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[Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)

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Jeune fille traquée (Sally S.)

Originaire depuis le : 09/01/2014
Récits contés : 483

RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: [Quête] Le bal de Sybil (Pv Sally)   Mar 5 Déc - 22:11

Impuissant, Cecil n'avait plus qu'à jouer les valets de pied jusqu'à ce que les autres reviennent. Les invités ne furent pas longtemps perturbés par ce qu'ils avaient pris pour une simple panne de courant, et bientôt la fête battit son plein de nouveau. Il rongeait son frein en servant ces messieurs dames de la haute société à laquelle il appartenait autrefois, sans mot dire, courbant l'échine face aux puissants qui mangeaient, buvaient et dansaient tout leur saoul. Mettre du cœur à l'ouvrage était la seule technique qu'il avait trouvée pour éviter d'être paralysé par l'angoisse. Il tournait et virait partout dans la salle, apportait plats et petits fours au buffet, servait autant de verres qu'en débarrassaient ses collègues. Le mouvement de va et viens des domestiques entrant, sortant, sinuant dans la salle faisait l'effet d'un bal dans le bal, plus laborieux mais tout aussi dansant que le premier. Les premiers signes de fatigue se manifestèrent cependant chez les convives qui avaient un peu forcé sur la boisson. Beaucoup quittèrent la piste de danse pour se laisser aller sur les chaises la bordant ou dans les fauteuils du salon avoisinant la salle de bal. Bientôt, Cecil fut chargé de ramasser les affaires négligemment laissées tomber derrière des aristocrates titubant de sommeil, ivres de tout le champagne qu'ils avaient ingurgité pendant leur soirée. Ceux-là ne se souviendraient que d'une partie de la fête, et c'est ce qui leur ferait dire qu'ils ont passé chez Lord Everlue un moment tout à fait divin.

Après avoir ramassé une redingote noire très chic dans laquelle il s'était pris les pieds, Cecil s'adossa dans l'antichambre qui séparait le salon de la salle de bal pour souffler un peu. Quel sport que le service pendant une soirée mondaine. Il avait de nombreuses fois assisté à ce genre d'événement, que ce fut le bal d'une débutante ou l'anniversaire d'un quelconque parent ou ami dont on se fichait éperdument le reste de l'année, mais jamais il n'aurait imaginé l'effort physique que cela demandait au personnel. Les autres valets et servantes suaient tout comme lui, tâchant de garder bonne figure sous les yeux sévères de leur maître qui tenait à ce que tout soit parfait pour la soirée de sa petite chérie. Ce monde qui autrefois lui était si familier lui parut soudain bien étrange, ridiculement éloigné de ce qui faisait la vie de tous les Üniks qui n'étaient pas affublés d'un titre de noblesse. Ceux qui constituaient la très grande majorité de leur société clivée, et desquels pas un seul des hôtes de ce soir ne devait se soucier. Ce monde-là est invisible pour l’Élite, assourdie par les musiques de bal qu'elle écoute en s'enivrant d'alcools effroyablement cher. Et pourtant il existe, ce monde immense qui pris de haut paraît tout petit, mais sous les pieds des tous hauts il tourne, il vire, il vit, à l'image de ces serviteurs qu'aucun aristocrate ne voyait ce soir malgré les belles livrées et les plateaux d'argent. Telles étaient les pensées de Cecil, qui observait silencieusement la salle de bal derrière l'étroite ouverture de la porte.
Lady Sybil valsait avec le même jeune homme depuis quelques danses. Un rouquin au nez crochu doté d'un petit ventre moulé dans un queue-de-pie légèrement trop petit pour lui. Drôle de cavalier, même pour quelqu'un de la trempe de lady Sybil. Cecil avait entendu qu'il se nommait Lowell Woothney, un jeune héritier prometteur – sur le papier en tout cas – que son père lui avait imposé pour faire bonne figure, noblesse oblige. Lui et lady Sybil formait un couple curieux. Mais plus curieuse était la couleur verdâtre vers laquelle tournait le teint du jeune Woothney, qui lui donnait un air faiblard et pathétique. Dire qu'il ne se sentait pas bien tenait de l'euphémisme. Il n'écoutait plus du tout ce que jouaient les musiciens, si bien que sa valse ne ressemblait plus qu'à une vaste tentative de ne pas tomber par terre dans des gestes aussi lourds que maladroits. Lady Sybil, qui parvenait à garder l'équilibre, eut du mal à cacher son agacement.
- Que faites-vous donc, Lowell ? Nous ne sommes pas du tout en rythme !
Alerté par le ton pincé de son exigeante partenaire, Lowell s'arrêta pour lui répondre, en clignant gravement des yeux. Il sentit son ventre se tordre et gargouiller disgracieusement, et eut tout juste le temps de baragouiner des excuses bancales avant de plaquer une main devant sa bouche et de se précipiter hors de la salle de bal pour aller vomir dans un pot de fleur non loin de l'entrée. Seule au milieu de la piste, lady Sybil écarquillait ses gros yeux ronds, décontenancée devant un public enthousiasmé par les problèmes de digestion de son prince. Les autres danseurs virevoltaient gaiement autour d'elle, qui ne savait pas si elle devait se retirer ou rester sur la piste. Le rose aux joues, elle se sentait terriblement gênée de se tenir là au milieu de tout le monde comme une godiche, mais elle était paralysée et n'osait pas faire le moindre pas – où aurait-elle fui, d'ailleurs ? Le comble fut atteint lorsque le jeune lord Woothney profita d'un silence dans la musique pour émettre de là où il était un beuglement guttural aussi sonore qu’écœurant. Toute la salle en profita et se mit à rire en renvoyant à Sybil des regards cruellement amusés. Effondrée de honte, elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Cette soirée était une catastrophe, une catastrophe monumentale, et sa soirée serait à jamais connue comme les pires débuts en société qu'a connu Anathorey.

