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Races minoritaires et recherchées : Qantiks et Parias, détails ici !


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Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]

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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Lun 12 Jan - 12:01

« N’oublies pas de prendre des fruits Olivia, et aussi le nécessaire pour faire des gâteaux.
- Oui M’man, je sais, le thé avec tes amies, blablabla.
- Et surtout, ne traine pas, l’idée c’est que tout soit prêt pour le thé. »

Olivia soupira en ramassant ses affaires, sa mère était un amas de paradoxes. Elle lui disait tout le temps qu’elle n’était plus une enfant, qu’elle devait sortir voir le monde, se débrouiller seule, et pourtant, elle ne pouvait pas s’empêcher de la traiter comme si elle était encore l’enfant tête en l’air d’il y a dix ans. Son petit sac en bandoulière, le panier que sa mère lui donnait tout le temps lorsqu’elle devait aller faire les courses, et sa cape toute neuve où avaient été brodées ses initiales. Olivia était prête, elle quitta le vaste appartement qu’elle occupait avec sa mère. Pourquoi ne pas envoyer des domestiques faire les courses pour elle peut-on se demander. Danielle, sa mère, n’avait jamais été amatrice du fait d’avoir une foule de domestiques qui s’agitait chez elle, certainement parce qu’elle avait toujours été habituée à tout faire elle-même. Même si de l’avis d’Olivia, il était désormais difficile de reconnaître l’ancienne habitante des Docks sous la couche de maquillage, de parfum capiteux et d’étoffes chatoyantes que sa mère portait.

Les rues étaient comme souvent dans la capitale de l’Elite agitées, des passants en balade, de riches marchands installant des échoppes regorgeant de biens aussi étonnants qu’inutiles. Beaucoup devaient s’étonner et s’émerveiller devant l’agitation de cette ville, pour Olivia c’était devenu normal. Et maintenant qu’elle connaissait un peu Nordkia, elle pouvait clairement dire que les deux villes n’avaient pas la même agitation, pas la même atmosphère. Son marché se passait tranquillement, elle ne croisa que peu de personnes connues et c’était tant mieux, la brunette n’avait pas envie de trainer, sans compter que sa mère ne manquerait pas de se plaindre si elle mettait trop de temps à lui ramener ses victuailles. Mais le calme relatif de la balade fut troublé par une altercation qui semblait se dérouler à quelques mètres de la jeune bourgeoise. Au départ peu intéressée par la scène, les altercations pouvant être nombreuses lors des grandes affluences, Olivia fronça néanmoins les sourcils lorsqu’elle entendit l’homme haussait grandement le ton en le voyant lever sa main, signe d’un geste violent à venir. Olivia s’approcha à pas feutré, à temps pour voir une jeune femme à l’apparence de princesse, si on ne voyait pas la prothèse à sa jambe, esquivait une gifle qui aurait pu s’avérer sonnante. L’homme peut fier d’avoir raté son coup sous le regard des autres Üniks présents tenta de réitérer l’expérience. La jeune Qantik bloqua cette fois la gifle sous le regard courroucé de l’homme. A ce rythme, la situation allait dégénérer et Olivia n’aimait pas que l’on dise de sa ville qu’elle ne savait pas être tolérante. Sans compter que la jeune femme s’était excusée, poliment, l’homme n’avait qu’à continuer son chemin. La jeune bourgeoise fendit la foule et se posta droite comme un « i » entre l’homme énervé et la quantik.

« Il suffit. Elle s’est excusée, maintenant passez votre chemin.
- Et qui es-tu pour me parler comme ça petite peste ?
- Cette qantik est ma domestique, nous sommes là pour faire quelques courses, si vous avez un souci avec ça, alors pourquoi ne pas aller tous les trois calmement voir des gardes ? »

Le regard d’Olivia était dur, froid et plein de cette fierté qu’elle était capable de montrer, si bien que l’homme haussa les épaules en bafouillant quelques complaintes avant de tourner les talons. Il s’éloigna et la petite foule qui s’était attroupée autour d’eux se dissipa, chacun revenant à ses occupations. Son panier à moitié rempli de ce que sa mère lui avait demandé, Olivia se tourna vers la jeune femme et sans un sourire lui adressa simplement quelques mots.

