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L'auberge hantée [Quête solo]

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Kei Hynawa


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MessageSujet: L'auberge hantée [Quête solo]   Dim 4 Juin - 19:00


Mes plans initiaux pour la journée avaient été chamboulés. Lorsque j’étais arrivé aux docks aux aurores, le chef m’avait demandé de faire demi-tour. L’homme m’avait précisé qu’il avait déjà assez de main d’œuvre pour aujourd’hui. Mon œil. J’avais eu vent qu’une grosse commande pour des nouveaux aéronefs avaient été passé il y a quelques mois. Par conséquent, l’emploi ne viendrait pas à manquer pendant un certain temps. Il voulait juste ne pas me voir trainer dans ses pattes. Enfin, pas lui personnellement mais son supérieur. Ce dernier n’appréciait pas les gens qui sortaient du moule standard Ünik. Grand. Fort. Intelligent. En temps normal, il ne prêtait pas attention à la physionomie de ses employés mais dès que des visiteurs susceptibles de signer un gros contrat pointaient le bout de leur nez, les êtres différents étaient renvoyés chez eux le matin même. Du moins, le temps d’une journée.  

Ayant perdu l'occupation principale de ma journée, j'étais rentré chez moi. Tranquillement. En passant par le chemin le plus long qui existait. Manque de chance, je n'avais rien à faire. Personne n'avait sollicité mes services la veille ou récemment pour collecter des informations. J'avais trainassé dans mon lit un moment avant de me motiver à sortir. Je n'avais pas de but. Je laissais mes pieds m'emmener là où ils le souhaitaient. Sans même m'en rendre réellement compte, j'étais sorti des bas-fonds de Nordkia et même de la ville. Je m'aventurais dans un territoire totalement inconnu et nouveau pour moi. Lors de mon arrivé dans la citée basse, j'étais passé par la Sidhe. Et visiblement, j'avais pris la direction à l'exacte opposée. Le désert chaud et aride avait laissé place à de la verdure luxuriante. Des plaines s'étendaient à perte de vue. De multiples rivières se croisaient et se décroisaient. L'eau qui s'écoulait dans leur nid était clair mais, au vu des cadavres présents sur les rives, étaient loin d'être potable. Je réprimai facilement ma soif naissante en imaginant ce qui m'attendait si je me risquais à m'abreuver là-dedans.

J’avais poursuivi mon chemin pendant un long moment. Je ne savais même pas quelle heure il était mais le soleil était bien haut dans le ciel. Il faisait chaud et lourd. Cependant, une brise fraiche me faisait un bien fou. Elle ne sustentait pas ma soif mais bon... Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. J’étais parti bille en tête sans rien emporter avec moi. Je ne savais même pas si je saurai repartir sans embuche et retrouver mon chemin. Depuis Nordkia, j’étais un peu en mode automatique. L’environnement m’entourant commençait peu à peu à changer. J’avais senti que le sentier que j’empruntais était en pente. Pas vraiment raide mais cela devenait un peu plus difficile de progresser. Les efforts en valaient cependant la peine. J’avais fini par arriver dans de vastes prairies qui surplombaient par leur altitude une partie d’Urban City. Je pouvais entrevoir de loin les plus hauts bâtiments d’Anathorey. Cela me rappelait un peu les sensations de mon enfance, lorsque je grimpais dans les hauts arbres de la Sylva. C’était les seuls moments heureux de cette période de ma vie. Je soupirai en marchant encore un peu avant de décider de prendre une pause. Je m’affalai de tout mon long dans l’herbe fraîche.  Il n’y avait quasiment aucun bruit autour de moi. Juste le bruissement des hautes herbes bercées par la brise. Ces sons m’apaisaient. Si j’avais qu’il y avait un coin comme ça près de la capitale des Üniks, j’y serai allé bien plus tôt ! Mais peut-être pas à pied. Mes yeux se fermèrent tout seul surement à cause de la fatigue du trajet effectué et du sentiment relaxant que m’apportait ce lieu.
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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Sam 22 Juil - 20:38


Les minutes et les heures passèrent lentement. Le vent soufflait paisiblement, faisant virevolter le pollen et onduler les herbes hautes de la prairie. Il poussait doucement les blancs nuages qui parsemaient le ciel bleu. Le soleil réchauffait l’atmosphère. L’air était plus pur qu’en contre bas. Il n’y avait pas la sale odeur des ghettos de Nordkia. Ni le bruit assourdissant des aéronefs au-dessus de nos têtes. Ou bien les cris des dockers pour des raisons diverses et variées. Comment ne pas apprécier cet environnement ? Juste calme et reposant. Allongé dans les fourrés, j’écoutais et savourait les bruits qu’offraient Mère Nature. Ça me faisait penser un peu à la Sylva tiens. Sauf que là, c’était les grands espaces et pas la pièce exiguë et fermée dans laquelle j’avais grandi. Je n’aimais pas me rappeler ces instants sombres de ma vie. Quand bien même. Ils avaient contribué à  ce que je suis aujourd’hui.

Loin d’être farouche ou effrayé, un bicorne était venu brouter la verdure près de moi. Et, un peu trop emballé, il avait même commencé à goûter mes cheveux blancs. D’abord surpris, je n’avais pas trop su comment réagir. Si je bougeais, allait-il prendre la fuite ? Ou alors charger droit devant ? Dans le doute, je préférai rester immobile en le regardant du coin de l’œil. Mais n’empêche. Comment pouvait-il se tromper entre le vert des plantes et l’ivoire de ma tignasse ? Il ne devait pas être très fute-fute. Ou alors il avait tellement faim qu’il ne distinguait plus ce qui était comestible ou non. Finalement, il se rendit rapidement compte de son erreur et la bête alla brouter un peu plus loin. Vraisemblablement, je n’étais pas à son goût. Je m’étais redressé pour le regarder s’éloigner et jeter un œil aux alentour. Il n’y avait toujours personne. Juste les animaux qui mangeaient tranquillement sans se soucier de leur environnement. Il devait surement y avoir un élevage de bicornes pas loin, vu leur nombre. Mais bizarrement, aucun berger ne veillait sur eux. Enfin soit. Ce n’était mes affaires. Je finis par me rallonger et refermer les yeux en attendant que Morphée vienne me chercher.

