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[Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)

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Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Mer 17 Mai - 1:11

"Un silence lourd de sens régnait dans la chambre. Posé sur le matelas duquel il avait failli ne pas se réveiller, Ithilion portait un regard peu amical à l'homme assis face de lui. Il détestait cet üniks à la blouse blanche, au visage aussi peu expressif qu'un Qantik de première génération, avec son air condescendant et sa manière de parler teintée d'arrogance. Ces scientifiques, tous aussi avides de repousser les limites en dehors de tout code moral, le répugnait du plus profond de son être. Certes la science lui offrait un monde de confort et de progrès dont il pourrait certainement difficilement se passer, mais la folie des grandeurs de beaucoup d'entre eux dérangeait le jeune ünik.
L'idée de n'être qu'un ensemble de causes et de conséquences, comme tendaient à le prétendre certains de ces érudits, ne le réjouissait guère, voir même l'angoissait. Malheureusement, si il tentait de se convaincre que la conscience d'un Ohm ne suffirait jamais pour capter l'ensemble de la complexité de l'âme, il fallait se rendre à l'évidence que les résultats venaient de plus en plus le contredire. Son propre avenir se trouvait d'ailleurs entre les doigts maigrelets du psychologue qui frappaient laconiquement sur son clavier virtuel, apparent uniquement au travers de lentilles spéciales.
Sans relever les yeux de son écran invisible, il sortit un petit appareil qu'Ithilion reconnut pour son plus grand déplaisir. Il s'agissait d'une petite caméra holographique qui servait à enregistrer la discussion, ainsi que les moindre de ses faits et gestes. Cette captation sous le consentement forcé du patient permettait au spécialiste, à la suite de l'entretien, de pouvoir revisionner la séance au ralenti et ainsi déceler et interpréter les plus subtiles micro-expressions du corps. Une forme de mise à nue que l'actuel sujet avait mis du temps à digérer.
Le déclic du bouton suivit par le clignotement d'un petit voyant rouge signala le début de enregistrement.


-Ithilion Gwendilan, dossier AG-210794
. commença le psychologue sur un ton neutre. Supposée dernière séance.


-Pas trop tôt, lâcha Ithilion au tac au tac.


Il se mordit aussitôt la lèvre inférieur pour se rappeler à l'ordre. Cette séance pouvait lui coûter extrêmement cher si il ne se tenait pas à carreau. Sa liberté suspendue ne tenait qu'aux résultats du constat que dresserait cet homme à la fin de la séance. Une position de force que son vis à vis saisissait parfaitement, son visage désertique d'émotion se déridait parfois d'un sourire de satisfaction pervers en lui rappelant les enjeux de l'échéance lorsque son patient ne se montrait pas des plus coopérant. Ces séances auront au moins eu le mérite d'avoir endurci la patience et le contrôle intérieur l'impulsif unik aux cheveux blancs.
Livrer à un inconnu son passé, ses choix, ses convictions et surtout l'apparition de cette femme qu'il souhaitait à tout prix oublier aujourd'hui revenait presque à lui demander de se couper une jambe. La pression de la sentence qui pesait au-dessus de sa tête le résignait à répondre aux questions posées, sous l'analyse implacable d'un appareil et d'un juge capables de défaire le vrai du faux dans ses propos. Il s'y était risqué une fois, il n'essaya plus jamais de mentir par la suite.

-Nous avons la dernière fois terminé de retracer votre parcours sous la tutelle de cette femme que vous avez appelé Elionne. Sa main décrivit une trajectoire rectiligne dans le vide, il devait certainement sortir et classer ses notes. Vos premiers souvenirs que vous en ayez remonteraient donc avant l'âge de vos 10 ans, et votre conscience a décidé de vous la faire disparaitre à l'obtention de votre titre de Chasseur Ailé, comme si l'aboutissement d'une période, d'un objectif, avait marqué la fin du besoin d'un tuteur idéal.


Jusqu'à présent, le psychologue avait toujours parlé du maitre illusoire de son patient comme si il émettait l'infime possibilité qu'elle puisse avoir existé. Ithilion n'y voyait la qu'un subtile subterfuge pour amadouer son tempérament quelque peu volcanique. En réalité, il le prenait bel et bien pour un fou. Un Ohm à qui on retirait presque la légitimité de penser par soit même du fait de ce sombre et inhabituel passage de sa vie.
-Que pouvez vous me dire sur Ethan Nolem ?

La question provoqua un instant de crispation chez le Chevalier. Pourtant, il s'était préparé à aborder ce sujet, répétant mentalement pendant de longues minutes cet instant précis afin de garder le total contrôle. Le geste n'avait duré qu'une fraction de seconde, mais cela n'avait certainement pas échappé à l'objectif. Ithilion soupira."

