. Peut-être les réponses sont-elles parfaitement évidentes pour quelqu’un du coin. Mais après tout, il doit déjà sembler bien étrange. Et il ne saurait dire pourquoi, il n’empêche que Kei lui semble… Différent. Une simple impression qu’il ne saurait décrire, qui le pousserait pourtant à lui accorder davantage confiance qu’aux autres personnes ici présentes. Evidemment, avec Diyo c’est assez difficilement visible, et il fait de toute façon tout pour que son interlocuteur ne s’en rende pas compte. Sauf qu’il tient cette fois peut être une piste pour avoir accès aux sources de savoir de ce peuple. Il a bien entendu parler des scientifiques qui sont capables de prouesses techniques inimaginables pour un Hybrid. Et étant bien davantage intellectuel que manuel – sans blague… - ces connaissances l’attirent. Elles l’attirent autant qu’elles ne l’effraient. D’après ce qui se raconte dans la Sylva, elles sont justement à l’origine de la séparation de leurs deux peuples. Le risque de s’attirer les foudres des êtres divins est ainsi grande. Mais sa curiosité est malheureusement plus forte que sa foi, et il avait bien conscience de ce risque en venant sur ce continent.

”Je suppose qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de scientifiques à Nordkia.”

Si Kei pouvait encore avoir des doutes sur l’endroit d’où il débarque, il vient bien d’affirmer ne pas être de ce coin. Ce qui était de toute façon assez évident quand on prend le temps d’y penser quelques secondes.
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Jeu 17 Aoû - 19:00


Les ailes prêtes, j’avais conduit Diyo à l’endroit où se trouvait l’engin dépourvu de ses attributs. Ensemble, nous avions rendu toute sa splendeur à l’appareil pour au moins quelques années, si  le pilote en prenait soin. Comme promis lors de la réparation, j’avais emmené mon élève vers les vestiaires. Et plus précisément, vers le lieu où était stocké l’ensemble des outils. Je lui avais tendu une barre métallique des plus standards en lui demandant de la plonger dans un bac remplie de poudre argenté. Mon acolyte sembla septique et un peu déçu de ma "surprise". Néanmoins, il s’exécuta quand même. Peut-être pour ne pas me vexé ? Ou par simple curiosité ? Le tube métallique se recouvrit d’abord de poudre avant d’amasser toutes les sortes d’objets métallique environnant. Comme prévu. Sa tête changea un peu. Il ne paraissait plus vraiment déçu mais plutôt étonné. Légèrement. Ce n’était pas non plus un grand étonnement comme pouvait avoir un enfant à qui l’ont montré un tour de magie mais quand même. Le jeune homme avoua même que c’était sympa en agitant sa baguette magique et attirant à lui d’autres petits objets. Je lui avais dit ! J’avais réussi mon coup et j’en étais assez fier. Oui bon… Il ne me fallait pas grand-chose pour ça. Sa bouche s’ouvrit lorsque sa main arrêta de s’amuser avec le bâton métallique :

" Tu sais qui fabrique ce genre de chose ? Et comment ? Je suppose qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de scientifiques à Nordkia. "

Qui fabriquait ce genre de poudre ? Il n’y avait qu’une seule catégorie de personne pouvant faire ça et il s’agissait des scientifiques. C’était à eux aussi que l’on devait les dzêtas, les aéronefs et toute la technologie que l’on pouvait voir à Nordkia. Par contre, comment ils faisaient, je n’en avais aucune idée. Je n’avais pas leur grosse tête malheureusement. D’ailleurs, cela me faisait penser… Comment étions nous capable, nous individus lambda, de réparer ce que eux, les intellects de ce monde, créaient ? Nous n’avions pas à notre disposition de manuel ou de notice pour ça. L’instinct ? Dans ce cas n’importe qui pouvait devenir scientifique avec un peu d’envie. Après, tout le monde n’avait pas forcément envie d’aller s’isoler aux fins fonds du désert pour résider et travailler… Et pis, il fallait se spécialiser dans un domaine je crois. Il ne fallait pas se tromper lors du choix de sa branche. Ca n’aurait pas été pour moi ça… J’aimais la diversité et la pluralité des compétences. J’appréciais aussi l’animation de la ville. Cela devait être dû à mon appartenance aux parias. Après tout, il était plus facile de passer inaperçu parmi cent personnes que dix.

- " Ce sont les scientifiques qui fabriquent ces trucs, dans un labo au fin fond du Sidhe. T’en verras donc pas dans le coin. Je sais même pas si ils reviennent par ici lorsqu’ils ont terminés leur boulot. J’pense que non mais j’me trompe peut être. Pour la recette, aucune idée. On en reçoit une à deux fois par an mais pour ce qui de ce qui compose la poudre ou d’où ça vient, personne ne sait.  A part ceux qui passent les commandes bien sûr. Mais au fait, comment ça se fait que tu ne saches pas ça ? A moins que… Ne me dis pas que… ?! "

- "C’est pas bientôt fini les tirs aux flancs ?! Si vous tenez tant que ça à vous amuser avec ça vous allez ramasser tout ce qui traine dans le hangar ! Et que ça saute ! Et que j’vous reprenne pas à bailler aux corneilles ou j’divise votre salaire par trois ! "

Je n’eus même pas le temps de terminer ma phrase que le patron avait déjà lâché ses mots doux. Tss. Toujours là quand y’en a un qui glande rien. Et bizarrement, ça tombe que sur moi aujourd’hui ! Mon retard. Mon affrontement avec Bruno et maintenant ça ! Je vais finir par croire qu’il m’espionne. C’est peut-être le cas d’ailleurs… Je vais sûrement laisser traîner mes oreilles pour en être sûr.  Enfin… Ça n’allait pas être marrant de ramasser tous les boulons, écrous et autres quincailleries au sol mais on n’avait pas le choix... Et pis, il était arrivé au bon moment. Si il nous avait laissé poursuivre notre conversation encore quelques minutes, il aurait sûrement entendu quelque chose qui aurait porté préjudice à Diyo et à moi… J’attrapais deux contenants de la taille de tasses à café et les remplit de poudre argentée ainsi que des contenants vides. J’en tendis un de chaque à Diyo avant de prendre à mon tour un tube métallique. C’est parti pour la corvée.