Les bêtes s’éloignèrent précipitamment. Comme apeuré par une menace à venir. Le vent avait finalement fait fuir les nuages blancs de beau temps. Ces derniers furent remplacés par d’immenses  masses noires arrivées de l’ouest et qui s’étaient empressées de faire disparaitre le soleil. Le mistral soufflait de plus en plus fort. L’air devenait de plus en plus lourd et oppressant. Le temps tournait à la l’orage. Endormi dans l’herbe, je ne me rendis pas compte de ce changement. J’avais bien perçu la fuite des animaux mais je n’avais pas été suffisamment attentif pour y prêter plus attention que ça. C’est uniquement lorsque les premières gouttes d’eau atterrirent sur mon visage que je réagis. J’ouvris les yeux rapidement, me redressai et vis que le paysage avait changé. Adieu ciel bleu estival. Bonjour temps orageux. J’eus à peine le temps de me mettre debout que la pluie fine se transforma en véritable déluge. Mon cerveau commanda à mes jambes de bouger. Et mes jambes obéirent sans rechigner. Je ne voyais plus à cent mètres. Les éclairs et le tonnerre ne tardèrent pas à se joindre à la partie. Il ne manquait plus que ça. Moi qui pensais que j’allais passer une bonne journée. Je m’étais encore fait avoir en beauté par Mère Nature. Ne voyant rien à part le bout de mon nez, il me fut difficile de me repérer. Et surtout, de retrouver le chemin du retour. C’était même mission impossible.

Je courais à en perdre haleine. La pluie glaçait déjà mon corps trempé et alourdissait chacun de mes pas. Les éclairs m’aveuglaient. Le tonnerre agressait violemment mes oreilles à chaque grondement. J’avais l’impression de prendre part en avant-première la fin du Monde. Mère Nature était en colère. Et elle le faisait entendre. Toujours aucun signe de vie. Aucune indication sur le bon chemin à prendre. J’avançais à l’aveuglette. Du moins, jusqu’à ce que je remarque au loin ce qui me semblait être la lumière d’une chaumière. C’était éloigné. Très même. J’étais peut être même en train de fabuler. Mais c’était mon seul point repère dans cette tempête. Sans attendre, j’accélérai ma course pour me diriger vers ma destination. Mon espoir se concrétisa lorsque j’aperçus un bâtiment éclairé. Je n’avais pas rêvé ! C’était la dernière ligne droite. J’augmentais encore mon allure pour arriver plus vite au but. Allez Kei. Encore un dernier effort. Encore quelques mètres. Malheureusement, un peu trop enthousiaste, j’avais raté un coche. Je terminai ma course en roulé-boulé en enfonçant la porte de la bâtisse. Bonjour l’entrée…
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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Dim 13 Aoû - 13:32


Regards à droite. Une plante verte était posée dans un coin. Le mur était recouvert de tapisserie couleur bordeaux sur laquelle étaient bordée des spirales crème. Au plafond, une suspension dont une des ampoules avait rendu l’âme. Regards à gauche. Le même revêtement vieillot sur le mur. La même suspension. Pas de nature en décoration mais un miroir où se reflétait mon image. La peau couverte de boue. Les vêtements dégoulinant de flotte. Les fesses sur le carrelage froid de l’entrée. J’avais vraiment l’allure. Je frottais ma tête. Je ne m’étais pas fait mal mais j’avais un peu le tournis. J’étais gelé aussi. Autour de moi, il n’y avait personne. Il n’y avait pas un bruit non plus. A l’exception de celui provenant de dehors. C’était étrange. Vu le temps qu’il faisait à l’extérieur, il devrait y avoir un peu plus de monde à l’intérieur non ? Après, c’est vrai que je n’avais pas croisé grand monde non plus dans les prairies… Je jetai un œil derrière moi. J’avais bien enfoncé la porte en arrivant en roulé boulé. Pourtant, elle était bel et bien fermée. Sans le moindre coup. Bizarre. A en juger par le torrent qui ruisselait sur les fenêtres, Mère Nature ne semblait pas décider à calmer sa colère. J’étais bon pour rester ici un petit moment, le temps que passe l’orage. Je me relevais.

- "Il y a quelqu’un ? "

- "Oui oui, j’arrive. Désolée mon petit. Je ne t’avais pas entendu entrer. Oh mon dieu ! Tu dois être frigorifié ! La salle d’eau est derrière la deuxième porte sur ta gauche. Vas donc te réchauffer. Au bout du couloir se trouve la grande salle, je vais t’y aller un bon feu et te faire apporter un thé bien chaud. "

Une vieille dame au dos courbé s’était pointée devant moi sans crier garde. Elle était arrivée de nulle part. Littéralement. J’avais à peine cligné des yeux et elle était là. Juste en face de moi. Son visage était marqué par les signes de son vécu. Ses mains l’étaient également. Malgré sa vieillesse, elle semblait être très gentille et très attentionnée. Ça ne m’étonnerait pas qu’il s’agisse de la maîtresse de maison. Par contre, je n’avais aucune idée à quelles races elle appartenait. Et je m’en fichais pas mal. Elle ne paraissait pas être du genre à envoyer à l’abattoir un de ses clients. Le client était roi non ? Tant qu’il payait. Avais-je de l’argent sur moi d’ailleurs… ? Je tâtais discrètement mes poches. En vain. Rien. A l’exception de papiers divers sûrement devenus illisibles à cause de la pluie. Bon… J’aviserai le moment venu. Ça ne me dérangeait pas de faire des travaux ménagers pour payer les services du court séjour que je vais passer ici. Elle ne me laissa aucune chance pour placer un mot. Elle avait enchaîné ses paroles d’une traite. Je fus dans l’impossibilité de refuser quoique ce soit. Et avant même de m’en rendre compte, j’étais déjà plongé dans un bain chaud.

