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Les tourments nocturnes d'une ville

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Haku

Originaire depuis le : 19/09/2016
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MessageSujet: Les tourments nocturnes d'une ville   Ven 9 Fév - 21:22

1) Sous l’éclat des lunes


La ville l’émerveillait enfant, le charme opère encore. Il aime parcourir les rues et visiter les échoppes quand il n’est pas au dojo pour s’entraîner. Le voile étoilé du ciel, la végétation au repos, la mélodie discrète de la faune et même la tranquillité des habitations hybrids l’émerveille. L’éclat des lumières nocturnes lui permet de distinguer les motifs végétaux sur les vieux murs de la capitale. C’est précisément ce qu’il fait ce soir-là sous le regard étonné d’un éclaireur de son âge, Sora.

- Tenons-en à notre programme, je vais te montrer un lieu cool ! Tu vas aimer ! intervient ce dernier avec énergie.

N’abusant pas de la patience de son camarade, Haku consent à le suivre jusqu’à une tanière nommée Le joyeux griffon. Appellation parfaitement justifiée par l’ambiance qui s’en dégage. Une telle rupture avec son univers calme et feutré le cloue devant le seuil, obligeant Sora à le traîner par la main vers l’intérieur. Sans son intervention, Haku ne serait jamais entré dans ce genre d’endroit bondé et agité.

Par dessus le brouhaha qui commence enfin à se calmer pour la prochaine chanson, Sora lui parle de l’endroit. La serveuse le connaît même par son nom, Haku est à moitié surpris. Discuter avec Sora ne demande pas de grands efforts, il est tellement ouvert. Mais malgré sa joie communicative – tout l’inverse de Haku – il ne développe que des relations superficielles avec les autres disciples du dojo. Peut-être est-ce la faute à une franchise sans entrave, parfois irritante et à une impulsivité desservant la pratique sérieuse des exercices. Tous ces défauts auraient pu rebuter Haku également pourtant, de son point de vue, les qualités de Sora contrebalancent largement tous ces excès. S’ils ne partagent pas de véritable affinité, ils peuvent au moins se soutenir mutuellement à l’intérieur comme en dehors du cadre martial.

- Détente-toi ! T’es trop tendu, on le sent pas « le griffon joyeux » !
- Mon totem n’est pas un griffon mais une chouette, ce n’est pas l’animal le plus joyeux du monde.
- Mais si, c’est l’animal le plus bavard de la nuit. Bois plutôt un verre, « chouette joyeuse ».


Et de fait, Haku suit les conseils de son confrère en goûtant un alcool au hasard. Il siffle le verre rapidement et se sent mieux. Peu à peu les cocktails mélangés au petit bonheur le font tanguer mais il faut beaucoup d’encouragements enthousiasmes de son pair pour le décider à finalement imiter les autres fêtards et lâcher un sourire naturel.

Sora devait faire bien moins attention à ses verres que Haku. Lorsque son compagnon devient trop comateux pour lui tenir décemment compagnie, la soirée finit par lasser l’anemös nocturne. Il persuade plus qu’il ne convainc son acolyte de retourner au dojo. Ce dernier n’étant pas plus lourd que lui, il lui est facile de le pousser vers l’extérieur frais et tranquille.
L’éclaireur éveillé pense à Miu, sa renastu, qui vagabonde sur des sentiers inconnus, menant sa vie en parallèle. Alors qu’il est à mi-chemin du dojo, des bruits violents retentissent au loin. Il tourne la tête vers leur origine, une sensation glaçante parcourt sa nuque. Ce ne sont pas des quartiers agités.

- Y a d’la bagarre dans l’coin, j’ai l’impression, bafouille Sora.
- Ça doit être ça, répond Haku d’une voix peu convaincue.
- Ça a stoppé aussi vite que ça a commencé.
- On devrait peut-être jeter un coup d’œil...


Prudemment, il conduit son ami à la source du grabuge. Quelques rues plus loin, ses pupilles dilatées cherchent la moindre ombre mouvante à l’horizon. Ils doivent se rendre à l’évidence qu’il n’y a plus rien. Peu disposé à abandonner Sora pour approfondir une recherche plutôt rebutante, Haku reprend le chemin du dojo. Il se tranquillise du mieux qu’il peut, stressé par cette situation inhabituelle.

Les deux anemös rentrent aux dortoirs avant le levée du jour. Haku reste un long moment à regarder l’aube avant que Miu ne pointe le bout de son museau. Il décide finalement de se coucher. Miu l’imite et s’installe contre lui. Le sommeil est assez peu réparateur, d’autant qu’il en est tiré en plein milieu. Ce matin, une agitation inhabituelle envahit les dortoirs. Il tend l’oreille pour suivre les conversations aux intonations inquiètes. Le sommeil le rappelle à lui très vite. Il était juste question d’une attaque.
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Sam 10 Fév - 17:12

2) L’agitation latente

Le soir, cette idée le préoccupe à un plus haut degré. Constatant que plus personne n’est au dortoir, il se lève en prenant un thé pour s’éclaircir l’esprit. Il ne manque pas de faire le lien entre cette fameuse attaque et les bruits étranges qu’il a entendus la veille. Il abandonne Miu pour se rend au jardin d’entraînement dans l’espoir d’en apprendre plus. L’anemös y rencontre tous les autres pensionnaires du dojo et son cousin le professeur Ayumu. Sora est lui-aussi présent et lui rapporte ce qu’il a appris :

- Des cadavres ont été trouvés dans la ville. Il paraît qu’ils étaient déchiquetés. Osamu et quelques autres sont en train d’inspecter la ville et ses alentours à la recherche d’une bête sauvage.
- Combien en ont-ils trouvés ?
- Quatre à ce que j’ai compris : il y avait même une éclaireuse au repos.


Haku écoute avec effroi la liste, surtout en imaginant que l’une de ces agressions a peut être eu lieu pas loin d’eux. Il se demande s’il a bien fait attention au sol à ce moment-là. Bien sûr que non, il n’en avait pas eu l’idée.

- Bon, commençons le cours, enjoint Ayumu.
- On fait cours malgré ça… ? Chuchote discrètement Haku à Sora.
- Ayumu a remplacé Osamu à midi, ceux qui ne logent pas au dojo sont rentrés avant que tu te réveilles. On conseille le couvre-feu à tout le monde.
- Ce soir : échauffements puis des duels et enfin de la méditation pour changer un peu…
décide Ayumu avec lassitude.

