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Les conséquences de nos actes....

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Qantik militaire (Fleya)

Originaire depuis le : 13/11/2013
Récits contés : 165

RPG
Âge : Apparence 20 ans
Groupe: I.A.
Inventaire: Vorpale, Jeu de carte, Pendantif en forme de symbole d'Alpha, Hobby Horse

MessageSujet: Les conséquences de nos actes....   Dim 30 Juil - 18:59

"Requête base de données mémorielles....
En attente....
Lecture de la plage sélectionnée."


Fleya se souvenait avoir creusé vers la sortie avec la détermination d'un instinct de survie en état d'alerte. Lorsqu'elle avait repris conscience, elle était sous les débris, les gravats et la poussière. Elle avait entendu des grattements sourds, véritables phares auditifs qui l'avait guidée vers où creuser. La terre était plus meuble, et elle était finalement sortie rapidement. La Qantik toussait pour chasser toutes les impuretés et la poussière des philtres et système de distribution de l'air qui lui servaient de poumons. Ses processeurs n'étaient pas encore complètement synchronisés, elle eut tout juste le temps de voir Qwark lui sourire avant de sombrer dans l'inconscience.... Et pourquoi il y avait autant de belettes dans les environs ? Encore hagarde et désœuvrée, la jeune Qantik observa autour d’elle. Poussière, chaos et silence. Synchronisant ses processeurs, elle parvint à remettre de l'ordre dans ses idées. Et alors qu'elle s'était machinalement rapprochée de Qwark pour lui venir, elle se figea nette, et regarda le sol sous ses pieds.

-Non.....

L'éboulement.... Un regard rapide vers la sortie qu'elle avait creusée pour Qwark. Bouchée.... Pas besoin de faire de calcul. Il n'y avait pas de survivant.... La Qantik se laissa tomber à genoux aux côtés de son compagnon.

-Q.... Qu'est-ce que j'ai fais....?

Lentement l'horreur la gagna. Avait-elle réellement causé tous ces dégâts ? Avait-elle réellement tué tous ces gens ? Comment en était-elle arrivée là ? Il ne devait pas y avoir de morts. Il ne devait y avoir que des méchants punis, juste corrigés pour qu'ils ne recommencent plus, mais qu'ils puissent avoir la chance de changer. Ils n'auraient plus jamais la chance de changer....Fleya plaqua ses mains contre sa bouche, alors qu'elle était déjà muselée par le choc. Elle n'avait jamais voulu ça.... Mais à cause d'elle, tant de personnes étaient mortes. Du moins elle en était convaincue. Et Qwark était inconscient, sûrement blessé. La mission avait été une catastrophe complète. Ou presque Qwark avait réussi son travail, lui. Il avait sorti ce qu'ils étaient venus chercher. Fleya dut faire un gros efforts pour trier et ordonner toutes ces données. Elle se releva de nouveau et entendit alors des cliquetis. Ce fut à ce moment là que les rapports systèmes vinrent noyer son cerveau de messages d'alerte. Elle était "blessée". Ou du moins endommagée. Le cache de sa cage thoracique avait été défoncé sous l'éboulement. Il n'y avait plus que ses vêtements pour cacher ce qui lui servait d'entrailles. Elle tira un coup sec sur sa hanche pour la remboîter convenablement et arrêter de manquer de s'effondrer à chaque pas. Sa peau était aussi abîmée à divers endroits.

Elle récupéra son hobby horse qu'elle sangla dans son dos. Elle plaça les outils de Joey dans son torse, laissant ses vêtements les empêcher de tomber. Elle prit ensuite Qwark dans ses bras, et avança comme un zombie mécanique sur le chemin du retour. Son corps lui scandait la nécessité non négligeable de se mettre en veille pour lancer les processus de réparation des systèmes. C'en était presque assourdissant, mais elle ne pouvait pas se permettre de s'arrêter maintenant. Elle se traîna ainsi jusqu'à chez Joey qui faisait les cent pas devant chez lui. Si en voyant la silhouette de Fleya, il avait affiché un large sourire, lorsqu'il distingua son état et Qwark inconscient, son cœur loupa un battement. Il s'était précipité pour venir aider la Qantik, horrifié de son état, et craignant le pire pour Qwark. Le pauvre bougre se maudissait de les avoir laissés partir, s'en voulant profondément de leur état. A peine rentré, ils avaient couché Qwark, il fut rassuré de le voir toujours vivant. Il s'était tourné dès lors vers Fleya, qui s'était trainée vers le siège le plus proche pour s'y échouer, en épave qu'elle était alors.

Par tous les dieux Fleya, que s'est-il passé ?!

Il s'était précipité pour l'examiner et essayer de voir ce qu'il pouvait faire ou bricoler. Elle sortit machinalement les outils de son torse, ce qui avait flanqué un coup supplémentaire au pauvre homme.

Bon sang, tu crois vraiment que c'est le moment de me rendre mes outils ?! Merci beaucoup bien sûr, mais vos états sont clairement plus graves ! Parle moi, dis moi quelque chose Fleya, qu'est-ce que je dois faire ?!

Dans un effort qui lui parut insurmontable, elle articula.

-Les bidons sont à la surface..... Va les chercher.... Et ramène nous aux taudis....

Ses paupières se fermèrent, elle n'avait plus le courage de soutenir davantage cette réalité trop épouvantable dans son état. En se plongeant dans son état de veille, ses programmes d'auto-réparation se mirent en marche. Ils avaient du travail.... Joey aussi ne perdit pas un seul instant. Il fonça vers les taudis chercher de l'aide pour les rapatrier. Et ce ne fut qu'une fois que les deux furent en lieu sûr qu'il termina le rapatriement des bidons de carburant. Il en profita pour faire le plein de la machine de Qwark, en espérant bien que les deux se réveilleraient pour pouvoir en profiter.... L'incident fut rapidement connu de tous, les curieux n'ayant pas hésité longtemps à aller voir sur place ce qu'il s'était passé. Les Cobras n'étaient plus, et pour les populations locales, Fleya et Qwark étaient devenus des héros. Mais personne ne sut que des familles avaient péries avec les hommes de mains.... Le lendemain, Fleya fut la première à se réveiller. Ses protégés avaient veillé sur eux deux avec inquiétude, et furent ravis d'en voir une faire surface.

Enfin ! J'ai cru que tu ne reviendrais jamais parmi nous ! Tu es dans un sale état, mais tu as commencé à te réparer toute seule pour certaines choses. C'est pratique, mais un peu effrayant.... Comment te sens-tu Fleya ?

La jeune Qantik ne parvint même pas à répondre à cette question, encore traumatisée par ce qu'elle était persuadée d'avoir fait. Elle répondit simplement.

-Qwark.....?


Il "dort" toujours, il n'est pas encore sorti de sa veille. Mais il a l'air d'aller bien. Et il y a une belette qui ne le lâche pas d'une semelle, d'où est-ce qu'elle vient ? Bah aucune importance.... Au fait Shorka est là, il semble s'être inquiété de ne pas t'avoir vu rentrer hier et.....

Inquiété le mot est faible, espèce de foutue boîte de conserve !!! Tu veux ma mort ?!

Et.... Je vais vous laisser vous expliquer..... Ménage là un peu vieux grincheux, elle se réveille à peine !

Lysette avait appris à ne pas se laisser intimider par la stature imposant du tivrex, mais celui-ci ne l'écoutait pas. Il s'était approché de Fleya, heureux de la savoir enfin réveillée, mais furieux de la peur bleue qu'elle lui avait faite. Déjà qu'il s'était inquiétée de ne pas avoir eu de nouvelle, mais alors lorsqu'il l'avait trouvée ici dans cet état, ça avait été une catastrophe. Les Cobras n'auraient pas été décimé qu'il l'aurait fait lui-même ! Il était résolu à lui passer un savon dont cette sale gosse allait se souvenir jusqu'à la fin de ses jours, et s'avançait vers elle en la sermonnant.

Non mais t'as vu dans quel état tu es ?! Tu sais l'inquiétude que j'ai pu avoir ?! Sans nouvelle de toi, pour finalement te retrouver comme ça ?! Qu'est-ce qui t'a pris de monter à l'assaut sans moi ?! Tu voulais te faire tu....

-Shorkaaaaaa !!!

Fleya l'interrompit en se jetant à son cou et en fondant en larmes comme il ne l'avait encore jamais vu faire. Ce qui eut le mérite de faire retomber sa colère comme un soufflé sortit trop tôt du four. Déstabilisé par ses sanglots et son état, l'imposant fauve cornu se retrouva tout penaud, et tenta de la réconforter comme il pouvait.

Hm.... Ce.... Ça va aller Fleya.... Je... Je suis là.... Calme-toi allons....

Il ne supportait pas de la voir pleurer, surtout de la sorte, et il commença à paniquer, très embarrassé. Entre deux sanglots, la Qantik vida son sac.

-C'est horrible Shorka ! Ils sont tous morts !

Euh.... oui, c'est qui arrive lors des éboulements ?

-C'est la faute de Fleya ! C'est à cause de moi ! J'ai tapé trop fort quand je les ai repoussé ! Tout s'est effondré à cause de moi ! Fleya les a.... Je les ai tué Shorka !

Pour le félin cornu, il ne voyait absolument pas le problème. Ces types violaient régulièrement "leur territoire" et pillait les ressources des autres. C'étaient des ennemis et des concurrents dans le jeu de la survie. Ils avaient joué, et il avait perdu. Cela faisait parti du jeu de mourir lorsqu'on menaçait la survie des autres. C'était une loi naturelle. Il ne comprenait pas pourquoi la Qantik se sentait aussi mal et aussi coupable. Même si ce n'était pas voulu, leur mort était une bonne chose, elle assurait la sécurité et des meilleures chance de survie des autres. Elle aurait dû être fière au contraire. Et d'ailleurs les autres la considéraient comme une héroïne. Il réprima un soupire. Il n'y avait bien qu'elle pour se mettre des idées pareilles en tête. Un coup d’œil à gauche et à droite, personne ne les regardait. Le gros fauve s'allongea alors pour serrer sa poupée de métal entre ses grosses pattes pour lui faire un "câlin" réconfortant.

Allez, calme toi Fleya..... C'était un accident, tu ne l'as pas fait exprès. Tu ne voulais pas les tuer non ?

La Qantik agrippée à sa peluche cornue géante, secoua la tête en guise de négation.

Bah voilà, ce sont des choses qui arrivent. Leur repère était dangereux, ce n'était pas judicieux de leur part d'avoir pris une tanière aussi fragile. Tu ne pouvais pas savoir. Puis tu sais, ils ont pas eu le temps de souffrir. Et puis même si c'est dur, dis toi que tes protégés seront à présent plus en sécurité grâce à ça. Ils pourront évoluer plus tranquillement maintenant.... .... Allons, arrête de pleurer.... Cela va te fatiguer. Tu n'as pas besoin de ça. Dis toi bien que c'était un accident, bon tu es triste pour eux, tu regrettes, mais maintenant c'est fini. Cela n'aidera personne de rester triste. Puis.... Ton Maître serait dans tout ses états s'il te voyait ainsi....

-Ho non ! Maître Lucas.... Maître Lucas ne voudra même plus me regarder après çaaaaa.... Il va me voir comme un moooonstre.....

Le gros fauve pris une profonde inspiration en fermant les yeux et en se traitant de "gros con notoire". Pourquoi avait-il fallu qu'il mette son maître sur le tapis ?! La voilà repartit dans ses pleures.... Tout en se maudissant il continuait à la câliner tout en essayant de rattraper sa bévue.

Mais noooon pas du tout voyons, tu m'as toi-même dis qu'il est compréhensif, pas vrai ? Et puis toi tu essayais de bien faire hein ?! Tu as voulu régler les choses de manière non létales, ça il aurait approuvé ! Et puis tu faisais ça pour aider et protéger des pauvres gens, ça aussi il aurait approuvé ! C'était un accident, tu ne le voulais pas, il ne va pas t'en vouloir pour quelque chose que tu n'as pas voulu ?

-Mais j'ai tué des geeeens.... Il va devoir me puniiiiir.....

....Avec son dos en compote ? Il risquerait un lumbago juste en fronçant les sourcils....

Hop, une petite pique gratuite, c'était toujours ça de prit ! Mais il chassa son sourire en coin pour se reconcentrer sur Fleya.