Tout en ramassant les objets ayant échappés aux mains des artisans, je réfléchissais. Je n’avais pas eu l’occasion d’être certain de mon hypothèse quant à mon stagiaire du jour. J’aurai dû faire le lien bien plus tôt. Ce n’était pas un Ünik qui aurait posé les questions qui étaient sortis de sa bouche. Seul un paria ou un Hybrid ne savait pas ces choses élémentaires. Dans son comportement, à part son air complètement paumé dans le hangar, il n’était pas si différent des Üniks. Néanmoins, dans un cas comme dans l’autre, personne ne devait être au courant de sa race. A moins de vouloir se retrouver avec toutes sortes d’ennuis derrière… S’il était un paria, ça serait le premier avec qui je discutais. S’il était un Hybrid, ça serait aussi le premier. Si on exceptait le peu de conversation que j’avais pu faire avec ma mère. De biens tristes souvenirs me revinrent en mémoire et je secouais vivement la tête pour les chasser. Ce n’était pas le moment de penser à ça. Qu’est-ce qu’un Hybrid pouvait bien avoir à faire ici ? Sur le territoire de son ennemi juré ? Pourquoi avait-il quitté la Sylva ? Ces questions ne se posaient pas vraiment pour un individu comme moi. Il avait très bien pu être chassé de la forêt par les Hybrids et son refuge se trouvait être chez les Üniks. Si son histoire était celle-là, on se ressemblait.  Cependant, mon esprit me soufflait que je faisais fausse route. Un paria ne poserait jamais aussi ouvertement ce genre de question… Du moins, je n’ai jamais osé le faire. Tout ce que j’ai appris a fait l’objet d’une longue collecte d’information. Ecouter les habitants de Nordkia. Consigner leurs dires. Trier la récolte. Apprendre. Faire comme si j’étais l’un des leurs. Tel avait été mon quotidien lors de mes premiers mois dans ce territoire inconnu. Durant ma réflexion, je m’étais rapproché de Diyo et finit par terminer ma phrase de tout à l’heure, en murmurant :

- " Tu ne serais pas un Hybrid ? Un Ünik poserait pas les mêmes questions que celles que tu m’as posées… Si c’est ça, t’inquiètes pas, j’dirai rien. Mais tu devrais faire gaffe à qui tu demandes des infos…  Être Hybrid par ici est aussi mauvais que d’être un paria. "

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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Ven 25 Aoû - 15:03

Les scientifiques. Décidément, il va vraiment falloir qu’il arrive à en trouver un ! Enfin… Qu’il arrive à trouver un moyen de se faire passer pour un apprenti ou quelque chose du genre plus précisément. Ce qui suppose avoir déjà un certain stock de connaissances à approfondir. Ce qui, à l’exception de la médecine des plantes, est loin d’être le cas. Par conséquent, il va lui falloir trainer ses guêtres encore quelques temps dans les rues de Nordkia et d’Anathorey, le temps d’apprendre tout ce qu’il lui faut pour espérer avoir un accès à ce fameux laboratoire !! Enfin pour le moment il y a visiblement plus urgent…

Satanée curiosité ! Pourtant ce n’est pas la patience qui lui manque. Et on ne peut pas non plus dire que Diyo soit du genre bavard. Pourtant, quand des questions lui traversent l’esprit et qu’une personne peut lui apporter des réponses, il lui devient impossible d’empêcher tout un flot de paroles accompagnées de points d’interrogations franchir la barrière de ses lèvres. Et forcément, à trop insister, ce qui devait arriver arriva. A moins que…

Un temps de répit. Il ne pensait pas avoir à penser ça un jour, mais on ne peut pas dire qu’il soit mécontent de le voir franchir la porte ce patron. Timing parfait. Juste de quoi réfléchir à ce qu’il va bien pouvoir dire. Ou comment réagir. Sauf si Kei balance tout maintenant. Ce qui ne semble pas être le cas. D’ailleurs, il ne semble pas porter cet homme dans son cœur. Là ça craint. Pas possible de partir d’ici en courant sans se faire rapidement rattraper. Et même si Kei ne semble pas très costaud, l’option ”à mettre hors d’état de nuire” n’a jamais été pour lui plaire. S’il a choisi la voie de la médecine, c’est bien parce qu’il ne peut se résoudre à voir quelqu’un souffrir…

*Ok, reste calme, on verra ensuite.* Après avoir pris une grande inspiration, il attrape les nouveaux outils tendus par son camarade du jour et le suit. Nettoyage. Rien de très glorieux qui s’annonce. Au moins, il n’y a pas besoin de se trainer à quatre pattes sous les établis, la poudre magique est sacrément utile ! Si seulement elle pouvait aussi le rendre invisible. Juste quelques secondes suffiraient. Disparaître. Evidemment, c’est impossible, et il ne peut empêcher Kei de terminer la phrase laissée en suspens. S’il s’attendait bien à être démasqué il ne s’attendait en revanche pas à de telles paroles. Il ne dirait rien… Etrange. Quel intérêt aurait-il à garder cette information secrète. Si quelqu’un le découvrait, il pourrait s’attirer des ennuis. Et en si peu de temps, ce n’est sûrement pas au nom d’une quelconque amitié qu’il fait ce choix. La dernière option serait qu’il connaisse la précarité d’une origine non acceptée.

*Ce serait logique...* Tout en continuant à manipuler l’attracteur à déchets métallique  de sorte à rendre le sol moins dangereux, il répond à Kei, la voix tout aussi basse, et sans même lui adresser un regard. Leur conversation devient vraiment trop délicate pour se permettre qu’elle ne tombe dans l’oreille d’un petit curieux qui en aurait marre de bosser.

”C’est que je ne compte pas m’éterniser dans le coin, et j’ai besoin de réponses.”

