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Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]

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The retailer (Markus)

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MessageSujet: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Dim 20 Aoû - 2:37

« Bon alors on en est où ?
- Bah j’ai fini de vous écrire ce qui n’allait pas dans la baraque à première vue… »

Il lui tendit alors la feuille et poursuivit :

« Ah et je ne vous l’ai pas noté, mais faudrait certainement s’attendre des complications au niveau du toit. Y’a quand même une bonne grosse fuite depuis peu, faudrait faire gaffe. Faudrait pas que ça commence à tout faire moisir du coup… »

Markus détaillait silencieusement la liste que Pédro venait de lui donner. Malgré son côté délinquant, au fond ce n’était pas un mauvais garçon, juste arrivé au mauvais endroit au mauvais moment… Et souvent ça ne pardonne pas. Le colosse le savait, et c’est pour ça qu’il avait choisi de lui donner sa chance. Quand Markus était arrivé la première fois devant l’entrée de son ancienne boutique, il fut mal accueilli… Après avoir fait comprendre qu’il était le légitime propriétaire de cette maison squattée depuis des années par un groupe de voyous à la petite semelle ; après l’avoir démontré en envoyant au tapis leur chef d’un simple, mais violent, coup de poing ; il proposa à ses trois sous-fifres de travailler pour lui le temps de retaper cette maison dont ils avaient fait leur squat. En contrepartie : repas chaud, hébergement et peut-être paye si tout allait bien. Ils avaient aussi la possibilité de refuser, mais auraient alors dû quitter Nordkia… Ils ont tous accepté à l’unanimité.

« Pedro… T’es loin d’être idiot, alors pourquoi avoir choisi cette voie en suivant l’autre imbécile ?
- Bah ça… C’est plutôt bête, mais aussi très simple : je m’ennuyais et j’étais seul. Tout seul.
- Donc de savoir que tu faisais partie d’un groupe, si pourri fût-il, t’aidait à aller mieux ?
- Ouaip. C’est débile, mais bon… Bref ! Au fait, pourquoi vous ne profiteriez pas du jour du loyer pour aller rencontrer vos locataires ?
- Mes locataires ?
- Oui… J’ai pas eu le temps de vous le dire, vous nous avez demandé pas mal de choses à faire et êtes parti direct dans le débarras.
- C’était mon ancienne forge… Pas un débarras !
- Ouais enfin là-bas. D’ailleurs vous avez trouvé quelque chose à sauver ?
- Non… Il ne restait plus rien d’utilisable ou de récupérable. Bon pour ces locataires, tu n’aurais pas leurs noms à tout hasard ?
- Si, bien sûr, c’est moi qui allais chercher les loyers, toutes les semaines, pour le boss.
- Bon, eh bien commençons par le commencement. Premier étage ?
- On a deux chambres utili… »

Pédro avait déjà gravi quelques marches, mais s’arrêta net en voyant que Markus restait figé en bas des escaliers, en fixant la porte du haut avec intensité. Il y avait comme un mélange de crainte, et de rage dans ses yeux, comme s’il s’attendait à voir, ou revoir, quelque chose de spécifique une fois en haut. Un peu plus tôt dans la journée il avait fixé le comptoir, en partie brisé, de la même manière.

« Tout va bien boss ? »

Le jeune garçon ne voulant pas insister attendit patiemment que Markus sorte de ses pensées. Une trentaine de secondes plus tard, il se remirent en marche en silence. Une fois la porte passée, il sentit en lui comme un léger soulagement, de voir que la configuration des lieux avait changé.

« Première porte : c’est une jeune fille. Elle travaille dans une taverne miteuse des bas quartiers, mais elle peut au moins se payer une chambre ici. Elle s’appelle Lizzie…
- LIZZIE ??
- Euh, bah non rien à voir… Comme je viens, donc, de vous le dire, elle s’appelle Marissa.
- Mais ? Hum… D’accord. Marissa. Et combien on lui demande ?
- C’est noté au dos de la feuille que je vous ai donnée. Les noms et ce qu’on leur demande.
- Mais c’est super cher pour ce que c’est ! Tu ne trouves pas gamin ?
- Ah ça, c’est pas ce que je peux me payer à l’heure actuelle.
- On divisera par deux.
- Mais…
- Tu remets en cause mon jugement ?
- Non boss, c’est vous le boss, boss.
- Et elle pouvait payer ?
- Bah y’a bien une fois où elle ne m’a pas donné l’argent. Le gros était alors monté et ils ont eu une discussion elle et lui. Du coup elle n’a jamais plus manqué un paiement. Je n’étais pas dans les locaux donc je ne sais pas ce qu’il s’est passé… J’vous jure !!!
- J’aurais dû avoir la main plus lourde hier soir sur ton ancien chef… »

toc, toc

une petite voix craintive se fit entendre :

« Oui c’est pourquoi ?
- Ouvre c’est moi, je dois te présenter quelqu’un…
- C’est à dire, je ne sais pas…
- T’n’inquiètes personne ne te feras du mal, juré !
- Bon… D’accord... »

Elle ouvrit la porte et recula instinctivement en levant les yeux vers cet homme à la carrure imposante qui se tenait devant la porte. Elle ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit.

« Je me nome Markus, je suis le nouveau propriétaire. L’ancien n’a plus de nez, je vous demande désormais seulement la moitié de ce que vous deviez lui donner en argent et clairement, n’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal. Pas d’inquiétude. En revanche comme je suis un peu fauché et que je vais devoir relancer le magasin, j’aurai besoin de l’argent ce soir, et ce sera tous les deuxièmes soirs de la semaine à la même heure. Si ça vous va ? »

Le visage de la jeune fille s’éclairait au fur et à mesure que Markus parlait, il y eut bien une légère grimace au moment de la demande de paiement, mais son sourire revint presque aussitôt :

« Pas de soucis, j’avais peur de ce que vous me vouliez, mais là, je ne peux plus rien dire, vous avez fait ce que j’ai tant prié qu’il arrive ces derniers mois… Merci, monsieur Markus, je descendrai vous payer ce soir, et ce, comme toutes les semaines désormais !
- Bon parfait alors, ravi de vous avoir rencontré ! »

Il fit demi-tour avant de se diriger vers le nouvel "étage".

« Bon le prochain, c’est un camé, mais au moins il paye toujours ses factures et rubis sur l’ongle.
- Et lui… C’est plus cher encore ?
- Oui.
- C’est un drogué ? Tu sais à cause de quoi il se drogue ?
- Oui et non. Je sais juste qu’avant il se droguait moins.
- Bon, s’il a de l’argent pour sa merde, il aura de l’argent pour moi. »

toc, toc

La porte s’ouvrit et la seule chose que l'on pouvait voir depuis la chambre était très certainement un Markus massif, qui devait se baisser légèrement pour parler et voir son interlocuteur. Il prit l’initiative de la parole sans vraiment regarder le jeune homme dans les yeux pour qu’il ne puisse pas voir de mépris, dans le regard, dirigé contre lui :

« Bonjour ! Enchanté, je viens chercher le règlement de la semaine avec un jour d’avance. Mais dorénavant, ce sera les deuxièmes jours de la semaine ! Premier paiement ce soir et tous les deuxièmes jours de semaines ensuite.»

Il prenait sur lui, pour lui faire entendre cette version de la réalité. C’était comme ça et pas autrement. De toute façon quand il voyait ce Rac-fond, comme il appelle ce genre de personnes, ça ne lui donnait pas envie d’apprendre plus à le connaître ni d’être spécifiquement gentil avec lui.
Quand il vit que l’autre mit du temps à répondre, il reprit avant qu’il ne commence à parler :

"Ah oui, je me nomme Markus, je suis le nouveau propriétaire et si votre drogue nous attire des ennuis, vous finirez à la rue. Me suis-je bien fait comprendre ? Sur ce, je finis les présentations avec les autres locataires et j’attendrai ensuite en bas pour le loyer.
Des questions ? »


Bon a bien y réfléchir, il y était peut-être allé un peu fort...


Dernière édition par Markus le Ven 25 Aoû - 20:00, édité 2 fois
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Big brother (Bastian)

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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Dim 20 Aoû - 14:40

Bastian ouvrit difficilement les yeux. L'insignifiant poids que représentait Teagan sur son bras allongé, suffit à l'empêcher de se lever d'un bond. En effet, lorsqu'il ouvrit les yeux, il mit quelques secondes à reconnaitre l'endroit où il était. Mais la présence de son frère, additionnée au plafond craquelé et moisi, le rassura immédiatement. La veille au soir, il eut une absence n'ayant aucun souvenir du chemin retour pour rentrer chez lui. Heureusement, son corps et son instinct savaient d'office où se trouvait son lit, si bien qu'ils l'emmenèrent sans encombre.