La leçon se poursuit en apparence comme d’habitude mis à part l’état de choc général. Haku n’a jamais été exemplaire à la méditation, les pensées se succèdent dans sa tête à un rythme impétueux. Quel lien peuvent bien avoir les victimes entre elles ? Être seules ? Porter de la nourriture ? Les corps devraient être à l’infirmerie du dojo comme c’est la plus grande de la ville. Il essaye de se calmer, de faire l’exercice de relaxation, de laisser ses inquiétudes et ses remords de côté. Osamu et les autres gardiens de la ville trouveront, sa présence ne ferait que gêner. Il aurait au final pu être victime. Respiration. Détente. Respiration...

- Vous pouvez maintenant vous relevez doucement et regagner vos dortoirs à votre rythme, annonce Ayumu.

Difficile d’être déçu quand on n’a jamais été bon à cet exercice. Haku se lève mais ne quitte pas tout de suite le jardin. Il cherche à savoir comment son cousin est affecté par l’affaire. Après tout, il doit être plus au courant que lui sur ces affreux évènements. Son cousin et professeur le regarde directement, comme s’il voulait lui parler. Il va vers lui, n’étant nullement rebuté par la présence de Sora, et tend à Haku une lettre arrivée le jour-même. Sur un ton sérieux que Haku ne lui connaissait pas encore, il lui rappelle les récents évènements nocturnes et qu’en raisons de ces derniers il doit participer aux recherches.

- Je ne peux pas te donner de cours particuliers cette nuit. Mais ça ne fait rien, un peu de temps libre n’effraie personne.
- Je pourrais aider aux recherches à la place. J’ai une bonne vue et je suis frais et dispo--
- Non, ça ira. La menace sera éliminée cette nuit, ne t’en fais pas. Amusez-vous plutôt ici pendant notre absence.


Pris de court, Haku ne réplique rien. Cette mis à l’écart ne peut pas soigner le sentiment d’impuissance qui le ronge. Ayumu leur sourit avant de laisser Haku et Sora au dojo.
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Dim 11 Fév - 17:29

3) La lente attente

Les récents évènements incitent tout le monde à ne pas sortir sans s’être bien armé. Si Ayumu s’est dispensé d’interdire de sortir à Haku, cela se sentait dans son regard quand il leur suggérait de se distraire. Comment peut-on se distraire dans cette situation ? Des gens sont morts sans raison à leur connaissance. Sora prend la chose tout autrement :

- Allez, il a raison. Le monstre ou le détraqué qui a commis ces atrocités sera très vite arrêté. C’est la villes des Chefs ici, les miliciens sont les meilleurs !
- . . .
- . . . Je te regarde en silence ou tu vides ton sac ? Allez !
- Je n’ai pas envie de me réjouir. C’est juste horrible de savoir qu’une agression a eu lieu à quelques rues de nous hier. Ça aurait pu nous arriver à nous. Je me sens coupable.
- Tu n’as pas à l’être ; peu importe qu’on ait été là ou non, le mal serait arrivé. Ayumu se fait du mouron pour nous. Ce matin, il a même fait mine de visiter le dortoir pour vérifier que t’y étais. Eh, la vie continue !
- Pas pour tout le monde. À quoi cela sert de s’entraîner tous les jours si des attaques arrivent au sein même de la ville ?
- T’auras tout le temps d’être utile. On est encore des débutants, c’est qu’une question d’années avant qu’il nous fasse confiance. Profite plutôt de tes derniers moments de tranquillité.
- Je sais mais comment fais-tu ? On dirait que ça t’atteint à peine.
- Si, ça me met en colère mais si une situation s’empire, elle finit toujours par s’arranger. Il suffit de prendre les mesures qui s’imposent et d’être patient. T’avais pas une lettre à lire ?


Haku est soufflé par la sagesse de Sora, il ne l’imaginait pas capable de demeurer volontiers passif avec son impétuosité coutumière. Bien sûr il supposait qu’il était assez indépendant puisqu’il avait décidé de lui-même d’aller au dojo et avait lui aussi des projets pour la suite. Haku ouvre l’enveloppe toujours dans sa main et en tire deux lettres. Il ouvre la première, celle-ci est courte.

La première lettre a écrit:
Haku,

Ne traîne pas trop la nuit, même en ville, et ne ménage pas tes efforts pour les entraînements, c’est important. À ton retour je peux te trouver des villages en manque d’éclaireurs.
Ton père

Haku a une furieuse envie de froisser la lettre et la jeter au loin. Une lettre aussi froide et sèche, il ne s’y attendait pas, même de la part de son père. Dire qu’il s’était promis de le juger plus indulgemment... Son « conseil » ne pouvait pas mieux tomber ! Quant à sa tentative déguisée de choisir son futur village à sa place… Enfin bon. Il passe à la suivante.

La seconde lettre a écrit:
Mon chat,

Nous sommes tous ravis de savoir que tu te plais à Nemoto. J’espère que tu y as trouvé le dynamisme que tu espérais. Toute la famille se languit depuis ton départ. Ton petit frère est intenable et multiplie ses propres projets. Aiko te transmet ses encouragements. Tu penses bien qu’elle n’est pas fâchée que tu l’aies devancée sur la voie de l’indépendance. Ton père aussi est très content et fier. Préviens-nous quand tu te sentiras prêt à revenir à la maison, nous avons beaucoup à discuter. Rien de méchant, je t’assure, mais ça ne peut pas se réaliser par courrier. Tu te sentiras mieux après. ;3

Bisous,
Maman

Cette lettre-ci, Haku a bien plus envie de la serrer contre son cœur. Mais un tel acte ferait rire Sora ainsi que la lecture du message, alors pour clôturer le sujet : il glisse le papier dans sa ceinture. Sora le taquine un peu mais pas bien longtemps avant de suggérer d’entraîner Miu dans le jardin. La jeune renastu vient très récemment d’acquérir sa nouvelle capacité à générer des boules de feu et peine à rester tranquille sous les injonctions de retenue de son compagnon hybrid. Par ses suggestions, Sora distrait Haku toute la soirée et une bonne partie de la nuit de son angoisse au réveil. Son humeur s’en trouvant mieux, Haku se décide à rester dans cet état d’esprit quand Sora part se coucher au dortoir.