Le terme besoin est peut-être un peu trop fort. Disons plutôt qu’il en a très envie. Et qu’il ne compte pas rentrer dans la Sylva tant que les modes de fonctionnement de ce peuple ne lui seront pas parfaitement clairs. Il y a encore du chemin à faire, je vous l’accorde. Même en admettant qu’il réussisse à interroger les habitants sans trop éveiller les soupçons, il n’est pas encore prêt de repartir dans la forêt…

”J’avais entendu dire que les Parias sont doués pour passer inaperçu. Je ne me doutais pas à quel point c’est vrai.”

La vérité, c’est que si ses a priori sur les Üniks en arrivant sur le continent étaient particulièrement mauvais, on ne peut pas dire que les Parias jouissaient d’une meilleure opinion à ses yeux. Sauf qu’il ne s’attendait absolument pas à en rencontrer un. D’ailleurs, peut-être n’est-ce pas le premier. Si Kei n’avait rien dit, jamais Diyo ne s’en serait rendu compte. Et pourtant, si dans la Sylva il se serait sans doute méfié du jeune homme connaissant son statut, il doit bien avouer que là, au milieu de tous ces gars, il se trouve étrangement qu’il devient son seul allié potentiel. *A croire que le destin a très envie de me tester…*

L’Hybrid aurait bien continué encore un peu leur petite conversation à demi-mots, ayant soudainement très envie d’en apprendre un peu plus sur son acolyte, mais sa maladresse ne lui en laisse pas le temps. Trop concentré qu’il est à faire attention aux regards des employés qui les entourent, s’assurant qu’ils ne puissent les entendre, il a complètement oublié de vérifier le périmètre d’action de sa barre aimantée. Ce n’est qu’au bruit strident du métal qui glisse difficilement sur un établi que le brun oriente son regard dans la bonne direction, juste à temps pour voir ce qui doit être le nez de l’aéronef se diriger droit sur lui. Jusqu’à venir se coller avec fracas à son outil de nettoyage, manquant de peu de lui faire perdre l’équilibre. C’est que le poids n’est pas le même que celui d’un écrou. Ah, il est aussi suivi de très – trop ? – prêt par un homme aux épaules larges, cheveux gras, et visiblement pas content du tout… Sans doute celui qui était occupé par ce qui plombe la barre métallique que Diyo a laissé tomber sans aucun scrupule.

”Eh, à quoi vous jouez là ?!”

Disparition, disparition…. Bah nan, toujours pas.
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Lun 28 Aoû - 11:52


Interrompus dans notre conversation top secrète par ce cher patron, nous avions été relégués au nettoyage du hangar. Heureusement que la poudre aimantée avait été inventé. Autrement, bonjour le mal de dos à la fin de la journée.  Cette interruption m’avait permis de me remettre les idées en place quant à mon élève du jour. Son comportement était étrange si on le comparait à celui d’un Ünik lambda. Par contre, si on supposait qu’il s’agissait d’un Hybrid ou d’un Paria, cela semblait logique. Je n’avais encore jamais rencontré d’individus appartenant à ma race. Aussi, je ne savais pas s’il y avait un quelconque déclic, signe ou autre intuition attestant que l’on était dans la même galère quotidienne. Du coup, je préférai penser qu’il s’agissait d’un habitant de la Sylva. Je lui avais soumis mon hypothèse d’une voix suffisamment basse pour qu’il soit le seul à entendre mes mots. Je ne le balancerais pas. Je connaissais la réaction des Üniks face à une race différente de la leur. Et je ne doutais pas une seconde que le sort d’un Hybrid soit le même que celui réservé aux Parias.  

Avec le même volume sonore, et sans même un regard vers moi, Diyo avait répondu qu’il n’avait pas l’intention de trainer dans le coin et qu’il avait besoin de réponses. Je ne comprenais vraiment pas ce qu’il voulait dire par là. Qu’est-ce qui avait bien pu le pousser hors de sa forêt protectrice ? Sur quel sujet a-t-il besoin de réponses ? Comment vaincre ses ennemis jurés ? Leur trouver un point faible ? La source de leur pouvoir ? Je ne comprenais vraiment pas l’intérêt de risquer sa vie en territoire hostile pour avoir des réponses à ses interrogations. Alors qu’il a probablement déjà une place privilégié et tout un entourage qui l’attend… Hein ? Qu’est-ce qu’il venait de dire là ? Perdu dans mes pensées, je crus d’abord avoir mal interprété ses mots. Aussi, je repassais dans ma tête ses deux malheureuses phrases :

J’avais entendu dire que les Parias sont doués pour passer inaperçu. Je ne me doutais pas à quel point c’est vrai.

Eh… ? EEEHHH ?!! Je suis… Grillé ? Pour de vrai ? Non. Impossible. Je ne pensais pas avoir dit ou même sous-entendu appartenir à cette race indigne de Mère Nature. Vraiment ? En étais-je vraiment sur ? Je  retraçais ce que j’avais pu lui dire. Je lui avais demandé s’il était Hybrid. J’avais alors étayé mon idée en appuyant sur le fait qu’un Ünik n’aurait jamais posé ce genre de question. N’ayant pas réfuté l’affirmation, je supposais que c’était vrai. Je l’avais rassuré sur le fait que je resterais muet comme une tombe. Et qu’il fallait qui fasse un tant soit peu attention à qui à poser ses questions… Jusque-là, aucun indice sur ma condition. Avait-il fait le lien uniquement à cause de ma comparaison entre le traitement d’un habitant de la Sylva et d’un Paria ? Sûrement… c’est le seul moment où j’ai parlé des individus comme moi. Si ce n’était que ça, je n’avais qu’à nier mon appartenance à cette race. Mais si je fais ça, est ce que ça ne va pas paraitre suspect ? Ne rien dire ? Et le laisser croire ce qu’il veut ? Et si, par un concours de circonstances, il venait à me balancer pour sauver sa peau ? Dans ce cas-là, je ferais la même chose et il serait dans de beaux draps aussi… Encore faut-il qu’il ne le fasse pas dans mon dos et que l’on me croie. La parole d’un Paria avait-il une valeur aux yeux d’un Ünik… ? Probablement que non… J’étais vraiment dans la merde là. Je n’avais pas d’autres choix que de nier ce qui semblait être l’évidence pour Diyo. Faudrait faire preuve de subtilité pour ne pas être dans l’excès. Je pris une profonde inspiration en tournant sept fois ma langue dans ma bouche avant de lancer ma réponse.

