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Ivresse et pesanteur [Yuris Brooks]

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Invité


MessageSujet: Ivresse et pesanteur [Yuris Brooks]   Ven 13 Juin - 21:12

La sombre lumière d’Hoshizora sculpte l’air des sous-bois, découpant pleins et déliées dans l’atmosphère sourde, rampante, dangereuse de la forêt. Nul silence entre les branches frémissantes, l’haleine secrète de la faune cachée dans les ombres végétales ne cesse jamais de s’élever, de gonfler la rumeur qui guette l’égaré, semble incarner la réelle menace de ce lieu plus que les bêtes qui l’animent. Pourtant l’air pèse de tout son poids sur l’épaule, alourdit le souffle, étouffe le son et piège sournoisement celui qui s’aventure dans les obscurs dédales de ces catacombes d’émeraude. A Hoshizora, ce ne sont pas les crocs, les griffes embusqués qui causent la mort de l’imprudent. C’est ce silence qui ne dit pas son nom, ce calme d’autant plus inquiétant qu’il ne cache même pas la mort qu’il mûrit. Il faut connaître cette matière sinueuse, les périls qui donnent leurs reliefs à cette tranquillité ne dormant que d’un œil, en être soi-même modelé pour ne pas se laisser prendre au piège de ce lieu, en voir les ruses, le chaos, la splendeur, et en exhumer les merveilles. C’est pourquoi seuls les Hybrids sont à même de trouver l’allégresse des Clairières Sacrées lorsqu’ils pénètrent dans la forêt.

Aux premières lueurs de l’aube, magnifiées par le voile doré des feuilles aux teintes fauves, pour la première fois depuis bien longtemps, Luwan’Ari s’éveille avec le corps lourd, la bouche pâteuse et la tête bourdonnante. Il lui faut un moment pour rassembler ses sensations et ses souvenirs, qui semblent s’être éparpillés aux quatre coins d’Origin’s sous l’effet du mal de crâne. Lentement, les premiers échos de la veille se présentent, encore flous alors qu’il frotte paresseusement son visage pour se tirer de sa torpeur, la langue poissée par le goût de l’alcool. Par la Mère, quelle soirée… Même s’il apprécie le sentiment de bien-être et de liberté que lui apporte le début de l’ivresse, il sait s’en tenir à ce stade et rester maître de lui-même. Il ne lui était plus arrivé de se retrouver dans un tel état depuis les jeunes années de son âge d’homme. Avec un grognement d’effort, le jeune veilleur se redresse maladroitement et le doux poids d’un bras féminin glisse de son torse puissant à son ventre plat sous l’effet de ce mouvement. Surpris, Luwan’Ari se tourne vers cette silhouette endormie contre lui et observe pensivement son corps fin et gracile, sa poitrine qui se soulève, les longs cheveux bruns et les petites plumes qui les parsèmes, tout comme les bords de son visage. Akema du Roitelet, si ses souvenirs sont exacts. Une jeune femme d’un village à l’ouest de Nemoto, venu fêter comme il se doit un passage à l’âge adulte. Il s’est joint à eux pour oublier le lendemain, son départ proche pour son dernier voyage de veilleur. Le sourire d’Akema, ses plumes douces comme des caresses sous ses doigts lui ont plu alors qu’il admirait sa façon sautillante de danser. Il lui semble se souvenir qu’elle avait de beaux yeux, clairs et rieurs comme ceux de ce garçon qu’il a embrassé en début de soirée, et une bouche tendre et habile comme cette autre fille, Ulkrys du Serpent avec qui il a passé la première partie de la nuit, avant de revenir auprès de ce petit roitelet.