Nonobstant la hauteur des murs du bâtiment, le jeune anemös peut profiter de la douce lueur du ciel depuis le jardin intérieur. Ainsi, il n’a presque pas l’impression d’être confiné. Il doit bien penser à ne pas gêner les recherches cruciales pour la sécurité de chaque habitant de la ville. Plutôt que d’y songer encore, il sculpte un petit cadeau en bois pour Sora, en remerciement de son soutien. Pas grand-chose, un simple objet décoratif, représentant son totem : le vanneau sociable (un petit échassier). L’oiseau esquissé, il peaufine les détails. Le temps passe avant qu’il achève son œuvre. Aucun oiseau ne vient tenir compagnie à Haku et Miu. Pour tromper l’ennui, il lit un rapport sur les différentes relations raciales originaires qu’il a emprunté à la bibliothèque. Vraiment peu de trêves dans cette kyrielle de conflits. Comment pourra-t-il annoncer à ses parents son désir de voir le territoire des üniks ? Il doit encore leur envoyer une réponse mais il n’en a pas envie.

Miu s’agite sur ses genoux, Haku tend l’oreille. Des bruits de pas lui parviennent depuis les couloirs. Il se lève et rejoint la source sonore, Miu sur ses talons. Comme il l’espérait, c’est le retour d’Osamu et Ayumu mais à voir leur mine défaite, ce n’est pas une réussite. Leur tentative pour cacher leur tristesse à leur élève n’est pas plus un succès.
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Jeu 15 Fév - 18:17

4) La sortie

Au dortoir, personne ne prête une attention particulière au lit derrière le paravent ; tant mieux pour l’intimité de Haku. Le lève-tard remarque que les rayons du soleil prennent des tons plus orangés. Les dix heures sonnent le début de la soirée. Il finit par se lever et servir un gamelle à Miu qui se rendort sous la couverture avant d’en avoir senti l’odeur. Il mange son propre en-cas du soir, à la surprise de Sora.

- Salut Haku, t’aurais pu faire la grasse mat’ – euh la grasse soirée – , j’t’ai pas dit : les cours sont annulés ce soir.
- B‘jour Sora. Ouais, je sais. Les recherches continuent mais il est hors de question que je reste au dojo toute la soirée et toute la nuit. Tu as raison, il faut aller de l’avant.
- Mais euh… tu as appris que deux... miliciens ont trouvé la mort ?
- Tard dans la nuit, Ayumu me l’a dit ce matin et il m’a parlé du couvre-feu. Raison de plus pour sortir avant. Dans deux heures, il sera trop tard.


Ces mauvaises nouvelles matinales l’avaient abattu en premier lieu puis s’étaient muées pendant son sommeil en une étonnante résolution. S’il ne pouvait pas même enquêter sur ces attaques alors il s’amuserait, hors de question de broyer du noir ! À cette annonce, un grand sourire s’élargit sur le visage de Sora. Cette attitude inhabituelle ne peut qu’attiser sa nature fougueuse.

- Pas faux ! Tu as besoin de te défouler ! Où veux-tu aller ?
- Le plus loin possible !


Sur ces paroles, les deux hybrids et la renastu quittent le dojo en direction du sud de la ville, parcourant les sentiers et les ponts suspendus. Ils rencontrent quelques personnes ici et là, bien moins qu’à l’accoutumé. Du haut des arbres, ils peuvent visionner l’impressionnant dédale formé par la végétation variée et sauvage. Cependant un détail cloche.

- C’est curieux, hier je n’entendais pas un seul oiseau et là il y a moins de chats que d’habitude et je ne parle même pas des griffons.
- Tu as raison… Ils se cachent tous. D’ailleurs, ta Miu va bien ? Elle est pas collée à ton épaule d’habitude.
- Je ne sais pas, elle est plus curieuse d’habitude, on dirait qu’elle a peur. Mais ce n’est pas « ma » Miu. Je la relâcherai quand elle sera adulte.
- En attendant, elle vit rarement plus d’une journée sans toi
, fait remarquer Sora.
- C’est parce qu’elle est jeune. Tiens, regarde ! Quelqu’un a arraché des larmes de feu, dit Haku pour couper court à la conversation.
- Des quoi ?

Larmes par la forme, feu par la couleur, il s’agit d’une herbe dont les fleurs forment des grappes de clochettes orangées et odorantes. Ces clochettes donnent ensuite des baies mais comme le reste de la plante, elles sont très toxiques à l’ingestion. Seules sa beauté et son odeur sont attrayantes. Cette fleur pousse partout dans la Sylva. Les hybrids sont rarement frivoles au point de désherber et laisser pourrir des plantes qui ont leur place dans le cœur de Mère Nature, d’où la surprise de Haku. Celui-ci ramasse les brins arrachés pour les montrer à Sora. L’anemös reconnaît la plante sous un autre nom : clochettes de feu.

Haku met la poignée de fleur à sa ceinture tandis que la luminosité baisse et rougit, annonçant le coucher du soleil. Le soleil laisse maintenant place à un ciel rouge sombre. Ils réalisent alors que les deux heures leur échappent. Aussitôt, les compagnons s’arrachent de leur perchoir et filent vers le dojo. Personne n’a pris la peine d’allumer les lanternes à cause du couvre-feu, seule la clarté pâle des lunes les guident. Chaque bifurcation les rapproche du bercail mais le temps file.

La suite se passe en un éclair : une masse importante surgit d’un côté et se jète sur Haku. Avant de ne serait-ce le frôler, une puissante dépression d’air la rejette en arrière. Désorienté, Haku se réceptionne à genoux dans la poussière, le cou griffé par Miu. En rassemblant ses esprits, deux évidences lui sautent aux yeux : le probable responsable de tous ces morts les a trouvés et ils n’ont que ce bouclier et son couteau de chasse comme défense.

Sora l’aide à se relever et à courir. Haku entend des débris déplacés, la chose a été repoussée un peu trop fort contre le mur voisin. L’anemös s’arrête pour le détailler, son don à son plein potentiel. Un être bipède, couvert de fourrure noire comme le jais et une mâchoire simiesque. Ses yeux ne lui sont pas visibles, cachés par sa crinière. La tête échevelée se tourne dans leur direction, sa bouche entrouverte sur des dents noires. Va-t-elle attaquer ? Elle baisse maintenant la tête vers le sol.