« Quel abruti, j’vous jure … Tu vas bien ? Tu sais, il ne faut pas essayer de parler avec les gens comme ça, tu ferais mieux de revenir vers ton maître rapidement. On sait jamais, il pourrait vraiment revenir avec des gardes. »

Héroïne mais pas trop, Olivia n’avait pas envie de s’attirer les foudres de la garde et de sa mère pour avoir sauvé une qantik. Elle devait juste s’assurer que cette fille pourrait quitter le marché sans courir de risques, retrouver son maître et s’éviter de nouvelles scènes du genre.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Mer 14 Jan - 12:18

Les années avaient pris la fuite, laissant un passé aux contours flou se dessiner avec elles. Ainsi, des souvenirs troublants venaient parfois obstruer les pensées d'Areïa. Cette dernière, préoccupée par ses visions de cette ville autrefois connu, avait à peine réagi quant à la suite des évènements. L'intervention d'une jeune femme brune l'avait atteinte bien qu'elle fut emprisonnée dans de vieilles rêveries. D'ailleurs, cette intervention l'avait dépossédé de ses doutes en ce qui concernait ses anciens congénères : ils n'étaient pas tous des tyrans assoiffés de sang. Certains, tout comme elle, appréciaient pleinement la paisibilité qu'offrait une vie rangée et à l'abri de tout désordre pouvant corrompre un être. D'une certaine manière, la Qantik semblait découvrir la ville. Quand on la voyait s'émerveillait d'un rien, il était prévisible de la prendre pour un nouveau né. Et c'était plus ou moins le cas. Autrefois, lorsqu'elle était elle-même Unik, elle n'avait su aimer ce qu'on lui offrait. L'éducation, les amis, la proximité avec des échoppes où elle pouvait trouver de quoi dessiner, la famille... La famille... Non, cette vision-là ne lui avait pas manqué. Sa vie de Qantik lui avait arraché beaucoup de biens matériels, beaucoup d'attaches sentimentales mais la famille n'en faisait pas partie. Le regard roulant sur le côté, elle le posa sur celle qu'elle considérait intérieurement comme une sauveuse ? Hm, non c'était un terme trop extrême et elle n'était pas certaine que cette définition puisse convenir à son interlocutrice. Disons qu'elle se sentait quelque peu redevable. Après un silence, elle se décida à faire une petite courbette, se penchant en avant avec la maladresse d'un enfant, marquant ainsi du respect à la jeune femme qui lui faisait face. Elle ne parlait pas, pas encore. Elle était trop occuper à observer. Son regard se baladait d'un bout à l'autre, scrutant l'Unik avec une considération non dissimulée.

« Ah, oui merci... finit-elle par souffler dans un petit sourire. Mon maître.. ? Ah, oui mon maître ! Hum... Il est occupé et m'a donné l'autorisation de me promener afin de profiter de la diversité dans étalages. Puis-je vous rendre service ? Je vous suis redevable et mon... maître souhaiterait sans aucun doute que je m'acquitte de ma dette. Oh, et mon nom est Areïa. »

La brune n’affectionnait pas particulièrement l'idée d'être redevable et puis, elle savait prendre les bons côtés d'une telle rencontre en compte. Son interlocutrice connaissait probablement le centre ville mieux qu'elle, il était donc profitable de faire une petite excursion avec cette dernière. La jeune Unik ne lui avait pas paru particulièrement sympathique, ou du moins, elle ne la rangeait pas dans le type de personnes pouvant vous décrocher un sourire sans vous connaître. La Qantik, même en restant une inconnue pour elle, lui portait déjà un certain respect. Il était assez rare de voir des personnes honnêtes avec leurs ressentis, elle avait longtemps côtoyé des cœurs hypocrites vous lançant de beaux discours pour mieux vous poignarder. Elle en aurait fait une overdose tant leurs belles paroles avaient joué avec elle.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Ven 16 Jan - 8:48