Ah bah non. Je n’en eus pas le temps. Quelqu’un m’avait devancé. Un homme bien plus grand que Diyo et moi. Bien baraqué et aux cheveux gras. Il n’avait vraiment pas l’air commode. Je ne savais même pas si j’avais déjà eu l’occasion de discuter avec lui mais sa tête ne me parlait pas du tout. Pourquoi débarquait-il avec cet air pas content ? Je jetais un regard à mon élève du jour. Ahh… Je soupirais. Je comprenais mieux. Un objet conique avait été appâté par la poudre aimantée alors qu’il aurait dû rester entre les mains de son réparateur. Diyo n’avait pas dû faire attention au champ d’action de sa barre et voilà le résultat. Pour couronner le tout, il l’a fit même tomber… De quoi agacer encore un peu plus notre cher collègue. J’aurai surement réagi de la même façon si l’objet sur lequel j’étais en train de travailler s’était envolé et s’était retrouvé à terre sans la moindre précaution. Diplomatie. Je posais ma main sur l’arrière de la tête de Diyo pour l’inciter à s’incliner. Je fis de même un instant, avant de me redresser et de prendre la parole :

- "Désolé vieux. On me l’a foutu dans les pattes aujourd’hui et comme t’as pu le constater, il est vraiment pas très dégourdi… Je vais t’aider à réparer la tête de l’engin en guise d’excuse si ça te va."

- "Mouais… Ça passe pour cette fois. Mais la prochaine fois, ça s’ra différent c’est clair ?!"

Je bougeais enfin ma main de la tignasse ébène de mon élève pour ramasser l’objet abimé. Je suivis ensuite l’homme jusqu’à son établi pour l’aider à faire la réparation. Comme promis. J’avais lancé entre-temps un regard à Diyo, l’air de dire, plus de bêtises ou c’est toi qui seras tenu responsable. C’était son premier impair de la journée mais tout de même. On avait eu de la chance de tomber sur ce gars, qui malgré ses apparences bourrues, n’était pas méchant. On aurait pu tomber sur bien pire et cela aurait pu mal se passer… Surtout qu’à mon plus grand désarroi, la journée était loin d’être terminée. La réparation de la tête de l’aéronef prit plus de temps que je ne l’avais prévu. Je ne pensais pas que c’était si difficile… Cela nous prit une heure environ à deux. J’en avais profité pour taper la discute avec mon collègue. Il me plaignit un peu quant à mon stagiaire du jour. J’appris son nom, sa situation familiale et depuis combien de temps il bossait ici. Rien de très intéressant en soit, mais c’était toujours des informations à prendre. Nous nous quittâmes en bon terme malgré la mésentente du début.

La réparation terminée, il me restait plus qu’à retrouver mon élève qui avait disparu de mon champ de vision. J’espérais qu’il avait poursuivi sa tâche et que surtout, il ne s’était pas mis dans le pétrin…

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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Mer 30 Aoû - 15:55

Kei semble assez étonné par les dernières déclarations de l’Hybrid. Ainsi, l’existence même des Parias doit être à peu près aussi connue à Urban City que dans la Sylva. Il est vrai que malgré les nombreux livres portant sur l’histoire des différents peuples qui sont passés dans les mains de Diyo et qui, tous, on fait l’objet d’une étude des plus attentive de sa part, jamais à un seul moment les Parias n’y sont mentionnés. Comme si personne, au moins chez les Hybrids, ne voulait que cette réalité ne puisse être à la portée de tous. Ce n’est que le hasard qui lui a permis d’apprendre le peu d’éléments qu’il connaît à leur sujet. Mais en bon Phytös qu’il est – malgré sa présence loin des siens à l’heure actuelle – il ne peut s’empêcher de penser que s’il a croisé la route de cet ancien il y a plusieurs années, cela ne peut venir que de la volonté de certains êtres supérieurs.

Je vous parle de cette rencontre qui remonte maintenant à plus ou moins cinq ans. Diyo a quitté il y'a peu l’orphelinat qui l’avait accueilli depuis son plus jeune âge. Sa vie de vagabond ne fait alors que commencer. Et déjà c’est bien sa soif de connaissances qui le guide dans ses aventures. A l’époque, il s’intéresse encore davantage aux différentes pratiques des apothicaires, qui cultivent leur art au gré de la diversité de la végétation qui les entourent. Pourtant, quand son chemin lui fait croiser celui d’un Phytös ayant déjà atteint un âge avancé, sa curiosité pour les autres races a été démultipliée. Si le brun n’a jamais été très doué pour faire la conversation, il est en revanche l’un des meilleurs publics qui soit. Toujours attentionné, quel que soit le sujet du jour, vous pouvez être sûr de trouver auprès de lui une oreille attentive.

Orphelin de guerre, Diyo se sent naturellement très concerné par les récits datant de cette époque. Ceux-là même que seuls les individus d'un certain âge peuvent lui conter. Ce fameux soir, il se trouvait avec l'un d'entre eux, dans un coin mal éclairé d'une taverne d'un petit village où il faisait escale. Alors quand l’ancien commence son histoire, le jeune homme de l’époque s’assoit et enregistre l’intégralité de l’expérience qui lui est livrée. Jusqu’à ce passage évoquant une quatrième race. Les Parias.