Sérieusement Fleya, s'il te voyait comme ça, je crois qu'il serait le premier à te consoler. Même s'il y a eu des morts, c'est pas toi qui a décidé de tout faire s'écrouler, s'était un a-cci-dent. Il serait surtout soulagé de te savoir vivante. D'ailleurs il va s'inquiéter, tu devrais peut-être rentrer pour te faire réparer et te reposer un peu. Les gens d'ici pourront se débrouiller quelques temps seuls maintenant que tu les as sauvés.

Il espérait vraiment la faire revenir à Anathorey en utilisant son cher Maître. Bon il ne pouvait pas voir les Üniks, mais là-bas, elle était définitivement plus en sécurité qu'ici, et surtout elle pourrait se faire réparer. Mais Fleya avait autre chose en tête.

-Je peux pas partir.... Qwark ne s'est pas encore réveillé, et il a besoin de mon aide.... Je peux pas l'abandonner. C'est à cause de moi s'il est cassé....

Le tivrex poussa un long soupir. Bon au moins, elle s'était un peu calmée. Il lui lécha les joues, évitant les zones endommagées, pour essayer de sécher ses larmes. Il n'avait rien pour contrer l'argument qu'elle venait de lui imposer.

Bon.... ça va lui prendre combien de temps ?

-Je ne sais pas.... Dis, tu pourrais rentrer au manoir prévenir le Maître que je vais bien et que je rentrerais d'ici quelques jours ? Je ne veux pas qu'il s'inquiète.... Ne lui dis pas ce qu'il s'est passé s'il-te-plaît.....

Quoi ?! Je ne repars pas sans toi ! Je ne vais pas te laisser toute seule ici !

-S'il-te-plaît..... Shorka....

Dans son état, le gros fauve ne se voyait pas lui résister. Elle était vraiment retournée. Il poussa encore un soupir, et se releva.

Tu exagères tu sais.... Bon, je vais les prévenir et je reviens ici ensuite. Mais tu te reposes et tu ne sors pas dans les environs. Promis ?

-Oui.... Merci Shorka....

Le gros fauve lui administra une dernière léchouille avant de partir. Fleya alla alors s'installer sur une chaise non loin de Qwark, et l'observa silencieuse. Elle se sentait si coupable, si honteuse. Elle passa le bout de ses doigts sur son visage, dégageant quelques mèches de son front. La tristesse gravée sur les traits de la demoiselle, qui lui dit d'une voix mourante.

-Fleya est désolée.... Tellement désolée...

Elle espérait qu'il n'avait rien de grave, qu'il allait se réveiller. Elle ne pouvait pas s'amuser à essayer de le réparer, surtout dans son état. Elle avait besoin de temps pour se remettre elle aussi. Elle poussa un soupir, et ferma les yeux. De nouveaux son processus de réparation se mit en marche. Le jour d'après, elle ne sortait de sa veille que pour "manger". Sauf que cette fois, elle ne prenait pas que des éléments organiques. C'était curieux de la voir mâchonner des tiges de fer ou des morceaux de plastique. Mais elle avait aussi besoin de matière première pour ses réparations. Ce qui lui faisait office d'estomac dégradait tout à l'état primaire pour redistribuer les éléments nécessaires aux endroits endommagés. La peau fut un des éléments les plus faciles à réparer, et rapidement, elle retrouva une figure normale. L'exosquelette fut assez simple à remettre en œuvre aussi, le plus dur restant l'électronique et les connexions entre les différents composants. Le deuxième jour, Shorka était revenu. Il passait ses journées couché au pieds de Fleya, ne sortant que pour aller chasser. Il avait entendu dire que le gang avait été éliminé, mais il ne serait tranquille que lorsqu'elle serait rentrée. en attendant il montait la garde le plus possible. Il avait jeté quelques œillades à ce Qwark. Bon sang, il n'allait jamais se réveiller celui-là ?

Troisième jours, tout était calme. Et pourquoi il empestait la belette comme ça ?! Si ça n'était pas juste parfaitement improbable, le gros fauve aurait juré qu'il en cachait une sous ses vêtements tant l'odeur était forte ! D'ailleurs, ça lui ouvrait l'appétit.... Il se décida à laisser momentanément Fleya pour aller se nourrir. Quelques instants plus tard, Qwark se réveillait. Le prédateur parti, la belette avait également reprit ses droits. Enfin Fleya s'éveilla, juste pour vérifier si Qwark était réveillé. Elle poussa un soupir de soulagement en le voyant conscient. Elle s'approcha de lui, en se demandant pourquoi il y avait une belette sur lui, mais en s'inquiétant davantage de son état.

-Qwark ? Vous allez bien ? Comment vous sentez-vous ? Cela fait trois jours que vous êtes en veille....


Elle allait enfin pouvoir respirer un peu. Ramenant la chaise pour s'asseoir près de lui, elle lui bredouilla l'air accablée.


-Fleya est.... Je suis désolée Qwark.... Je ne pensais pas que tout s'effondrerait.... Fleya ne voulait pas vous blesser.... Fleya ne voulait pas tuer personne.... Fleya est tellement désolée.....

Son visage ne pouvait pas permettre le moindre doute sur sa sincérité tant elle était poignante. La pauvresse en avait encore les larmes aux yeux. Elle se décomposait sur sa chaise, ne sachant plus quoi dire, et n'osant même plus regarder son compagnon. Elle regardait ses mains jointes, tête baissée, l'air absente. Elle n'aurait jamais dû l'embarquer dans toute cette histoire. Avec sa jambe en plus, mais qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête ? Qwark aurait pu mourir lui aussi, à cause d'elle. Elle s'en voulait terriblement, et son malaise en était palpable.
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Sam 5 Aoû - 20:33



« Qwark ? Vous allez bien ? Comment vous sentez-vous ? Cela fait trois jours que vous êtes en veille.…»

Les yeux dans le vague, je ne restais que quelques instants perdu dans mes pensées, car sans vraiment m’en rendre compte, la Qantïk venait juste de se réveiller. Je tourne alors mon regard vers elle et me doute que quelque chose la travaille. Au bout d’une dizaine de secondes silencieuses, elle me permet de comprendre quoi :

« Fleya est.... Je suis désolée Qwark.... Je ne pensais pas que tout s'effondrerait.... Fleya ne voulait pas vous blesser.... Fleya ne voulait pas tuer personne.... Fleya est tellement désolée.....»

Je la regarde, empreinte d’une profonde tristesse, scruter ses mains ou le sol de la pièce. J’aimerais pouvoir lui remonter le moral, mais je ne sais absolument pas quoi dire. Il y a un peu plus de trois jours maintenant, j’ai fauché la vie d’une trentaine de personnes. Femmes et enfants compris.
Vie avec chacune leurs interactions sociales, leurs motivations, leur vie, leurs problèmes et leurs soulagements, leurs joies et leurs peines.
Leur Futur.
Je ne comprends toujours pas comment nous en sommes arrivés là, mais tel est le cas. Je la vois se morfondre, peut-être depuis trois jours, persuadés qu’elle est la cause de tout ça. Soudainement, je ressens une grande peine pour elle. Alors, je lève une main, comme pour la stopper dans l’ascension de sa morosité, puis je décide de tout lui expliquer :

« Fleya. »

Je regarde fixement l’IA dans les yeux pour avoir toute son attention et, une fois acquise, reprend :

« Il y a deux choses importantes que vous vous devez savoir. »

Je fais alors une courte pause, recommence à caresser cette petite belette qui se trouve sur mes genoux et reprend

« Premièrement, j’ai été obligé de faire un choix. Il n’y avait ni bonne solution ni mauvaise. Je n’ai pas su quoi faire de plus et mon incapacité à me décider, ou à réfléchir posément m’a poussé à commettre une suite d’erreurs qui ont toutes mené vers un implacable et inattendu dénouement. En essayant de gagner du temps, j’ai détruit plusieurs piliers. Je n’avais pas pensé que ça remettrait en cause l’intégrité même des tunnels. J’ai continué de fuir et de briser diverses choses : qui quelques piliers, qui un linteau de porte, etc. Quand je suis enfin arrivé dans une immense salle, où j’ai sauvé vingt-huit belettes du désert, dont celle-ci, je vous entendais combattre. Et juste avant de prendre la porte qui menait à vous, un dernier tremblement est venu lézarder un immense pilier de soutènement - plus proche d’une jonction de stalactite et de stalagmite selon moi - c’est alors, que je me suis rendu compte, que les destructions s’étaient répercutées dans votre couloir. Il ne restait alors plus rien si ce n’est un homme, certainement le chef de la bande, hurlant pendant une dizaine de minutes qu’il comptait me faire la peau et ensuite lancer son ire contre les familles de la surface, d’abord ceux du quartier puis bien d’autres encore dans le temps.
Je devais choisir entre sauver les gens d’ici, ou sauver les voyous ainsi que… Leurs familles qui étaient aussi en dessous. »


Je regarde le plafond sans vraiment le regarder. Je sens sur mes joues, recommencer à couler malgré moi, des larmes. Décidément, je ne contrôle plus mes réactions ces derniers temps, me dis-je d’un air absent.

« Sachez que vous n’y êtes pour rien. Je suis vraiment heureux que vous soyez en bon état. »

En prononçant ces mots, je viens croiser le regard de mon interlocutrice. Malgré le sourire affiché sur mon visage, les larmes qui perlent encore dessus rendent pour la première fois ce sourire spécieux.

« J’ai fait un choix. Ces choix ont fait de moi un assassin de masse, selon les critères de cette société. Ou tout simplement une aberration, selon les miens.»


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Qantik militaire (Fleya)

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Dim 6 Aoû - 0:16

Entendant son nom, la jeune Qantik sortit lentement de sa torpeur. Avec appréhension, elle leva son regard vers son alter ego masculin. Fleya était une I.A., un être absolument artificiel dans sa conception. Mais dans ses émotions et dans son regard, ses émotions étaient bien réelle. La tristesse de ses yeux bleus avait quelque chose qui était à la fois insoutenable et en même temps captivant. Une désolation poignante qui vous prenait aux tripes, mais qui aurait eu une réalisation artistique, qui au delà de l'empathie incitait à la contemplation. C'était sur ce spectacle paradoxal que Qwark avait commencé à parler. Il parla de choix, de solution qui n'était ni bonne ni mauvaise. D'une succession d'événements tragiques et d'erreurs, qui avaient finalement aboutit à  un inévitable. Une fatalité.... Sur l'instant T, la demoiselle n'avait pas tout compris laissant le temps ces données de s'ordonner dans son esprit. Visiblement, le moment où elle avait été ensevelis avait été plus long qu'elle ne l'aurait cru, et il s'était passé bien des choses.... Mais elle comprit rapidement quelque chose. Qwark s'était retrouvé dans une situation très compliquée et dangereuse. Et il avait agit comme il avait pu pour éviter le "pire". Mais pour Fleya, une autre épreuve allait la percuter de plein fouet.

Des larmes.... Et ce n'était pas les siennes. Qwark pleurait en lui avouant la vérité. Elle l'observa choquée par ce spectacle, qui la bouleversa. Et le coup de grâce furent ses dernières paroles qui la firent réagir. Elle prit délicatement le visage de Qwark entre ses mains, et doucement, elle essuya ses larmes avec ses pouces, avant de lui dire d'une voix nouée par l'émotion.


-Ne pleurez pas Qwark..... S'il-vous-plaît.... Ne dites plus toutes ces horreurs.... Elles sont fausses.... Elles sont injustes....

Elle comprenait à présent ce que Shorka avait pu ressentir la veille. C'était comme si elle s'était vue à travers un miroir un peu étrange. Elle-même au bord des larmes, elle prit sur elle pour analyser la situation et confronter toutes ces nouvelles données aux anciennes, avant de conclure.

-Vous ne pouviez faire plus, ni mieux.... Vous n'avez pas été conçu pour ça Qwark. Fleya est censée pouvoir gérer ce genre de situation. Le professeur m'a conçue pour pouvoir protéger les gens, il a donné à Fleya des armes, des compétences, des capacités et des algorithmes pour ça. Fleya aurait dû envisager tous les risques et pousser plus ses calculs. Je n'aurais pas dû vous emmener avec moi dans des zones dangereuses, alors que vous n'avez pas été fait pour y faire face.... Si Fleya vous avait laissé tranquille, vous n'auriez pas été obligé de faire des choix si terribles. Qwark n'est pas un assassin.... il a fait du mieux qu'il pouvait.... Qwark est une victime.... Une victime de plus....

