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Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]

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MessageSujet: Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]   Dim 27 Avr - 1:54

Toi que j’aime et respecte à l’égal d’une Mère, sans relâche je cours après les réponses que tu sèmes pour moi, parmi les merveilles que tu as créées…


La poussière grise et sèche des terres au sud du Sidhe lui râpe la gorge mais Luwan’Ari continue d’avancer. La fatigue pèse sur ses traits mais le chemin déjà parcouru depuis Hoshizora l’a rôdé à la chaleur écrasante, aux pierres de la route, à tout ce qui accable dans cette région le voyageur. Ses muscles fourbus continuent de rouler sous sa peau tannée par le soleil, le porte inexorablement vers l’avant, pas après pas alors qu’il ménage ses forces. La fatigue est devenue une compagne familière et sa volonté la tient à distance. Ce périple est d’importance, il doit être mené à bien et il le sera. Le jeune homme en a l’intime, sereine et douloureuse conviction. C’est son dernier voyage en temps que veilleur. Lorsqu’il reviendra, il accomplira ses derniers rites et sera intronisé en tant que Shaman. Ensuite suivra son mariage.

Le vent soudain soulève des torrents de sable fin qui viennent lui fouetter le visage et il remonte devant ses yeux un pan de sa cape de chanvre clair. Il faut tenir encore, même s’il ne sait pas ce qui est le plus douloureux entre la morsure des éléments et cette union prochaine. S’il devait choisir, nulle doute que la cruauté aride du Sidhe lui semblerait préférable à ces chaînes dont il devra lui-même se ferrer. Son cœur se serre à cette pensée et il implore en secret le pardon de son Grand-père pour chaque fois où il a rêvé de manquer à son devoir. Le déshonneur du clan du Lynx, l’opprobre de Nemoto toute entière et la honte, la tristesse abyssale qui s’abattra sur son aïeul ont vite fait de repousser ces fantasmes, mais toujours ils reviennent le harceler alors qu’il avance vers la frontière sud. Ce dernier voyage pourrait ne pas avoir de fin, après tout. Les conséquences en seraient terribles, mais la tentation demeure… Essuyant son visage poisseux de poussière et de sueur, Luwan’Ari continue d’avancer. Il est inutile de songer à ce qui est hors de sa portée. Cela ne rend son devoir que plus douloureux encore. A mi voix, il fredonne dans les cris hurlants du souffle du Sidhe les notes gutturales et entêtantes d’un chant de prière. Une plainte sourde, emportées par le vent aux confins des terres grises de la frontière sud. Bientôt, la mélodie rocailleuse pénètre son âme, apaise ses rancœurs et modèle son abnégation à ses fluctuations. Le calme l’envahit, ravive ses forces et renforce sa marche vers sa destination. Ce lieu dangereux, chargé d’énigmes et de mystères qui lui est apparu lors d’un de ses Rêves, là où il doit se rendre pour accomplir symboliquement son dernier voyage initiatique : les falaises du littoral noir.

Lorsqu’il arrive non loin de l’à-pic, le jeune homme n’a pas cessé de chanter. La chaleur vibrante du lieu semble se refléter dans ses yeux, et les modulations de sa voix s’accouplent à celles du ressac violent qui vient se fracasser contre la muraille rocheuse. Toutes ses peurs, ses doutes et son amertume enfouis ont disparus, se sont dissipées dans le chant et c’est comme s’il n’était déjà plus tout à fait conscient lui-même. Ses gestes sont ceux d’un somnambule alors qu’il dégrafe lentement sa cape de chanvre, puis sa tunique pour les laisser chuter au sol, révélant à la morsure des tourbillons de poussière son torse nu et massif. S’agenouillant, il décroche de sa ceinture une petite outre d’huile, en verse une partie du continu à ses pieds avant d’y mêler ses doigts. Le sable gris du Sidhe noircit au contact du liquide, devient pâteux et malléable et se prête souplement aux motifs des peintures rituelles que Luwan’Ari entreprend de tracer sur visage, ses bras et ses pectoraux. Sa voix s’élève toujours dans la chaleur pâle du désert, plus forte, plus ondoyante dans ses notes et ses vibrations. Elle ne s’interrompt que lorsqu’il se redresse, paré de symboles issus de cette terre hostile, et qu’il regarde intensément les deux lunes au-dessus de lui, qui semblent l’observer en retour. Et ce n’est qu’après un long moment à fixer les deux astres que le rituel se poursuit. Portant son ocarina à sa bouche, le jeune homme entreprend aussitôt une mélodie complexe aux harmoniques obsédantes. Bientôt, son corps suit le rythme et se meut souplement en une danse tribale, lente, aux pas appuyés.