”La guerre était finie depuis quelques mois. Le village en piteux état. Les survivants peu nombreux. Alors quand cette petite est arrivée sur le pas de ma porte en pleurs, un bambin dans les bras, je l’ai évidemment accueillie. Elle n’avait pas quinze ans, elle était seule et complètement terrorisée. Je n’ai pas mis longtemps à comprendre dans quelles horribles circonstances ce bébé avait été conçu. Ni elle ni moi ne savions à cet instant quel genre d’être allait devenir cet enfant. La seule chose dont nous étions sûr, c’est que l’identité de son père ne devait être révélée, sous peine d’abréger sa vie dès son commencement. La jeune fille ne voulait pas voir son enfant mourir. Quant à moi, j’avais vu suffisamment d’atrocités commises au nom de notre très chère Mère Nature pour en offrir une nouvelle. Les années sont passées et le petit a grandi presque normalement. Rien ne laissait penser qu’il n’était pas des nôtres. J’en était naïvement venu à penser que cet enfant avait par chance complètement hérité de sa mère. Mais évidemment, à ses douze ans, alors que tous les jeunes de son âge découvraient leur don, rien ne se produisit pour lui. Pendant que la méfiance s’installait, je décidais de m’enfuir avec lui. Alors que j’arrivais à l’orée de la forêt, cherchant un endroit suffisamment éloigné pour lui offrir une chance de survivre, le destin a voulu que je sois sur la route d’une patrouille de reconnaissance Üniks. Que pouvaient-ils bien faire encore si loin de chez eux, je l’ignore, mais il s’avéra que la chance me souriait. Ces hommes crurent que j’avais kidnappé le gamin. Un Ünik d’après eux. Je n’ai pas réfléchi. Je me suis contenté de m’éclipser en laissant le petit avec eux, tout en observant la suite depuis ma cachette. Ils étaient bien persuadés qu’il était l’un des leurs. Tout comme il me paraissait évident qu’il était un Hybrid. Je n’ai pas tout de suite compris, et je ne suis toujours sûr de rien. Mais il semblerait que, sans même en avoir conscience, ces personnes se confondent parmi nous. Sans doute est-ce leur seule chance de survie.”

La suite de cette conversation est une autre histoire. Il n’empêche que ces paroles sont bien ce qui revient à l’esprit de Diyo actuellement. Ce sont d’ailleurs les seules choses qu’il sache au sujet des Parias. Et encore, il n’est même pas sûr que ces conclusions puissent s’appliquer à l’intégralité des membres de leur race. D’ailleurs, quand par la suite il avait essayé de perfectionner ses connaissances à leur sujet, il s’est toujours heurté soit à l’ignorance des gens, soit à leur regard méprisant. Tout cela est tabou. On l’avait prévenu. A tel point que même les livres n’en disent mot. Au fil du temps, le Phytös avait fini par laisser ces questions dans un coin de sa tête, se reportant alors sur les Üniks, pour lesquels les paroles coulaient bien plus aisément.

Si on revient alors dans ce hangar avec nos deux protagonistes, l’étrange sensation qu’il éprouvait depuis leurs rencontre vient de trouver la seule réponse possible à ses yeux. Pourtant, Kei serait bien le premier représentant de son espèce que rencontrerait Diyo. Il n’a évidemment pas la moindre certitude sur quoi que ce soit. D’ailleurs, il ne sait strictement rien au sujet du Sin. Leur don. *C’est la seule explication logique... En le voyant au départ il me semblait davantage comme moi que comme eux. Mais s’il avait été un Hybrid il m’aurait tout de suite identifié comme tel. Pourtant, tout dans son comportement et dans ses relations avec les autres en fait un Ünik…* Le brun n’a pas beaucoup de points forts, et ce n’est sans doute pas ses prouesses de la matinée qui viendront prouver le contraire. Mais s’il doit en avoir un, c’est sans aucun doute sa vivacité d’esprit.

La suite des événements ne lui laisse pas vraiment l’occasion de vérifier son hypothèse, évoquée peut être un peu trop rapidement finalement. La tension qui règne à présent entre les deux jeunes hommes est facilement palpable, et sa maladresse présente pour une fois un bel avantage. Celui de les voir prendre leurs distances au meilleur moment. Autant pour l’un que pour l’autre la situation devient beaucoup trop délicate. D’autant plus au milieu de tout ce monde. Kei en est sans doute arrivé à la même conclusion, puisqu’il se porte volontaire pour réparer les erreurs de Diyo sans rien lui demander, le laissant totalement libre. Et ce serait bien mal connaître l’Hybrid que de croire qu’il va simplement patienter sagement en attendant son acolyte du jour !

Il en profite au contraire pour faire un petit tour, s’approchant de ce qui lui paraît être la fin de la chaine. Là où l’engin paraît le plus gros en fait. Entier. Prêt à repartir voler. C’est à ce moment qu’une voix tout ce qu’il y a de plus virile l’interpelle.

”Eh l’nouveau, ça va être l’heure de la bouffe ! Ramène-toi avec nous si tu veux !”

A peine le temps de jeter un rapide coup d’œil par-dessus son épaule, afin d’apercevoir Kei toujours aux prises avec la tête abimée de l’aéronef, qu’il répond le plus naturellement du monde, allant même jusqu'à se permettre un haussement d'épaule négligeant.

”C’est cool, mais j’ai déjà un truc de prévu ! Demain si ça t’tente !”

Non, Diyo n’a en réalité rien de prévu. Pour le moment. Tout comme il n’a pas la moindre intention de remettre les pieds dans ce hangar le lendemain. Mais il a en revanche bien envie d’en savoir un peu plus sur Kei. Et après ce petit temps d’éloignement, le repas du midi lui semble le meilleur moment pour tenter de raccrocher les morceaux. Diyo s’approche donc du jeune homme qu’il aperçoit déambuler, et qui doit par conséquent en avoir fini de réparer les erreurs précédentes du Phytös.

”Paraît que c’est l’heure de la pause déjeuner. Et tu peux t’en douter, je ne sais pas trop où trouver de quoi manger dans le coin.”

Evidemment qu’il aurait parfaitement pu trouver de quoi se ravitailler seul. Il a bien dû apprendre à se débrouiller depuis son arrivée sur le continent. Mais cela lui paraît être une bonne opportunité de reprendre contact avec Kei. Tout en essayant de lui redonner un minimum confiance. Pour ce qu’il en peut dans leur situation. Et avec le peu d’expression faciale dont il est capable… C'est pas gagné l'histoire !  

