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Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)

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Petite pinocchio (Anya P.)


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MessageSujet: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Ven 9 Juin - 3:28



Les Enfants du Désert






Cliquetis,Cliquetis, cliquetis….

Un chariot de métal avançait péniblement dans les sables chauds du no man’s land. Des animaux étranges dont leur peau n’était qu’une armure argentée, tiraient le chariot en le maintenant en équilibre autant que possible. Les nombreuses dunes et creux de la sidhe étaient des obstacles à la bonne avancée des voyageurs. Mais si les secousses étaient supportables, la chaleur écrasante et la lumière crue saisissaient les pauvres passagers, qui soupiraient sans cesse en s’aspergeant d’eau. La conductrice extirpa sa main de sa grande cape pour crier à l’arrêt. Aussitôt les étranges bestiaux argentés se cabrèrent. Le chariot s’immobilisa complètement et une troupe enfouis eux aussi sous de grandes capes se regroupèrent devant de curieux tas noirs.

-C’est là dit la conductrice d’une voix cassée. Dix de plus qu’hier… ses mains tannées remuèrent une dune non loin du chariot. Un petit corps enseveli à moitié desséché était recroquevillé sur lui-même. Voyez… un Unik. Creusez ici et là vous en trouverez pleins d’autres. Pas tous en état…

Un des hommes du chariot commença à examiner les multiples corps d’enfants ensevelis dans le désert. Certains avaient un aspect à peine soutenable. L’homme à la peau de lait affichait un visage crispé et soucieux, suant à grosses gouttes au-dessus des cadavres. Cette chaleur pour un Unik comme lui, c’était difficilement supportable.

-Mais qu’est-ce qu’il y a bien pu se passer ici ? Pourquoi tant d’enfants morts ? Vous qui voyagez par içi, depuis combien de temps avez-vous remarqué ça ? « Deux, trois semaines tremblota la voix de la conductrice mais je n’ai rien vu de spécial. Ces corps, ces tombes, elles sont apparues comme ça, sans raison ! » L’homme et ses assistants capés se dispersèrent pour fouiller et tâter les corps. Ils grattaient, toquaient, touchaient, prenaient des morceaux de vêtements et de peau de chacun.

Moi, cachée dans une caisse du chariot, je les observais, entre fascination et dégoût. Traînant comme à mon habitude dans les docks à la recherche d’argent, j’avais, au cours des semaines, appris la discrétion et l'art de se fondre dans la foule. Mes marionnettes m’aidaient à glaner des informations, sans que personne ne me vienne me chercher des noises. ce qui était bien agréable. Depuis quelques semaines, justement, je sentais une angoisse grandissante parmi les ouvriers. Des enfants qui disparaissaient, de toutes conditions et de toutes races. Des hybrid dans le désert ! Certains n’en étaient pas fâchés, des enfants de ces sales sauvages en moins ! Mais les annonces des disparitions ne cessaient de faire gonfler des rumeurs, surtout dans les docks où les gens étaient très superstitieux. Certains étaient persuadés qu’il y avait une sorte de femme qui détestait les enfants, et les attiraient dans leurs filets, d’autres pensaient à un monstre venu de la sylva, d’autres se persuadaient que c’était une vengeance des sauvages. Personne ne trouvait d’explications, et les gens qui osaient sortir dans le désert  finissaient par ne plus dormir, envahis par des psychoses. Qui sait si les enfants ne suffisaient pas ? Et si cela pénétrait la ville ? Tous étaient en danger !

C’est par cet espionnage que je tombai sur la jeune conductrice discutant avec des scientifiques. Elle se rongeait les ongles en tripotant ses cheveux. Les scientifiques, enfin je supposai que c’en étaient, vu qu’ils étaient vêtus de blouses blanches, l’écoutaient à la fois inquiets et surexcités. Ils étaient engagés dans une discussion animée et je ne pus saisir que la fin. En échange d’une grande somme d’argent, ils avaient incités la jeune femme de les conduire jusqu’aux cadavres. Intriguée , je compris très vite de quoi il s'agissait, et décidait de m’infiltrer discrètement. Et me voilà içi. Les blouses blanches ne cachaient pas la joie de leur découverte. Je souffrais d'observer ces petits corps tous desséchés être remués sans ménagement dans le sable. même de loin, ils paraissaient si jeunes... est ce qu'ils avaient soufferts? ils avaient à peine vécus... Ma tristesse envahissante failli me trahir. Perdue dans mes pensées, je n'avais pas vu qu'ils en avAient fini. Les voyant revenir, je me précipitais pour regagner ma caisse. Le convoi repartit, et je serrai les dents à chaque secousse. Surtout pas de bruit.

-Quelle chaleur.. . Je  cuits. Si je ne retrouve pas mon laboratoire, je vais finir par faire un malaise… queqlu’un murmura quelque chose Je ne sais pas … Il me faudra du temps pour analyser tout ça. La voix devient plus fragile, comme sous le coup d’une émotion: moi qui croyait les rumeurs fausses…. Mais ces enfants ne sont pas morts de chaud, ils comme été …. Traumatisés physiquement… torturés peut-être? Je ne m’avance pas trop. Sa voix si troublée reprit un ton ferme et clinicien. Le chariot cliqueta en silence jusqu’à ce que la conductrice annonce l’arrivée aux docks. Cette histoire semblait vraiment un mystère. J’aimais ça. Mais il me fallait maintenant un compagnon de route. J’étais encore fragile. Et le désert m’allait moi aussi être pénible.

Stoppé en plein milieu des docks, le chariot immobilisé, la conductrice s’adressa au scientifique : Je ne vous l’ai pas dit mais… Ils ne seraient pas tous morts. Il y aurait des survivants… Dans les sables.
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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Sam 10 Juin - 18:22


Le soleil était haut dans le ciel. Je relevai la tête vers l’astre en plissant les yeux. Je n’avais pas l’impression qu’il avait beaucoup bougé depuis mon départ de Nordkia. Il était tellement éblouissant que je reportais mon attention sur ce qu’il y avait devant moi. Du sable. Des rochers. Des cailloux. Divers insectes qui s’enfuient à chacun de mes pas. Il faisait chaud. Très chaud. Et ce n’était même pas la peine d’espérer d’avoir un peu d’ombre. Rien aux alentours n’aurait pu me rafraichir ou me permettre de me reposer un peu. Tout n’était que désert. Aride. Chaud. Et calme. Aucun bruit ne parvenait à mes oreilles pourtant sensibles. A l’exception peut-être de la très fine brise qui soulevait parfois quelques grains de sable. Je poursuivais ma route en marchant lentement. Je n’avais pas de destination précise mais un but. Enfin deux, dans une moindre mesure.

La veille, un individu d’Anathorey avait sollicité mes services pour une mission. Plusieurs de ses clients souhaitaient goûter les œufs de faucheurs blancs qui établissaient leur nid dans le No Man’s Land. Ce n’était pas vraiment le genre de boulot que j’avais l’habitude de faire mais la rémunération étant plus qu’intéressante, j’avais accepté sans trop me faire prier. Surtout que la mission ne semblait pas vraiment périlleuse. Certes, ces bestioles étaient féroces et agressives mais les œufs n’étaient pas gardés puisque les petits devaient savoir retourner au nid du groupe par leur propre moyen. Il suffisait donc juste de trouver ces petites balles rondes et blanches dont la couleur tranchait avec la couleur jaune-orangée des dunes. Enfin, ça, c’était la théorie. La théorie était un peu différente. Je cuisais littéralement sur place. Chaque pas me demandait un effort supplémentaire et me donnait encore plus chaud. J’étais certain que la capuche de ma cape visée sur ma tête était brûlante malgré sa couleur claire. J’aimerai tellement vite trouver ces fichus œufs, rentrer et prendre une bonne douche glacée pour me refroidir. Je comprenais mieux pourquoi tous ceux qui prenaient cette direction cherchaient à utiliser un chariot. Mais je faisais partie des gens pauvres. Sans le sous. Et donc sans possibilité de me payer ce luxe. Et pis, en chariot, trouver ces œufs relèverait de l’impossible, sauf si quelqu’un connaissait déjà l’emplacement des nids. Ce dont je doutais fortement.

Finalement après de longues heures a erré dans ce satané désert, je finis par trouver l’objet de ma convoitise. Quelque chose avait brillé au loin dans mon champ de vision et je m’étais rapidement dirigé vers cette lumière. Bien sûr, un malheur n’arrivant jamais seul, j’étais tombé dans le trou super profond que ces sales bestioles avaient creusé pour pondre leurs œufs. Je soupirais. Voyons le bon côté, je ne m’étais pas fait mal et j’avais atteint mon but. Je n’avais plus qu’à embarquer les œufs et à rentrer au frais. J’en mis quatre dans mon sac à dos avant d’entreprendre la remontée du cratère. Il me fallut de longues minutes pour arriver au sommet et reprendre ma route vers Nordkia.

Néanmoins, quelque chose m’interpella sur le trajet et me fit dévier de ma trajectoire initiale. Une nuée de corbeaux funestes tournait dans les airs depuis plusieurs minutes. Je savais qu’il s’agissait de charognards et que ce comportement indiquait qu’il avait trouvé leur proie du jour. Curieux, j’avais fini par m’approcher lentement de leur repas. Je regrettai très vite ma curiosité. J’eus du mal à retenir le haut le cœur qui me frappa de plein fouet. Le dîner de ces bestiaux n’était autre que le cadavre d’un gamin dont émanait une odeur putride. Il ne devait pas être là depuis longtemps, autrement les corbeaux l’auraient déjà déchiqueté mais avec la chaleur la décomposition était plus rapide…  La rumeur qui circulait dans la ville basse était donc fondée. J’aurai préféré que ce ne soit qu’une simple rumeur propagée pour faire peur aux enfants un peu trop turbulents ou désobéissants ! Sur cette idée, je repris ma route malgré mon sentiment de malaise.

De retour à Nordkia, j’avais rapidement été apporté l’objet de mission à mon commanditaire et recevoir mon dû avant de rentrer chez moi pour me rafraîchir. Placardé dans les rues, des affiches indiquaient que des parents recherchaient leurs enfants. C’est vrai que depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulaient parmi les dockers. Des enfants disparaissaient du jour au lendemain sans laisser trace de vie. D’après eux, toutes les races étaient touchées. Autant les Hybrids que les Üniks. Je ne parlais même des gens comme moi. Un enfant de cette race qui disparaissait c’était le signe que Mère Nature faisait bien son travail et avait puni l’hérésie. Du moins, c’était le genre de discours que pouvait tenir les deux races principales. Et j’étais certain que les Üniks pensaient la même chose de la disparition de bambins Hybrids. La réciproque étant vrai également. Ce que j’avais vu dans le désert en rentrant ne faisait que confirmer cette hypothèse. Quelqu’un était-il au courant que ce n’était pas qu’une histoire à dormir debout ? Quelqu’un était-il déjà en train d’agir pour empêcher cela d’arriver ? A en juger par l’air grave et inquiet sur le visage des dockers, la réponse était probablement négative. Ce ne serait pas non plus les chevaliers qui allaient faire quelque chose pour aider le petit peuple à résoudre ce mystère. Nous ne pouvions que nous reposer sur nous-même. La loi du chacun pour soi. Je pourrais oublier ce que j’avais vu mais cela était impossible. Pas tant que je n’aurai pas trouvé pourquoi des enfants disparaissent et meurent ainsi loin de leur aînés. Cependant, seul je ne parviendrai à rien. Surtout avec la chaleur du désert. Mené une expédition ? Cela pourrait être une idée mais cela attirerait un peu trop l’attention sur moi et je n’avais pas envie que l’on découvre mon petit secret…  Une voix attira mon attention :

- « Nous devons retrouver nos enfants ! C’est de notre devoir de les ramener à la maison. Formons plusieurs groupes et partons à leur recherche ! Nous finirons bien par les récupérer ! »

Aux yeux des autres dockers, l’homme qui parlait ressemblait à n’importe quel crieur qui cherchait à vendre sa marchandise à tout prix. Les habitants craignent les choses qu’ils ne connaissent ou ne comprennent pas et ne vont surement pas s’aventurer sur un terrain sur lequel ils ne sont même pas certains d’avoir une réponse. Une jeune femme se démarqua un peu du restant de la foule. Elle semblait intéressée par ce que contait l’orateur du dimanche. Croyait-elle aux rumeurs ? Et à ce qu’il racontait ? Je soupirai. Cela va-t-il le coup de se faire remarquer en disant être partant pour cette expédition ?

- « Alors qui est avec moi ? Personne n’a envie de savoir ce qui est vraiment arrivé ? »

Il était parfois préférable de faire cavalier seul. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné ? Alors pourquoi mon corps trahissait-il mes pensées ? Sans même m’en rendre compte, ma main s’était levée. Me portant ainsi volontaire pour cette expédition qui allait me mener je ne savais où…



Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Ven 16 Juin - 3:02

"Sale mioche ! tu nous espionnais hein ?"


Je ne voyais plus rien. Mes cheveux me fouettaient le visage et j’étais ballottée violemment. Le vieillard me tenait fermement le bras et me secouait avec rage. J’essayai de crier et de me dégager, mais impossible, tant mes cheveux fouettaient au passage, et tant sa poigne était ferme. Le « vieillard » était le scientifique. A peine arrivé à bon port, je n’avais pas eu le temps de vérifier si je pouvais sortir de ma cachette. Lui m’avait délogé de force. fulminant de colère, il me hurlait en me maltraitant sans vergogne sous les yeux paniqués de son équipe:

"Alors tu réponds oui ? Qu’est-ce que tu faisais là ? Qui tu sers ? A qui tu vas rapporter ces infos ?"


"Mais je…"Je commençai à pleurer pour le prendre en pitié, puisque mes cris de contestations ne semblaient pas lui faire effet. Une main chaude et halée effleura mes yeux, pour s’abattre telle une claque sur la main de mon agresseur. La séparation fut si brusque que je fus déséquilibrée et je tomba en arrière.

"Ca suffit Sullivan, ca ne te ressemble pas… Tu aurais pu tuer cette gosse ! bien elle nous a suivi, et alors ? Tout le monde est au courant de la rumeur. Arrêtes ton cinéma, qu’est-ce que cette gosse a à en tirer ? Tu es beaucoup trop tendu, utilises plutôt ton intelligence ! Et si elle pouvait nous aider ? Tu n’y as pas pensé ? Au lieu de céder à une colère pareille ? Vraiment je ne te reconnais plus"


« Sullivan » afficha une mine renfrognée. Puis sous le regard insistant de sa disciple, son visage se détendit pour remplacer par une expression penaude et franchement désolé.  Comme le silence était retombé au sein du groupe, je décidai de le briser lorsque je me releva

-Oui je vous ai suivi. Je suis désolée. Je ne travaille pour personne ! je voulais juste comprendre….Ce mystère de cadavres, ces rumeurs. Je voulais connaître la vérité. Je voulais vérifier si tout ca c’était pas des rumeurs de bonnes femmes. On en entend tellement ici… mais comme mon interrogatoire physique m’avait pas mal violenté, une montée de colère m’envahit, et je ne pus m’empêcher de le piquer un peu « Mais dis donc, et vous alors ?  Que faisiez-vous  làs bas ? C’est pas des territoires interdits ? Et puis depuis quand un scientifique fait-il une expédition secrète ? Vous devriez pas être dans votre labo là ? «  

L’assistante au visage halé sembla perturbée par la question, mais elle tenta de cacher sa gêne. Ses yeux anxieux cherchaient celui du vieillard. Il tourna immédiatement le dos. Ses mains frôlèrent nerveusement sa barbe, en affichant un air agacé. Mais je vis bien une pointe de chagrin dans son regard, sous ces sourcils exagérément froncés. D’ailleurs sa barbe….