Le dealer avait du mal à quitter le repaire familial depuis quelques jours. Une bagarre avait éclatée à l'étage du dessous, et si Teagan en avait habilement fait son quotidien, le grand, lui, n'avait plus cette insouciance. Car si l'immeuble se faisait prendre d'assaut par une bande de criminels, ils n'avaient que peu de chance de s'en sortir. Le petit lui répétait de ne pas s'inquiéter et que ce n'était qu'un règlement de compte ponctuel, mais Bastian ne s'en convainquait que difficilement. Tout ce qu'il trouvait à dire, c'était qu'un déménagement à la sauvette serait le bienvenue. Mais Teagan s'était attaché à cet endroit, et il n'est pas plus pourri qu'un autre en réalité.

La matinée était déjà bien entamée et peu de lumière filtrait à travers les persiennes des volets « Tea... Tea, bouge. » Le petit être se tourna doucement et Bastian leva la tête pour essayer de voir la chambre dans son ensemble. Sa voix était rauque, douce, et il du s'éclaircir la gorge. En réalité, il se sentait nauséeux et préférait quitter sa couche, que de risquer un accident dont il voulait épargner la vision d'horreur à son frère.
La veille fut agitée et il prit le temps de se rafraîchir en prenant une bonne douche, de manière à sortir de cet état léthargique dans lequel il était. Lorsqu'il se rendit dans la cuisine pour se servir à boire et prendre quelques restes pour manger, quelqu'un frappa à la porte. Son sang ne fit qu'un tour, et il espéra que ce ne soit pas ses détracteurs. Ce qu'il vit dans le juda ne le rassura pas, mais il prit le risque d'entrebâiller le battant, de manière à ne laisser personne voir à l'intérieur. Il remercia la Providence que Teagan soit planqué au fond de l'appart, sous la couette encore chaude.

« Ouais c'est pou... » L'homme qui se tenait devant lui était impressionnant. Bastian était du genre grand mais il avait là un homme du genre très grand. « Euh... » Le dealer prit le temps d'observer les deux. Il connaissait le petit qui accompagnait le rustre. C'était un squatteur du rez-de-chaussée, très certainement dans la bagarre de la semaine d'avant. Bien qu'il n'en avait passablement rien à foutre, il se fit attentif aux dires du type. La situation avait le chic de le mettre mal à l'aise, il se sentait prit en étau devant des gens qui n'avaient rien à faire là. Seulement, d'après l'inconnu, il était le propriétaire et dorénavant, c'était à lui qu'il fallait filer le loyer. Quand il parla de la drogue, Bastian se renferma. Son regard assassin se dirigea vers le roquet qui accompagnait ce grand homme, lui indiquant que s'il le chopait, il risquerait de lui expliquer comment se faisait la vie. Bien que ce soit un revendeur, il n'avait pas pour habitude que qui que ce soit le cri sur tous les toits.

Devant les paroles menaçantes de ce fameux Markus, le brun esquissa un léger sourire narquois « On peut dire que vous avez le chic pour mettre les gens à l'aise. Je m'appelle Bastian et peu importe ce que je fais dans la vie, du moment que je vous paye, non ? Je descendrai vous payer quand je sortirai tout à l'heure. » Le type allait réclamer le loyer toutes les semaines, donc Bastian avait intérêt de ne pas avoir de jours de creux sinon il allait clairement le regretter. Déjà qu'avant il avait réussi à éviter quelques ennuies en faisant crédit à l'ancien chef de gang et propriétaire... L'avantage c'était qu'en payant toutes les semaines, la somme était réduite. Cependant que ce soit le petit con ou le grand benêt, ça ne regardait aucun des deux ce qu'il pouvait faire de ses journées et de ses nuits.
~

« J'y vais Tae, n'ouvre à personne et fais attention. », « Oui, oui, j'ai compris. Ca va bien se passer, tu rentres cette nuit de toute façon ? », « Comme d'habitude. Dors rapidement. » Au dessus de Nordkia, le soleil commençait à passer et à se cacher derrière des montagnes que certains n'avaient jamais vu. C'était l'heure où Bastian commençait à sortir pour aller se perdre dans les ghettos. Si par malheur il croisait les petits cons qui l'avaient balancé à son propriétaire, il allait se charger de leur cas.
Une fois en bas, Bastian passa une porte qui donnait sur l'ancienne boutique, sans entrer par la devanture officielle « Hé, y a quelqu'un ? Je viens pour le loyer. » Le dealer s'arrêta au comptoir, ne voulant pas particulièrement entrer dans l'arrière boutique, attendant que le tenancier se ramène. Il posa, dans un premier temps, l'argent liquide devant lui, ne voulant en aucun cas s'attarder dans le bouiboui.
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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Lun 21 Aoû - 9:49



« Cette maison tombe littéralement en ruine, il va me falloir dix ans pour la retaper ! Qu’est-ce que dirait mon père franchement... »

Markus venait aisément de soulever un gros morceau de métal, dont il ne connaissait absolument pas l’origine comme bien d’autres choses dans cette pièce, de sa main droite et le posa sur son épaule. Dès son arrivée et d’un simple coup d’œil, il avait pu voir que sa boutique - voir le bâtiment lui-même - n’était plus en état depuis longtemps, et avait nettement besoin de rénovations. L’ancienne forge, par laquelle il fallait rentrer soit par l’extérieur, soit en passant derrière le comptoir en « L », était quant à elle tout simplement inaccessible. Cette pièce, qui faisait avant le cœur du foyer, n’était plus qu’un gros débarras où même la lumière avait du mal à pénétrer au travers les carreaux sales et encrassés par le temps. Toute cette première journée, Markus la passa à nettoyer la pièce principale en bas, pièce qui donnait sur la rue et où les clients viendraient faire leurs emplettes : la partie magasin. Il fallait réussir à ranger tout le bordel que l’ancien proprio avait entassé de manière plutôt simple : s’il y avait quelque chose à jeter, autant le balancer derrière le comptoir ! Ainsi, les odeurs de déchets se mêlaient à celles de vieux vêtements mais aussi d’autres choses plus ou moins indéfinissables…
Les étagères, accrochées au mur au-dessus, étaient remplies de babioles crasseuses toutes plus inutiles les unes que les autres, recouvertes de poussière. Des colifichets maison pour la plupart, qu’il avait du récupérer en trophée dans ses diverses histoires de racket, y faisait étalage. Bref ce fut une longue journée pour le colosse, et il venait de finir la boutique et commençait à s’attaquer à l’ancienne forge. Il ne comptait plus ses allers-retours intérieur, extérieur, pour jeter les déchets à l’arrière de la carriole, puis rentrer continuer cette pénible tâche. Et c’était déjà la huitième carriole qu'il avait vidée.

« Non, en fait, c’est un mal pour un bien. Je vais rebâtir un intérieur neuf, ça ne pourra que me faire du bien. »

Pendant qu’il scrutait le « débarras » du regard, un triste sourire venait de poindre sur son visage. Comme s’il cherchait par tous les moyens, de se convaincre que ces années avaient réussi à effacer son fardeau, du moins en partie.

« Hé, y a quelqu'un ? Je viens pour le loyer. »

Dans la pièce voisine, une voix venait de se faire entendre. Markus revint, toujours avec son gros bout de métal sur l’épaule, dans la pièce principale en baissant la tête pour passer sa porte. Comme il commençait déjà à faire relativement sombre dans le bâtiment, il alluma la lumière en entrant dans cette pièce fraîchement nettoyée, littéralement du sol au plafond. De l’autre côté du comptoir se tenait le jeune homme du deuxième. Une espèce de drogué comme il les déteste tant, c’était bien sa veine. Généralement tous aussi mauvais payeurs les uns que les autres ces « Rak’fonds » et il était même persuadé qu’il risquait de l’avoir pris de court aujourd’hui et qu’il tenterait une négociation pour payer en plusieurs fois.

« Rebonjour. Tout est là ? » il regardait le jeune homme dans les yeux comme pour jauger de son état. Il paraissait sobre, endormi certes, mais sobre. Markus tourna la tête et jeta doucement le morceau d’acier dans le coin : ce qui fit un gros bruit sourd en touchant le plancher, et qui bien sûr, en brisa partiellement deux de ses lattes. On l’entendit inspirer l’air par le nez plutôt bruyamment et tout expirer d’un coup, alors que son visage affichait quant à lui une expression dépitée et blasée. Il allait devoir tout renforcer ici, même le plancher - ou réapprendre à gérer sa force dans un environnement si fragile. Il secoua la tête de gauche à droite puis reporta son attention sur le jeune homme.