Sora tire son camarade par le poignet pour l’inciter à fuir tant qu’il le peut. Il a bien raison, Haku n’a pas son arc pour se défendre et même blesser la créature n’est pas gage de sûreté. Pourtant, Haku refuse de bouger, il se dit qu’il doit bien y avoir une raison derrière toutes ces attaques… La créature frappe le sol et s’élance dans leur direction. Haku ne tourne pas les talons. Face à un animal de grosse corpulence, montrer sa peur est une mauvaise idée. L’éclaireur n’est toutefois pas à l’aise et se prépare mentalement à esquiver au dernier moment.

- Écoute-moi s’il-te-plaît ! Que cherches-tu ? On peut t’aider !
- Haaakuuu !
lui hurle Sora d’une voix suraiguë.

Ce dernier le pousse de tout son poids sur le côté au moment où le monstre arrive à leur hauteur dans un violent déplacement d’air. Sora crie de souffrance cette fois. Haku se redresse, se mettant entre les griffes de la créature et la silhouette allongée de Sora. Les griffes ricochent sur la protection invisible du ruban de Khamui. Le mal de tête se fait sentir, en désespoir de cause, Haku sort le couteau que sa mère lui avait offert. La créature hésite et – chose étrange – feinte à gauche puis l’attaque dans le dos, la protection la repousse une nouvelle fois.

- Est-ce que tu peux parler ? Qu’est-ce qu’on t’a fait ?!

La bête pousse un rugissement de frustration, sa tête semble chercher quelque chose mais ne répond pas. Une boule de feu vient éclater sur la face monstrueuse, cette attaque ne peut provenir que de Miu. L’animal est tendu et les oreilles rabaissées, à quelques mètres en arrière de son frère hybrid. La bête s’est enfuie dans d’autres quartiers sombres. Haku a d’autres priorités que de la poursuivre. Sora lui désigne une blessure maculant déjà de rouge la moitié du dos.

- Ne t’inquiète pas, on va rentrer soigner ça. Tu peux marcher ?
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Dim 18 Fév - 19:05

5) La légende ancestrale


Jusqu’à présent, l’attaque l’occupait tellement qu’elle aurait très bien pu avoir lieu en pleine clairière. Seul dans le silence de la nuit, Haku peut voir les demeures hybrides. Personne ne sort les voir ou n’allume de lumière, désert. Pressant la plaie de son ami, il s’éloigne au pas du lieu de leur lutte ; solliciter aussi longtemps le bouclier l’a vidé de son énergie. Arriver au plus vite au dojo n’a plus beaucoup d’importance… mais Sora a besoin d’être soigné et Haku de se poser.
Finalement, une lumière éclaire leur droite et une phytös d’âge mûr les interpelle en murmurant :

- Vous êtes blessés ? Entrez chez moi.

Les deux jeunes anemös ne se font pas prier et passent la porte en bois, indiscernable derrière la mousse et le lierre. Leur hôte les fait entrer, elle porte un foulard autour du crâne, ne laissant voir aucun cheveu, et des lunettes rondes épaisses sur un nez fripé. Les logis des anciens sont souvent chargés de babioles de tous les côtés, sur les étagère ou espaces assimilables mais celui-ci semble n’est décoré que de livres et parchemins que Miu escalade allègrement. On dirait une bibliothèque… Le visage ridée de leur hôte lui est inconnu, elle ne doit pas fréquenter la grande bibliothèque près du dojo. Pas étonnant, vu l’âge vénérable qu’il lui donne.

- Il n’est pas trop tard pour vous sauver. Où vous a-t-elle blessés ? La bête.
- Moi, je vais bien, mais mon ami s’est-- aïe !
- Je suis pas mort
, interrompt Sora après avoir enfoncé un index dans les côtes de Haku. J’ai une griffure dans le dos, c’est tout.

La vieille ne se formalise pas pour le sang – à moins qu’elle ne l’ait pas remarqué – et installe Sora sur son lit tout en précisant à Haku de se mettre à l’aise et de ne pas la gêner. Trop heureux de pouvoir s’asseoir, l’anemös se laisse tomber sur un banc entre un pile de manuscrits et un vase vide en attendant que sa migraine s’estompe.

- Désirez-vous un thé, jeune hybrid ?

Arraché de sa torpeur, Haku se demande quand il a perdu conscience de son environnement. Il réclame à voir Sora.

- Si vous voulez mais il faudra vous asseoir sur le sol, votre amie ne doit pas bouger. J’ai peur qu’il faille poser des points de suture mais nous verrons cela demain.
- Demain sera beaucoup trop tard, ils s’inquiètent certainement déjà au dojo !
- Sortir avec le monstre dehors ? Vous avez eu de la chance ce soir mais la roue tourne. Votre corps n’a peut-être rien mais votre esprit est trop agité. Prenez donc un remontant et écoutez les histoires de Momoka.


Trop diplomate pour contredire ouvertement l’ancienne, Haku la suit dans la chambre. Sora est allongé sur le ventre, la couverture jusqu’au cou. Il rate une tentative de se le démettre en regardant entrer son camarade éclaireur. La vielle Momoka s’en va à petits pas chercher du thé, obligeant Miu à la contourner pour les rejoindre.

- Comment tu vas ? Tu te sens assez en forme pour rentrer au dojo cette nuit ? Ou tu préfères--
- Que je reste avec cette vielle donneuse de leçons ? Merci bien, plutôt me faire pendre ! On--
- Le thé sera prêt dans quelques minutes. Je vous ai apporté des galettes au miel. Et de quoi vous laver les mains.
-
Merci… C’est généreux. Elle est rapide pour son âge.
- La bête ne vous a pas emporté, c’est donc que vous êtes assez vertueux pour émouvoir Mère Nature. Asseyez-vous donc sur ce coussin. Ce n’est pas la première fois que des monstres emportent des vies. Nous portons tous nombre de fautes que nous n’assumons pas et dont nous nous dédouanons par lâcheté. Les Esprits maléfiques nous rappellent que la forêt ne nous appartient pas et les Sirènes punissent notre envie d’échappatoire. Ce monstre nous met en garde contre une autre dérive.
- Quelle dérive ?
Demande Haku pour paraître à l’écoute malgré l’ennui de ce discours austère.
- Il y en a tellement de nos jours mais il y a une légende au sujet du monstre tueur qui rôde là où l’hybrid se croit en sécurité et cède à la complaisance. Ce que Mère Nature peut donner, elle le reprend. D’abord la nuit, ensuite même le jour clément prend la couleur du désespoir. L’Ohm doit alors faire des offrandes pour expier son orgueil et respecter ce qu’il est au dessus de tout.
Elle doit aimer s’entendre parler...
- Vous ne mangez pas ?
- Si, si !
- Tenez, votre thé à tous les deux. Vous devez reprendre des forces. Je vous laisse le lit, je ne dors plus de toute façon. Quant à vous, jeune hybrid, il faudra dormir à la dure, j’en suis désolée.