Je profitai de la chaleur de l’eau pendant de longues minutes. Cela contrastait vraiment avec l’averse que je m’étais pris en essayant d’arriver jusqu’ici. Surtout que, soyons franc, je n’avais pas vraiment l’occasion de prendre des bains chez moi. Dans mon petit appartement au fin fond de la ville basse de Nordkia. Les baignoires étaient un luxe que moi, paria, ne pouvait me payer. J’allais donc bien en profiter ! J’enlevais toutes les impuretés que j’avais pu accumuler depuis ce matin. De la poussière de la ville jusqu’à la boue. Du shampoing et du savon étaient à ma disposition. Je n’arrivais pas à distinguer quels en étaient les parfums mais cela me changeait de ceux que j’utilisais. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer mais c’était comme ça. Raisonnable, je finis par sortir de l’eau au bout d’une bonne dizaine de minutes. J’avais cependant fait tout ce que j’avais à faire tout en lésinant un peu. Beaucoup même. Je m’étais essuyé le corps et avait posé la serviette que m’avait aimablement laissé mon hôte sur ma tignasse blanche pour la sécher à son tour. Ce n’est qu’à ce moment-là que je remarquai que mes vêtements trempés avaient disparu. Ils n’étaient plus là où je les avais laissés… Super… Je n’allais quand même pas me balader quasi à poil ! Avant de crier au loup, je regardais un peu plus attentivement. Certes mes vêtements initiaux avaient disparus mais des nouveaux avaient été placés là. Beaucoup moins actuel… Une vieille chemise à la limite de l’usure et un pantalon beige déjà rapiécé. Ça fera l’affaire en attendant le retour de mes fringues.


Dernière édition par Kei Hynawa le Sam 19 Aoû - 20:45, édité 1 fois
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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Sam 19 Aoû - 20:44


La serviette blanche pendante autour de mon cou, amortissait les gouttelettes d’eau glissant le long de mes mèches de cheveux. J’avais revêtu les vêtements que l’on m’avait gentiment prêtés. Je n’avais boutonné la chemise qu’à moitié. Au sens propre du terme. Seuls les trois boutons du milieu avaient été rassemblés, laissant ainsi à vue un peu de mon bas ventre et de mes pectoraux. N’ayant pas trouvé de chaussures, c’est à pied nus que j’avançais. Le carrelage froid de l’entrée avait été remplacé par de la moquette marron clair. Non sans tâches malheureusement. Les murs avaient toujours cette horrible tapisserie vieillotte. Avant de me laisser me réchauffer grâce à un bon bain, la vieille dame m’avait dit qu’une boisson chaude m’attendrait à ma sortie dans le grand salon. C’était bien gentil à elle de me dire ça mais… il était où ce grand salon ?! J’avais beau déambuler dans les couloirs je ne voyais pas où il pouvait être… Je devais vraiment être nul ou fatigué pour ne pas le trouver. Toutes les portes que je rencontrais étaient fermées. Probablement des chambres. Occupés ? Je n’en savais rien. Malgré mon ouïe assez développé, je n’entendais pas un bruit. A moins que je ne sois devenu sourd aussi…

Finalement, je le trouvai ce fameux grand salon. Ce fut long et difficile mais j’y étais arrivé ! Non, je plaisante. C’était moi qui étais en plein rêve. J’avais pris à droite en sortant de la salle de bain et j’avais fait tout le tour de l’auberge… Le salon était juste à gauche de la salle d’eau. Mais encore fallait-il le savoir ! Je soupirais avant d’observer la pièce. Effectivement, il était spacieux. Il faisait aussi office de salle à manger vu la grande table qui était entreposée là. De multiples fauteuils une place, recouverts de plaids étaient présents au coin d’une cheminée allumée. La flamme crépitait joyeusement et réchauffée la pièce d’une douce chaleur. Malgré l’ambiance agréable de ce salon, personne n’était là pour en profiter. Sauf moi. Soit tous les clients étaient enfermés dans leur chambre ou confinés à l’étage que je n’avais pas encore visité. Soit j’étais le seul. Je préférais me dire que la première option était la bonne. C’était un peu glauque d’imaginer être le seul hôte d’une auberge aussi ancienne… Rien que d’y penser, un frisson me parcourut le dos. A moins que ce ne soit la voix de la vieille dame qui était venu de nulle part… :

- "Voici pour toi mon garçon. J’espère que cela te réchauffera."

-  "Merci" avais-je lâché en prenant la tasse qu’elle m’avait saisi. Je finis par l’interroger en faisant tourner le liquide dans son contenant. "Vous n’avez pas d’autres invités ? Je n’ai encore croisé personne…"

- "Tu n’es pas le seul ici. Les autres sont assez timides mais ils devraient montrer le bout de leur nez bientôt, ne t’inquiètes pas."

