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Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]

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Championne Oubliée (Lucy)


RPG
Âge : 17 ans
Groupe: Paria
Inventaire: Deux dagues, un arc et quelques racines comestibles

MessageSujet: Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]   Dim 21 Mai - 13:45

Elle inspira profondément. La forêt était calme, encore endormie alors que de faibles rayons perçaient à travers les hautes cimes d’arbres. Ses mains ne tremblaient presque plus, elle s’était battu tout la nuit. Elle avait accepté toutes ses voix qui l’enserraient chaque soir et qui chargeaient son cœur d’encre noire. Les voix lui disaient des choses qui lui faisaient peur. Elles disaient, que si la faute était à quelqu’un, que si quelque chose aurait pu être fait, elles disaient, que si, que si.

Lucy expira. Elle se leva doucement, sans un bruit. Elle ne voulait pas réveiller ces voix qui dormaient le jour. A ce soir, peut-être. La Paria levait ses yeux fatigués mais emprunts d’une étrange quiétude vers les grands arbres qui la surplombaient. Il y avait quelque chose qui lui plaisait dans cela. La forêt d’Hoshizora semblait l’avoir accueilli depuis un certain temps, dans une certaine bienveillance dont elle était profondément reconnaissante. Lucy avait fui un monde dans lequel elle avait souhaité vivre de toutes ses forces, mais le dégoût et l’impuissance avaient érodé sa détermination, écrasant ses solides convictions. Car si les voix des autres résonnaient encore, la sienne était restée muette. Ses mots n’avaient semés aucune graine de paix et cela l’avait profondément chagriné. La Paria avait conservé son masque de la justicière qu’elle avait voulu être. Elle ne le regardait plus qu’à présent que comme le symbole d’une jeunesse folle pleine d’espoir, et son cœur expulsait alors encore un peu d’encre noire.

Elle erra comme à son habitude à travers cette nature qui avait bercé son être endolori et qui écoutait quand sonnait l’heure, dans une grande intimité et respect, ses pleurs et sanglots silencieux. Lucy se confortait dans une solitude qui la protégeait de visions que ses yeux n’auraient pas pu supporter de nouveau. Ses idéaux étaient éteints depuis longtemps maintenant, mais ils demeuraient quelque part en elle. La Paria se contentait d’oublier un peu plus chaque jour son identité, désireuse d’effacer une histoire à laquelle elle estimait ne plus appartenir. Elle voulait  devenir aussi fine qu’une vibration de l’air et disparaitre calmement, dans un oubli qui lui convenait parfaitement, au cœur d’une forêt qui garderait à jamais le secret.

Lucy ferma les yeux. Elle travaillait beaucoup à calmer ses démons intérieurs, son repos ne viendrait qu’une fois que la paix qu’elle avait tant cherchée à instaurer ici-bas se serait étendu entièrement, au moins, à sa propre personne. Elle écarta légèrement les bras, envoûtée par ce silence mystérieux. Elle priait pour qu’il l’emporte. Elle priait en souriant. Elle attendait.
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Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]   Mar 23 Mai - 19:52