Un constat qui fut un coup supplémentaire à encaisser pour la jeune I.A., qui se retrouva à déglutir avant de pouvoir ajouter.

-Vous ne pouvez pas être responsable de quelque chose pour lequel vous n'étiez pas préparer. Fleya était préparée en théorie. Je suis responsable.... Alors s'il-vous-plaît.... Ne pleurez plus.... Fleya préfère vous voir sourire....

Elle aurait voulu le prendre dans ses bras pour le réconforter, comme son Maître ou Shorka faisaient lorsqu'elle était malheureuse. Mais son abdomen n'était pas complètement refermé, et elle ne voulait pas qu'il découvre son état. Elle ne voulait pas le voir pleurer davantage. Elle n'aimait pas voir les gens pleurer.... Surtout pas ceux qu'elle appréciait. Luttant pour ne pas fondre en larme une fois de plus, elle chercha quelque chose à dire, et lâcha sans réfléchir.

-Il va falloir avoir l'air normal.... Car.... Les gens des taudis et de la cité.... Nous considèrent comme des héros pour les avoir sauver des Cobras....

Mais alors qu'elle venait de finir sa phrase, la pauvresse se mit à fondre en larmes de nouveau, cachant son visage derrière ses mains, et avant entre deux sanglots.

-Fleya n'y arrivera jamais ! Fleya est mortifiée parce qu'elle ne voulait pas tuer des gens ! Fleya ne sait plus quoi faire....

Il ne se passa pas cinq minutes avant que Shorka ne revienne de la chasse, et rentre comme une fleur dans la pièce pour trouver sa protégée en larmes. Qwark était réveillé, et avant qu'il ne parte à la chasse, Fleya ne pleurait pas. Donc il avait forcément dut faire quelque chose celui-là. Et il avait bel et bien une belette sur lui en plus ! Commençant à montrer les crocs, Shorka grogna et alla pour l'interpeler, mais il n'en eut pas le temps....

Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?


Lysette alertée par les sanglots de Fleya était venue voir ce qu'il se passait, et elle trouva Fleya en larmes, Qwark qui n'avait pas l'air plus en forme, et Shorka qui avait l'air grognon. La conclusion fut rapide à faire pour elle, et poings sur les hanches, elle se mit à houspiller le fauve.

Mais c'est pas vrai ! Tu peux pas être un peu moins rustre avec les autres ?! Regarde dans quel état ils sont !

Shorka se retrouva dépassé par les événements. Il tournait sa tête de gauche à droite pour essayer de comprendre pour quelle raison il se faisait rabrouer. Et alors qu'il ouvrait la gueule pour rugir à l'injustice, Lysette l'attrapa par une de ses cornes et commença à le tirer -avec toutes les peines du monde- vers l'extérieur de la pièce.

Tu reviendras quand ils seront calmés ! En attendant tu viens m'aider à aller leur chercher de quoi boire et se sustenter !

Le fauve aurait bien voulu piler des quatre pattes pour ne plus faire un centimètre, mais il connaissait Lysette. Elle aurait été fichue de se faire mal pour parvenir à ses fins. Il la suivit donc, bon gré mal gré, pour commençait à râler en dehors de la pièce et à poser quelques justifications.... Tout en étant quand même obligé de la suivre pour lui passer un coup de main.
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Dim 13 Aoû - 18:22



Après cette sortie tonitruante, le silence retomba sur la pièce comme une chape de plomb. Plusieurs minutes passèrent sans qu’aucun mot ne soit prononcé. Fleya, toujours en train de pleurer, regardait Qwark ; ce dernier quant à lui était absorbé par la vision du mur d’en face, qui semblait servir de parfait écran à ces projections mentales. Chacun étant perdu dans leurs propres pensées, leurs propres tourments, aucun d’entre eux ne vit le temps passé alors enfermé dans leur mutisme introspectif.

Dehors, la rue commençait de plus en plus à s’animer. Au bout d’une trentaine de minutes, Lysette revint avec la nourriture et l’eau promise, Shorka n’était pas derrière elle.

«Dame Fleya ! Monsieur Qwark ! Vous ne devinerez jamais ce qu’il se passe dehors !»

Tout en se dirigeant vers une table, afin de poser ce qui l’encombrait, elle reprit sur un ton médusé:

«Il y a plein de personnes qui attendent dehors, elles veulent toutes vous voir ! La plupart d’entre elles sont venues avec des présents afin de vous remercier. Vous voyez que je ne suis pas la seule à penser que c’était un mal pour un bien ! Ce ramassis de voyous et de pleutres qui attendaient de vous détrousser à la première occasion venu. Qui saccageait tout ce qu’ils trouvaient, qui enlevait de jeunes orphelins pour je ne sais quelle raison !»

Lysette ne savait pas ce qu’il s’était réellement passé en bas, seule Fleya comprenait que tout n’était pas ni blanc ni noir, en tout cas, selon la version de Qwark.

«Shorka n’est pas si méchant que ça, vous savez monsieur Qwark, en apprenant à le connaître on finit par s’en rendre compte. Je ne sais pas ce qu’il vous a dit tout à l’heure, mais essayez de faire comme si de rien n’était, non ? Il est juste bourru et veut protéger sa maîtresse, peut-être pas toujours de la bonne manière, certes, mais bon… Il a d’ailleurs décidé de rester dehors afin d’empêcher ce rassemblement de rentrer à l’improviste. Oh et… Je vous ai aussi fait porter de l’eau dans une vasque à l’autre bout de la pièce, rafraîchissez-vous un peu et ensuite, au calme, vous verrez si vous voulez parler aux gens dehors. Je serai derrière la porte, en cas de besoin, tapoter deux fois.»

Quand la porte se referma sur cette petite tempête de bout de femme, Qwark regarda Fleya dans les yeux, mais ne dit rien. Il réussissait à comprendre qu’elle s’en voulait, pour tout, alors qu’elle avait failli rester ensevelie sous les galeries et l’entrepôt lui-même. Il ne remettait pas en cause le fait qu’elle était prodigieusement intelligente, et qu’elle avait la faculté de s’adapter à tous types d’ennemis en temps réel, voir tous types de situations, et ce bien mieux qu’il ne pourrait jamais le faire. Mais niveau algorithme de calculs, probabilités et statistique vectoriels, il savait que tout cela lui était largement devinable. A posteriori, chaque coup donné dans un pilier ou une paroi, fragilisait de façon logique et prévisible, la solidité de la structure. Lui-même le savait, il n’était que trop bien placé pour savoir que lorsqu’une architecture ou un aménagement ne présente pas assez de ponts de maintiens dans leur structure globale, tout s’effondre. À y réfléchir, il a vraiment été chanceux, car il aurait pu entraîner avec lui une grosse partie des habitations voisines au passage.

Il se leva alors et regarda, au travers des rideaux, par la fenêtre :

De tout le quartier, des gens affluaient afin de rencontrer ceux qui mirent à mal le groupe des Cobras. Tous voulaient connaître cette femme et cet homme qui les avaient sortis d’une partie du malheur et du danger dans lequel ils vivaient quotidiennement. Fini les raids sur les pauvres ressources du quartier, finis les disparitions tous les mois aux mêmes dates, fini les interdictions de circuler librement dans certains endroits de la ville ou après une certaine heure. Certes tous les problèmes n’avaient pas été chassés d’un coup, mais au moins il n’y en aurait clairement plus autant que ces derniers mois. Peu importe qui étaient ces bienfaiteurs, au moins ils savaient ce qu’il fallait faire pour rendre les rues de la cite Neutre un peu plus calme - et bien sûr le faisait ! À diverses périodes, des gens bien intentionnés avaient aidé à défendre la cité, mais cela ne durait malheureusement que peu de temps. Ces personnes finissaient par partir en abandonnant tout le monde à leur sort, ou finissaient par disparaître lors d’un combat bien souvent sous-évalué ou mal préparé.
Non, ceux-ci étaient clairement différents !
Ce ne pouvait être des novices ou des gens qui ne savaient pas ce qu’ils font. Clairement, pour taper sur ce groupe de dégénérés, aller dans leur repère et s’en débarrasser une bonne fois pour toutes il fallait de la planification, du cran et des compétences !

Regardant dehors, sans vraiment voir le monde, il s’adressa à Fleya d’une voix douce et calme :

«Pour cette foule dehors, nous sommes deux personnes remarquables. Pourtant nous ne le sommes pas. J’ai… Pardon, nous avons commis des erreurs, qui eurent des conséquences que nous sommes les seuls à comprendre pour l’instant. Si je n’avais pas été confronté à la peur comme cela, j’aurais pu deviner ce qui allait se produire. Mais j’ai paniqué, pour la première fois de ma vie, j’ai paniqué. Je n’ai pas choisi les actions les plus logiques ni les moins risquées. J’ai cédé à la peur et à la simplicité. J’ai choisi la voie la plus facile. Je ne veux plus que cela arrive.»

Qwark tourna alors lentement la tête vers l’IA, et d’une voix décidée repris :

«Je ne veux plus et pour cela je dois apprendre à maîtriser ma peur, maîtriser mes gestes.
Résister à la pression.

Apprenez-moi à me battre.»


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Qantik militaire (Fleya)

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Mar 22 Aoû - 17:54

Parfois les choses semblaient suivre une fatalité inexorable. Alors que les deux I.A. étaient en proie à leur tourments respectifs, Lysette revint annoncer une "bonne nouvelle". Fleya étouffa un sanglot à l'annonce de la nouvelle. Elle serra les poings et les dents. Elle même l'avait dit plus tôt, pour les autres ils étaient des héros.... Ce qui devait arrivé était arrivé. Alors que Lysette expliquait un peu à Qwark comment était Shorka, Fleya tentait de retrouver un peu de contenance. Lysette partie, la jeune Qantik observa la nourriture et l'eau posés. Elle avait fini de pleurer, mais elle ne savait pas quoi faire pour autant. Elle se sentait étrange, comme si son énergie était diminuée, comme si elle était fatiguée. Les paroles de Lysette résonnaient dans ses processeurs. Des "remerciements", de la "gratitude", des "cadeaux".... Elle comprenait que pour eux, ils les avaient délivrés de l'un de leur plus grave problème. Mais que penseraient-il s'ils savaient ? La réflexion de Shorka lui revint alors en tête. Au vu des préjudices qu'ils subissaient à cause des Cobras, il était quasiment certain que tous passeraient sur la mort des "innocents".... Un mal pour un bien. Si Fleya comprenait la logique du raisonnement, elle fut surprise de voir à quel point elle avait du mal à y adhérer.

Pourtant, paradoxalement cette logique lui paraissait tout à fait naturelle, elle était même présente dans sa programmation de base. Elle avait été programmé pour suivre ce genre de pensée. Mais ici, elle n'y parvenait pas.... Son évolution empirique l'avait doucement détaché de ce principe de base pour se créer ses propres manières de réfléchir. Elle se sentait un peu perdue face à ce décalage, et si Qwark n'avait pas été aussi affecté qu'elle, elle se serait demandée si elle n'était pas dysfonctionnelle ou corrompu dans ses données. Mais justement, Qwark avait repris parole. Elle le laissa parler, l'écoutant jusqu'à sa dernière demande. Profitant d'un instant ou les raisonnements logiques avait pris le pas sur ses émotions, justement pour les identifier, elle avait rebondi sur un des propos de son alter ego masculin.


-C'est faux.... Nous ne pouvons pas tout prévoir.

Dans un effet de mise en abyme complexe, les algorithmes de Fleya analysaient leur propre manière de fonctionnement et de résolution de calcul. Les propos de Qwark sur leurs "erreurs" avaient automatiquement lancé une recherche interne des erreurs commises. Et cette recherche faisait aboutir à des conclusions qui nuançaient le discours de Qwark.

-Nous pouvons effecteur des calculs d'une grande précision, des calculs qu'aucun originaire ne pourrait faire aussi rapidement et de manière si rigoureuse. Mais nos calculs n'ont jamais permis d'atteindre le risque zéro. Nous pouvons imbriquer toutes les variables possibles dans nos réflexions. Nous pouvons pousser les statistiques à leur paroxysme, et nous rapprocher d'un taux proche du 100% de certitude. Mais nous ne pouvons rarement prétendre à cette certitude. Nous n'avons aucune emprise, aucune mesure exacte sur tous les éléments qui constituent notre environnement. Que ce soit sur un système complet de répartition des masses et de constitution égale ou non des sols.... Ou sur les réactions et comportement d'êtres vivants. Nos calculs ou notre sang froid n'auraient rien pu pour nous. Ils n'auraient pas permis d'éviter cela. C'est justement parce que nous sommes habitués à évoluer dans l'exactitude, les statistiques et les prévisions que nous oublions que nous ne pouvons pas tout contrôler, prévoir ou maîtriser.