En disant ces mots, la maîtresse de maison avait souri. Ses dires ne m’avaient pas du tout rassuré ! J’avais l’impression d’être l’intrus. Non pas que je n’en avais pas l’habitude mais quand même… Elle parlait comme si tous ses clients étaient des habitués de longues dates. Après, vu son âge avancé, cela pourrait être vrai. Mais mon instinct me disait de me méfier malgré son air de de gentille grand-mère. Sur cette pensée, je pris tout de même place dans l’un des fauteuils à disposition au coin de la cheminée. Je fis encore tourner un peu le contenu de la tasse avant de le porter à ma bouche. Le liquide était chaud. C’était une sorte de tisane mais je n’avais aucune idée quant aux plantes utilisées pour la faire. Aucune des saveurs que mon palais sentait ne me parlait. Ce n’était pas mauvais. Juste inconnu et déstabilisant.

- "Maman, pourquoi le monsieur est différent de nous  ?"

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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Sam 19 Aoû - 20:47


Pourquoi le monsieur était-il différent de nous… Voici la phrase qui m’avait poussé à me retourner vivement, le cœur battant, vers la voix qui l’avait prononcé. Allez savoir pourquoi j’avais eu le sentiment que cette question m’avait pour sujet. Sûrement à cause des bonnes vieilles habitudes de parias qui revenaient à  la charge… C’était même pire que ça… Je devais m’être endormi et avoir rêvé ces mots car personne ne se trouvait derrière moi. Personne n’aurait pu prononcer cette phrase. Bizarre… Je n’avais pas le sentiment de m’être assoupi pourtant. Le feu était toujours aussi imposant et la tisane ne semblait pas s’être refroidie. Vraiment étrange... Je terminais ma tasse et la posa sur la table basse qui se trouvait devant la cheminée. Je vérifiai une dernière fois que j’étais bel et bien seul avant de sortir de la pièce. Le tonnerre grondait encore dehors. Qui avait donc énervé Mère Nature à ce point ?

J’avais repris mon exploration des lieux. J’étais parvenu à retourner à la salle d’eau sans trop difficulté. Mes vêtements n’étaient toujours pas là. Cependant, d’autres étaient soigneusement repliés sur les étagères. Des modèles femmes, enfants et hommes. Appartenaient-ils aux autres hôtes ? Ceux que la vieille dame avait qualifiés de timides ? Je ne voyais pas vraiment d’autres explications. J’entendais des voix provenant des bains. Celles d’un enfant, d’une femme et d’un homme. Cela correspondait aux chiffons rangés. Je poussai un soupir de soulagement. Il y avait bien d’autres personnes ici. Je n’étais pas seul. Cela confirmé, je poursuivis mon chemin. Je montai à l’étage. Là aussi les portes étaient fermées. Néanmoins, à la différence des pièces en bas, des bruits me parvenaient distinctement. Des pions de mah-jong se mélangeaient. Le bruissement des cartes se faisant distribuées. Les paroles d’individus. C’était bien plus vivant ici.

Je me permis d’entrer que dans une seule pièce. La seule qui avait la porte d’entre-ouverte. A l’instant même où j’ouvris complètement cette dernière, une grosse bourrasque de vent me fit reculer de plusieurs pas. C’était quoi ça ?! J’avais mis mes bras devant mon visage. Comme pour me protéger d’un ennemi invisible. C’était un pur réflexe. Inutile. Je n’avais rien senti de physique me touchait. Juste de l’air. Quelqu’un avait-il laissé la fenêtre ouverte ? Visiblement non. Tout était bien fermé. D’où venait ce courant d’air alors… ? Étrange… Enfin soit. A l’intérieur se trouvait un bureau recouvert de livres et de papiers divers et variés. Il y avait une grande bibliothèque aussi, toutes aussi remplis. L’endroit semblait abandonné. Les araignées avaient pris possession de chaque recoin possible de la pièce. La poussière s’amoncelait aussi un peu partout. Je m’approchai du pupitre pour voir un peu plus en détail quelle sorte d’ouvrage s’y trouvait. Des manuels d’anatomie et de robotique. Il y avait aussi un journal. Je le pris et le feuilletais un peu. Il n’y avait d’indiquer que le jour et le mois. Aucune date pour savoir à quelle époque cela avait été rédigé. Malgré l’écriture soignée je ne sus déchiffrer correctement les mots inscrits. Les caractères utilisés étaient bien trop petits. Et la luminosité manquait dans cette pièce.  Pensant que ça ne manquerait à personne, j’embarquai le petit journal avec moi. Et peut-être qu’avec beaucoup de chance, je pourrais le rendre à son propriétaire ?

De retour dans le couloir, je poursuivis ma promenade. Le silence était revenu et plus aucuns sons ne parvenaient à mes oreilles. Étaient-ils partis se restaurer ou se faire un brin de toilette ? A moins qu’ils ne se soient tous endormis d’un coup. Cela serait pour le moins étrange. Mais n’avais-je pas vu que des choses bizarre depuis que j’étais arrivé ici  ?

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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Sam 19 Aoû - 20:55


J’avançais tranquillement dans le couloir de l’étage supérieur. Les portes défilaient en se ressemblant toutes. Je feuilletai en même temps le carnet que j’avais ramassé dans le bureau rempli de livre. Le journal semblait avoir été tenu par un Ünik vu tout le vocabulaire scientifique qui était utilisé. Je ne comprenais pas toutes les phrases écrites non plus. C’était comme si il avait inventé ses propres mots. A moins qu’il ait utilisé un code secret qu’il était le seul à comprendre. C’était si secret que ça les expériences menées par les scientifiques ? Ça expliquait pourquoi ils étaient cloitrés dans un labo au fin fond du Sidhe. Mais dans ce cas-là, que faisait ce carnet rempli de notes ? Enlèvement ? Décès accidentel ? Ou alors intentionnel ? Recherche tabou ? Tout se bousculait dans ma tête au point que j’imaginais n’importe quel scénario, aussi improbable soit-il.