Les hautes herbes entrelacées rendaient la marche plus fatigante à chaque pas. L'épais toit de feuillages formé par les incommensurables cimes des arbres ne permettait pas de jauger depuis combien de temps Ithilion s'enfonçait dans la forêt d'Hoshizora, seules quelques raies de lumière perçaient la couche végétale, mais dont la somme offrait une luminosité confortable.
Bien que cette partie, à l'orée des bois, était moins dangereuse que lorsqu'on s'enfonçait dans la profondeur de se labyrinthe de plantes, d'arbres et de ronces, l'ünik se trouvait bien loin de chez lui, dans une zone où la faune et la flore déjà suffisamment hostiles ne représentaient pas la seule menace. Pour ne gaspiller de l’énergie inutilement, Ithilion activait son dzêta par intermittence, dans un cycle qu'il pensait être le plus régulier possible afin d'obtenir un balayage de la zone. Le reste du temps, il comptait sur ses sens affûtés, tous en alertes, pour ne pas se faire surprendre par quelque danger qu'il soit.
Seulement, l'avancée difficile commençaient à grignoter sa concentration, accoutumé des excursions sur ce territoire, le chevalier savait qu'un infime moment d'inattention suffisait pour se retrouver face à de gros soucis. Il décida alors de s'arrêter un instant pour reprendre un peu son souffle. Le sac à dos qu'il portait semblait s'être alourdi depuis son départ alors qu'il avait au contraire consommé une part des vivres pour son voyage. D'un revers de main, il essuya son front moite et consulta la petite boussole holographique, retenue par une chainette dorée autour de son cou. L'érudit à l'origine de cette mission lui avait désigné des zones propices pour trouver des colonies d'Explis Funicula, une petite coccinelle jaune avec une tâche noir en forme d'étoile sur le dos qui produisait une toxine extrêmement virulente. La tâche revenait presque à trouver une goutte d'eau dans l'océan mais la somme à la clé avait motivé le Chasseur Ailé à prendre part à cette chasse au trésor insensée. Heureusement pour lui, le scientifique possédait deux trois spécimens proches dont il avait pu capter la signature grâce à son dzêta. Avec un peu de chance, cette tentative lui faciliterait la recherche.

Avant de repartir, il décida d'activer une nouvelle fois son radar pour s'assurer que rien ne se trouvait dans la zone. La petite perle incrustée dans son gant se teinta d'une chaleureuse lueur bleuté et la zone de son dzêta se déploya dans tout le périmètre. Aussitôt, il capta les mouvements et les signatures de milliers de choses que l'habitude lui permettait de reconnaitre, comme le vol d'un couple d'oiseau aux travers des branches, le fourmillement de centaines de petits insectes sur le sol, le déguerpissement de deux auras de la taille d'un rongeur, et puis il y eut cette présence, beaucoup plus forte, beaucoup plus impactante. Un mouvement plus lent, le rythme d'un coeur plus calme. Ithilion se mit immédiatement sur ses gardes. Il ne savait absolument pas sur quoi il pouvait tomber.
Dans le creux vide de sa main apparut l'instant d'après son imposant Desert Eagle. Le canon menaçant de l'arme pointa en direction de la créature qui se trouvait à moins d'une quarantaine de mètre, cachée par les dizaines d'arbres et de buisson. A pas feutrés, le soldat s'approcha de sa cible. Il ne souhait courir aucun risque en laissant un hasard aussi proche de lui. Les feuillages, ces traitres, manquaient de révéler sa présence malgré son déplacement précautionneux, le silence planant dans la forêt semblaient amplifier leurs bruissements.
Fort heureusement, il réussit à s'approcher sans éveiller les soupçons de la créature. Le regard perçant du Chasseur Ailé discerna une fourrure blanche. Un loup ? Pourtant, la signature ne correspondait pas à un individu appartenant à l'une ces terribles meutes qui régnaient impitoyablement sur leur territoire. La curiosité le poussa à s'avancer un peu plus, ce qui lui permit de voir que l'étrange animal paraissait se tenir sur ses deux jambes arrières et une sorte de masque ornait le sommet de sa silhouette. Crac. Le pied vigilant d'Ithilion s'écrasa sur une branche recouverte par l'humus sur le sol. Le son sec fît sursauter la créature vers sa direction. Le chevalier découvrit alors, sous un masque rouge à l'expression effrayante, le visage sauvage d'une fille. Ses yeux couleur ambre, encadrés par trois triangles couleurs sang scrutèrent les environs. La fourrure se révéla finalement être une longue cape que la jeune portait tel un trophée de chasse. Malgré l'air farouche qu'affichait ce qu'il imagina être une Hybrid solitaire, il fût rassuré en constatant son jeune âge. Il s'apprêtait à rebrousser chemin lorsqu'une idée germa dans son esprit.
L'arme toujours en joue, Ithilion se présenta tranquillement devant l'inconnue, serein. Il maitrisait la situation et souhaitait le lui faire comprendre
-Ne bouge pas. ordonna-t-il simplement. Enfin continue à ne pas bouger.
Rapidement, il fouilla à tâtons de sa main libre dans une poche de son sac. Il en sortit un papier qu'il déplia, avant de mettre en évidence l''image de l'insecte qu'il recherchait.
-Je cherche ça. En tant qu'Hybrid, tu devrais pouvoir m'aider non ? De toute façon tu n'as pas le choix.
Son sourire narquois marqua la fin de son discours. Généralement, les gens évitaient de décliner ses  requêtes lorsqu'il les demandaient avec autant d'insistance. Il espérait seulement ne pas être tombé sur une incapable.
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Championne Oubliée (Lucy)


