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Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)

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Petite pinocchio (Anya P.)


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MessageSujet: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Ven 9 Juin - 3:28



Les Enfants du Désert






Cliquetis,Cliquetis, cliquetis….

Un chariot de métal avançait péniblement dans les sables chauds du no man’s land. Des animaux étranges dont leur peau n’était qu’une armure argentée, tiraient le chariot en le maintenant en équilibre autant que possible. Les nombreuses dunes et creux de la sidhe étaient des obstacles à la bonne avancée des voyageurs. Mais si les secousses étaient supportables, la chaleur écrasante et la lumière crue saisissaient les pauvres passagers, qui soupiraient sans cesse en s’aspergeant d’eau. La conductrice extirpa sa main de sa grande cape pour crier à l’arrêt. Aussitôt les étranges bestiaux argentés se cabrèrent. Le chariot s’immobilisa complètement et une troupe enfouis eux aussi sous de grandes capes se regroupèrent devant de curieux tas noirs.

-C’est là dit la conductrice d’une voix cassée. Dix de plus qu’hier… ses mains tannées remuèrent une dune non loin du chariot. Un petit corps enseveli à moitié desséché était recroquevillé sur lui-même. Voyez… un Unik. Creusez ici et là vous en trouverez pleins d’autres. Pas tous en état…

Un des hommes du chariot commença à examiner les multiples corps d’enfants ensevelis dans le désert. Certains avaient un aspect à peine soutenable. L’homme à la peau de lait affichait un visage crispé et soucieux, suant à grosses gouttes au-dessus des cadavres. Cette chaleur pour un Unik comme lui, c’était difficilement supportable.

-Mais qu’est-ce qu’il y a bien pu se passer ici ? Pourquoi tant d’enfants morts ? Vous qui voyagez par içi, depuis combien de temps avez-vous remarqué ça ? « Deux, trois semaines tremblota la voix de la conductrice mais je n’ai rien vu de spécial. Ces corps, ces tombes, elles sont apparues comme ça, sans raison ! » L’homme et ses assistants capés se dispersèrent pour fouiller et tâter les corps. Ils grattaient, toquaient, touchaient, prenaient des morceaux de vêtements et de peau de chacun.

Moi, cachée dans une caisse du chariot, je les observais, entre fascination et dégoût. Traînant comme à mon habitude dans les docks à la recherche d’argent, j’avais, au cours des semaines, appris la discrétion et l'art de se fondre dans la foule. Mes marionnettes m’aidaient à glaner des informations, sans que personne ne me vienne me chercher des noises. ce qui était bien agréable. Depuis quelques semaines, justement, je sentais une angoisse grandissante parmi les ouvriers. Des enfants qui disparaissaient, de toutes conditions et de toutes races. Des hybrid dans le désert ! Certains n’en étaient pas fâchés, des enfants de ces sales sauvages en moins ! Mais les annonces des disparitions ne cessaient de faire gonfler des rumeurs, surtout dans les docks où les gens étaient très superstitieux. Certains étaient persuadés qu’il y avait une sorte de femme qui détestait les enfants, et les attiraient dans leurs filets, d’autres pensaient à un monstre venu de la sylva, d’autres se persuadaient que c’était une vengeance des sauvages. Personne ne trouvait d’explications, et les gens qui osaient sortir dans le désert  finissaient par ne plus dormir, envahis par des psychoses. Qui sait si les enfants ne suffisaient pas ? Et si cela pénétrait la ville ? Tous étaient en danger !

C’est par cet espionnage que je tombai sur la jeune conductrice discutant avec des scientifiques. Elle se rongeait les ongles en tripotant ses cheveux. Les scientifiques, enfin je supposai que c’en étaient, vu qu’ils étaient vêtus de blouses blanches, l’écoutaient à la fois inquiets et surexcités. Ils étaient engagés dans une discussion animée et je ne pus saisir que la fin. En échange d’une grande somme d’argent, ils avaient incités la jeune femme de les conduire jusqu’aux cadavres. Intriguée , je compris très vite de quoi il s'agissait, et décidait de m’infiltrer discrètement. Et me voilà içi. Les blouses blanches ne cachaient pas la joie de leur découverte. Je souffrais d'observer ces petits corps tous desséchés être remués sans ménagement dans le sable. même de loin, ils paraissaient si jeunes... est ce qu'ils avaient soufferts? ils avaient à peine vécus... Ma tristesse envahissante failli me trahir. Perdue dans mes pensées, je n'avais pas vu qu'ils en avAient fini. Les voyant revenir, je me précipitais pour regagner ma caisse. Le convoi repartit, et je serrai les dents à chaque secousse. Surtout pas de bruit.

-Quelle chaleur.. . Je  cuits. Si je ne retrouve pas mon laboratoire, je vais finir par faire un malaise… queqlu’un murmura quelque chose Je ne sais pas … Il me faudra du temps pour analyser tout ça. La voix devient plus fragile, comme sous le coup d’une émotion: moi qui croyait les rumeurs fausses…. Mais ces enfants ne sont pas morts de chaud, ils comme été …. Traumatisés physiquement… torturés peut-être? Je ne m’avance pas trop. Sa voix si troublée reprit un ton ferme et clinicien. Le chariot cliqueta en silence jusqu’à ce que la conductrice annonce l’arrivée aux docks. Cette histoire semblait vraiment un mystère. J’aimais ça. Mais il me fallait maintenant un compagnon de route. J’étais encore fragile. Et le désert m’allait moi aussi être pénible.

Stoppé en plein milieu des docks, le chariot immobilisé, la conductrice s’adressa au scientifique : Je ne vous l’ai pas dit mais… Ils ne seraient pas tous morts. Il y aurait des survivants… Dans les sables.
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Sam 10 Juin - 18:22


Le soleil était haut dans le ciel. Je relevai la tête vers l’astre en plissant les yeux. Je n’avais pas l’impression qu’il avait beaucoup bougé depuis mon départ de Nordkia. Il était tellement éblouissant que je reportais mon attention sur ce qu’il y avait devant moi. Du sable. Des rochers. Des cailloux. Divers insectes qui s’enfuient à chacun de mes pas. Il faisait chaud. Très chaud. Et ce n’était même pas la peine d’espérer d’avoir un peu d’ombre. Rien aux alentours n’aurait pu me rafraichir ou me permettre de me reposer un peu. Tout n’était que désert. Aride. Chaud. Et calme. Aucun bruit ne parvenait à mes oreilles pourtant sensibles. A l’exception peut-être de la très fine brise qui soulevait parfois quelques grains de sable. Je poursuivais ma route en marchant lentement. Je n’avais pas de destination précise mais un but. Enfin deux, dans une moindre mesure.

La veille, un individu d’Anathorey avait sollicité mes services pour une mission. Plusieurs de ses clients souhaitaient goûter les œufs de faucheurs blancs qui établissaient leur nid dans le No Man’s Land. Ce n’était pas vraiment le genre de boulot que j’avais l’habitude de faire mais la rémunération étant plus qu’intéressante, j’avais accepté sans trop me faire prier. Surtout que la mission ne semblait pas vraiment périlleuse. Certes, ces bestioles étaient féroces et agressives mais les œufs n’étaient pas gardés puisque les petits devaient savoir retourner au nid du groupe par leur propre moyen. Il suffisait donc juste de trouver ces petites balles rondes et blanches dont la couleur tranchait avec la couleur jaune-orangée des dunes. Enfin, ça, c’était la théorie. La théorie était un peu différente. Je cuisais littéralement sur place. Chaque pas me demandait un effort supplémentaire et me donnait encore plus chaud. J’étais certain que la capuche de ma cape visée sur ma tête était brûlante malgré sa couleur claire. J’aimerai tellement vite trouver ces fichus œufs, rentrer et prendre une bonne douche glacée pour me refroidir. Je comprenais mieux pourquoi tous ceux qui prenaient cette direction cherchaient à utiliser un chariot. Mais je faisais partie des gens pauvres. Sans le sous. Et donc sans possibilité de me payer ce luxe. Et pis, en chariot, trouver ces œufs relèverait de l’impossible, sauf si quelqu’un connaissait déjà l’emplacement des nids. Ce dont je doutais fortement.