« Désolé pour ça… Toute cette bicoque n’est plus que l’ombre d’elle même. Je tenais d’ailleurs à vous prévenir qu’il risque d’y avoir du bruit dans les prochains jours, je vais remettre en état la vieille forge » dit-il en pointant le pouce, par dessus son épaule, en direction de la salle encombrée.
Et plus généralement tout ce qu’il y a ici. On m’a dit que la toiture fuyait d’ailleurs, je vais essayer de réparer ça au plus vite, et maintenant... Dit-il en s’emparant de l’argent sur le comptoir et en le comptant, j’ai de quoi acheter les matières premières ! »

Tout est là, pas un sous de moins, finalement il s'était peut-être trompé et tous ne sont peut-être pas des mauvais payeurs. C'est bien!

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Big brother (Bastian)

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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Lun 21 Aoû - 16:47

Bastian n’avait même pas fait attention qu’il était dans la pénombre. La boutique n’était éclairée que par la lumière extérieure et celle-ci n’arrivait que peu à percer les carreaux crasseux. Le dealer avait l’habitude de n’emprunter exclusivement que le couloir menant à l’étage, sans passer par le rez-de-chaussée. De ce fait, il ne voyait pas comment le magasin se présentait et ça ne l’intéressait que peu en réalité.
Lorsque le dénommé Markus se pointa, il craqua le plancher en laissant tomber du métal au rebus. Si On pouvait penser que ça n’avait qu’un poids très minime, il n’en était visiblement rien au vu du bruit. Bastian haussa les épaules, se disant qu’il avait beaucoup de chance que ce taudis ne se soit pas effondré pas sous ses pieds.

« Comptez par vous-même. » Dans Nordkia il était de nature d’être méfiant et particulièrement peureux. Les gens vivaient dans la misère et d’aucun hésitait s’il fallait voler à autrui, même à un camarade. Pourtant lors de grands évènements, cette plèbe se rassemblait pour se soutenir et se sauver mutuellement. C’était assez impressionnant à voir. Bastian y avait assisté pendant la guerre et tout ce qu’il s’était évertué à faire, c’était à sauver son petit frère. Teagan était la prunelle de ses yeux, et il écopa de quelques bleus et pas mal de blessures, en essayant de le protéger. Comme il se le disait assez souvent : il était celui qui portait le Mal, celui qui empêcherait son frère de se salir.

« Je comprends, la vie épargne personne. Je pense pas que vous feriez autant de bruit que les anciens occupants. Ils étaient aussi sales que présents et vous avez eu du courage de passer après eux. Ça devait pas être très joli à voir. » Bastian grimaça légèrement, faisant une moue de dégoût. Ses yeux bleus noyés par les cernes, étincelaient dans la faible lumière « Je savais même pas qu’il y avait une forge. C’est encore utile de nos jours ? » Si il y avait bien un domaine où le dealer ne connaissait rien, c’était bien celui des armes. Il pensait que tout était fabriqué par la capitale et ne se posait pas vraiment plus de questions. En sachant ça, il se demanda immédiatement si ce type ne pourrait pas retaper sa vieille dague émoussée. Mais quand il enchaîna sur la toiture, le grand oublia jusqu’à l’existence de l’arme et répondit dynamiquement « Le plafond au second est sacrément attaqué par la moisissure. Mais les gars d’avant, ils vous ont pas laissé un petit pactole ? Car avec ce qu’on leur donnait… » Le type discutait dans le plus grand des calmes, conscient de l’environnement et de tout ce qu’il disait. Au fond il n’était pas un truand ou une brute vicieuse, il voulait juste se préserver et s’en sortir. Se sociabiliser n’était pas le plus dur pour lui « Je dois y aller, j’ai à faire. Bon courage pour… tout ça. » Il entoura la pièce d’un regard lointain, désignant plus l’entièreté du domaine qu’autre chose « A la semaine prochaine. » Car bien sûr, Bastian ne comptait pas le revoir d’ici là.
~
Le dealer partit faire des affaires quand le soleil se coucha sur Urban City. Il était passé déposer le loyer puis s’était esquivé dans les ghettos. Ce soir était décisif pour beaucoup de choses et la nuit risquait d’être longue suite à ça, mais c’était son quotidien. Sans son Dzêta il y serait passé à coup sûr d’ailleurs…
Ceci dit il revint bien plus camé que ce qu’il n’était quand il était partit. La fraîcheur de la ville associée à l’adrénaline de ses rencontres, le vivifia tellement qu’il ne rentra qu’après la mi nuit. Une blessure à la joue ruisselait un peu trop à son goût et il n’épongea le sang qu’avec le chiffon sale qui lui servait de maillot. En effet, il lui manquait une grande partie de la couture inférieure, donnant une vue un peu trop plongeante sur un bas ventre indécent. Quand il fut certain que personne ne le suivait, il emprunta les chemins de traverses, certains sur des toits, pour rentrer au bercail. Ne pouvant passer par la fenêtre pour une fois, il franchit la porte d’entrée en silence, enlevant la capuche qui couvrait sa tête et son visage. La lumière était allumée dans la boutique et il jeta un coup d’œil curieux. Du bruit se faisait entendre un peu plus loin et lorsqu’il voulut franchir une caisse devant lui, il se prit lamentable les pieds dedans, se cognant la pommette contre une surface dure et solide. La blessure qu’il reçut plus tôt se rouvrit et entre la fatigue et la drogue, il faillit perdre connaissance immédiatement.
« Sa… Salut… » En vérité, il ne savait pas du tout qui s’était penché sur lui alors dans le doute, autant être poli. Bastian avait la vision floue, un mal de crâne à en faire pâlir un lépreux et un son à moitié agonisant sortait de sa bouche. Il ne pouvait pas se lever, le visage baigné dans le sang et la transpiration, les yeux mi-clos de douleur ou de came, et les pensées complètement embrouillées « Je… Je vais me… me coucher… » Sauf que ce n’était pas son lit et que s’il s’endormait maintenant, il risquait de se recevoir un grand coup de pompe dans le bide.
Et ce serait bien fait pour lui.
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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Ven 25 Aoû - 20:27



« Eh bien figurez-vous que non… Il ne restait rien nulle part hormis leur dégât et ceux du temps, tout à du être dilapidé en frivolités, vous imaginez bien avec ce genre de personnes... »

Markus à son tour fit la grimace en repensant au mafieux de bas étage qu’il avait étalé.

« Mais sinon, pour revenir vite fait sur votre question, la forge est encore bien utile de nos jours. Alors certes, elle ne tourne plus autant qu’à son apogée, mais figurez-vous que oui, malgré tout ce qu’on peut croire, dans bien des domaines la forge peut encore être utile. À vrai dire, dans tous les secteurs où une pièce en métal est créée, il existe des pièces en métal qui deviendront, où son déjà, obsolètes. Sans parler du fait que bien des services ne sont plus accessibles ou alors bien trop chers, en fonction de leur faible demande. Les industriels en profitent ! Ainsi, il est des métiers tombés en désuétude avec le temps et qui du coup peuvent faire vilainement défaut:les rémouleurs par exemple, qui étaient là pour entretenir et réaffûter les lames. Ensuite, j’ai un minimum d’expérience dans la réparation des prothèses. Une vielle prothèse, eh bien je serai capable, de la démontée, la nettoyer et, avec les pièces adéquates, lui redonner sa vigueur d’antan. Pièces que je pourrai commander ou refondre en cas de besoin. Il m’est aussi possible d’en élaborer une version plus adaptée à son nouveau porteur, sa nouvelle vie ou juste la faire évoluer afin qu’elle regagne un peu de fraîcheur... »

Markus finit sa phrase sur un silence gêné. Encore une fois, il était parti d’un trop-plein d’explications en parlant de ce qui l’animait à un néophyte. Son interlocuteur en profita pour lui faire comprendre qu’il avait à faire et Markus retourna dans sa réserve, mettre l’argent sous une latte du plancher, elle même sous le bout du comptoir. Autant dire qu’il fallait être suffisamment fort pour soulever ce dernier. Ensuite il retourna mettre de l’ordre d’où il venait et continuer de jeter tout ce qui n’avait rien à y faire. La nuit s’annonçait longue…