RPG
Âge : 17 ans
Groupe: Paria
Inventaire: Deux dagues, un arc et quelques racines comestibles

MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]   Mer 24 Mai - 20:14

Elle ne sentait déjà plus le bout de ses doigts, bercée par le chant du silence et elle aurait déjà oublié son enveloppe charnelle si l’air tiédissant n’était pas venu réchauffer son visage et ses bras nus. Le battement de son cœur décélérait doucement dans cet instant de quiétude presque surnaturel. Survint alors une fausse note dans cette harmonie muette, un son si faible mais fort à la fois, qui fit à Lucy l’effet d’une terrible claque auditive. Les commissures de ses lèvres s’affaissèrent subitement. Cette discordance la sortit tout à coup d’une longue suspension dans le temps intime, elle revint d’entre les songes avec lourdeur, ressentant avec effroi le poids de son corps et de son cœur. Sa poitrine s’affaissa avec horreur, tandis qu’elle se sentit s’écrouler de l’intérieur jusqu’à son sang qui sembla se glacer.

Lucy regardait à présent l’individu qui était venue la déranger. Il y eut un temps de jugement de l’autre des deux côtés qui parut à la Paria d’une nette et désagréable lenteur. Ses doigts se remirent à trembler, ses yeux grands ouverts sur un visage complètement statique observaient la scène et elle ne put, à son grand malheur, mettre fin à la remontée de terribles souvenirs qui affluaient dans sa tête comme d’innombrables nuées insectes grouillants. Lucy avait demeuré seule si longtemps qu’elle avait cru bien naïvement pouvoir vivre en marge du monde et n’avait eu jusqu’alors d’autres soucis que de faire la paix avec elle-même.
Elle était abasourdie. Sa stupéfaction, néanmoins, laissa peu à peu place à une très grande gêne suivie de très près par une très vive colère qui réchauffa tout d’un coup son corps rendu froid par la peur. Son instinct de survie prit le dessus. La jeune fille, qui avait vraisemblablement grandit trop vite, vécut cette rencontre inopinée comme une terrible intrusion dans ce qu’elle avait de plus intime. Ses dents grincèrent à l’idée d’avoir été observée alors qu’elle faisait don de soi, communiait avec la nature dans un état de soulagement et  adressait à l’air ambiant et son silence, de vives prières. Lucy n’avait certes pas souhaité, et ce sur aucun prétexte, recroiser le chemin d’un énième pantin de cette guerre qu’il l’avait précipitée au bord du précipice mais cela était d'autant plus outrageux d'être surprise dans instant aussi personnel que celui-là. Elle crut même, l’espace d’une demi-seconde, avoir affaire à un spectre vengeur venu la chercher pour lui voler sa rédemption.

Il n’y avait pas de doute cependant. Il puait de cette odeur qu’ont les personnes froides et calculatrices, bien vivantes, et sûre d’elles. Lucy put voir avec plus de détails à mesure que l’individu se rapprochait, la silhouette d’abord approximative puis très nette d’un jeune homme. La Paria, si son cœur s’affolait en d’incontrôlables assauts, tenta de rester de marbre. Seul son souffre bruyant et irrégulier trahit l’agitation qui se muait en elle. Elle ressemblait à un animal pris au piège.