                                                            ************************************
Un grand soleil dominait le ciel bleu dépourvu de nuage au-dessus d'Anathorey, si bien que les membres de l'Ordre sans mission attribuée profitaient de cette journée en se prélassant dans le parc extérieur ou en sortant dans les quartiers de la cité. D'autres préféraient échapper à la lourdeur de l'air ambiant en restant tranquillement au frais derrière les murs du Quartier Général.
Installés autour de l'une des quelques tables rondes du réfectoire, Ithilion, Alaryk et Sally avait opté pour la dernière option après avoir passé une intense matinée d'entrainement. Après des mois passés sans autorisation de toucher à son Dzêta ni à une arme, le chevalier récemment réhabilité dans ses fonctions  avait pu effectuer une séance de tirs sous surveillance.  A l'issu de la séance, pas de miracle en termes de performance, cette longue période d'inactivité avait naturellement amoindri ses capacités. Cette reprise ratée, bien que pas misérable pour autant, n'entacha en rien sa volonté de remonter la pente pour revenir au sommet. Bien au contraire.
Pour l'heure, sa main engourdie par le recul de l'arme tremblait sous le poids des cartes qu'il tenait, une sensation finalement pas si désagréable qui l'aidait à se sentir vivant. Ses sourcils froncés témoignaient de l’extrême attention qu'il portait sur le jeu. Quand ce fût au tour de Sally de jouer, Ithilion ne pût retenir un grognement agacé :
-Noooon ! Alaryk vient de fracturer la donne avec son double troc. Tu n'as pas le droit de relancer simplement avec une suite à l'atout. Tu as pas tellement choix, soit tu as un 5 et tu remplaces la reine par un trèfle, soit tu tentes un troque sur la Fosse, mais ça serait un peu osé !
Alors qu'Ithilion s'empressait de repousser les cartes qui venaient d’être posées vers son amie, le grand colosse ne put retenir un rire tonitruant.
-Ne t'en fais pas, moi non plus j'ai rien compris à ce jeu de Nordkia.  Je savais qu'on aurait du faire une bataille.
-Faut ne faire pas d'effort, grommela celui à l'initiative de cette partie, avant de se reconcentrer sur son prochain coup.
La porte du réfectoire s'ouvrit et Klegan pénétra dans la pièce, sauvant in-extremis la Paria du risque de refaire n'importe quoi. Dans la salle, tout le monde se leva pour saluer la présence de leur supérieur avant de se rassoir une fois que celui-ci leur en eut permis d'un signe de la main. Son regard s'arrêta alors sur la table d'Ithilion et de ses amis.  Sa voix puissante interpella les trois compagnons en leur  ordonnant  de le rejoindre dans son bureau, puis il tourna les talons.
Ithilion se demanda bien quelle raison  justifiait que Klegan se déplace lui pour les convoquer. De mémoire de l'Ordre, jamais le soldat connu pour son caractère impétueux ne s'était montré aussi docile une si longue période. Autant dire qu'il n'avait jamais été aussi irréprochable qu'aujourd'hui.
A l'intérieur du bureau du maitre de l'Ordre, celui-ci à peine revenue s'affairait déjà dans la rédaction d'une pile de paperasse administrative soigneusement classée. Assis sur l'une des chaises en face de lui attendait silencieusement Ethan, la posture droite, le visage fermé, comme à son habitude.
Depuis le drame, de l'eau avait eut le temps de couler sous les ponts. Ithilion n'oublierait jamais ce qu'il s'était passé, son ancien coéquipier risquait de ne pas regagner un brin de sa confiance tout de suite, néanmoins il semblait à présent tolérer sa présence lorsqu'il croisait sa route, non sans parfois sentir un goût amer au fond de lui même. Les erreurs d'Ethan possédaient comme circonstances atténuantes d'avoir été commises dans l'intérêt de son ami. La digestion de cette étrange raison avait permis à Ithilion de faire les premiers pas vers le pardon, mais il en demeurait pas moins que cela ne justifiait pas tout.
Dans la pièce un étrange malaise sembla flotter, renforcé par l'interminable silence qui avait suivit l'arrivée des trois convoquées. Ithilion et Ethan évitèrent de croiser leur regard, tandis qu'Alaryk se retrouvait une nouvelle fois coincé entre le déchirement de ses deux compagnons d'enfance. Si il n'en présentait aucun signe, cette histoire l'avait également profondément marqué.
Soudain Klegan releva le nez de ses notes pour s'intéresser aux soldats qui lui faisaient face, sans se soucier de l'ambiance lourde qui régnait. Cette rencontre allait surement être compliquée, mais elle était le sens de leur présence ici. L'occasion d'une deuxième chose, comme il en avait émis le souhait, avec l'accord du conseil martial.
-Bien, commença le général en s'apprêtant à ne pas passer par quatre chemins. Il est temps de reformer l'équipe Alpha le temps d'une mission de route dans le but de vous évaluer.
L'annonce donna envie à Ithilion de quitter la pièce, mais la présence de Sally près de lui l'empêcha de céder à son comportement impulsif. Sa seconde chance se jouait en ce moment même, le moindre faux pas et on le priverait sans état d'âme de sa liberté, ainsi que de son ancienne disciple. Prenant une grande inspiration, il resta aussi immobile qu'une statue.
-Il s'agit d'une banale mission de surveillance. reprit le supérieur, satisfait de cette absence de réaction contrairement à ses craintes. Le compte Everlue organise un grand bal publique afin d'aider sa fille à faire sa place dans la société. Toutefois, hier, il aurait reçu une lettre menaçant l'intégrité de son enfant. C'est donc dans l'urgence qu'il a fait appel à nos services afin que nous assurions le bon déroulement de la soirée et surtout la protection de mademoiselle Sybil Everlue. Je vous laisse vous préparer, vous partez dans l'heure. Vous aurez besoin de vous faire discret et de tâter le terrain une fois sur place. Nancy pourra vous accompagner, cela lui fera une bonne expérience et je ne pense pas qu'il s'agisse d'une mission extrêmement compliquée au vue de vos compétences.
Pensant que la présentation était finie, Ithilion se tournait déjà vers la porte de la sortie lorsque la voix du capitaine le rattrapa avec un lourd avertissement :
-Cette mission est un test pour votre équipe Gwendilan. Si elle ne s'avère pas concluante, le comité de sanction disciplinaire s'octroie le droit de revenir sur sa décision. A vous de montrer que vous êtes toujours aussi efficace et indispensable pour obtenir le traitement de faveur qu'elle vous accorde. Il va falloir mettre vos problèmes personnelles de côté.
La réponse en retour fût le claquement d'une porte. Marchant à grand pas pour vider la colère qui bouillonnait en lui, Ithilion se dirigea en direction de l'armurerie afin de récupérer le matériel adéquat pour la mission. Lorsque l'ünik en charge des équipements de l'Ordre lui rapporta son Dzêta, il mit un certain temps avant de se décider à le prendre. Cet objet représentait un lien profond avec son trouble de la réalité,  il avait toujours cru qu'il s'agissait d'un cadeau offert par son maitre avant que celle-ci ne disparaisse. En réalité, il ne se souvenait même plus de la manière dont il s'était retrouvé en sa possession, il s'agissait encore d'un pan de son histoire qu'il devait à présent éclaircir. Au cas ou, il glissa le gantelet dans son sac, sans prendre la peine de l'enfiler à la main. Cette mission à l'improviste en compagnie d'Ethan risquait déjà de mettre son fort intérieur à rude épreuve, il préféra ne pas s'ajouter un poids supplémentaire et prendre le risque de la revoir surgir.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Sam 20 Mai - 1:19


Sally se dirigeait vers sa petite chambre après une matinée d'entraînement intensive. Ithilion s'était joint au cours, cette fois non pas pour l'encadrer mais pour s'entraîner à nouveau. Sa longue période d'inactivité due à son alitement avait fortement impacté ses performances, mais pour qui était excellent dans son domaine les habitudes étaient vite retrouvées. Alaryk, qui ne s'était pas risqué une seconde à faire mine d'enseigner à son ami, s'était concentré sur Sally. Elle avait marqué de nombreux progrès récemment, si bien que son nouveau professeur lui avait assigné de nouveaux exercices plus difficiles qu'elle avait encore peine à maîtriser. Bien qu'elle mit toujours du cœur à l'ouvrage, elle ne fut pas fâchée d'entendre sonner la fin de la séance. La chaleur accablante qui régnait sur Anathorey l'avait trempée de sueur, si bien qu'elle avait décidé d'aller prendre une doche avant de rejoindre les deux hommes au réfectoire.
Mais elle ferait un petit détour avant d'arriver jusqu'aux dortoirs... Il était un endroit que Sally affectionnait particulièrement, où elle se rendait discrètement sans prévenir personne : les écuries de Kokobots de l'Ordre. Le seul qui l'avait jamais vue sur les lieux était Legan, le vieux régisseur du quartier général. Ce petit homme discret appréciait les visites de Sally car elle l'aidait toujours à nourrir ces grands oiseaux dociles et aimants. Mais ce jour-là, elle eut beau arpenter les écuries, Legan demeura introuvable. Résignée, la jeune femme s'empara d'un seau, le remplit de grandes feuilles verdâtres et le porta Kokobots qui frétillaient d'impatience. Les voir se bousculer gentiment pour être le premier à manger le mets qu'elle leur tendait de sa main était toujours très drôle. Il était tout aussi plaisant d'écouter le joli roucoulement qu'ils émettaient une fois rassasiés. C'était une petite activité dont Sally avait pris l'habitude et qui lui donnait toujours le sourire. Elle aimait avoir ce moment à elle, où elle se trouvait en face à face avec ces adorables animaux. Ce jour-là ne fit pas exception : elle était enchantée et si absorbée dans sa tâche qu'elle n'avait pas entendu des pas se rapprocher.
« Tiens donc. Comme on se retrouve ».
Sally sursauta vivement et fit volte-face. La mystérieuse apparition n'était autre que John, ce grand soldat qui n'avait jamais vu sa présence au QG d'un très bon œil. Se retrouver face à lui rappela à Sally l'affreuse peur qu'elle avait eue quand il l'avait mise à terre, le jour de l'épreuve. Elle se souvint de l'étreinte forte que ses mains d'homme avaient exercé sur sa gorge alors qu'elle était au sol. Comme s'il avait remarqué le malaise de la jeune femme qui restait muette, John se mit à rire doucement.
« Relax. Je n'ai pas l'intention de te faire quoi que ce soit. J'ai retenu la leçon ».
Ce disant il s'approcha d'elle pour paraître à la lumière qui perçait par le toit ajouré. Il était marqué à la joue droite d'une cicatrice oblique. Le trait était aussi net que s'il avait été tracé par la lame d'un couteau. Les mains de Sally se crispèrent au moment où elle se souvint de la sensation de ses propres ongles lacérant le visage de son agresseur et de la peur qu'elle avait eue.
« Tu te souviens ? demanda John en agitant un doigt devant sa balafre. Tu fais pas les choses à moitié, toi. Il semble que je t'ai sous-estimée ».
Il souriait d'un drôle d'air, un peu fataliste.
« Je pense qu'on peut dire qu'on est quittes, maintenant ».


