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À toi, mon père, qui n'a de doux que le sang qui coulera de tes lèvres [Niv. III]

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bliss


RPG
Âge : 22 ans
Groupe: Elite
Inventaire: Une paire de gants blancs, plusieurs tenues élégantes, un nécessaire de coiffure.

MessageSujet: À toi, mon père, qui n'a de doux que le sang qui coulera de tes lèvres [Niv. III]   Ven 18 Aoû - 12:31


Musique:
 


Bliss prit élégamment place sur un banc de pierre, érodé par le temps. Son voisin, lui, se laissa presque tomber à côté d'elle, abasourdi. La voix de la jeune Ünik était claire et douce, sans animosité « Vois-tu, Henri, il est des choses hors de contrôle. Nous pensons avoir toutes les données en notre possession, que nous sommes inatteignable, mais ce n'est pas le cas. Aujourd'hui, je suis là pour la maison. » Le cadre était idéal. Proche des Rivières Eracléa mais assez éloigné des dangers de ces prairies, la maison de la défunte tante se tenait là, majestueuse, attendant le retour de sa propriétaire, en vain. Chaque fenêtre était un oeil sur un monde dont Bliss s'était fait un plaisir d'en imaginer les délices avec candeur, dans un âge où l'innocence était mère de tout. Mais aujourd'hui, les carreaux étaient sales, rendant aveugle cette maison de jouvence. L'édifice avait perdu toute sa splendeur et plus l'Ünik la regardait, plus elle avait envie de la détruire.
Lorsqu'elle en visita les pièces, même le plancher ne grinçait plus. Aucun meuble ne chantait, l'argenterie ne brillait plus sur leurs scènes qu'étaient les tables, les commodes et les guéridons et les tapis étouffait sous la poussière. Cela faisait deux ans que la propriété sombrait dans le vide, abandonné de tous. Bliss n'avait pas eu le courage d'y retourner et son père, trop occupé, avait remis les papiers à un riche notaire. Mais ce n'était pas à lui de décider. Lui qui a vu sa sœur et sa femme mourir sous ses yeux. Lui qui est le dernier survivant d'une lignée pourtant florissante. Était-ce finalement des accident ? L'assassinat, la balle perdue... N'était-ce pas juste un moyen d'écarter toute menace potentielle pour se rapprocher des Princes ?
Avec de telles élucubrations, Bliss ne pu descemment rester à l'intérieur. Elle se mit à fuir, dévalant les escaliers à la hâte, comme oppressé par cette ambiance. Chaque draps ressemblait à un linceul et chaque meuble à un cercueil. L'esprit de sa tante avait imprégné jusqu'aux murs, et c'en était trop.

Ce fut dans le petit chemin qui menait à la marre, sous les peupliers, que Henri, le voisin pédant de cette femme, vit Bliss déambuler doucement. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vu et il profita de l'occasion pour se jeter littéralement sur elle. Mais quand elle se retourna, ce n'était pas ce visage poupon et ingénu, mais une figure creusée par le deuil et l'amertume. Elle avait grandi, mûri, et il ne pouvait que se rendre à l'évidence. Si son corps restait désirable, inaltéré, sa figure montrait une duchesse pleine de sentiments néfastes. Si ça ne touchait pas sa beauté, on ne pouvait cependant en rien l'ignorer.
Ce fut qu'après quelques maigres politesses qu'ils s'assirent ensemble, près de l'étendu d'eau vaseuse « Les domestiques sont partit à peine une semaine après le décès de votre tante. Ils ont rangé la maison et se sont rendu à la ville. Depuis, personne n'est revenu ici. » Le vent venant de la montagne se sentait déjà ici. Il n'était ni mordant ni agaçant, non. Il ne restait qu'une légère brise fraîche avec des relents de neiges éternelles, qui soulevait légèrement sa crinière blonde.