Ses mains tremblantes se refermèrent en deux poings rouges, et elle ne sut quelle force implacable la laissa statique car toutes ses pulsions lui indiquèrent de sauter sur cet homme et de le tuer. Ses yeux se plissèrent légèrement, et elle ne put réprimer une moue de dégoût lorsqu’elle jeta un rapide coup d’œil sur l’arme braquée sur elle avant de revenir au visage de ce perturbateur. Assurément, ce dernier se serait désintégré sous la furie des flammes que ses yeux abritaient si ceux-ci avaient pu les relâcher. La Paria était chargée de colère. Le regard de l’homme se planta dans le sien et Lucy rougit à la fois d’énervement et d’embarras quand elle comprit qu’elle ne portait pas son masque. Elle avait perdu l’habitude de le mettre maintenant qu’elle s’était refermée sur elle-même mais rare furent les échanges autrefois avec autrui sans qu’elle ne portât son masque fétiche. Cacher ses émotions était très important pour elle ; outre le fait de conserver son anonymat, elle savait que son point faible demeurait dans ses expressions faciales facilement décryptables.

L’individu aux cheveux blancs, le revolver toujours pointée sur Lucy, chercha dans ses poches une image représentant une petite coccinelle jaune avec une étoile noire sur la carapace que la jeune fille reconnut immédiatement. Une espèce extrêmement dangereuse et rare dont elle avait failli faire les frais lors d’une ses  observations matinales. Aucune question ne germa cependant dans son esprit, elle n’était pas assez calme pour se concentrer sur le motif de sa venue. Les yeux de Lucy se plissèrent davantage et sa bouche s’entrouvrit légèrement, la mâchoire contractée, lorsqu’elle entendit des paroles pleines de dédain l’intimant de coopérer à la découverte de ces coccinelles, et qu’elle avait, par-dessus tout, « pas le choix ».

L’infime barrière qui l’empêcha de justesse de rentrer dans un état second d’hystérie fut le revolver. Elle n’avait pas peur tant de la mort que de la manière dont elle se produirait. La Paria y avait beaucoup songé, elle se sentait prête depuis longtemps, mais décéder d’une balle de la tête lui parut très sale, et lâche. Ce n’était pas comme ça qu’elle avait voulu disparaitre, pas d’une façon aussi répugnante. Lucy sentit sa gorge en feu, et sortir le moindre mot lui coutait énormément. Elle sut qu’elle détestait cet homme pour son intrusion, son uniforme, et son arme. Elle sut qu’il était un tueur, et qu’il n’aurait pas hésité une seconde à l’abattre comme une bête si elle ne lui avait été d’aucune utilité. La nausée lui monta dans l’estomac.

« Cette forêt n’est pas la tienne. Repars d'où tu es venu, et va semer la mort autre part, dans ces terres qui t’ont vu naitre et pourrir. Ne viens pas déranger ce qui ne t’a rien fait, même si je sais que vous autres appréciez détruire chaque parcelle de beauté qui subsiste. »

Lucy bouillonna, son flot de paroles dépassait ses précautions.

« Parce que ça vous démange, ajouta-elle. La forêt mourra en temps et en heure, elle n'a pas besoin de toi. Va-t’en. »

Son poing se dénoua pour atteindre rapidement sa dague.