Sous l'eau chaude, Sally ne parvenait pas à se défaire de l'image de cette cicatrice qu'elle avait tracée sans même le savoir. La couleur rougeâtre de la chair à l'endroit où elle avait été déchirée lui donnait la nausée. Elle frissonna malgré la douceur des gouttes qui perlaient sur sa peau nue. Prostrée en avant, sa vue bouchée par ses longs cheveux mouillés, Sally ruminait toute l'horreur que lui inspirait le geste qu'elle avait eu. Ce que la peur lui avait fait faire lors de cette épreuve lui donnait le vertige. Sans s'en apercevoir, elle s'était totalement oubliée. Elle passa un moment la tête sous l'eau, comme pour purger son esprit de toute mauvaise pensée envers les autres et envers elle-même. Après tout ce qui s'était passé avec Siruy, puis Ithilion, elle s'était juré de ne plus écouter son cœur, dont les cris l'engluaient dans la faiblesse. Il fallait qu'elle devienne plus forte. Sally se répéta ces mots jusqu'à ce qu'elle oublie depuis combien de temps elle était là, les yeux fermés, sous cette pluie artificielle qui l'apaisait.

Enveloppée dans une serviette, la jeune femme essora doucement ses cheveux. Elle essuya d'un geste lent la buée dans le miroir qui lui faisait face. Lorsqu'elle croisa le regard de son reflet, elle se demanda s'il évoluait dans un monde à l'envers meilleur que ne l'était le sien. Sally, sans vraiment le vouloir, se tourna un peu, laissant sa serviette glisser le long de sa taille. Les yeux rivés sur l'image de son dos, elle contempla l'énorme cicatrice qui le traversait sauvagement de part en part. Un de ses doigts toucha délicatement la naissance de celle-ci, au niveau de son épaule. La blessure qui l'avait faite souffrir si durement était désormais endormie depuis des années, mais cette cicatrice en était un écho cruel qui la rendait impossible à oublier. Impossible à oublier, comme ces moments affreux qu'elle avait passés aux laboratoires, sa condition de soumise, ou sa nature monstrueuse. Mais peut-être qu'après tout cette marque barbare lui convenait bien. Un monstre ne peut que ressembler à un vrai monstre. « Cela me semble évident » susurra la voix de Madame Sullivan.
Sally finit par détourner la tête et termina de se préparer sans plus lever le regard.

Au réfectoire, Ithilion les fit jouer Alaryk et elle à un jeu de cartes aux règles absolument infernales. Si elle avait eu les idées claires, la jeune femme aurait certainement eu un peu de mal à les assimiler, mais les pensées moroses qui perturbaient son esprit avaient tout bonnement réduite à néant toute chance de compréhension. Pour donner l'illusion, Sally posait sur les cartes défaussées celles de son jeu qui lui paraissaient assorties. Cette stratégie ne porta pas longtemps ses fruits, car Ithilion ne cessait de la reprendre en baragouinant un jargon qui lui paraissait moins intelligible encore que le vocabulaire militaire. Si Alaryk prit comme à son habitude la chose à la rigolade, elle n'esquissa qu'un petit sourire bref qui s'évapora presque aussitôt.
Le claquement des portes d'entrée annonçant l'arrivée du commandant Klegan les interrompit. Toute l'assistance se mit au garde à vous. Lorsqu'il aperçut la petite bande, le vétéran exigea qu'ils le suive dans son bureau. Sally sentit son ventre se tordre douloureusement... Qu'avaient-ils fait de mal, cette fois ?

***

Cecil, qui somnolait dans sa chambre en ce début d'après-midi, se redressa mollement lorsqu'ils entendit trois petits coups frappés à sa porte. Il n'avait pas besoin d'ouvrir pour savoir de qui il s'agissait.
« Entre, Sally »
La jeune femme parut timidement et ferma derrière elle. Elle portait à la main un gros dossier sur lequel était collée une étiquette d'ordonnancement de mission. Le faux majordome lui fit signe d'approcher, curieux de découvrir quel genre de travail était assigné à l'équipe cette fois-ci.
« Protéger une débutante ? fit-il, un sourcil levé.
« Klegan a dit que c'était une mission... d'évaluation ».
Les deux compagnons échangèrent un regard entendu.
« Cela n'a pas dû lui plaire.
- Non... Il est parti en claquant la porte »
Sally aurait aimé suivre Ithilion et le trouver pour lui remonter le moral, mais Alaryk lui avait dit qu'il s'en chargeait et lui avait tendu le dossier de requête pour qu'elle l'étudie un peu avant de partir. Elle songea d'un coup qu'il était temps pour elle de se préparer, car le Chevalier avait conseillé qu'ils se voient tous pour un briefing avant de partir.
« Ce comte m'a l'air des plus tatillons... » observa Cecil, les yeux plongés dans un courrier écrit de la main du noble qui faisait la liste de toutes les exigences de bonne tenue qu'il exigeait. Cela n'était guère étonnant pour le fils de Duc qu'il était. Lire ces quelques lignes lui faisait sentir de nouveau les parfums de ces soirées mondaines auxquelles il était auparavant le bienvenu... Un temps si long s'était écoulé depuis la dernière fois que plus personne ne le reconnaîtrait à ce jour.
L'Ünik se leva soudain en fermant le dossier d'un coup sec. Sally n'eut pas le temps de dire ouf qu'il était déjà sorti pour aller à la rencontre des trois coéquipiers.

La revue de la mission avait lieu au réfectoire, incontournable endroit pour quiconque voulait parler avant de se rendre en mission. Le dossier de requête trônait au milieu de la table, tel un met de premier choix. Bien qu'Alaryk fut à l'initiative de cette réunion, Cecil fut le premier à parler.
« Avez-vous déjà eu des missions de ce genre ?
- Quelques unes mais assez peu, répondit Ethan, dont le regard éteint témoignait tout l'enthousiasme que lui inspirait ce travail.
- Les nobles c'est pas le milieu qu'on préfère, renchérit Alaryk en calant ses bras derrière son énorme tête. Ceux qu'on a vu avaient toujours un truc à redire, et même si le boulot était bien fait, ils n'ont pas hésiter manifester un mécontentement injuste à notre hiérarchie. Au final, on s'est parfois fait taper sur les doigts sans raison ».
Cecil acquiesça silencieusement puis croisa les bras d'un air des plus solennels.
« Cela n'arrivera pas si vous suivez mes conseils. De part ma condition de domestique, je connais très bien la partie aristocratique de l’Élite, et j'en maîtrise parfaitement les codes. Si je me charge du comte et vous de la sécurité de la demoiselle, cette mission aura toutes les chances de réussir ».
Devant le regard dubitatif que lui lançaient les soldats, l'Ünik ne se laissa pas démonter, puisant dans sa fierté de noble pour continuer son argumentaire.
« Quiconque met un pied sur le territoire de l’Élite devient à sa merci. Ne croyez pas que votre rang de militaire vous rende crédible aux yeux de ce noble. Le statut social est ce qui fait loi dans les rues et salons d'Anathorey, si bien que le simple claquement de doigt d'un comte peut vous  projeter en prison, quel que soit le motif  de son geste - à supposer qu'il existe vraiment. Pour gagner sa confiance et garantir qu'il vous laisse agir en paix, il est tout à fait primordial de faire croire à ce comte que vous connaissez le terrain sur lequel vous vous engagez tout en sachant rester à la place qui est la vôtre ».