Olivia garda son regard couleur d’ambre rivé sur la jeune qantik en face d’elle, jeune ou pas d’ailleurs, la brune ne connaissait pas suffisamment cette espèce pour savoir si l’âge qu’ils affichaient était leur âge réel, allez savoir avec les diverses opérations qu’ils avaient subi. La jeune femme ne répondait rien, elle était peut-être sourde mais c’était peu probable vu qu’elle avait répondu à l’autre idiot, ou alors elle était sous le choc mais là encore Olivia en doutait, elle s’était montrée très calme lors de cette altercation. Étrange personnage donc que cette fille à la jambe mécanique. Mais finalement, quelques mots quittèrent ses lèvres pour parvenir aux oreilles de la bourgeoise qui lui rendit discrètement son sourire. Tout était terminé, elle allait donc pouvoir vaquer à ses occupations et surtout rentrer chez elle avant que sa mère ne se courrouce de son retard. Ou pas finalement. La jeune qantik continua de parler, lui proposant son aide, expliquant que son maître l’avait laissée libre pour l’heure et qu’il serait sûrement d’avis qu’elle repaie sa dette. Son prénom était Areïa, un fort joli prénom donc la sonorité était très agréable aux oreilles d’Olivia. Cette dernière ne savait pas trop quoi faire, mais dans un haussement d’épaule, elle tendit son panier à la jeune qantik avant de répondre.

« Soit, j’ai quelques courses à faire si ça ne te dérange pas de porter le panier. D’habitude c’est moi qui remplis ce rôle pendant que ma mère remplit le panier … Hum bref, tu disais que ton maître t’avait laissé quartier libre ? Est-ce commun ou non ? »

Sa curiosité reprit rapidement le dessus alors qu’elle se lançait déjà à la recherche des autres biens que sa mère avait noté sur sa liste, ne prenant pas la peine de vérifier si Areïa suivait ou non. La brune se retourna rapidement finalement et fixa la jeune femme avant de reprendre un instant la parole.

« Je m’appelle Olivia, mais … tu peux m’appeler comme bon te chante, Olivia, mademoiselle … Je ne sais pas trop comment ça marche tout ça. »

Par « tout ça », elle entendait le protocole entre qantik non rebelle et Elite. Il n’y avait aucun qantik domestique chez elle, à vrai dire il n’y avait juste aucun domestique, les seuls employés que comptaient la maison Keegan étaient pour la plupart les professeurs d’Olivia ou quelques gardes qui surveillaient le nid douillet depuis la mort de son père. La jeune élite se remit en route après cette présentation rapide et bancale, cherchant du regard les divers ingrédients que sa mère avait pu lui demander. Les œufs c’était fait, ils étaient déjà au fond du panier, la farine également. Mais il lui manquait en revanche les fruits que sa mère mettait toujours dans ses muffins, aujourd’hui ce serait des pommes et des fruits rouges. Après quelques pas, Olivia tourna tout de même la tête pour vérifier qu’Areïa la suivait bien, il serait fâcheux qu’elle perde le panier avec les œufs et la farine, surtout que ce panier était le préféré de sa mère.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Sam 17 Jan - 16:23

Areïa espérait intérieurement que la situation ne se compliquerait pas davantage, elle n'était pas une fine lame en ce qui concernait le domaine du mensonge. Ainsi, après avoir prétexté que son maître souhaiterait la voir rendre service à l'Ünik qui l'avait aidé, elle prit dans l'une de ses mains le panier qui lui avait été tendu, un léger sourire trônant toujours sur le bout de ses lèvres. Et rapidement, on lui posa une question à laquelle elle n'aurait su répondre franchement. Était-ce courant que des Ünik laissent quartier libre à leurs domestiques Qantik ? Était-ce seulement déjà arrivé ? Voilà une question qui laissait la brune sans réponse. Cependant, elle ne pouvait pas rester plantée là, le regard hébété, son interlocutrice pourrait se douter de son identité de vagabonde sinon. Alors, elle prit une moue perplexe, laissant retranscrire un air douteux sur son visage.

« Eh bien... Je ne fréquente pas d'autres Qantiks alors je ne sais pas si leurs maîtres sont aussi compréhensifs que le mien. Je pense que ça varie d'un maître à l'autre. Mais le mien accorde une grande importance au fait que je possède un tant soit peu de liberté. Il considère qu'un serviteur frustré est un poids. Selon lui, il vaut mieux des domestiques épanouis et aimants plutôt que des machines si dressées qu'elles finissent par en devenir folles. »

Hum, finalement, elle n'était peut-être pas si mauvaise que ça pour l'improvisation. En fait, elle était même plutôt douée. Elle qui pensait une terrible être menteuse, elle avait sans doute oublié la période de son enfance durant laquelle elle s'inventait une jolie vie de famille. Suivant docilement sa nouvelle connaissance, l'image de sa famille la freina quelque peu dans son élan, lui donnant subitement un haut le cœur. Il y avait des sujets qui, lorsqu'on les évoquait, vous serraient le cœur et vous laissaient dans un flou dont vous ne pouviez réchapper. Ce n'était pas le cas d'Areïa. Il arrivait que son passé la perde mais elle finissait toujours par retrouver son chemin. Avançant à pas feutrés, afin d'éviter une nouvelle altercation, elle continuait de marcher sur les pas de la jeune femme.