Finalement après de longues heures a erré dans ce satané désert, je finis par trouver l’objet de ma convoitise. Quelque chose avait brillé au loin dans mon champ de vision et je m’étais rapidement dirigé vers cette lumière. Bien sûr, un malheur n’arrivant jamais seul, j’étais tombé dans le trou super profond que ces sales bestioles avaient creusé pour pondre leurs œufs. Je soupirais. Voyons le bon côté, je ne m’étais pas fait mal et j’avais atteint mon but. Je n’avais plus qu’à embarquer les œufs et à rentrer au frais. J’en mis quatre dans mon sac à dos avant d’entreprendre la remontée du cratère. Il me fallut de longues minutes pour arriver au sommet et reprendre ma route vers Nordkia.

Néanmoins, quelque chose m’interpella sur le trajet et me fit dévier de ma trajectoire initiale. Une nuée de corbeaux funestes tournait dans les airs depuis plusieurs minutes. Je savais qu’il s’agissait de charognards et que ce comportement indiquait qu’il avait trouvé leur proie du jour. Curieux, j’avais fini par m’approcher lentement de leur repas. Je regrettai très vite ma curiosité. J’eus du mal à retenir le haut le cœur qui me frappa de plein fouet. Le dîner de ces bestiaux n’était autre que le cadavre d’un gamin dont émanait une odeur putride. Il ne devait pas être là depuis longtemps, autrement les corbeaux l’auraient déjà déchiqueté mais avec la chaleur la décomposition était plus rapide…  La rumeur qui circulait dans la ville basse était donc fondée. J’aurai préféré que ce ne soit qu’une simple rumeur propagée pour faire peur aux enfants un peu trop turbulents ou désobéissants ! Sur cette idée, je repris ma route malgré mon sentiment de malaise.

De retour à Nordkia, j’avais rapidement été apporté l’objet de mission à mon commanditaire et recevoir mon dû avant de rentrer chez moi pour me rafraîchir. Placardé dans les rues, des affiches indiquaient que des parents recherchaient leurs enfants. C’est vrai que depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulaient parmi les dockers. Des enfants disparaissaient du jour au lendemain sans laisser trace de vie. D’après eux, toutes les races étaient touchées. Autant les Hybrids que les Üniks. Je ne parlais même des gens comme moi. Un enfant de cette race qui disparaissait c’était le signe que Mère Nature faisait bien son travail et avait puni l’hérésie. Du moins, c’était le genre de discours que pouvait tenir les deux races principales. Et j’étais certain que les Üniks pensaient la même chose de la disparition de bambins Hybrids. La réciproque étant vrai également. Ce que j’avais vu dans le désert en rentrant ne faisait que confirmer cette hypothèse. Quelqu’un était-il au courant que ce n’était pas qu’une histoire à dormir debout ? Quelqu’un était-il déjà en train d’agir pour empêcher cela d’arriver ? A en juger par l’air grave et inquiet sur le visage des dockers, la réponse était probablement négative. Ce ne serait pas non plus les chevaliers qui allaient faire quelque chose pour aider le petit peuple à résoudre ce mystère. Nous ne pouvions que nous reposer sur nous-même. La loi du chacun pour soi. Je pourrais oublier ce que j’avais vu mais cela était impossible. Pas tant que je n’aurai pas trouvé pourquoi des enfants disparaissent et meurent ainsi loin de leur aînés. Cependant, seul je ne parviendrai à rien. Surtout avec la chaleur du désert. Mené une expédition ? Cela pourrait être une idée mais cela attirerait un peu trop l’attention sur moi et je n’avais pas envie que l’on découvre mon petit secret…  Une voix attira mon attention :

- « Nous devons retrouver nos enfants ! C’est de notre devoir de les ramener à la maison. Formons plusieurs groupes et partons à leur recherche ! Nous finirons bien par les récupérer ! »

Aux yeux des autres dockers, l’homme qui parlait ressemblait à n’importe quel crieur qui cherchait à vendre sa marchandise à tout prix. Les habitants craignent les choses qu’ils ne connaissent ou ne comprennent pas et ne vont surement pas s’aventurer sur un terrain sur lequel ils ne sont même pas certains d’avoir une réponse. Une jeune femme se démarqua un peu du restant de la foule. Elle semblait intéressée par ce que contait l’orateur du dimanche. Croyait-elle aux rumeurs ? Et à ce qu’il racontait ? Je soupirai. Cela va-t-il le coup de se faire remarquer en disant être partant pour cette expédition ?

- « Alors qui est avec moi ? Personne n’a envie de savoir ce qui est vraiment arrivé ? »

Il était parfois préférable de faire cavalier seul. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné ? Alors pourquoi mon corps trahissait-il mes pensées ? Sans même m’en rendre compte, ma main s’était levée. Me portant ainsi volontaire pour cette expédition qui allait me mener je ne savais où…



Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Ven 16 Juin - 3:02

"Sale mioche ! tu nous espionnais hein ?"


Je ne voyais plus rien. Mes cheveux me fouettaient le visage et j’étais ballottée violemment. Le vieillard me tenait fermement le bras et me secouait avec rage. J’essayai de crier et de me dégager, mais impossible, tant mes cheveux fouettaient au passage, et tant sa poigne était ferme. Le « vieillard » était le scientifique. A peine arrivé à bon port, je n’avais pas eu le temps de vérifier si je pouvais sortir de ma cachette. Lui m’avait délogé de force. fulminant de colère, il me hurlait en me maltraitant sans vergogne sous les yeux paniqués de son équipe:

"Alors tu réponds oui ? Qu’est-ce que tu faisais là ? Qui tu sers ? A qui tu vas rapporter ces infos ?"


"Mais je…"Je commençai à pleurer pour le prendre en pitié, puisque mes cris de contestations ne semblaient pas lui faire effet. Une main chaude et halée effleura mes yeux, pour s’abattre telle une claque sur la main de mon agresseur. La séparation fut si brusque que je fus déséquilibrée et je tomba en arrière.

"Ca suffit Sullivan, ca ne te ressemble pas… Tu aurais pu tuer cette gosse ! bien elle nous a suivi, et alors ? Tout le monde est au courant de la rumeur. Arrêtes ton cinéma, qu’est-ce que cette gosse a à en tirer ? Tu es beaucoup trop tendu, utilises plutôt ton intelligence ! Et si elle pouvait nous aider ? Tu n’y as pas pensé ? Au lieu de céder à une colère pareille ? Vraiment je ne te reconnais plus"


« Sullivan » afficha une mine renfrognée. Puis sous le regard insistant de sa disciple, son visage se détendit pour remplacer par une expression penaude et franchement désolé.  Comme le silence était retombé au sein du groupe, je décidai de le briser lorsque je me releva

-Oui je vous ai suivi. Je suis désolée. Je ne travaille pour personne ! je voulais juste comprendre….Ce mystère de cadavres, ces rumeurs. Je voulais connaître la vérité. Je voulais vérifier si tout ca c’était pas des rumeurs de bonnes femmes. On en entend tellement ici… mais comme mon interrogatoire physique m’avait pas mal violenté, une montée de colère m’envahit, et je ne pus m’empêcher de le piquer un peu « Mais dis donc, et vous alors ?  Que faisiez-vous  làs bas ? C’est pas des territoires interdits ? Et puis depuis quand un scientifique fait-il une expédition secrète ? Vous devriez pas être dans votre labo là ? «  

L’assistante au visage halé sembla perturbée par la question, mais elle tenta de cacher sa gêne. Ses yeux anxieux cherchaient celui du vieillard. Il tourna immédiatement le dos. Ses mains frôlèrent nerveusement sa barbe, en affichant un air agacé. Mais je vis bien une pointe de chagrin dans son regard, sous ces sourcils exagérément froncés. D’ailleurs sa barbe….

Je fis ce geste malgré moi, bondissant vers son visage sans réfléchir, alors qu’au fond je savais très bien la torgnole qui m’attendait. Il eut à peine le réflexe de crier et de surprise, et voilà sa  touffe rêche entre mes mains, le scotch de mauvaise qualité virolevotant dans le vide, et lui, menton nu, le regard vide et hébété. Schlack ! Cela ne manqua pas. Un coup brulant griffa ma joue, et je me rattrapa juste à temps pour ne pas me retrouver par terre. Mais ce n’était pas lui, mais son assistante. Cette fois ci ses yeux étaient rouges de colères. J’étais tellement habituée aux coups que je ne pleura pas. J’avais obtenu ma réponse. Ce Sullivan n’était pas plus âgé qu’elle et moi ! sa mauvaise perruque chuta comme la barbe. Il en découvrit un visage jeune et malicieux, la trentaine, aux cheveux blonds miel, à la peau rose et rebondie. Ses yeux bleus perçants étaient fascinants, miroir d’une grande intelligence et d’une beauté sans égale. Cependant un reflet de tristesse profonde continuait de transparaître. Soudain je criai de surprise. Je connaissais ce visage:

«

Je sais ! j’vous connais ! Vous êtes Sullivan, l’ami de mon père ! Vous aviez des ennuis tout le temps !parce que vous aimiez une…une hubot !