La fatigue se faisait sentir, Markus était debout depuis quatre heures du matin la veille, et avait commencé le nettoyage à cinq. Il voulait absolument terminer la plus grosse partie de son atelier avant d’aller prendre quelques heures de repos bien méritées. Il avait déjà débarrassé le coin de la forge, de son ancien établi, et était en train de dégager la large et lourde porte en accordéon qui donne sur la rue. Demain, il ramonera sa forge, ira acheter de nouveaux outils et les matières premières nécessaires à la réparation de cette fameuse toiture. Il pourrait attendre pour les démarrer, mais il préfère que tous ses locataires n’aient pas plus longtemps à souffrir de ce manque de confort minimum.
Soudain, Markus se retourna d’un bloc, il venait d’entendre un bruit lourd dans le magasin. Il saisit alors un manche à outil, d’où ce dernier à disparu, et s’approcha de la porte d’un pas décidé :
Quand il alluma la lumière, prêt à donner un coup au premier malandrin venu, il eut un hoquet de surprise. Le jeune du deuxième était affalé sur le sol, les jambes encore sur une caisse qu’il avait certainement tenté d’enjamber et la joue contre le sol… Mais ce qui le surprit fut de voir tout ce sang autour de la tête du jeune homme, par terre. Il lâcha ce qu’il tenait dans sa main, et hurla :

« PEDRO ! PEDRO, VIENS VITE, DESCEND ! ET PRENDS LA TROUSSE DE SOINS AVEC TOI ! VITE !»

Markus s’était mis sur le côté de Bastian et il le retourna doucement pour ne pas aggraver la situation.

« Reste avec moi gamin. Il s’est passé quoi ? Gamin ! Il s’est passé quoi ? »

En quelques secondes à peine, Pedro était en bas, dans une vieille grenouillère de nuit rouge, élimée et délavée par le temps, la sacoche à la main.

« Tenez boss ! V’là la trousse ! Qu’est-ce qui s’est passé ??
- J’en sais rien... On dirait qu’il a dû se faire agresser dans la soirée au vu de son tricot, et ça s’est rouvert quand il est tombé ! Moi et ma mauvaise manie de mettre quelque chose derrière la porte d’entrée, j’en avais oublié que d’autres gens vivaient ici désormais… Reste avec lui je vais faire bouillir de l’eau pour nettoyer la plaie !
- Mais ! Heu… Je fais quoi moi ? »

Il tourna la tête vers Bastian qui venait de lui parler et lui répondit :

« Ouais, salut toi aussi mon gars… Putain, t’as pris sacrément cher on dirait ! »

Dans l’escalier derrière eux Marissa se tenait debout, un œil encore fermé et les cheveux en pétard, à moitié endormie :

« Tout va bien ? Qu’est-ce qui se passe ?
- Aucune idée, je viens d’arriver.
- Oh mon dieu, le pauvre Bastian !»

La jeune fille descendit le restant des escaliers la séparant de la scène accidentée et vint se placer derrière Markus, accroupi, qui venait tout juste de revenir. Elle posa doucement sa frêle main sur l’épaule du colosse et repris :

« J’ai l’habitude de m’occuper des blesser, dans la taverne où je travaille, et plusieurs fois j’ai dû nettoyer et recoudre des plaies. Voulez-vous me laisser la place s’il vous plaît, M. le propriétaire ?
- Markus... Appelle-moi Markus, petite. Répondit-il d’une voix un peu moins stressée. Oui je t’en prie, fais ce que tu peux.
- Très bien monsieur Markus. »

Elle s’assit à côté de Bastian et posa la tête de ce dernier sur ses genoux.

« S’il vous plaît messieurs, sans vous commander…
- Parle, n’aie pas peur, dis-nous ce qu’il faut faire.
- Il me faudrait un peu d’alcool, du fil, une aiguille et un drap ou une serviette propre. Et un peu d’eau, bouillie, pour nettoyer la plaie.
- Pour l’eau…
-Je sais boss !»

Markus n’eut même pas le temps de tourner la tête vers Pedro, que ce dernier venait déjà de partir chercher le matériel.

« Ça ne m’a pas l’air profond, c’est juste que le visage saigne toujours beaucoup. En revanche, il y a une grosse bosse juste à côté de sa tempe. Il vaudrait mieux le transporter ailleurs…
- Dans la seconde chambre, au premier étage, en face de la tienne. C’est là où Pedro dort.
- Très bien, pouvez-vous m’aider ?
- Je m’en charge ne t’inquiète pas. »

Ils montèrent tous dans la fameuse chambre au premier, qui s’avérait être plutôt spartiate. Mais après tout, il y avait tout le nécessaire à une nuit confortable. Ils l’installèrent sur le lit, et après que Marissa n’ait fini ce qu’elle avait à faire, elle retourna fatiguée dans sa chambre. Elle avait expliqué qu’elle devait se lever tôt le lendemain et donc devait se reposer un minimum sous peine de ne pas être assez efficace. Markus la remercia, puis après qu’elle fut partie, il offrit à Pedro de dormir dans son lit de camp au rez-de-chaussée. Ainsi Markus s’adossa au mur, sur une chaise, non loin du lit et passa le reste de la nuit à surveiller le jeune blessé pour éviter que ce dernier ne panique au réveil…

Puis s’endormit.




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Big brother (Bastian)

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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Mer 30 Aoû - 10:36

La drogue faisait anormalement effet sur lui. Bastian était dans une transe presque maladive, délirant complètement. Il savait de moins en moins où il se trouvait, qui l'entourait, et qu'est ce qu'il faisait là. Sa tête ne lui faisait pas plus mal que ça mais, outre le sang, il ne comprenait pas pourquoi il ne voyait rien. Sa vision brouillée, les formes s'agitaient atour de lui, comme un bal de chimères. La faible lumière ne lui permettait pas de discerner les visages, et quand il voulu se tourner, il se rendit compte qu'il était trop ankylosé pour faire quoi que ce soit.
Des cris lui firent ouvrir les yeux en grand, comme s'il allait mieux voir, ce qui n'était pas le cas. Les sons étaient distordus, incompréhensibles, et il n'était pas en état d'utiliser son Dzeta en toute âme et conscience pour mieux comprendre son environnement.
Non, vraiment là, il était juste à la ramasse.

Quand on lui parla -du moins croyait-il que c'était à lui qu'on parlait- les cris tonitruants d'un type résonnaient encore dans ses oreilles, l'empêchant de comprendre les chuchotements des autres. Tout était amplifié, viré aux extrêmes. Celui qui parlait fort se mettait à hurler et celui qui parlait de manière discrète était un chuchotement imperceptible. Sa notion des bruits et des sons le dérouta, faisant de lui un homme au sol, gémissant comme un phoque. Il avait un peu mal et il voulait réellement s'exprimer, mais il ne savait pas comment. Quand il ouvrait la bouche aucun son n'en sortait, quand il essayait de bouger rien ne suivait et quand il voulait prendre des initiatives, plus rien ne répondait.

Bien que les bruits ne se stoppèrent pas et que les sons informes se bousculaient dans sa tête, la fraîcheur d'une paire de mains lui fit du bien. Un son beaucoup plus frêle, doux et reposant, vint à ses oreilles. Des plumes caressèrent son visage, dont il avait l'impression que la peau s'arrachait. En effet, ce dernier lui tirait, comme s'il était asséché, craquelé. C'était simplement les premières couches de sang qui commençaient à se figer, et il pouvait percevoir la notion désagréable du moment. Mais trop amorphe, il ne pu ne serait-ce qu'émettre un simple son.

En revanche, il sentit qu'on le bougea. Bastian commença à se débattre. En tout cas, dans sa tête, il se débattait comme un champion, envoyant valser ses adversaires. Dans la réalité, il ouvrait et fermait les poings, voilà tout. Avec un peu de chance il bavait à moitié mais c'était là le geste le plus dangereux et inconscient qu'il pouvait exécuter.
Marissa s'occupa de lui comme une championne et l'Ünik s'endormit dans ses bras, pendant les soins. L'adrénaline était bien redescendu, la drogue faisait son effet d'antalgique et son corps épuisé ne désirait qu'un peu de repos.