Une main étrangère saisit soudain la sienne.
- Je sais que cela enfreint toutes les convenances, murmura Cecil, mais ne dîtes rien et les apparences seront sauvées.
Lady Sybil n'eut pas le temps de répondre que Cecil avait déjà commencé à les faire danser. Elle avait immédiatement reconnu ce Chevalier censé jouer le rôle d'un domestique pour la soirée, mais étrangement il avait abandonné sa livrée et portait une redingote très élégante avec laquelle elle ne l'avait pas vu arriver. Ses cheveux noirs n'étaient plus plaqués en arrière sur son crâne, quelques mèches rebelles encadraient son visage et une longue queue de cheval courait le long de son dos. En outre il avait abandonné ses gants. Il n'avait plus du tout l'air d'un valet, au contraire, elle avait l'impression de se trouver face à un homme de très bonne famille. Toute rougissante, lady Sybil se laissa docilement guider par Cecil, étonnée qu'il soit venu lui porter secours.
Autour d'eux, la foule cessa ses railleries, chacun s'interrogeant sur l'identité du mystérieux sauveur. Lord Everlue quant à lui observait de loin cette scène. En temps normal, il l'aurait désapprouvée et se serait jeté sur l'opportun qui profitait de sa fille pour se faire bien voir. Cependant, voir valser la silhouette longiligne de Cecil avec tant d'habileté et de grâce forçait en lui une certaine admiration. Ce jeune homme se tenait droit, le menton fier et le regard digne, à la fois bienveillant et directif pour sa partenaire, léger et précis comme un funambule. Il s'était précipité vers Sybil comme s'il savait qu'il fallait sauver les apparences, alors qu'il n'était qu'un petit suppôt de l'armée. Il s'était avancé d'un pas vif et déterminé, défiant les moqueries de la foule avec l'orgueil de ceux qui savent que leur position ne souffre pas du regard condescendant de l'autre. En cet instant précis, alors qu'il dansait avec Sybil dans ses bras, ce Chevalier qui avait joué les valets semblait parfaitement dans son élément. Lord Everlue réalisa alors qu'il n'éprouvait pas d'admiration à proprement parler. C'était plus subtil que cela. Ce jeune homme suscitait en lui quelque chose qu'il n'avait plus ressenti depuis des dizaines d'années... Il lui inspirait de l'humilité.