»

Il devint blanc comme un linge, et il s’empoigna le cœur «  sale gosse ! Tu es… Oh merde ! Anya , c’est toi ? Et ton père… tu n’as révélé ca à personne hein ? Cela devait rester un secret… Entre deux respirations pénibles, il se rassit, recolla maladroitement sa barbe et jeta deux trois coups d’œil en arrière. « Bon très bien, comme tu l’imagines, c’est peu courant qu’un scientifique, surtout comme moi, fasses une expédition pareille. Mais il y a eu ces circonstances dernièrement… j’ai perdu la foi de mes confrères. Je dois reconquérir leur estime…Cette affaire est une aubaine. Un mystère scientifique. Comment expliquer tous ces cadavres en un seul lieu, et surtout que des Hybrid se retrouvent là ? Ces sauvages sortent rarement de leurs terriers. Surtout à cet âge ! Seulement, je suis plus doué à élaborer des stratégies et des théories qu’à m’aventurer dans des lieux si chauds ! Je n’ai pas ta fougue et ta résistance ! Je te propose un deal intéressant. Enquêtes à ma place. Devient mes yeux et l’affaire close, je te donnerais des informations sur ton père….

Mon sang ne fit qu’un tour. Mon père ? Pouvais-je le retrouver ? Y’avait-il un espoir alors que tous les indices avaient été perdus ? Sullivan ne manqua pas de le remarquer et se mordilla la lèvre d’un air de satisfaction. Mais j’étais inquiète. Partir seule dans ce désert si brûlant sans la moindre idée d’où aller …

« Comme je le disais tout à l’heure, j’ai des sources, qui suggéraient qu’il y aurait des survivants, dans les sables… Je pourrai concevoir un système de messages là-bas, pour qu’on te guide mais ce lieu est trop dangereux pour une personne seule. Et si…"

Un brouhaha sans nom fit paniquer l’assistante. Une foule enragée, fourches, tuyaux en main s’engageait dans la frontière du désert. Les ouvriers des docks entre fascination et colère ne cachaient pas leur crainte de voir débarquer les chevaliers.

« Sale monstre ! On va te réduire en bouillie ! On a pas peur ! Tu toucheras pas aux nôtres ! «

La foule en furie s’engageait maintenant en direction du No man’s land. Sullivan me saisit au vol et agita ses mains vers son équipe

« vite rattrapons-les ! Je sens que ça va dégénérer ! «
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 18 Juin - 18:17


Je sentis d’étranges regards se poser sur moi alors que je réalisai que ma main était bien levée au-dessus de ma tête. Je regrettai déjà de m’être fait remarquer. Je regardais ma main toujours en l’air en soupirant. Pourquoi mon corps trahissait il ainsi mes pensées ? J’aurai fait mes recherches. Récolter des informations et peut être trouver une raison à la présence de ces enfants dans le désert. Mais seul ! J’étais un solitaire. Je ne voulais pas d’un groupe… Alors pourquoi ?! Allez ressaisis-toi Kei ! Il n’était pas encore trop tard. Je pouvais toujours me raviser. En simulant un grattage de tête par exemple. J’étais en train de mettre mon plan en œuvre lorsque l’orateur me rejoignit rapidement en criant :

- « En voilà un jeune homme qui a du cran ! » Il avait saisi mon poignet et maintenait mon bras en l’air. « Alors qui d’autre veut se joindre à nous ?! A plusieurs on est sûr de trouver des réponses ! Vous n’allez tout de même pas me faire croire que les fiers dockers ont peur de ce qu’ils pourraient trouver et que ce garçon est le seul courageux ici ?! »

C’était une blague là… ? Il ne serait pas en train de se servir de moi pour pousser les autres à le rejoindre quand même ? On dirait bien que si… Je soupirai une nouvelle fois. Comme si cela pouvait être si facile. Et pourtant. D’autres mains et d’autres voix s’élevaient. Le groupe s’agrandissait. L’orateur avait su les motiver alors que je regrettai déjà de m’être impliqué là-dedans. Content d’avoir pu rallier autant de gens à sa cause, il nous proposa de nous retrouver aux portes du désert dans une heure, le temps que tout le monde puisse se préparer. Le groupe se dispersa alors. L’homme parti également après m’avoir donné une bonne tape sur l’épaule en disant « Merci gamin » . Je n’avais absolument rien fait. Et je n’étais pas non plus un gamin. J’avais voulu lui dire mais il s’était déjà volatilisé. Enfin… Comme tous les autres, je repris le chemin pour rentrer chez moi et me « préparer ».  Je ne pouvais plus faire marche arrière maintenant.

L’heure du rassemblement approchait. J’étais rentré chez moi et avait rapidement rempli un sac à dos de ce dont je pensais que l’on pourrait avoir besoin. Eau, couverture, un carnet et un crayon pour prendre des notes et mon couteau suisse. Je m’étais changé aussi. J’avais tronqué mes vêtements sales pour un t-shirt gris foncé et un pantalon de toile de la même couleur. J’avais pris soin d’emporter mon tantô avec moi et de le placer à l’horizontal au niveau de ma ceinture. Il serait ainsi caché par le bas de mon t-shirt et surtout par la cape claire qui couvrait ma tête. Je m’étais accoudé contre une barrière en attendant le reste du groupe qui tardait à venir. Et je compris pourquoi en les voyant arriver. La plupart avait dans leurs mains des armes : fourches, tuyaux et autres outils en tout genre. Ils étaient sérieux ? On ne savait même pas encore ce qui arrivait aux enfants et les voilà prêts à en découdre. Je n’étais pas certain que c’était ce genre de comportement qu’attendait l’organisateur de tout ça. Vu l’air un peu décontenancé qu’il afficha à son arrivée, j’avais vu juste. Il héla les gens afin qu’ils se rassemblent autour de lui :

- « Allez mes amis ! Allons récupérer nos enfants et bottons le cul à ceux qui leur osé leur faire du mal ! »

- « Sale monstre ! On va te réduire en bouillie ! On a pas peur ! Tu toucheras pas aux nôtres ! »

Et moi qui croyais qu’il allait calmer le jeu… Tu parles ! Il a encore plus attisé leur colère… Ce n’était pas comme ça qu’ils parviendraient à retrouver les gamins, les sauver et supporter la chaleur du désert. Je laissai échapper un long soupir avant de suivre le groupe gonflé à bloc en laissant plusieurs mètres entre eux et moi. Combien d’entre eux allait survivre à cette expédition ? Allait-on vraiment trouver l’origine de la disparition des enfants ? Allait-on seulement en retrouver vivants ? Les questions se bousculaient dans mon esprit et j’étais assez impatient d’avoir des réponses. Même en sachant que cela serait difficile. Alors que nous allions passer la frontière, des individus nous bloquèrent la route. Des chevaliers ? Non, ils auraient été un peu trop vite pour arriver jusque ci. Curieux, je m’étais discrètement avancé jusqu’aux premières lignes. L’organisateur de l’expédition était déjà en train de converser avec les inconnus. Je n’écoutais pas vraiment ce qu’il disait. Je m’en fichais un peu. En observant les interlocuteurs de plus près, il n’était que trois. Un homme avec une barbe hirsute et deux jeunes femmes aux teints complètement différents. A en juger par leur tenue, à savoir une cape comme celle que je pouvais porter, couverte de sable, je pu facilement deviner qu’ils avaient dû faire un petit tour ans le désert. Deux d’entre eux portaient en dessous des blouses blanches. Scientifiques ? Sûrement… Je ne voyais pas d’autre personne capable de porter ce genre de vêtements. Qu’est-ce que des gens comme eux pouvaient bien nous vouloir ? Je finis par tendre l’oreille pour écouter :

- « C’est trop dangereux pour vous. Vous ne tiendrez jamais dans ce désert. »

- « On a pas d’ordre à recevoir de vous ! Nous faisons ce que nous pensons être justes puisque personne ne daigne bouger le petit doigt ! Allez bouger de là et laissez nous passer ! »

- « Vous n’arriverez à rien comme ça ! Tout ce que vous avez à y gagner c’est à vous faire tuer ! Laissez-nous faire. Nous allons mener l’enquête et nous ramènerons les enfants »