Après un moment de silence, l'intervention discrète de Sally fit pencher la balance en faveur de son ami.
« Si ce comte ne nous estime pas à la hauteur de ses espérances, il restera entre nos pattes et cela gênera la mission. Et... il ne faut pas oublier que Cecil donne toujours de bons conseils... »
C'était ce qui lui avait permit de survivre toute la période avant son entrée au QG, elle savait de quoi elle parlait. Elle ignorait tout ce Cecil, elle ne savait même pas d'où il venait. Mais la connaissance qu'il avait sur le monde Ünik était si flagrante de précision qu'il aurait été ridicule d'essayer de la nier.
L'heure tournait. Il leur fallait se décider rapidement s'ils voulaient tenir les délais fixés par le Lord. Alors que le faux majordome s'apprêtait justement à prodiguer les quelques conseils qu'il avait en poche, Sally osa un regard vers Ithilion, qui était assis à côté d'elle et qui n'avait rien dit depuis le début de cette réunion.

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Chevalier Ailé (Ithilion)


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Âge : 23
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Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Mar 23 Mai - 1:17

Les mots jaillirent du passée d'Ithilion et s'arrachèrent de ses lèvres. Il les écouta s'envoler, impuissant, emportant avec eux leur valeur d'intimité :

"Comme vous le savez certainement, les équipes de l'Ordre des Chasseurs Ailés sont formées dès notre arrivée. Que ce soit Alaryk ou Ethan, ils sont devenus des frères à compté de ce jour.

Même si la petite caméra holographique enregistrait toujours soigneusement le déroulement de la séance, le psychologue pianotait rapidement dans le vide pour retranscrire l'ensemble de la discussion. Ithilion ne détachait pas le regard de l'objectif, cet objet lui donnait presque l'impression de lui arracher une part de son âme mais il n'avait pas d'autre choix que de poursuivre :

"Dès lors des pactes s'installent car la route à venir est longue et ardue, tout le monde le sait, même à ce jeune âge. Dans la majeur partie ce sont des valeurs basiques mais essentielles, telles que se protéger mutuellement, se soutenir en toutes circonstances, se vouer une confiance inébranlable et bannir tout mensonge...

La cicatrice encore trop fraiche brisa la voix du chevalier, il s'arrêta quelques secondes pour éviter de détruire des semaines de reconstruction interne sous le poids des de faits que ramenaient ces séances sur la balance. Ce soit-disant docteur pensait-il vraiment lui être d'une quelconque aide en le forçant à se remuer ainsi le couteau dans la plaie ? Dans cette histoire, le plus douloureux n'avait pas été d'apprendre que son maitre n'existait qu'au travers de ses yeux et de son imagination. Non, il s'agissait bel et bien du mensonge dans lequel chacun l'avait consciemment enfermé, pour une raison obscure, presque surréaliste, et dont même ses proches les plus intimes avaient participé en invoquant la juste cause pour se donner bonne conscience.
Il rassembla ses forces et consolida son mentale pour en finir une bonne fois pour toute. Un grand saut dans le vide vers une destination inconnue, avec l'espoir de ne plus à avoir à revenir subir cette torture masquée qui le relâchait plus ébréché qu'à son arrivée.

-Jusqu'à ce jour, j'aurais donné ma vie pour Ethan. Ce merdeux calculateur et condescendant s'est bien foutu de moi, comment pouvait-il penser que de me cacher un tel fait pourrait me protéger. Sérieusement ? Est ce-vraiment moi qui ai besoin d'un traitement quand on voit une telle décision collective au sein d'un corps militaire ? Il n'est pas le seul coupable, j'en suis bien conscient, mais la façon et la raison pour lesquelles il m'a fait éclater cette réalité au visage comme une bombe, malgré  la confiance que je lui portais,  le rend d'autant plus abject.

La colère bouillonnait à l'intérieur ses veines et se rependait au travers de son corps au fur et à mesure qu'il se vidait. En l'état, la moindre étincelle suffirait pour le faire exploser. Le moindre souvenir de trop, la moindre remarque déplacée et tout volerait en éclat, y compris sa liberté et son désir de poursuivre sa vie auprès des rares en qui il possédait encore une once de confiance.
Le visage impassible du psychologue n'annonçait rien de bon, sa tête se secouait de droite à gauche tout en continuant d'écrire. Le silence reprit possession du petit espace. Sans sembler se soucier du champ de mine dans lequel il évoluait, le psychologue releva soudain la tête et posa une nouvelle question :

-Et si votre rancœur envers Ethan n'était que le repli de votre conscience pour trouver un fautif à la révélation de votre situation ? Après tout, il ne vous a certes pas déballé ce lourd secret au meilleur moment ou de la meilleur des manière, mais il n'en est pas à l'origine, n'est-il pas ?

Sur le coup, les jambes d'Ithilion avaient tressailli, prêt à bondir hors de la pièce, seule un fragment de raison le maintint assis d'une main douce mais implacable. Il se résigna à écouter l'argumentation douteuse qu'il sentait venir. Pourtant, la question sembla provoquer un écho au fond de lui."


*******************


L'échange de Cecil et d'Alaryk effleurait les pensées d'Ithilion avant de se volatiliser aussitôt. L'avertissement sans appel de Klegan résonnait en lui, bousculant ses repères et ramenant à la surface de vieux doutes. En temps normal, la mission apparaitrait comme un jeu d'enfant pour une équipe aussi efficace et redoutable que la leur, sauf qu'à la partie s'ajoutait une inquiétante zone d'ombre, née de la terrible discorde qui frappait le groupe. L'ultimatum de leur supérieur arrivait bien trop tôt pour cette fratrie complètement dépassée par les évènements et qui peinait à recoller les morceaux. En souhaitant retrouver au plus vite l'uniformité de tout ses soldats, il prenait le risque d'aboutir à un nouvel accident, or la présence certaine à cette soirée de quelques puissants d'Anathorey nécessitait un sans faute.
Ithilion se sentait en équilibre sur un fil au dessus d'un immense canyon, il allait avoir besoin de beaucoup de sang froid pour supporter cette présence qui lui faisait le même effet qu'un coup de poignard dans le coeur.

Alors que Cecil venait de terminer une rapide synthèse de l'étiquette à suivre  face aux différentes castes, Alaryk le remercia avant de demander-non sans marquer un temps d'hésitation-à Ethan d'exposer le plan d'action comme à l'accoutumé. Ce dernier prit alors la parole. D'ordinaire une pointe d'amusement nuançait ses explications lorsqu'il échafaudait le piège qui se refermerait indéniablement sur l'adversaire inconnu qu'on lui présentait. Cette fois les consignes furent distribuées à l'équipe très sobrement, dénuées d'envie. Alaryk assurerait de part son imposante stature un poste de garde à un endroit bien visible afin d'être à la fois rassurant pour les convives et dissuasif pour l’éventuelle menace. Il ne fallut longtemps au fin stratège pour intégrer, à contre cœur, le faux majordome sur son échiquier. Si Ethan ne l''appréciait guère et possédait toujours de la méfiance à son égard, les connaissances  du monde aristocratique de Cecil et son apparente affinité avec ce milieu social pouvait en faire un bon élément d'information.  Celui-ci participera à la soirée en tant que domestique du bal, ce qui lui permettrait de naviguer incognito aux travers de la salle et de repérer toutes discussions suspectes. Sally  obtint un rôle quasi similaire, à ceci près qu'elle allait devoir se faire passer pour une convive et rester dans une zone proche de la fille du compte afin de réagir en cas de problème.
Quand vint enfin le tour d'Ithilion, Ethan poursuivit sans se démonter en restant concentré sur ses notes. Le chevalier aux cheveux blancs incarnait souvent une pièce principale dans ses tactiques, de la part la nature de son dzêta qui offrait le grand atout de l'anticipation.

-Non, je n'utiliserai pas mon dzêta.
déclara Ithilion sur un ton catégorique. Je ne me sens pas prêt pour le réutiliser. Si tu peux comprendre pourquoi.