Lorsque Bastian ouvrit les yeux, un peu plus conscient de la situation, il faisait encore bien sombre. En réalité, seulement quatre heures s'étaient passées mais ça, il ne s'en rendit pas compte. Il n'était pas bien reposé, encore fatigué, mais la plupart des substances étaient parties, annihilé par son Dzeta et l'habitude et une petite douleur lancinante dans le crâne fit son apparition. Elle était timide, fluette, mais présente.
Les bougies autour de lui s'était totalement consumé, sauf certaines, lui permettant de voir le proprio dormir sur une chaise mal famée, émettant un léger sifflement dû au sommeil. Ne pouvant paniquer, car il pouvait à peine bouger, il essaya de se redresser, en vain. Renversant un ustensile à côté de lui, qui fit un certain bruit, il s'excusa péniblement auprès de Markus. Il l'avait réveillé, sans aucun doute « Dé... Désolé... » Se tenant la tête, il prit soin d'éviter l'endroit où il était recousu, sentant une forte chaleur émané de ce dernier. Ca lui faisait peur de se voir, car il savait pertinemment qu'il en avait prit pour son grade, mais il lui était impossible de se souvenir comment « Vous... Vous m'avez trouvé où... ? » Bastian avait quand même du mal à articuler.

Dans le couloir, des voix fluettes se firent entendre et un petit cri étouffé retentit, que l'Ünik ne reconnu pas de suite. Des toquements précipités à la porte indiquèrent une petite panique et avant que quiconque ne pu bouger, la poignée s'enclencha. Dans l'embrasure, un garçon, fluet, observa la scène « Tea... », « Stijn ! » Le petit brun se rapprocha pour se jeter à genoux au chevet du dealer. Il lui toucha la joue, les larmes aux yeux, observant la couture au niveau de son contour de l'oeil et son sourcil. Bastian sourit en coin, attrapant le poignet de son frère « Hey... T'inquiète pas, je suis toujours vivant... », « Tu... J'ai eu tellement peur, je ne te voyais pas rentrer et je... » Il laissa tomber son front sur l'épaule de son frère, pudiquement « J'ai... J'ai eu si peur... », « Attend petit, y a du monde dans la pièce. Je t'ai parlé de Markus, le nouveau propriétaire ? Il m'a aider, de ce que j'en vois. » Teagan leva le visage et ses orbes mordorés. Une frimousse d'ange pour qui on se damnerait. Un visage rond, rebondit et de grands yeux noisettes. Une bouche rosée, fine définissant son doux caractère tout comme ses grands cils audacieux. Son corps fin et élancé, qui avait la finesse et les courbes saillantes d'un éphèbe séduisant. Si sous la panique et l'émotion sa voix pouvait être couinante, éraillée, mais une fois la contenance repris, elle était douce, mignonne, avec une touche sucrée. Sa démarche était simple mais envoûtante, et ses attitudes fragiles, gracieuses. Il n'était pourtant ni maniéré ni bordé de mimiques, simplement attachant au premier coup d’œil.
Teagan était délicieux.
A chaque fois que Bastian le voyait dans son univers, il devait prendre une inspiration et déglutir pour essayer de voir clair et garder la tête froide.

« Je suis vraiment désolé monsieur. Je m'appelle Teagan. Teagan Aakster je suis le frère de Bastian. J'ai croisé la voisine, Marissa dans les couloirs et elle m'a indiqué où se trouvait mon frère. Ne le voyant pas rentrer à une heure si tardive, j'étais... inquiet. » Il jeta un léger coup d’œil au dealer « Nous... Nous allons vous dédommager pour tout cela. Je suis vraiment désolé que mon frère vous ait causé du tort... », « Hé, ça va là... » L'ignorant, il se tourna alors à nouveau vers Markus, les yeux doux mais secs, le visage gêné et légèrement rougit « Et... Que s'est-il passé ? » Car il n'en savait rien et il savait que Bastian était, parfois, un bon à rien. Mais il ne l'insultait jamais ou effaçait immédiatement les mauvaises pensées qu'il pouvait avoir à son égard. C'était son frère et il n'en avait qu'un, alors autant le chérir.

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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Dim 3 Sep - 19:05



« Hum… »

Un bruit sec venait de réveiller Markus. En ouvrant ces yeux lourd et douloureux dus au manque de sommeil, il balaya du regard la pièce et fut presque étonné de l’endroit où il se trouvait. Il s’était cru pendant un instant sur son propre fauteuil… Mais non, c’est bien sur une chaise bien trop dure qu’il était. Et il redoutait déjà le moment de se lever, où ses jambes ankylosées vont craquer dans tous les sens et où ses genoux vont lui faire ce mal de chien qu’il connaît bien depuis quelques années.

« C’est rien… À vrai dire, je ne sais pas trop ce qui c’est passé gamin, j’étais dans... »

La phrase fut laissée en suspens, quand un jeune homme rentra en trombe dans la pièce et se jeta au chevet du blessé, voire sur le blessé directement. Le propriétaire ne comprit pas tout de suite ce qu’il se passait, mais jaugeait la situation d’un regard circonspect. Il s’était redressé sur sa chaise et plus le dialogue entre les deux jeunes avançait, et plus son sourcil gauche se relevait.
Apparemment il s’agissait du frère de la petite frappe. Et contrairement à lui il paraissait gentil, doux voir presque délicat, et surtout bien éduqué. Ce qui dénotait franchement avec le caractère du premier, se disait Markus. Quand le dénommé Teagan eut fini de parler, il dut s’éclaircir un peu la gorge avant de reprendre d’une voix rocailleuse :

« Ce n’est rien, pas besoin de s’excuser… Teagan, c’est ça ? Alors comme ça vous êtes parenté tous les deux ? Ça ne saute pas forcément aux yeux comme ça ! Je pensais que tu vivais seul Bastian. Bref, ce n’est pas important, ravi de faire ta connaissance Teagan. Comme je le disais à ton frère peu avant que tu ne rentres, je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé exactement. J’étais dans ma... »

On venait de frapper bruyamment à la porte, trop pour la migraine naissante de Markus, ce qui eut pour effet de couper court une fois encore à la conversation. D’un air exaspéré, ce dernier haussa un tant soit peu la voix pour se faire entendre du couloir :

« Oui, c’est pour quoi ?
- C’est moi boss ! Votre commande d’hier après-midi est là, je lui fais déposer ce qu’il a devant la porte ou…
- Nan, regarde derrière le comptoir y’a la clef de la porte de l’atelier.
- La porte de l’atelier ? Celle du magasin ?
- Nan, celle qui donne sur la rue !
- Y’a une porte qui donne sur la rue ??
- Raaah ! Faut vraiment que je vienne ou quoi ?!
- Nan boss, désolé boss, j’y vais !
- Euh… Qu’est-ce que je disais moi... »

Il regarda l’espace d’un instant ces pieds, puis Bastian et son frère, avant de reprendre :

« Ne vous formalisez pas, il faisait partie de la bande de dégénérés qui étaient là avant, mais c’est un bon gars au fond. Il n’a juste pas eu la chance d’être au bon endroit au bon moment ! Donc il travaille pour moi le temps de se racheter une bonne conduite et de revoir le monde sous un jour plus sain ! »

Un grand sourire de satisfaction se dessina sur son visage meurtri par les années.

« Oui exacte ! Je disais donc que je ne savais pas trop ce qu’il s’était passé, j’étais dans... »

Il regarda avec attention la porte, prêt à bondir sur quiconque y déposerait le moindre de ses doigts pour interrompre sa phrase et poursuivit :

« … l’arrière-boutique, je finissais de déblayer et de passer un coup de balai dans la plus grande partie de la forge. Bien qu’il y ait encore quelques détritus, j’ai réussi à me débarrasser du plus gros hier… Et donc, à cet instant, j’entends un bruit dans le magasin ! Donc je m’empare de ce qui me tombe sous la main et m’approche lentement, et c’est là que je trouve ton frère sens dessus dessous dans l’entrée. J’avais mis une caisse devant la porte par sécurité comme je faisait avant. J’avais juste oublier que le passage menait à des chambres… Occupées. C’est aussi un même moment que j’ai vu qu’il s’était fait agresser peu de temps avant de rentrer. On s’en est donc occupé Pedro, Marissa et moi. »

Il déporta son regard vers Bastian comme dans l’attente de la moindre réponse implicite de sa part, qui expliquerait logiquement ce qu’il s’est passé cette nuit-là.

Puis il bailla à s’en décrocher la mâchoire.

« BOSS! BOSS!»

Markus ferma et se massa les yeux un instant, avant de s'excuser auprès des frères et de se diriger vers la seule fenêtre de la pièce. Il ouvrit alors cette dernière et passa la tête pour savoir quel était le problème cette fois.