Quand enfin la vielle raconteuse d’histoire prétexte vouloir lire dans le salon, les deux éclaireurs peuvent échanger librement.

- Je comprends ce que tu voulais dire, elle vit dans un autre monde. Il faut retourner au dojo avant qu’on s’inquiète trop, quand tu te sens de m’accompagner, on y va. Elle t’a posé un bandage bien serré ?
- Oui, il faut juste… que je trouve un nouveau haut. L’ancien était déchiré et taché alors elle l’a jeté.
- Je te passe le mien, mon gilet me suffit. J’espère qu’Ayumu ne se fait pas un sang d’encre.
- Merci bien. Ah, j’oubliais…
Sora gifle la tête de Haku. T’es complètement inconscient ! tance-t-il à mi-voix. Qu’est-ce qu’il t’a pris de rester planté sur place face au truc griffu ?!
- Je pensais… que peut-être personne n’avait tenté de lui parler… Je suis désolé.
- Mon dos me fait trop mal pour que je te pardonne déjà !
dit-il d'un air à moitié sérieux.
- Je suis vraiment désolé. Tout est de ma faute.
- Refais ces yeux-là à ton cousin et peut-être qu’on s’en tirera sans sermon. Tirons-nous d’ici ! Le plus tôt sera le mieux !


Q
uand la vielle phytös retourne dans sa chambre, ses trois invités ont disparu, laissant une fenêtre grande ouverte et deux tasses de thé froid. Un commentaire lui échappe.
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Lun 19 Fév - 22:30

6) Un début de réponse

Les deux éclaireurs débutants trouvent les portes du dojo fermées comme l’y oblige le couvre-feu. Ils frappent donc à la fenêtre des employés du dojo plutôt que de tambouriner à la grande porte. Le personnel, bien que surpris, ne se fait pas inutilement prier pour les faire entrer. Après quelques remontrances, ils leur apprennent qu’Ayumu s’est aperçu de leur absence mais qu’ils ignorent quand il reviendra.

Les deux anemös vont à l’infirmerie réveiller un chirurgien ou un apothicaire pour examiner la plaie de Sora. Haku espère également glaner des informations sur les victimes de la nuit dernière et celle d’avant. Déjà deux nuits de massacres et voici la troisième.

Une phytos est tirée du lit. Les yeux ensommeillés, elle écoute avec attention le récit de l’altercation. Sa tasse de café bue, elle demande à avoir beaucoup de lumières, quitte à réveiller les autres patients. Sora retire le haut emprunté à Haku, présentant son dos à l’apothicaire. Celle-ci retire le bandage pour l’examen. Sora était sur le côté au moment de l’attaque, la trace de griffure commence après la colonne vertébrale et prend fin au milieu de la hanche.

- Je suis contente, je craignais de voir défiler une série de cadavres mais je n’ai au final qu’une personne à soigner avant de pouvoir pioncer tranquille, c’est génial.

Mais la vieille excentrique ne s’était pas trompée et une intervention instrumentale est préférable pour aider à la cicatrisation. Sora croque donc une racine aux vertus léthargiques avant de sombrer dans un sommeil sans rêve, laissant la phytös lui percer la peau avec une aiguille. Haku la regarde travailler, lui servant d’assistant par la force des choses.

- Bon, j’en ai fini. Un bon dodo l’attend. Apporte-lui un bol de lait et de haricots au soja à son réveil, mais pas de thé. Un peu de marche mais plus d’activité avec torsion du tronc avant que ça se referme bien.
- Je veillerai sur lui. Mais avant de partir, pourriez-vous me dire si vous avez trouvé des points communs entre les victimes de la bête ? J’aimerais savoir. C’est moi que le monstre a ciblé avant que Sora ne s’interpose.
- Je peux te répondre alors,
réplique la phytös en baillant. Les blessures étaient toutes larges et profondes comme celles que tu viens de voir. Ensuite, toutes avaient une trace de morsure au cou, faite par une mâchoire courte et des dents d’omnivore un peu plus grand et large qu’un originaire moyen. Après, les victimes n’avaient pas forcément d’autres points communs, ni l’âge, ni le totem, ni le sexe, ni le mode de vie… J’ai éliminé tous les critères évidents.
- Et les moins évidents ?
- Des idées par ci, par là… Tu peux peut-être aider. Est-ce que tu es sorti tous les soirs ?
demande-t-elle en détaillant Haku
- La première nuit, le monstre nous a loupé. Hier, je ne suis pas sorti du dojo.
- Qu’as-tu fait de spécial plus tôt, que tu n’as pas fait le première nuit ?
- Euh… Je n’avais pas bu d’alcool… J’ai beaucoup marché dehors...
- Et cueilli des fleurs. Tu aimes les clochettes de feu, toi aussi ?
- Je l’ai juste ramassée… « Moi aussi » ?
- Une victime en avait encore plein les cheveux. Malgré l’odeur du sang, cette fleur m’est restée en tête toute la journée. C’était la seule mais les autres cadavres étaient en très mauvais état aussi.
- Vous pensez que ce n’est pas une coïncidence ?
- Je n’en sais rien, je vais me rendormir. Mais tu peux me tutoyer, mon nom est Chikako.
- Merci Chikako, pour ça et pour Sora.


Chikako laisse Haku seul avec Miu et Sora drogué sur le lit de l’infirmerie. Ce dernier est parti pour roupiller toute la nuit. Haku reste dans le noir un long moment à digérer les évènements et réfléchir. Il aimerait trouver le moyen de stopper la folie furieuse du monstre mais il faudrait en comprendre les motivations. Est-ce qu’une fleur présente sur deux personnes ciblées peut suffire à établir un lieu ? Comment capturer la bête sans lui faire mal et pourquoi les équipes n’y sont jusque là pas parvenues ? La bête a une vitesse impressionnante et un comportement curieux mais cela ne suffit pas. Ses réflexions sont interrompues par l’ouverture d’un panneau. La haute silhouette lui rappelle beaucoup Ayumu.