Les vagues obscures du littoral explosent contre la paroi des falaises. Luwan’Ari sent son corps transporté par cette violence soudaine et il s’arque brusquement pour l’accompagner, avant de retomber à genoux au sol avec les gouttelettes noires. C’est ainsi que sa transe commence. Bientôt, ses mouvements ne sont plus seulement ceux d’un corps humain. Ils reflètent tout ce qui fait cette terre de la frontière sud. La beauté et la sauvagerie, la cruauté et le secret de cette région désolée, gouvernée par les lunes, tout peut se lire dans le jeu complexe, subtil, fougueux de ses muscles et de ses membres. La musique qui l’accompagne toujours ne se même pas au vent du Sidhe. Elle est la voix du Sidhe, aigüe, stridente, perdant vos sens dans ses trilles grisants. Les sensations de cette première transe shamanique se gravent dans chacune de ses cellules. Il les emportera avec lui à son retour, il les partagera avec les autres Shamans lors de la cérémonie des premiers rites et lorsque tous accorderont leurs mouvements, leurs souffles, leurs cœurs sur le sien dans les clairières sacrées, alors il deviendra l’un des leurs. En attendant, il danse sans voir, sens entendre, corps et âme dévoués à cette communion avec le désert. Sans deviner qu’il n’est plus seul sous le regard des deux lunes…
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MessageSujet: Re: Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]   Mer 7 Mai - 18:31

« La diligence à destination de la Cité Neutre partira dans quelques minutes ! » lança le cocher, déjà assis sur son siège.

Au fond de la diligence, Lukas était presque affalé sur la banquette de cuir noir. Il se tenait penché, dans une position entre l'allongé et l'assis, et avait posé l'une de ses jambes sur le genou de l'autre. Ainsi installé, il avait l'air très désinvolte. Pour un duc, sa position manquait cruellement de classe. Mais il était le seul voyageur dans la cabine, alors il en avait déduit que personne ne serait gêné par son allure. Même si le cocher lançait des regards désapprobateurs par la petite fenêtre qui donnait sur l'intérieur de la diligence, Lukas n'avait pas l'intention de s'installer autrement. Ce cocher lui donnait l'impression d'avoir à faire à un vieux commerçant rabougri, qui ne se laissait pas faire en transactions. Il se tenait bien droit sur son siège. A croire qu'il s'agissait d'un conquérant aguerri, prêt à faire le tour du monde, armé de sa longue cravache dompteuse de Kokobots. Lukas avait posé sa main sur son visage pour se cacher de la lumière. Il avait l'intention de faire un somme, et c'est dans le petit écartement de ses doigts qu'il vit le cocher le regarder avec quelque mépris. Qu'il le regarde tout son saoul, la fatigue de Lukas captait de toute manière bien plus son attention. Cela faisait en effet quelques jours que le jeune Duc ne parvenait pas à se reposer correctement la nuit. Il ne faisait pas de cauchemar, et il ne souffrait d'aucune angoisse nocturne. Mais quand la nuit tombait, il se sentait si creux que sa conscience était absorbée par un néant cynique qui inhibait toute sa fatigue, et le maintenait éveillé. Lukas alors était allongé sur son lit, fixait le plafond, et ne bougeait plus. Il ne pensait à rien, et n'avait même pas conscience de ce qu'il avait les yeux ouverts. Il était tout simplement là, sur le lit aux draps même pas défaits, et mettait son esprit en pause sans même le savoir. C'était peut être cela, une sensation intense de sérénité. Sauf qu'au petit matin, Lukas reprenait conscience, et ses yeux asséchés lui faisaient mal. Alors il se redressait, et se frottait les paupières doucement. Elles paraissaient alors très lourdes. Lukas était alors fatigué pour la journée. Et le soir, ce cycle infernal reprenait.

Il espérait que dans cette diligence, le sommeil voudrait bien enfin faire la paix avec lui, mais il ne parvint pas à se détendre, même en s'installant aussi dignement qu'un adolescent isolent. C'était lassant à la longue... L'esprit de Lukas était sans doute préoccupé par la lettre qu'il avait reçue le matin même. Elle avait été écrite par un Scientifique nommé Harold Webb (il était totalement inconnu de Lukas). Cet homme expliquait dans ses lignes qu'il avait mis au point une invention tout à fait hors pair et innovatrice. Il déclarait vouloir mettre son travail au service de la société, mais pour ce faire il avait besoin d'argent. Ce savant avait donc procédé comme chacun le faisait dans les laboratoires : bombarder des membres de l’Élite de lettres de demande, de motivation, de réclame, afin que parmi eux il puisse trouver quelqu'un de suffisamment charitable pour financer ses recherches. *Encore un empaffé...* se dit Lukas, désintéressé au possible par une telle demande. Il avait reçu bien des lettres de ce genre, comme il faisait partie des rares Ducs d'Anathorey, mais chacune avait pour auteur un triste personnage. Ces hommes-là vivaient souvent reclus, très loin de cette si noble société qu'ils disaient vouloir servir. Un dévouement factice, doublé d'un zèle inapproprié, qui n'était que le reflet d'un immonde cirage de chaussures. Lukas ne comptait plus les savants qu'il avait rencontré et qui répondaient à ce fade profil. Il ne perdait cependant pas l'espoir de rencontrer un jour un homme providentiel qui serait véritablement talentueux et intéressant. Quelqu'un qui en somme ferait honneur à la science, et qui mériterait l'argent demandé. C'est pourquoi Lukas avait pris la peine ce jour de monter dans cette diligence, qui avait d'atteindre la Cité Neutre, s'arrêterait aux Laboratoires. La lettre n'était pas très enthousiasmante, mais peut-être que ce Webb serait quelqu'un de bien. L'Ünik avait beau tenter de voir les choses avec optimisme, il ne croyait pas un mot de cette pensée, et parvenait de moins en moins à s'en convaincre.