« Désolé boss! Mais le livreur est pressé, faut que vous descendiez signer son registre et le bon de livraison.
- C'est bon, c'est bon, j'arrive... Dis-lui de patienter un peu...
- Il remonte déjà dans son engin!
- Très bien!! Je descends! »

Passablement échauffé par le livreur, il se retourne vers Bastian et repris:

« Bon, eh bien... C'est à croire que je ne saurai jamais le fin mot de l'histoire moi... Bon bin repose-toi gamin, tant que tu as besoin. Je serai en bas en cas. »

En repartant, il jeta un dernier coup d’œil au jeune homme fluet - entre lui et la porte - et lui tendit la main pour la lui serrer :

« En tout cas, ravi de te connaître petit ! »

Puis il les quitta d’un pas décidé et referma la porte, sur une pièce désormais silencieuse.


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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Ven 6 Oct - 10:22

Bastian était complètement à l’ouest. Il essaya de suivre la conversation mais c’était au-dessus de ses moyens visiblement. Tous ces mots qui formaient des phrases… Insupportable ! A moitié cajolé par son petit frère, il se rassura de son odeur et de son timbre de voix. Si d’abord il était alarmé, il se calma bien vite en voyant Markus assit sur la chaise.

Teagan prit la parole pour répondre au grand monsieur « Oui, c’est mon frère. Mais je ne sors pas très souvent de l’appartement. » Le benjamin écouta attentivement l’étranger avant de le voir s’interrompre. Des coups à la porte retentirent, instaurant un silence dans la pièce. Puis le marchand put reprendre son monologue pour expliquer la situation de son point de vue. Bastian somnolait alors que son frère écoutait attentivement. Malgré l’heure matinale, il y avait déjà de l’agitation dans l’immeuble.

Une fois Markus partit, le petit s’agenouilla près du drogué « Stijn… Je suis tellement désolé… Je vais te soigner, mais il faut que tu m’aides à te lever… » Le grand était complètement dans les vapes. Avec une lenteur digne d’une vieille personne, il arriva tant bien que mal à poser ses genoux sur le sol, à se tourner, puis à se mettre debout. Il chancelait dangereusement et les escaliers pour accéder au second furent une sacrée épreuve pour lui.
Une fois la porte de son logis passée, le blessé s’effondra sur le canapé ultra mou et miteux qui jonchait son salon. Teagan alla chercher du matériel de soin alors que Bastian soupira, bien heureux de retrouver le ‘confort’ de son appartement « Ils… Ils m’ont déjà soigné… », « Ca saigne encore beaucoup. Tu le sais que tu as du mal à cicatriser. », « Arrête de t’en faire comme ça tu… argh… Doucement ! », « Je ne t’ai pas touché Bastian. », « Quoi ? Ca fait déjà un mal de chien ! » Le petit releva le haut de son frère pour vérifier jusqu’aux blessures cachées. Sa poitrine se levait et se baissait difficilement. Teagan sentait combien son frère souffrait et il détestait ça. Etrangement, il était loin du bellatre sortant de la douche avec une serviette tenant par la grâce des Princes sur ses hanches. Ici, il était bien moins reluisant mais le petit appréciait cette vision. Cela lui montrait que malgré tout, il n’en restait pas moins ‘humain’.
« Que s’est-il passé ? » Bastian de répondit pas. Il n’avait rien à dire, vu qu’il ne s’était rien passé « Ton silence ne répondra pas à ma question… » Le grand haussa les épaules en soupirant « Je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Ca ne devrait pas t’étonner, la sécurité est une notion très relative à Nordkia. », « Il y avait d’autres personnes avec toi à ce moment là ? », « Oui, on était un petit groupe mais on s’est fait prendre dans une sorte… d’embuscade. Avec des voyous qui en voulaient à notre fric. Tu me connais, je peux pas résister à sauver les jolies filles. Et là y en avait une, je me devais d’intervenir ! » Teagan souffla d’agacement. Il était partagé sur son frère. Il avait l’impression que celui-ci le menait en bateau depuis des années et pourtant jamais rien de nocif ne leur était arrivé à eux deux. Enfin, Bastian passait de sales quarts d’heures des fois, mais apparemment c’était toujours pour la bonne cause. Les filles, la sécurité d’untel, la bonne action du jour… « Qu’est-ce que je vais faire de toi… », « Commence par faire… Une tarte ou un gateau. », « Tu as faim ? », « Nan, mais faut bien remercier le proprio. », « Markus ? Oui. Il a l’air très gentils ! », « Gentils ? Il a l’air plutôt… antipathique. » Teagan se mit à sourire puis à glousser doucement. Sa main devant sa bouche, les yeux qui se fermaient légèrement. Bastian adorait le voir comme ça. Cette simple vision lui permis de se soulager de tous ses maux. Que ferait-il sans lui ? Rien et il ne serait personne.

Le lendemain, Bastian se leva dans l’après-midi. Teagan était en train de zoner devant le vieux poste de télévision* qu’ils avaient. Il lisait un livre, écoutant par moment ce que le type disait derrière cet écran, avant de replonger dans sa lecture. Le grand admirait cette faculté qu’avait son frère, à pouvoir faire plusieurs choses intellectuelles à la fois. C’était fascinant.
Quand le petit entendit du bruit, il leva la tête par-dessus le canapé « Stijn ! Ca va ? » Il se leva, arrêta la télévision et vint vers lui « Ouais, je crois. J’ai mal à la tête. », « Tu vas avoir mal à la tête un moment… J’ai cuisiné ! Mais on n’a plus de beurre, il faudra que tu en rachètes. » En effet, le fumet qui régnait dans l’appartement n’avait rien de dégoûtant. Il y avait un plat encore fumant qui trônait sur le comptoir et Bastian s’en rapprocha dangereusement « Bois avant toute chose. Tu es déshydraté. » N’ayant que l’image de la nourriture dans la tête, il ne se fit pas prier pour avaler trente centilitres d’eau. Une fois attablé, il dit « Je ne me sens pas de bouger aujourd’hui. Tu voudras bien descendre pour voir Markus ? », « Je comptais y aller demain pour ne pas l’embêter. », « Bien, merci. »

La soirée et le lendemain passèrent doucement sous la vie des deux frères. Teagan s’habilla en conséquence et fila au rez-de-chaussée pour rejoindre le tenancier. Arrivant alors dans cette nouvelle salle pour la première fois, il découvrit la beauté du bâtiment. En effet, des poutres apparentes donnaient du caractère à cette bâtisse dont les murs n’étaient pas droits. Là-haut, dans les combles, ils n’avaient que l’inclinaison du toit pour seul repère. Les seuls murs qu’il y avait, était assez bas et ils ne pouvaient pas vraiment constater de leur niveau. Ainsi le petit resta silencieux le temps de contempler cette boutique. La façon dont le nouveau gérant avait arrangé ça était assez cossue. Le fait qu’un type lui passa sous le nez à toute vitesse le sortit de ses pensées. Entrant alors que le rideau était descendu, il attendit qu’un des hommes se stoppa pour interpeller « Excusez moi, je cherche Markus… » Le type lui montra la forge du doigt. Teagan s’y rendit. La pièce était dans une semi-pénombre, largement éclairée par la braise ardente du bassin. Le sceau d’eau refroidissait des barres en métal (en vérité cela pouvait être des épées ou des bâtons, le Cyborg n’en savait rien) et les bruit de marteau sur l’enclume résonnaient dans l’antre sombre. Markus était de dos, transpirant quelques peu. Ses muscles se mouvaient d’une certaine façon qui fascina le petit. C’était un grand homme, un géant, et Tea lui, n’était qu’un petit être à la croissance plus qu’obsolète. Il avait fait une croix sur une vision haute du monde. Mais cet homme le laissait perplexe. Tout son dos était une intelligente machinerie musculaire, montrant quel muscle impactait sur l’autre et répétait les mouvements en chaîne. L’énième coup de marteau, plus puissant, ramena Tea à la réalité, une fois de plus « Bonjour monsieur Markus… ! » Son paquet sous le bras, il attendit que le propriétaire se tourne vers lui « Je suis vraiment désolé de vous déranger. Je voulais vous remercier d’avoir pris soin de mon frère avant-hier. » Il tendit le paquet « C’est pour vous. Je l’ai cuisiné hier. Je vous suis très reconnaissant et je ne voulais pas me contenter d’un « merci ». J’espère que cela vous plaira. » Peut-être aurait-il du attendre que le type se lave avant et qu’il soit dans de meilleures dispositions ? « Si ce n’est pas le bon moment, je peux repasser ! »


*alors je sais même pas si la télé existe. Pour moi y a des tout petits écrans en noir et blanc type 1950 chez nous tu vois. A confirmer.