- Haku, où étais-tu ?! fait la voix de ce dernier.
- Je suis désolé si je t’ai causé de l’inquiétude.
- Que faisais-tu dehors cette nuit ? Tu n’as rien eu ?
- Je t’assure que je voulais rentrer avant le coucher du soleil. On a malencontreusement été retardés en route par le monstre. Sora est blessé.


La voix de Haku est tremblante, les larmes lui montent aux yeux. Il a tellement déçu Ayumu, son cousin doit penser qu’il est une tête de mule rebelle qui contrarie les autres uniquement par plaisir et en dépit des conséquences, tout le contraire de ce qu’il est. – Même s’il est un peu tête de mule quand même. – Ayumu s’approche, son visage fatigué paraît bien plus que ses trente ihrs. Il pose ses mains sur les épaules de son jeune cousin comme pour vérifier leur tangibilité.

- Mère Nature soit louée, tu es en parfaite santé !
- Tu n’es pas fâché ?
- Pourquoi le serais-je ?
demande-t-il avec surprise.
- Tu pourrais... penser que j’ai voulu jouer au héros ou… je sais pas quoi.
- J’y ai pensé, j’avoue. Mais je suis plutôt soulagé de te voir ! Raconte-moi ce qu’il s’est passé dans les moindres détails !


Haku lui explique l’agression en elle-même puis parle du champs de protection. Pour expliquer ce phénomène, il lui raconte en substance son aventure avec Khamui, passant sous silence la malédiction de la famille Zalëon. Le jeune anemös lui parle enfin de l’escale chez la vieille et de la théorie de Chikako. Ayumu retient de l’histoire que le ruban en soie rouge que son cousin porte au poignet lui assure une protection qu’envieraient tous les originaires. Il comprend aussi parfaitement que Haku et Sora sont les seuls encore vivants à avoir vu le tueur.

- Haku repose-toi et consigne-moi par écrit tout ce que tu as pu observer sur la bête pendant ton agression. Ensuite, si tu t’en sens capable, nous partirons à la chasse.
- Tu veux bien que je t’aide, c’est vrai !?
-  Mère Nature semble le vouloir. Tu as été proche de la bête et tu es encore en vie. Le chef de la milice ne peut pas s’y opposer.
- Mais... je ne veux pas trop la blesser pendant la chasse, nous ne savons pas ce qu’elle est.
- … Elle a pourtant déjà tué huit hybrids et peut-être plus maintenant.
- C’est juste que... morte, on ne saura jamais pourquoi elle les a tué.
- Elle reste très dangereuse et je doute qu’elle puisse parler mais tu as raison, on n’en sait rien. Et à vrai dire je préfère que tu ne te mettes pas trop en danger.


Ayumu lui sourit avant de partir annoncer aux autres sentinelles ce retournement de situation. Dans l’infirmerie, tout est calme. Haku trouve du matériel pour rédiger ce qu’Ayumu lui a demandé. L’éclat des lunes lui suffit pour voir ce qu’il fait. Miu frotte sa truffe humide contre lui et se place sur ses genoux. Dire qu’il aurait pu ne plus sentir son contact sans le bouclier. De temps en temps, il vérifie si Sora dort bien.

Quand le blessé se réveillera, il pourra trouver un bout de papier sur sa table de chevet et la petite sculpture en bois d’un vanneau social. Le bout de papier lui répète les instructions de Chikako, suivi d’un « à très bientôt, j’espère ».
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Mar 20 Fév - 23:04

7) La première chasse du chat-huant

Haku découvre le quartier général des miliciens de la ville. Le jeune anemös ne sait rien des personnes présentes, à part que ce sont tous des adultes avec plus d’expérience que lui. Leur regard le rend mal à l’aise. Heureusement qu’Ayumu et Osamu sont là et que leurs moments passés ensemble jouent en sa faveur. Fort heureusement, ce n’est pas lui mais Osamu qui communique le témoignage de Haku aux autres, prétextant que la victime reçoit actuellement des soins.

Le chef divise l’équipe en plusieurs petites escouades et place celle de Haku près des lieux de sa propre attaque. Enfin, le jeune éclaireur a accès à une carte de la ville avec toutes les attaques répertoriées. Dire qu’il lui aura fallu se mettre sottement en danger pour ça mais les caprices de Mère Nature ou du hasard sont curieux.

Un apothicaire lui propose d’enduire ses flèches de tranquillisants et de toxines, Haku préfère le tranquillisant. Pour se nourrir, tuer ne le dérange pas, mais pour se protéger ça lui a toujours posé problème. Dans cette situation, il aurait aimé savoir manier le lasso comme sa sœur dresseuse. Comme nouvel accessoire, Haku récupère un sifflet d’alerte. Objet qu’il n’aura en théorie pas à utiliser puisqu’il sera flanqué de ses professeurs, le meilleur arrangement pour lui. Ils sont désormais prêts à quitter le dojo.

Les lunes scintillantes indiquent que la moitié de la nuit s’est écoulée. Les rues sont calmes et plongées dans l’obscurité, une véritable forêt désertée par ses habitants, hybrids ou animaux. On pourrait presque entendre les arbres pousser. Miu se pose sur l’épaule de son frère hybrid. Celui-ci porte son couteau et son carquois à la ceinture, son arc à la main, prêt pour sa mission. Une mission qu’il espère ne pas tourner au massacre.

- Haku, n’oublie pas : un éclaireur ne se met pas en danger inutilement, il observe avant tout et rend compte. Ici, c’est un peu particulier, c’est une chasse mais tu es encore très inexpérimenté dans ce domaine alors ne tente rien livré à toi-même. Entendu ? Intervient Osamu.

Évidemment, Haku acquiesce, la battue n’est pas une activité familière pour lui. Les deux plus âgés portent des armures légères, Haku n’a qu’une couche de tissu en lin, l’armure qu’il a essayé le gênait trop et de toute façon il a son bouclier mental. Et il peut se défendre avec son arc et sa dague, Ayumu est armé d’une lance tandis qu’Osamu ne compte que sur son don qui consiste à déformer la terre à ses pieds. Sur la route, Haku peut utiliser son don pour y voir clair, tandis que ses deux professeurs tiennent des lanternes. Pas un chat mais de l’herbe. Haku les sème avant de s’arrêter à un coin de verdure qui l’intéresse particulièrement. Ayumu le rattrape grâce à la propulsion de ses Pas de lunes.