Le regard toujours fixé vers l'extérieur, il ne vit pas les yeux d'Ethan se soulever d'exaspération, mais ce dernier préféra en rester la et de ne pas prendre compte ce manque de coopération, ni la pique cinglante qui lui était adressé. Calculateur exigeant, il détestait l'idée qu'une situation puisse lui échapper, mais il ne souhaitait pas déclencher un nouvel accrochage qu'il regretterait amèrement par la suite. De plus, la faible difficulté de la mission ne valait pas la peine qu'il prenne le risque de s'éloigner d'avantage de son ami. Il raya rapidement quelques phrases sur sa feuille et se rebondit immédiatement sur ce changement imprévu :

-Dans ce cas, tu feras la garde rapprochée de Sybil, tu as les meilleurs réflexes de l'équipe...

Un rire chargé d’amertume et sans équivoque provenant du chevalier blanc le coupa net. Ethan avait eu vent des résultats d'Ithilion pour sa reprise ce matin, il en comprit  tout de suite le sous-entendu caché derrière cette interruption. Agacé  par cette attitude agressive malgré ses efforts pour se faire pardonner, Ethan se défendit :

-Ce n'est pas moi qui t'ai tiré dessus, Ithi !

La réaction ne se fit pas attendre. L'intéressé fît volte face et répliqua tout en pointant un doigt accusateur :

-TU m'as gardé dans le mensonge et TU m'as consciemment amené à bout pour qu'on puisse incriminer Sally. Tu es déplorable.

La tension monta d'un cran. Alaryk s'interposa entre les deux hommes et posa ses deux mains sur l'une de leurs épaules. Très vite les quelques autres chevaliers présent dans la salle s'approchèrent au pas de course pour intervenir en cas de dérapage. L'agitation fît comprendre à Ithilion la mauvaise direction qu'il était entrain d'emprunter. Il se rassit et jeta un air triste et désolé à Sally. Il avait honte d'agir ainsi devant elle. Ce sentiment de perte de contrôle le rendait fou de rage envers lui même.
De son côté, Ethan sentant la situation s'envenimer réajusta simplement ses lunettes pour se donner une constance et se garda de renchérir, malgré l'envie irrépressible de lui faire comprendre qu'il n'était pas le fautif que son coéquipier pensait. Il s'assit à son tour et fît un signe de la main à Alaryk, il en resterait la.
Le colosse décida alors de mettre les choses au clair en plantant ses deux poings sur la table.

-Écoutez sombres idiots, je n'ai pas envie que tout se termine ce soir parce que vous êtes autant capables de gérer votre émotion que de la bleusaille. Ithi, tu as traversé par notre faute une terrible pas de la vie, on en est tous autant affecté que toi, notre geste n'est peut etre pas excusable, mais il va falloir que tu comprennes que Etha reste ton frère putain. Il n'a jamais agit CONTRE TOI, et ferme la j'ai pas fini ce que j'avais à dit.

L'ordre péremptoire empêcha toute protestation d'Ithilion qui venait d'ouvrir la bouche. De naturel conciliant et patient, Alaryk devenait très vite effrayant et imposant lorsque le regard de celui-ci se durcissait avec sa voix.  En temps normal, sa simple carrure suffisait à décourager les plus téméraires, mais dans ces circonstances, même Klegan en personne ne tenterait d'avoir le dernier mot.

-Il est temps qu'un pas se fasse et que l'on arrête de se pourrir la vie, car la seule chose qu'on va y gagner, c'est de la tristesse et du regret. Alors on va reussir cette mission de novice et à la suite de quoi on va régler nos comptes, tout les trois. Et je vous jure qu'on sortira pas de la pièce tant que l'on se sera pas fait à nouveau des bisous. Maintenant, il est l'heure d'y aller, on va finir par être en retard. Il faut qu'on enfile les tenues de rigueur pour la soirée.

Pour ne permettre aucune discussion, il empocha les dossiers posés sur la table et attrape le bras d'Ethan pour l'emporter avec lui.  Cecil emboita le pas pour également aller se préparer. De son côté, Ithilion ne bougea pas d'un millimètre. Le sermon avait entrainé une étrange résonance qui lui procurait une sensation indescriptible. Il se sentit subitement stupide avec sa rancœur et son désespoir. Comme si l'histoire lui parut tout à coup insignifiante et qu'il trouva ses réactions  disproportionnées face à la réalité des faits.
Soudain, une petite main apparut dans son champ de vision. Il remonta du regard le bras pour arriver jusqu'au visage  de sa disciple. Sans hésitation, il empoigna cette corde de sortie pour échapper à ses lamentations. Une chose était certaine et figée dans sa tête : cette épreuve ne l’empêchera pas de la voir évoluer. Le glas ne sonnera pas ce soir pour l'équipe Sigma.

-Allons donc foutre la misère à ces aristos en terme de classe.


La pointe d'humour cacha la profonde tristesse qui fissurait encore sa volonté et sa détermination, mais il préférait la voir sourire que de lire de l'inquiétude dans ses yeux. Ils sortirent du refectoire et se séparèrent au niveau de l'escalier pour aller rapidement se changer dans leurs chambres respectives
Ithilion sortit le costume d'apparat des Chasseurs Ailés. Un habit peu utilisé en dehors de ce genre d'occasion. Une longue veste rouge et or, ornementée d'épaulettes et de chainettes, ouvragées du même métal précieux,  et dans le dos le blason des Chasseurs Ailés cousus   à l'aide d'un fil argenté. Beaucoup d'enfant désirait entrer dans l'Ordre des tireurs d'élite juste pour avoir la chance de porter un jour ce costume, mais Ithilion lui ne se trouvait pas à l'aise à l'intérieur. La cupidité qu'on lui attachait ne s'était jamais transformée en un désir d'exposition. En se plaçant devant le miroir, il remarqua qu'il lui manquait l'une des deux mitaines pour compléter totalement le costume. Ce ne fût qu'après une trentaine de secondes d'intense recherche qu'il se souvint qu'il n'avait jamais eu l'autre moitié, sa main gauche ayant toujours été couverte par son dzêta. Comme l'avait dit Cecil, l'apparence comptait beaucoup dans ce genre de soirée, il ne pouvait se permettre de se rendre la bas sans solution.
Alaryk frappa la alors à sa porte pour lui signaler que tout le monde était sur le départ. Résigné, Ithilion enfila alors son Dzêta, la boule au ventre. Pour occuper son esprit, il attrapa vite son sac et se rendit vers la sortie derechef. Il éteignit la lumière et referma la porte de sa chambre sur l'ombre d'une grande silhouette.

-Reste la s'il te plait....

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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Jeu 25 Mai - 17:30