Je fis ce geste malgré moi, bondissant vers son visage sans réfléchir, alors qu’au fond je savais très bien la torgnole qui m’attendait. Il eut à peine le réflexe de crier et de surprise, et voilà sa  touffe rêche entre mes mains, le scotch de mauvaise qualité virolevotant dans le vide, et lui, menton nu, le regard vide et hébété. Schlack ! Cela ne manqua pas. Un coup brulant griffa ma joue, et je me rattrapa juste à temps pour ne pas me retrouver par terre. Mais ce n’était pas lui, mais son assistante. Cette fois ci ses yeux étaient rouges de colères. J’étais tellement habituée aux coups que je ne pleura pas. J’avais obtenu ma réponse. Ce Sullivan n’était pas plus âgé qu’elle et moi ! sa mauvaise perruque chuta comme la barbe. Il en découvrit un visage jeune et malicieux, la trentaine, aux cheveux blonds miel, à la peau rose et rebondie. Ses yeux bleus perçants étaient fascinants, miroir d’une grande intelligence et d’une beauté sans égale. Cependant un reflet de tristesse profonde continuait de transparaître. Soudain je criai de surprise. Je connaissais ce visage:

«

Je sais ! j’vous connais ! Vous êtes Sullivan, l’ami de mon père ! Vous aviez des ennuis tout le temps !parce que vous aimiez une…une hubot !

»

Il devint blanc comme un linge, et il s’empoigna le cœur «  sale gosse ! Tu es… Oh merde ! Anya , c’est toi ? Et ton père… tu n’as révélé ca à personne hein ? Cela devait rester un secret… Entre deux respirations pénibles, il se rassit, recolla maladroitement sa barbe et jeta deux trois coups d’œil en arrière. « Bon très bien, comme tu l’imagines, c’est peu courant qu’un scientifique, surtout comme moi, fasses une expédition pareille. Mais il y a eu ces circonstances dernièrement… j’ai perdu la foi de mes confrères. Je dois reconquérir leur estime…Cette affaire est une aubaine. Un mystère scientifique. Comment expliquer tous ces cadavres en un seul lieu, et surtout que des Hybrid se retrouvent là ? Ces sauvages sortent rarement de leurs terriers. Surtout à cet âge ! Seulement, je suis plus doué à élaborer des stratégies et des théories qu’à m’aventurer dans des lieux si chauds ! Je n’ai pas ta fougue et ta résistance ! Je te propose un deal intéressant. Enquêtes à ma place. Devient mes yeux et l’affaire close, je te donnerais des informations sur ton père….

Mon sang ne fit qu’un tour. Mon père ? Pouvais-je le retrouver ? Y’avait-il un espoir alors que tous les indices avaient été perdus ? Sullivan ne manqua pas de le remarquer et se mordilla la lèvre d’un air de satisfaction. Mais j’étais inquiète. Partir seule dans ce désert si brûlant sans la moindre idée d’où aller …

« Comme je le disais tout à l’heure, j’ai des sources, qui suggéraient qu’il y aurait des survivants, dans les sables… Je pourrai concevoir un système de messages là-bas, pour qu’on te guide mais ce lieu est trop dangereux pour une personne seule. Et si…"

Un brouhaha sans nom fit paniquer l’assistante. Une foule enragée, fourches, tuyaux en main s’engageait dans la frontière du désert. Les ouvriers des docks entre fascination et colère ne cachaient pas leur crainte de voir débarquer les chevaliers.

« Sale monstre ! On va te réduire en bouillie ! On a pas peur ! Tu toucheras pas aux nôtres ! «

La foule en furie s’engageait maintenant en direction du No man’s land. Sullivan me saisit au vol et agita ses mains vers son équipe

« vite rattrapons-les ! Je sens que ça va dégénérer ! «
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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 18 Juin - 18:17


Je sentis d’étranges regards se poser sur moi alors que je réalisai que ma main était bien levée au-dessus de ma tête. Je regrettai déjà de m’être fait remarquer. Je regardais ma main toujours en l’air en soupirant. Pourquoi mon corps trahissait il ainsi mes pensées ? J’aurai fait mes recherches. Récolter des informations et peut être trouver une raison à la présence de ces enfants dans le désert. Mais seul ! J’étais un solitaire. Je ne voulais pas d’un groupe… Alors pourquoi ?! Allez ressaisis-toi Kei ! Il n’était pas encore trop tard. Je pouvais toujours me raviser. En simulant un grattage de tête par exemple. J’étais en train de mettre mon plan en œuvre lorsque l’orateur me rejoignit rapidement en criant :

- « En voilà un jeune homme qui a du cran ! » Il avait saisi mon poignet et maintenait mon bras en l’air. « Alors qui d’autre veut se joindre à nous ?! A plusieurs on est sûr de trouver des réponses ! Vous n’allez tout de même pas me faire croire que les fiers dockers ont peur de ce qu’ils pourraient trouver et que ce garçon est le seul courageux ici ?! »

C’était une blague là… ? Il ne serait pas en train de se servir de moi pour pousser les autres à le rejoindre quand même ? On dirait bien que si… Je soupirai une nouvelle fois. Comme si cela pouvait être si facile. Et pourtant. D’autres mains et d’autres voix s’élevaient. Le groupe s’agrandissait. L’orateur avait su les motiver alors que je regrettai déjà de m’être impliqué là-dedans. Content d’avoir pu rallier autant de gens à sa cause, il nous proposa de nous retrouver aux portes du désert dans une heure, le temps que tout le monde puisse se préparer. Le groupe se dispersa alors. L’homme parti également après m’avoir donné une bonne tape sur l’épaule en disant « Merci gamin » . Je n’avais absolument rien fait. Et je n’étais pas non plus un gamin. J’avais voulu lui dire mais il s’était déjà volatilisé. Enfin… Comme tous les autres, je repris le chemin pour rentrer chez moi et me « préparer ».  Je ne pouvais plus faire marche arrière maintenant.

L’heure du rassemblement approchait. J’étais rentré chez moi et avait rapidement rempli un sac à dos de ce dont je pensais que l’on pourrait avoir besoin. Eau, couverture, un carnet et un crayon pour prendre des notes et mon couteau suisse. Je m’étais changé aussi. J’avais tronqué mes vêtements sales pour un t-shirt gris foncé et un pantalon de toile de la même couleur. J’avais pris soin d’emporter mon tantô avec moi et de le placer à l’horizontal au niveau de ma ceinture. Il serait ainsi caché par le bas de mon t-shirt et surtout par la cape claire qui couvrait ma tête. Je m’étais accoudé contre une barrière en attendant le reste du groupe qui tardait à venir. Et je compris pourquoi en les voyant arriver. La plupart avait dans leurs mains des armes : fourches, tuyaux et autres outils en tout genre. Ils étaient sérieux ? On ne savait même pas encore ce qui arrivait aux enfants et les voilà prêts à en découdre. Je n’étais pas certain que c’était ce genre de comportement qu’attendait l’organisateur de tout ça. Vu l’air un peu décontenancé qu’il afficha à son arrivée, j’avais vu juste. Il héla les gens afin qu’ils se rassemblent autour de lui :

- « Allez mes amis ! Allons récupérer nos enfants et bottons le cul à ceux qui leur osé leur faire du mal ! »

- « Sale monstre ! On va te réduire en bouillie ! On a pas peur ! Tu toucheras pas aux nôtres ! »

Et moi qui croyais qu’il allait calmer le jeu… Tu parles ! Il a encore plus attisé leur colère… Ce n’était pas comme ça qu’ils parviendraient à retrouver les gamins, les sauver et supporter la chaleur du désert. Je laissai échapper un long soupir avant de suivre le groupe gonflé à bloc en laissant plusieurs mètres entre eux et moi. Combien d’entre eux allait survivre à cette expédition ? Allait-on vraiment trouver l’origine de la disparition des enfants ? Allait-on seulement en retrouver vivants ? Les questions se bousculaient dans mon esprit et j’étais assez impatient d’avoir des réponses. Même en sachant que cela serait difficile. Alors que nous allions passer la frontière, des individus nous bloquèrent la route. Des chevaliers ? Non, ils auraient été un peu trop vite pour arriver jusque ci. Curieux, je m’étais discrètement avancé jusqu’aux premières lignes. L’organisateur de l’expédition était déjà en train de converser avec les inconnus. Je n’écoutais pas vraiment ce qu’il disait. Je m’en fichais un peu. En observant les interlocuteurs de plus près, il n’était que trois. Un homme avec une barbe hirsute et deux jeunes femmes aux teints complètement différents. A en juger par leur tenue, à savoir une cape comme celle que je pouvais porter, couverte de sable, je pu facilement deviner qu’ils avaient dû faire un petit tour ans le désert. Deux d’entre eux portaient en dessous des blouses blanches. Scientifiques ? Sûrement… Je ne voyais pas d’autre personne capable de porter ce genre de vêtements. Qu’est-ce que des gens comme eux pouvaient bien nous vouloir ? Je finis par tendre l’oreille pour écouter :

- « C’est trop dangereux pour vous. Vous ne tiendrez jamais dans ce désert. »

- « On a pas d’ordre à recevoir de vous ! Nous faisons ce que nous pensons être justes puisque personne ne daigne bouger le petit doigt ! Allez bouger de là et laissez nous passer ! »

- « Vous n’arriverez à rien comme ça ! Tout ce que vous avez à y gagner c’est à vous faire tuer ! Laissez-nous faire. Nous allons mener l’enquête et nous ramènerons les enfants »

- « Comme si des rats de laboratoire comme vous étaient plus forts que nous. On connait vos habitudes à squatter vos labos sans mettre le nez dehors et vous allez nous faire croire que vous allez faire mieux que nous ?! Ne vous foutez pas de nous !! »

- « Ce n’est pas moi qui fait le faire mais elle. » Il désigna la femme au teint clair du doigt et poursuivit. « Elle est dockeuse tout comme vous et est capable de supporter les fortes chaleurs. Elle a déjà mis les pieds dans le désert et elle saura où chercher. Laissez là faire et je vous promets des résultats ! »

Le ton montait au fur et à mesure des échanges. Personne n’arriverait à avoir ce qu’il voulait dans ces circonstances. Et mettre les dockers en colère n’était pas une solution pour ces scientifiques. T’en mêle pas Kei. De toute façon seul ou à plusieurs t’iras mettre ton nez où il faut pas. Lorsqu’il pointa du doigt la jeune femme, j’en profitai pour l’observer plus attentivement. Sa cape n’était pas autant couverte de sable de sa consœur. Elle ne semblait pas beaucoup plus âgée que moi et des cheveux de jais s’échappaient de sa capuche. Vu la tête qu’elle tirait, elle n’avait pas l’air très convaincu de ce que raconter le vieillard. Ça sentait le mensonge à plein nez. Je ne doutais pas qu’elle était plus capable que lui. Du moins, elle semblait plus apte que lui à tenir dans le désert. Le meneur du groupe hésita. Je suppose qu’il n’avait pas envie d’avoir des blessés ou pire sur sa conscience. Les mots du scientifique avait dû le faire réfléchir un peu à ses actes. Après un moment de blanc, il reprit la parole d’un ton plus calme :

- « Trois jours. Si dans trois jours on ne sait toujours rien sur les disparitions nous mèneront l’enquête nous-même. Et ce, peu importe ce que vous aurez à dire ! Allez les gars, rentrons. S’ils échouent on leur prouvera qu’on est meilleur qu’eux ! »

Bon… L’expédition étant annulée avec eux, qu’est-ce que je fais maintenant ? Je lâche l’affaire et je laisse ces trois énergumènes faire leurs recherches ? Même si je me doutais que seule la fille désignée par le barbu serait de la partie. Ou alors je me propose pour les accompagner ? Cela paraitrait peut être un peu louche … Et pourquoi accepteraient-ils une personne supplémentaire, qui potentiellement, pourrait être un boulet ? En plus, je n’aime pas tellement être avec d’autres personnes… Ou alors je fais cavalier seul comme j’en ai l’habitude. Ouais… Ça me semble être une bonne idée. Encore une fois, une voix me tira de mes réflexions :

- « Embarquez ce gamin avec vous. J’vous fais pas confiance mais il semblait intéressé par cette affaire. »

Mais de quoi il se mêle celui-là ! J’lui ai rien demandé ! Allez, c’est parti pour un p’tit mensonge :

- « Ne l’écoutez pas. Il raconte n’importe quoi. C’est lui qui m’a embarqué là-dedans. Je vais rentrer. Bonne chance pour trouver pourquoi ces gamins sont morts. »

- «Attends petit ! Où as tu eu l'information qu'ils sont décédés ?»

Comme je leur avais tourné le dos dès la fin de ma phrase pour rentrer, le vieil homme avait saisi mon épaule pour me retenir. J'avais frappé sa main dès qu'elle avait effleuré mon épaule en lui disant de ne pas me toucher. Comme si je pouvais avoir confiance en ces hommes en blouses blanches. On disait qu'ils étaient intelligent et qu'ils inventaient toutes sortes d'objets utiles ou non à la société. Si il avait quelque chose en sa possession qui lui permettait de distinguer les Üniks des Parias j'étais grillé ! Hors de question de me mêler à ces types et de risquer ma peau. Même si ma vie est misérable j'y tenais.

- « Comme si j'allais vous dire ce que je sais. Vous avez trois jours. Débrouillez vous. Vous êtes des êtres supérieurs alors prouvez le.»

Et je m'éloignai dans la foule.


Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Ven 23 Juin - 1:41

La foule effarouchée fut difficile à rattraper. Ce peloton de cris, pioches et fourches avançaient terriblement vite, écrasant tout sur son passage, telle une troupe des pires rebuts de la Sylva. Ils hurlaient, s’égosillaient, appelaient au sang. Terrifiant. Bien que l’on soit en pleine course, je me mis instinctivement en recul, bien derrière. Des souvenirs brûlants et douloureux remontaient à la surface. Pas agréable. Ces mouvements de colère m’angoissaient terriblement. Tout se soulevait sous le tonnerre de leurs puissants pas. Ils avaient mis tant de distance que je crus que nous allions lâcher avant. Sullivan pourtant, comme prit d’une énergie fulgurante, fut en quelques secondes téléporté  devant l’entrée du désert. Quelle incroyable vitesse ! Pourtant ils étaient bien plus loin qu’eux ! Sullivan avait-il caché un don insoupçonné ? Il avait bien meilleure forme physique qu’il ne le prétendait. Ce même homme qui disait n’avoir aucune capacité en dehors de son laboratoire, se révélait aussi rapide qu’un mercenaire….

Les premiers de cette troupe de Nagos furent si surpris, d’ailleurs, qu’ils s’arrêtèrent sous le choc, freinant comme ils pouvaient sur le sol poussiéreux et rocailleux. Yeux grand ouverts comme apeurés de le toucher. Cela fit effet de chaîne. BOUM, BOUM, BOUM ! Et chacun se retrouva tant que mal sur ses deux pieds. La foule fut tout à coup timide, comme impressionné par la prestance de ce beau jeune homme blond. Il se tenait droit et fier, la blouse blanche flottant au vent, un sourire léger avec des yeux toujours aussi malicieux, mais autoritaires. J’étais bluffée. A lui seul, il avait calmé une troupe en furie. Bluffée mais suspicieuse…. Sullivan cachait bien des choses. Qu’est-ce que cet homme allait-il encore réserver ?

« C’est trop dangereux pour vous. Vous ne tiendrez jamais dans ce désert. »

Un homme costaud aux épaules carrées se bomba, poings serrés. Ce devait être le leader, en déduis-je. A Son mouvement, tous les autres s’étaient regroupés autour de lui et l’observaient, prête à bouger à la moindre bagarre. Son visage devint rougeaud, et comme sous l’effet de la colère, sa moustache fournie tressauta. De petites veinules battirent au coin de ses yeux méprisants. C’était un nerveux. Mais un vantard pas si courageux. En témoignait ses légers tremblements et ses yeux hagards.

« On a pas d’ordre à recevoir de vous ! Nous faisons ce que nous pensons être justes puisque personne ne daigne bouger le petit doigt ! Allez bouger de là et laissez nous passer ! »

Je leur laissais vaguer à leurs disputes. Je ne faisais que figuration, et puis, je n’avais pas intérêt à me faire remarquer. J’étais encore …populaire par ici. D’ailleurs le chefeton me jaugea et se gratta la tempe, yeux dans le vague, comme si il se rappelait de quelque chose. S’éclipser. Maintenant.

-Ce n’est pas moi qui vais le faire mais elle. Elle est dockeuse tout comme vous et est capable de supporter les fortes chaleurs. Elle a déjà mis les pieds dans le désert et elle saura où chercher. Laissez là faire et je vous promets des résultats ! »

Quoi ? Ah parfait. Bravo. Merci la discrétion. Que fichait Sullivan ? Il savait très bien en connaissant l’histoire de mon père que j’étais considérée comme une maudite, une sorcière dans les docks ! et voilà qu’il me mettait au-devant de la scène ! Et puis quel menteur ! Une peau porcelaine ne ferait pas long feu dans ce désert ! Il pouvait déblatérer n’importe quoi maintenant, il me fallait une bonne raison pour suivre ce cinglé ! Aller dans le désert pour lui ? Et puis quoi encore ?