Les propos que tenaient la jeune Qantik l'aidaient à prendre du recul, mais pas à digérer les événements pour autant. C'était une analyse froide d'un sujet brûlant. Elle poursuivit.

-C'est peut-être pour ça que parfois.... Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix. Parce que nous ne pouvons pas tout prévoir. Parce que nous ne pouvons pas parer à tous les imprévus. C'est peut-être pour ça que parfois, la meilleure et seule chose à faire est de faire de son mieux dans une situation donnée. Si nous devons définir notre erreur.... Ce serait d'avoir cru que nous pouvions tout prévoir et tout gérer. Nous ne le pouvions pas.... En conséquence, nous n'étions pas préparés à vivre tout cela. Il va nous falloir apprendre à accepter le fait qu'il y aura toujours des risques.... Mais.... Fleya sent que ça va être très difficile....

La Qantik se tourna vers Qwark dubitative sur l'idée de lui apprendre à se battre, et se décida finalement.

-Le fait de savoir vous battre ne vous aidera pas toujours soyez-en sûr. Le Maître à appris à Fleya à ne faire ça uniquement en cas de dernier recours. Mais si cela peut vous donner confiance en vous, alors Fleya vous apprendra. Je sais que je suis rassurée à l'idée de pouvoir protéger et défendre ceux que j'aime. Fleya n'aimerait pas se sentir impuissante face à une situation où les siens seraient en périls. Je vous aiderai à éviter cela. Mais.... Uniquement quand vous serez réparé.... Et il faudrait voir avec un professeur pour modifier un petit peu votre constitution pour pouvoir donner et encaisser les coups de manière moins dangereuse pour votre corps. A partir de là on pourra commencer le combat en corps à corps, puis les combats avec les armes.

Fleya se leva, elle entendait la foule dehors les acclamer et les appeler. Elle affichait une moue désœuvrée et affligée et se tourna alors vers Qwark.


-Je n'ai jamais vu les habitants de la Cité aussi réjouis et heureux.... Fleya n'a pas le cœur de briser leur bonheur et leur soulagement avec la vérité.... C'est si rare de les voir ainsi.... Qwark.... J'aimerai qu'on ne leur dise pas ce qu'il s'est réellement passé.... Ce n'est pas bien mais.... Leur vie est si dure et si compliquée, pour une fois qu'ils sont si heureux, laissons-leur cette joie. Quand vous vous sentirez prêts, nous irons les voir. Ils ne partiront pas sans nous avoir vu, et Shorka risquerait de perdre patience. Une fois que nous en aurons fini avec eux, nous partirons.

Elle ne pouvait pas forcer Qwark à mentir, et elle ne le voulait pas. Il était tout à fait libre de dire la vérité aux habitants de la cité. C'était simplement une faveur qu'elle lui demandait. Lorsqu'il se sentit prêt, Fleya frappa à la porte pour sortir, rencontrer leur public....
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Sam 26 Aoû - 1:41



Soixante-douze.
Soixante-douze, personnes.
Soixante-douze, familles.
Soixante-douze, vies.

Soixante-douze, c’est le nombre de personnes rassemblées en cette journée ensoleillée. Mon regard balaye lentement la foule, de gauche à droite, en incrustant bien chacun des visages ici présents. Fleya est à mes côtés, et elle me paraît encore légèrement fébrile, mais un sourire déterminé et bienveillant est affiché sur son visage. Mon regard se reporte à nouveau sur cette foule qui a simplement fait silence à notre apparition. Plus personne ne discutait, plus personne de regardait ailleurs, tous nous regardaient fixement et paraissaient attendre quelque chose. Bien sûr qu’ils attendaient quelque chose. Ils attendaient clairement une interaction verbale, entre deux parties : eux, d’un côté, et Fleya et moi de l’autre.

Soixante-douze.

Voilà qui aide à ne plus faire une fixation sur tous les événements de ces derniers jours. Je n’avais pas donné de réponses à l’IA quand ils étaient à l’intérieur, mais avais simplement acquiescé à sa requête. Je comprends son besoin de leur laisser cette joie éphémère et ne ferai rien pour aller à son encontre. À vrai dire, même si j’aimais pouvoir les aider plus que ça, je n’en ai pas le luxe. Pour l’instant, je dois garder le cap que je me suis donné. Me faire réparer puis apprendre à me battre grâce à cette Qantik qui maîtrise le combat. Ensuite, je verrai.
Tiens, c’est vrai ça… Que ferrai-je après ?

Le silence est pesant, l’ambiance palpable. Et si j’essayais d’imaginer ce que ferai, ou dirai, Cicéro à ma place ? Je rassemble mon courage, souffle un bon coup en fait un pas en avant. Je pose mes mains bien en évidence sur la balustrade et prends une expression la plus neutre possible :

« Bonjour à vous. »
Je laisse volontairement un silence et prends le temps de regarder un maximum de personnes dans les yeux.

« Je ne pense pas me tromper en vous disant que nous sommes touchés, Fleya et moi, par votre rassemblement. Il y a quelques jours maintenant, un groupe local de bandit s’en est pris, une fois de plus, à des habitants du quartier. Ce groupe était connu sous le nom des Cobras. »

Des murmures parcourent l’assistance, et les gens semblent encore malgré tout nerveux rien qu’à la mention de ce nom. Des années de problèmes ne peuvent pas s’effacer en quatre jours.

« Avant toute chose, sachez que nous n’avons pris aucun plaisir ni retiré aucune satisfaction personnelle, à tout ce qui s’est déroulé ces derniers jours. Car malgré tout, une vie est une vie, et je ne pense pas me tromper en disant que nous aurions aimé éviter toute forme de violence, autant que faire se peut. »

Je vois des gens acquiescer en silence. Je marque encore une pause afin de leur donner le temps aux gens de bien comprendre, et assimiler, où je veux en venir.
Je ne suis pas un héros. Ils doivent l’entendre.

« Ainsi, malgré le fait que ce groupe n’existe désormais plus, je vous demanderai humblement de ne pas vous en réjouir. Chaque personne blessée doit être un revers. Chaque Originien qui a perdu la vie doit être une consternation. Chaque perte doit être une perte tragique pour notre communauté. Ainsi, pour tous ceux qui cherchent à résoudre les conflits, le plus pacifiquement possible, ce qui s’est passé il y a quatre jours est un échec. »

Des femmes, des hommes, des enfants. Ils acquiescent, ils baissent les yeux, ils discutent entre eux. Puis je vois une vielle dame, devant moi, les yeux baignés de larmes. Elle opine à chaque parole, chaque mot. Son regard bleu, étonnement vif, donne l’impression qu’il vous analyse et vous sonde.
Je me rends compte que ce n’est pas la seule, bien que dans cette foule, on ne les remarquait pas vraiment. Je tourne alors mon regard vers Fleya et bouge clairement mes lèvres sans un mot :

Nous devons leur faire comprendre. Sans violence, juste leur dire.

« Nous sommes ravis de vous avoir aidé, mais bien que sur le fond nous ne regrettions rien, sur la forme nous souhaitons que ça n’arrive plus… Jamais… Croyez-moi :
Nous ne sommes pas des héros. Nous ne désirons pas l’être. »


Je ne comprends toujours pas à quel point on peut se tromper dans les relations sociales. Je voulais faire comprendre quelque chose et pourtant… Tout a été interprété de manière différente.

« Merci ! - une vieille dame
- Merci ! - un jeune homme
- Merci ! - un vieillard »

Les uns après les autres, les gens réunis en face nous dirent, puis crièrent des remerciements. En regardant les gens, je ne comprends pas vraiment pourquoi ils sont heureux alors que la plupart d’entre eux pleurent… Pourquoi nous sourient-ils et nous acclament-ils alors que leurs yeux coulent ?

Décidément, le principe des larmes n’est pas encore une science exacte.

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Dim 3 Sep - 16:34

Appliquer des programmes et des protocoles était facile. Suivre une ligne de conduite qu'on trouve juste aussi. Aider des gens dans le besoin était gratifiant, car les voir heureux ou soulagés était une expérience pleine de satisfaction. Mais  être à l'origine de la mort d'innocent.... Être les témoins impuissants d'un accident... Avoir semé le chaos lorsqu'on voulait faire le bien.... C'était tout autre chose. Il fallait assumer ces conséquences. Cela Fleya se sentait encore en mesure de le faire, avec du temps, mais tout de même. Mais devoir se réjouir d'atrocité, se voir glorifier pour la mort semée.... Allait-elle seulement le supporter ? Toutefois, elle ne se voyait pas pour autant briser la joie et l'espoir de ses protégés. Elle avait engendré suffisamment de tristesse comme cela. Mais comme une piqûre de rappel, le destin allait lui rappeler qu'elle avait eu raison dans ses discours précédents, et que ni elle, ni personne d'autre, n'était jamais maître de sa propre existence.... Revêtant son masque de bienveillance et d'assurance, la jeune Qantik se tenait aux côtés de son alter ego masculin. Ne sachant pas par quoi commencer, ce fut son compagnon de galère qui brisa un silence devenu trop lourd.

Ce fut presque un soulagement pour la demoiselle, qui se tenait prête à prendre parole dès qu'il se serait retrouvé à court de conversation. Au début, elle se contenta d'hocher de la tête, même si elle sentait l'amertume lui nouer la gorge. Mais rapidement le sourire forcé de la jeune femme s'évanouit, tandis qu'elle tourna sa tête vers lui, interloquée. Qu'est-ce qu'il était entrain de faire là ?! Un début de panique se dessina sur les traits de Fleya. Il était entrain de dire la vérité. Purement et simplement. La demoiselle déglutit et commença des allers-retours répétitifs et rapides entre Qwark et la foule. Elle scrutait la réaction des gens, et tout en faisant, ses programmes internes s'étaient lancés dans des calculs simultanés d'analyse et de prévisions comportementales. Le souci était qu'il y avait beaucoup de personnes, toutes différentes, donc avec des réactions et des comportements différents, si ce n'étaient infinis. Ajoutons à cela les variables tels que les effets de groupes et autres.... Et ses programmes commencèrent à s'emballer face à des probabilités qui s'amoncelaient les unes sur les autres sans jamais vouloir s'arrêter.

Si pour un logiciel une division par zéro était un non sens ou une aberration, les calculs à variables et résolutions indéterminables étaient encore pire. Car les calculs ne s'arrêtaient pas, et les réponses polluaient littéralement la mémoire immédiate. Les processeurs étaient accaparés par les calculs interminables.... Et le stress de la Qantik l'empêchait de définir un arrêt immédiat des calculs pour soulager ses systèmes. Et alors que Qwark affirmait qu'ils n'étaient pas des héros, et que les citoyens commençaient à les remercier....


"Alerte, surchauffe importante des processeurs principaux détectée !"
"Alerte, sur-utilisation de la carte mère détectée !"
"Alerte, espace mémoire vive saturée !"


Fleya ne disait rien, même si d'un point de vue extérieur, il semblait qu'elle était entrain de se déconfire.... Elle porta une main sur sa tête, pareille à si elle était prise d'un malaise. Quelques spectateurs au premiers rangs remarquèrent son état et commencèrent à s'inquiéter, échangeant rapidement entre eux.

"Attention ! Reboot de sécurité enclenché ! Extinction des systèmes pour sauvegarde des fonctions vitales !"

Brusquement, Fleya s'effondra au sol, comme si elle s'était évanouie. Ce qui aurait été exact d'un point de vu analogique avec un organisme biologique. Il y eut quelques cris de stupeur dans la foule, certains spectateurs commencèrent même à faire le tour pour aller porter secours à l'une de leur Héros. Alerté par le bruit, Shorka qui tenait le reste de la foule en respect, fit volte-face, découvrant Fleya au sol inconsciente. D'une impulsion puissante sur ses pattes postérieures, il effectua un bond souple et rapide et se retrouva aux côtés de "sa boîte de conserve" visiblement inquiet, avant d'interpeller Qwark, agacé.