HRP:
 
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Dim 3 Sep - 15:36


Après avoir aidé celui que Diyo avait malencontreusement importuné dans son travail en attirant vers lui la pièce qu’il était en train de réparer, j’étais reparti à la recherche de mon élève. La réparation de la tête de l’aéronef avait été plus longue que je ne l’avais prévu. Je ne savais pas que c’était si difficile à remettre en état…Enfin. A deux nous y étions arrivés. Même si c’était au bout d’une bonne heure de labeur. Bref. Je déambulais entre les établis qui se vidaient petits à petits. Les gens quittaient leur poste, soit pour rentrer chez eux pour les plus chanceux, soit pour la cafeteria de la boite qui produisait de la bouffe infecte. Cela signifiait que la mi-journée était atteinte. Ça va. La matinée était passée relativement vite. En même temps, en arrivant en milieu de matinée…. On pouvait difficilement se plaindre. Même si je devais me coltiner un stagiaire particulier. Sur tous les gars qui trainaient dans la ville basse, il avait fallu que je me retrouve avec le seul Hybrid assez fou pour se rendre en territoire ennemis. Je soupirais. Où était-il passé en plus ? J’espérais qu’il avait continué à ramasser la quincaillerie au sol… Autrement le chef allait encore me tomber dessus… Diyo me repéra avant que je le remarquai. Il s’approchait de moi, sans rien dans les mains. Il n’avait pas poursuivi sa tâche… Maintenant c’était sûr, le chef n’allait pas me rater... Nouveau soupir.

L’hybrid me rejoignit. D’un ton léger, il avait entendu que l’heure de table était arrivée et qu’il ne savait pas où déjeuner. Ok, j’étais son référent pour le boulot mais pour la bouffe il aurait pu demander aux autres non… ? J’allais encore devoir me le coltiner. Et ce, jusqu’à la fin de la journée. En plus, il se fichait peut être de moi. Depuis quand il avait débarqué à Nordkia ? Si cela faisait plus d’un jour, il devait sûrement déjà savoir où il pouvait aller manger sans le moindre problème. A moins qu’il ne veuille reprendre la suite de tout à l’heure. J’allais encore devoir réfléchir à comment le convaincre que je n’étais pas ce qu’il pensait que j’étais… J’étais déjà fatigué rien qu’en y songeant. Je n’allais sûrement pas faire la java ce soir. Je pris une grande inspiration avant de lui répondre :

- "Y’a pas beaucoup de choix pour manger. Soit tu vas à la cantine de la boite, où, on va pas se mentir, c’est dégueu à en être malade. Soit c’est aller dans les « restos » à côté, où pareil, t’as des risques de finir au lit. Mais je connais quand même une bonne adresse. Allez suis moi."

Je pris la direction de la sortie. Ce n’était pas la peine de se changer. On n’aurait pas le temps d’enfiler ses vêtements de ville, manger, revenir et de remettre la toile bleu. Et pis, dans Nordkia, on se fondra dans la masse. On sera loin d’être les seuls dans cet accoutrement. Aucune inquiétude à avoir donc. J’avançais tranquillement dans les rues de la ville basse, Diyo sur mes talons. Je percevais ses pas me suivre malgré le bruit environnant. C’était heure de pointe dans l’avenue principale. Les gens s’agglutinaient devant les quelques restaurants qui affichaient ouvert. Les files étaient longues. Parfois plusieurs mètres. Cependant, les gens ne s’énervaient pas. Ils vivaient ça tous les jours, et cela faisait partie de leur journée.  L’endroit où j’emmenais mon élève était un peu plus loin. Là où la foule était bien moins compacte. C’était un peu les bas-fonds de Nordkia, les dealers en moins.

Nous finîmes par arriver à destination. Devant nous s’alignaient plusieurs baraques faites de briques et de brocs. Une seule affichait une petite devanture qui n’invitait pas vraiment à entrer. Et c’était là que nous allions entrer. L’intérieur ne payait pas de mine non plus. Le sol était sale. Plusieurs chaises étaient cassées et peinaient à tenir debout. La plupart des tables étaient gribouillées d’insultes. Cela ne donnait vraiment pas envie. Aucun client n’avait daigné venir déjeuner ici. Sauf nous. Ça ne serait pas étonnant que Diyo hésite à prendre ses jambes à son cou. Cela faisait toujours cet effet-là la première fois. Je n’avais pas fait exception. Un vieux bonhomme, un peu rondouillet, sortit la tête de ce qui semblait être la cuisine. Il s’approcha de nous en beuglant assez fort :

- "Oh Kei ! Cela faisait longtemps qu’on t’avait pas vu traîner par ici ! On commençait à croire qu’l’autre t’avait dégagé. Hahaha."

- "Ca n’saurait tarder. J’suis sûr qu’il me flique et qu’il est à l’affut du moindre faux pas." J’avais parlé fort aussi, le vieil homme étant dur de la feuille…

- "Vu le personnage ça s’rait pas étonnant. Tu prends comme d’habitude ? Tiens, t’es accompagné aujourd’hui ? Il veut la même chose ?"

J’avais acquiescé. Oui j’allais prendre le même repas qu’à l’accoutumé. On ne changeait pas une équipe qui gagne. Quant à Diyo, il n’avait qu’à regarder la carte que lui tendait le maitre des lieux pour savoir quoi prendre. Je m’installais sur une chaise, l’une des seules qui avait gardé sa solidité. Mon camarade du jour ne tarda pas à prendre place également. Il n’y avait plus qu’à attendre les plats commandés. L’atmosphère était un peu tendue. Je n’avais pas vraiment envie de relancer le sujet que nous avions entamé sur nos origines respectives, même si je pensais avoir trouvé une parade.  

- "Faut pas te fier à l’apparence. Tu mangeras mieux ici qu’à la cantine du boulot."

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Diyo

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Lun 18 Sep - 16:48

Pas très étonnant. Il faut dire que les travailleurs à Nordkia sont nombreux, alors à moins d’être dans les premiers, les choix pour aller déjeuner sont assez restreints. Et comme il ne faudrait pas trop détonner, d’après Kei, les différents lieux de restauration du coin se valent. Et ne sont pas pour faire rêver… Mais pour tout vous dire, c’est bien le dernier des soucis de l’Hybrid. Jusqu’à présent, il s’est toujours débrouillé pour manger à sa faim, tout en étant très loin des qualificatifs de gourmet ou de gourmand. Habitué à vagabonder depuis des années, il ne mange que pour apporter à son corps et son esprit l’énergie dont ils ont besoin. Pour ce qui est du goût et des saveurs, il n’est pas très difficile. Et puis, il faut avouer qu’il n’a pas beaucoup d’espèces trébuchantes dans les poches, alors ça l’arrange bien.