- « Comme si des rats de laboratoire comme vous étaient plus forts que nous. On connait vos habitudes à squatter vos labos sans mettre le nez dehors et vous allez nous faire croire que vous allez faire mieux que nous ?! Ne vous foutez pas de nous !! »

- « Ce n’est pas moi qui fait le faire mais elle. » Il désigna la femme au teint clair du doigt et poursuivit. « Elle est dockeuse tout comme vous et est capable de supporter les fortes chaleurs. Elle a déjà mis les pieds dans le désert et elle saura où chercher. Laissez là faire et je vous promets des résultats ! »

Le ton montait au fur et à mesure des échanges. Personne n’arriverait à avoir ce qu’il voulait dans ces circonstances. Et mettre les dockers en colère n’était pas une solution pour ces scientifiques. T’en mêle pas Kei. De toute façon seul ou à plusieurs t’iras mettre ton nez où il faut pas. Lorsqu’il pointa du doigt la jeune femme, j’en profitai pour l’observer plus attentivement. Sa cape n’était pas autant couverte de sable de sa consœur. Elle ne semblait pas beaucoup plus âgée que moi et des cheveux de jais s’échappaient de sa capuche. Vu la tête qu’elle tirait, elle n’avait pas l’air très convaincu de ce que raconter le vieillard. Ça sentait le mensonge à plein nez. Je ne doutais pas qu’elle était plus capable que lui. Du moins, elle semblait plus apte que lui à tenir dans le désert. Le meneur du groupe hésita. Je suppose qu’il n’avait pas envie d’avoir des blessés ou pire sur sa conscience. Les mots du scientifique avait dû le faire réfléchir un peu à ses actes. Après un moment de blanc, il reprit la parole d’un ton plus calme :

- « Trois jours. Si dans trois jours on ne sait toujours rien sur les disparitions nous mèneront l’enquête nous-même. Et ce, peu importe ce que vous aurez à dire ! Allez les gars, rentrons. S’ils échouent on leur prouvera qu’on est meilleur qu’eux ! »

Bon… L’expédition étant annulée avec eux, qu’est-ce que je fais maintenant ? Je lâche l’affaire et je laisse ces trois énergumènes faire leurs recherches ? Même si je me doutais que seule la fille désignée par le barbu serait de la partie. Ou alors je me propose pour les accompagner ? Cela paraitrait peut être un peu louche … Et pourquoi accepteraient-ils une personne supplémentaire, qui potentiellement, pourrait être un boulet ? En plus, je n’aime pas tellement être avec d’autres personnes… Ou alors je fais cavalier seul comme j’en ai l’habitude. Ouais… Ça me semble être une bonne idée. Encore une fois, une voix me tira de mes réflexions :

- « Embarquez ce gamin avec vous. J’vous fais pas confiance mais il semblait intéressé par cette affaire. »

Mais de quoi il se mêle celui-là ! J’lui ai rien demandé ! Allez, c’est parti pour un p’tit mensonge :

- « Ne l’écoutez pas. Il raconte n’importe quoi. C’est lui qui m’a embarqué là-dedans. Je vais rentrer. Bonne chance pour trouver pourquoi ces gamins sont morts. »

- «Attends petit ! Où as tu eu l'information qu'ils sont décédés ?»

Comme je leur avais tourné le dos dès la fin de ma phrase pour rentrer, le vieil homme avait saisi mon épaule pour me retenir. J'avais frappé sa main dès qu'elle avait effleuré mon épaule en lui disant de ne pas me toucher. Comme si je pouvais avoir confiance en ces hommes en blouses blanches. On disait qu'ils étaient intelligent et qu'ils inventaient toutes sortes d'objets utiles ou non à la société. Si il avait quelque chose en sa possession qui lui permettait de distinguer les Üniks des Parias j'étais grillé ! Hors de question de me mêler à ces types et de risquer ma peau. Même si ma vie est misérable j'y tenais.

- « Comme si j'allais vous dire ce que je sais. Vous avez trois jours. Débrouillez vous. Vous êtes des êtres supérieurs alors prouvez le.»

Et je m'éloignai dans la foule.


Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Ven 23 Juin - 1:41

La foule effarouchée fut difficile à rattraper. Ce peloton de cris, pioches et fourches avançaient terriblement vite, écrasant tout sur son passage, telle une troupe des pires rebuts de la Sylva. Ils hurlaient, s’égosillaient, appelaient au sang. Terrifiant. Bien que l’on soit en pleine course, je me mis instinctivement en recul, bien derrière. Des souvenirs brûlants et douloureux remontaient à la surface. Pas agréable. Ces mouvements de colère m’angoissaient terriblement. Tout se soulevait sous le tonnerre de leurs puissants pas. Ils avaient mis tant de distance que je crus que nous allions lâcher avant. Sullivan pourtant, comme prit d’une énergie fulgurante, fut en quelques secondes téléporté  devant l’entrée du désert. Quelle incroyable vitesse ! Pourtant ils étaient bien plus loin qu’eux ! Sullivan avait-il caché un don insoupçonné ? Il avait bien meilleure forme physique qu’il ne le prétendait. Ce même homme qui disait n’avoir aucune capacité en dehors de son laboratoire, se révélait aussi rapide qu’un mercenaire….

Les premiers de cette troupe de Nagos furent si surpris, d’ailleurs, qu’ils s’arrêtèrent sous le choc, freinant comme ils pouvaient sur le sol poussiéreux et rocailleux. Yeux grand ouverts comme apeurés de le toucher. Cela fit effet de chaîne. BOUM, BOUM, BOUM ! Et chacun se retrouva tant que mal sur ses deux pieds. La foule fut tout à coup timide, comme impressionné par la prestance de ce beau jeune homme blond. Il se tenait droit et fier, la blouse blanche flottant au vent, un sourire léger avec des yeux toujours aussi malicieux, mais autoritaires. J’étais bluffée. A lui seul, il avait calmé une troupe en furie. Bluffée mais suspicieuse…. Sullivan cachait bien des choses. Qu’est-ce que cet homme allait-il encore réserver ?

« C’est trop dangereux pour vous. Vous ne tiendrez jamais dans ce désert. »

Un homme costaud aux épaules carrées se bomba, poings serrés. Ce devait être le leader, en déduis-je. A Son mouvement, tous les autres s’étaient regroupés autour de lui et l’observaient, prête à bouger à la moindre bagarre. Son visage devint rougeaud, et comme sous l’effet de la colère, sa moustache fournie tressauta. De petites veinules battirent au coin de ses yeux méprisants. C’était un nerveux. Mais un vantard pas si courageux. En témoignait ses légers tremblements et ses yeux hagards.

« On a pas d’ordre à recevoir de vous ! Nous faisons ce que nous pensons être justes puisque personne ne daigne bouger le petit doigt ! Allez bouger de là et laissez nous passer ! »

Je leur laissais vaguer à leurs disputes. Je ne faisais que figuration, et puis, je n’avais pas intérêt à me faire remarquer. J’étais encore …populaire par ici. D’ailleurs le chefeton me jaugea et se gratta la tempe, yeux dans le vague, comme si il se rappelait de quelque chose. S’éclipser. Maintenant.

-Ce n’est pas moi qui vais le faire mais elle. Elle est dockeuse tout comme vous et est capable de supporter les fortes chaleurs. Elle a déjà mis les pieds dans le désert et elle saura où chercher. Laissez là faire et je vous promets des résultats ! »

Quoi ? Ah parfait. Bravo. Merci la discrétion. Que fichait Sullivan ? Il savait très bien en connaissant l’histoire de mon père que j’étais considérée comme une maudite, une sorcière dans les docks ! et voilà qu’il me mettait au-devant de la scène ! Et puis quel menteur ! Une peau porcelaine ne ferait pas long feu dans ce désert ! Il pouvait déblatérer n’importe quoi maintenant, il me fallait une bonne raison pour suivre ce cinglé ! Aller dans le désert pour lui ? Et puis quoi encore ?

Le ton monta beaucoup, mais finalement Sullivan réussit à disperser la foule. Seul un gamin aux cheveux blanc brillants resta. Le chef, toujours agacé, tenta de refourguer l’inconnu. «  Il semble intéressé par l’affaire » il avait fait son coup de colère. Maintenant il voulait retourner à ses occupations. Manque de bol. Ça ne convenait au « gamin «  visiblement. Il prétendait que les enfants disparus étaient morts, et tourna les talons. Comment savait-il ? On était les seuls, qui dans ce désert …Sullivan le rattrapa et se prit un coup. Hargneux celui-là. Le scientifique avait la moitié de son faux masque encore sur le visage et sa fausse barbe à demie arrachée pendouillait sur son menton. Il avait l’air un peu pitoyable sur le coup.