Mais enfin c'est pas vrai ! Pourquoi dès qu'elle est avec toi elle il lui arrive des ennuis ?! Qu'est-ce que tu lui as encore fait ?!

Après avoir ronchonné contre Qwark de manière parfaitement injuste, il commença à pousser à répétition le visage de Fleya avec son gros museau.


Fleya ! Ho Fleya ! Allons réveille-toi fichue conserve bipède ! Rhaaaa rien à faire !

Le gros fauve sentit la foule commencer à s'inquiéter, et s'il y avait bien une chose dont la petite n'avait pas besoin, c'était d'une foule paniquée. Il se tourna de nouveau vers Qwark.

Restons pas plantés là ! Emmenons-la ailleurs ! Allons, porte-la !


Le félin s'arrêta en observant la jambes de Qwark.

Ha oui c'est vrai tu peux pas trop.... Rhaaa, essaye de la mettre sur mon dos ! Il faut la rentrer. Et en attendant tu vas t'expliquer mon gaillard !

Ce fut donc après un discours.... qui n'avait certainement pas eu l'effet escompté par Qwark, et qui avait laissé un personnage plus froid que n'importe qui d'autre, qu'on avait évacuer les deux Héros malgré eux vers leur chambre. Fleya se réveilla quelques minutes plus tard à peine. L'imposant tivrex poussa un soupir de soulagement.

Mais enfin fichue conserve, tu peux me dire ce qu'il s'est passé ?!

L'accueil de Shorka.... Qui préférait jouer les râleurs que d'avouer une fois de plus qu'elle l'avait clairement inquiété. Fleya se massa les yeux, et s'assit doucement, le temps de synchroniser de nouveau tous ses processeurs. Elle expliqua alors.

-Je... J'ai été submergé par le calcul des réactions des gens... Il y avait trop de possibilité et... ça a donné le tournis à Fleya.... Je suis désolée....

Bah l'important c'est que ça va mieux.... Quelle idée de se mettre dans des états pareils pour toute cette histoire.

L'imposant bestiaux se rallongea, rassuré. Fleya observa Qwark et lui dit dans une petite moue.

-J'ai l'impression que ça n'a pas marché.... Ils avaient l'air de toujours nous prendre pour des héros.... J'espère au moins qu'ils resteront soulagés un bon moment.

Fleya poussa un petit soupir, avant de regarder de nouveau Qwark et de lui demander.

-Que faisons-nous à présent ? Prenons-nous la route pour Anathorey ?
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Mar 5 Sep - 19:18



Je reste muet face à tant d’incohérence… Je viens clairement de leur dire que nous n’étions pas des héros, et pourtant ils sont heureux.

On a ôté la vie, et cela ne leur importe que peu.

Je bascule alors la tête sur le côté en me demandant si finalement quelque chose ne m’échapperait pas… D’un point de vue purement logique froide, si tu es content que des gens - même méchants - meurent tu es censé être méchant à ton tour. Or quand on les prend chacun à part, ces personnes ne sont pourtant pas foncièrement mauvaises. Serait-ce alors que le fait de se retrouver en troupeau fasse d’eux des gens mauvais ? Après tout le concept de justice a été créé pour protéger les innocents et punir les mauvaises personnes, mais pas pour dispenser la mort à tout va… Si on est mort, je pense qu’on se moque d’être puni ? Donc du coup, si on commet des crimes, autant en commettre jusqu’au bout pour directement aller à une mort simple, plutôt que de vivre sous une sentence permanente et des obligations envers autrui, je suppose ? Enfin, je ne sais pas si ce raisonnement est logique après tout… Je dois certainement ne pas comprendre, car je ne suis pas une mauvaise pers… Pourtant j’ai tué ? Donc je suis une mauvaise personne ? Mais je ne l’ai pas fait avec plaisir ! C’est peut-être ça qui différencie les gentils des méchants : l’intention derrière l’acte ? Donc ces personnes ne seraient pas finalem…

« Oh, mon dieu, regardez !
- Aaah !
- Attention ! »

Ces mots me font sortir de mes idées, et je me retourne vivement dans l’attente d’un danger immédiat. La seule chose que je peux observer c’est Fleya qui s’affaisse sur elle-même pour une raison qui m’échappe. Je scrute alors la foule, afin de voir si quelqu’un vient d’avoir une action hostile envers elle, mais rien…
Le gros tigre monte alors sur l’estrade et me passe un savon pour une raison inconnue. Je ne trouve rien à dire, de toute façon il n’écouterait pas. Je pose alors l’IA sur le dos de Shorka et le suis dans la maison après avoir dit un au revoir général.

Plus loin, dans la rue, un homme défiguré caché sous une cape immense s’en allait en jurant tout bas que les choses ne se passeraient pas ainsi et que les deux Héros ne s’en sortiraient pas…




« Je ne sais pas Fleya, peut-être que pour eux ce sacrifice imposé est à la hauteur de l’ancienne douleur subie au quotidien ? »

Je pose cette question, peut-être plus pour moi-même que pour elle en me retournant vers la fenêtre… Au bout de quelques secondes, je la regarde à nouveau et lui réponds :

« Oui il va bien falloir, maintenant que nous avons ce qu’il nous faut pour le voyage… Pour aller de la Cité Neutre à Nordkia, il faut une dizaine de jours à pieds. Je suppose qu’avec le carburant nécessaire, on pourrait y arriver en cinq seulement. Il nous faudrait quand même une mini remorque pour déposer les barils d’essence. Et les provisions pour vous. Pour l’eau, ne vous inquiétez pas, je m’en charge. »

Je regarde alors dans mes affaires négligemment posées sur une commode, et en sors le journal de Dan afin de choisir un itinéraire grossier sur la carte. En effet, dès que l’on parle de voyage en véhicule, de remorque, de passager et donc de poids… Il vaut mieux savoir où passer pour ne pas se retrouver dans une cuvette de dunes, avec tout autour de soi des murs de sable à grimper à la verticale. Cette petite préparation dure un certain temps, et nous en profitons pour nous imposer une certaine distance à parcourir par jour sous forme de points à atteindre avant la nuit. Quatre points, quatre nuits, c’est donc parfait.

« Nous aurons même assez de temps pour que vous me donniez quelques cours, sur les attitudes et postures défensives en situation de crise. »


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Qantik militaire (Fleya)

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Ven 8 Sep - 21:07

La jeune Qantik était encore assez perturbée et désorientée par les récents événements. Comme un peu sonnée, elle réfléchit à la supposition émise par Qwark avant de répondre.

-Ce serait logique en effet.... Beaucoup ont perdu ce qu'il leur restait à cause d'eux, et certains on même perdu des proches et de la familles dans des rapts qui ont mal tournés. Ils étaient la première cause d'insécurité de la Cité Neutre. Je suppose qu'après tant d'années à subir des sévices répétés, l'absolue certitude de ne plus jamais être tourmentés par eux résonnent davantage comme un soulagement et une bonne nouvelle que tout autre chose. Peut-être qu'au fond, c'est ce qu'ils souhaitaient...

Fleya acquiesça ensuite aux propos de Qwark et à son organisation. D'ordinaire, elle n'avait pas besoin de vivres pour le trajet, étant capable de reproduire le principe de photosynthèse en cas de besoin. Mais ici, elle devait finir quelques réparations internes. Aussi les vivres furent constitués de quelques matériaux plastiques et métalliques.... Shotra était parti un peu en avance. Il connaissait le trajet comme sa poche s'il avait pu en avoir une ! Ainsi que tous les points d'eau et oasis cachés. Connaissant aussi les raccourcis, il avait décidé de veiller sur le convoi de loin. Mais pour cela il lui fallait prendre de l'avance. Fleya partit donc avec Qwark peut de temps après leur décision. Le voyage était assez reposant pour Fleya, qui n'avait pas besoin de courir à longueur de temps pour éviter de faire un voyage trop long. Cela dit, le bruit infernal du moteur et du vent n'étaient pas franchement propice à la conversation. Cela dit, la sensation de vitesse autre que celle autopropulsée avait un petit quelque chose de grisant pour la Qantik, qui observait cheveux au vent, le paysage défiler. Il était plutôt monotone et désolant mais cela avait également un petit quelque chose de reposant.

Le calme après tout le tumulte qu'ils avaient pu vivre était le bien venu. Et cela était encore plus poignant une fois qu'ils s'étaient arrêtés. La nuit était entrain de tomber, et pour l'heure ils étaient un peu comme seuls au monde. Fleya perdait son regard dans le vague alors qu'elle venait de finir de monter un abris de fortune pour la nuit. Elle se demandait comment expliquer tout cela à son cher Maître. Shorka avait raison, il n'allait certainement pas la blâmer puisque c'était plus un accident qu'une volonté réelle de tuer. Mais la réaction des gens aussi la perturbait. Si elle comprenait qu'ils n'avaient pas le cœur à pleurer des criminels qui les avaient fait souffrir, se réjouir à ce point de leur mort était perturbant. Elle finit par dire.


-Parfois, il n'y a pas le choix. Parfois il est inévitable de tuer certains individus pour préserver les autres. Lorsque la guerre a éclaté, Fleya a dû tuer des Üniks et des Hybrids qui étaient venus jusqu'ici pour tuer et asservir les habitants de la Cité Neutre. Le danger était avéré et imminent. Mais.... je n'ai pas ressenti de souffrance cette fois là. J'avais des regrets.... je trouvais que c'était du gâchis. Mais si je n'avait pas agis, des innocents auraient perdu la vie.

La demoiselle resta silencieuse un instant avant d'ajouter.

-J'ai vu des dirigeants Üniks envoyer leurs soldats à une mort certaine sans le moindre état d'âme.... Et pour rien. Ceux qui refusaient d'obéir aux ordres étaient exécutés.... Pour ne pas avoir voulu mourir sciemment. Et aujourd'hui.... Même si c'était différent, j'ai l'impression que les gens n'ont pas toujours beaucoup de problème à sacrifier la vie des autres s'ils y trouvent un intérêt. Si les gens sont ainsi.... Peut-être est-ce que c'est nous qui ne sommes pas en adéquation avec le reste du monde ?

Elle laissa un moment en suspend avant de soupirer.

-Mais Maître Lukas pense aussi qu'il ne faut tuer qu'en cas d'extrême obligation.... J'ai été conçu pour protéger la vie, mais pour ça je dois parfois la prendre.... Fleya ne sait plus trop où elle en est.... Je veux juste bien faire.... Mais je ne suis plus sûre de comment faire....

La Qantik était familière des équations mathématiques et des raisonnements logiques. Mais la vie était à mille lieues des considérations cartésiennes. Et devoir s'adapter aux situations sans se perdre en route commençait à lui donner quelques difficultés. Mais ce n'était pas son seul problème en cet instant. La nuit commençait à tomber, et avec lui le froid mordant des déserts nocturnes.... D'ordinaire, Fleya se moquait éperdument du froid. C'était une sensation qu'elle connaissait à peine, uniquement sur le plan théorique. Son corps était suffisamment hermétique pour qu'aucune température habituelle ne puisse l'incommoder. Elle n'avait, cela dit, pas testé sa résistance en cas de tempête de neige et de glace par des températures de moins trente degrés. Mais elle ne connaissait pas d'endroit où elle aurait pu éprouver ces conditions climatiques. Elle jouissait donc d'une certaine quiétude.... Mais c'était sous condition d'avoir un corps hermétique.... Si encore une brèche ou quelques fissures étaient négligeables, le trou béant au niveau de ses côtes lui n'était pas en mesure d'ouvrir la moindre négociation !

Elle se mit à recevoir des alertes de températures basses au niveau de certains processeurs plus tatillons que les autres. Et surtout, certains de ses circuits internes étaient toujours en réparation, le froid sur des soudures fraîches et autres circuits était contre-indiqué ! La jeune Qantik commença à replier ses bras sur son torse. Si elle avait été originaire, on aurait juré qu'elle avait froid.... Et dans l'absolu, elle essayait d'isoler son torse en usant de ses bras comme rempart. Mais en vain. Bien embêtée, elle finit par avouer à son compagnon, toute penaude.

-Qwak.... Je.... Est-ce qu'on a de quoi s'isoler du froid ? J'ai....

Elle lui avait caché ses blessures pour ne pas l'inquiéter et l'inciter à se reposer sur elle pour le moindre problème. Mais elle ne pouvait plus lui mentir plus longtemps. Cette fois elle allait devoir demander de l'aide.