Les violons étirèrent la dernière note de la dernière danse de la soirée aux alentours d'une heure du matin. Les invités applaudirent les musiciens, leur hôte Everlue et enfin lady Sybil, qui n'avait pas quitté le bras de Cecil. Après de nombreuses révérences et lorsque les premiers invités commencèrent à partir, elle se tourna vers son sauveur.
- Vous m'avez évité une honte à laquelle ma réputation n'aurait pas survécu, dit-elle en rentrant ses épaules dans une attitude de timidité que bien peu lui connaissaient.
- Allons, vous auriez alimenté les conversations pendant quelques temps voilà tout, répondit Cecil, amusé par la naïveté puérile dont faisait preuve lady Sybil. Au bout d'un merril, tout le monde vous aurait oubliée.
- Vous semblez bien informé sur la haute Élite pour un simple Chevalier.
- Je ne me qualifierai pas ainsi, poursuivit-il sans se départir de son sourire moqueur. J'ai suivi un cursus un peu... particulier, dirons-nous.
Les deux yeux sombres qui la défiaient sans ciller la firent rougir jusqu'aux oreilles. C'est le moment que choisit lord Everlue pour se joindre à la conversation.
- Vous êtes un comédien de très haute volée, s'exclama-t-il en serrant la main de Cecil. Sans vous la soirée aurait définitivement tourné au fiasco. Pour nous, en tout cas.
- Je crains d'avoir abandonné mon costume dans un endroit un peu insolite, répondit le faux valet d'un air faussement modeste.
Comme il avait enfilé en vitesse et dans l'antichambre la fameuse redingote qui avait failli le faire tomber, il y avait abandonné sa livrée de domestique - c'est là aussi qu'il s'était ébouriffé un peu les cheveux pour ne plus avoir cette dégaine de petit chien des salons. Il faudrait qu'il la récupère avant que quelqu'un ne la trouve. Une veste d'aristocrate qui traînait n'attirait pas autant l'attention que des vêtements de domestique, censés être arborés fièrement par un loyal serviteur. Cecil s'empressa d'aller chercher cet uniforme, ayant pour projet de le cacher derrière des rideaux jusqu'à ce que le dernier invité soit parti ou monté se coucher pour ceux qui passeraient la nuit ici.