Le ton monta beaucoup, mais finalement Sullivan réussit à disperser la foule. Seul un gamin aux cheveux blanc brillants resta. Le chef, toujours agacé, tenta de refourguer l’inconnu. «  Il semble intéressé par l’affaire » il avait fait son coup de colère. Maintenant il voulait retourner à ses occupations. Manque de bol. Ça ne convenait au « gamin «  visiblement. Il prétendait que les enfants disparus étaient morts, et tourna les talons. Comment savait-il ? On était les seuls, qui dans ce désert …Sullivan le rattrapa et se prit un coup. Hargneux celui-là. Le scientifique avait la moitié de son faux masque encore sur le visage et sa fausse barbe à demie arrachée pendouillait sur son menton. Il avait l’air un peu pitoyable sur le coup.

« Comme si j'allais vous dire ce que je sais. Vous avez trois jours. Débrouillez-vous. Vous êtes des êtres supérieurs alors prouvez le

Il semblait dégager de la peur et de la colère…En particulier envers le scientifique… Décidément, Sullivan s’attirait de l’antipathie . Ça n’allait être pratique pour avoir de l’aide…

La poupée de ma poche me piqua dans la cuisse. « AAAAAh ! » cri de souris ridicule en sortit de ma gorge. Mais ce fut moins la gêne de tous ces yeux rivés sur moi que l’innommable odeur qui me souleva le cœur. Une senteur atroce, putride, comme un corps en décomposition, des chairs pourrissant au soleil, ces odeurs de moisissures qui vous prenaient à la gorge. Des frottements angoissants se rapprochaient de mon dos. Cric, crac, cric, sblich, prrrr…. Comme une boue fétide dans laquelle on marchait. Ma poupée me piqua de plus belle, comme si elle voulait fuir un danger. Au fond je ne voulais pas.  Voir derrière. Mes yeux pleuraient de dégout, mon corps entier trembla mais je me retourna.

Un gamin à peine haut comme trois pommes tenait un couteau aiguisé à deux mains. Enfin un gamin… plutôt une momie recouvert de bandages jaunâtres et mal agrafés. Ses yeux fous inflammés se distinguaient de son visage plongé dans l’ombre. Les bandages mal recollés laissaient voir des bouts de chair…pelés. Ecaillés. Blessures purulentes…. Il ne m’en fallut pas plus. Je m’écroula sur le sol et vomit, laissant ma fierté avec.

« Vous cherchez les gamins du désert ? Ceux qui sont pas cramés ? N’allez pas sous cette foutu canya, v’les trouverez pas ! Fin pas comm’ça ! Je les connais moi, c’est mes camarades ! Mais si vous les cherchez, faut que j’vous fasse voir les autres. Sinon vous z’allez pas capter ce qui se passe… Mais pas de misère, pas d’embrouille le blond là ! Le gamin secoua sa lame vers Sullivan "Suivez-moi comme il faut et tout ira bien ! Passe-moi ta cape le blond !"

Le couteau bien en main, il chopa avec une rapidité aiguisé la cape pour se couvrir. Non du soleil évidemment. Mais des regards. Il me prit par la main et commanda la troupe fermement:

«  allez on avance, c’est par là, vers les ghettos . Le premier qui m’fait un sale coup j’le plante ! »

De la troupe il préféra garder Sullivan son assistante et moi. Les autres, le visage vert, fuirent sans rechigner les lieux. Son horrible odeur de mort nous colla jusqu’aux tréfonds de la ville . Ça allait finir par pénétrer notre peau . Au moins, cela écarta les curieux et la foule. Je ne sais comment mes nausées ne se transformaient pas à nouveau en vomissement avec tous les bruits autour. Enfin le gamin bandé nous poussa à l’intérieur d’une maison en bois pauvre, dépourvue de lumière.

Nous nous écroulâmes sur le sol, tandis qu’il claqua la porte d’un geste sec . Nous voilà dans un noir total et cela ne le dérangeait pas. Il s’y sentait même à l’aise alors que nous étions dans la panique. L’odeur…cela empirait maintenant. J’en suffoquais . tap tap ! Claqua des mains le kidnappeur

Immédiatement des centaines de flammes s’allumèrent d’un coup. Le taudis fut éclairé en quelques secondes. Mais j’aurais préféré le noir. Un cauchemar. Je voulus hurler. Pire que ce que je n’aurais jamais pu imaginer….
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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 25 Juin - 13:46


Notre « échec » en tant que groupe me conforta dans l’idée qu’il fallait mieux être seul que mal accompagné. Des scientifiques étaient venus nous empêcher de mener l’enquête pour je ne savais quelle raison et ils voulaient même qu’on leur mâche le travail en leur balançant nos informations. Ils rêvaient éveillés ! Comme les autres, je n’avais pas fait long feu aux portes du désert et j’avais fait demi-tour. Plutôt mourir que de faire équipe avec ces gens-là. Je travaillerai seul. Comme je l’avais toujours fait. Je fis plusieurs allers-retours autour de la porte jusqu’à ce que les scientifiques aient déguerpi. Une fois la voie libre, je pris la direction du désert. Sans la moindre hésitation. Je l’avais déjà traversé une fois. Et j’en étais revenu vivant alors que j’étais bien plus jeune et bien moins débrouillard. Mon escapade de tout à l’heure s’était bien passée aussi. Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. J’étais bien préparé. Dès que mes pieds foulèrent le sable, j’avais enfilé ma capuche.

Le soleil tapait fort. Encore plus que tout à l’heure. Chaque pas me semblait être plus difficile que le précédent. J’avançais néanmoins à mon rythme. Lentement mais surement. J’avais décidé de retourner à l’endroit où j’avais découvert le cadavre de l’enfant, qui m’avait exposé à la réalité des rumeurs qui circulaient dans Nordkia. En bon désert qui se respectait, chaque dune, chaque trou, chaque caillou se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Il me fut donc difficile de retourner sur mes pas. Et manque de chance, lorsque je pensais être arrivé à destination, le corps avait disparu. Manger par les corbeaux ? Ou m’étais je trompé d’endroit ? Les deux possibilités étaient plausibles. Même si je penchais plus pour la seconde. Je soupirais. Le point de départ de mon enquête s’envolait. Mais je ne m’avouais pas vaincu ! Après avoir trouvé un petit coin d’ombre, je m’y posai. Juste un peu, le temps de me rafraichir. Je n’y restai pas longtemps car un bruit inhabituel dans le désert m’interpella.

Discrètement, je m’étais approché. Le sable absorbait les sons assez facilement. Il suffisait juste de faire attention. En face de moi, il y avait un homme. Enfin ce qui semblait être un homme. Il portait une capuche et je ne pouvais voir son visage mais ses doigts étaient enroulés dans une bande. Il semblait très intéressé par ce qui se trouvait dans le creux de la dune. Le vent me soufflait ses mots. Celui-là est déjà mort. Celui-là aussi. Ahh ! Celle-là respire encore. Il attrapa ce qui se trouvait dans le sable et le mit sur son dos. J’étais trop loin pour voir exactement de ce qu’il s’agissait mais je pouvais deviner. Les notions de vie et de mort ne s’appliquaient qu’aux êtres vivants et ça ne semblait pas être un animal. C’était surement un des enfants ! Deux de plus étaient décédés mais il restait un espoir pour celui-là. Autrement, l’individu ne ferait pas l’effort d’essayer le ramener en ville. Malheureusement, il fit à peine 20 mètres qu’il s’était écroulé, la face dans le sable. Je n’étais pas spécialement un bon samaritain mais si jamais le « sauveur » et l’enfant venaient à mourir dans le désert alors que je pouvais filer un coup de main, je risquais de m’en vouloir… Longtemps… Je lâchai un long soupir avant de me décider à me montrer. Je m’étais approché des deux jeunes gens. En plus de la chaleur, il y avait maintenant une sale odeur de moisissure qui remplissait l’air. Est-ce qu’elle venait des deux cadavres encore enfoui dans le sable ? Ou bien de l’individu aux bandages ? Malgré l’odeur putride qui me donnait envie de vomir, je pris son fardeau sur mon dos, qui s’avéra être une petite fille et l’aida à se relever. Surpris, il avait levé son visage vers moi. Bandé comme ses mains, certaines plaies étaient restées apparentes et semblaient être bien infectés. Avec un tel physique, il était difficile d’estimer son âge. Mais vu sa petite taille, il devait à peine avoir une dizaine d’année. Il me remercia et nous prîmes la direction de Nordkia après avoir couvert l’enfant d’une cape. En chemin, nous discutâmes un peu. Autant récolter des informations tant que je le pouvais:

- "Qu’est-ce que tu faisais par ici ? Habituellement les dockers ne viennent pas s’aventurer dans les dunes."

- "J’ai entendu parler des rumeurs qui circulent depuis quelques semaines et j’ai voulu voir si elles étaient avérées. J’en ai eu confirmation tout à l’heure, lors de ma première ballade dans le désert et maintenant je tombe sur toi."

- "Ahh… Il y en a eu un autre alors …" Un voile de tristesse passa dans ses yeux gonflés.

- "Comment ça un autre ? Et comment savais tu qu’il y aurait des enfants dans ce coin ci ?

- "On va dire qu’il s’agit de mon travail… Mais je t’expliquerai plus tard. Il faut déjà l’emmener au logis pour qu’elle reçoive des soins. "

- "Au logis ? Pourquoi pas à l’hôpital ?"

- "C’est une Hybrid. Jamais elle ne se fera soignée là-bas."

- "Comment tu sais ça ?"

- "C’est mon don. Et elle me l’avait dit lorsque nous étions là-bas … Je sais aussi ce que tu es. Mais rassures toi, je ne peux rien dévoiler à qui que ce soit. Et pis, je sens que tu as le cœur noble. "

En disant ces mots, il avait posé sa main à l’endroit où était censé se trouver mon cœur. Cependant, ce qu’il avait dit juste avant me fit frissonner malgré l’écrasante chaleur du désert. Il connaissait mon secret ? Et ce, grâce à son don ? Ce genre de chose existait vraiment ? Ou alors c’était du bluff pour se servir de moi par la suite ? Même si il divulguait l’information, y aurait-il des gens pour le croire ? Il avait la taille d’un gamin mais le corps d’un malade en stade terminal. Jamais quelqu’un de sensé ne l’écouterait. Du moins je l’espérais… Les chevaliers vérifieraient peut être la véracité de ses dires. Après tout, je ne pensais pas les üniks capable de faire une croix sur une chasse aux parias… Je devais rester sur mes gardes maintenant que je savais qu’il avait quelque chose qui pouvait jouer contre moi. Nous terminâmes la route en silence jusqu’à une petite maison en bois pauvre.

Il n’y avait personne autour de la maisonnée. Même si j’avais déjà fait plusieurs fois le tour de la ville, c’était bien la première fois que je m’aventurais par ici. Le gamin ouvrit la porte et entra. Je le suivis ensuite malgré un petit temps d’hésitation. Je ne savais pas ce qui m’attendait à l’intérieur mais il était un peu tard pour reculer. La luminosité étant faible, mes yeux eurent du mal à s’habituer. Et seulement lorsque je commençais à distinguer les objets dans les pénombres, une multitude de flamme s’allumèrent. Ce que j’avais pris pour des objets à la base n’étaient autre que des enfants allongés à même le sol sur des fines couvertures. Tous avaient des bandes un peu partout sur le corps. Certains semblant souffrir criaient. D’autres, moins amochés, tentaient de calmer leur douleur en leur parlant ou en les maintenant couché. C’était vraiment moche et triste à voir. Sans parler de l’odeur nauséabonde qui emplissait l’air de la maisonnette. Mon camarade de route me laissa en plan pour aller chercher quelqu’un. Est-ce que tous ses enfants avaient connus le même sort que la petite que je portais sur mon dos ? Qu’est-ce qui se tramait dans ce maudit désert ? Je n’avançais pas vraiment. Pour le moment, je ne savais que ça. Des enfants de toutes races disparaissaient. On retrouve des corps de gamins dans le désert. Et maintenant, je sais que certains sont sauvés in-extrémis par d’autres enfants. C’était vraiment bizarre… On me demanda de rejoindre dans la pièce d’à côté Sora, qui devait être celui que j’avais accompagné. Je ne me fis pas prié. Je traversais la pièce où s’alignaient les lits de fortunes.

Arrivé dans la nouvelle pièce, beaucoup mieux éclairé, je retrouvai mon compagnon de route. Il me demanda de poser la petite hybrid sur la table. Sur celle-ci avait été posée une couverture. Elle allait vraiment recevoir des soins ici… ? Je comprenais mieux pourquoi leurs plaies étaient aussi mal soignées et toujours aussi purulentes. Le pourcentage de chance de survie devait être faible... Mais toujours plus élevé que si elle était restée dans le désert. D’autres personnes entrèrent. Un qui ressemblait beaucoup au dénommé Sora à l’exception qu’il était plus grand. Peut-être était-il plus âgé. Et trois autres qui m’étaient familier. Les deux scientifiques et leur camarade à la peau claire. Qu’est-ce qu’ils faisaient ici ?! Moi qui espérais ne plus croiser leur route, c’était raté. Je soupirai discrètement alors que l’inconnu prit la parole :

- "Vous les scientifiques, voyez ce que vous pouvez faire pour la gamine là. Et pas d’entourloupe hein ! Je vous ai à l’œil ! Quant à vous les deux gamins, suivez-moi. Et ça vaut pour vous aussi. Au moindre geste suspect, j’vous descends, c’est clair ?! "

Lui non plus ne semblait pas beaucoup apprécier les scientifiques. Il leur avait parlé sans même les regarder, sauf pour les menacer. En tout cas, il savait parler à ses invités et les mettre en confiance… Sans d’autres choix, je suivis l’individu. Je n’allais pas dire que j’étais très rassuré mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Il faudrait peut-être que j’arrête de mettre mon nez où il ne fallait pas. L’individu nous fit retrouver l’air frais et reprit la parole :

- "J’fais pas confiance à ces salopios de grosses têtes. Vous m’semblait être de bon p’tit gars alors j’vais vous expliquer à vous. Après vous faites c’que vous voulez d’ces infos. Vous avez pu voir ce qui arrive à certains des gamins. On les r’trouve et on essaye d’les soigner du mieux qu’on peut si ils sont encore en vie. Une fois remis sur pied, ils restent avec nous. Je sais c’que vous allez dire. Pourquoi ils r’trouvent pas leur parents ? Vous pensez vraiment qu’ils vont les r’connaitre dans l’état dans lequel ils sont ? impossible. Certains ont essayés mais on n’sait pas c’qu’ils sont devenus. ‘fin bref. Y’a ceux qui vivent ici. Y’a ceux qui meurent comme des chiens dans les dunes. Y’en a certains qui arrivent à se faire la malle et ceux-là vivent dans les dunes on n’sait où et y’a ceux qui sont encore là-bas."



Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Mar 27 Juin - 15:42





-Oh merde…

L’assistante qui jusqu’a présent n’avait presque pipé mot, brisa à la surprise de Sullivan, ce silence glaçant. Sa peau colorée était devenu plus pâle que moi. Elle fut parcourue de légers frissons, faisant trembloter ses yeux mouillés. Son regard était horrifié et flottait dans le vague, comme en transe. Sullivan avait perdu de son assurance. Il évitait, comme honteux, les enfants étendus sur le sol. Il se frottait frénétiquement les yeux et le front. Allait-il-lui aussi être au bord du malaise ? Son sourire farceur s’était transformé en moue soucieuse. Il paraissait vraiment inquiet. Il eut alors un geste qui m’étonna totalement, bien que je ne le connaissais que depuis quelques heures. Il se dirigea d’un seul coup vers la jeune femme et la prit par les épaules. Il la secoua sans brusquer, puis lui fit des caresses et des gestes doux. Comme un amant ou un père,il la lova sur sa poitrine en lui murmurant des secrets à l’oreille. La scientifique se relâcha et s’abandonna, larmes aux joues dans ses bras. Quelle scène surréaliste. Ces deux -là m’étonnaient une fois de plus….