Luwan’Ari soupire en passant une main dans sa longue chevelure de neige. Avec précaution, il saisit le poignet délicat en travers de son ventre pour le reposer près de la jeune femme, qui remue légèrement sans se réveiller. Il remonte sur elle la couverture de chanvre, quitte la natte qu’ils ont partagées cette nuit et s’éloigne sans bruit du large auvent de peau qui a abrité les dormeurs, en évitant de marcher sur les corps endormis des nombreux Hybrids, hommes, femmes, enfants et vieillars, qui se reposent encore. Près des cendres du grand foyer cerclé de pierres où cuisaient la veille une multitude de plats délicieux, quelques uns sont déjà levés et s’affairent en discutant à voix basse, nettoyant les reliefs du repas et préparant les collations du jour. Luwan’Ari vient les saluer malgré sa fatigue persistante et on l’accueille avec plaisir, comme un lointain parent. Il n’est pas rare que des étrangers se joignent à ce genre de fêtes et du moment qu’ils offrent un cadeau ou leur bénédiction, tous les bras leur sont ouverts. C’est pour cela que le jeune homme est venu ici, qu’il s’est oublié dans l’alcool et dans la bonne chère, dans la musique et à la danse, et contre les corps offerts de celles et ceux qui ont voulu de lui. A Némoto, peut-être lui aurait-on dit que ce n’était pas respectueux envers sa future épouse. Il le sait. Il n’en a cure. Il n’est encore ni marié ni Shaman, sa soif de révolte et de liberté peut se débattre autant qu’elle le veut, chercher refuge où elle le peu sur les lèvres brûlantes et au creux des cuisses parfumées de ses jeunes semblables. Personne ici ne le connaît ni ne lui en fera le reproche. Pour l’heure, il préfère laisser la fougue du Lynx se répandre. Ensuite viendra le dur temps de purge de son dernier voyage initiatique.

Une femme lui tend une coupelle d’infusion et quelques fruits sur une galette de blé, Luwan’Ari la remercie d’un signe de tête et d’un sourire puis s’éloigne pour réveiller son corps alourdi en marchant jusqu’au bord de la clairière. L’infusion lui éclaircit peu à peu l’esprit tandis qu’il observe en silence la lente ondulation des feuilles dorées au-dessus de sa tête, parfois agitées d’une bourrasque comme un sourire du vent. Pour sûr il n’a pas été raisonnable la veille, tant au niveau de la boisson que du nombre de ses jeunes partenaires. Mais il ne regrette pas. C’était sûrement la dernière nuit où il pouvait vivre ce genre d’écarts ? Mordant dans une des syrabelles qu’on lui a données, petit fruit mauve à la chair fondante, juteuse et miellée, il s’enfonce quelque peu pour atteindre le cours d’eau le plus proche, désireux de chasser de son visage la touffeur nocturne. La sérénité de ce lieu connu et rassurant ainsi que la légère torpeur de ses sens et de ses pensées l’empêchent de repérer tout de suite la présence non loin de lui…
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the storm surge (Yuris B.)


RPG
Âge : 24 ans
Groupe: Paria
Inventaire: Des lunettes de pilote - Deux pistolets 9mm à 15 coups

MessageSujet: Re: Ivresse et pesanteur [Yuris Brooks]   Sam 14 Juin - 20:27

La fraîcheur de la nuit laissait peut à peu place à la douceur d'une matinée ensoleillée. Les premiers rayons du soleil qui perçaient timidement les feuillages denses de l'immense forêt de Sylva avaient des saveurs salvatrices et apaisantes. Bientôt, ce serait toutes les bêtes du continent qui s'éveilleraient, et commenceraient à vaquer à leurs occupations de survivants. Sur les petits chemins de la forêt, des brindilles craquaient sèchement au rythme lent des pas de Yuris. Exténuée par la nuit de marche qu'elle avait passée à traverser les immensités forestières, elle était à la recherche d'un endroit calme où elle pourrait enfin se reposer. Elle n'avait fait aucune pause lors de son avancée,, si bien qu'à présent ses muscles la tiraient, ses articulations la lançaient, et sa nuque supportait une tête à l'esprit embué par la fatigue. Accompagnée de son nouveau compagnon, un fier Fauvex à la fourrure d'ocre nommé Linus, elle n'avait pas craint de se promener ainsi la nuit dans une telle jungle. A aucun moment Yuris n'avait relâché son attention, prête à bondir au moindre frémissement de buisson qui lui aurait parut dangereux. Mais comme elle n'était pas infaillible, l'aide que lui avait apportée Linus n'était pas négligeable. Son fin odorat et sa patte de velours la côtoyant durant leur marche, il était un chasseur à même de prévenir Yuris de ce qu'un danger était présent ou non.