« Comme si j'allais vous dire ce que je sais. Vous avez trois jours. Débrouillez-vous. Vous êtes des êtres supérieurs alors prouvez le

Il semblait dégager de la peur et de la colère…En particulier envers le scientifique… Décidément, Sullivan s’attirait de l’antipathie . Ça n’allait être pratique pour avoir de l’aide…

La poupée de ma poche me piqua dans la cuisse. « AAAAAh ! » cri de souris ridicule en sortit de ma gorge. Mais ce fut moins la gêne de tous ces yeux rivés sur moi que l’innommable odeur qui me souleva le cœur. Une senteur atroce, putride, comme un corps en décomposition, des chairs pourrissant au soleil, ces odeurs de moisissures qui vous prenaient à la gorge. Des frottements angoissants se rapprochaient de mon dos. Cric, crac, cric, sblich, prrrr…. Comme une boue fétide dans laquelle on marchait. Ma poupée me piqua de plus belle, comme si elle voulait fuir un danger. Au fond je ne voulais pas.  Voir derrière. Mes yeux pleuraient de dégout, mon corps entier trembla mais je me retourna.

Un gamin à peine haut comme trois pommes tenait un couteau aiguisé à deux mains. Enfin un gamin… plutôt une momie recouvert de bandages jaunâtres et mal agrafés. Ses yeux fous inflammés se distinguaient de son visage plongé dans l’ombre. Les bandages mal recollés laissaient voir des bouts de chair…pelés. Ecaillés. Blessures purulentes…. Il ne m’en fallut pas plus. Je m’écroula sur le sol et vomit, laissant ma fierté avec.

« Vous cherchez les gamins du désert ? Ceux qui sont pas cramés ? N’allez pas sous cette foutu canya, v’les trouverez pas ! Fin pas comm’ça ! Je les connais moi, c’est mes camarades ! Mais si vous les cherchez, faut que j’vous fasse voir les autres. Sinon vous z’allez pas capter ce qui se passe… Mais pas de misère, pas d’embrouille le blond là ! Le gamin secoua sa lame vers Sullivan "Suivez-moi comme il faut et tout ira bien ! Passe-moi ta cape le blond !"

Le couteau bien en main, il chopa avec une rapidité aiguisé la cape pour se couvrir. Non du soleil évidemment. Mais des regards. Il me prit par la main et commanda la troupe fermement:

«  allez on avance, c’est par là, vers les ghettos . Le premier qui m’fait un sale coup j’le plante ! »

De la troupe il préféra garder Sullivan son assistante et moi. Les autres, le visage vert, fuirent sans rechigner les lieux. Son horrible odeur de mort nous colla jusqu’aux tréfonds de la ville . Ça allait finir par pénétrer notre peau . Au moins, cela écarta les curieux et la foule. Je ne sais comment mes nausées ne se transformaient pas à nouveau en vomissement avec tous les bruits autour. Enfin le gamin bandé nous poussa à l’intérieur d’une maison en bois pauvre, dépourvue de lumière.

Nous nous écroulâmes sur le sol, tandis qu’il claqua la porte d’un geste sec . Nous voilà dans un noir total et cela ne le dérangeait pas. Il s’y sentait même à l’aise alors que nous étions dans la panique. L’odeur…cela empirait maintenant. J’en suffoquais . tap tap ! Claqua des mains le kidnappeur

Immédiatement des centaines de flammes s’allumèrent d’un coup. Le taudis fut éclairé en quelques secondes. Mais j’aurais préféré le noir. Un cauchemar. Je voulus hurler. Pire que ce que je n’aurais jamais pu imaginer….
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 25 Juin - 13:46


Notre « échec » en tant que groupe me conforta dans l’idée qu’il fallait mieux être seul que mal accompagné. Des scientifiques étaient venus nous empêcher de mener l’enquête pour je ne savais quelle raison et ils voulaient même qu’on leur mâche le travail en leur balançant nos informations. Ils rêvaient éveillés ! Comme les autres, je n’avais pas fait long feu aux portes du désert et j’avais fait demi-tour. Plutôt mourir que de faire équipe avec ces gens-là. Je travaillerai seul. Comme je l’avais toujours fait. Je fis plusieurs allers-retours autour de la porte jusqu’à ce que les scientifiques aient déguerpi. Une fois la voie libre, je pris la direction du désert. Sans la moindre hésitation. Je l’avais déjà traversé une fois. Et j’en étais revenu vivant alors que j’étais bien plus jeune et bien moins débrouillard. Mon escapade de tout à l’heure s’était bien passée aussi. Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. J’étais bien préparé. Dès que mes pieds foulèrent le sable, j’avais enfilé ma capuche.

Le soleil tapait fort. Encore plus que tout à l’heure. Chaque pas me semblait être plus difficile que le précédent. J’avançais néanmoins à mon rythme. Lentement mais surement. J’avais décidé de retourner à l’endroit où j’avais découvert le cadavre de l’enfant, qui m’avait exposé à la réalité des rumeurs qui circulaient dans Nordkia. En bon désert qui se respectait, chaque dune, chaque trou, chaque caillou se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Il me fut donc difficile de retourner sur mes pas. Et manque de chance, lorsque je pensais être arrivé à destination, le corps avait disparu. Manger par les corbeaux ? Ou m’étais je trompé d’endroit ? Les deux possibilités étaient plausibles. Même si je penchais plus pour la seconde. Je soupirais. Le point de départ de mon enquête s’envolait. Mais je ne m’avouais pas vaincu ! Après avoir trouvé un petit coin d’ombre, je m’y posai. Juste un peu, le temps de me rafraichir. Je n’y restai pas longtemps car un bruit inhabituel dans le désert m’interpella.

Discrètement, je m’étais approché. Le sable absorbait les sons assez facilement. Il suffisait juste de faire attention. En face de moi, il y avait un homme. Enfin ce qui semblait être un homme. Il portait une capuche et je ne pouvais voir son visage mais ses doigts étaient enroulés dans une bande. Il semblait très intéressé par ce qui se trouvait dans le creux de la dune. Le vent me soufflait ses mots. Celui-là est déjà mort. Celui-là aussi. Ahh ! Celle-là respire encore. Il attrapa ce qui se trouvait dans le sable et le mit sur son dos. J’étais trop loin pour voir exactement de ce qu’il s’agissait mais je pouvais deviner. Les notions de vie et de mort ne s’appliquaient qu’aux êtres vivants et ça ne semblait pas être un animal. C’était surement un des enfants ! Deux de plus étaient décédés mais il restait un espoir pour celui-là. Autrement, l’individu ne ferait pas l’effort d’essayer le ramener en ville. Malheureusement, il fit à peine 20 mètres qu’il s’était écroulé, la face dans le sable. Je n’étais pas spécialement un bon samaritain mais si jamais le « sauveur » et l’enfant venaient à mourir dans le désert alors que je pouvais filer un coup de main, je risquais de m’en vouloir… Longtemps… Je lâchai un long soupir avant de me décider à me montrer. Je m’étais approché des deux jeunes gens. En plus de la chaleur, il y avait maintenant une sale odeur de moisissure qui remplissait l’air. Est-ce qu’elle venait des deux cadavres encore enfoui dans le sable ? Ou bien de l’individu aux bandages ? Malgré l’odeur putride qui me donnait envie de vomir, je pris son fardeau sur mon dos, qui s’avéra être une petite fille et l’aida à se relever. Surpris, il avait levé son visage vers moi. Bandé comme ses mains, certaines plaies étaient restées apparentes et semblaient être bien infectés. Avec un tel physique, il était difficile d’estimer son âge. Mais vu sa petite taille, il devait à peine avoir une dizaine d’année. Il me remercia et nous prîmes la direction de Nordkia après avoir couvert l’enfant d’une cape. En chemin, nous discutâmes un peu. Autant récolter des informations tant que je le pouvais:

- "Qu’est-ce que tu faisais par ici ? Habituellement les dockers ne viennent pas s’aventurer dans les dunes."

- "J’ai entendu parler des rumeurs qui circulent depuis quelques semaines et j’ai voulu voir si elles étaient avérées. J’en ai eu confirmation tout à l’heure, lors de ma première ballade dans le désert et maintenant je tombe sur toi."