-Naîa, la guerre est finie. On peut les sauver tu sais, tout n’est pas perdu…

Naîa sembla soulagée par ces mots, mais la voix de Sullivan me semblait plus qu’hésitante. Il ne croyait pas ce qu’il disait. Je m’approchai des gamins. Notre kidnappeur faisait la ronde pour examiner les lits et criait sur ceux qui lui désobéissaient. Même haut comme trois pommes, tout le monde se dressait à son écoute, obéissant immédiatement à la moindre écartade. Je sais. J’avais vu, connu ça, c’était les liens particuliers des gamins de rues. Les parents, trop chargés ou les ayant abandonné, ils étaient délaissés aux lois sauvages des docks. Leur seule façon de survivre : trouver un chef et se regrouper entre eux. Ce gamin me faisait penser à Samia…avait-elle survécu ?

Sullivan et Naîa , livides se promenaient parmi les malades , mouchoirs sur la bouche. Je fis de même. Des lits et des lits à même le sol, si maigres qu’ils en épousaient le plancher. Des gamins partout, aussi momifiés que le gamin. Cette odeur… certains étaient au bord de la mort. Ceux qui gesticulaient encore étaient trop faibles. Leurs bras dansaient dans le vide, comme si ils espéraient que le grand sommeil ne les rattrape pas. Je lisais de la peur dans leurs yeux. Où avait je vu ça ? aaaah. …. Les images restaient bloquées. Ces corps… pourquoi cela me semblait si familier ?

Naîa semblait vivre un enfer et Sullivan paraissait partagé entre chagrin et profonde colère, malgré que le mouchoir m’empêche de lire complètement son visage. Un fil me tira. La poupée était sortie de ma poche et piquait un gamin, bien éloigné de la pièce sans que je ne sache pourquoi. Mes poupées étaient capables de bouger par elle mêmes, mais uniquement pour quelque chose d’important. Et là, elle s’accrochait à ce petit être seul, dans un coin, respirant péniblement….

Tout s’agita en un éclair lorsqu’un vieux barbu entra vigoureusement dans la pièce, pour porter un petit corps à moitié mort sur une table. Et oh surprise ! Le blanc grincheux de tout à l’heure ! Voilà qu’on se retrouvait à nouveau ensemble…Pas le temps de respirer. Le vieux devint fou à notre présence. Mais pas par rapport à moi. Sans étonnement… Sullivan. Il glapit quelques ordres et m’emmena le blanc et moi à l’extérieur. Comme je le pensais, il n’avait pas confiance à propos des scientifiques. Il nous proposa d’aller chercher les gamins et de les soigner içi. Me faire confiance à moi ? Tu vas voir le vieux. Ce n’est qu’une question de temps.

Mais le temps passa beaucoup plus vite que prévu. Sullivan attrapa le vieux par sa cape et le ramena dans la pièce. J’accourus immédiatement à leur suite craignant une bagarre.

"Ah ouais ? vous nous faites pas confiance ? mais vous êtes complètement taré ma parole ! comment pouvez-vous traiter ces gamins de la sorte ? ils vont crever ici ! cette maladie je la connais, c’est une épidémie de  la guerre ! le grand bouleversement de Nordkia. Ca nous insulte alors que nous monsieur, nous, nous étions sur le front ! on gérait des malades et des malades à la suite, et c’est nous qui avons dû les enterrer et les brûler ! regardez ma disciple ! elle en a failli perdre son humanité ! il y a peut-être de l’espoir pour ces gamins et vous les laisser crever dans leur fange !"

L’épidémie de Nordkia… voilà pourquoi ceci me semblait si familier. Les fosses communes, les rats … les horreurs de la guerre revenaient en moi. Je compris le comportement de Naîa. Peu de monde s’en était complètement remis en vérité. Je les croyais tous morts. Il y avait dû avoir un nouveau foyer… la maladie ne pouvait pas réapparaître comme ça. Je ne connaissais pas le rôle des scientifiques dans l’histoire. je découvrais son humanité. cette colère, c'était la situation des gosses. Peut-être que leur froideur et leur dévouement aveugle pour la science n’était que préjugés. Mais il est vrai que Sullivan semblait à part dans le monde des laborantins…

Ce que je craignais arriva. Comme une explosion, ce fut le fracas entre les deux hommes. Ils s’en prenaient aux mains et gueulaient chacun leurs arguments. «  C’est mes gosses ! Je les ai sauvés de la rue ! » «  Vous n’en aurez plus dans deux jours ! » «  J’ai un don moi ! » «  Tout le monde sait que les dons c’est les hybrid, vous êtes un foutu docker ! » «  ptete mais y’a que moi pour les sauver ! » « Et là, ils sont quoi ? Pas à demi morts ? «  

Le bruit me déclencha des palpitations. J’alla me recroqueviller dans le coin du gosse abandonné. Naîa était dans un état second. Le gosse respirait mal, et ses yeux étaient jaunes. Ce n’était plus un souffle, mais un râle.

« je vais mourir hein ? J’aurais voulu que papi chef me dise adieu » il me prit ma poupée pour la triturer «  dis t’es la sorcière, tu peux rien faire ? M’en fous, c’est fini. Prend mon âme. Fais ce que tu peux pour retrouver mes frères. ‘Toute façon je suis plus rien pour …personne. Au revoir…papi »

Dans un râle glaçant, il rendit l’âme. Discrètement, je fis mes affaires de « Sorcière » et je planta l’aiguille dans son cœur. Une boule bleue pâlotte bava sur mon aiguille. Une âme fraiche… je fis avaler ma poupée surexcitée. Maligne. Elle l’avait flairé depuis le début. Ma macabre récolte fut riche. Trois autres gamins clamsèrent à la suite. Et j’extirpais nerveusement leurs âmes. Un cri me fit valser en arrière :

« Qu’est-ce que tu fais ? Quoi ? La noiraude ! T’es la sorcière c’est ça ? Comment z’avez pu l’amener içi monstres ! Touche pas à mes gamins, sale cadavre !" il se précipita comme un fou pour bercer ses pauvres êtres chétifs. Comme je le prédisais, il s’aperçut de mes basses œuvres. Il me cracha au visage et voulut prendre un bâton. «  Connasse ! Tu les tué ! Je le savais ! Tu mérites qu’on te pende ! » Les gosses étaient tous surexcités et criaient « papi chef ! Papi chef ! » A ma grande surprise alors que je croyais finir lapidée, le gosse momie réapparut pour faire barrage et calmer le papi dans un coin. Une bougie éclairait leurs visages. Son visage ridé s’était affaissé. Ses yeux reflétaient du désespoir, du chagrin. Son visage vallonné de plis et de veines montrait un type fatigué et rongé par l’angoisse.

« Papi… si j’ai amené ces scientifiques c’est que je sais que tu ne peux plus rien. Tes mains sont magiques mais nous allons mourir. Papi j’ai peur… je sais qu’il y a un espoir dans le désert. Cet homme, cet originaire bizarre dans les sables. Je vais trouver sa cachette et lui voler son remède"

«  N’y vas pas gamin. Tu vas mourir. Tu as vu tes camarades ? Aucun ne s’en est sorti vivant. Qui va veiller sur moi hein ? Et tes frères ? Je n’ai pas envie que tu meures. C’est un mythe. Je suis sûr de pouvoir y arriver…"

Le gamin ne l’entendait pas de cette oreille. Il fila entre ses doigts, le laissant seul à son chagrin. Devant nous il s’échappa de la maison, furieux.

« Je sais qu’il y a un espoir dans le no m’ans land ! J’irais et je trouverai la solution ! C’est ça ou la mort papi !"

Sullivan, la disciple et moi l’avions laissé partir, yeux globuleux, comme si le temps s’était suspendu. Maintenant, il allait falloir le rattraper pour résoudre ce mystère des sables et l’empêcher d’être l’énième cadavre du désert…..



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Kei Hynawa


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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 9 Juil - 11:19


Le vieil homme nous avait pris à part, la fille à la peau blanche et moi, pour nous expliquer ce qu’il savait sur les enfants du désert. Les informations étaient toujours bonnes à prendre même si elles étaient peu précises. Le vieillard avait à peine eu le temps de terminer son mini monologue que le scientifique avait débarqué tout énervé. Il engueulait le pauvre vieux qui tentait par ses propres moyens de venir en aide à ces gamins. Je ne fis aucun commentaire quant à ses paroles mais je n’en pensais pas moins. Qu’est-ce qu’un scientifique pouvait bien raconter alors qu’ils passaient leurs temps à l’abri, enfermé dans leur labo h24sans se préoccuper du monde extérieur ? Il disait avoir été sur le champ de bataille lui ? Et alors ? Qui était à l’origine de cette guerre ? Les gens de sa race non ? Et les Hybrids bien sûr. Il n’était pas vraiment en position de blâmer le vieil homme. Surtout que parmi les enfants malades certains étaient probablement des hybrids ou des parias et peut être même des quantiks. Les soignerait-il s’il savait ? J’avais un énorme doute là-dessus. Alors que j’énumérais toutes ces contradictions dans mon esprit, les deux hommes en étaient venus aux mains. Eh ben… C’est du propre, s’en prendre à un vieil homme malade… Décidément je ne pourrais jamais aimer ces grosses têtes.  La deuxième scientifique semblait paumée dans ses pensées et la fille à la peau blanche s’était éloignée pour rejoindre un gamin couché dans un coin. Chacun vaquait à ses occupations. Qu’est-ce que j’allais faire moi… ?  Et si j’arrêtais la bagarre des deux hommes ? Après tout il y avait mieux à faire que de se battre non ? Surtout devant des enfants. Je pris ma décision et m’interposai devant les deux individus.

- " Calmez-vous messieurs. Vous donnez un mauvais exemple aux enfants là. "

Malheureusement, le calme ne dura pas. A peine la tempête apaisée, que le vieillard reparti mais cette fois en s’en prenant  à la fille à la peau blanche. Sorcière ? C’était quoi cette histoire ? Elle ne ressemblait pourtant pas à une sorcière. Après les insultes, il l’accusait d’avoir tué les petits. Je veux bien que le vieux ait des circonstances atténuantes mais vu l’état des enfants à notre arrivée, ce n’était pas cette « sorcière » qui était à l’origine de leur décès. Ce n’était pas très juste de l’accuser ainsi juste à cause de rumeur. Enfin, je supposais tout ça. Je n’ai jamais entendu parler de sorcière depuis que j’étais arrivé à Nordkia. Quand bien même j’avais tendance à laisser trainer mes oreilles un peu partout. Peut-être poserais-je la question à la principale intéressée si jamais l’occasion se présentait. C’est finalement l’un des enfants qui calma le vieil homme. Il expliqua qu’il allait partir à la recherche d’un homme vivant dans le désert et qui aurait un remède à leurs maux. Ça ressemblait plus à une légende qu’à quelque chose de véridique. Mais on ne pouvait en être certain qu’après l’avoir vu de ses yeux. Je comprenais l’envie du garçonnet. Le grand père tenta de le dissuader mais sans succès. Il n’écouta rien et parti en courant, clamant haut et fort qu’il trouverait une solution. Mon regard passa au tour par tour sur chacune des personnes restantes dans la pièce. Le vieillard qui semblait complètement anéanti alors que les deux scientifiques et la ‘sorcière’ paraissaient étonné par la tournure des évènements. Pouvions-nous vraiment laissé un gamin malade poursuivre une chimère pareille sans rien faire ? La réponse était évidente pour moi. Je n’avais pas voulu laisser tomber la gamine de toute à l’heure et l’avait ramené sur mon dos. Je n’allais pas laisser le gamin livré à lui-même non plus. Je devais vraiment être trop gentil… Et le vieux en rajouta une couche en me murmurant :

- " Je t’en prie gamin. Veille sur lui et ramène-le en un seul morceau. "

Je devais vraiment avoir une tête qui lui revenait vu la confiance qu’il m’accordait alors que l’on venait juste de se rencontrer. Ou alors, les trois autres avaient des têtes qui ne l’inspiraient pas. En même temps… Entre deux grosses têtes, une ‘sorcière’ et un gamin des rues, je pense que j’aurai fait le même choix que lui. Je posai une main sur son épaule en acquiesçant comme pour lui indiquer que j’avais bien compris sa requête et que je ferai mon possible pour répondre à ses attentes. Sans jeter un regard aux trois autres, je m’élançai dans les pas du jeune garçon.

Etant plus âgé et grand que lui, j’étais parvenu à le rattraper sans trop de mal. Il avait forcément râlé quand je lui avais dit que je souhaitais l’accompagner dans son aventure. Il s’adoucit lorsque je lui expliquai que c’était plus pour comprendre comment des enfants pouvaient disparaitre en pleine santé et réapparaitre à moitié mort de maladie dans l’aride No man’s land. Ayant déjà trainé dans le désert quelque fois, et l’ayant même traversé il y a quelques années, je savais qu’il n’était pas à prendre à la légère. La moindre erreur pouvait être fatale. Encore plus lorsque l’on était plusieurs et que l’un des membres étaient une brebis galeuse. Sans paraitre trop rude, je lui avais demandé s’il s’était bien préparé. Cape. Eau. Couverture. Ces trois objets étaient essentiels si on voulait s’aventurer dans ce désert. Sûr de lui, il m’avait rembarré. Il avait pensé à tout et était prêt pour l’aventure. Il allait trouver le bonhomme. Lui demander son remède et soigner ses petits camarades. Ahh… Si seulement tout pouvait être aussi simple que dans l’esprit de cet enfant…  Pendant que nous discutions, les trois autres nous rejoignirent. A mon plus grand désarroi, j’allais devoir faire équipe avec les deux scientifiques. D’ailleurs, l’homme prit la parole :

- "Nous allons t’accompagner. Nous aussi, on aimerait bien rencontrer l’homme au remède. Et puisque l’on va faire équipe, je suis Sullivan. Voici Naîa, mon assistante. Et Anya, une amie." Il s’était d’abord désigné, puis avait pointé son doigt vers la femme à la peau sombre et enfin celle à la peau blanche.

- "Je m’appelle Kei."

Le strict minimum. Je n’étais déjà pas enchanté de voyager avec eux, alors pas question d’en faire plus que nécessaire. Le gamin se présenta également. Il s’appelait Timmy. Les présentations terminées, nous prîmes enfin la direction du désert. Chacun avait visé sa capuche sur sa tête et il était difficile d’avancer avec la chaleur. Le dénommé Sullivan discutait avec son assistante. L’enfant et la ‘sorcière’ marchaient devant moi. Non je ne traînais pas. Il fallait avoir quelqu’un pour assurer les arrières. La vérité était surtout que je ne voulais pas avoir des inconnus dans mon dos. Et puis, de cette façon, j’avais une vue d’ensemble. Régulièrement, nous fîmes des pauses. Nous avancions sans vraiment savoir où diriger nos pas. Il n’y avait pas vraiment de carte qui indiquait où nous nous trouvions, ni où nous pourrions trouver la personne que l’on cherchait. Cela serait bien trop facile sinon. Plus je me disais qu’il faisait chaud, et plus la sensation m’oppressait. Je m’efforçai alors de penser à autre chose. L’histoire de la ‘sorcière’ me revint alors en tête. Je m’approchai d’Anya pour l’interroger. Je me disais qu’il était surement mieux vu de lui demander directement que de passer par un intermédiaire.

- "Excuse-moi. Anya, c’est ça ? Tu vas surement me trouver un peu trop curieux mais… C’est quoi ce truc qui brille là-bas ? "

Je n’avais finalement pas posé ma question. Quelque chose avait attiré mon regard au loin. Un objet scintillait dans les dunes. Enfin, je pense… Je n’en étais plus très sûr. Peut-être que le soleil me tapait un peu trop sur la tête et que l’insolation me guettait. Pour être fixé, je m’étais dirigé vers la source de la brillance sans prêter attention au reste du groupe.  Qu’ils me suivent ou non, je voulais être sûr de ce que j’avais vu. Plus j’avançais et plus j’avais l’impression que mon objectif s’éloignait. Le coup de chaud ne devait vraiment pas être très loin. Malgré ça, je continuais d’avancer. Même si, à force, je ne regardais plus où je posais mes pieds. Et ça me porta préjudice. La seconde d’après, je me retrouvai en train de manger du sable chaud. Beurk. J’avais trébuché sur une pierre. C’est ce qui arrive lorsqu’on n’est plus concentré. Je me relevai péniblement en frottant mon visage pour éliminer les grains de sable récalcitrants avant de me tourner vers l’origine de ma chute. Ce n’était pas un caillou. C’était plus grand et volumineux que ça. C’était un enfant allongé sur le dos. Il avait de longs cheveux bruns. Il était faiblement vêtu. Pas de cape pour le protéger des rayons de l’astre. Un simple débardeur gris abimé. Un short usé et troué. Sa chair était roussie par le soleil. Je m’accroupis près de lui pour le retourner et prendre son pouls. Vivant. Faible mais vivant. Ce qui expliquait l’absence de charognard autour de lui. Vu l’état de sa peau malgré les brulures infligées par le soleil, il ne semblait pas avoir la même maladie que les autres gamins que l’on avait rencontré à Nordkia. Je sortis d’abord une gourde pour le faire boire un peu puis une couverture de mon sac pour le couvrir et le protéger des rayons solaires. Je le pris ensuite dans mes bras. Difficilement. C’est qu’il était lourd le bougre ! C’est là que je remarquai qu’il portait des fers aux poignets et au cou. Qu’est-ce que c’était encore que ce bordel ? Il avait été séquestré ? Et il aurait réussi à se faire la malle ? Ces questions resteront sans réponses tout le temps qu’il serait inconscient. Je finis par rejoindre le restant du groupe qui n’avait pas beaucoup avancé. Avec un poids en plus.