« Va-t’en ou je te tue. »
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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Âge : 23
Groupe: Elite
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]   Ven 2 Juin - 23:43

Les traits se tendirent sur le visage de la jeune fille. Ses yeux remplis de haine se plantaient en lui comme des poignards impitoyables. Par précaution, Ithilion jugea préférable d'inspecter les alentours et, par la même occasion, d'essayer de sentir les intention de son otage  à l'aide de son dzêta. Son champ de force ne se déploya pas, comme bloqué à l'intérieur de sa bourse sans fond. Cette sensation, le chevalier ailée la connaissait maintenant parfaitement bien, l'infaillible technologie des üniks ne pouvait se trouver mis à défaut que par un phénomène inexpliqué : le Sin. Sa disciple étant elle même une Paria, il repérait et associait à présent facilement ce don incontrôlé par ces personnes rejetées qui privaient les autres peuples de leurs forces majeurs. Heureusement pour lui, son dzêta n'était qu'un outil pour appuyer son véritable talent : le tir. Si il ne se trompait pas, cela expliquait la présence d'une fille de son âge, aussi loin des villes Hybrids et de son attitude aussi farouche. Présentement, avec sa peau de poils blancs sur le dos, son regard fixe, elle ressemblait à une jeune louve solitaire. Tandis qu'elle le menaçait en le sommant de quitter la forêt, il n'échappa pas à Ithilion le geste de sa main qui descendait lentement vers le pommeau de la dague qu'elle possédait à son ceinturon, défiant le canon pointé mortellement vers sa direction.
Contrairement à la grande majorité des siens et des Hybrids, le chevalier ne portait pas en lui un mépris viscérale envers les Parias. Le crime qui leur était injustement inculpé ne se fondait que sur les bases de la rancœur ancestrale des deux peuples rivaux. Son expérience avec Sally lui avait permis de comprendre à quel point la propagande à leur encontre, les ragots qui se propageaient sournoisement de générations en générations, n'étaient en réalité que de méprisables calomnies.
De ce fait, il ne souhaitait pas particulièrement de mal à cette petite pour sa nature, mais il devait simplement réussir sa mission. Coûte que coûte. En revanche, il n'hésiterait pas à interrompre net toute tentative d'agression.  Les pulsions meurtrières qui jaillissaient du corps de cette jeune survivante  l'obligeait à ne pas sous-estimer la situation. Après tout, en tant que Paria, elle devait probablement survivre seule dans cette environnement au combien dangereux.

-D'accord....si c'est pour la forêt...


Ithilion abaissa son arme et fit demi-tour. La mise en scène ne dura qu'une poignée de secondes. A trois pas à peine, il se retourna de nouveau et remit  sa cible en joue.

-Tu vois petite, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui cherchent des coccinelles toxiques.  Toi tu vas chercher ces coccinelles.

La réplique ne laissait que peu de choix. Motivé par la faramineuse récompense qui alimentait ses rêves depuis quelques jours, Ithilion ne possédait aucun scrupule à forcer cette originaire à devenir son guide improvisé. Comme tout les natifs de ce dédale de végétation, elle devait sûrement en connaitre tout les recoins. Trouver la coccinelle lui prendrait beaucoup moins de temps en procédant de la sorte. Il espérait en son fort intérieur qu'il n'aurait pas à se servir de son arme.

-Bien que tu t'en fiches, je me nomme Ithilion. Ça t'évitera d'utiliser des insultes si tu veux t'adresser à moi.

Le regard acéré du chasseur ailé ne quittait pas les doigts de la fille, à l'affût du moindre mouvement suspect autour du coutelas qu'ils serraient avec la ferme intention de tuer. Pour arriver à une certaine forme de coopération, Ithilion allait devoir désamorcer un peu la tension explosive avant qu'un acte désespéré ne naisse de la pression qu'imposait son pistolet.

-Ne fais pas de folie, je cherche simplement deux/trois de ces coccinelles et je partirai de cette forêt comme tu le désires
. lui promit-il alors en abandonnant son sourire arrogant. Ce n'est rien qui puisse la détruire. Tu chasses bien pour te nourrir non? Et bien, en quelque sorte, c'est la même chose pour moi. J'en ai besoin pour pouvoir vivre.

Le but n'était certainement pas de l’apitoyer avec un tel discours, il savait d'ors et déjà qu'il s'agirait d'une tentative vouée à l'échec. Il essayait simplement de présenter ses intentions non-destructrices pour la mère Nature qu'ils vénéraient tant en ces lieux. En signe d'apaisement, il commença à abaissa doucement son bras. Il pria pour qu'elle ne se jette pas crocs et dents sur lui en pensant qu'il avait abandonné sa garde.