La diligence se mit en marche, et les Kokobots trottèrent sur quelques dizaines de mètres avant de galoper dans le désert de Sidhe, juste au Sud d'Anathorey. Ils seraient bientôt arrivés aux laboratoires, le trajet devrait durer environ trois heures. Lukas perdit son regard par la fenêtre, et laissa le paysage nu défilant prendre une place ubiquiste dans sa conscience.
Mais une heure plus tard, Lukas se précipita à l'avant de la diligence, et ouvrit la fenêtre qui donnait sur le dos du cocher. Celui-ci se retourna instantanément, surpris par ce geste.

« Arrêtez vous ici, s'il vous plait. » dit Lukas, d'une voix forte pour couvrir le bruit du galop des Kokobots. Le cocher lui répondit sur le même ton : « Quoi, ici ?! Mais on est sur la ligne de la Frontière Sud ! Vous n'alliez pas plus loin ?! » - « Arrêtez-vous, je vous payerais la course convenue ! » - « C'est un endroit dangereux, vous êtes sûr de vouloir vous y retrouver seul ?! » - « Ce n'est rien, arrêtez-vous ou je descends en marche ! ». Le cocher s'exécuta, et Lukas lui dit qu'il reprendrait la diligence en sens inverse, qui passerait cinq heures plus tard.

Cette envie soudaine de descendre s'expliquait très simplement : Lukas avait réalisé qu'il n'avait aucune envie de se rendre dans les Laboratoires. Tout ce qu'il voulait, c'était se retrouver dans un endroit aussi vide que l'était actuellement son esprit. Il ne ferait plus qu'un avec cet univers de mort qu'était la Frontière Sud. Lorsque la diligence s'éloigna, Lukas rajusta son long manteau noir à col officier. Le vent était chaud, et soulevait des nuages de poussière grise qui vint bientôt tâcher ses vêtements. Une chemise blanche, et un pantalon noir. C'était classique au possible, et étrangement cette poussière grise qui venait le salir lui donna l'impression d'être plus vivant. Comme quoi on pouvait être plus serein dans un lieu désert qu'au milieu des siens dans une cité. Lukas décida de faire quelque pas, et n'écoutait plus que le bruissement du vent, qui soufflait comme un chanteur aphone. Ce silence venteux lui plaisait, mais Lukas ne souriait pas. Il regarda un peu autour de lui. Désolation et poussière. Voilà ce qu'était finalement Origin's. Ce triste spectacle donnait peine à croire les livres d'histoire, qui contaient que jadis ces lieux étaient forestiers, verts, prospères, accueillants... Ce vide avait désormais quelque chose d'angoissant et de mystérieux, que les deux Lunes qui flottaient au dessus de nos têtes n'atténuaient pas.

Et pourtant, au loin, Lukas entendit une mélodie. Comme si cela ne le surprenait pas, il tourna la tête en direction de cet étrange son aigu et dansant. Plus loin, il y avait une silhouette sombre et souple qui bougeait au rythme de son inspiration musicale. Lukas était pourtant persuadé qu'il serait définitivement seul sur les falaises du Littoral Noir...
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MessageSujet: Re: Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]   Dim 1 Juin - 0:10

Depuis combien de temps cela dure-t-il ? Luwan’Ari n’en sait rien. Plus rien ne guide, n’agite, ne trouble son esprit incandescent. Seule la lumière crue, froide, assoiffée du Sidhe l’habite, effaçant en lui toute notion de durée. Ses souvenirs et les pensées qui l’accablaient se perdent dans les mouvements de sa transe depuis des heures, des jours ou des secondes sans que cela n’ai la moindre importance. Et le jeune veilleur s’abîme dans cet oubli tourbillonnant, d’autant plus salvateur qu’il le sait éphémère. Bientôt le temps reprendra ses droits. Le lent et inexorable défilement des secondes appellera dans son sillage tout le poids du fardeau dont il s’est déchargé le temps d’accomplir le rite. Bientôt, bientôt… alors qu’il lui soit donné pour quelques instants encore de mêler son souffle à celui du vent, de répondre aux désirs implacables de cette terre désolée, où la vie est d’autant plus précieuse, furieuse, acharnée qu’il lui faut déployer des forces abyssales pour éclore et persister. Son corps couvert de sueur bondit, tournoie, se coule et jaillit sur la terre martelée, que ses pieds semblent maintenant seulement effleurer. L’énergie déployée dans ses gestes vient imprégner la poussière en fines gouttelettes, avidement bues par le sol insatiable, et en retour les bourrasques de particules grises soulevées par ses membres viennent enlacer sa peau. De nouvelles marques recouvrent ses muscles humides en de sauvages arabesques, sculptant de nouveaux reliefs par-dessus les symboles qu’il a tracés tout à l’heure, s’infiltrant dans ses cheveux, saturant son souffle, pénétrant jusqu’à l’intérieur de sa bouche pour féconder sa salive. De sorte que lorsqu’il s’arrête enfin, tombant à genoux dans le sable, épuisé et vibrant à la fois, il ne sait plus où commence le désert et où finit son propre corps, lequel marque l’autre de son essence. La chaleur du soleil inonde ses épaules et s’écoule sur ses bras tremblants. Devant ses yeux, l’ocarina paraît poursuivre sans lui son chant entêtant, comme si le vent du Sidhe lui-même continuait d’en jouer. A moins que la mélodie n’ait pas cessé de palpiter aux oreilles de son cœur. Lentement, lentement, Luwan’Ari revient à lui-même. Et une vague de méfiance le saisit.