La position dans laquelle j'étais n'était pas vraiment des plus pratiques. Le gamin dans les bras. Le sac et la cape sur le dos. C'est pour cette raison que j'entrepris de passer le gosse sur mon dos. Ça a l'air facile comme ça mais pour le glisser sous la cape qui me protégeait du soleil, c'est mission impossible ! J'avais finalement retirer le tissu qui recouvrait mon dos pour y placer le garçon. Il serait bien calé comme ça. J'avais, avant ça, basculer mon sac sur mon ventre. Me rester plus que la cape... Je ne voulais pas cramer au soleil non plus. Je me tournai vers la fille à la peau blanche qui se trouva être la plus proche de moi:

- "Euh... Anya ? Tu pourrais poser la cape sur mon dos s'te plait ? Je suis un peu coincé là..."



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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Mar 25 Juil - 16:42

Le garçon aux cheveux blancs s’élança en premier. Il allait si vite ! Après être resté bloquée pendant plusieurs secondes, je courus à mon tour espérant le rattraper. C’était vite dit. Je le voyais au loin, comme une petite tache blanche courant après une ombre. Les deux taches disparurent à la frontière des Docks, derrière une montagne de sable. J’augmentai la cadence et redécouvrit avec joie les ressources insoupçonnées de mes jambes, autrefois si entraînées à distancer mes poursuivants.

Ouf. Enfin. Cheveux blancs avait arrêté le gamin. Je respirais bruyamment, la tête penché vers le sol tant je manquai de souffle. Quelle course ! Au moins je les avais rattrapés. Et puis… Ah voilà, il me semblait avoir manqué quelque chose. Je me rendis compte que ma peau bouillonnait. Je respirais fort et mal, et je sentais un léger tournis virer de plus en plus fort. Le désert le soleil….quelle idiote. En observant ma peau qui n’était plus si laiteuse, je me fis la réflexion qu’une viande rôtie faisait littéralement pâle figure à côté de moi. Je me sentais partir lorsqu’une couverture fraîche me recouvrit de noir, et je fus comme aveugle quelques dizaines de secondes. En remuant et en touchant un trou, je ressurgis dans la lumière violente et je me rendis compte que la couverture était une longue toge avec une capuche.

Sullivan et Naîa étaient tout rouge, suant à grosses gouttes. Ils s’étaient rhabillés depuis que je les avait quittés. De longues toges, comme de longs rideaux aux coloris pastel. Des sortes de chapeaux enturbannés étaient sur leurs têtes, et leurs visages étaient à moitiés cachés par les tissus. Mais leur malaise dura beaucoup moins de temps que le mien. Je constatai avec un sourire que Sullivan avait bien prêté attention à sa tenue. Elle était bien mise et assortie de très jolies couleurs. Ce type devait avoir un souci d’apparence. Naîa et lui semblaient sortir des contes du désert. Ces drôles de tenues me faisaient penser aux contes que mon père me lisait…

-Pratique hein ? Tu te sens bien la dessous non ? Naîa les a mise au point il y a quelques années. Je suis fier de mon élève. Elles gardent de la chaleur et empêche les rayons de nous brûler. Elle me dit qu’elle s’est inspirée d’une illustration… Sacrée imagination n’est-ce pas ?

Naîa rougit et  nous fit le geste de s’approcher du garçon aux cheveux blancs. Vu sa tête, il n’avait vraiment pas l’air ravi …Sullivan fit brièvement les formelles présentations, et le garçon, qui se nommait Kei, en fit de même . Hum. Quel échange glacial dans ce désert si brûlant. Charmant pour la suite.

En effet les heures suivantes furent longues et silencieuses. En vérité je ne trouvai cela pas plus mal, tant la chaleur étaient pénible. Pour économiser mon eau, je buvais un minimum et j’avais la sensation que chaque bout de salive m’était précieuse. J’étais grognon. En tête du convoi j’évitais ainsi les conversations. Chaque pas était comme d’avancer sur des poêles chaudes. Lors des nombreuses pauses, je me roulais à l’écart dans les maigres ombres pour me recroqueviller sur moi-même. Mais bon sang quel enfer ! Quand allions nous sortir de là ? et le gamin, ce Timmy, où comptait il le trouver son sauveur ? Et Sullivan ? Cet incapable ? Il n’avait pas de foutu boussole magique ? Lorsque nous reprîmes pour la énième fois la marche, je crus que j’allais m’écrouler. La fatigue et la chaleur me rendait folle. Je fus surprise lorsque Kei se rapprocha de moi. Je croyais qu’il m’en voulait d’avoir ramené les scientifiques. Il voulut me dire quelque chose lorsqu’il tourna brusquement le regard dans une autre direction :

-Excuse-moi. Anya, c’est ça ? Tu vas surement me trouver un peu trop curieux mais… C’est quoi ce truc qui brille là-bas ? "

Mais je me sentais si faible que je n’eus pas la force de l’égaler à la course. Bon sang, était-il né dans un corps de Nago ? Alors qu’il était proche de la source de lumière, il disparut comme par magie. Epuisés par le désert, Timmy nous traîna presque, en s’excitant comme une puce. Toute flagada je vis Kei qui n’avait heureusement rien, à part un visage sablé. Il portait un drôle de corps sur son dos…un enfant. Avec des chaînes ? Je me laissai glisser jusqu’à Kei en train de galérer à prendre le pauvre petit inanimé. Après une série de gestuelles compliquées, il me demanda de l’aider pour sa cape. Je la lui rattachai soigneusement, de façon à lui protéger le dos et l’enfant brûlant avec. Je m’inquiétais. Allait-il s’en sortir avec un tel poids sur le dos ? Il ne sembla pas broncher et le groupe râla en se mettant debout.

-Ca va ?dis-je un peu angoissée. Tu n’as trop de mal ? On peut se relayer hein. Pourquoi a-il des chaines ? Il a l’air différent de ceux qu’on a trouvé.
Timmy , très curieux, tâtonnait l’enfant . Il se glissait sous la cape pour mieux le voir. Je le laissais faire, mais je craignais qu’il ne déséquilibre Kei. Excuses moi, mais ….

-Je sais ! cria Timmy d’une voix fluette. C’est Coco ! Je le reconnais ! Il avait disparu il y a des mois. Il disait comme moi, qu’il allait trouver le faiseur de remèdes ! Mais on l’a cherché, mais personne ne l’a trouvé. Hé coco ! C’est moi ! Coco ! C’est moi Timmy !

J’essayais de calmer le gamin. Il était si faible. D’un côté je préférais le laisser dormir. Je craignais que de le réveiller de force ne risquait de lui faire passer l’arme à gauche. D’un autre, je voulais le laisser crier. A marcher tant de temps dans le désert, je voulais en finir au plus vite. Je savais que le temps en gourde nous était compté. Je m’écartai. Le garçon comme fou, secouait son ami sans ménagement en hurlant son nom. « Coco » remua et finit par s’extirper de la cape. Il tremblait de façon maladive et claquait des dents. Ses pupilles exorbites se dilataient. Il était paniqué, perdu.

-Laissez-moi, laissez-moi. Timmy, Timmy, criait-il de sa voix toute chevrotante, ne m’abandonne pas. Je veux pas je veux pas retourner là-bas. ILS VONT ME TUER, ARRETES !

« Coco «   griffa comme un sauvage Kei et se retrouva dans un soubresaut par terre. Il montrait les dents et rampa en fuyant. Même Timmy ne le résonna pas. Sullivan et son élève tentèrent de le retenir par les poignets. Ce fut pire. Coco céda à la panique et griffait mordait tout ce qui était sur son chemin. Il hurlait. J’en tremblai de toute cette violence. Dans cet affreux méli-mélo pourtant, le petit forcené se dressa d’un seul coup.

-Coco !

Les cris se transformèrent en silence. Chacun devient une statue. Même moi j’en oubliai de respirer. C’est que je ne m’y attendais pas. Une petite marionnette en coton et bois, à la laine blonde tirait sur ses fils pour rester debout. C’était la deuxième fois qu’une marionnette décidait d’agir comme elle le voulait.

-Coco, ils sont venus pour nous sauver, il faut que tu les aides, tu comprends ? Coco …je suis désolé, je suis mort. Y’en a plein qui vont mourir, et ça je veux pas.

Timmy et Coco s’observaient yeux livides. C’était la voix du petit qui était mort au taudis… son timbre était en écho, comme venant de loin. Je savais que c’était un problème de synchronisation. Mais on aurait dit un fantôme. Entendre son copain mort, voilà qui était glauque. Un silence digne d’un enterrement s’ensuivit. La marionnette se tortillait gêné d’avoir créé une telle tension. Et moi j’étais d’autant plus mal. Moi qui cachais mon dzêta, j’avais peur des réactions maintenant. Je faisais parler les morts. Pourvu que personne ne soit adepte des cailloux ici ... Timmy prit le fragile Coco par les épaules et le fixa de ses yeux d’ebène.

"Guides nous las, bas, racontes nous tout, mais je te promets qu’on t’y laissera pas. Mais nos copains, bah ils meurent. Tu peux pas faire ça Coco. Jt’e connais, t’es un brave. Et puis regardes toi. Tu vas pas survivre tout seul. "

Le gamin chétif, épuisé par sa sauvagerie, se laissa porter par Timmy. Pourvu qu’il est assez de force pour supporter son poids avec la chaleur. Coco claquait des dents et me regardait de haut en bas avec la marionnette. Mais au lieu de la déchirer, il la laissa lui grimper sur l’épaule. Ils bavardèrent bien, et un peu plus détendu, commença son histoire.

« J’ai galéré. J’ai marché pendant longtemps. Je suis tombée sur des gens qui connaissaient ce type. Mais c’est pas du tout ce qu’on croit. Il pleura. C’est pas un sauveur c’est un monstre. Il a d’étranges potions qui font de miracles. Au début, comme j’étais gentil et serviable, il m’a bien nourri et soigné. Mais un jour, quand je lui ai demandé de partir pour soigner mes copains, il est devenu furieux et il m’a persuadé de rester. Quand j’ai essayé de partir, il m’ a fait enfermer. Y avait pleins de gamins partout ! Tout avec des chaines ! Je comprends pas, il faisait des expériences sur eux, ils testaient des produits et il y en en a qui disparaissent… I l a pleins de sbires à ses bottes ! chai plus comment j’ai fait, mais je me suis réveillée comme ça dans le désert, et là, j’ai essayé de retrouver la ville. Mais c’était trop dur. J’avais mal, soif, et j’vais plus de force. Timmy, j’ai tellement peur de mourir ! Promettez-moi de… Oh c’est la ! C’est la !"

Son doigt roussi désignait une grande structure au loin. Elle brillait comme un diamant au soleil. Des capes blanches faisaient le tour. Ils semblaient détenir des armes. Je me tournai vers Kei, soucieuse. Comment allait-on s’y prendre ?



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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Sam 29 Juil - 20:30


Après avoir arrêté le gamin, nous avions entrepris notre longue traversée du désert à la recherche de l’homme miraculeux capable, sous disant, de soigner leur maladie. La marche était longue et difficile pour tout le monde. Je ne le montrais pas vraiment mais je souffrais aussi. J’avais voulu me renseigner auprès de la fille à la peau blanche sur ce qu’avait raconté le vieillard avant notre départ. Le terme « sorcière » m’avait intrigué et me turlupinait encore. Au moment où j’avais enfin eu le courage de lui poser la question, au risque même de paraitre indiscret ou malpoli, mon regard avait été attiré par un éclat brillant au loin. Sans vraiment attendre une réponse, je m’étais élancé pour aller voir. Presque au but, j’avais même trébuché pour manger du sable brûlant… Et j’étais tombé sur un autre gamin. Différent de ceux que j’avais pu voir mort ou malade à Nordkia. Celui-ci semblait juste épuisé par la fatigue et la chaleur. Il devait aussi souffrir de déshydrations et il avait de sévères brûlures sur ses membres visibles. Ne pouvant pas le laisser là, à son triste sort, j’avais entrepris de l’embarquer. J’étais parvenu à le mettre sur mon dos. Mais il m’était impossible dans cette position de repositionner ma cape. Gentiment, j’avais demandé à Anya un petit coup de main. Elle rattacha la capuche soigneusement avant que nous repartions. Les deux scientifiques râlèrent dès que nous recommençâmes à marcher. S’ils n’étaient pas contents, ils n’avaient qu’à pas venir… Je soupirais alors qu’Anya s’était approché pour me parler :

- "Ca va ? Tu n’as trop de mal ? On peut se relayer hein. Pourquoi a-t-il des chaines ? Il a l’air différent de ceux qu’on a trouvé. "

- "Oui, oui ça va. Ne t’inquiète pas. Le prends pas mal, mais tu risques d’avoir du mal à le porter. Il est super lourd ce gosse ! Je sais pas ce qu’il fait dans ce désert mais il doit pas être là pour le plaisir."

A sa voix, elle m’avait semblait anxieuse. Je ne voulais pas la vexer mais les mots étaient sortis tous seuls. C’était une fille et elle ne paraissait pas bien forte… Le garçon n’était pas bien grand mais à cause des chaines, il pesait son poids. Pendant que je répondais à la jeune fille, l’autre gamin n’arrêtait pas de me tourner autour. De sauter. De se glisser dans mon dos pour secouer le nouveau venu. Il s’était mis à crier aussi. Disant qu’il connaissait le malheureux sur mon dos. Qu’il s’appelait Coco. Qu’il était lui aussi parti à la recherche de l’homme mystérieux et avait disparu des mois durant. Je n’allais pas m’énerver. Ce n’était pas mon genre. Mais il commençait vraiment à m’agacer. Anya paraissait être de mon avis puisqu’elle avait essayé de l’arrêter. Sans succès. Néanmoins, c’était l’intention qui comptait. La demoiselle ayant abandonné, j’allais pousser une gueulante. Cependant, juste avant, à force d’insister, Timmy était parvenu à sortir son camarade du monde des rêves. Ce n’était peut-être pas la bonne solution vu l’état dans lequel il était… Tremblement. Claquements de dents. Yeux exorbités. Il n’était vraiment pas bien. Il s’était mis à hurler de le laisser. Qu’il ne voulait pas retourner là-bas. Qu’ils allaient le tuer. Craintif comme une bête sauvage qui aurait été amené dans un milieu inconnu, il me grilla violemment au cou pour se dégager de moi. Et encore une cicatrice. Une ! Le sauvageon criait. Cherchait à se faire la malle. Sullivan et son assistante avait tenté de le retenir, sans grand succès. Il se débattait tellement, qu’il devait se faire mal lui-même. Vu son état, il n’allait pas tenir longtemps à ce rythme-là. Il finirait bien par se calmer. Plus on l’exciterait en l’attrapant ou en lui criant dessus, plus il continuerait à se débattre. C’est pour ça que j’étais resté en retrait.