L’ombre d’une femme passant devant mes yeux me ramena sur la terre ferme. Elle avait disparu dans un croisement et je n’avais pas attendu longtemps avant de la suivre. Je n’avais encore croisé personne malgré la présente d’autres hôtes d’après les dires de la vieille dame. D’ailleurs, c’était la seule qui avait daigné se montrer malgré ses apparitions digne d’une magicienne ! Je doutais de plus en plus de leur timidité. Et je commençais à penser qu’il se passait un truc pas clair ici. Quelque chose que je ne dois pas savoir ni connaitre. Un secret dont personne ne veut parler. Malheureusement pour eux, j’étais curieux. Peut-être un peu trop  même. J’avais bien l’intention de comprendre ce qui se tramait ici ! De gré ou de force. Je courais à présent dans les couloirs. La demoiselle en fuite avait accéléré le pas et elle n’y allait pas de main morte. Elle me mettait plusieurs mètres dans la vue sans mal j’avais l’impression. Championne de course à pied ? Désolée pour elle. J’étais têtu et je n’allais pas me laisser distancer aussi facilement ! A mon passage devant les portes closes, je percevais des rires et des ‘Allez !’ provenant de l’intérieur. J’avais l’impression d’être l’objet d’une farce. Que j’étais l’attraction du jour. C’était assez désagréable pour moi qui avais l’habitude d’agir et de me mouvoir dans l’ombre. Néanmoins, je n’avais pas l’intention de perdre la face et je commençais à rattraper la jeune femme. Jusqu’à cet instant. Cul de sac. J’étais pourtant sûr et certain qu’elle était devant moi il y avait encore une seconde ! C’était impossible qu’elle ait pu disparaitre ainsi ! Je tâtais les murs comme pour m’assurer qu’il n’y ait pas un passage secret expliquant ce phénomène. Mais rien. Aucun renforcement. Aucun signe de ce genre de truc. Aucun chemin ne s’ouvrit. C’était rageant ! Et ces rires qui n’en finissaient pas ! Je donnai un coup de poing sur le mur dans l’espoir de les faire taire –et aussi pour laisser sortir mon agacement-, ce qui eut l’effet escompté.

Après ma course poursuite infructueuse, j’étais redescendu. Courir m’avait ouvert l’appétit, aussi j’étais parti en quête de la cuisine que je trouvai sans mal. Elle était spacieuse, bien entretenue et équipée.  Four. Hotte. Plan de travail à foison. Réfrigérateur. Congélateur. Sans parler des divers ustensiles accrochaient un peu partout. Le kit parfait du chef cuisinier. En parlant de cuistot, il y en avait un. Ou devrais-je plutôt dire une. De longs cheveux noir attachés en une natte descendaient dans son dos. Je m’approchais d’elle et posai ma main sur son épaule.

Hé ??!

Ma main avait atterri sur le plan de travail. Elle avait littéralement traversé l’épaule de la demoiselle, qui avait vivement fait volte-face. Sa main à elle s’était levée pour se diriger rapidement vers ma joue. Je fermais les yeux en attendant le choc. Rien. Aucun bruit. Aucune sensation. Si ce n’est celle du froid. La mimine de la cuisinière avait rencontré le même souci que la mienne. Elle n’avait pas été capable de toucher sa cible. Plusieurs émotions se succédèrent sur son visage. Surprise. Agacement. Angoisse. Colère. Elle poussa un cri avant d’hurler :

- "Ne me touchez pas ! Ne vous approchez pas !"

Les ustensiles sagement rangés dans toute la pièce avaient tous trouvé une cible. Moi. Couteaux, fourchettes, cuillères et autres louches, tous se dirigeaient vers moi. Pris par surprise, je ne comprenais plus rien. Tout se succédait à grande vitesse dans mon esprit sans que rien ne me semble être cohérent. J’étais incapable de commander à mes jambes de bouger. Toutes mes ressources étaient utilisées pour tenter de comprendre ce qui se passait autour de moi. Ce n’est que lorsqu’un couteau bien aiguisé coupa une de mes mèches blanches que ça fit enfin tilt. Allez ! Bouges et maintenant ! Il y eut un temps de réponse. Néanmoins, j’étais parvenu à éviter de justesse une nouvelle lame. Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ce traitement ?! Je zigzaguais entre les meubles de cuisine en tentant tant bien que mal de survivre à l’assaut du cuistot. Jusqu’à me retrouver coincé. Dos au mur. Au sens propre et figuré du terme. Les plans de travail avaient bougés de leur propre volonté – ou de celle de leur propriétaire – pour me bloquer la route ! Des dizaines de couteaux s’alignaient devant moi. Ils s’immobilisèrent un instant comme si ils attendaient le signal de leur maître. Elle leur donna. La charge était donnée. Je déglutis et fermai les yeux. J’avais aucun moyen pour tous les éviter. C’était impossible. J’allais mourir ici. Dans cette auberge.

- "Natacha ! Ça suffit !"

C’est la voix de la vieille dame.