Dire que l'ambiance entre les Chevaliers était tendue relevait du pléonasme. Tandis que Cecil prodiguait ses conseils, Ethan griffonnait sur son calepin sans relever les yeux, Alaryk se tortillait nerveusement quelques doigts et Ithilion semblait totalement ailleurs. Les nombreuses semaines qui les séparaient tous du fameux incident n'avaient en rien décanté l'animosité de leurs rapports. Sally devinait qu'il était encore trop difficile pour Ithilion de digérer le mensonge duquel il avait été l'objet depuis son enfance, néanmoins elle s'inquiétait de voir la colère l'étouffer jusqu'à l'en renfermer sur lui-même. Elle ne savait plus que dire, ni plus que faire face à ces sentiments d'intense solitude, à part être une épaule pour le soutenir. Son regard se détacha du visage impassible du jeune homme aux cheveux blancs. Pour l'heure, il valait peut-être mieux se soucier de la mission.
Quand Cecil eut terminé de prodiguer ses conseils autoritaires – mais ô combien importants pour la soirée ! – Ethan se leva à son tour pour exposer le plan que l'équipe devrait suivre. Son regard sévère souligné par sa paire de lunettes ne décolla pas une seconde des lignes qu'il avait tracées, peu motivé, il était soucieux d'être aussi bref que précis. Sally ne put s'empêcher d'adresser à Cecil un regard empli d'incertitude lorsqu'elle entendit le rôle qui lui était assigné. Elle s'imaginait très mal dans la peau d'une aristocrate native d'Anathorey, ne serait-ce que pour un soir. Le faux majordome, qui ce soir-là jouerait les valets de pied, se contenta de lui sourire du même air que ceux qui ont quelque chose derrière la tête. Une petite lueur d'excitation brillait doucement dans son regard, dans un curieux mélange d'appréhension et de hâte. Il écoutait attentivement les consignes du Chevalier, bras croisés et adossé contre sa chaise d'un air flegmatique. La mission qui leur avait été confiée ne semblait pas l'inquiéter le moins du monde, bien au contraire...
Quand Ethan arriva à la tâche incombant à Ithilion, ce dernier balaya ses plans d'un revers de main. Non, il était hors de question qu'il touche à son Dzêta pour le moment. Si Ethan leva les yeux aux ciels, Cecil se laissa aller dans un franc soupir d'exaspération. Pour ce qui était de l'entêtement, ce nabot n'avait rien à envier aux débutantes d'Anathorey. Il ne fallut que quelques mots et un rire amer de plus pour que la réunion tourne cours. Ce n'est qu'à l'intervention d'Alaryk que tout le monde présent au réfectoire dut l'arrêt des cris qui déchiraient Ethan et Ithilion. Ses deux poings énormes en frappant la table avaient renversé tous les verres qui s'y trouvaient. Sally, qui avait vivement sursauté, croisa le regard accablé d'Ithilion. C'était à croire qu'il ne contrôlait pas ces accès de colère et que seuls les cris et la violence semblaient les apaiser. Interdite, la jeune femme demeura immobile. La voix d'Alaryk s'éleva si puissamment dans la salle que les Chasseurs se trouvant à l'étage supérieur devaient forcément l'avoir entendue. Néanmoins s'il sortait ainsi de ses gonds, c'était parce que ses deux amis avaient réussi l'exploit de venir à bout de son extrême patience.
Le géant n'était pas idiot. Il savait que les choses ne s'arrangeraient pas d'elles-mêmes après des années de mensonge, ni au vu les circonstances brutales de la révélation de la vérité. Mais bon sang, ce qu'il pouvait en avoir assez de voir ces deux andouilles aussi butés, à commencer par Ithilion qui rejetait la faute de dizaines de personnes sur un garçon qui avait jusqu'alors toujours été là pour lui. Ethan s'était inquiété pour lui, au point de prendre l'imprudente décision de lui dévoiler une vérité très dure à entendre, mais fallait-il pour autant foutre leur vie en l'air sans aller de l'avant ? A bout, Alaryk leur fit la promesse qu'après l'accomplissement de cette mission ridicule, ils s'expliqueraient tous les trois à huis clos, jusqu'à ce qu'amitié d'hier devienne fraternité de demain.

Même après qu'il a cessé de parler, les paroles coléreuses du grand soldat semblèrent résonner dans les murs de la salle. Quand le silence revint, il expira comme s'il avait fait un effort physique intense. Sans plus de cérémonie et puisqu'il estimait qu'il était temps de s'en aller, Alaryk campa sur les deux troncs qui lui servaient de jambes, déroba le dossier pour couper court à la réunion et s'empara du bras d'Ethan pour l'emmener vers la sortie. Alors qu'ils quittaient le réfectoire à grands pas, Sally fut prise d'une bouffée d'émotion tout à fait inattendue. Cette voix forte et énervée n'avait pas été celle de la colère, mais celle de la détresse qu'il ressentait depuis trop longtemps, lui qui désirait par-dessus tout renouer les liens avec les deux seules personnes qu'il considérait comme sa propre famille. C'était une manière de montrer qu'il était toujours là, qu'il les attendait, mais que s'ils ne se décidaient pas à venir, il se chargerait d'aller les chercher. Sa main tendue prête à relever les êtres chers n'hésitait pas à les attraper par le col lorsqu'ils faisaient n'importe quoi. Comme Ethan et Ithilion. Les cris avaient masqué la tendresse de sa démarche. Cette démarche fraternelle, mais aussi et surtout bienveillante. Sally songea au comportement qui avait été le sien et sentit monter en elle une sourde honte. Elle s'était montrée très antipathique et pourtant cet immense gaillard ne lui en avait jamais tenu rigueur. Il était toujours resté égal à lui-même, avenant et blagueur. Il lui parut injuste de lui faire payer plus longtemps quelques paroles prononcées dans un fugace instant de tension.
Comme Cecil avait disparu dans un flash, il ne restait qu'elle et Ithilion autour de la table. Il n'avait rien répondu à Alaryk et l'avait laissé partir sans bouger. Pourtant Sally décela sur son visage un certain regain d'énergie qui lui redonna de l'espoir quant à la situation de son ami. Il lui fit signe qu'il était temps d'aller se préparer et « mettre la misère à tous ces aristos en terme de classe ».

Là était tout le nœud du problème. Avant d'arriver au QG, Sally portait toujours une à deux robes de toile aux couleurs délavées qui seyaient bien mieux au standing de Nordkia qu'à celui d'Anathorey. Il n'était d'ailleurs pas rare à cette époque qu'on la prenne pour la domestique de Cecil, qui lui se vêtait toujours d'une chemise et d'un pantalon très propres. Mais ce soir-là les apparences devaient s'inverser, ce qui n'était pas sans lui causer du souci. Si elle devait se faire passer pour une convive, elle ne pouvait se présenter dans son uniforme de novice. Elle ne possédait rien, absolument rien, qui puisse se rapprocher de près ou de loin de la garde robe d'une aristocrate. Cecil frappa à la porte de sa chambre alors qu'elle y faisait les cent pas depuis une vingtaine de minutes, ne sachant que faire d'autre à part préparer son arme de service. Le faux domestique parut vêtu d'une livrée à queue de pie absolument impeccable.
« Ne t'inquiète pas pour ta couverture, j'ai trouvé ce qu'il te faut » dit-il en montrant un paquet raffiné qu'il tenait d'une main gantée de blanc. Quand elle l'ouvrit, Sally ne put s'empêcher d'écarquiller un regard impressionné. Jamais elle n'aurait imaginé pouvoir enfiler des vêtements élitistes.
« Certains éléments ne se mettent pas facilement, donc je vais t'aider à t'habiller. Mais faisons vite s'il te plaît, nous ne devons pas arriver en retard. Surtout si nous devons aller saluer le comte et sa fille avant que la soirée ne commence ».

Après une dizaine de minutes, Cecil sortit de la chambre de Sally dans la ferme intention d'aller chercher le revolver qu'il avait oublié dans la sienne. Quand il l'eut récupéré, il décida d'aller rejoindre les autres qui devaient déjà les attendre en bas – il avait d'ailleurs dit à la jeune femme de les y retrouver. En chemin, il tomba sur Ithilion qui sortait de sa chambre à son tour. Il crût l'espace d'une seconde l'entendre parler à quelqu'un... ce qui lui arracha un soupir agacé, tant pis s'il s'était trouvé suffisamment près de l'intéressé pour se faire entendre. Arrivé à sa hauteur, Cecil ne lui adressa ni sourire narquois ni regard hautain.
« As-tu conscience de ce que ce soir, tu n'auras pas le droit de céder à la colère ? » Pour une fois, il était particulièrement sérieux. Il parlait de la même voix que celle lui ayant prodigué ce conseil étrange, la dernière fois.
« Écoute-moi bien, poursuivit-il d'une voix froide en saisissant fermement l'épaule d'Ithilion. Il est compréhensible que tu ne digères pas le mensonge. Mais te morfondre pour quelque chose qui n'a jamais existé ne sert strictement à rien. Dis-toi que toute cette histoire aura permis de dévoiler la vérité du monde qui est le tien. A présent que tu sais à quoi t'en tenir, utilise ces sentiments qui te font bouillir pour aller de l'avant. La tête haute ».
Cecil regarda Ithilion droit dans les yeux quelques secondes avant de le relâcher. Quiconque connaissait l'histoire du noble déchu aurait vite compris que ces paroles étaient également l'écho de sa propre expérience. Mais il préférait se couper une jambe plutôt que de l'apprendre à ce nain. Dès lors Cecil se tut et descendit rejoindre Alaryk et Ethan qui les attendaient certainement déjà.