Au-dessus de sa tête, les deux Lunes ne sont pas encore pleines même si l’on pourrait en douter, tant leur forme parfaite est visible en ces lieux. Mais bien qu’elle ait prélevé son tribut sur les forces qui lui restaient après son voyage, la transe shamanique qui achève tout juste de le transporter a aiguisé ses perceptions. Et sans avoir besoin de jeter un regard en arrière, il devine derrière lui celui qui l’observe. Ses mains se resserrent sur le sable et les cailloux coupants du Sidhe. L’être dans son dos n’est pas d’ici. Le jeune homme est incapable encore de dire avec précision pourquoi, mais un instinct persistant le tenaille et réveille sa vigilance. Une présence qui résonne si différemment sur ses sens après s’être imprégné du désert ne peut être synonyme que d’une chose. Aussi vivement que le lui permet son état de faiblesse, Luwan’Ari se retourne vers cette silhouette sombre qui l’observe au loin et un grondement naît dans sa gorge voilée de poussière. Ces vêtements noirs au col montant, qui recouvre le corps comme une arrogante muraille alors que la chaleur est accablante… une seule race sur la terre d’Origin’s peut faire preuve d’une telle impudence dans l’aveuglement. La colère l’envahit à l’égal des vagues noires du littoral qui continuent de battre les falaises. Un de ces chiens, ici, alors qu’il ancre en lui toutes les sensations de son rituel d’éveil, sans la pleine possession de ses moyens pour se défendre… cela ne peut être qu’une épreuve de la Mère. Luwan’Ari se raffermit autour de cette pensée et sa fureur se fige dans les glaces d’une rancœur froide, patiente, avertie. Il s’agit de guetter la moindre faille s’il veut quitter cet endroit en vie. Portant fièrement la poussière et la sueur qui le maculent des pieds à la tête, lui donnant l’air d’un surnaturel gardien du désert, il se redresse avec lenteur et précision, majestueux dans la force brute et vibrante de son corps sauvage.

« Une odeur de sel et fer, et l’air d’être prisonnier de ton propre corps… Que viens-tu faire ici, Ünik ? »
Le vent porte ses mots râpeux et mordants jusqu’à l’intrus malgré la distance. Il ne peut encore distinguer ses traits, juste des cheveux noirs en bataille et des membres longs, une silhouette fière et absente, détonnant dans la pâleur brûlante du Sidhe. Un ennemi dressé entre lui et la voix à suivre, dont les pères ont sans doute affronté les siens, dont les propres mains sont peut-être tâchées du sang des enfants de la Sylva. Un goût de chasse feule dans sa gorge à cette pensée, presque suffisant pour éclipser celle, plus dérangeante, d’une possible échappatoire à ce devoir honnis dans un affrontement avec cet Ünik…

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]   Mar 3 Juin - 22:26

La silhouette qui jouait cette musique aiguë et enivrante cessa de danser sur le rythme de sa propre frénésie. Lukas tournait discrètement la tête dans sa direction, intrigué par cet étrange rituel. Il était curieux de comprendre ce que quelqu'un faisait ici, à s'agiter sous les deux Lunes, au cœur d'un désert amèrement froid et gris, si reculé du reste du monde. Cette silhouette avait eu un but en venant ici, et elle était en train de s'occuper de cela lorsque le Duc était arrivé. Lui, il n'était venu sans aucune idée derrière la tête. Il avait décidé de descendre de la diligence sur un coup de tête, et désormais il se savait désœuvré pour plusieurs heures avant que le cocher ne revienne. Lukas perdit son regard dans les vagues agitées du Littoral noir. Il aurait voulu y noyer ses souvenirs, si cela avait été possible. Il se désintéressa de la personne qui se trouvait non loin de lui, et décida d'évaporer son esprit au gré des souffles doux du désert. Des souffles qui sentaient la poussière, et la pierre ébréchée.

« Une odeur de sel et fer, et l’air d’être prisonnier de ton propre corps… Que viens-tu faire ici, Ünik ? » fit une voix que le vent porta si bien aux oreilles de Lukas qu'il put croire un instant que la silhouette dansante se trouvait tout près de lui.