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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Dim 20 Aoû - 19:40


Il me fallut plusieurs longues secondes pour réaliser que c’était terminé. Enfin, pour capter que la vieille dame avait mis fin à la colère inexplicable de la cuisinière. J’ouvris lentement mes yeux. L’un après l’autre. Couteaux et autres fourchettes s’étaient encastrés dans le mur derrière moi en trouant la chemise que l’on m’avait prêté. Ca s’était joué à quelques millimètres près… Est-ce qu’elle n’avait pas su viser dès son lancer ? Ou dois-je mon salut à l’intervention de la maîtresse des lieux ? C’était surement la seconde option qui est la bonne. En effet, un couteau s’était arrêté à quelques millimètres de mon nez. Aucun doute sur ce qui serait arrivé si elle n’était pas intervenue… Mes jambes se dérobant, je me laissai glisser contre le mur. Assis sur le carrelage froid, les jambes repliées contre mon torse, je posai ma main devant mes yeux. J’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée… Je percevais encore l’important afflux sanguin traverser mes veines. Mon cœur battait tellement vite qu’il était étonnant qu’il ne se soit pas arrêté. J’entendais les voix des deux autres personnes présentes dans la pièce sans parvenir à comprendre ce qu’elles se racontaient. Je soupirai avant de prendre une profonde inspiration. Allez Kei. Calmes toi. Zen. Ça ne peut pas être pire que ça. Le pire était passé. Enfin j’espérais en tout cas. Peu à peu, mon rythme cardiaque redevient normal et je retrouvais mes esprits. Je bougeai ma main pour récupérer la vue. La vieille dame était accroupie en face de moi et semblait inquiète. La cuistot, elle, se tenait derrière visiblement gênée.

- "Est-ce que ça va mon garçon ? Tu es blanc comme un mort."

- "Vous pourriez m’expliquer ce qui se passe ici exactement ? Et me dites pas que c’est d’la magie, j’vous croirais pas une seule seconde !"

- "Peux-tu te lever ? Je vais tout t’expliquer dans le salon."

J’acquiesçais avant de lui prouver par des actes que j’étais capable de me tenir debout maintenant. La peur de mourir et la surprise étaient passées. Maintenant, je voulais des réponses à mes questions. Je suivis donc la vieille dame jusqu’au salon. La cuisinière sur mes talons. Je n’aimais pas trop la savoir derrière moi… Je ne voulais pas recevoir un coup de couteau dans le dos… J’avais beau ralentir le pas, elle n’était pas décidée à passer devant. Je soupirais et me résigna. Je restais néanmoins sur mes gardes. Arrivés au salon, la vieille dame me proposa de m’installer confortablement avant de commencer son récit.

- "Par où commencer…"

- "Qu’est-ce que vous êtes ? Où est ce qu’on est exactement ?" avais-je lâché en voyant qu’elle avait du mal à se décider.

- "Comme tu as du t’en rendre compte, nous ne sommes plus humains. Nous sommes morts il y a de ça tellement longtemps que je ne me rappelle plus quand était-ce exactement… Je m’appelle Iris et je suis la dirigeante de cette auberge. Plus personne n’y séjourne ou s’y arrête, à part nous… Imagine alors notre surprise en te voyant débarquer sans prévenir !"

- "Pourquoi êtes-vous encore là si vous êtes décédés ? Vous n’avez pas vu la lumière ou je ne sais pas quoi d’autres ? Combien êtes-vous dans ce cas-là ?"

- "Nous sommes sept. Tu as Natacha la cuisinière. Une famille d’hybrid composé de la mère, du père et d’un petit garçon. Une jeune femme qui devait avoir ton âge lorsque c’est arrivé. Un homme d’une trentaine d’année et moi-même. Malheureusement, nous ne savons plus vraiment ce qui est arrivé… Comme je te l’ai dit, ça fait tellement longtemps que nous vivons dans ces conditions… Enfin si on peut encore parler de vivre à ce niveau-là. Nous aimerions que tu nous aides à rejoindre l’autre côté."

- "Je ne vois pas d’inconvénient à vous aider mais je suis loin d’être un prêtre. Je pense pas être capable de faire ça. Je ne sais pas comment guider les âmes errantes… Vous devriez plutôt demander à un scientifique. J’suis sûr qu’il serait ravi d’étudier un cas comme le votre."

- "Hors de question de faire appel à ces hommes ! J’préfère encore rester sous cette forme pour toujours que de leur demander de l’aide !"

- "Je t’en prie mon garçon. Tu es différent de ce que nous étions de notre vivant et de ce fait tu as une vision globale de ce qui t’entoure. Tu es le seul capable de nous venir en aide. Réfléchis-y s’il te plait."

- "Très bien... Je vais y réfléchir. Mais j’vous promets rien."

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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Mar 22 Aoû - 13:13


Leurs venir en aide ou ne pas le faire. Telle était la question qui tournait en boucle dans mon esprit. J’étais partagé entre différents sentiments. D’un côté j’étais curieux de comprendre pourquoi ces fantômes n’avaient pas pu rejoindre la Lumière après leur mort. Et j’avoue que la réaction de la cuisinière à mon évocation des scientifiques m’avait assez surpris. Elle devait surement avoir une bonne raison pour avoir réagi de cette façon et j’aimerai bien savoir pourquoi. D’un autre côté, la tâche allait s’avérer ardue. Je n’y connaissais absolument rien dans ce domaine. Dans quel cas les gens rejoignait le Ciel ? Et dans lesquels étaient-ils contraints de rester au sol ? Mère Nature avait-elle voulue jouer un mauvais tour à ces gens ? En plus, d’après leur dires, ils ne se souvenaient plus de ce qui s’était passé. Comment faire pour leur filer un coup de main dans ces conditions hien ? Je soupirais. J’avais l’impression de m’être fait entrainer dans un truc qui me dépassait complètement. Bon. Je passais ma main dans mes cheveux. Quand faut y aller, faut y aller. De toute façon, j’étais coincé ici. Autant rendre l’utile à l’agréable. J’allais leur filer un coup de main. Du moins, j’allais essayer. La propriétaire ne me donnerait sûrement pas plus d’informations que ce qu’elle m’a déjà dit. Tentons notre chance auprès de la cuisinière. Cash, je lui avais demandé ce qu’elle savait et surtout, pourquoi elle avait réagi aussi agressivement lorsque j’avais évoqué les scientifiques. Sa réponse était tout aussi étrange que le reste :

- "Je ne saurais expliquer pourquoi j’étais en colère à ce moment-là. C’est comme si ils m’avaient fait quelque chose durant mon vivant mais je suis incapable de m’en rappeler. Au fait… Pardonnes moi pour tout à l’heure, je n’aurais pas dû m’en prendre à toi sans raison. Si tu as besoin de quelque chose n’hésites pas à venir me voir."