Les hommes se réunirent dans le hall du QG en quelques minutes, en bas de l'escalier principal. Les Chevaliers arboraient des tenues d'apparats des plus élégantes, témoignant aussi bien de la grandeur que de l'orgueil de l'armée d'Anathorey. Cecil ne put que saluer l'allure qui était la leur, heureux de constater que ses conseils avaient été suivis. Alors qu'il était presque l'heure de partir, Sally parut en haut des marches.

Noblesse oblige:
 

Enfin se dit son austère compagnon, qui craignait de partir en retard. La jeune femme descendit doucement, se tenant droite comme un « i » en raison du corset qui lui enserrait robustement les côtes. Évoluant parmi de nombreux soldats, elle affichait une mine assez peu sûre d'elle, au vu de ce que c'était la première fois qu'elle était ainsi attifée – à vrai dire, elle ne s'était encore jamais vraiment apprêtée de sa vie, et certainement pas de cette façon. Vêtue et coiffée de la sorte, elle avait l'impression de ne plus être elle-même. Cecil quant à lui ne put réprimer un petit sourire : il n'était pas peu fier du travail qu'il avait accompli. Une fois arrivée en bas, Sally osa lever les yeux vers son co-équipiers.
« Vous êtes... très chics, dans ces uniformes » dit-elle doucement à Alaryk, Ethan et Ithilion. Son compliment était sincère, mais elle parlait également pour se donner une contenance, décidément bien mal à l'aise.
« Il est temps d'y aller » fit remarquer Cecil en brandissant sa montre à gousset.

A l'extérieur, une diligence de Kokobots préparée par Legan les attendait patiemment.
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MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Sam 3 Juin - 14:44

Le psychologue croisa les bras et bascula son dos contre le dossier de son siège. Il examinait avec attention la réaction d'Ithilion à sa suggestion.  Le sursaut de son patient lui avait montré qu'il venait de toucher un point intéressant. Il apprécia également le contrôle dont ce dernier avait fait preuve, au lieu de sortir en claquant la porte comme aux premières séances.  À l'aide de ses deux index et  majeur, le spécialiste agrandit une fenêtre de notes sur la question et reprit la parole :
- Au final de ce que vous m'en avez dit, Ethan semble avoir toujours agit dans votre intérêt propre, bien que cela vous en déplaise.  Le cas de mademoiselle Hathaway est un peu particulier, nous nous y pencheront tout à l'heure.
La promesse de la longueur de cette dernière séance arracha un soupire d'agacement à Ithilion. Il ne tenait pas particulièrement à revenir encore une fois sur cette histoire, et encore moins parler de Sally à un Ünik directement en lien avec la grande hiérarchie supérieur. Le mensonge commun convenu pour protéger la vérité sur sa disciple présenterait indéniablement des failles si les fouilles étaient trop intensives, ou si Ethan lâchait le morceau. Pour l'instant, le psychologue s'intéressa à d'autres pans de son histoire :
- Plusieurs rapports de mission font état de risques inconsidérés, parfois à l'encontre de la mission, pour vous sortir d'une situation qui vous aurait été fatale.
-On peut mourir tout les jours, répliqua Ithilion. Sa survie dépend également de la notre lorsque les balles pleuvent.

Sans prendre en considération la remarque, l'ünik en chemise blanche balaya l'air de sa main, passant à sa prochaine fiche.
- Croyez moi Mr Gwendilan, après de nombreuses années d'études, on peut affirmer qu'on offre rarement sa vie pour un simple camarade de bataillon. De plus, après pas mal d'enquêtes internes,  disciplinaires en plaidant votre cause ou en encaissant une partie pour vous, sans quoi vous auriez  été mis hors service depuis bien longtemps.
Ce fût au tour d'Ithilion de ne rien répondre rester muet. Bien entendu, tous ces éléments il les avait en tête, après tout Ethan restait son frère d'arme depuis son plus jeune âge. Impossible de compter le nombre de services mutuelles qu'ils s'étaient portés l'un à l'autre en bravant souvent les limites les plus extrêmes. Tout comme avec Alaryk. Ithilion voyait où le psychologue voulait gentiment le conduire, mais cela ne marcherait pas.
-Tout comme vous Ethan est un soldat, il n’exécute que les ordre que l'on lui donne. A votre rang, vous devriez pouvoir comprendre cela sans lui en tenir rigueur.
L'argument toucha en plein dans la faille de raisonnement d'Ithilion, sans que celui-ci ne s'y attende. Une nouvelle bulle éclata à l'intérieur de sa tête. Il était certes stupide de rejeter toute la faute sur son ami d'enfance, mais une part au fond de lui avait attribué l'élaboration de ce plan aussi complexe et tordu au talentueux stratège qu'il avait toujours côtoyé. En réalité, Ethan en était-il réellement été l'instigateur alors ?
*********