- "Ahh… Il y en a eu un autre alors …" Un voile de tristesse passa dans ses yeux gonflés.

- "Comment ça un autre ? Et comment savais tu qu’il y aurait des enfants dans ce coin ci ?

- "On va dire qu’il s’agit de mon travail… Mais je t’expliquerai plus tard. Il faut déjà l’emmener au logis pour qu’elle reçoive des soins. "

- "Au logis ? Pourquoi pas à l’hôpital ?"

- "C’est une Hybrid. Jamais elle ne se fera soignée là-bas."

- "Comment tu sais ça ?"

- "C’est mon don. Et elle me l’avait dit lorsque nous étions là-bas … Je sais aussi ce que tu es. Mais rassures toi, je ne peux rien dévoiler à qui que ce soit. Et pis, je sens que tu as le cœur noble. "

En disant ces mots, il avait posé sa main à l’endroit où était censé se trouver mon cœur. Cependant, ce qu’il avait dit juste avant me fit frissonner malgré l’écrasante chaleur du désert. Il connaissait mon secret ? Et ce, grâce à son don ? Ce genre de chose existait vraiment ? Ou alors c’était du bluff pour se servir de moi par la suite ? Même si il divulguait l’information, y aurait-il des gens pour le croire ? Il avait la taille d’un gamin mais le corps d’un malade en stade terminal. Jamais quelqu’un de sensé ne l’écouterait. Du moins je l’espérais… Les chevaliers vérifieraient peut être la véracité de ses dires. Après tout, je ne pensais pas les üniks capable de faire une croix sur une chasse aux parias… Je devais rester sur mes gardes maintenant que je savais qu’il avait quelque chose qui pouvait jouer contre moi. Nous terminâmes la route en silence jusqu’à une petite maison en bois pauvre.

Il n’y avait personne autour de la maisonnée. Même si j’avais déjà fait plusieurs fois le tour de la ville, c’était bien la première fois que je m’aventurais par ici. Le gamin ouvrit la porte et entra. Je le suivis ensuite malgré un petit temps d’hésitation. Je ne savais pas ce qui m’attendait à l’intérieur mais il était un peu tard pour reculer. La luminosité étant faible, mes yeux eurent du mal à s’habituer. Et seulement lorsque je commençais à distinguer les objets dans les pénombres, une multitude de flamme s’allumèrent. Ce que j’avais pris pour des objets à la base n’étaient autre que des enfants allongés à même le sol sur des fines couvertures. Tous avaient des bandes un peu partout sur le corps. Certains semblant souffrir criaient. D’autres, moins amochés, tentaient de calmer leur douleur en leur parlant ou en les maintenant couché. C’était vraiment moche et triste à voir. Sans parler de l’odeur nauséabonde qui emplissait l’air de la maisonnette. Mon camarade de route me laissa en plan pour aller chercher quelqu’un. Est-ce que tous ses enfants avaient connus le même sort que la petite que je portais sur mon dos ? Qu’est-ce qui se tramait dans ce maudit désert ? Je n’avançais pas vraiment. Pour le moment, je ne savais que ça. Des enfants de toutes races disparaissaient. On retrouve des corps de gamins dans le désert. Et maintenant, je sais que certains sont sauvés in-extrémis par d’autres enfants. C’était vraiment bizarre… On me demanda de rejoindre dans la pièce d’à côté Sora, qui devait être celui que j’avais accompagné. Je ne me fis pas prié. Je traversais la pièce où s’alignaient les lits de fortunes.

Arrivé dans la nouvelle pièce, beaucoup mieux éclairé, je retrouvai mon compagnon de route. Il me demanda de poser la petite hybrid sur la table. Sur celle-ci avait été posée une couverture. Elle allait vraiment recevoir des soins ici… ? Je comprenais mieux pourquoi leurs plaies étaient aussi mal soignées et toujours aussi purulentes. Le pourcentage de chance de survie devait être faible... Mais toujours plus élevé que si elle était restée dans le désert. D’autres personnes entrèrent. Un qui ressemblait beaucoup au dénommé Sora à l’exception qu’il était plus grand. Peut-être était-il plus âgé. Et trois autres qui m’étaient familier. Les deux scientifiques et leur camarade à la peau claire. Qu’est-ce qu’ils faisaient ici ?! Moi qui espérais ne plus croiser leur route, c’était raté. Je soupirai discrètement alors que l’inconnu prit la parole :

- "Vous les scientifiques, voyez ce que vous pouvez faire pour la gamine là. Et pas d’entourloupe hein ! Je vous ai à l’œil ! Quant à vous les deux gamins, suivez-moi. Et ça vaut pour vous aussi. Au moindre geste suspect, j’vous descends, c’est clair ?! "

Lui non plus ne semblait pas beaucoup apprécier les scientifiques. Il leur avait parlé sans même les regarder, sauf pour les menacer. En tout cas, il savait parler à ses invités et les mettre en confiance… Sans d’autres choix, je suivis l’individu. Je n’allais pas dire que j’étais très rassuré mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Il faudrait peut-être que j’arrête de mettre mon nez où il ne fallait pas. L’individu nous fit retrouver l’air frais et reprit la parole :

- "J’fais pas confiance à ces salopios de grosses têtes. Vous m’semblait être de bon p’tit gars alors j’vais vous expliquer à vous. Après vous faites c’que vous voulez d’ces infos. Vous avez pu voir ce qui arrive à certains des gamins. On les r’trouve et on essaye d’les soigner du mieux qu’on peut si ils sont encore en vie. Une fois remis sur pied, ils restent avec nous. Je sais c’que vous allez dire. Pourquoi ils r’trouvent pas leur parents ? Vous pensez vraiment qu’ils vont les r’connaitre dans l’état dans lequel ils sont ? impossible. Certains ont essayés mais on n’sait pas c’qu’ils sont devenus. ‘fin bref. Y’a ceux qui vivent ici. Y’a ceux qui meurent comme des chiens dans les dunes. Y’en a certains qui arrivent à se faire la malle et ceux-là vivent dans les dunes on n’sait où et y’a ceux qui sont encore là-bas."



Dernière édition par Kei Hynawa le Jeu 20 Juil - 18:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Mar 27 Juin - 15:42





-Oh merde…

L’assistante qui jusqu’a présent n’avait presque pipé mot, brisa à la surprise de Sullivan, ce silence glaçant. Sa peau colorée était devenu plus pâle que moi. Elle fut parcourue de légers frissons, faisant trembloter ses yeux mouillés. Son regard était horrifié et flottait dans le vague, comme en transe. Sullivan avait perdu de son assurance. Il évitait, comme honteux, les enfants étendus sur le sol. Il se frottait frénétiquement les yeux et le front. Allait-il-lui aussi être au bord du malaise ? Son sourire farceur s’était transformé en moue soucieuse. Il paraissait vraiment inquiet. Il eut alors un geste qui m’étonna totalement, bien que je ne le connaissais que depuis quelques heures. Il se dirigea d’un seul coup vers la jeune femme et la prit par les épaules. Il la secoua sans brusquer, puis lui fit des caresses et des gestes doux. Comme un amant ou un père,il la lova sur sa poitrine en lui murmurant des secrets à l’oreille. La scientifique se relâcha et s’abandonna, larmes aux joues dans ses bras. Quelle scène surréaliste. Ces deux -là m’étonnaient une fois de plus….

-Naîa, la guerre est finie. On peut les sauver tu sais, tout n’est pas perdu…

Naîa sembla soulagée par ces mots, mais la voix de Sullivan me semblait plus qu’hésitante. Il ne croyait pas ce qu’il disait. Je m’approchai des gamins. Notre kidnappeur faisait la ronde pour examiner les lits et criait sur ceux qui lui désobéissaient. Même haut comme trois pommes, tout le monde se dressait à son écoute, obéissant immédiatement à la moindre écartade. Je sais. J’avais vu, connu ça, c’était les liens particuliers des gamins de rues. Les parents, trop chargés ou les ayant abandonné, ils étaient délaissés aux lois sauvages des docks. Leur seule façon de survivre : trouver un chef et se regrouper entre eux. Ce gamin me faisait penser à Samia…avait-elle survécu ?