Finalement, c’est un autre protagoniste qui fit stopper net la bagarre. Je ne compris à ce qu’il se passait. Une voix était sortie de nulle part. Tout le monde s’était tu. Un silence pesant s’était installé. Il fut rompu par le même bonhomme. Enfin… Peut-on vraiment parler de bonhomme dans ce cas-là ? Une petite poupée était debout devant Anya. Des fils semblaient la retenir par les bras et les jambes. Comment un bout de chiffon pouvait-il être capable de parler ? Pire. Le jouet disait qu’il était mort et semblait connaitre les deux gamins. Je n’y comprenais vraiment rien. C’était ça la capacité de sorcière dont parlait le vieux ? Elle enfermait les morts dans des poupées ? C’était particulier. Mais si j’avais bien compris les systèmes d’attribution des dzetas, ce n’était pas elle qui avait choisi un tel pouvoir. Je lui jetai un regard, elle ne semblait pas aller très bien. Des gouttes de sueurs perlées sur sa tempe. A moins que ce n’était dû à la chaleur ? Ce n’était pas le moment de poser des questions pour assouvir sa curiosité. Finalement, cette apparition permit à Coco de se calmer et il finit même par nous raconter son histoire. Il était parvenu à trouver le faiseur de miracle mais il avait vite déchanté. De sauveur, il l’avait qualifié de monstre ensuite. Il avait regroupé plusieurs gamins et les avaient traité de la même manière. Comme du bétail. Enchaînés. Il menait des expériences sur eux jusqu’à faire disparaitre ces testeurs innocents. Pendant que Coco comptait son récit, je jetais des regards aux deux scientifiques de la troupe. Ça se trouve, la personne que l’on cherchait dans ce désert était l’un de leur pote et ils étaient au courant de ce qu’il faisait. Il me faudrait les garder à l’œil et restait sur mes gardes. Heureusement que le gosse le sait pas. Je n’ose même pas imaginer sa réaction. Finalement, nous arrivâmes au but.

En plein milieu du No Man’s Land se trouvait une grande bâtisse. Des individus faisaient des rondes autour. Là-dedans, il y avait forcément des choses qui ne devaient pas être dévoilé au grand jour.  Autrement, il n’y aurait pas de gardes pour surveiller. Ces derniers semblaient être armés. L’intrusion risquait d’être difficile. Il faudrait user de la ruse si on voulait entrer en un seul morceau. Pendant que j’examinais les lieux d’où nous étions, je sentais des regards se poser sur moi. Sérieusement ? C’était à moi de trouver un plan pour entrer ? Et les grosses têtes ? Elles étaient là pourquoi ? En tant que figurants ? Je cachai à peine mon soupir. Réfléchissons. Une si grande structure en plein milieu d’un désert où régnait une chaleur du diable… Il devait forcément y avoir un système d’aération et surtout de climatisation pour que la vie y soit supportable. Un plan commençait à germer dans mon esprit. Mais pour le mettre en œuvre, je devais m’assurer que ma théorie était bonne. Je me tournai vers la sorcière :

- "Tu pourrais demander à ta poupée d’aller explorer un peu autour de la bâtisse ? Il devrait y avoir des bouches d’aération quelque part. Si elle pouvait les trouver et nous dire si on saurait s’y faufiler ça serait top… "

Anya acquiesçât et sa poupée obéit à ses ordres. Il ne nous restait plus qu’à attendre qu’elle revienne avec les informations. Et elle ne tarda pas. Au bout d’à peine une dizaine de minutes, la poupée réapparut devant nos yeux. Elle confirma mon idée. Il y avait bien des bouches d’aération par lesquelles nous pourrions nous faufiler ni vu ni connu. Il faudrait juste attirer l’attention des chiens de gardes. Et pour ça, j’avais déjà mon idée. Si ma théorie était bonne sur le boulot de notre « sauveur », Sullivan et sa chère assistante nous seront utiles.

- "Voici le plan que j’vous propose. Sullivan et Naîa, vous allez entrer par la porte d’entrée. Les deux enfants iront avec vous. Ça vous fera une excuse pour rencontrer le maitre des lieux. Pendant ce temps, Anya et moi, on passera par les conduits d’aération. Les enfants, ne vous inquiétez pas. On vous récupère et on aidera les autres aussi. Des questions ? Non ? Alors c’est parti. "

Notre groupe se sépara. Avec Anya, nous attendîmes sagement que les scientifiques aient commencé à attirer l’attention des gardes. Même si nous étions relativement éloignés, je parvenais à percevoir ce qu’ils disaient. En plus, nous nous rapprochâmes au fur et à mesure. Même si nous passions par l’arrière, guidés par la poupée.

- "Haltes là ! Interdiction d’entrée ! C’est une propriété privé ! "

- "Du calme. Un de mes amis m’a dit ce que vous faisiez là-dedans et j’avais envie de parler avec votre patron à ce sujet. D’ailleurs, en venant ici, j’ai trouvé ces deux gosses qui rôdaient dans les parages. Je parie que celui avec les chaînes ne vous ai pas inconnu ? J’ai pensé qu’il fallait mieux vous le ramener que de le laisser tout balancer une fois en ville non ?"

Les chiens de gardes semblèrent réfléchir un instant avant de se décider à les faire entrer. Et voilà, première phase du plan, ok. Il ne restait plus qu’Anya et moi. Nous étions arrivés sans problème devant notre voie royale. Pile assez grande pour nous laisser passer en étant à quatre pattes. Fallait pas être claustro…Elle se trouvait un poil plus haut qu'à hauteur d'homme. Une courte échelle serait peut être nécessaire pour la jeune femme. Je lui jetai un coup d'oeil d'ailleurs. Ne dit-on pas les femmes d’abord ?
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 27 Aoû - 20:02






La mission de la poupée remplie, ce fut la séparation des deux groupes. Je regardai non sans culpabilité les enfants s’éloigner. Voilà que pour les sauver de leur cauchemar, il fallait les y replonger. Coco déambulait tel un fantôme, contrôlant sa terreur. Naia lui pressait discrètement sa main. Le garçon lui rendit sa pression pour s’empêcher de fuir. Mais on aurait dit que ses maigres pattes allaient se dérober.  Je détournai les yeux et me concentrais non sans mal sur mon objectif. Je marchai lentement, le temps que les quatre soient à la porte d’entrée.

Hors du champ de vision, les éclats de voix me suffirent à m’imaginer où ils étaient. La voix grave et sèche d’un des gardes attira ceux qui étaient à l’arrière. Ils possédaient des fusils…Je me mis à courir alors jusqu’à l’endroit ou sautillait la poupée. Un autre échange de voix m’indiqua qu’ils avaient réussi à entrer. On avait peu de temps. Les autres allaient retourner à leur poste. Kei semblait observer un trou noir à côté d’un petit ventilateur. Qu’il était étroit ! Kei m’observa ensuite. Hein, je vois. Moi d’abord ? Je ne peux pas dire que j’étais ravie, mais au moins je n’eus pas besoin d’aide pour monter. Je trouvai sans mal des petites fissures pour grimper telle une petite sauvage et me glisser dans les ténèbres. Mes années de fuite et poursuite m’avaient appris l’habileté.

Le tuyau était si sombre qu’il fallait tâtonner pour avancer. Impossible de savoir combien il faisait, c’était comme être plongé dans les abysses. Il était tout juste grand pour laisser passer deux adultes très minces . Un mouvement de tête vers l’arrière, c’était être assommé. Le problème n’était pas seulement le noir, mais aussi le bruit. Le tuyau fait en métal, multipliait le moindre son en écho. Je rampai au plus près pour éviter les frappes et les « clings » sur les plaques froides. Je respirai doucement, pensant sans le vouloir à ce qui arriverait si nous restions coincés dans ces tuyaux. J’économisais, de façon absurde, mon oxygène. Je sentis que le chemin tournait à droite. Je tâtai le métal, mais il n’y avait pas d’autres. Tant mieux. Cela pouvait se transformer en labyrinthe. Le couloir donna un autre éclairé par des trous de lumière.

En me glissant jusqu’à eux, je m’aperçus que c’était probablement des trous d’aération donnant sur certaines pièces. Un homme à l’allure de soldat essuyait sa tunique blanche mouchetée de sang. Un autre marchait en cercle.

« le numéro 6 est mort, un de nos meilleurs éléments »

« Quel gâchis, merde ! Le maître va être furieux. Il faut lui trouver un remplaçant. Bon tu sais quoi faire du cadavre. Dêpeches-toi, je me charge de le prévenir.»

Je retins mon souffle en passant au-dessus de la grille. Surtout aucun bruit. La poupée voulut parler mais je lui pressa mon doigt sur sa bouche cousue. Je me rendais compte du danger de cet endroit. Et si nous mourrions fusillés ? Plusieurs mètres plus loin, un autre trou me permit de surprendre une autre conversation.

« Monsieur, nous avons trouvé ces quatre-là à l’entrée, ils veulent parler au maître. "

Je veux connaitre vos cachoteries. C’est quoi les horreurs que vous faites içi ? Pourquoi a t-il des chaînes ? Parlez, ou je vous assure que je vais mettre en pièces cet endroit !

Jamais Sullivan ne semblait aussi cinglant qu’en cet instant. Les deux gardes l’empêchèrent de mettre ses mains à la gorge de l’inconnu dont je ne pouvais voir le visage. Celui-ci ne bougea pas d’un cil et fit une moue des épaules

« Oulala, que de colère dans votre voix. Vous vouliez voir le Maître ? Hé bien je vais vous arranger ça ! «

Il sortit de sa poche un petit objet rouge. Aussitôt une alarme suraiguë se déclencha. Des coups de feu pétèrent des quatre coins, et Sullivan et Naia se retrouvèrent en moins de deux par terre. Les gardes saisirent les gamins tentant de fuir. Ils eurent beau mordre et s’égosiller comme des bêtes sauvages, ils ne purent lutter, et furent trainés dans une autre pièce dont la porte se referma sur leurs cris déchirants. Quelle merde ! je m’empêchai de hurler de rage. Le plan tournai à la catastrophe. Et voilà qu’on avait offert l’enfer à Coco. A nouveau entre les mains de ses ravisseurs, et ils allaient le lui faire payer !Quelle cruauté…comment pouvais je me pardonner d’avoir permis ça ? Et Sullivan ? Était-il mort ? Il y avait eu des balles, mais pas de sang…

« Monsieur ? Si on apprend leur disparition, d’autres gens remonteront jusqu’à ici."

« Il me semble connaitre ce visage, faites les authentifier. Si on se met à leur recherche, tuez-les et laissez leur corps à la merci du désert. Faites croire qu’ils sont morts de soif. En attendant, qu’ils servent au maître. Après tout, certaines expériences nécessitent des corps plus solides.

« Monsieur, à propos, Numéro 6 est mort »

« Merde, quel gâchis, un de nos meilleurs éléments. Eh bien, je sais à quoi ces deux-là vont servir maintenant. Messieurs, nous touchons presque au but.

Ils s’en allèrent chacun, les gardes liant les deux compagnons sur des lits d’hôpitaux. L’inconnu vers une autre pièce, ayant l’air très content, au vu de sa démarche guillerette. La peur emballait mon cœur. Cela devenait de plus en plus dangereux. Maintenant, il n’était plus que deux pour pouvoir sauver tout ce monde. Qu’allaient-ils leur faire subir ? Ce qui avait tué ce numéro 6 ?

Je rampai plus vite, enhardie par ma colère. Je bouillonnais. Je voulais défoncer cette porte pour égorger ce type, brûler tout ce qu’il y avait ici. C’était une course contre la montre maintenant. Je ne permettrai aucun mort ici ! Ma fureur me rendit moins attentive à l’obscurité, et je ne sentis pas le trou. Je tombai en avant, sans aucune prise me permettre de ralentir ma chue. Je sortis bientôt du tuyau, dépourvu cette fois de grillage et je tombai d’un grand « paf ! » sur un sol froid et carrelé ; je me cogna le nez, les genoux et les coudes et je roula longtemps avant de me cogner à un pan de mur qui stoppa ma course. Pris de vertiges et de tournis je vis des « tâches » se déplacer vite dans un environnement gris et sombre qui valdinguait sous mes yeux. Mon estomac se pressait comme du citron. Les « tâches » m’agrippèrent.

Panique. Des soldats ? Capturée à mon tour ? Pas question ! Je multipliai les coups avec hargne. Les tâches gémirent et me laissèrent m’écrouler. Je fermai les yeux. Revenu à la normale, je pus voir où le tuyau m’avait guidé. J’étais dans une immense salle à peine éclairci par des maigres néons. Des centaines et centaines de lits d’hôpital en rangs d’oignon ! et devant moi, un groupe d’enfants collés les uns aux autres, en position d’attaque. Ils étaient maigrichons, un peu rouges ou très jaunis et fatigués. L’un d’eux était un véritable fil de fer. Un bruit de porte et de verrou les fit se dresser tels de petits chiens, puis ils me balancèrent dans une trappe.
Discrètement je releva la plaque au niveau de mes yeux.  Une silhouette devant la porte claqua des mains. Des centaines de silhouettes se placèrent à côté des lits. Une file bien nette, tous placés de la même manière. Des vrais soldats.

«  Allons, en rang ! soyez polis, bien sages, car Aujourd’hui le Maitre va venir choisir l’un d’entre vous. l’un d’entre vous sera l’Elu ! Saisissez cette chance !

Loin d’être effrayés, je sentis au contraire des frémissements d’excitation. Pendant que la silhouette partait, des gamins se lissèrent les yeux, frottèrent le visage tandis que les autres se tenaient bien droit, observant avec dédains ces gestes superficiels.

Je me cramponnai dans la meilleure position possible. J’allais peut-être voir ce fameux Maitre.
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Mar 29 Aoû - 12:56


Le plan énoncé, nous nous étions séparés. Les scientifiques et les enfants d’un côté. Anya, ses poupées et moi de l’autre. Nous nous étions précipités jusqu’à la bouche d’aération pendant que l’attention des gardes étaient détournée par les grosses têtes. Elle était pile poil à notre taille. Pour une fois, j’allais apprécier ma petite taille pour un homme ! La demoiselle, malgré la hauteur de l’entrée, était parvenue à se hisser toute seule. Tel un singe grimpant à un arbre. C’était à mon tour maintenant. Sans difficulté non plus, je parvins à monter. Comme je me l’étais imaginé, c’était étroit. Impossible de faire demi-tour dans cet immense tube de métal. Impossible non plus de jeter un regard en arrière ou de se mettre accroupi. Je ne pouvais qu’avancer. Il faisait noir. Très noir. Le seul point de lumière venait de l’arrière. Et encore, plus on avançait et plus l’obscurité s’épaississait. Et heureusement. Autrement, j’aurais une vue panoramique du postérieur de la demoiselle… Non pas que ce genre de chose m’intéressait. Mais j’aurai été gêné en pleine lumière… Je chassais cette vision de mon esprit avant que mon imagination ne me joue des tours. J’aurai peut-être dû passer premier finalement.

Plus j’avançais dans ce tube de métal froid, plus je me sentais oppressé. Bien qu’il ait fait chaud à l’entrée de la canalisation, l’air s’était bien refroidi. C’était bel et bien une climatisation. Le fait d’être dans le noir total et dans un endroit confiné n’aidait pas à se sentir mieux. En cas d’urgence, je ne pourrais absolument rien faire. Seule la marche avant était possible. Et à quatre pattes ou à plat ventre, s’il vous plait. Lentement mais surement, j’avançais. Je prenais de grandes et longues inspirations pour calmer mon angoisse montante. Tout allait bien se passer. Le plus compliqué était passé. Nous étions entrés. Et nous avions le chemin du retour tout tracé. Il suffisait de trouver la pièce où se trouvaient les gamins, les faire passer dans la canalisation et faire le trajet inverse. Le tour serait joué. Chaque mouvement faisait vibrer les parois métalliques. Un geste trop brusque et le risque d’être repéré devenait plus important. Minutieusement, nous progressions.  

De la lumière finit par percer l’obscurité. C’était léger mais on y voyait déjà un peu plus clair. Cette dernière provenait de grille d’aération qui donnait sur les différentes pièces de la bâtisse. Parfait. Trouvons l’endroit où les enfants sont gardés. Des voix me parvenaient. Deux tons différents. Donc deux personnes dans la pièce. Anya étant juste au-dessus de la grille, je ne pouvais pas encore voir ce qui se passait à l’intérieur. La première voix avait dit que le numéro six, qui était visiblement leur meilleur élément, était décédé. La seconde était plus agacée. Leur maitre serait furieux et il allait devoir trouver un substitut. D’après ses dires. Le nombre énoncé pour évoquer le macchabé devait certainement correspondre à un enfant. Ils menaient vraiment des expériences ici… Suffisamment importante pour enlever la vie à des gamins. Il fallait découvrir de quoi il s’agissait et mettre un terme à ça. La jeune fille avait avancé, me laissant la place. En dessous, une pièce recouverte de blanc, du sol au plafond. Enfin, d’après les murs que je pouvais voir. Une blouse blanche couverte de sang avait été jeté au sol. L’un des hommes marchait en cercle. Un stressé ? En tout cas, si toutes les pièces avaient cette configuration, il serait facile de les prendre par surprise. Après tout, personne ne s’attend à recevoir de la visite par la voie des airs.