Je la rassurais quant à son attaque de tout à l’heure. Ce n’était pas grave. Il n’y avait pas eu mort d’homme après tout. Même si ça aurait pu… Rien que d’y penser, j’eus un frison. Malgré tout, je la remerciais pour les renseignements qu’elle m’avait fournis. Même si, ça ne m’avançait pas des masses… Si ce n’est que cette histoire de scientifique me turlupinait. J’allais à la rencontre des autres pensionnaires pour les interroger. Je m’étais dit que si Natacha avait eu une mauvaise expérience avec eux dans cette auberge, peut-être que les autres aussi. C’était un peu faible comme point de départ mais je n’avais que ça. J’étais tombé par hasard sur la femme que j’avais poursuivie dans les couloirs. La vieille avait raison. Elle devait avoir à peu près mon âge. Elle avait de longs cheveux noirs qui dansaient dans son dos. Elle était vraiment très belle. C’était vraiment dommage qu’une aussi jolie jeune fille soit morte alors qu’elle avait encore toute la vie devant elle… N’ayant pas le pouvoir de revenir en arrière, il fallait faire avec. Je lui posais les mêmes questions qu’à Natacha. Est-ce qu’elle se souvenait de ce qui s’était passé lors de son décès et ce qu’elle pensait des scientifiques. Malheureusement, tout comme la cuisinière, la période de sa mort était floue. Impossible donc d’avoir des informations là-dessus. Concernant les grosses têtes, elle ne les portait pas dans son cœur non plus, sans vraiment en connaitre la raison. Exactement la même situation que pour la première personne interrogée… Je fis le tour des occupants avec mes questions et les réponses furent à chaque fois les mêmes. Il n’y avait qu’une seule personne que je n’avais pas su rencontrer. L’homme dans la trentaine.

Ce qui ressortait de mon interrogatoire était qu’aucun des hôtes n’appréciaient les scientifiques. Il y avait forcément du y avoir quelque chose entre une grosse tête et l’ensemble d’entre eux. La grande question était de savoir quoi. Je ne pouvais même pas être sûr qu’ils étaient tous mort en même temps… Ou à la même époque. Ça se trouve, il n’y avait aucun lien entre eux et il s’agissait d’une énorme coïncidence. Mais encore fallait-il le prouver… Je soupirais. N’y avait–il pas des indices qui pourraient m’éclairer un peu ? Réfléchis un peu. Fais marcher ta cervelle. T’as déjà une partie des réponses Kei. Mon regard se posa sur le carnet que j’avais récupéré dans le bureau. Et ça fit tilt. C’était forcément le scientifique qui l’avait rédigé ! Si je parvenais à déchiffrer ce qu’il y avait d’écrit, je comprendrais beaucoup plus de choses. Sans attendre une seconde, je me rendis dans le bureau et m’y installa. Page après page, j’essayais d’intégrer ce qui était écrit. Cela me paraissait moins énigmatique que mon premier feuilletage de tout à l’heure. Peut-être parce que j’étais plus concentré là-dessus. Dans les premières pages, il semblait faire référence à des expériences sur des animaux. Des noms s’alignaient avec des coches lorsque le résultat s’avérait positif et des croix lorsqu’il était négatif. J’avais du mal à comprendre l’intérêt de ces expériences et les mots qui étaient utilisés pour les décrire. Bien sûr, aucun dictionnaire n’était à disposition pour faire la traduction… Je soupirais. Je m’affalai sur le bureau, ma tête reposant sur mes avant-bras, un peu désespéré. Quel était donc le but de ces essais ? Et quel était leurs liens avec ces gens ?

- "Tout est de ma faute… C’est ma faute si ces gens et moi sommes encore là à errer…"

Je sursautais en entendant cette voix venu de nulle part dans mon dos. Je me doutais bien qu’elle venait d’un des fantômes hantant les lieux. Et ne l’ayant pas encore entendu durant mon interrogatoire, elle ne pouvait appartenir qu’à l’homme trentenaire. Je me redressais avant de me tourner vers lui :

- "Expliquez-moi pourquoi vous dites ça."

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MessageSujet: Re: L'auberge hantée [Quête solo]   Sam 9 Sep - 15:54


Le dernier esprit que je n’avais pas pu interroger depuis mon arrivée ici était venu à ma rencontre. En même temps, je pense que je m’étais rendu dans son antre. Dans son repaire secret. Là où il cachait tous ses plus sombres secrets. Puisqu’il semblait prêt à discuter, j’avais saisi l’occasion et lui avait demandé de m’expliquer. Ce qu’il fit :

- "C’est moi qui ait écrit dans le carnet que tu étudies. Je suis responsable du malheur de ces gens. Tu as ravivé ma mémoire en entrant dans la pièce tout à l’heure. Je me suis souvenu de tout. Tout a changé avec la création des Quantiks. Une telle avancée technologique ne pouvait que provoquer certaines dérives… J’ai fait partie de ceux-là. Etre capable de créer de toute pièce un être presque de chair et de sang, c’était une révolution ! Je me suis laissé entrainer là-dedans en pensant que ça pourrait aider des gens. Si on savait créer un être à partir de rien, on devrait être capable de réparer le corps sans trop de problème. C’est sur cette idée que j’avais commencé mes recherches."