Alors qu'il refermait la porte , Ithilion sentit la présence d'une ombre surgir dans son dos. Il se retourna et se retrouva nez à nez avec Cecil. Le faux majordome le regardait avec un air sérieux, un évènement aussi rare qu'une éclipse de la part de cet ünik affichant toujours d'ordinaire un regard arrogant. Pourtant la question moralisatrice qu'il lui posa agaça Ithilion bien plus que ses remarques habituelles. La vérité blessait plus facilement. Mis face à ses agissement infantiles de ses derniers jours, le chevalier n'assumait pas cette image de lui qu'il voyait dans le miroir des mots de Cecil.
Lorsque ce dernier lui empoigna fermement l'épaule, Ithilion fût décontenancé, c'était la première fois que le compagnon de Sally se permettait une telle familiarité à son égard. L'envie de lui planter son poing dans l’abdomen fût refréné par le discours que lui jeta l'homme en queue de pie. La colère du mensonge lui avait toujours caché l'opportunité de vivre maintenant dans une réalité. Si toute les pièces du puzzle de cette histoire invraisemblable n'étaient pas encore rassemblées et si excuser une telle machination lui paraissait impossible, une part de lui même se soulageait de ne plus à avoir à porter la lourde disparition de l'être qu'il chérissait et respectait le plus en ce monde. Même si il était bien difficile de trancher sur la pire situation :  perdre quelque-chose à laquelle il tenait ou continuer à la côtoyer dans sa propre réalité.
Après quelques secondes de silence, Cecil le relâcha et se dirigea vers les escaliers. Ithilion attendit de ne plus l'avoir dans son champ de vision avant de se mettre à son tour en marche. Ils allaient se retrouver en bas, mais le chevalier préférait  digérer ces mots sans personne autour. Surtout pas lui.
Près de la grande porte d'entrée, les quatre garçons, habillés de leurs plus beaux atouts, attendaient Sally avec quelques signes d'impatience. Ithilion regardait la perle bleu incrustée dans son gant. L'enivrante sensation  lui manquait. de sentir le monde bouger autour de lui, d'entendre les moindres battements de cœur, d'apprécier les pulsions éclatantes des auras du vivant autour de lui. Ce dzêta lui apparaissait à présent comme une boite de pandore qu'il avait peur d'ouvrir. Peur de rechuter en réinvoquant trop de souvenir. Son esprit vicieux créait encore parfois la présence d'Elionne pour satisfaire son manque, telle une drogue douce dont il ne pouvait se passer pour se sentir bien.
Une voix hésitante arracha le regard du chevalier à son Dzêta. Il tomba alors sur une femme qu'il ne faillit pas reconnaitre. Vêtue d'une robe de soirée rouge, les cheveux détachés tombant en cascade ondulée sur son épaule,  un maquillage sur sa peau de porcelaine  qui mettait bien en contraste ses deux joyaux saphirs, Sally était méconnaissable. Transformée en une véritable dame de l'élite d'une beauté  qui rendrait jalouse bon nombre de ses concurrentes lors du bal. Ithilion se sentit comme captivé par l'arrivée de sa disciple, comme si un charme empêchait ses propres yeux de regarder ailleurs. A côté de lui, Alaryk perdit son sourire habituel. Un sentiment de honte et de mal aise le saisit lorsqu'il se rendit compte à quel point il lorgnait sur la jeune demoiselle.
L'interruption de Cecil empêcha la scène de devenir plus gênante. Ils sortirent tous par la grande porte pour entrer dans la diligence qui les attendaient sur le parvis.
Le domaine d'Everlue se trouvait dans les banlieues résidentielles d'Anathorey. A l'intérieur du fiacre, les cinq missionnaires de l'ordre des Chasseurs Ailés contemplèrent le vaste jardin alors qu'ils remontaient une grande allée bordée par de grands arbres et de majestueuses statues de marbre. Le gazon taillé finement aux ciseaux regorgeaient de zones fleuries dans lesquelles s'affairaient les jardiniers privées. Au bout d'un temps qui parut presque indécent pour une simple entrée, la diligence tourna autour d'une fontaine représentant le célèbre tableau du "Chant des sirènes" d 'Hector Galbain, un célèbre peintre de l';histoire d'Anathorey. Alors se dressa devant eux l'imposante demeure du comte d'Everlue. Un chef d'oeuvre d'architecture qui mettait en évidence la richesse et le pouvoir du maitre des lieux. S'élevant sur cinq à six niveaux, s’étalaient de façon bien ordonnée des rangées de grandes baies vitrés encastrées dans des châssis magnifiquement ouvragés. Chaque balcon, chaque lucarne, chaque corniche étaient riches ornementés.  Deux grandes tours s'avançaient dans la façade du deuxième étage laissant tout de même de la place pour une gigantesque terrasse qui faisait face à la cours d'entrée. Sur le toit, plusieurs tours s'élevaient, parfois munis de fenêtre, parfois terminant en coupole, ou en tour rectangulaire sur lequel se trouvait surement d'autres petites terrasses privées.
Le cocher vint leur ouvrir la porte pour leur permettre de descendre et les cinq compagnons furent accueillis par un majordome d'une quarantaine d'année. Il se tenait avec la même droiture fier et élégante que Cecil, mais avec costume noir dont il serait inconvenant d'annoncer le prix.
-"Bienvenue dans le domaine du comte Everlue, chevaliers, annonça l'ünik  sur un ton protocolaire en s'inclinant.
Ce genre de gesticulations énervait rapidement Ithilion. Le monde des élites, pleines d'hypocrisie, de manières, d'orgeuil le rebutait au plus haut point. Il détestait ce type de mission car à chaque fois il manquait de créer un incident diplomatique.
-Le maitre va vous recevoir pour vous expliquer ce qu'il attend de vous pour le bon déroulement de la soirée. reprit le majordome en invitant ses invités à le suivre d'un geste de la main.
Inutile de préciser que l'intérieur se révéla encore plus somptueux que ce qu'ils avaient vu jusqu'ici. Les lustres de cristal suspendus au dessus du plafond peints d’œuvre d'art, les innombrables miroirs et tableaux recouvrant les murs aux parures d'or et d'argent, même le château de l'Ordre, pourtant pas dénué de richesse, paraissait bien plus miteux à côté de ces lieux. Le majordome les mena à travers d'un long couloir. Sur leur passage des dizaines de personnels couraient dans tout les sens pour terminer les préparatifs de la grande fête. Aucun recoin n'était laissé au hasard, tout devait être absolument parfait. Ce bal allait accueillir les plus grands noms de cette caste d'élite, le comte se devait donc de se mettre en valeur, et surtout sa fille, pour assoir sa place au milieu de l'aristocratie.
Dans la grande salle du banquet, des grandes tables avaient été dressées de façon à laisser un espace de rencontre et de danse au milieu. Sur les immenses nappes blanches, une décoration riche se dressaient parmi les assiettes, verres et couverts frappés de l'armoirie du domaine. Sur la grande scène au fond de la salle, une table s'élevait au-dessus des autres, sans doute réservé à la famille du compte et à ses convives de marque. D'ailleurs le maitre des lieux s'assuraient actuellement de la bonne mise en oeuvre. La barbe grisonnante, le visage carré marqué par les premières rides de la vieillesse, ses yeux bruns scrutait la salle avec sévérité. L'homme avait la stature de l'emploi, un corps massif mais pas engraissé par des centaines de repas abondants et interminables, contrairement à beaucoup de ses semblables.
Leur guide les présenta avec les formes à son maitre avant de se retirer. Le comte se retourna alors vers eux et descendit de son estrade pour venir serrer la main aux trois chevaliers et baiser les doigts délicats de Sally. Ithilion lut dans ses yeux le stress et surtout le doute qui rongeait depuis plusieurs jours. En bon père, il prenait très au sérieux la menace faite à l'encontre de sa fille et il ne voulait surtout pas perdre sa crédibilité au près de ses convives.
-Madame, messieurs, cela me rassure de vous voir ici. Mr Klegan m'a affirmé que vous étiez les meilleurs éléments du redoutable ordre des Chasseurs Ailés, en mon nom et en celui de ma fille, je vous remercie d'avoir accepté cette mission.
-C'est nous qui vous remercions de nous porter votre confiance, engagea Ethan en effectuant une légère courbette, la main sur le coeur. Votre fille ne risquera rien ce soir, si il ne faut jamais prendre des menaces à la légères, il ne faut pas non plus écarter l'hypothèse d'une simple provocation en l'air d'un fou.

Le commentaire ne sembla rassurer pleinement le comte.
-Vous avez carte blanche, j'exige seulement que la soirée se déroule sans encombre, et surtout que la sécurité de ma fille soit garantie. Je vais vous laisser vous organiser, je dois continuer à préparer le bal, il reste beaucoup de chose à faire. Je me tiens néanmoins à votre disposition. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, demandez à Alfred, mon majordome. Quand j'aurais un peu de temps, j'irai chercher ma fille pour vous la présenter. Maintenant je vous prie de m'excuser.

Sans attendre la fin des courbettes, il se retourna pour se diriger vers un groupe de domestique qui a priori ne positionnait pas la lourde statue de pierre à son effigie dans le bon angle. Les cinq membre de l'ordre se retrouvèrent alors seul au milieu de cette fourmilière gigantesque.
Ethan décida de commencer par faire une reconnaissance des lieux. Il restait cinq bonnes heures avant que les premiers invités n'arrivent. Cela laissait un temps confortable pour s'acclimater à l'endroit et se préparer à la soirée qui suivrait.
Ithilion acquiesça simplement de la tête et se mit à les suivre. Depuis sa discussion avec Cecil, il n'avait pipé mot. La faible difficulté de la mission ne l'aidait pas à dresser son puit de concentration comme d'habitude. Son véritable objectif était de ne pas faire de bêtise ce soir. Rien qui ne puisse la séparer d'eux, et surtout d'elle. Ses yeux gris rencontrèrent ceux de Sally.

- Je me sentirais plus à l'aise en me baladant nue au QG qu'ici avec ce costume de coq.

Chez Ithilion, râler était un signe de bien portance.
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[Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)

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