Sullivan et Naîa , livides se promenaient parmi les malades , mouchoirs sur la bouche. Je fis de même. Des lits et des lits à même le sol, si maigres qu’ils en épousaient le plancher. Des gamins partout, aussi momifiés que le gamin. Cette odeur… certains étaient au bord de la mort. Ceux qui gesticulaient encore étaient trop faibles. Leurs bras dansaient dans le vide, comme si ils espéraient que le grand sommeil ne les rattrape pas. Je lisais de la peur dans leurs yeux. Où avait je vu ça ? aaaah. …. Les images restaient bloquées. Ces corps… pourquoi cela me semblait si familier ?

Naîa semblait vivre un enfer et Sullivan paraissait partagé entre chagrin et profonde colère, malgré que le mouchoir m’empêche de lire complètement son visage. Un fil me tira. La poupée était sortie de ma poche et piquait un gamin, bien éloigné de la pièce sans que je ne sache pourquoi. Mes poupées étaient capables de bouger par elle mêmes, mais uniquement pour quelque chose d’important. Et là, elle s’accrochait à ce petit être seul, dans un coin, respirant péniblement….

Tout s’agita en un éclair lorsqu’un vieux barbu entra vigoureusement dans la pièce, pour porter un petit corps à moitié mort sur une table. Et oh surprise ! Le blanc grincheux de tout à l’heure ! Voilà qu’on se retrouvait à nouveau ensemble…Pas le temps de respirer. Le vieux devint fou à notre présence. Mais pas par rapport à moi. Sans étonnement… Sullivan. Il glapit quelques ordres et m’emmena le blanc et moi à l’extérieur. Comme je le pensais, il n’avait pas confiance à propos des scientifiques. Il nous proposa d’aller chercher les gamins et de les soigner içi. Me faire confiance à moi ? Tu vas voir le vieux. Ce n’est qu’une question de temps.

Mais le temps passa beaucoup plus vite que prévu. Sullivan attrapa le vieux par sa cape et le ramena dans la pièce. J’accourus immédiatement à leur suite craignant une bagarre.

"Ah ouais ? vous nous faites pas confiance ? mais vous êtes complètement taré ma parole ! comment pouvez-vous traiter ces gamins de la sorte ? ils vont crever ici ! cette maladie je la connais, c’est une épidémie de  la guerre ! le grand bouleversement de Nordkia. Ca nous insulte alors que nous monsieur, nous, nous étions sur le front ! on gérait des malades et des malades à la suite, et c’est nous qui avons dû les enterrer et les brûler ! regardez ma disciple ! elle en a failli perdre son humanité ! il y a peut-être de l’espoir pour ces gamins et vous les laisser crever dans leur fange !"

L’épidémie de Nordkia… voilà pourquoi ceci me semblait si familier. Les fosses communes, les rats … les horreurs de la guerre revenaient en moi. Je compris le comportement de Naîa. Peu de monde s’en était complètement remis en vérité. Je les croyais tous morts. Il y avait dû avoir un nouveau foyer… la maladie ne pouvait pas réapparaître comme ça. Je ne connaissais pas le rôle des scientifiques dans l’histoire. je découvrais son humanité. cette colère, c'était la situation des gosses. Peut-être que leur froideur et leur dévouement aveugle pour la science n’était que préjugés. Mais il est vrai que Sullivan semblait à part dans le monde des laborantins…

Ce que je craignais arriva. Comme une explosion, ce fut le fracas entre les deux hommes. Ils s’en prenaient aux mains et gueulaient chacun leurs arguments. «  C’est mes gosses ! Je les ai sauvés de la rue ! » «  Vous n’en aurez plus dans deux jours ! » «  J’ai un don moi ! » «  Tout le monde sait que les dons c’est les hybrid, vous êtes un foutu docker ! » «  ptete mais y’a que moi pour les sauver ! » « Et là, ils sont quoi ? Pas à demi morts ? «  

Le bruit me déclencha des palpitations. J’alla me recroqueviller dans le coin du gosse abandonné. Naîa était dans un état second. Le gosse respirait mal, et ses yeux étaient jaunes. Ce n’était plus un souffle, mais un râle.

« je vais mourir hein ? J’aurais voulu que papi chef me dise adieu » il me prit ma poupée pour la triturer «  dis t’es la sorcière, tu peux rien faire ? M’en fous, c’est fini. Prend mon âme. Fais ce que tu peux pour retrouver mes frères. ‘Toute façon je suis plus rien pour …personne. Au revoir…papi »

Dans un râle glaçant, il rendit l’âme. Discrètement, je fis mes affaires de « Sorcière » et je planta l’aiguille dans son cœur. Une boule bleue pâlotte bava sur mon aiguille. Une âme fraiche… je fis avaler ma poupée surexcitée. Maligne. Elle l’avait flairé depuis le début. Ma macabre récolte fut riche. Trois autres gamins clamsèrent à la suite. Et j’extirpais nerveusement leurs âmes. Un cri me fit valser en arrière :

« Qu’est-ce que tu fais ? Quoi ? La noiraude ! T’es la sorcière c’est ça ? Comment z’avez pu l’amener içi monstres ! Touche pas à mes gamins, sale cadavre !" il se précipita comme un fou pour bercer ses pauvres êtres chétifs. Comme je le prédisais, il s’aperçut de mes basses œuvres. Il me cracha au visage et voulut prendre un bâton. «  Connasse ! Tu les tué ! Je le savais ! Tu mérites qu’on te pende ! » Les gosses étaient tous surexcités et criaient « papi chef ! Papi chef ! » A ma grande surprise alors que je croyais finir lapidée, le gosse momie réapparut pour faire barrage et calmer le papi dans un coin. Une bougie éclairait leurs visages. Son visage ridé s’était affaissé. Ses yeux reflétaient du désespoir, du chagrin. Son visage vallonné de plis et de veines montrait un type fatigué et rongé par l’angoisse.

« Papi… si j’ai amené ces scientifiques c’est que je sais que tu ne peux plus rien. Tes mains sont magiques mais nous allons mourir. Papi j’ai peur… je sais qu’il y a un espoir dans le désert. Cet homme, cet originaire bizarre dans les sables. Je vais trouver sa cachette et lui voler son remède"

«  N’y vas pas gamin. Tu vas mourir. Tu as vu tes camarades ? Aucun ne s’en est sorti vivant. Qui va veiller sur moi hein ? Et tes frères ? Je n’ai pas envie que tu meures. C’est un mythe. Je suis sûr de pouvoir y arriver…"

Le gamin ne l’entendait pas de cette oreille. Il fila entre ses doigts, le laissant seul à son chagrin. Devant nous il s’échappa de la maison, furieux.

« Je sais qu’il y a un espoir dans le no m’ans land ! J’irais et je trouverai la solution ! C’est ça ou la mort papi !"

Sullivan, la disciple et moi l’avions laissé partir, yeux globuleux, comme si le temps s’était suspendu. Maintenant, il allait falloir le rattraper pour résoudre ce mystère des sables et l’empêcher d’être l’énième cadavre du désert…..



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MessageSujet: Re: Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)   Dim 9 Juil - 11:19


Le vieil homme nous avait pris à part, la fille à la peau blanche et moi, pour nous expliquer ce qu’il savait sur les enfants du désert. Les informations étaient toujours bonnes à prendre même si elles étaient peu précises. Le vieillard avait à peine eu le temps de terminer son mini monologue que le scientifique avait débarqué tout énervé. Il engueulait le pauvre vieux qui tentait par ses propres moyens de venir en aide à ces gamins. Je ne fis aucun commentaire quant à ses paroles mais je n’en pensais pas moins. Qu’est-ce qu’un scientifique pouvait bien raconter alors qu’ils passaient leurs temps à l’abri, enfermé dans leur labo h24sans se préoccuper du monde extérieur ? Il disait avoir été sur le champ de bataille lui ? Et alors ? Qui était à l’origine de cette guerre ? Les gens de sa race non ? Et les Hybrids bien sûr. Il n’était pas vraiment en position de blâmer le vieil homme. Surtout que parmi les enfants malades certains étaient probablement des hybrids ou des parias et peut être même des quantiks. Les soignerait-il s’il savait ? J’avais un énorme doute là-dessus. Alors que j’énumérais toutes ces contradictions dans mon esprit, les deux hommes en étaient venus aux mains. Eh ben… C’est du propre, s’en prendre à un vieil homme malade… Décidément je ne pourrais jamais aimer ces grosses têtes.  La deuxième scientifique semblait paumée dans ses pensées et la fille à la peau blanche s’était éloignée pour rejoindre un gamin couché dans un coin. Chacun vaquait à ses occupations. Qu’est-ce que j’allais faire moi… ?  Et si j’arrêtais la bagarre des deux hommes ? Après tout il y avait mieux à faire que de se battre non ? Surtout devant des enfants. Je pris ma décision et m’interposai devant les deux individus.