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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Sam 4 Nov - 11:43



Le rythme simple et pourtant précis du martèlement des coups sur la forge avait quelque chose d’apaisant en cette fin de journée. La chaleur dégagée par le brasier de l’âtre, ainsi que cette couleur tirant du jaune au rouge, avait quelque chose d’hypnotisant. Tout était calme, tout était simple, tout était comme il devait en être. Tout… S’arrêta net lorsqu’un son dérangeant le fit sortir de sa transe. Après un long soupir d’agacement, Markus se retourna d’un bloc, en direction de cette voix qui venait de l’interpeller. Les gens devraient vraiment apprendre à ne pas passer derrière ce foutu comptoir ! Et Pedro il est où pour ne pas les empêcher de…

Le géant reconnut le petit frère de Bastian, et apparemment ce dernier avait apporté quelque chose pour le remercier des soins apportés à son frangin. Lentement, la pièce fut envahie par une délicieuse odeur de fruits caramélisés qui mit l’eau aux papilles du Nordkien. Décidément, il se dit dans un coin de sa tête, qu’être un peu moins bourru des fois ne pourrait pas lui faire de mal… Il plongea la barre de métal dans un tonneau rempli d’eau, dans un bruit tonitruant de métal hurlant dû à la perte brutale de plusieurs centaines de degrés, et de vapeur qui se dissipe rapidement dans la pièce. Après s’être rapidement essuyé le visage, il posa ses grandes pinces et c’est les sourcils et la barbe ébouriffés qu’il revint à Teagan d’un regard chaleureux :

« Non, tu ne me déranges pas gamin ça va, dit-il comme pour se rattraper, c’est juste qu’il y a déjà deux personnes qui sont passées comme toi derrière ce comptoir depuis ce matin et eux, malheureusement, pas pour m’apporter quelque chose de bon ! Entre je t’en pris, tiens poses ça là si tu veux bien. »

Markus pointait du doigt son établi, qui prenait presque tout le mur droit de la pièce, et sur lequel il restait un espace vide assez large pour poser le plat. Juste à côté, dans un petit renfoncement du mur, on pouvait distinguer un minuscule lit de camp ; minuscule comparé à son propriétaire, dont ce dernier ne se sert que quelques heures par nuit, avant de reprendre son travail dès l’aube. L’artisan se dirigea vers un nouvel évier, puis après s’être lavé grossièrement les mains et le visage, se retourna vers le jeune cyborg :

« Au fait, désolé si vous avez entendu du boucan cette après-midi, mais on a réparé une première partie du toit, juste au-dessus de chez vous, normalement ça ne devrait plus vous poser de problème quand il pleuvra. On en a bien chié, et le gosse a failli dévaler plus d’une fois les tuiles sur les fesses ! HAHAHA ! »

Le colosse riait à gorge déployée en se remémorant les scènes de l’après-midi, certes le danger n’était pas loin, mais les deux étaient attachés via une solide corde.

« Le plus drôle était les façons, toutes plus grotesques les unes que les autres, dont Pedro glissait ou tombait généralement à des moments où il relâchait son attention. Et les grimaces que faisait son visage dans ces moments-là valaient leur pesant d’or ! »

Disait-il en essuyant quelques larmes qui venaient de perler dans le coin de ses yeux. Après avoir repris un peu de contenance, il se dirigea vers le gâteau qui sentait si bon et qui le mettait grandement en appétit, puis décida d’en prendre une généreuse part. Il y a bien longtemps maintenant qu’il n’avait goûté un tel délice "à l’ancienne" et c’est les yeux fermés qu’il dégusta ce qu’il tenait en main, comme pour savourer chaque miette et chaque seconde passée à manger cette douceur. Il se doutait que le jeune Qantik, face à lui, n’était pas aussi jeune qu’il ne le paraissait cependant il ne réussissait pas à lui donner un âge exact. Il lui aurait semblé avoir dans les dix-sept ou dix-huit Irs, à peu près l’âge qu’aurait eu sa petite Lila. Un léger sourire passa fugacement sur son visage buriné en repensant aux gâteaux qu’elle faisait avec sa maman, puis il reprit un peu son sérieux et souffla un grand coup comme pour chasser une vague de mélancolie et de nostalgie causée par les arômes sucrés qu’il était en train de dévorer.

Ne dit-on pas que les sens ont une mémoire?

Et pour changer de sujet, tout en continuant de manger la part qu’il tenait, il reprit d’une voix plus douce encore :

« Bon, sinon pour parler de choses un peu moins drôles… Comment il s’est fait ces blessures ton frère ? Il n’aurait pas dérangé les mauvaises personnes au mauvais moment ?»


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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Sam 4 Nov - 12:33

Teagan sourit doucement quand Markus l'accueillit. Il avait eu l'appréhension de le déranger et, sans son frère, il se sentait un peu démuni. Mais le grand homme avait un état d'esprit si franc et une façon de faire si honnête, que le jeune s'en retrouva presque totalement détendu « Oui bien sûr. » Il posa le gâteau très parfumé sur un bout de comptoir déblayé et propre « Tant que les affaires reprennent, je suppose que les mauvaises nouvelles ne seront qu'un passage qui deviendra, très vite, anecdotique dans l'histoire de votre boutique ! » L'enthousiasme qui se dégageait du jeune homme était rayonnant. C'était un garçon estropié et, pourtant, qui n'avait pas perdu sa joie de vivre, son espoir. Il était heureux et se contentait de ce qu'il avait. Tout lui allait dans l'ensemble du moment qu'il avait son frère et qu'ils étaient en sécurité.

Teagan sortit de ses pensées et leva les yeux pour observer l'alcove dans laquelle ils étaient. A deux là-dedans, c'était petit comme une alcôve en tout cas. Il y avait une couche somme tout très sommaire, la forge gigantesque et un établi avec un évier. C'était assez sombre, l'ambiance était très chaude et lourde mais cela avait quelque chose de réconfortant. Il arrivait à percevoir le havre de paix que cela représentait pour Markus. Quelque chose qu'il avait toujours connu, qu'il affectionnait et auquel il se raccrochait. C'était très touchant de le voir évoluer là-dedans.

Lorsque Markus reprit la parole, il énonça une petite péripétie à la fois drôle et pourtant qui faisait froid dans le dos. En effet, le toit était assez mal fichu et tout ce qu'il y avait de liquide s'infiltrait et perlait dans les murs. On ne pouvait pas dire qu'il pleuvait énormément mais les peux de fois où le temps en haut se mettait à les arroser, c'était plutôt désagréable de se retrouver avec une toiture qui n'était pas étanche « Alors nous avons de la chance que vous soyez là ! Et puis on sait que si ça fait du bruit, c'est que ça travaille ! » Bien qu'il ne cessait de sourire, Teagan émit un petit gloussement quand le gérant éclata de rire. D'accord c'était un peu drôle de s'imaginer la scène mais pas trop non plus... « On peut en rire car finalement, vous étiez solidement attaché... Et heureusement ! » Sa bouche forma un O avant de pouffer à nouveau. Bien que le moment soit bizarrement choisi pour rire de ce genre de faits, le jeune s'amusait bien. Markus n'était pas aussi rustre et méchant qu'on pouvait le croire. Sa mine acariâtre ne venait que de l'expérience finalement et il devait simplement être maladroit, peu habitué au contact. Teagan le pardonnait très facilement car c'était ce genre de personne qu'il appréciait par dessus tout.