Le vide du désert était si flagrant qu'on n'avait aucun problème pour s'entendre, même à plusieurs dizaines de mètres de séparation. Lukas ne serait peut-être pas si désœuvré, finalement. Visiblement, quelqu'un d'hostile aux Üniks avait décidé de lui adresser la parole. La condescendante description que l'inconnu fit de Lukas laissa ce dernier de marbre. Il n'était pas homme à s’enquérir de ce qu'autrui pouvait bien penser de son allure. Du moins à présent, il n'en avait cure. Autrefois, il en était différemment, surtout quand Alvis était encore une petite fille. Il avait toujours veillé à paraître, aux yeux de sa petite sœur, un grand frère fort, intelligent et fiable. Aujourd'hui Lukas n'avait plus personne à impressionner.

Lukas comprit que l'inconnu n'était pas quelqu'un qui appréciait généralement les Üniks. Un seul grand Clan sur ces terres était connu pour la haine qu'il éprouvait envers ceux qui autrefois étaient leurs frères. Le jeune homme était donc nez à nez avec un Hybrid, qui n'échappait pas aux traditions des siens. Il avait sentit une animosité sauvage dans les propres qui lui furent adressés. Pourquoi avoir pris la peine de parler s'il n'en avait aucune envie ? Lukas n'aurait jamais pris cela pour une impolitesse. Au contraire, cela lui aurait évité de réfléchir à une réponse, et il aurait pu continuer à s'oublier au milieu de ce creux néant.
Lukas chercha son paquet de cigarettes dans la poche intérieure de son long manteau noir. Il alluma ensuite son briquet, et aspira doucement une première bouffée de tabac. Un goût âpre s'empara de ses narines et de sa gorge. C'était à la fois écœurant et délectable. Enrobé dans ce confort éphémère que lui conférait la douce fumée, Lukas se dit qu'il aurait préféré être entièrement seul à la Frontière Sud. Il n'avait rien à dire à cet homme qu'il ne connaissait pas. Ünik ou Hyvrid, peu lui importait. D'ailleurs, il se fichait complètement des relations entre leurs deux races. Cependant, Lukas se résigna à lui répondre. Si d'aventure ce maussade musicien venait à s'agacer de son silence, il se retrouverait dans l'obligation de dégainer son revolver. Bien qu'il portât cette arme à la ceinture, il n'aimait pas avoir à s'en servir.

« Je recherchais un peu de solitude... » dit Lukas, d'une voix basse, après avoir expirer un peu de fumée de sa cigarette. Il regardait toujours fixement les flots noirs, sans jamais s'en déconcentrer.

Lukas espérait que l'Hybrid en reste là. Il venait de montrer à ce dernier qu'il n'était pas vraiment enclin à la conversation. D'ailleurs le danseur ne devait pas l'être davantage, il avait pris la peine d'adresser la parole à Lukas car celui-ci l'avait dérangé dans son rituel quelconque. Alors vas, pieux Hybrid, et laisse l'Ünik que je suis dans son d'athéisme. Lukas avait du mal à croire qu'on se tourne vers le ciel pour supplier et prier un Dieu que personne n'a jamais vu. Les vrais trésors sont bien plus bas, ils sont tous six pieds sous terre. Et Lukas s'appliquait à creuser, encore et encore, pour voir le bout de la galerie avant de s'évanouir dans les entrailles sableuses de la terre.
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MessageSujet: Re: Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]   Ven 18 Juil - 11:06

Le vent se lève et soudain, Elle est là. Malgré la fatigue, malgré le trouble, malgré la lancinante voix muette du désert. Tapie comme un fauve dans sa cage thoracique, il la sent se repaître de son souffle et gonfler entre ses côtes comme une voile sous le vent, il l’entend gronder aux oreilles de son cœur. A moins que ce ne soit son propre feulement qui bourdonne dans sa gorge. Luwan’Ari ne saurait le dire exactement mais il la regarde, presque étranger à lui-même après la transe dont il se relève, il la regarde prendre forme auprès de lui, s’insinuer dans sa chair, son sang, empoisonner son jugement alors qu’elle se fait sienne. La haine. C’est elle qui lui susurre de sombres paroles alors qu’il jauge cette silhouette lointaine et il ne fait aucun effort pour la repousser. Pourtant il sait à quel point le sacrilège est grand de se laisser aller à un tel sentiment alors qu’il devra le ramener dans sa mémoire et le partager avec les Shamans pour ses premiers rites. Avant même de leur présenter son visage pour qu’ils y peignent les marques du Passage, il devine déjà qu’il ne dévoilera qu’avec honte le goût ferreux de cette envie de destruction qui lui brûle les veines. Mais cela n’empêche en rien la progression de la haine dans son corps. Luwan’Ari ne peut lutter contre sa voix qui résonne sur ses muscles frémissants. Il ne peut l’ignorer alors qu’elle lui rappelle les deuils innombrables qui accablent les siens depuis si longtemps à cause de cette engeance maudite. Il ne peut pardonner quand elle lui hurle les insultes quotidiennes qu’ils font à la Mère en la foulant aux pieds, se pensant au-dessus d’elle dans leur immense arrogance. Il ne peut oublier ce vide soudain lancinant, cette nostalgie d’une chose qu’il n’a pas connue et qui lui sera à jamais refusée lorsqu’il songe que son propre père est mort sous les balles Unik avant même sa venue au monde. La haine parle et parle encore, tourbillonne en lui et insuffle des forces nouvelles à ses membres raidis de la même façon qu’elle fait, depuis l’aube des âges et la chute des premiers Ohms, indéfiniment renaître la guerre. Sa voix vibre de fureur avec l’obscur ressac du littoral lorsqu’il répond au besoin de solitude de l’intrus :