De retour dans l'antichambre, il se baissa pour ramasser la livrée et en faire une boule sous son bras. La porte du salon s'ouvrit au même moment où il entendait la franchir.
- Pardonnez-moi, dit-il à la personne qu'il avait manqué de bousculer, je souhaitais simplement me rendre...
Sa voix s'éteignit dès qu'il croisa le regard de son interlocuteur. Ses yeux s'écarquillèrent, ses lèvres tremblèrent, et son cœur se souleva si vivement que c'en fut douloureux. Il ne lui fallut pas une seconde pour reconnaître le visage auquel il faisait face. Un visage si familier, qui avait pris quelques marques du temps, mais qui pourtant lui apparaissait aussi clairement que tous les souvenirs auxquels il était associé.
- Cecil, c'est toi ? demanda la voix blanche de Rainer Vancliff.
Jamais, ô grand jamais il n'aurait cru retrouver un jour cet homme qu'il avait autrefois adoré et qui était devenu pour lui le visage de la haine. Dix ans qu'il n'avait plus revu qui que ce soit de la période où il était encore le bienvenu au manoir familial. Tétanisé, Cecil ne parvint pas à articuler la moindre réponse. Son pouls s'accélérait, sa gorge le serrait, ses genoux tremblaient, et c'est tout juste s'il ne laissa pas la livrée lui échapper des mains.
- Mais que fais-tu là ? demanda encore Rainer avec un air dégoûté, comme s'il faisait face à un monstre. Tu n'es plus chez Madame Sullivan ?
L'évocation de ce nom fit l'effet d'un coup de poignard à Cecil toujours englué dans son mutisme. Pourquoi Rainer était-il présent ? Il n'avait pas souvenir que sa famille ait été amie avec le comte Everlue, il en aurait forcément entendu parler à l'époque. C'était ainsi après tout, les liens d'amitié entre nobles dataient toujours de plusieurs générations et étaient indéfectibles, il ne pouvait s'être tissé une nouvelle alliance si rapidement... Cecil ignorait pourquoi le choc des retrouvailles avec Rainer lui faisait songer à de pareilles âneries. Il fallait qu'il dise quelque chose, vite, il fallait absolument qu'il garde la tête froide. Mais que faire, à présent qu'il avait été reconnu ?
- V-vous faîtes erreur, finit-il par dire d'une voix qui manquait de souffle. Je ne connais pas de Cecil.
- C'est étrange, j'étais persuadé que...
Rainer fronça légèrement les sourcils en réfléchissant, puis se gratta la tempe d'un air gêné.
- Veuillez accepter mes excuses Monsieur, je dois être un peu confus. Je vous ai confondu avec une vieille connaissance.
Cecil lut dans son regard que Rainer avait de très gros doutes. Si une conversation commençait ils seraient bien vite chassés, et c'en serait totalement fini de ses années de cavale, au cours desquelles il avait toujours cherché à se cacher de Sullivan et de son abominable apprenti – dont bien des cauchemars lui était encore consacrés.
Une petite femme blonde impeccablement coiffée d'un chignon fit son apparition derrière Rainer.
- Ah, mon chéri vous êtes là ! Voilà dix minutes que je suis à votre recherche. Que faisiez-vous donc ? Oh, Monsieur serait-il l'un de vos amis ?
- N-non ma chère, je me suis fourvoyé et présentai des excuses à ce gentleman, que j'ai failli renverser en passant la porte.
- Alors rentrons, vous me semblez terriblement fatigué, tout comme je le suis. Les enfants seront certainement couchés lorsque nous arriverons – ces pauvres chéris m'ont affreusement manqué ce soir ! Bonne nuit, Monsieur.
La jeune femme partit au bras de Rainer, qui jeta à Cecil un dernier regard interloqué, avant de s'en désintéresser totalement et de disparaître derrière les autres convives qui s'en retournaient chez eux. Le faux majordome sortit de l'antichambre, laissa tomber mollement la livrée derrière les rideaux d'une fenêtre de la salle de bal et marcha jusqu'à une chaise où il se laissa tomber. Son visage épouvanté laissait croire qu'il avait vu un fantôme. Un fantôme de son passé que jamais il n'aurait imaginé croiser ce soir, alors qu'il vivait normalement dans un quartier totalement excentré de la capitale... A moins qu'en dix ans... Pris d'un haut-le-coeur, Cecil sentit qu'il avait du mal à respirer et que sa tête tournait un peu. La rancœur, sa vieille haine, ses souvenirs au goût de cendre, son amertume, tout lui revint comme un coup à l'estomac porté en traître par le destin.
Il s'était marié. Il avait eu des enfants. Avec une jolie femme de la haute société, comme ses parents l'avaient prévu. Rainer jouissait d'une situation qui aurait dû, si toute cette histoire n'avait pas éclaté au grand jour, être celle de Cecil. Rainer, qui avait toujours docilement obéi à ses parents, menait une vie tranquille à la capitale. Rainer, qui avait si salement menti, avait construit son bonheur sur le dos de celui qu'il avait envoyé se faire torturer chez une Érudite vampirique. Rainer, qui l'avait trahi éhontément, vivait comme des milliers de nobles sans histoire, sans jamais regarder vers le passé ni songer au mal qu'il avait fait à celui qui avait partagé son enfance.
Noyé par la colère, perdu dans des émotions qu'il ne parvenait pas à contrôler, le cœur de Cecil recommençait à le brûler dans sa poitrine. Puis la peur montra le bout de sa cruelle truffe fouineuse... Il se demanda s'il fallait qu'il rentre au QG ou s'il devait fuir dès ce soir. Que faire si Rainer prévenait Sullivan, alors que Sally faisait déjà l'objet d'un avis de recherche ? Que dire à Sally, d'ailleurs ? Quelle attitude adopter ? Quel plan pourrait cette fois-ci les sauver ?

En proie à de puissants vertiges, Cecil prit sa tête entre ses mains, tremblant comme une feuille morte, horrifié par ces retrouvailles et paralysé par la peur. Que faire, quand les autres seraient revenus ?

Rainer ne parvenait pas à dormir. Sa rencontre de fin de soirée l'avait bien trop perturbé. Quoi qu'ait pu dire cet homme, il ressemblait comme deux gouttes d'eau à Cecil, et Rainer n'entendait pas en rester là. Il lui fallait obtenir le fin mot de l'histoire. Quand il fut assuré que sa femme dormait profondément, il découcha et s'aventura jusqu'à son bureau. Il alluma la petite lampe d'appoint ainsi qu'un cigare et composa sur le cadran circulaire du téléphone un numéro qu'il n'avait pas appelé depuis un paquet d'années. Peu importait l'heure tardive, il savait qu'il décrocherait. Son cousin avait toujours été un type un peu excentrique. A peine deux tonalités suffirent.
- Allô ?
- Salut Aaron. C'est Rainer.
- Ça alors ! Si je m'attendais, mon cher cousin. Que me vaut l'honneur ?
- Pardon de te déranger si tardivement, mais... il m'est arrivé quelque chose ce soir et je me suis dit que je devais absolument t'en parler.
- Voilà qui est très solennel, fit Aaron de son habituel ton mielleux. Eh bien soulage ta conscience et raconte-moi tout. Nous avons toute la nuit devant nous !

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