Tout juste s’il hoche la tête quand Kei lui annonce qu’il va tout de même lui montrer une bonne adresse. Et à son grand soulagement, pas besoin de changer de vêtements. Parce qu’il est évident qu’il passera beaucoup plus facilement au milieu de toute cette foule dans cet accoutrement qu’avec ses vieux vêtements. *Ca pourrait être pas mal que je les garde d’ailleurs ceux-là…* Forcément, il voit toujours le côté pratique pour la suite. Et s’il est assez difficile de s’intégrer à Anathorey pour un étranger comme lui, à Nordkia c’est davantage le fort caractère de ses habitants qui est compliqué à gérer. Peut-être qu’avec une tenue de travailleur il s’en sortira mieux. Déjà, il attirera moins l’œil.

Mais revenons au moment présent. Parce qu’il y a encore beaucoup de choses à gérer maintenant avant de pouvoir penser au lendemain. Et dans l’immédiat, il y a l’arrivée à l’endroit où, d’après son partenaire du jour, ils devraient mieux déjeuner qu’ailleurs. Pas franchement évident si on se réfère à l’absence manifeste de clients et à l’état de délabrement avancé du bâtiment… Heureusement, ce n’est pas ce qui arrête le brun, qui emboite toujours le pas à Kei malgré le peu de paroles échangées durant ce trajet. Ça s’annonce joyeux entre ces deux là…

Pourtant le mécano aguerri paraît plutôt amical si on s'en tient aux banalités échangées avec l’homme au comptoir. Evidemment, Diyo n’étant pas des plus avenants, c’est plus délicat. Et puis, il ne sait pas tenir ce genre de conversation qui relève plus du savoir-vivre et qui ne revêt à ses yeux pas grand intérêt. Pourtant, il va bien falloir qu’il s’y mette, ou les minutes à venir risquent d’être des moins agréables. Y mettant quand même de la bonne volonté, le Phytös jette un coup d’œil à la carte qui lui est tendue. Evidemment, il ne connaît pas encore la totalité de ce qui est proposé au menu et se contente par conséquent de ce qui lui paraît le plus sympa. ”Tagliatelles”. Ça sonne bien. Et il a peu de chances de se planter sur la prononciation. Une fois la commande passée, il s’installe à son tour, non sans avoir jeté de nouveau un regard sceptique à la chaise qui devra le supporter le temps d’un repas. Pour sûr qu’elle est en fin de vie… Mais il n’en dit mot, et prend place.

”Merci pour l’adresse. Et, désolé si je t’ai attiré des ennuis. C’est pas voulu. Si je peux faire quelque chose pour aider…”

Eh oui, quand on n’est pas habitué à tenir une discussion, et encore moins à exprimer clairement ce qu’on a en tête, l’exercice n’est pas des plus évidents. Et encore moins dans cette situation. Ses paroles sont saccadées. Ce n’est pas très difficile de se rendre compte qu’il cherche ses mots. Pourtant physiquement, rien ne trahi son manque total d’assurance. Aucun tic de nervosité, ses mains restant parfaitement en place, reposant convenablement sur la table comme le lui a enseigné il y a de cela des années la directrice de l’orphelinat dans lequel il a passé son enfance. Ses pieds ne battent pas un rythme imaginaire. Il garde même les yeux parfaitement droits, ne quittant Kei que lorsque le propriétaire des lieux leur apporte un pichet d’eau, leur annonçant au passage que leurs plats seront prêts dans deux minutes. Bien plus habitué à se rendre utile qu’à se faire servir, Diyo attrape machinalement le récipient qui vient d’arriver à leur table, servant un verre à l’homme en face de lui, avant de faire de même avec son verre. Tout en réfléchissant à la suite. Pourquoi est-ce que tout va toujours aussi vite dans sa tête sans jamais réussir à en sortir comme il le voit ?

”C’est vrai que je ne suis pas encore très à l’aise avec toutes les façons de faire d’ici.”

Un nouveau court temps de pause. Pourtant, l’intonation montante utilisée à la fin de sa phrase laisse clairement penser qu’il y a une suite. D’ailleurs, il y en a bien une. Théoriquement.

”Et toi alors ?”

Ah… Bah voilà, du Diyo dans toute sa splendeur ! Une fois de plus, avant qu’il ne prononce ces mots, tout lui semblait parfaitement clair. Mais quand il essaie d’exprimer tout ça, il n’y a que ces trois mots qui sortent. Et en matière de clarté, on peut difficilement faire pire. *Tant pis…* Oui, il va bien laisser Kei face à cette simple interrogation qui paraît bien vague. Au moins pourra-t-il répondre à peu près ce qu’il veut que ça ne sera pas plus étrange que la question.
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Kei Hynawa

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MessageSujet: Re: Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé   Ven 22 Sep - 13:23



Midi passé. L’heure de la pause déjeuner avait sonné depuis déjà un moment. J’avais retrouvé mon élève du jour et nous étions partis nous restaurer à l’extérieur. La nourriture offerte gracieusement par le boulot n’étant pas vraiment mangeable… Et je connaissais une adresse où la qualité était là malgré les prix bas proposés. L’endroit paraissait miteux à première vue. Que ce soit de l’extérieur ou de l’intérieur. Même le cuistot avait l’air bourru et peu accueillant. Il fallait juste le brosser dans le sens du poil et ça passait tout seul. Comme une lettre à la poste. J’avais échangé avec ce dernier quelques banalités, en oubliant un peu que Diyo était là. Pendant qu’il choisissait son plat, j’avais pris place à une table, sur une des chaises qui risquait de céder au moindre kilo en trop. L’hybrid fit la même chose quand il en eut terminé avec sa commande. Je m’amusais un peu de son air sceptique sur la chaise qui allait devoir faire un effort pour tenir encore un peu. Au moins le temps du repas. Il s’y installa néanmoins. Non sans crainte probablement. Mais il n’avait pas vraiment le choix. A moins de manger debout. Malgré tout, c’était tout de suite moins confortable.