« C’est la mienne que tu es en train de briser. Je ne te tolérerai pas ici alors que je parle à la Mère. Ta présence en ce lieu est une insulte… »
Porté par l’envie de violence qui appelle son âcre saveur au creux de ses paumes, Luwan’Ari s’est mis à avancer vers l’Unik alors qu’il prononce ces mots. Quelque part dans les tréfonds de son esprit, il sait qu’il commet une erreur. Qu’il entache son voyage initiatique en se laissant aller à cette pulsion belliqueuse et que le risque de n’y trouver que la mort et le regret est grand, trop grand. Mais la haine s’efforce d’étouffer ce murmure de sagesse avant qu’il ne lui inspire la honte face à cette tentative de fuite trop facile. Nul doute qu’il serait terrassé par l’infamie de son acte s’il prenait le temps de s’avouer qu’il songe à mourir au combat pour se libérer de son devoir. Il marche donc d’un pas vif vers cet Unik solitaire et vêtu comme un corbeau, les noirs et trompeurs messagers du monde des esprits. Il songe qu’il n’a sur lui d’autre arme qu’un petit couteau, indispensable à chaque voyageur tributaire de la nature. Que cet homme porte peut-être sur lui un « bâton des lâches », ces objets cracheurs de feu qui tuent de loin sans le moindre respect, pour épargner à son porteur la responsabilité de prendre la vie d’un noble adversaire. Mais il ne peut s’arrêter malgré tout car il sait que laisser cet être souiller de quelque façon que ce soit son rituel, par sa présence ou en le poussant à chercher un autre endroit, serait une ignominie qu’il ne pourrait supporter. Si la Mère l’a placé ici, c’est pour une raison bien précise. S’il doit tuer pour elle, pour que ce lieu reste pur et sans insulte à sa toute puissance, ainsi soit-il…

C’est alors qu’il affronte par avance sa propre mort en tirant son couteau de sa ceinture que le murmure imperceptible court sur ses nerfs aiguisés, se faufile à travers les mailles de la haine et le fauche comme une lame de fond.

Les crocs du vent nous attendent, viens dans la danse folle du vide aveuglant et la course de la mer s’arrête. Oh, son chant dans le néant ensablé, je ne peux pas… les yeux du ciel fermés maintenant, plus rien pour garder le monde en ordre et solide sous nos pieds, infiniment je tombe en toi, en tout, et les vagues de sol se dérobent en-dessous, je ne peux que disparaître, pourquoi… oh ne me dis pas, recueille en tes mains la brûlure, le poison sans couleur qui rampe et sécrète en moi, ne l’entends-tu pas ? Les oreilles de ton cœur endormies et les prunelles tournées vers le néant, jamais tu ne peux et je pourrais mais je ne suis pas capable de vouloir cela. Prends pied dans les vagues et les fureurs du vent, le sol endiablé qui se cabre et hérisse le ciel de plongeons violents. Prends-moi en toi que je ne marche pas sur les pierres nouvelles du temple de l’écoute passée, future, devant nous à présent…

Le souffle s’échappe et quelque part en dessous, mes genoux heurtent le sol. Le tourbillon de vide et d’identités qui s’entrechoquent font lever la peur comme un étendard dans ce cœur oppressé. Les yeux fixés sur le sol tremblant, tu regardes encore flou ce qui se dresse devant, apeuré de n’avoir aucune certitude que tout cela soit bien réel. Pourquoi cet épuisement qui alourdit tes membres comme un sac de plomb ? Jamais je ne me suis senti ainsi auparavant et j’ai beau t’interroger nous ne pouvons trouver la cause alors qu’elle est là, sans que ses doigts ou les miens puissent la saisir. Un goût de fatigue et de poussière nous dérobe la réponse alors que tout s’assombrit. Je crois que tu tombes, je crois que c’est le ciel quelque part au-dessus de sa tête et mon souffle chargé de poussière au ras du sol. Lentement, je crois que je me retrouve mais sans parvenir à dire où est réellement ce moi qui résonne sur la roche du désert, dans l’air lourd soudain chargé de menaces. Des bribes de nous se rassemblent en parcelle mais sans comprendre pourquoi nous sommes ici, si faibles et si proches du danger. Il faut de l’aide…