Quelques mètres plus loin, un nouveau trou de lumière. Anya s’était arrêtée quelques instants. Les voix me parvinrent. Deux voix d’inconnus et la voix de ce cher Sullivan qui avait haussé le ton et menaçait ceux en sa compagnie. Je soupirais. Il n’avait aucun don pour l’infiltration ce type. Tant qu’il n’était pas en face du boss, il aurait dû faire profil bas et se la jouer bon copain… Là, il passait juste pour l’élément perturbateur. Ne jamais faire confiance aux scientifiques. A part faire joujou avec des fioles et autres potions magiques, ils n’étaient vraiment pas doués. Après l’échange verbal, un bruit strident se fit entendre. Comme une alarme qui se déclenchait. S’en suivit des coups de feu mais pas de cri. Je n’avais que le son mais pas l’image. Les cibles étaient surement nos deux scientifiques. Ils n’allaient certainement pas tenter de blesser les deux gamins qui les accompagnaient. Si des balles réelles avaient été utilisées, j’aurai entendu des cris et des gémissements de douleurs. Là rien. A mon avis ils étaient toujours en vie. Tous les quatre. Et vu les mots employés par l’un des hommes, mon instinct était bon. Il avait l’intention de se servir des scientifiques pour leurs expériences. A mon passage sur la bouche d’aération, j’y lançais un coup d’œil. Naïa et Sullivan étaient tous les deux attachés sur des lits d’hôpitaux. Les gamins avaient disparus. La pièce avait la même configuration que la précédente, la literie en plus.

La tension était montée chez Anya. Je ne voyais pas son visage mais je le sentais. Ses gestes qu’elle voulait doux et calme précédemment s’était fait plus vifs. Plus rapides. Elle s’en fichait de faire du bruit et donc de nous faire repérer. Si tout le monde s’y mettait ! Comment voulez-vous qu’on arrive à faire une infiltration réussi ?! Ne t’énerve pas Kei. Manquerait plus que ça. Il faut que je reste zen. Je passerais pour l’associable ou l’insensible du groupe mais tant pis. Il fallait quelqu’un qui garde son sang-froid. Je voulus faire comprendre ça à la jeune femme en attrapant sa cheville. Pour qu’elle fasse une pause. Qu’elle se calme. Mais ma main ne rencontra que du vide. Où est-elle passée ? Elle m’avait semé si vite que ça ? Impossible. Elle continuerait à faire du boucan pas possible si elle était toujours en face de moi. En parlant de bruit, c’était quoi ce « PAF ! » ? Je me rapprochais de la nouvelle bouche d’aération et, en regardant par le trou, je retrouvai ma coéquipière. … … Un ange passa. Même sa poupée était restée dans le conduit ! Bon… Excusons sa maladresse.

Elle semblait avoir du mal. Ses coups étaient donnés avec hargne mais sans vraiment toucher leurs cibles. D’ailleurs, ses assaillants étaient des gamins… Des centaines et des centaines de gosses. Comment avaient-ils pu en faire disparaitre autant sans éveiller les soupçons ?! C’était incompréhensible. Anya disparut de mon champ de vision alors qu’un adulte entra dans la pièce. Les gamins s’alignèrent comme si ils étaient à l’armée. Le maitre des lieux allait choisir l’élu… Probablement pour remplacer le fameux numéro 6. L’homme ne restait pas et les enfants restèrent pourtant figés sur place. Chacun essayant de faire meilleure figure que ses camarades de gauche ou de droite. Que faire… ? Anya était probablement toujours dans la pièce. Elle n’avait pas pu sortir, à moins qu’elle ne connaisse la téléportation. Si je la rejoignais, les petits monstres allaient s’en prendre à moi, comme ils l’ont fait avec elle. De plus, je n’avais aucune idée de quand le « maitre » allait débarquer. Je ne pouvais pas me permettre de me laisser attraper. Ces enfants avaient l’air normal. Ils n’avaient donc pas encore subi les sévices de leurs expériences. La question était de savoir où étaient retenus les gamins comme Coco. C’était ça la priorité.

J’abandonnais donc ma coéquipière dans cette pièce pour poursuivre les recherches. Je continuais donc d’avancer dans ce conduit qui commençait à me sembler interminable. Je marquais un arrêt à chaque bouche d’aération pour voir ce qu’il y avait en-dessous. A chaque fois, la configuration était la même. Une pièce maculée de blanc. Avec ou sans mobilier. J’étais même tombé au-dessus d’une sorte de laboratoire, remplis de scientifique, de machines inconnus et autres mixtures plus étranges les unes que les autres. Je n’avais pas tenté de descendre par ici vu le monde qui était présent. J’avançais encore. Jusqu’à entendre des voix familières. Surtout celle de Timmy.

- "Vous allez voir. On va venir nous chercher et on va rentrer tous ensemble !"

Guider par l’écho de sa voix, j’arrivais juste au-dessus de leur salle. Je regardais par la grille d’aération et il n’y avait aucun adulte. Je me laissais donc tomber chez eux, après avoir retiré ce qui me retenait. J’examinais rapidement la pièce. Spacieuse. Blanche. Quelques lits. Mais beaucoup moins nombreux que dans la pièce où Anya était tombée. Il n’y avait que cinq enfants, Coco et Timmy compris. Trois garçons et deux filles. Tous portaient des chaînes. Plus pour entraver leur mouvement que pour les séquestrer. Les gamins avaient tous la même tenue. Un long t-shirt couleur crème qui leur arrivait mi-cuisse et sale. Les deux filles avaient des tâches sur la peau. Le garçon, lui, semblait être en bonne santé. Coco sembla soulager de me voir débarquer. Timmy, lui, n’en doutait pas une seconde.

- "Vous voyez, j’vous l’avais dit !"

- "Et Anya… ? Et les autres… ?"

- "Anya et les autres sont dans d’autres pièces. Ils s’occupent d’autres enfants qui sont comme vous. On sortira tous d’ici, j’vous le promets. Allez, ne trainons pas. Ça serait bête de se faire avoir maintenant. J’vais vous faire grimper là-haut et vous n’aurez qu’à avancer tout droit jusqu’à la sortie. Attendez mon signal pour sortir de la canalisation. Y’a surement encore des gardes qui rôdent autour. Coco, Timmy, je compte sur vous pour guider les autres jusqu’où l’on était caché tout à l’heure ok ? Moi, j’vais filer un coup de main aux autres."

Les enfants acquiescèrent sans être vraiment convaincu par mes paroles. Normal. Comment pouvaient-ils faire confiance à un adulte après ce que ces salauds leur avaient fait ? Je fis grimper Timmy en premier. Il serait leur guide. Ce fut ensuite au tour des deux filles. Coco essayait de trainer le dernier gamin. Il l’avait attrapé par les poignets et l’incitait à s’approcher. Son action n’eut pas grand succès.

- "C’est bon Coco. Je vais m’occuper de lui. Va rejoindre les autres."

Je fis grimper Coco avant de m’approcher du gamin récalcitrant. Il devait avoir entre six et sept ans. De longs cheveux bruns attachés en trois queues tombaient dans son dos. Des yeux dorés des plus envoutants, qui n’exprimaient aucune émotion. Il allait en séduire des filles plus tard. Il avait quelques coups sur ses avants bras mais à première vue, rien de bien sérieux. Je m’accroupis devant lui pour être à sa hauteur. Je plongeais mes yeux azurs dans l’or des siens. Je pris un ton que je voulais calme et rassurant :

- "Bonjour toi. Je m’appelle Kei, et toi comment tu t’appelles ? C’est Timmy et Coco qui nous ont parlé de ce qui vous arrivez ici. Ce n’est pas quelque chose que doivent vivre des enfants comme vous, alors on est venu vous aider. Je vais te ramener à ta famille. Je vais te rendre ta vie d’enfant d’accord ? A moins que tu ne veuilles rester ici ?"

Pendant que je parlais, le garçonnet avait posé sa main sur mes cheveux blancs et les caressa. Je ne compris pas le but de la manœuvre, mais peut-être cela le rassurait il… Le petit garçon secoua vivement la tête de gauche à droite. C’était déjà une bonne chose qu’il ne veuille pas rester dans ce foutu labo. Par contre, pour son prénom, il fut incapable de me le dire de vive voix. Il dû l’écrire à même le sol. Aoru. Je lui demandais s’il était incapable de parler. Et cette fois, son mouvement de tête voulait dire oui. Muet. Ce gamin était muet… Était-ce un traumatisme dû à sa captivité ici ou était-il né comme ça ? Ce n’était pas le moment de discuter de ça. A son tour, je le fis grimper dans le tuyau métallique. Je lui répétai qu’il devait aller tout droit, jusqu’à la grande lumière. Bon. Les enfants sont mis à l’abri.  Il ne me restait plus qu’à trouver un signal pour les avertir qu’ils pouvaient sortir de leur cachette et courir jusqu’à la zone de sureté. Mais avant ça, il fallait trouver un moyen pour divertir les gardes à l’extérieur. Les faire aller en pause serait une bonne idée. Fallait juste réussir à les contacter. Les soldats à l’intérieur devraient avoir ça en leur possession. Partons sur ça.

Je m’étais posté derrière la porte. A part moi, il n’y avait plus personne dans cette pièce. Tous les enfants avançaient vers la sortie. Je n’avais qu’à attendre qu’un garde débarque, l’assommer et transmettre le message à ses camarades de l’extérieur. Heureusement, ces gars ne m’avait pas fait attendre trop longtemps. Un pauvre malheureux était entré tout seul et je ne l’avais pas raté. Un bon coup du pommeau de mon tantô à l’arrière du crâne et monsieur était parti pour le pays des rêves. Je lui nouai les poignets et les chevilles pour que lors du réveil, il ne nous mette pas de bâtons dans les roues. Je le fouillai ensuite pour récupérer l’objet qui m’intéressait. Bingo. Un talkie-walkie. Cela suffirait amplement.

- "Messieurs ? Vous me recevez ? Vous avez l’autorisation pour partir en pause déjeuner pour trente minutes. En cas de souci, merci de me tenir informé."

- "Roger."

Réponse courte et simple. Le tour était joué. Maintenant, je devais prévenir les gamins. Est-ce que l’alarme de tout à l’heure pourrait fonctionner ? Cela fallait le coup de tenter. Je ne pouvais pas me permettre de gueuler dans les tuyaux pour leur dire que c’était bon… On serait grillé tout de suite. L’idéal serait d’utiliser une des poupées d’Anya mais comme je ne savais pas où elle était passée, ça allait être compliqué… L’alarme restait l’option la plus réalisable. Je fouillai à nouveau le bonhomme pour voir s’il n’avait pas le boitier magique. Malheureusement, non. J’avais une demi-heure pour trouver ça et l’actionner. C’était pas gagné…

Du côté des cinq gamins. Timmy, Coco et les deux filles étaient arrivés à l’entrée de la bouche d’aération. Comme lui avait dit Kei, le garçon attendait le signal pour se carapater jusqu’à la dune d’où le groupe avait démarré le plan. Le dernier que Kei avait fait grimper manquait à l’appel. Voyant qu’il n’arrivait pas, Coco décida de faire demi-tour pour aller le chercher. Timmy essaya de l’arrêter sans succès. Et pis, il ne pouvait pas laisser les deux petites filles toutes seules. Il avait une mission et il allait la réussir. Deux enfants étaient donc en train de se balader dans les conduits sans que personne ne le sache.

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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Sam 9 Sep - 20:05

-Le Maître est là !

La voix résonna fort tel un clairon. Elle était sèche et autoritaire, cinglante à vous crisper les tympans. En l’occurrence, les miens. Je ne m’étais pas attendu à un tel aboiement. Je serra les dents, reprenant ma respiration très lentement. Le moindre bruit trop fort, un hoquet de surprise, un grincement de mes ongles , une goutte de sueur qui se répercutait sur la plaque et c’était fini. Je vis les maigres pieds se serrer et se mettre bien en ligne . Une cape d’une blancheur immaculée apparut comme par enchantement. Elle zizaguait, divaguait , déambulait avec lenteur et grâce sur les sols blancs sali de la salle. Les pieds se crispaient. Certains sentaient la peur et l’impatience. Mais un était particulièrement malhabile à cacher sa frayeur. Un pied à la peau translucide, aux veinules apparentes, étonnamment vertes. Je remontai ce pied, pour voir l’allure maladive d’un jeune garçon, plus jeune que les centaines réunis ici. Son visage poupon ou autrefois comme on pouvait l’imaginer, avait fondu. Ses joues étaient maigres, ses yeux entourées de cernes bleuies, et sa bouche semblait sèche, mordue à plusieurs endroits, comme il ne pouvait s’empêcher de le faire maintenant. Sous ses cheveux incandescents, qui pendaient tristement derrière ses oreilles, des sortes de lianes fleuries sortaient de son crâne, ainsi que de ses bras. Elles suivaient naturellement les veines et les courbes de son corps, ce qui était très étonnant. Contrairement à son visage, les fleurs couleur parme qui lui poussaient de partout, éclataient de vitalité. Je compris qu’il s’agissait là d’un phytos. C’était la première fois que j’en voyais de ma vie !

La cape blanche sembla clauquediquer vers le garçon. Mais elle fit un détour et se remit à examiner les rangs. Le phytos semblait mort de peur. Il n’arrivait plus à cacher son jeu. Je me mordis la lèvre à mon tour. Son manège n’allait pas échapper à ces cinglés ! Si il ne se reprenait pas, il allait se faire prendre ! Je ne m’y trompai pas. La cape ne semblait décidément pas se décider et le son d’une canne de fer remonta presque jusqu’à moi. Le Phytos.

Je pus voir enfin le visage de ce mystérieux Maître. Il était vieux. Son dos était complètement courbé, ses doigts étaient resserrés autour d’une canne en fer. Sa peau était mate et tachée par sa longue vie. Plissée et ridée du visage jusqu’aux mains. Je fus subjuguée. Son visage était paisible. Il avait un large sourire rassurant, et observait avec tendresse le jeune captif comme un grand père à son petit-fils. Il avait l’air d’un sage. Son apparence l’était d’autant plus, car autour de sa cape, il portait de longues chaînettes en or avec des pierres et des talismans. Il marmonnait des mots étranges, comme des incantations. Je m’attendais à quelqu’un d’atroce, machiavélique, puissant, et voilà que j’avais plutôt un vieillard au visage doux et empreint de gentillesse. Aurions-nous fait une erreur quelque part ?

-Mais tu trembles mon garçon ! Est-ce que c’est ma présence qui t’impressionnes ? Ou bien l’excitation d’être peut-être le prochain élu ?

Le phytos écarquilla des yeux à ces derniers mots. Non de surprise, mais d’horreur. Il fit un recul, comme si il tentait de fuir . Le vieillard tâtonna ses maigres bras d’anguille et effleura les veinules. Je remarquai de nombreux stigmates sur sa peau translucide. En examinant le gamin, je crus, l’espace d’un instant deviner un sourire de cruauté sur le Maître . Mais sa peau plissée pouvait m’avoir trompée.

-Félicitations, tu es exactement ce que je recherche. Sois fier de ton statut. Tu es devenu l’élément le plus important de ce laboratoire. L’Elu. Tu pourras bénéficier de privilèges comme aucun autre ici.

Il lui donna un médaillon doré tandis que le frêle et pâle phytos s’écroula à ses pieds. Il tremblait de plus belle, et avait une respiration secouée de sanglots

-Je vous en supplie, ne me prenez pas, je suis malade…. Et bien trop fragile,….. je vais vous décevoir …. et faire perdre votre temps !