- Doucement, cousin ! Garde tes forces pour l’action.
- J’ai trouvé d’autres larmes de feu, si mon hypothèse est bonne, c’est ce qui l’attire.
- Passe-moi ces fleurs, si ça peut le faire venir c’est bon à prendre.
- C’est quoi cette histoire de fleur ?
Interrompt Osamu qui vient d’arriver.

Haku aurait préféré garder la fleur puisqu’il bénéficie d’un bouclier contrairement à Ayumu mais celui-ci est encore frileux à l’idée de risquer la vie de son petit cousin. Les prochaines minutes se passent sans cri sans heurt, Haku s’attendait à voir le monstre surgir à la première occasion. Il guette le moindre bruit ressemblant au sifflet. Il reste tendu jusqu’à ce qu’il reconnaisse le vent. Le ciel étoilé se couvre de nuages mais une des lunes est encore visible. Miu n’est pas tranquille et se blottit dans le cou de son ami, Haku se demande si la prendre avec lui était une bonne idée ou un malheureux caprice. À moins qu’elle ne sente la présence du monstre ? Ses pas s’arrêtent et son ouïe s’affûte. Osamu et Ayumu l’ont remarqué mais ne disent rien. L’anemös balaye les environs de ses yeux dorés.

Une ombre bouge, aussitôt Haku se précipite vers cette silhouette fuyante. Au croisement suivant, il se rend compte qu’il connaît la porte cachée par la mousse et le lierre. Évidemment, c’était à côté. Il a malheureusement perdu de vue l’ombre. Miu s’extirpe des bras de son frère hybrid et vole en rond autour de lui. Haku sourit de la voir rassurée mais cela signifie malheureusement que la bête est loin… Il signale à ses deux plus vieux coéquipiers que c’était une fausse alerte.

La patrouille reprend, le temps passe. Haku souhaite gagner les hauteurs. Du haut des passerelles, il pourra voir le contour des ruelles et plusieurs sentiers à la fois. Mais Osamu et encore moins Ayumu ne sont d’avis de le laisser monter seul. Ils montent tous les quatre, Miu se pose sur les genoux de son compagnon hybrid tandis que Ayumu et Osamu peinent à discerner les ombres. De toute façon, se dit Haku, il n’y a rien à voir, tout est plus vide que l’Orée du bois un jour froid et pluvieux. La ronde est quelque chose de fastidieux et long, d’habitude Haku se laisse à rêver et à réfléchir mais la bête est une menace avérée. Il réprime un bâillement. Les attaques se concentraient dans ce quartier. Qu’est-ce l’empêche de sortir ? Quand la créature s’est jetée sur lui, il était en pleine course et donc facile à attaquer par surprise. Leurs précautions les desservent-ils ? Devrait-il se disperser pour l’attirer ?
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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Jeu 22 Fév - 22:07

8) Le néant


Haku fait part de ses réflexions à ses deux professeurs, que leur ronde est aussi stérile que toutes les précédentes. Osamu lui rappelle que la patience est l’apanage des bons éclaireurs. Dans l’ombre Haku se mord la lèvre avant de tourner son argumentaire comme il faut. Il explique qu’il ne voulait pas se plaindre mais seulement changer de méthode et reproduire les circonstances de la seule agression à leur connaissance. La bête ne l’a pas attaqué quand il se planquait en hauteur. Osamu argue que la créature n’attaque pas forcément selon un schéma ou qu’elle peut le reconnaître et l’éviter. Sur ces mots, Ayumu défend l’idée de Haku :

- Elle n’est pas mauvaise son idée. La créature ne s’en est jamais prise qu’à des hybrids, or ils sont tous chez eux. Je l’appâterai et je répliquerai avec ma lance. Avec deux braves éclaireurs pour surveiller mes arrières, je risque moins que d’autres noctambules.
- Bien, ouvre l’œil
, conseille Osamu.

En deux pas de lunes, Ayumu rejoint la terre ferme. Sa lanterne se voit très bien. Haku le regarde attacher les larmes de feu à son arme comme si c’était décoratif et l’agiter sous le vent comme s’il se donnait en spectacle.

- Quel pitre. Reste attentif, Haku. Je dois être en contact avec la terre pour employer mon don alors surveille nos arrières, je surveille les tiennes, d’accord ?
- Hu-hum
, acquiesce ce dernier.

Osamu met plus de temps à descendre et se poste contre le mur d’une habitation, à lancer des coups d’œil à Ayumu et Haku. De son côté, le cadet repère les cachettes les plus susceptibles pour la bête de tendre une embuscade à son généreux cousin. Il perçoit un mouvement dans l’ombre, doit-il s’en alarmer ? Ayumu qui est plus près ne remarque rien mais il n’a pas la vue de Haku. Ses soupçons se confirment et une forme de grande taille se distingue, Haku lance un cri d’alerte mais ne souffle pas dans le sifflet. Ayumu tourne la tête autour de lui et saute en arrière pour éviter l’assaut. Son saut n’est pas impressionnant, il est normal et du coup la créature – car c’était bien elle – le rejoint aussitôt.

La créature est trop proche pour permettre à Ayumu d’employer la lame de sa lance, il peut juste se servir du manche pour faire barrière. Les griffes impressionnantes de la bête ricochent sur la barre en métal. De son côté, Haku cherche une flèche et en même temps approche le sifflet de sa bouche. Il manque de s’emmêler les pinceaux mais fait retentir le signal sonore. Le duel se poursuit sans que Haku puisse distinguer nettement leurs blessures ou espérer tirer sans toucher son cousin. Osamu intervient et la terre se déforme. En faisant ça, il déséquilibre la bête mais aussi Ayumu. Néanmoins, cette action fournit à Haku une ouverture, il bande l’arc et vise mais la bête noire de jais a déjà bougé et agrippé la jambe d’Ayumu. C’est trop dangereux, il pourrait toucher son cousin. Il doit absolument s’approcher.