Tout est encore sombre et flou. Dans les étouffantes vapeurs du désert et de ses songes mêlées, Luwan’Ari revient peu à peu à lui, mais de nombreuses pièces manquent dans le puzzle intérieur qu’il doit reconstituer. Ses yeux dorés s’offrent imprudemment à la cruelle lumière du Sidhe et s’il en sent la brûlure, il ne peut en être aveuglé car il est déjà plongé dans les ombres. La vue lui a été ôtée par son Don, comme cela lui arrive parfois, lorsque la signification de sa vision est aussi claire que celle-ci a été foudroyante. C’est le cas aujourd’hui, il le sent dans les tréfonds de son être encore marqué par la poussière volatile du désert. Le danger gronde et vibre dans l’air, jusque sur ses nerfs affûtés par sa transe et assourdis par la haine qui l’a envahi. Bientôt, il s’abattra sans pitié, masquera le ciel et soulèvera le sable gris en une tempête aveugle et violente qui l’engloutira avidement s’il reste ici, pour repaître son sol aride de sa substance. Luwan’Ari n’a pas peur de cette mort, qui serait belle pour un Hybrid puisque tout ce qui disparaît est voué à renaître et que même la vie peut fleurir dans ce désert à l’agonie. Si tel est son destin, il ne le fuira pas. Mais parce que son existence est également précieuse, qu’il ne peut la gaspiller ainsi sans blesser la Mère, il doit d’abord faire son possible pour la préserver. Pour cela, il lui faut se relever du sol où il est tombé et gagner l’abri de rochers le plus proche, en priant pour qu’une cavité suffisamment large le protège de la fureur du Sidhe. Cependant, comme il ne tarde pas à s’en rendre compte, son esprit comme son corps sont encore trop morcelés pour qu’il parvienne à se relever et ses yeux sont toujours obscurcis par le contrecoup de son Don.

« Un abri… au plus vite… Mère, aide-moi… »

Le souffle rauque, âcre et douloureux depuis ses poumons en feu jusqu’à sa bouche sèche, Luwan’Ari tente de prendre appui sur ce qu’il pense être son genou. Sa main lui semble faible même alors qu’il y met tout son poids. Il a beau être encore confus et perdu en lui-même, il sait aussitôt qu’il ne survivra pas seul ainsi, aveugle et sans forces. Sur ses perceptions éblouies à force d’être à vif, il ressent la pulsation étrangère d’un être non issu du désert, quelque part non loin lui semble-t-il. Il l’espère. Relevant la tête, il regarde sans la voir cette créature qui dérange sans qu’il ne sache pourquoi une partie de ses souvenirs et l’appelle à l’aide de la voix de son cœur, humblement comme doivent l’être les Shamans avec ce qui vit…

« La tempête vient… il faut s’abriter… je t’en prie… »

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Prince de rien (Lukas R.)


RPG
Âge : 27 ans
Groupe: Elite
Inventaire: Archives Book - 2 revolvers

MessageSujet: Re: Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]   Jeu 14 Aoû - 14:01

Malgré les prières de Lukas pour que l’Hybrid retourne à ses occupations de son côté, il n’en fut rien. Il dégageait une aura désormais bien plus agressive que lorsqu’il l’avait interrogé sur les raisons de sa présence sur le Littoral. La lueur d’une bestiale haine brillait dans ses yeux fous comme de vives flammèches annonciatrices d’une guerre déchaînée. L’Hybrid commença à se rapprocher de Lukas d’un pas vif. De cette allure rapide, le jeune homme déduisit que cet étranger avait succombé à l’appel de la violence, perpétré par des années de silence, et d’idées fausses colportées par chacun des deux clans. Comment voyait-il Lukas ? Comme un odieux et répugnant personnage, un effroyable Ünik qui, comme sans doute son père avant lui, s’était vautré dans le désir et s’adonnait quotidiennement à toutes les bassesses d’une société trop sûre d’elle. Il devait également avoir l’image d’un traître à la Déesse Mère Nature, en tant que descendant de frères qui s’étaient détournés d’elle des générations auparavant. Lukas savait qu’aux yeux de l’Hybrid, il était un criminel, une crapule qui ne méritait pas de vivre, un moins que rien dont il fallait délester la pauvre terre d’Origin’s. Quelle naïveté…

Comme ce belliqueux personnage se tenait encore à bonne distance de lui, Lukas ne bougea pas, et ne fit que détourner son regard sur le visage courroucé qui le chargeait. Contre qui était-il exactement en colère ? A ce qu’il sache, Lukas n’avait jamais rencontré cette personne. Pourtant, cette dernière l’attaquait après qu’ils n’aient échangé respectivement qu’une seule phrase. Voilà le résultat de décennies d’incompréhension et de haine : on forgeait de parfaits imbéciles, suffisamment dociles et naïfs pour foncer au combat sans qu’on n’ait à leur donner de raison valable de mettre leur vie en péril. Seule la haine comptait. Lukas ignorait encore si cela le mettait en colère, ou si cela le rendait triste. Dans tous les cas c’était tout à fait stérile, et grotesque. Rien de tout cela n’avait de sens. Les Originaires pouvaient avoir honte de leur manque de discernement.