-Fleya d'ordinaire ne craint pas le froid, mon corps est hermétique mais.... J'ai eu quelques soucis lorsque je me suis faite ensevelie....

Un peu honteuse, la Qantik dégrafa l'attache de sa robe qui donnait d'ordinaire accès à la trappe de rangement..... Mais qui ici était encore partiellement défoncée et qui laissait voir l'intérieur de sa cage thoracique. L'effet était assez bluffant, son apparence extérieure était parfaite, on ne pouvait pas déceler ses origines Qantiks. Mais l'intérieur était un prodige de technologie concentrée, et à des échelles très réduites. Une image qui dégageait une certaine beauté, mais la partie endommagée et enfoncée ajoutait un aspect dérangeant qui brisait un peu le charme.

-..... Mon corps n'est plus hermétique, et mes processeurs indiquent une chute de température potentiellement critique pour la réparation de mon système et le maintien des fonctionnalités vitales.... Fleya a besoin de trouver de quoi se protéger du froid ou de quoi se réchauffer pendant la nuit.....
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Lun 9 Oct - 11:54



Après cette première journée de voyage, nous sommes apparemment aussi contents l’un que l’autre que le moteur s’arrête. Contre l’un de ces colossaux monolithes rocheux penchés, je m’adosse alors et m’étire de tout mon long afin de chasser cette mauvaise sensation de manque d’huile dans mes articulations. En effet, le frottement du vent, les vibrations du moteur et les secousses du sol, donnent finalement une sensation de grincement ou de grippage sur les genoux ou les coudes restés pliés pendant des heures durant. Tout en descendant du side-car, l’IA me semble perdue dans ses pensées, je la vois monter un petit abri avec un pan de toile et quelques clous, récupérés dans le petit compartiment extérieur du side-car. Après avoir enfoncé ces derniers à la main dans la roche, je comprends que la petite tente de fortune nous abritera au moins du vent.
Mes yeux se posent vers l’horizon, et profite des dernières minutes de ce soleil mourant dans des couleurs extraordinaires : un jaune flamboyant, un orange profond ou encore un rouge puissant. Ces couleurs disparaissent alors l’une après l’autre dans un pourpre tombant petit à petit vers des teintes de violet, puis de bleu nuit.
J’entends Fleya me parler de son passé, un passé que je ne connais pas, dont je n’ai jamais vraiment entendu parler. Et pourtant tout cela c’est déroulé il y a environ une dizaine d’Irs.
Je ne sais pas trop quoi dire, je ne sais même pas si ses mots me sont vraiment destinés ou s’ils ne sont là que pour l’aider à comprendre ou accepter ce qu’il s’est passé en début de Dehne. J’attends patiemment qu’elle finisse de parler avant de reprendre d’une voix calme, à mon tour peut-être autant pour elle, que pour moi :

« C’est peut-être le cas, peut-être que nous ne sommes pas du tout en adéquation avec notre environnement ou avec les autres créatures vivantes d’Origin’s. Ceci dit…
- Qwak.... Je.... Est-ce qu'on a de quoi s'isoler du froid ? J'ai....
- Oui bien sûr ! Il y a toujours la grosse couverture que l’on a prise à la cité Neutre . Mais…
- Fleya d'ordinaire ne craint pas le froid, mon corps est hermétique, mais.... J'ai eu quelques soucis lorsque je me suis fait ensevelir.... »

Joignant le geste à la parole, la Qantik ouvre alors le devant de sa robe et au moment où je m’apprête à tester pour la première fois mon récent protocole de pudeur réactionnelle en société, implanté il y a une quinzaine de jours dans le garage de Dan, je comprends que les choses sont bien plus graves qu’elle ne voulait me le dire à mon réveil ! Son compartiment thoracique était grandement enfoncé et je me demande sérieusement comment elle a pu assumer la plupart de ses fonctions vitales ces derniers jours.

« Toute la journée, le monolithe a emmagasiné la chaleur du soleil. Venez, on va déjà s’y adosser ! »

Je récupère la couverture sur la moto et reviens m’asseoir à côté d’elle.

« La couverture et l’immense pierre ne suffiront pas, en étant proches de vous, je suppose que je pourrai vous créer une protection contre le froid. Ne vous cachez pas encore le buste avec la couverture, ça risquerait de s’amalgamer avec… Vous me faites confiance ? Vous ne risquez rien croyez moi. »

Je la regarde avec, pour la première fois depuis longtemps, mon sourire franc et chaleureux affiché sur le visage pendant que je prends lentement sa main. Alors que l’IA me fixe sans vraiment comprendre, assise à quelques centimètres de moi et appuyée sur la pierre, je ferme alors les yeux et me concentre. Je me concentre sur elle, à côté de moi. Je me concentre sur ce trou béant dans son tronc, je me concentre sur ses bras, ses jambes, son visage. Je sais ce qu’elle doit voir, et j’espère que ça ne l’inquiète pas. Je ressens chacun de mes nanorobots, je sais ce qu’ils voient, je vis ce qu’ils ressentent. Je les sens sortir de ma peau, tout le long de mon bras, passer sur ma main et remonter lentement tout le long du bras de Fleya. Puis ils se dispersent, certains partent vers les jambes, d’autres vers son autre bras, d’autres encore remontent le long de son cou. Puis lentement, on peut les voir s’accrocher les uns aux autres, en bord de la blessure, pour créer lentement une fine texture flottante s’agrandissant afin de recouvrir toute la zone endommagée tel un voile translucide. Ils finissent par se regrouper sur chacune de ses extrémités et se figent les unes aux autres pour tendre la texture nouvellement formée. En une minute j’ai parcouru et recouvert la quasi-totalité de son corps, seuls le cou et le visage de l’IA sont encore à l’air libre. Sans rouvrir les yeux, comme dans un souci de pudeur, je tourne à nouveau ma tête vers elle et dans un sourire apaisant, lui dis :

« Voilà, normalement la chaleur devrait commencer à arriver d’ici peu, mais je ne vais pas tarder à rentrer en veille, car ça me prendra beaucoup d’énergie. J’espère que ce sera au moins suffisant pour cette nuit, et demain on essayera de trouver un moyen plus efficace si vous avez malgré tout eu un peu froid. »

Je me redresse alors et m’adosse à cet immense bloc de pierre encore tiède avant de reprendre, le visage face au ciel :

« Pour revenir sur ce que nous disions tout à l’heure, je ne peux m’empêcher de me poser une simple question : est-ce vraiment le cas ? »

Quelques secondes plus tard, tous mes nanorobots sur son corps se mirent en action, se frottant les uns aux autres et déclenchant ainsi un effet de friction qui remonta petit à petit la température de la Qantik.

« Je veux dire, les gens naissent-ils tous comme ça ? Ou la vie et ses affres les rendent comme ça?
Finalement, ne sommes-nous pas simplement encore trop jeunes pour comprendre le réel sens de notre existence ? Ou pour avoir le recul nécessaire afin d'évaluer une situation spécifique ? Et donc bien sûr l’expérience du traitement de toutes les données associées à cette situation : tels le bien, le mal, la droiture, la justesse, etc. »


Au fur et à mesure que les questions me viennent en tête, malgré moi j’exprime mes mots d’une voix de plus en plus faible, et ils finissent par être presque inaudibles.

« Je… Avec… Bonne nuit, Fleya, à demain matin... »

Je souris une dernière fois et rentre en veille.

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Sam 14 Oct - 10:47

Toute penaude et un peu honteuse, la Qantik s'exécuta sans demander son reste et s'adossa contre la pierre chaude. C'était déjà un petit mieux, loin d'être suffisant, mais bien agréable malgré tout. Qwark s'était emparé d'une couverture qu'il allait lui remettre. C'était une couverture légère, pratique pour les voyages car pas très lourde ou encombrante, mais pas forcément la plus chaude qu'il soit. Son compagnon de route indiqua lui même que cela serait pas suffisant. Mais Fleya était déjà prête à s'en contenter.

-C'est toujours mieux que rien.... C'est ironique quand on y pense.... Endurer les problèmes du froid dans un désert. Il fait aussi chaud le jour que froid la nuit....


Mais alors qu'elle allait déployer la couverture sur elle, Qwark l'interrompit. Il lui demanda de lui faire confiance, et de ne pas se recouvrir tout de suite, au risque de.... S'amalgamer avec ? Fleya l'observa circonspecte, visiblement elle en comprenait pas du tout où il voulait en venir. Il lui demanda de lui faire confiance, et elle acquiesça machinalement. Elle avait confiance en Qwark à présent. Elle savait que c'était quelqu'un qui ne lui voudrait aucun mal, et qui cherchait à être bon de manière général. Quelqu'un d'un peu comme elle. Il se voulait rassurant, et elle n'avait aucune raison de se méfier de toute manière. Alors qu'il ferme les yeux, sa comparse attend et observe attentive. Lorsque les nanorobots de Qwark se mettent en action, la demoiselle scruta ce spectacle incongru avec stupeur, puis rapidement avec émerveillement. La précision et l'habilité de ces micro-machines l'époustouflait et leur travail tout en précision et en finesse avait quelque chose à la fois de divertissant et d'artistique. Encore sous le charme, elle toucha le voile de protection du bout des doigts, curieuse d'en découvrir la texture. Elle aurait bien aimé en tester la souplesse et la résistance, mais elle n'osa pas, de peur de briser le travail de Qwark. Néanmoins, elle ne dissimula pas son enthousiasme.

-Ouah Qwark, c'est incroyable ! C'est digne d'un travail d'orfèvre ! Merci, grâce à vous mon corps pourra continuer de se réparer sans que mes processeurs ne soient abimés par les intempéries.

Si son confrère espérait que cela soit suffisant pour la prévenir du froid, elle constata rapidement qu'il mettait réellement tout en œuvre pour que ce soit le cas. Et alors que ses nanorobots ne cessaient de s'activer, il termina son discours suites aux propos de Fleya. Il posa quelques questions, dont certaines où la demoiselle avait des éléments de réponses.

-De ce que j'ai pu voir, les originaires naissent ni bon, ni mauvais. Leur éducation, leur condition de vie et leurs histoires personnelles forment ce qu'ils sont, et en fonction de leur caractère et de leur position, ils agissent pour leurs intérêts et les causes qui leur sont chères. C'est vrai que nous sommes jeunes.... Et nous n'avons surement pas tout le recul nécessaire mais.... Notre vision du bien et du mal, nous ne l'avons pas inventé. Elles sont issues des civilisations qui nous ont créé. Elles sont issues des originaires. Il y a un décalage entre ce qu'ils affirment être bien ou mal, et la manière dont ils se comportent. Peut-être est-ce qu'ils ont fixé des "barèmes" de bien trop idéaliste, je veux dire, trop durs pour eux à atteindre ?

Qwark semblait sur le point de répondre, mais sa voix commençait à s'épuiser, au diapason de son possesseur. Il eut tout juste le temps de lui dire bonne nuit, avant de se faire happer par une veille forcée.

-Bonne nuit Qwark....

Fleya se sentit un peu honteuse de l'avoir mis dans cet état à cause de ses problèmes. Elle poussa un petit soupir embêtée, en l'observant "dormir". Elle se blottit un peu plus contre la roche, espérant trouver un peu plus de chaleur. Les efforts de Qwark n'étaient pas vain, mais le froid des nuits désertiques étaient beaucoup plus intense qu'elle ne l'aurait cru. Elle ne parvint pas à se mettre en veille cette nuit là. A chaque fois qu'elle essayait, la température de ses circuits baissait et devenait trop fraîche pour lui permettre de récupérer convenablement. Il ne manquait pas grand chose, mais il manquait quand même un ou deux petits degrés pour atteindre le minimum requis. C'était rageant. Elle poussa un autre soupir, désolée de constater que malgré tous ses ces efforts, Qwark ne pouvait pas résoudre tous ses problèmes. Au moins, même si elle ne pouvait se mettre en veille, il lui évitait de s'endommager encore plus.

Elle décida donc de passer la nuit à monter la garde, et à veiller sur lui. Après tout, même si l'endroit était très loin d'être fréquenté, il était possible qu'il y ait des potentiels ennemis ou bêtes sauvages un peu trop curieuses. Mais pas cette nuit en tout cas. Le soleil se leva, et ses lueurs commencèrent rapidement à réchauffer la Qantik qui n'allait plus avoir besoin de la couverture. Elle attendit que Qwark s'éveille et l'accueillit par un doux sourire.