Ces deux là avaient bien changé. Henri avait bien sûr gardé la même tête allongée et fine, l'assimilant à un museau de souris mais il était clairement devenu un homme. Sa capillarité rouquine, bien qu'elle gardait de forts reflets cuivrés, s'était assez assombrie, ses traits faciaux disgracieux avaient légèrement bougés pour devenir simplement grossier mais sans choquer, et son corps s'était métamorphosé. Le court sur pattes avait grandit assez pour que sa silhouette devienne harmonieuse et son ventre n'était qu'un lointain souvenir. Sans se vanter d'être musclé, il n'était plus le grassouillet insupportable. Il gardait des attitudes puériles sur quelques traits, mais avait, pour la majorité, simplement grandit. Et à un de ses doigts, anciennement boudiné, se trouvait une bague qui n'échappa en rien à l’œil avisé de Bliss. Henri ne su quoi lui répondre en définitive et il se permis d'attraper au vol le coup d’œil discret de la petite princesse sur cet anneau simple « Pour moi aussi les choses ont bien changé... » Sa voix était posée, presque monotone. Elle n'avait plus rien à voir avec le ton nasillard du roquet insupportable « Es-tu heureux Henri ? », « Ca dépend. Aux yeux de la société oui, à mes yeux non. » S'appuyant sur ses paumes de main, les coudes sur les genoux, il soupira « Que se passe-t-il ? », « Absolument rien comparé à toi. J'ai toute ma famille et une femme radieuse. », « Henri... Je ne me permettrai jamais de te dénigrer. Tes problèmes restent des problèmes, ils ont autant de valeurs que d'autres. » Les sourcils de Bliss lui donnait une mine à la fois soucieuse et compatissante. Elle était réellement triste. Il n'avait plus rien d’exubérant. Il en était, de ce fait, moins insupportable mais elle savait que ce n'était pas lui « Je... On ne s'est pas choisi et j'en paye les conséquences. Je le savais que c'était une erreur. » La jeune femme savait ce qu'il vivait pour la bonne et simple raison qu'elle avait failli être victime du même sort. Dans cette société, personne ne décide de sa vie et surtout pas d'un quelconque amour « Je... Je suis désolée... », « Ca fait trois ans que je suis marié, nos domaines ont fusionné, les familles sont ravies, la fortune s'amplifie. », « Mais tu ne bénéficie pas du bonheur d'une relation... », « Non et... et.... » Il soupira, le visage entre ses épaules affaissées « Elle découche. » Le verdict tomba comme une enclume pour la jeune femme. Ce type n'était peut-être pas un génie mais il ne méritait pas ce genre de traitement de la part d'une femme. Et celle-ci se servait clairement de lui. Elle le trompait sans que lui ne puisse rien dire, ni faire, au risque d'être la risée d'Anathorey. Ça n'étonnerait pas la jeune femme qu'une partie de l'Elite le sache « Ne réfléchis pas, il n'y a pas d'issue. Je ne sais même pas si elle me donnera un enfant un jour... »

Bliss leva la tête, regardant la maison. Sa vie ici n'avait plus de raison d'être. Même Henri faisait partit du passé dorénavant. C'était un pan d'existence complètement révolu. Un homme qui était prévu à un grand destin, a été marié à une espèce de pie qui n'a que faire de lui. Son bonheur est dans d'autres lits que celui de son mari. Quelle joie y avait-il à garder tout cela secret ? De vivre dans le mensonge et la culpabilité ?
« Je vais devoir partir Henri. », « Oui... Oui, excuse-moi. » L'homme se leva, dans sa redingote bouteille, saluant l'Elite. Les aurevoirs durèrent un petits moments. Si Henri avait une réelle envie de finir ses jours avec Bliss lorsqu'ils étaient jeunes, il constata à aujourd'hui que ce n'était que pure amitié. Non pas qu'elle ne lui plaisait pas, mais l'eau avait assez couler sous les ponts pour leur prouver qu'ils n'étaient pas destinés. Ainsi, l'affection se mêla à la tristesse, et chacun retourna d'où il venait.