Le petit disait cela de manière précipité, les mains jointes en bégayant. Il hésitait beaucoup, cherchant excuses sur excuses. C’était un mauvais menteur. J’avais l’impression de voir un condamné échapper comme il le pouvait à sa peine capitale. Pourquoi?  Ses autres camarades le toisaient méprisamment, comme si il ne pouvait pas savoir sa chance. Malgré tout ce cinéma, le Maître sourit d’un air sincèrement désolé. Des hommes l’emmenèrent sans ménagement. Le Maître commença à partir, lorsque je vis un garçon bouillir.  Son regard était particulièrement chargé de haine envers le phytos, comme si il ne comprenait pas pourquoi un tel trouillard avait été choisi et pas lui.
Il voulut s’adresser au Maitre, mais son camarade le plus proche lui tapa dans la jambe. Ils semblèrent s’échanger des regards et il dut se résoudre à fermer les poings pour maitriser sa rage. Le Maitre quitta la pièce et la porte se referma telle une cellule de prison.

Enfin seule. Plus ou moins…. Je sortis de ma cachette. Aussitôt, comme une envolée d’oiseau, des trentaines de gamins m’acculèrent au mur. A leur tête , le gosse jaloux, qui semblait avoir décidé de déchaîner sa rage contre moi.

-Viens par-là toi ! on va te livrer aux blouses ! C’est vous qui foutez le bazar ! Il paraît que ca contrarie le Maître, alors crois-moi on va pas se faire prier , pas vrai les gars ?

Les gosses en furie me frappaient de de partout, comme une pluie de pieds et de poinds ,le tout accentué de cris. On peut dire qu’avec moi, ca devenait une habitude.

-Si vous teniez tant à me livrer pourquoi ne pas l’avoir fait il y a quelques minutes ?

Ma question disparut dans le vide. Ils étaient trop occupés à déchainer leur rancœur. Je reussis à glisser une main dans ma toge pour y trouver la marionnette. En la voyant, je fis grise mine. Ses vêtements étaient percés. Elle était toute abîmée. L’âme de l’enfant n’allait pas tarder à être relâchée de la marionnette. Réussissant à m’échapper au mur de gamins, je la mis sur mon épaule.

-Stop ! SILENCE ! hurla la voix fluette de  la poupée de chiffon.

A nouveau, ce fut un effet magique. Yeux ronds comme des billes, ils obéirent comme ensorcelés. Bouche pendante, les visages juvéniles ils redevinrent enfants comme si ils assistaient à un tour de magie. Comment une marionnette pouvait elle bouger et posséder une voix humaine ? j’affichais un visage dur, mais au fond je réprimais durement mon rire. Non vraiment, c’était trop comique. La poupée enfant expliqua l’histoire depuis le début. Bien que certains crièrent d’indignation, ils écoutèrent jusqu’au bout. Et moi j’avais hâte de savoir comment ces gamins pouvaient-ils être aussi aveugles. Pourquoi vouaient-ils obéissance et culte à ce « Maître » ? Qui étaient ces gosses dans le désert ? Et l’Elu ?

-Moi j’y crois pas à ton histoire. C’est le maître qui m’a guéri, tous guéri, et on allait tous mourir. Alors qu’est-ce que t’en dis ? s’il il voulait faire des expériences sur nous, pourquoi on serait comme ça ? Ici on est bien nourri, et on s’occupe bien de nous. Moi je sais que j’aurais pas à voler et à vivre dans le crottin maintenant. Alors quoiqu’il demande, j’en ai rien à faire ! Moi, tu vois, j'rêvais d'être l'Elu. Tu deviens l'enfant le plus précieux à ses yeux. et il paraît qu'une fois complètement guéri, tu retournes chez toi, même avec de l'argent! c'est pour ca que les autres on les a jamais revu! et ce gringalet qui est tout malade et qui a pas de forces,
il ne sera pas assez résistant. Alors que moi j'ai toutes les qualités pour être un Elu! Et ce peureux.... ce menteur....


Complètement guéri? Etaient ils encore malades ? Qu'est ce que c'était que ces histoires d'argent? tout cela me semblait bien flou...
Il était furieux, mais je sentais que c’était un garçon intelligent. Je le persuadai qu’il se trompait sur cet homme. Je ne cherchai qu’à les sauver. Ainsi que d’autres enfants. Mais j’avais besoin d’un remède. Il relâcha ses épaules, résigné. J’avais réussi à instiller un doute.

-Bon . Lorsque la sonnerie retentira, nous devrons tous aller à la salle C11. On doit passer une série de… test. On est pas surveillés, pas de garde, mais faudra que tu mettes d’autres habits, t’es trop voyante là. Je crois qu’on a un pour toi, même si ça va être un peu court. Je sais pas où sont tes amis, mais tu pourras parler au Maître dans le couloir qui est en face. Je suis sûr qu’il aidera ces enfants. C’est quelqu’un de bien, jl’e sais.

Une sonnerie retentit quelques minutes plus tard, et moi, en chemise bleue d’hôpital, je me glissai en me tassant dans cette colonie de gamins. Comme prévu, aucune sécurité, et ils entrèrent sagement dans une pièce, à la queue leu leu. Je filais, moi, mon aiguille dans la manche, vers la salle du Maître. Aucun garde à nouveau.J’attendis. La porte s’ouvrit et je me jetai sur le vieillard, mon aiguille sur l’artère de son cou.
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 10 Sep - 17:57


Je marchais dans les longs couloirs blancs du laboratoire. Je baissais la tête à chaque fois que je croisais un « collègue » de travail en guise de salut. J’observais chaque pan de mur. Tous étaient aussi identiques que les précédents. Rien ne les différenciait. A l’exception des écriteaux indiquant que telle salle était là et qu’une autre était ailleurs. Après avoir aidé les gamins que j’avais retrouvé dans une des nombreuses pièces en les faisant grimper dans les conduits d’aération, j’avais opté pour la solution la plus pratique. J’avais emprunté les fringues du bonhomme que j’avais assommé, ainsi que tout ce qui pourrait m’être utile. Badge et talkie-walkie notamment. Histoire de passer inaperçu et de me fondre dans la masse comme je savais si bien le faire. Il m’était ainsi plus facile de récolter des informations que de ramper dans les tuyaux. Je laissais mes oreilles trainer. Les hommes présents parlaient de tout, sauf de ce qui m’intéressait. Aucun n’évoquait ce qui se tramait exactement ici. Ni les recherches qu’ils menaient sur les gamins. En plus de ça, je devais trouver un moyen pour avertir les petits que la voie était libre. Et il fallait aussi aider les deux scientifiques qui nous avaient accompagnés. Si cela ne tenait qu’à moi, je les abandonnerais à leur sort. Après tout, c’était eux qui avaient fauté en se laissant emporter comme ça… Mais je présentais que si je faisais ça, Timmy, Coco et Anya allaient me faire des reproches. Non pas que leur avis m’importait, néanmoins il valait mieux rester en bon terme. J’avais déjà assez d’ennemis comme ça. Pas la peine d’en rajouter trois à la longue liste déjà existante.

- "Hé toi ! Où est ce que tu vas comme ça ?"

Je me raidis instantanément sur place. J’étais si louche que ça ? J’avais pourtant bien fais attention à planquer mes cheveux blancs sous la casquette du malheureux que j’avais détroussé. Lentement, je me tournais vers celui qui m’avait interpellé. Sans croiser son regard, je l’examinais rapidement. Il ne semblait pas être un supérieur. Il portait la même tenue que moi et ses bras étaient chargés d’une grosse pile de document. Je sentais déjà le truc venir, rien qu’à voir sa dégaine…

- "Moi ? On m’a demandé d’aller jeter un œil aux gamins. Tu sais avec la mort du Numéro 6, le maitre doit en choisir un nouveau."

- "Ouais bah, ça peut bien attendre cinq minutes. Les gosses vont pas s’envoler. Allez file-moi un coup de main pour emmener ça dans la salle de recherche."

Je cachais un sourire lors de sa deuxième phrase. Non bien sûr. Comment des gamins pourraient-ils se volatiliser. C’était théoriquement impossible. Vraiment. Tant mieux, ils n’avaient pas encore remarqué que cela s’était déjà produit et que cinq d’entre eux avaient déjà disparu. L’individu ne me laissait pas vraiment le choix de l’aider ou non. A peine avait-il terminé sa phrase, qu’il me mit dans les bras une bonne partie de son paquetage. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Je ne pouvais pas l’envoyer boulet au risque de paraitre suspect. D’un autre côté, ça me permettra peut-être d’en découvrir plus. Enfin je l’espérais. Je soupirais discrètement en suivant le jeune homme en face de moi. Je regardais un peu les documents que j’avais dans les mains. Ils étaient tous dactylographiés. Rien n’était noté à la main. Je ne comprenais pas vraiment ce qui y étaient écris. Il y avait des tonnes de numéro. Peut-être désignaient-ils les enfants ? Et je ne pouvais pas vraiment lui demander de m’expliquer. Nous arrivâmes et entrâmes dans la salle de recherche. Personne. Juste des piles et des piles de papiers qui s’amoncèlent partout. Et je venais d’en rajouter une couche en déposant ce qui pesait sur mes bras. L’autre homme me remercia, même si il ne m’avait pas vraiment laissé le choix, et je pus retourner à mes occupations.  Avertir les gosses. Trouver les scientifiques, Anya et quelles recherches étaient menées ici.

Dans mon exploration, j’étais retombé sur la pièce que j’avais pu observer lors de mon passage dans le conduit d’aération. Celle remplie de drôle de machines. A ce moment-là, il n’y avait plus personne. Peut-être étaient-ils tous partis déjeuner. C’était bien pour moi ça. J’observais la pièce. Sur ma droite, un gros engin rempli de bouton, plus ou moins gros. Il y avait un énorme écran aussi qui indiquait des graphiques. Leur utilité ? Aucune idée. A gauche, d’autres instruments. Moins imposants. Et ils ressemblaient plus à ce que l’on pourrait trouver dans les cabinets de médecin ou bien dans les hôpitaux. Ils devaient surement faire des tests ici. A nouveau, il y avait des papiers éparpillés un peu partout sur le tableau de bord de la grosse machine. Cette fois, ils étaient un peu plus compréhensibles. Je les feuilletais.  Encore une fois, toutes une série de chiffre mais accompagné d’un nom de ville puis d’un montant.

Numéro six – Nordkia – quatre cents pièces
Numéro 15 – Nemoto – cent pièces
Numéro 152 – Anathory – mille pièces


Le fameux numéro six viendrait donc du territoire des Üniks. D’autres infos se trouvaient sur ces fiches. Une date. Un nom bizarre et compliqué. Peut-être le nom d’une maladie. Le puzzle commençait à s’assembler. Ce n’était que des suppositions de ma part mais j’avais l’impression que ces gamins avaient été vendus à ces scientifiques. Sûrement par leurs parents. Ils n’avaient probablement pas les moyens de subvenir aux besoins d’un enfant malade et avait préféré se débarrasser de lui.  Achetés par ces hommes, les enfants ne pouvaient rien faire. Et personne n’allait s’inquiéter de leurs disparitions. Et personne ne serait là s’ils parvenaient à se faire la malle… Ce genre de comportement ne me choquait pas vraiment. On voyait de tous dans la ville basse de Nordkia. Même si c’était triste.

- "Hé toi qu’est-ce que tu fous là ?! "

- "J’suis nouveau et j’crois que j’me suis un peu perdu. Hahaha. "

L’homme qui m’avait surpris semblait un peu sceptique. Je pouvais le comprendre. L’excuse que j’avais sorti n’était pas très convaincante… Discrètement, j’avais glissé deux, trois feuilles dans une de mes poches. Histoire d’avoir matière à discuter de mon hypothèse avec mes camarades. L’individu me demanda mon badge, que je lui montrais sans hésiter. J’avais bien fait de le prendre à l’autre ! Il n’y vu que du feu. Enfin, cela aurait pu marcher… Si le gosse que j’avais aidé à se sauver tout à l’heure n’avait pas débarqué pour se cacher dans mes jupons ! J’avais rien compris à ce qu’il s’était passé. Un autre gars en blouse blanche avait crié qu’un gamin se baladait dans les couloirs. Ce dernier avait débarqué en courant dans la pièce où j’étais avec celui qui m’avait surpris et que j’avais presque embobiné. Nos regards s’étaient croisés. Il m’avait sûrement reconnu et il s’était planqué derrière moi en s’agrippant au bas de mon pantalon. Rapidement, d’autres personnes en blouses envahirent la pièce. Aux yeux de tous, j’étais devenu un ennemi. Ca craignait là. Qu’est-ce que je fais ? Je leur balance le gamin et comme ça je peux encore passer pour l’un des leurs ? Je protège le gosse et je fonce dans le tas ? En plus, je devais encore prévenir Timmy&Cie qu’ils pouvaient sortir… Personne ne pourrait choisir à ma place. Ah bah si en fait…

Un nouvel arrivant débarqua. Il n’était vêtu que de ses sous-vêtements. Normal, c’était le malheureux que j’avais dépouillé. Il tombait mal là... J’étais grillé. Et je n’avais plus qu’un seul choix. Foncer. Et advienne que pourra. Je poussai le gosse qui me collait aux basques pour l’éloigner de moi. Je m’en voudrais si je venais à le blesser malencontreusement. Je sortis mon arme qui était resté sagement dans mon dos. Quatre adversaires. Ils n’avaient pas l’air très costaud. Je ne l’étais pas non plus. Je savais plus que quiconque qu’il ne fallait pas se fier aux apparences. Le gamin avait fini par me lâcher mais restait quand même derrière moi. Je campais sur mes positions, attendant que l’un de mes ennemis ne passe à l’acte. Ce qui ne tarda pas. Le plus impatient fut celui que j’avais assommé un peu plus tôt. Non armé, il fonça droit sur moi. Au dernier moment, je me décalai sur le côté droit pour le taper pile dans le creux de la nuque avec mon tantô. Il finit à nouveau face contre terre. Les trois autres n’avaient pas encore bougé. Ils semblaient hésiter à se lancer. Finalement, deux s’avancèrent vers moi. J’évitai un coup, deux coups. Mais pas le troisième. Il fallait que je joue sur leur avantage numérique. Et j’y parviens. Malgré les assauts que j’avais encaissés. Les deux se jetèrent sur moi en même temps. Dans direction opposé. Je n’avais eu qu’à me déplacer au dernier moment pour qu’ils se fauchent eux même. Le dernier m’eut par surprise. Il parvient à me frapper à la tête avec une barre qu’il avait trouvé je ne savais où. C’était sûrement le moins fort des quatre puisque son coup ne m’assomma pas directement. Je titubais, un peu sonné. Ma main appuya malencontreusement sur un des multiples boutons de la machine et une alarme se déclencha. Au moins, les gamins étaient avertis maintenant. L’homme n’en avait pas fini avec moi. Il retenta sa chance. Et c’est le minus qui était collé à mes basques il y a encore quelques minutes qui me sauva. Il avait ramassé mon arme et avait tapé l’individu dans ses genoux pour le faire tomber. Ce qu’il arriva. Je l’achevais avec un coup de poing au sommet du crâne.

Je n’avais pas vraiment le temps de me poser. J’avais encore l’impression que ma cervelle se cognait contre les parois de mon crâne alors que je courais dans les couloirs blancs. Et c’était loin d’être agréable. J’avais le gamin sur mon dos. Il avait refusé de me lâcher. Je n’avais pas eu d’autre choix que de l’embarquer avec moi. L’alarme continua à hurler. Une voix s’en échappait mais j’étais incapable d’enregistrer ce qu’elle disait exactement. Sûrement le contrecoup de l’attaque du gars à la barre. Ou alors c’était l’adrénaline ? Etrangement, je ne croisais la route d’aucune blouse blanche. Etaient-elles occupées à autre chose ? Ou bien avaient elles pris la fuite ? Je n’en avais aucune idée mais, dans un sens, cela m’arrangeait bien. Au détour d’un couloir, dans une pièce, je crus reconnaitre Anya. Elle aussi visiblement avait décidé de se fondre dans la masse. Même si son choix était moins valorisant pour elle. Elle passait pour un sujet d’expérimentation avec sa chemise bleue.

- "T’as réussi à t'en sortir finalement. Si tu as terminé ici, faudrait peut être mettre les voiles."

J’avais balancé ça en entrant dans la pièce où je l’avais trouvé. C’est là que je remarquais le vieillard. Qu’est-ce qu’un vieux faisait ici ? Et pourquoi le gamin que j’avais sur mon dos s’était-il mis à trembler en l’apercevant ? Il était louche. Je posais ma main sur mon arme. Au cas où. Même si la demoiselle semblait maitriser la situation.

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Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)

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