-Bonjour Qwark. J'espère que vous avez pu récupérer un peu. Mes composants n'ont pas été endommagé par le froid cette nuit grâce à vous. Je vais réfléchir pour essayer de trouver un moyen de gagner quelque degrés de chaleur supplémentaires pour la prochaine nuit, afin que je puisse me mettre en veille également. Les nuits sont longues lorsqu'on attend le levé du jour. Mais je suis contente d'avoir pu assister au lever du soleil. C'est quelque chose qui est beau à voir.

Tout en parlant, la Qantik se redressa et rangea la couverture. Il était temps de reprendre la route. Néanmoins, grâce au véhicule de Qwark, cela serait beaucoup plus facile que d'évoluer à pied. Et puis Fleya aimait bien évoluer cheveux aux vents.
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Lun 6 Nov - 11:03



Réactivation des nanograins

.....
.............
3205e Démarrage
.........
...............

Bienvenu Q.W.A.R.K.


Alors que mon corps se réveille, et que mes fonctions vitales reprennent leur cycle diurne, je m’aperçois que Fleya était déjà éveillée. Elle regarde l’horizon et semble perdue dans ses pensées.

« Bonjour à vous Fleya. Avez-vous passé une bonne nuit? »

La Qantik m’accueille avec un doux sourire, et m’explique que bien qu’elle n’ait eu aucun dommage interne grâce à ce que j’avais fait, elle n’a malheureusement pas vraiment pu rentrer en veille et se reposer convenablement afin de lancer le processus de restauration.

« J’en suis véritablement désolé, mais je vais chercher autre chose pour ce soir… Il doit exister une solution encore meilleure ! »

Nous nous relevons tous deux, rangeons ce camp de fortune et nous remettons en route. La journée se passe comme la précédente, si ce n’est que l’ambiance est un peu moins lourde. Je réfléchis encore sur nos dialogues d’hier et comprends effectivement, sans arriver à mettre le doigt sur la raison exacte, que quelque chose nous échappe. Peut-être le fameux écart entre la pensée collective voulue et la réelle difficulté à la mettre en œuvre. Je ne parle pas beaucoup tout au long de cette journée, je repense aussi beaucoup à cette nuit passée auprès de la Qantik. Il y a bien longtemps que je n’avais plus dormi auprès de mon créateur et bien que ce dernier me manque, étrangement nos rapprochements physiques me manquaient de moins en moins. Après tout, je n’étais là réellement que pour lui apporter du bien-être et de la joie, et jusqu’à hier soir je ne comprenais pas vraiment ce concept. Mais quelque chose, quelque part, très loin, me fit comprendre que je pourrais éventuellement appréhender ce fameux concept, avec un peu plus d’habitudes et d’expérimentations. Quand je tourne fugacement la tête pour la regarder, son visage paraît empreint de sérénité et elle paraît différente de ses derniers jours. Nos regards se croisent alors et je ne peux m’empêcher de tourner vivement la tête face à moi, comme un enfant pris la main dans le sac en train de faire une bêtise : mais pourquoi ?!

Peu de temps avant que le soleil ne se couche, je décide de me rediriger vers un autre de ces immenses monolithes du désert, afin de renouveler la même stratégie que la nuit dernière. Je choisis donc l’un d’entre eux dont la face montante aura été en exposé en plein soleil toute la journée. Celui-ci est particulièrement incliné et je pense que nous pourrons directement nous allonger dessus.
Je recharge alors notre engin en carburant, avant de monter la tente. La température de la pierre est particulièrement élevée, je suppose que ça fera la différence des quelques degrés manquant de cette nuit. L’air est particulièrement lourd et le vent semble se lever lentement.

« J’ai bien peur qu’une tempête de sable ne nous surprenne cette nuit. »

Ça ne va pas arranger nos affaires cette histoire…


Je me dirige alors vers la caisse à outils en récupère des clous vraiment très épais, que je place dans mes poches de pantalon.

« Je vous propose que nous passions la première partie de la nuit comme hier, et dès que la tempête arrive, nous irons nous abriter sous le monolithe. Qu’en dites-vous ? Je pense avoir déjà trouvé un moyen de récupérer les degrés que nous perdrons là-bas, puisque l’ombre de la pierre n’aura permis au sol de ne se réchauffer que trop peu. »

Et tout en expliquant cette dernière phrase, je me baisse, place les paumes de mes mains vers le sol et commence à aspirer une partie du sable se trouvant face à moi. Lentement un léger trou dans le sable, à peu près équivalent à la taille d’une gourde, se forme à deux mètres de nous. Enfin, après m’être relevé et la regardant avec mon franc sourire habituel, je lui demande :

« Voulez-vous vous coucher tout de suite ou voulez-vous discuter un peu avant ? »


A toi^^:
 
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Qantik militaire (Fleya)

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Sam 11 Nov - 16:10

La jeune Qantik offrit un large sourire à son comparse.

-Oui, je suis sûre que nous trouverons, et ne vous inquiétez pas. Nous avons déjà trouvé le moyen de pouvoir me faire "survivre", c'est l'essentiel.

Le voyage jusqu'à la ville des originaires était long. Même en course Fleya le trouvait long. Mais ici, le fait de en rien avoir à faire avait un petit quelque chose d'agréable. Dans ce paysage désertique, le vrombissement du moteur déchirait le silence, et la machine soulevait la poussière sur son passage. Fleya avait un peu l'impression d'être sur un navire lorsqu'elle voyait ce sillon de sable soulevé qui les suivait. Il suffisait de remplacer le sable par de l'eau, et on pouvait facilement se projeter. Malgré le véhicule, dans le désert tout était calme, très calme. Ne rien avoir à faire, ne rien avoir pensé, cela était reposant pour Fleya. En présence de Qwark pour s'occuper du plus urgent, elle trouvait un peu de temps pour elle, pour se distraire, admirer le paysage, apprécier la quiétude. Après le tumulte de ces derniers jours, c'était comme des vacances, et même si elle ne s'en rendait pas compte, elle avait bien besoin de souffler un peu. A vouloir sauver ou aider le monde entier, elle s'oubliait dans l'équation. Le soleil était haut dans le ciel, et il brillait et chauffait de manière implacable.

La présence de Qwark, de même que leur déplacement, empêchait Fleya de se mettre complètement nue pour pouvoir faire une photosynthèse complète, et s'alimenter en énergie. Mais elle pouvait toujours capter l'énergie solaire par son visage et ses bras, qui eux était à découvert. Son corps se mit alors à chauffer légèrement, tandis que sa peau semblait réverbérer la lumière, les reflets opérant donnaient une impression de surbrillance très légère. Sortant un instant de ses rêveries, la jeune Qantik capta le regard de Qwark qui s'était retourné pour la regarder. Elle lui adressa un grand sourire bienveillant, et visiblement contente de son sort. Mais Qwark se retourna vivement, ce qui conduisit la demoiselle à s'interroger sur sa drôle d'attitude. Mais elle n'insista pas pour autant, il devait se concentrer sur la route de toute manière.


La journée passa, et les voilà de nouveau arrêté proche de ces imposantes pierres qui se dressaient en remparts oubliés. Pendant que Qwark s'était chargé de monter le camp, Fleya caressa la pierre chaude. Celle-ci lui promettait une nuit bien agréable au moins au début. Mais cela était trop beau pour durer. Qwark annonça qu'une tempête de sable allait les surprendre, et il était vrai que le vent commençait à se lever. Fleya soupira en faisant la moue.

-Nous n'avions pas besoin de cela....


Elle acquiesça à la proposition de Qwark quant à prendre refuge derrière leur abris, pour éviter de se faire malmener par le vent et le sable, tout en demandant comment il allait s'y prendre pour conserver la chaleur une fois sous le monolithe. Elle rendit à Qwark le sourire qu'il lui offrit, avant de lui répondre.

-Ce serait plutôt à moi de vous poser la question. Vous avez conduis toute la journée, peut-être avez-vous envie de vous mettre en veille ? Sinon, peut-être pourriez-vous me dire quels sont vos projets une fois votre jambe réparée et fonctionnelle ? Vous avez un endroit où vous habitez ?

Fleya se rendit compte qu'elle avait entraîné ce pauvre hère dans ses aventures mouvementées sans même connaître son histoire. Enfin, il lui avait déjà parlé de quelques aspects de son passé, un résumé de sa vie. Mais elle s'intéressait davantage à son présent, et à son avenir. Qu'est-ce qu'il comptait faire de son existence ce brave homme ? Mais le vent leur laisserait-il ce répit ? Car à présent, il soulevait la chevelure de la jeune femme de fer.....
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Qwark

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Dim 12 Nov - 19:57



Le vent fait soulever les cheveux de Fleya et les ballotte lentement de gauche à droite, puis de droite à gauche, mèche par mèche. Je tourne mes yeux dans le lointain comme pour évaluer cette tempête à venir :

« Je suppose que nous avons un peu de temps effectivement, la tempête arrivera dans la nuit… Dans environ trois heures je dirais, enfin un peu plus, trois heures et une vingtaine de minutes à dire juste. »

Je marque une légère pause, le temps de nous étendre sur la pierre chaude, puis une fois en place la couvre directement avec le plaid épais qui nous accompagne depuis la Cité neutre.

« Pour la première partie de la nuit, la pierre fera assez bien son office, je vais garder mon énergie pour plus tard, je vais en avoir besoin, dis-je avec un air grave. Je vais passer au niveau supérieur en termes de consommation d’énergie. Ha ha ha. »

Je trouve que ma blague est juste désopilante, je suis content de réussir à manier l’humour Originaire avec tant d’aisance, finalement c’est plus simple qu’il n’y paraît ! Malgré ça, je m’aperçois que l’IA ne comprend pas la teneur de la blague à l’air perplexe qu’elle affiche sur son visage. Peut-être n’est-elle pas programmée pour rire ? Quand je vais pour expliquer ma blague, je me dis qu’il se pourrait que je la vexe en essayant de le faire, donc je préfère revenir à la question posée :

« Une fois que ma jambe sera réparée et fonctionnelle, j’aimerais poursuivre l’entreprise dans laquelle je m’étais lancé avant d’arriver à la Cité Neutre. Dan, m’a expliqué avant de mourir, que lui et son groupe étaient sur la trace d’enfants disparus, mais qu’ils étaient arrivés à un cul-de-sac. Je pensais reprendre ça du début, afin de voir s’ils n’avaient pas omis quelques détails et peut-être retrouver une nouvelle piste. Je veux faire en sorte que ma vie soit utile aux gens, je l’ai juré à mon créateur et je veux tenir cette promesse. Je veux que ce monde triste devienne meilleur pour vous, pour moi, pour tous ceux qui ne sont pas toujours acceptés… »

Scrutant toujours le ciel au-dessus de nous, je souris et tourne la tête vers Fleya avec un grand sourire radieux :

« Essayons de nous reposer un peu ? »




Au milieu de la nuit, je m’éveille, le ciel a déjà commencé à se déchaîner, et le vent souffle avec une certaine puissance. Je tends une main vers la Qantik pour l’aider à se lever et lui fais signe de me suivre. Je me dirige en premier lieu vers la moto, que je couvre avec la toile de tente et que je rivette à la solide roche avec les clous que j’avais en poche. Puis, je me déplace lentement vers le dessous du monolithe en parlant bien plus fort qu’à l’accoutumée, afin de me faire entendre au-dessus de ce vacarme incessant :

« Une fois de plus Fleya je vous demanderai de me faire confiance, vous savez que je ne me permettrai en aucun cas de vous mettre en danger ! »

Tout en me dirigeant vers la base de l’immense rocher, je retire ma chemise et l’attache autour de ma taille. Je m’assois en tailleur et hurle à la Qantik pour me faire entendre :

« Venez vous asseoir sur moi, face à moi, il nous reste une dizaine de minutes, juste assez pour ce qu’on doit faire ! »

Je la vois, hésitante, scruter autour d’elle et me regarder d’une façon bizarre. Elle finit par se placer face à moi, soulève lentement une partie de ses robes afin de ne pas trébucher et se laisse glisser lentement sur moi afin de s’asseoir. Son visage n’est qu’à une dizaine de centimètres du mien et cette proximité à l’air de recréer en moi la sensation d’hier soir. Cette sensation anormale, mais agréable, si douce et qui pourtant déclenche une forte tension dans mon corps.
Je sens son parfum, je sens son poids sur moi et je sens aussi ce fameux trou béant dans sa cage thoracique. Cette dernière sensation m’arrache à mes pensées et me recentre sur la tâche que je dois accomplir.