- " Calmez-vous messieurs. Vous donnez un mauvais exemple aux enfants là. "

Malheureusement, le calme ne dura pas. A peine la tempête apaisée, que le vieillard reparti mais cette fois en s’en prenant  à la fille à la peau blanche. Sorcière ? C’était quoi cette histoire ? Elle ne ressemblait pourtant pas à une sorcière. Après les insultes, il l’accusait d’avoir tué les petits. Je veux bien que le vieux ait des circonstances atténuantes mais vu l’état des enfants à notre arrivée, ce n’était pas cette « sorcière » qui était à l’origine de leur décès. Ce n’était pas très juste de l’accuser ainsi juste à cause de rumeur. Enfin, je supposais tout ça. Je n’ai jamais entendu parler de sorcière depuis que j’étais arrivé à Nordkia. Quand bien même j’avais tendance à laisser trainer mes oreilles un peu partout. Peut-être poserais-je la question à la principale intéressée si jamais l’occasion se présentait. C’est finalement l’un des enfants qui calma le vieil homme. Il expliqua qu’il allait partir à la recherche d’un homme vivant dans le désert et qui aurait un remède à leurs maux. Ça ressemblait plus à une légende qu’à quelque chose de véridique. Mais on ne pouvait en être certain qu’après l’avoir vu de ses yeux. Je comprenais l’envie du garçonnet. Le grand père tenta de le dissuader mais sans succès. Il n’écouta rien et parti en courant, clamant haut et fort qu’il trouverait une solution. Mon regard passa au tour par tour sur chacune des personnes restantes dans la pièce. Le vieillard qui semblait complètement anéanti alors que les deux scientifiques et la ‘sorcière’ paraissaient étonné par la tournure des évènements. Pouvions-nous vraiment laissé un gamin malade poursuivre une chimère pareille sans rien faire ? La réponse était évidente pour moi. Je n’avais pas voulu laisser tomber la gamine de toute à l’heure et l’avait ramené sur mon dos. Je n’allais pas laisser le gamin livré à lui-même non plus. Je devais vraiment être trop gentil… Et le vieux en rajouta une couche en me murmurant :

- " Je t’en prie gamin. Veille sur lui et ramène-le en un seul morceau. "

Je devais vraiment avoir une tête qui lui revenait vu la confiance qu’il m’accordait alors que l’on venait juste de se rencontrer. Ou alors, les trois autres avaient des têtes qui ne l’inspiraient pas. En même temps… Entre deux grosses têtes, une ‘sorcière’ et un gamin des rues, je pense que j’aurai fait le même choix que lui. Je posai une main sur son épaule en acquiesçant comme pour lui indiquer que j’avais bien compris sa requête et que je ferai mon possible pour répondre à ses attentes. Sans jeter un regard aux trois autres, je m’élançai dans les pas du jeune garçon.

Etant plus âgé et grand que lui, j’étais parvenu à le rattraper sans trop de mal. Il avait forcément râlé quand je lui avais dit que je souhaitais l’accompagner dans son aventure. Il s’adoucit lorsque je lui expliquai que c’était plus pour comprendre comment des enfants pouvaient disparaitre en pleine santé et réapparaitre à moitié mort de maladie dans l’aride No man’s land. Ayant déjà trainé dans le désert quelque fois, et l’ayant même traversé il y a quelques années, je savais qu’il n’était pas à prendre à la légère. La moindre erreur pouvait être fatale. Encore plus lorsque l’on était plusieurs et que l’un des membres étaient une brebis galeuse. Sans paraitre trop rude, je lui avais demandé s’il s’était bien préparé. Cape. Eau. Couverture. Ces trois objets étaient essentiels si on voulait s’aventurer dans ce désert. Sûr de lui, il m’avait rembarré. Il avait pensé à tout et était prêt pour l’aventure. Il allait trouver le bonhomme. Lui demander son remède et soigner ses petits camarades. Ahh… Si seulement tout pouvait être aussi simple que dans l’esprit de cet enfant…  Pendant que nous discutions, les trois autres nous rejoignirent. A mon plus grand désarroi, j’allais devoir faire équipe avec les deux scientifiques. D’ailleurs, l’homme prit la parole :

- "Nous allons t’accompagner. Nous aussi, on aimerait bien rencontrer l’homme au remède. Et puisque l’on va faire équipe, je suis Sullivan. Voici Naîa, mon assistante. Et Anya, une amie." Il s’était d’abord désigné, puis avait pointé son doigt vers la femme à la peau sombre et enfin celle à la peau blanche.

- "Je m’appelle Kei."

Le strict minimum. Je n’étais déjà pas enchanté de voyager avec eux, alors pas question d’en faire plus que nécessaire. Le gamin se présenta également. Il s’appelait Timmy. Les présentations terminées, nous prîmes enfin la direction du désert. Chacun avait visé sa capuche sur sa tête et il était difficile d’avancer avec la chaleur. Le dénommé Sullivan discutait avec son assistante. L’enfant et la ‘sorcière’ marchaient devant moi. Non je ne traînais pas. Il fallait avoir quelqu’un pour assurer les arrières. La vérité était surtout que je ne voulais pas avoir des inconnus dans mon dos. Et puis, de cette façon, j’avais une vue d’ensemble. Régulièrement, nous fîmes des pauses. Nous avancions sans vraiment savoir où diriger nos pas. Il n’y avait pas vraiment de carte qui indiquait où nous nous trouvions, ni où nous pourrions trouver la personne que l’on cherchait. Cela serait bien trop facile sinon. Plus je me disais qu’il faisait chaud, et plus la sensation m’oppressait. Je m’efforçai alors de penser à autre chose. L’histoire de la ‘sorcière’ me revint alors en tête. Je m’approchai d’Anya pour l’interroger. Je me disais qu’il était surement mieux vu de lui demander directement que de passer par un intermédiaire.

- "Excuse-moi. Anya, c’est ça ? Tu vas surement me trouver un peu trop curieux mais… C’est quoi ce truc qui brille là-bas ? "

Je n’avais finalement pas posé ma question. Quelque chose avait attiré mon regard au loin. Un objet scintillait dans les dunes. Enfin, je pense… Je n’en étais plus très sûr. Peut-être que le soleil me tapait un peu trop sur la tête et que l’insolation me guettait. Pour être fixé, je m’étais dirigé vers la source de la brillance sans prêter attention au reste du groupe.  Qu’ils me suivent ou non, je voulais être sûr de ce que j’avais vu. Plus j’avançais et plus j’avais l’impression que mon objectif s’éloignait. Le coup de chaud ne devait vraiment pas être très loin. Malgré ça, je continuais d’avancer. Même si, à force, je ne regardais plus où je posais mes pieds. Et ça me porta préjudice. La seconde d’après, je me retrouvai en train de manger du sable chaud. Beurk. J’avais trébuché sur une pierre. C’est ce qui arrive lorsqu’on n’est plus concentré. Je me relevai péniblement en frottant mon visage pour éliminer les grains de sable récalcitrants avant de me tourner vers l’origine de ma chute. Ce n’était pas un caillou. C’était plus grand et volumineux que ça. C’était un enfant allongé sur le dos. Il avait de longs cheveux bruns. Il était faiblement vêtu. Pas de cape pour le protéger des rayons de l’astre. Un simple débardeur gris abimé. Un short usé et troué. Sa chair était roussie par le soleil. Je m’accroupis près de lui pour le retourner et prendre son pouls. Vivant. Faible mais vivant. Ce qui expliquait l’absence de charognard autour de lui. Vu l’état de sa peau malgré les brulures infligées par le soleil, il ne semblait pas avoir la même maladie que les autres gamins que l’on avait rencontré à Nordkia. Je sortis d’abord une gourde pour le faire boire un peu puis une couverture de mon sac pour le couvrir et le protéger des rayons solaires. Je le pris ensuite dans mes bras. Difficilement. C’est qu’il était lourd le bougre ! C’est là que je remarquai qu’il portait des fers aux poignets et au cou. Qu’est-ce que c’était encore que ce bordel ? Il avait été séquestré ? Et il aurait réussi à se faire la malle ? Ces questions resteront sans réponses tout le temps qu’il serait inconscient. Je finis par rejoindre le restant du groupe qui n’avait pas beaucoup avancé. Avec un poids en plus.



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Les Enfants du désert (pv Kei Hynawa)

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