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Championne Oubliée (Lucy)


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Groupe: Paria
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]   Sam 10 Juin - 13:37

Lucy dévisageait son interlocuteur avec férocité, elle lisait sur son visage une certaine malice qui allumait en elle une flamme lui brûlant les entrailles. L'attitude du jeune homme dénotait d'une certaine assurance que la Paria interpréta comme de l'orgueil, il la trouvait jeune et son revolver ne ferait à son goût qu'une bouchée de la petite sauvageonne qu'elle était. Lucy n'était pas stupide, elle comprenait que si sa rapidité et son agilité étaient des plus remarquables la moindre erreur signifierait sa dernière chute.
La jeune femme respira bruyamment par le nez, la mâchoire contractée. Elle jugea toutes les possibilités pour elle d'attirer la situation à son avantage mais ses pensées demeuraient brouillées par la peur farouche d'avoir rencontré quelqu'un en de pareilles circonstances. Lucy réalisa que dans tous les cas, si elle parvenait à tuer cet homme d'autres viendraient certainement pour tenter d'expliquer cette soudaine disparition.

L'Ünik se présenta comme étant un certain Ithilion et abandonna son sourire narquois. Il continua cependant à lui intimer de trouver ces coccinelles qui l'obsédaient tant, ajoutant qu'il en avait besoin pour vivre. Si Lucy avait été plus calme, elle aurait sans doute lâché un soupir de mépris. Il y avait quelque chose chez cet homme qu'elle comprit tandis qu'elle analysait tous ses gestes. Elle comprit qu'il n'était pas libre, et avait sans doute vendu son âme pour porter le costume qu'il avait tant l'air de chérir. Il était à la vérité bien plus beau qu'elle dont l'accoutrement sale et archaïque portait à sourire.

Sa mâchoire se desserra et les traits de son visage se firent plus doux. Elle sentit sa haine s'endormir petit à petit, la rancune l'enlaidissait terriblement. La jeune femme ne pouvait pas laisser une énième voix venir la tourmenter ce soir, aussi ses doigts autour du pommeau de sa dague se décrispèrent. Lucy se sentit tout à coup très fatiguée, et ses yeux se ternirent d'une certaine tristesse. Elle avait tant voulu changer quelque chose en ce bas-monde, et son échec lui serrait le cœur lorsqu'elle fixait Ithilion. Elle sut que cet homme ne la laisserait pas tant qu'il n'aurait pas trouvé ce qu'il cherchait. Elle prononça alors ces mots en même temps qu'elle remit son masque sur son visage :

« Tu sais que je n'ai pas le choix, si je te tuais des millions de personnes retourneraient la terre pour te retrouver et mettraient à feu et à sang cette forêt. Je t'accompagne un moment et tu te débrouilleras tout seul. »

La Paria prit le risque de lui tourner le dos et s'avança entre deux gigantesques arbres très rapprochés. Elle n'était pas naïve, elle savait que dès qu'il aurait mit la main sur ces coccinelles, sa gâchette lui démangerait concernant sa guide temporaire.

« Pour toi tout comme ceux d'antan, je suis  Lucy Noké. Si tu tentes quelque chose durant le trajet, trouver cette espèce de coccinelles sera le dernier de tes soucis. »

Déjà une certaine vigueur la ranimait à mesure qu'elle parlait tout en portant son masque. C'était celui de la Championne Oubliée, comme elle avait longtemps aimé se le rappeler. La Paria ne sut d'ailleurs avouer que cela lui manquait, quelque part. Elle chassa ces idées tandis qu'elle s'enfonçait dans la forêt, ne s'étant pas retournée pour s'assurer qu'Ithilion ne la suive bien ou non.
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Promenons-nous dans les bois [Ithilion PV]

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