Après cette franche rigolade, Markus attaqua franchement le gâteau. Il avait la poigne lourde mais la coupure était nette. Il n'était pas glouton mais il était gourmand et Teagan y vit son frère quelque part... Toujours bon public pour sa cuisine et ses pâtisseries « Je suis vraiment heureux si vous l'aimez ! » Il n'avait pas bien entendu le murmure qui s'échappait de ses lèvres et avait décidé de ne pas y prêter attention. Au contraire, il rebondit sur sa réaction « Oh ne vous inquiétez pas ! Bastian est très... Casse-cou. Déjà quand nous étions petits, ce n'était pas rare de le voir revenir avec le nez égratigné et les genoux tailladés. » Teagan prit appuie sur le mur le plus proche, gardant une expression ouverte « Disons qu'il a gardé cette mauvaise habitude. C'est un compétiteur et il a trouvé des amis, dans les quartiers, avec qui sortir et se mesurer à eux. Mais je pense que tous ne sont pas très sobres et ça doit partir en castagne. En réalité je ne m'inquiète plus trop. J'ai toujours un peu peur quand il part, mais je sais qu'il va se débrouiller. Avant-hier c'était particuliers car je ne l'ai pas vu rentrer et quand je l'ai retrouvé, il était pansé de partout. Disons que la tension et la vision que j'en avais étaient beaucoup plus alarmantes que son état réels. Enfin bon ça nous permet de profiter un peu cette semaine. Je fais attention à ce qu'il ne sorte pas trop et puis son visage est encore endoloris. » Teagan se décala légèrement en regardant dans la boutique. Du bruit en sortait « Je crois qu'il y a du mouvement... » Le jeune homme ne savais pas qui c'était mais des hommes passaient. C'était peut-être des étrangers comme des manutentionnaires mais le bruit l'avait intrigué « Je ne vais pas tarder à remonter... » Le Cyborg n'était pas très vêtu car il ne souhaitait pas s'éterniser.

Note : Je te propose que Markus réponde à Teagan, ensuite tu fais l'ellipse et tu viens récupérer le loyer. Comme ça on continue là-dessus.
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The retailer (Markus)

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MessageSujet: Re: Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]   Hier à 15:34



Tout en mangeant, il observait le jeune homme s'appuyer nonchalamment contre le mur de l'atelier. Teagan avait vraiment une bouille adorable, et de temps à autre si l'on y faisait attention, on remarquait une sorte de petite moue moqueuse - ou plutôt espiègle - quand il parlait de son frère. Le géant ne pouvait s'empêcher de détailler et d'analyser le gosse, son comportement, ses mots, ses gestes. À la fois gêné, pourtant très avenant et sociable.

Ce gamin pourrait aller loin j'en suis sur... Si seulement il voulait bien sortir de sa chambre. Je me demande quelle est son histoire ou ce qui le retient d'avancer par lui-même...

La discussion continua quelques instants puis, lorsque Pedro rentra de sa dernière livraison, le jeune homme en profita pour s'excuser et s'éclipser, non sans avoir remercié une dernière fois Markus.

« Eh bien merci encore pour le gâteau, il est véritablement délicieux ! dit-il en se tapant sur son ventre dans un bruit sourd. Et je vais certainement passer une excellente soirée grâce à ça gamin ! »

Le radieux sourire, qu’il arborait sur son visage parcheminé par les Irs, venait comme finaliser sa phrase. Il se rinça alors les mains et lui tendis une poigne ferme, souhaitant ainsi la bonne nuit à son plus jeune locataire.

Pour la première fois depuis un long moment, il décida de profiter de cette soirée. Il délaissa sa forge et son atelier, afin de prendre un repos bien mérité et continua de manger quelques parts de cette délicieuse pâtisserie, tout en lisant un bon livre. Il était heureux le bougre.


* * * * * * * * * * *

Markus commença cette bonne journée par un peu de bricolage dans sa vieille bicoque : il remplaça quelques carreaux brisés des fenêtres dans son atelier ; remplaça les lattes trop anciennes, ou trop dangereuses, du plancher dans le magasin ; changea la grande vitre de façade, jaunie et abîmée par le temps et le manque d’entretien. Quand il eût fini ses tâches, il en profita pour vérifier l’argent qu’il lui restait d’avance et se rendit compte que l’enveloppe, cachée sous le si lourd comptoir, était désormais presque vide. La Dehne était passée bien vite et l’argent utilisé pour rénover la maison ou le magasin, avait fondu comme neige au soleil. Fort heureusement, nous étions enfin le deuxième jour de la Dehne en cours et, comme il l’avait indiqué à ses locataires, tous les seconds jours de Dehne sont des jours de loyer.

En une semaine, il avait déjà compris les routines d’une journée type pour ces derniers. Il décida donc d’attendre six heures, juste après le repas quand il fait le plus clair dans la cité gouffre, que tout le monde soit rentré - et pas encore ressorti - afin d’aller réclamer son dû.

« Bonjour Marissa ! Je ne te dérange pas j’espère ?
- Bonjour ! Oh non, Monsieur Markus ! Je finissais de me préparer.
- Très bien, comment vas-tu  aujourd’hui ?
- Tout va très bien pour moi à vrai dire, la routine, vous savez…
- J’imagine… Euh, je suis désolé de te déranger avec ça ma petite, mais c’est le jour du loyer, alors je fais le tour.
- Oh, oui c’est vrai! Attendez-moi quelques secondes ! »

Markus la voit refermer en partie la porte le temps d’aller chercher l’argent. Des tiroirs s’ouvrent et se ferme, des objets tombent, Marissa grommelle même après cet argent qu’elle ne trouve plus.

« Ca y est ! Je l’ai ! »

Elle revient en courant vers la porte et tends les billets au géant :

« Voilà ! Désolée, on est jamais trop prudente dans la vie ! Comme je laisse souvent la fenêtre ouverte, vous comprenez...
- Hahaha ! Mais faut pas te mettre dans un état pareil ma grande, j’aurais pu attendre !
- Je sais mais bon, je ne voulais pas que ce soit le cas. Je suis plutôt contente que ce soit vous qui veniez chercher le loyer… Dit-elle dans un regard empreint d’un mélange de gratitude et de timidité. Enfin que vous soyez notre nouveau propriétaire je veux dire. C’est propre, ça sent bon et les gens qui viennent désormais en bas sont des clients respectables. Pas la vermine habituelle que nous avions avant. Je n’ai plus peur de rentrer chez moi et rien que pour cela je vous en suis vraiment reconnaissante.
- Heu… Bah… Je…
- Vous êtes trop drôle quand vous êtes pris au dépourvu, Monsieur Markus »

Les deux partirent dans un éclat de rire certain, qui venait rajouter en gaieté à cette belle journée.

« Et sinon, le pauvre Bastian s’est bien remis de ses blessures ? Vous avez su ce qu’il s’était passé du coup ?
- Pour les blessures, je dirai que ça va bien mieux, en revanche pour savoir ce qu’il s’est passé… Certainement une bonne rixe des familles, dans laquelle il s’est retrouvé plus ou moins contre son gré. Il a l’air d’être plutôt casse-cou et bagarreur d’après son jeune frère qui…
- Il a un frère ?!
- Oui, qui habite avec, mais qui ne sort pas beaucoup.
- Ah… Je ne savais pas. Décidément, chaque semaine apporte son lot de nouveauté.
- Tu devrais aller les voir de temps à autre, tu sais, histoire de discuter un peu.
- Eh bien, c’est-à-dire que… Avec le travail qui me prend beaucoup de temps, vous comprenez… Et puis…
- Je ne suis pas le seul à être drôle quand je suis pris au dépourvu » lui dit-il avec un clin d’oeil comme pour répondre au rosissement des joues de la jeune fille.

Tous deux se remirent à rire ensemble puis il reprit :

« Ne te fais pas de soucis, ton secret est bien gardé ! Aller je fille continuer, voici ta quittance et bonne journée ma petite !
- Bonne journée à vous Monsieur Markus ! »

Il se remit en route et monta directement au second étage de la bâtisse, afin de toquer à la porte de Bastian et Teagan. Suite à sa blessure et grâce à son jeune frère, le proprio se demandait s’il était vraiment aussi corrompu pas les substances que tous les autres Rac’. Et même s’il affichait un air dur et blasé de tout, peut-être était-il vraiment le jeune homme sympa que son frère lui avait dépeint.

C’était décidé, il allait y aller un peu plus doucement envers lui et essayerait de percer sa carapace. Avec l’expérience et le temps, c’est quelque chose de faisable. Sinon, en discutant un peu et grâce à son Dzêta, il sera toujours capable de glaner quelques informations en plus, voir faire pencher la balance de son côté si besoin est. En repensant à la chance qu’il a laissée à Pedro, geste qu’il ne regrette pas, il se dit que Bastian est peut-être dans le même cas. Peut-être est-il juste le gamin pas bien dans ses pompes, qui est arrivé aux mauvais moments et aux mauvais endroits...

Alors qu’il frappe à la porte, il entend des pas se rapprocher avec circonspection de cette dernière. Aussi, pour ne pas les prendre de cours, le colosse s’adresse à eux au travers de ce bout de bois :

« Bonjour les frangins, c’est Markus. On est le second jour de Dehne et je viens récupérer le loyer comme convenu. »

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Un loyer plutôt salé... [PV. Bastian]

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