[HRP]:
 

« Voilà ce qu’il va se passer : je vais augmenter artificiellement ma température interne, faisant croire à mon corps qu’il fait trop froid. C’est la meilleure solution, la plus efficace et la moins dangereuse pour vous. Une fois en veille je ne pourrais plus bouger d’un pouce, aussi, veillez à être correctement et confortablement installée. »

Tout autour de nous, lentement, le sable commence à s’accumuler, mais de manière ordonnée. Petit à petit, à une cinquantaine de centimètres de nos deux corps, le sable forme une petite bute, puis le sommet de cette bute continu de progresser. Bientôt, nous avons l’impression de nous retrouver dans un léger cratère qui continue à se dresser lentement, mais sûrement, dans une course contre le vent. Ce dernier en fait tomber des parties, qui se reconstruisent presque aussitôt. Et c’est dans ce balai extraordinaire que je reprends la parole :

« Je vais devoir vous aider à dégrafer le bustier de votre robe, afin de faire infuser la chaleur de ma peau à la vôtre, directement. Ainsi l’immense trou, dans votre buste, pourra se résorber efficacement. »

Et sans la quitter des yeux un seul instant, mon regard plongé dans le sien, je l’aide à se défaire de ses frusques abîmées. Nos cheveux tournoient dans tous les sens, les siens d’un noir de jais, absorbant presque la lumière de la lune et les miens qui commence à perdre leur teinte bleu turquoise – preuve que mes nanorobots sont en pleine action. En cet instant je comprends, je crois, le concept de beauté. Non pas comme je le voyais jusqu’à présent sur la vie ou sur tous les mécanismes si complexes qu’ils ne peuvent à peine être expliquer, non. Le concept de beauté tel que mon créateur, ou n’importe quel organique, peut l’entendre. La beauté fragile d’un être ou d’un objet ; le contraste entre la dureté de la vie et la perfection éphémère, certes somme toute relative, d’une entité… Je la regarde et je souris tendrement, puis je passe une main sur sa nuque, l’autre dans son dos. Je crois fugacement la sentir trembler de froid, très certainement, alors qu’en un écho mes doigts ne sont tout à coup plus aussi précis. Sa peau est douce, presque plus douce que la mienne, et bien au-delà de celles qu’il m’ait été donné de toucher dans le passé. Je fais glisser lentement mes doigts afin de l’enserrer de mes bras et tout en nous rapprochant l’un de l’autre, m’efforce de ne pas la quitter des yeux un seul instant. Ce regard bleu profond qui me transporte, qui me fait trembler à mon tour depuis quelques minutes. Puis lentement, nos visages se touchent, nos joues se frôlent et je sens ses mains se placer à leur tour dans mon dos. Alors que son souffle se pose dans mon cou, je la sens s’accrocher à moi fermement, comme je lui ai conseillé. Nos fronts se posent dans le creux de la clavicule droite, chacun de l’autre, alors nos corps se touchent en une sorte de grand frisson électrique - qui parcours mon être synthétique du sommet de mon crâne à la pointe de mes pieds.


Lorsque la lumière décroît, au même instant, le vent hurle à nos oreilles de plus en plus fort, une ultime brimade dépitée plus aiguë que jamais. Indicateur que le cocon de sable est en train de se fermer complètement autour de nous. Épais et solide, il gardera la chaleur que mon corps dégage en surchauffe. Je sais que faire monter cette chaleur, de manière aussi extrême, pendant une bonne partie de la nuit pourrait occasionner des dommages internes supplémentaires chez moi.

Mais cela ne m’importe que peu…

Je me sens bien, pour la première fois depuis longtemps.

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MessageSujet: Re: Les conséquences de nos actes....   Mar 14 Nov - 18:15

Fleya avait suivit Qwark sous le plaid, profitant des derniers instants de quiétudes avant la tempête. Qwark lui indiqua que cela suffirait pour l'heure, précisant alors qu'il avait besoin de conserver son énergie pour l'après. Mais en disant cela il se mit à rire. Sans aucune raison aux yeux de Fleya, qui n'avait alors même pas saisit qu'il avait fait un trait d'humour.... Que peut-être seul lui pouvait comprendre en cet instant. Elle allait lui demander pourquoi il riait sans raison, mais le Qantik enchaina sur un autre sujet, s'évitant sans le savoir une situation embarrassante. Il conta alors ses projet, sa comparse l'écoutant un sourire doux se gravant progressivement sur son visage. Même si leur "mission" différait dans leur application, leurs buts convergeait. Offrir un monde meilleur, ou au moins un peu moins dur. Fleya s'était dédiée aux Qantik, qui étaient rejetés de tous et persécutés de manière intempestive. Si les Qantik ne s'entre-aidaient pas, personne ne viendrait leur prêter main forte. Qwark semblait être également sensible au sort de ceux qui étaient les siens. Il fallait dire que son petit séjour dans cette cité de misère y avait sûrement été pour quelque chose. Mais cela faisait plaisir à la demoiselle qui lui répondit.

-C'est une belle cause à défendre. Fleya aussi veut améliorer les choses. J’œuvre un maximum pour que la Cité Neutre devienne un véritable havre de paix pour tous les Qantiks qui le souhaitent. Pour qu'ils aient un endroit où se réfugier, ou tout simplement une "maison". Ce monde est plein d'inégalité et de haine, mais il n'est pas encore perdu. Cela prendra du temps, mais je suis sûre que nous pourrons améliorer notre condition. Peut-être pas encore faire changer les mentalités, mais au moins nous rassembler. Quand vous aurez fini votre mission, et si vous voulez toujours aider ceux qui ne sont pas acceptés, n'hésitez pas à revenir à la Cité. Nous aurons toujours besoin de bras supplémentaires.

C'était avec des projets plein d'espoir et de bons sentiments que Fleya avait commencé à se mettre en veille, jusqu'à ce que la tempête ne vienne les menacer. Les deux Qantiks ne perdent alors pas un seul instant et se mettent en place. Mais arrivé sous le rocher, Qwark commence à faire des choses inattendues. Il retire sa chemise pour la nouer autour de sa taille. Fleya l'observa alors avec de grands yeux ronds, stupéfaite de son comportement. Il lui avait bien dit de lui faire confiance, et elle lui faisait confiance.... mais là elle ne voyait pas du tout o il voulait en venir ! Elle détourna rapidement le regard, pas franchement à l'aise. Là il n'était pas question de soigner quelqu'un, ou tout autre situation qui aurait pu justifier de regarder le torse nu de Qwark en toute légitimité. Mais ce n'était pas tout ! Le voilà qui s'assied et qui lui demande de venir se positionner sur lui ! Prise au dépourvue, Fleya le regarde de nouveau interloquée et hésitante. Ce n'était pas très convenable pour une lady de s'assoir comme cela sur les genoux d'un homme ! Mais la tempête ne lui laissait ni le temps d'y réfléchir, ni celui de contester.

Mal à l'aise elle obéit à Qwark, s'installant sur lui, et instaurant une proximité qui commençait à lui faire rosir les joues. Son système de gestion émotionnel traduisait aussi les expressions faciales par la couleur.... Ce qui surprenait également Fleya. D'accord, ce qui était entrain de se passer n'était pas très conventionnel, mais les circonstances obligeaient, donc elle aurait dû pouvoir faire face à cette tâche sans trop d'émoi, ses processeurs rationalisant la chose. Alors pourquoi ici, cela ne fonctionnait pas.... Qu'est-ce qu'il y avait de différent maintenant par rapport à toutes les autres fois ? L'I.A. n'eut pas le temps de se poser plus la question que Qwark lui expliqua la suite des événements, malgré le vent hurlant et sifflant qui ne rendait pas du tout la chose facile. Fleya avait toutefois compris ses propos et jusque là elle acquiesçait. Son plan lui semblait tout à fait adéquat jusque....

« Je vais devoir vous aider à dégrafer le bustier de votre robe, afin de faire infuser la chaleur de ma peau à la vôtre, directement. Ainsi l’immense trou, dans votre buste, pourra se résorber efficacement. »

-QUOI ?!

Cette fois-ci Fleya était clairement choquée. Dans ses programmes, c'était clair. On ne se dévêtissait pas devant un monsieur si on était pas marié avec ou dans une relation assimilée en terme de proximité. Néanmoins, dans sa base de données relative à la survie, la méthode de réchauffement peau à peau était enregistrée comme une technique avérée, reconnue et également efficace. Ce qui évita à Qwark de se faire atomiser. La confiance qu'elle avait en lui permit à ce qu'il puisse procédé sans qu'elle ne proteste ou râle, même si elle n'était franchement pas à l'aise, sentant le tissu se dérober pour dévoiler sa peau nue. La coque de sable qui se formait évita que ce dernier ne vienne se glisser là ou il ne fallait pas. La pompe qui servait de cœur à Fleya se mit à s'accélérer et étrangement, elle commençait déjà à avoir chaud avant même que Qwark n'ait commencé les opérations. Son regard était venu s'ancrer dans celui de la Qantik, qui se raccrochait au sien comme à une berge, pour ne par partir à la dérive des sentiments et sensations qui affluaient en elle comme un courant furieux. La peau douce et lisse de sa poitrine vint épouser celle du torse de l'I.A. .

C'était à la fois effrayant, comme lorsque l'inconnu surgit devant vous sans prévenir, mais également intriguant, comme ces mystères que l'on veut percer et comprendre. Lorsque ses mains chaudes vinrent étreindre doucement sa peau, Fleya eut une réaction épidermique qui n'était pas forcément due au froid.... Personne ne l'avait jamais touché autrement que sur le visage et les bras. Sauf Hojo mais c'était lorsqu'il était à l'étape de sa conception. Elle se sentait.... Mise à nue, dans tous les sens du terme. L'étreinte de Qwark se resserre, mais avec une douceur et une délicatesse toute particulière. Il donnait l'impression à l'I.A. d'être telle une rose que l'on saisit avec précaution, soucieux de ne pas froisser ses pétales délicats. Venant de Qwark, elle savait qu'il n'y avait pas d'arrière-pensées déplacées. C'était juste un moment doux.... Et chaleureux. Finalement, Fleya se détend et vint à son tour enlacer son compagnon, timidement, un peu hésitante de toucher ainsi le torse de l'I.A. . Mais Qwark l'avait invité à le faire. Il lui souriait doucement, et son regard se voulait rassurant, encourageant.

Dans ce cocon à présent formé, à l'abri du monde extérieur ou la tempête fait rage, Fleya se sentais étrangement bien. Les sons extérieurs étaient étouffés, sourds, presque berçant. Il faisait chaud, sombre, il n'était plus que tous les deux, comme loin de la réalité. Fleya vint nicher sa tête dans le creux l'épaule de Qwark, dans un mouvement mimétique. Sa respiration s'était apaisée, au diapason de son esprit. Doucement, elle se met en veille et se surprend à espérer que pour une fois, la nuit soit longue..... Mais elle fut égale aux autres, et de toute manière Fleya n'était pas en mesure d'apprécier davantage l'instant étant elle aussi en veille pour réparation. Des réparations qui s'étaient d'ailleurs activées avec efficacité. Entre la photosynthèse, l'absorption de matière première les jours précédents, le repos du voyage où elle laissait Qwark gérait, en enfin la température idéale pour lui éviter à gaspiller ses ressources, les conditions avaient été optimales. Tant et si bien qu'à l'aube, son torse était complètement refermé. Tout n'était pas réparé à l'intérieur, mais au moins les couches externes pouvaient reprendre leur fonction protectrices.

Fleya était à présent complètement blottie contre Qwark. Si la réparation avait bien avancée, elle avait été néanmoins gourmande en énergie pour la Qantik, qui semblait alors jouer les prolongations. Tant que rien ne viendrait la réactivé, elle resterait surement ainsi, le temps de récupérer, ou que la lumière ne vienne l'interpeller. Dehors tout était calme et les premières lueurs du soleil inondaient déjà les alentours de lumière, promettant rapidement une journée étouffante. La jeune femme ne fut pas la première à se "réveiller".....
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