Haku manque la suite du combat pendant qu’il quitte la passerelle. Il retrouve son cousin étendu sur le sol tandis que la bête tient bon malgré les perturbations sismiques d’Osamu. Son cousin perd son arme sous un coup de la créature. Elle frappe à nouveau, bosselant les protections sur son bras. N’y tenant plus, Osamu déforme tant le sol qu’un pic rocheux frappe l’assaillant à l’épaule. Celle-ci délaisse la gorge d’Ayumu et en un bond gigantesque, elle se rapproche dangereusement de son agresseur.

Haku prépare son tir avant que celle-ci soit trop près d’Osamu. Les attaques de ce dernier ne se renouvellent pas alors que l’anemös sait pourtant bien gérer son énergie. Sa dernière attaque n’aurait pas dû le vider de sa force. La flèche de Haku s’enfonce dans la fourrure sombre mais la bête continue son mouvement. L’archer prépare un autre tir. Osamu, plus démuni que jamais, se retrouve au corps à corps avec une créature bien plus grande et large que lui.
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Haku

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MessageSujet: Re: Les tourments nocturnes d'une ville   Ven 23 Fév - 17:14

9) Dernier espoir

Aucun mouvement désespéré d’Osamu n’ébranle la terre. Haku réalise combien son professeur est sans défense face à la créature tandis qu’il esquive les coups de patte monstrueuse et cherche une retraite. Dans une dernière tentative, Haku somme la bête d’arrêter. Là encore, il n’a pas pu s’empêcher de tenter un mot articulé à son adresse. La bête tourne sa tête chevelue vers lui. Est-ce son cri qui la fait réagir ou le reconnaît-elle ? Osamu profite de cet instant de distraction pour frapper plus ou moins le nombril de son agresseur. Mais loin de couper la respiration de la bête, celle-ci se saisit de lui.

Les miliciens en renfort s’entendent de loin, trop loin ; comme Ayumu bien abattu par son récent corps-à-corps. Toute approche pacifique était vouée à l’échec. Pourquoi Haku avait-il espéré le contraire ? Qu’il se mette en danger pour un esprit maléfique passe encore mais il ne peut pas le laisser faire du mal à ses proches. Le jeune anemös donne l’ordre à Miu de faire feu sur la bête pendant que lui prépare une nouvelle flèche avant que la bête ne blesse sérieusement Osamu. La flèche suit la même trajectoire que la boule de feu et atteint sa cible.

La bête laisse échapper un gargouillis en crachant du sang noir sur Osamu avant de le lâcher. Haku est sur elle quand elle lève le bras, couteau contre griffes. Épuisée, blessée au dos, à la poitrine et au cou, sa résistance serait presque admirable. Mais le combat était déjà joué. Elle abaisse faiblement son bras tandis que Haku se précipite vers son professeur.

- Haku, qu’attends-tu ? Achève-la !

En se tournant vers l’ombre effrayante de la créature, Haku comprend qu’il ne peut plus en être autrement. Elle a trop perdu de sang, trop souffert. Il appuie la lame d’argent sur sa gorge. Les miliciens arrivés récemment le regardent faire. La bête tremble et même si Haku ne voit pas ses yeux, il y devine la lassitude. D’un geste vif, il tranche la trachée de cette créature dépourvu de parole et s’écarte pour la laisser tomber sur le sol. Il devrait dire une prière à Mère Nature comme chaque fois qu’il tue un animal mais sa gorge se noue. Les larmes se mêlent au sang sur son visage.

Les premiers collègues les rejoignent. Osamu se relève prudemment pour accueilli Ayumu. Le professeur s’enquière de son état. Son bras et son buste le font souffrit mais heureusement la créature n’a pas eu les temps d’enfoncer ses crocs dans son cou. Il félicite Haku puis s’étonne de le voir accablé.

- C’est la première fois que tu tues ?
- Non, j’ai déjà tué pour me nourrir mais... c’est la première-- non, la seconde fois que je tues pour rien
, répond Haku d’une voix étranglée.
- Non, pas pour rien, pour nous protéger, rappelle Osamu.
- J’ai voulu éviter ça mais...
- Tu n’as pas l’habitude, c’est tout
, interrompt Ayumu d’un ton apaisant.

Haku pensait pouvoir suivre la doctrine pacifiques des anciens de son village et trouver une réponse à ces attaques. Sa dernière flèche a mis fin à ces espérances. Haku se retrouve responsable de la morte inutile d’une créature intelligente, comme avec la sirène des Cascades Shimizu. S’il ne veut pas être la victime, il devient le bourreau. Comment empêcher que ça se reproduise une troisième fois ? Le sédatif sur la pointe d’une flèche n’a pas suffit. Il n’était pas équipé convenablement, si seulement il avait été plus prévoyant et trouvé des armes moins létales.

Il aurait pu continuer longtemps à chercher des solutions mais ce qui est fait est inarrangeable. Sa seule consolation est qu’Osamu et Ayumu soient hors de danger. De quoi a-t-il l’air, lui qui n’a aucune blessure, à se faire consoler par deux blessés ? Il s’essuie le visage pour retrouver contenance puis cherche ses mots pour rassurer ses professeurs.

- Le monstre ! Il bouge ! signale un milicien.

La créature remue et perd deux tiers de son volume, passant du géant griffu à une silhouette petite et fluette. Ses poils s’estompent, dévoilant une peau hâlée visible, étrangement grise sous l’éclairage des lanternes. Les gens se demandent d’où vient cette fille. Haku n’en croit pas ses yeux. À regarder de plus près, il s’agit d’une frêle hybrid d’une quinzaine d’ihrs, reposant sur un tapis de cheveux noirs. La large tâche de sang dégouttant de sa gorge se propage sur sa poitrine. Il remarque sur celle-ci un tatouage de clan hybrid, plutôt familier. Un long moment s’écoule avant qu’un des hybrids présents ne réagisse vraiment.

- Personne ne la connaît ? Bon, nous allons placer son corps à la morgue le temps de l’identifier.

Haku ne répond pas, il ne connaît pas la fille qu’il a tué après tout. Le milicien ayant pris la parole enroule la fille dans ses longs cheveux avant de la porter. Ses bras tremblent à peine mais Haku n’envie pas cet aplomb. Miu émet quelques gémissements à son intention. Haku la caresse pour masquer son désarroi.

Qu’est-ce que ça signifie, Mère Nature ?

Question nébuleuse, réponse insondable. Les équipes de garde regagnent leurs quartiers et rapportent les évènements de la nuit.
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