Ce matin, tous deux marchaient toujours côte à côte, exténués par leur concentration extrême qui ne s'était jamais relâchée ces dernières heures. La main posée sur le dos souple de Linus, qui ondulait au rythme de ses pas lents, Yuris soufflait comme si elle avait du mal à respirer. Ils avaient tous deux quitté Nemoto, l'endroit où ils venaient de se rencontrer, dans le but de rejoindre la Cité Neutre. Mais la route était encore très longue, et rien que ce bout de chemin avait déjà grandement fatigué la jeune Hubot. Elle était accablée quand elle pensait à toute la route qu'il leur restait à faire. Il leur fallait prendre du repos, et vite, sans quoi tous deux allaient tomber en syncope. Le long du chemin où ils avançaient, Yuris trouva quelques baies, et les mangea avec appétit. Elle n'avait rien avalé depuis la veille. Linus quand à lui dénicha quelques petits animaux, dont il se remplit le ventre sans se faire prier non plus. Il ne put toutefois les partager avec Yuris, car elle avait insisté pour ne pas s'arrêter, et ne pas faire de feu. Son souhait était de retourner au plus vite à la Cité neutre, là où elle pourrait réfléchir à ce qu'elle allait faire désormais. La jeune femme s'y entraînerait probablement pendant quelques jours, avant de rejoindre à nouveau Anahtorey, et y continuer sa collecte d'informations. A Nemoto, elle n'avait rien trouvé de concluant. Les Hybrids vouaient un tel culte à cette déesse Mère Nature que c'en était agaçant. Yuris s'était énervée de leur fanatisme. Ils n'avaient que « la Mère » à la bouche. Ils pensaient la Mère, parlaient la Mère, agissaient selon la volonté de la Mère, respiraient la Mère. Cette étroitesse d'esprit laissait Yuris pantoise. Ils ne valaient pas mieux que les Üniks. La seule chose qu'elle put confirmer à Nemoto, c'était que touts les communautés fermées sur elles-mêmes se ressemblaient.

Toutefois, Yuris avait pris soin de se déguiser en Hybrid avant de se rendre profondément dans la Sylva. Elle portait une robe sombre, faite d'un riche tissus violacé et épais. Des motifs champêtres ainis que des arabesques plus clairs étaient brodés dessus. Elle portait également un accessoire étrange dans les cheveux, comme le faisaient toutes les jeunes Hybrids. C'était un fin bandeau, telle une petite couronne de velours, qui porté sur le front formait un petit v en son milieu. Yuris ne pouvait dire qu'elle appréciait à se vêtir de la sorte. C'était très encombrant, il était impossible de courir avec, ni même de se battre. Néanmoins, elle pourrait se faire passer pour une indigène bien plus aisément qu'il ne l'aurait jamais été possible avec son short et son débardeur noir, ses bretelles élastiques et ses gros godillots idéaux pour la marche. Cette robe était de surcroît assez lourde, c'est pourquoi Yuris se réjouit de voir que de paisibles clairières lui ouvraient les bras, tels des oasis attendues en plein désert.

Linus et Yuris entrèrent dans une clairière où s'écoulait gentiment un petit ruisseau. Assoiffée, Yuris s'y précipita pour boire l'eau qui lui avait tant manqué cette nuit. Elle était à moitié allongée sur la berge lorsqu'elle plongea ses mains dans l'eau pour en recueillir une petite quantité. La première gorgée lui brûla la gorge, mais les suivantes furent pour elle une rédemption incommensurable. Quand elle fut désaltérée, la jeune femme se redressa sur ses genoux, et soupira longuement. Linus, qui avait but également, s'assit auprès d'elle sagement. Il leva son museau doré vers les feuillages orangés qui les entouraient, secoués par une paisible brise matinale. L'atmosphère féerique dans laquelle ils avaient pénétré était connue du Fauvex, qui inspira lentement la rumeur du vent. « Nous sommes dans les Clairières sacrées... » dit-il, de sa voix rauque et très basse. Il ne put attendre une réponse de la part de Yuris. La jeune Hubot, ivre de fatigue et de faim, tomba lourdement sur le flanc. Son esprit était inéluctablement tiré vers les spirales les plus vertigineuses de l'inconscience. Elle entendait Linus lui demander avec inquiétude si tout allait bien. Mais elle n'eut même pas la force de lui répondre. Yuris était si exsangue qu'elle avait l'impression de fondre sur l'herbe de ces clairières.

Pourtant, elle n'était pas seule à se reposer le long du ruisseau. Si elle avait remarqué cette présence Hybrid non loin d'elle, jamais Yuris ne se serait relâchée de la sorte. Elle aurait lutter, comme une pugnace et courageuse guerrière, contre la fatigue. Mais cette mesquine ennemie s'était emparé d'elle comme on fauche les blés arrivés à maturation.
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