A peine son popotin posé qu’il se mit à parler. Non pas pour me poser une question comme il avait pu le faire depuis qu’on l’avait fourré dans mes pattes ce matin, mais pour me remercier d’abord pour l’adresse. Ce n’était pas vraiment nécessaire. Un Hybrid ne ferait pas long feu dans les parages. Surtout vu comment il était discret lorsqu’il posait ses questions… Il ajoutait également qu’il était désolé s’il était la source de mes ennuis et que si j’avais besoin de son aide, il était là. En tout cas, vu comment ses paroles étaient  hachées, il avait dû aller les chercher long ses mots. Très loin. Soit il n’avait pas l’habitude des conversations. Soit c’était un ermite dans sa forêt. Soit je l’intimidais. J’avais du mal à me décider sur laquelle des trois possibilités étaient la plus plausible. Peut-être que c’était tout simplement les trois à la fois. Enfin soit. Le vieux cuistot un peu sourd d’oreille vint nous apporter un pichet d’eau en ajoutant que nos plats n’allaient pas tarder à arriver non plus. J’en profitai pour rassurer mon camarade qui était en train de me verser un verre :

- "T’inquiètes, je t’ai pas attendu pour m’attirer des ennuis. C’est justement pour ça qu’le chef t’as mis avec moi aujourd’hui. Et merci pour le verre."

J’avais à peine terminé ma phrase que Diyo avait enchaîné. Sur un sujet qui n’avait rien à voir. Un peu comme si il en avait rien eu à faire de ce que je venais de lui dire. Il disait ne pas s’être encore accoutumée à la vie d’ici. En tout cas, ses mots confortaient mon idée qu’il venait de la Sylva. Ou du moins, qu’il n’était pas Ünik. Ni Quantik d’ailleurs. Aucune trace d’élément métallique. Faut dire aussi que je ne l’avais pas vu à poil non plus. Et je n’en avais pas envie ! C’était difficile de distinguer à quelle race appartenait une personne. On ne pouvait faire que supposer. Il n’était pas non plus envisageable de demander directement à l’individu concerné. Dans la Sylva, il n’y avait que des Hybrids. De l’autre côté du Sidhe, des Üniks principalement. Les Quantiks avaient leur ville à eux d’après ce que j’avais pu entendre. Quant à la dernière race, ses membres étaient nulles part et partout à la fois. Les mélanges étaient risqués et on voyait le résultat.

"Et toi alors ?"

Voilà ce qu’il avait lâché… Comme si de rien n’était. Comme si il disait qu’il faisait beau dehors. C’était quoi cette question sérieux ? Est-ce qu’il me demandait si j’étais parvenu à m’accoutumer à cette ville ? A cette vie ? Ou alors, est ce plus un « et toi, quoi de neuf ? » Comme si on se connaissait et que l’on ne s’était pas vu depuis un moment ? Qu’est-ce qu’il voulait que je réponde à ça… Je cachai un soupir. Bon. Réfléchis Kei. Il avait lancé le sujet sur le fait d’être habitué à cet endroit. Je devrais continuer sur cette voie. Tout en faisant attention à ne pas trop en dire. Un mot de travers et c’était reparti pour la conversation de tout à l’heure dans le local à outil. Et, autant dire que je n’en avais vraiment pas envie. A moins que je n’arrive à couper court à l’idée qu’il se faisait de moi. Sauf si je me fourvoyais dès le départ et qu’il ne me soupçonnait pas du tout d’être de la race des exclus. J’en avais assez de trop réfléchir comme ça ! Ca ne servait à rien de se prendre la tête. Si il te balance, tu as toi aussi un moyen de pression sur lui.

- "On est tous passé par là. Quand on débarque dans un lieu qu’on connait pas, faut toujours un certain temps pour s’habituer. Enfin, si tu sais d’adapter bien sûr. Ça m’a fait pareil que j’suis arrivé. Mais on s’y fait."

Le vieux sourd finit par arriver avec nos deux plats qu’il déposa devant nous. Tagliatelles pour Diyo. Et moi, j’avais pris comme d’habitude. Un stromboli. Voyant l’air un peu septique de mon camarade, je lui expliquai ce que j’avais dans mon assiette. Au premier abord, mon repas ressemblait à un gâteau roulé. Il s’agissait en fait d’une pâte à pizza roulé avec plein de bonnes choses dedans. De la viande de bœuf, de mauvaise qualité, quelques carottes et de la pâte à lasagne. Tout ce qu’il fallait pour tenir le restant de la journée. Enfin, jusqu’au couché. Qui serait encore bien tard pour moi. Rien qu’à cette idée, je sentais que mon lit m’appelait déjà dans ses bras. Malheureusement, il devrait patienter encore un peu. Je pris ma fourchette, pendant que le cuistot retournait dans sa cuisine, et entamai mon plat. J’aurai pu le manger comme d’habitude. A la bonne franquette. Mais avec l’individu que j’avais en face, je préférais éviter. Je pense que je m’étais déjà assez fait remarqué depuis le début de la journée comme ça ! Un silence s’installa entre nous. Seulement rompu par nos bruits de mâchouillement. J’avais dit que c’était bon et pas cher. Pas que ça allait fondre sous la dent ! Il ne fallait pas trop en demander non plus. Je finis par le rompre en lançant un sujet qui finirait peut-être par fâcher :

- "Qu’est-ce que tu faisais là-bas ? "

Par là-bas, il fallait bien sûr la forêt vierge dont étaient issus les Hybrids et notamment l’homme assis en face de moi. Je connaissais un peu, pour y avoir passer une partie de ma vie entre ses arbres plusieurs fois centenaires. C’était un point pour moi. S’il me pensait Paria, je pourrais l’en dissuader avec mes connaissances sur sa race. Parions là-dessus.

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Manuel de mécanique pour les nuls [Pv Diyo] - Terminé

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