Ce Hybrid ne manquait pas de verve. Il répondit à Lukas que c’était lui le trouble-fête, et qu’il n’avait rien à faire en ces lieux. Il considérait sa présence comme une insulte à la Déesse, et ne le tolérait pas à ses côtés. « En ce cas, il était inutile de vous donner la peine de m’adresser la parole » réplique Lukas, qui ne perdait jamais son sang-froid. L’Hybrid se tint prêt à assaillir Lukas, armé d’une petite arme blanche dont il comptait se servir contre l’Ünik. Lukas avait beau s’attendre à une attaque, il n’avait jamais songé à ce qu’elle pût être aussi soudaine et violente. Paré à se défendre si les choses tournaient mal, il fut surpris de voir le querelleur s’arrêter net dans sa course. Il tomba mollement sur les genoux. Etait-ce une ruse pour lui tendre un piège ? Il se mit à réciter ce qui ressemblait à une prière, un poème en prose annonciateur de vents déchaînés. L’Hybrid semblait en transe, et s’oublier lui-même. Il se tenait la tête, comme s’il souffrait. De plus il s’adressait à quelqu’un que Lukas ne voyait pas. Il se demanda s’il s’agissait d’une prière à Mère Nature… Mais cela ne collait pas avec son discours. Cet étranger était probablement un peu fou. La dernière hypothèse possible était qu’il fut en train de se servir de son Don, et que Lukas ne parvenait pas à en identifier la nature. Ces paroles étaient compliquées, et ambiguës, mais en s’attardant sur cette tirade, Lukas comprit qu’il était question d’une bourrasque approchant. Il leva les yeux vers le ciel. Il était pourtant bien clair, bien que blanc, et légèrement couvert. Toutefois, Lukas nota que quelques petites bourrasques de vent étaient plus vives que les autres… L’Hybrid voyait-il l’avenir ? Il était trop tôt pour décréter quoi que ce fût.

L’Hybrid, qui avait parlé d’une voix si fière et forte, implorait alors faiblement l’aide de la Déesse, pour trouver un abri. Interdit, Lukas contemplait la scène avec incompréhension. Cette Mère Nature, à supposer qu’elle ait vraiment existé, n’était plus apparue sur la surface d’Origin’s depuis des centaines d’années. Qu’espérait-il à supplier ainsi sa protection ? Cependant il serait un mensonge de dire que Lukas était dédaigneux à l’égard de cet homme qui priait. Au contraire, cela le peinait de voir combien le malheur était répandu jusque dans la Sylva. Au même titre que les Üniks, les Hybrids craignaient pour leur avenir. Ils n’avaient que cela : leur foi, les prières, et l’espoir que l’on vienne les sauver. Et ce silence des cieux ne leur répondait rien que l’écho d’un vide glacé. L’Hybrid, après s’être tortillé sur le sol pendant quelques instants, se redressa sur un genou, et fit face à Lukas – qui se demanda s’il le voyait vraiment ou non, ses yeux voguaient dans le vide. « La tempête vient… il faut s’abriter… je t’en prie… » - «… C’est à moi que vous demandez de l’aide ? » Interrogea Lukas, qui ne saisissait plus vraiment ce qui se passait. Cet élan de pugnacité, puis cette supplication qui l’avait suivi si soudainement, c’était bien louche. D’un autre côté, il se voyait mal tourner les talons face à une personne qui ne se sentait pas bien, ce qui de toute évidence était le cas de l’Hybrid. Il avait gémit, dit des choses dans un état de transe, était tombé à terre… Cette histoire de tempête était un peu étrange, mais effectivement il valait mieux trouver un refuge si l’on voulait que ce Hybrid revienne à son état normal. Aussi étrange que cela puisse paraître, tel était la volonté de Lukas : il n’était pas question d’abandonner cet homme à son sort, au beau milieu d’un désert stérile.
Lukas se rapprocha de l’Hybrid, et s’accroupit à ses côtés pour faire passer l’un des bras du priant sur ses épaules noires. « Laissez-moi vous relever. Je vous emmène… » A supposer qu’il y eût plus calme que ce désert de mort. Lukas redressa l’Hybrid sur ses deux jambes, et l’escorta en tant que soutien jusqu’à des anciennes planques qu’utilisaient les Üniks durant certaines guerres passées. Des bunkers, enterrés dans le sable, juste sur le bord de certaines falaises du Littoral. Le jeune Duc connaissait un peu les lieux, pour s’être renseigné plusieurs fois à leur sujet. Il fouilla dans la poche intérieure de son manteau, pour toucher la couverture de son Dzêta, l’Archive Book. Aussitôt, la machine mémorielle se mit en route, et Lukas parvint à retrouver les informations qu’il possédait sur cet endroit. Un bunker était enterré à quelques dizaines de mètres d’eux. Lukas décida d’y emmener l’Hybrid.

L’entrée de la cachette blindée était dissimulée sous la poussière du désert. Laissant un instant le combattant étourdi, Lukas la chercha en tâtonnant, et soulevant la trappe lorsqu’il en attrapa l’anneau d’ouverture. Un petit escalier les mena à l’intérieur du refuge, où quelques objets avaient été abandonnés sur de vieilles caisses de bois pleines de saleté. Lukas fit asseoir l’Hybrid contre la paroi du bunker, et chercha quelques bougies pour les éclairer. Par chance, il en restait quelques-unes. Il les alluma avec son briquet, et les disposa sur les caisses. Il alla ensuite s’adosser de l’autre côté du bunker, face à l’Hybrid. Et dire qu’il avait essayé de l’attaquer quelques instants auparavant… Lukas l’avait aidé dans un moment de détresse. Et pourtant, rien ne lui garantissait que l’Hybrid lui en soit reconnaissant. Il devait être un peu trop gentil.
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Le danseur sous la lune et le prince du néant [PV Lukas]

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