~♡♡♡♡~


La Lady  se rendit immédiatement chez son père. Depuis le décès de sa tante, elle n'y avait plus remis les pieds. Sa fugue avait été bien pris par le paternel, vu qu'elle fuyait dans les bras d'un riche héritier de domaine. Il n'y avait donc pas de quoi l'empêcher de vivre sa vie comme elle l'entendait, à ce stade là. Le comte Abberline était vicieusement empreint d'intérêts. Tout ce qu'il faisait ou disait, avait pour but de lui rapporter un jour, d'une manière ou d'une autre. En participant à la guerre et en assistant les Princes à Anathorey même, il fit beaucoup trop d'étincelles. Quelques personnes ont fini de le prendre en grippe et lorsque tout le monde retourna chez soi, il s'y mura totalement, ne sortant plus. Bliss n'alla pas le voir et lui n'alla pas la chercher. Mais aujourd'hui, les choses étaient différentes.
Lorsqu'elle passa la porte du domaine, le majordome l'accueillit avec gentillesse et soulagement. Devant son père, Bliss devait être irréprochable. Parfaite, méticuleuse, pointilleuse, fière, capable, autant d'adjectifs qualifiant une Elite et future Duchesse. Elle avait vêtit ses plus beaux atours, lui montrant silencieusement qu'elle ne se négligeait pas. Coiffée à quatre épingles, comme elle devait l'être. Faire de la perfection sa normalité, c'était le crédo des Abberline.
Son père n'était que l'ombre de lui même. Il n'était pas forcément triste, ni perdu, non... Disons qu'il renfermait tant de sentiments haineux et négatifs, que ça s'était empreint sur son visage. Sa fille fut frappée de stupeur quand elle vu cet homme, similaire à un démon. Du venin coulait dorénavant dans ses veines, et dès qu'il ouvrait la bouche, il le crachait à tout va « Père, je suis rentrée. » Le comte leva la tête, surpris « Elizabeth ! » Reprenant rapidement ses esprits, il dit « Simple visite ou retour permanent ? », « Je suis ici au sujet de l'héritage. La maison de ma tante est laissée à l'abandon, le notaire n'a rien fait si ce n'est mettre le fichier dans ses archives. Je souhaiterai la reprendre. » Le comte se détourna, fouillant dans sa bibliothèque. Son ton était froid et méprisant « Et que feras-tu de cette vieillerie ? Laisse la maison où elle est, ta tante reposera en paix. Tu déshonores bien assez la famille comme ça. », « Pardon ? Qui déshonore la famille ? Tu t'es donné en spectacle auprès des nobles et des Princes d'Anathorey, tu t'es reclus ici comme un ermite, tu es suspecté de meurtres, et c'est moi que tu accuse ? Tu ne me feras pas porter le chapeau de tes bavures. » Aucunement bousculé, l'homme renchérit « Fais attention à tes paroles jeune fille. Je doute que tu sois en mesure de m'accabler de quoi que ce soit, vu ta position. Tu sais... Les gens parlent, me parlent. Et j'ai des retours concernant ta situation qui sont assez... défavorables. En tous les cas, ils sont bien loin de la fille que j'ai élevé. », « Que veux-tu dire ? Qui a dit quoi ? », « L'important ce n'est pas qui a dit, mais ce que tu fais. Tu n'as pas l'air de comprendre que tous les actes ont des conséquences. Et fuguer prestement dans la demeure d'un riche Duc sans situation, avant même de t'être unie officiellement à lui, a une conséquence désastreuse sur une réputation. Les femmes de notre famille sont considérées comme de petite vertu et ta tante n'y a pas échappé. Tous ses déplacement ont été critiqués, par ta faute, racontant qu'elle allait voir quelques amants, ne respectant même pas la mémoire de son défunt mari. » Un livre à la main, il se tourna vers elle « Alors, qu'es-tu venu faire ici, jeune fille ? » Bliss s'assit. Elle tomba des nues avec cette annonce. Juste parce qu'elle est allée chez Lukas, d'elle-même, sans la procédure élitiste qui allait avec, elle se retrouve affublé de maux et de rumeurs odieuses sur son compte... ? Enfin, ce n'était pas un problème pensait-elle, mais sa tante, bon sang ! Qu'on l'épargne ! « Je... Je ne pensais pas que... », « Tu n'as jamais pensé Bliss. Sache que tu vis dans un monde d'insouciance et que, derrière ces actes idiots, ta tante et moi avions dû sauver les apparences. Le mariage tarde ma petite, et ça nous enlise toujours un peu plus. Se fiancer n'est qu'une maigre étape. Mais il n'y a pas que ça. Tu ne te rends jamais aux cérémonies, tu côtoies des êtres qui n'ont aucune raison d'exister et par là, je ne parle même pas des employés de service du Duc Rainforth, tu t'affiches de la pire manière. Oui, tu fais honte à notre rang et à tout ce que nous avons battit. Maintenant, soit tu fais une demande intelligente soit tu pars, en continuant de détruire tout ce que nous avons construit pour toi. », « Je... Non ! Tu n'as pas le droit de me dire ça ! Je... Je ne détruis rien ! Je... mais il faut que je vive comme je l'entends, je ne veux pas me retrouver comme ces comtesses malheureuses qui... », « Malheureuse ? Qui donc parle de malheurs ? Tu n'es pas là pour t'exprimer et faire ta vie comme tu l'entends ! Le Bonheur c'est pour les imbéciles de Nordkia qui pataugent dans la fange ! Tu es là pour représenter une dynastie que tu pousse à sa perte ! Tu es aussi indigne qu'un bâtard et tu n'as même pas l'étoffe de prétendre au rang de Duchesse ! Si Rainforth n'était pas là pour te hisser et te rincer, tu serais encore à la maison en train de pleurer ! Ne pense pas que tu as tout gagné par tes propres moyens et que tes choix sont pertinents, tu es simplement risible et à la hauteur d'une pique-assiette. Et je n'ai pas à supporter les jérémiades et caprices d'une petite gamine prétentieuse. Tu n'as plus rien d'une Abberline. Va-t-en. » Bliss était en larme, entre haine et dégoût. Elle ne savait pas si c'était la vérité ou non, mais ça lui faisait particulièrement mal. Alors tout ce qu'elle fit c'est fuir. Ne pas affronter ce père odieux et partir, une fois de plus.

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