Il marqua une longue pause. Cela me permit d’enregistrer ce qu’il avait déjà pu évoquer. Cette histoire remontait à loin. Si ce qu’il disait était vrai, cela faisait pas loin de deux cents ans qui erraient dans cette auberge. C’est vrai qu’avec l’arrivée de ces êtres fait de métal et doué d’une conscience propre, les choses avaient changés. Il aurait pu être considéré comme un fou mais non. Parce que, ce dont il parlait, était devenu une réalité. Enfin, c’était la théorie. Je n’avais pas connu le monde avant leur invention. Tout ce que je savais sur ce peuple, je l’avais appris dans les livres que j’avais pu lire.

- "J’ai débuté mes recherches sur des animaux d’abord. Parfois cela réussissait, parfois pas. Puis, un jour, une jeune femme a demandé mes services. Son fils avait eu un accident et avait perdu l’usage de sa main droite. Elle voulait juste que son enfant soit comme les autres… J’ai fait l’opération et elle avait fonctionné ! J’avais réussi là où mes recherches avaient échoué ! La rumeur se répandit et de plus en plus de monde voulait que je rende un membre à l’une de leur connaissance. C’est devenu mon p’tit business. Je m’étais installé ici. Les clients venaient, j’examinais le patient et j’opérais ensuite. Tout se passait bien jusqu’au jour de l’accident. La jeune femme que tu as poursuivi tout à l’heure. Elle avait perdu l’usage de sa jambe gauche. Elle est venue me voir. J’ai fait exactement la même chose que lors de mes opérations précédentes mais cela s’est mal terminé. Elle est décédée sur la table d’opération. Il y a eu une incompatibilité entre son corps et la prothèse. Comment pouvais-je le deviner ?!"

- "Vous êtes en train de me dire que tous les esprits qui sont ici sont vos anciens patients ?"

- "Oui… Mais ce n’est pas tout… Durant l’opération, mon assistante avait pour habitude de se débarrasser du membre sensé être remplacé. Je n’ai aucune idée de comment elle faisait."

Je commençais à comprendre ce qui s’était passé. Une fois l’engrenage enclenché, il n’avait pas su s’en dépêtrer. Tout avait bien débuté pour lui. Puis il y a eu un décès. Pour sauver sa réputation, il l’avait caché et il avait poursuivi ses opérations. Le problème de ses esprits était sûrement que leur corps était toujours divisé. Et je soupçonnais qu’ils n’avaient pas de sépulture non plus… Si ce fantôme était à l’origine de la disparition des six autres personnes, qui était à l’origine de la sienne ? Lui-même ? Quelqu’un d’autre ? Si je voulais que tout le monde rejoigne la lumière, il allait falloir leur expliquer les circonstances de leur mort mais aussi retrouver leur corps complet. Ca promettait d’être gai…  Le mieux serait de d’abord regrouper les squelettes avant de leur faire comprendre ce qui s’était passé. Je posais une dernière question au fantôme en face de moi.

- "Où opériez-vous vos patients ?"

Il me répondit calmement qu’il y avait un sous-sol dans cette auberge et que c’était là-bas qu’avait lieu les opérations. Cela faisait plusieurs années que plus personne n’y mettait les pieds. Même, plus rien n’y était stocké. Au moins, je savais où j’allais me rendre maintenant. Je devais retrouver les ossements. Je remerciai l’esprit pour tous ces précieux renseignements et je me dirigeai vers ce fameux sous-sol. Cela n’allait pas être facile de retrouver ces os. Si personne ne les avait encore trouvés, c’est qu’ils étaient bien cachés non ? A moins que personne ne s’était donné la peine de chercher… Je n’étais pourtant pas le premier à mettre les pieds ici après deux cents ans quand même ! Plus j’approchais du sous-sol, plus je sentais l’atmosphère m’oppressait. Je n’avais croisé aucun des autres esprits sur le chemin qui m’y menait. Des toiles d’araignées et leurs propriétaires se retrouvaient sur chaque pan de mur. Je n’allais pas jusqu’à dire que j’entendais des bruits étranges venant derrière cette porte. Mais… Presque… J’avais l’estomac noué de ce que j’allais trouver là-dedans. Et ce sentiment ne faisait que s’accentuer vu l’odeur nauséabonde qui emplissait l’air. A mon avis, je devais être au bon endroit. J’ouvrais péniblement cette porte.

Je peinais à trouver l’interrupteur pour avoir un peu de lumière dans cette pièce. J’avais beau tâter le mur couvert de toiles d’araignées et de … Mousse ? Impossible de tomber dessus. L’odeur de pourriture et de moisis était encore pire à l’intérieur. Je devais me retenir de vomir tout ce qui me restait dans l’estomac. J’avais beau avancer à tâtons, j’avais réussi à me retrouver face contre terre après avoir trébuché. Du grand bruit avait suivi. J’avais dû faire tomber divers objet dans ma chute. Bravo Kei. Très subtil. Ma main avait atterri sur quelque chose fin. Je me relevai, et une fois sur mes deux pieds, la lumière s’alluma toute seule. Un des esprits avait voulu me jouer des tours ? Il avait réussi son coup… Mes hauts le cœur augmentèrent avec ce que j’avais sous les yeux. Les murs avaient une teinte verte. Ce n’était pas de la mousse qui les tapissait mais de la moisissure. Ce que je tenais dans ma main n’était autre qu’un os. Et il y en avait des centaines d’autres éparpillés dans toute la pièce. Les corps avaient bien été balancés ici… Par contre, est ce que tous les morceaux étaient là, ça c’était une autre affaire. Malheureusement, je n’avais pas les connaissances nécessaires en anthropologie pour deviner ça… Les esprits devraient s’en contenter. Soigneusement, je déposais chacun des ossements sur une toile que j’avais trouvée dans le sous-sol. J’enveloppai le tout avant de remonter. Le match allait commencer.

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L'auberge hantée [Quête solo]

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