« Mademoiselle Olivia me paraît bien, fit-elle avec un air enjoué, l'idée de jouer un rôle semblant finalement l'amuser. Faites-vous souvent les courses seule ? J'ai l'habitude de voir des domestiques Qantiks s'occuper de ce genre de corvées-là. »

Il lui semblait qu'Olivia appartenait à l’Élite, après tout, elle avait fait preuve d'une politesse et de manières tout à fait appropriées à cette catégorie sociale. Et puis, elle possédait une très belle apparence. Ses traits étaient d'une finesse sans pareil et elle était joliment vêtue, Areïa avait donc établi dans l'immédiat la conclusion suivante : pour elle, il s'agissait sans aucun doute d'une Élite. Sans oublier qu'elles étaient dans le centre ville de la capitale, il était donc plutôt surprenant d'y trouver des personnes appartenant à des rangs inférieurs, en excluant bien entendu la race des Qantiks. Olivia avait évoqué sa mère un instant et particulièrement la scène où cette dernière tenait le panier pendant que sa figure maternelle le remplissait. La brune s'était représentée la scène avec un air amusé. La jeune Ünik avait véritablement éveillé sa curiosité. Elle ne se le permettait pas, craignant d'éveiller des doutes mais si il lui avait été donné de lui poser des questions, elle l'aurait fait. Elle se demandait quelles sensations l'on pouvait ressentir en sortant faire des courses avec une mère, si l'on était envahi d'une grande fierté d'être à ses côtés. Sa rencontre avec la jeune femme la laissait dans un état de gaieté indescriptible et elle se cachait bien de lui faire part de son admiration. Elle était tout ce qu'elle, n'était pas. Elle venait d'un autre monde que le sien, et pour ça, elle la regardait avec un certain émerveillement.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Dim 18 Jan - 12:01

Tout en déambulant entre les étalages, son regard ambré balayant les alentours à la recherche de la perle rare, Olivia écoutait la réponse d’Areïa. La jeune qantik lui répondit qu’elle ne savait pas trop ce qu’il en était des autres maîtres de la ville, et à bien y réfléchir, c’était plutôt logique. La question de la bourgeoise témoignait de son manque de connaissance sur le sujet, elle qui n’avait quasiment jamais rencontré de qantik. Les seuls êtres machines, comme il lui arrivait de les appeler dans son esprit, qu’elle avait pu croiser étaient les domestiques de certains de ses amis et à chaque fois, elle ne s’était pas épandue en discussion. Areïa continua en expliquant que son maître à elle accordait une importance particulière à la liberté de la jeune femme, visiblement plus pour éviter d’être dérangé que par bonté d’âme mais c’était toujours une bonne chose quand même. Certains qantiks étaient autrefois des citoyens d’Anathorey, ou alors des dockers, mais dans tous les cas, ils étaient des êtres vivants qui méritaient leur part de liberté. Même les pires des raclures avaient ce droit, alors pourquoi pas eux. La brunette acquiesça mentalement aux dires de la qantik, tout en continuant ses emplettes.

Areïa avait décidé de s’adresser à Olivia par « Mademoiselle Olivia », une dénomination qui ne gênait en rien la jeune élite, habituée à se voir appeler ainsi par les divers professeurs qui lui dispensaient ses cours. Et la qantik se décida aussi à être curieuse, mais ce n’était pas quelque chose qu’Olivia allait lui reprocher, étant elle-même une sacrée fouineuse. Tout en sélectionnant quelques fruits rouges sur un étalage tout proche et en payant le marchand, la brunette se lança dans sa réponse d’un air évasif.

« Cela m’arrive assez souvent oui, ou alors j’accompagne ma mère qui a elle aussi l’habitude de les faire seule. Nous n’avons pas de domestiques chez nous, M’man trouve cela dérangeant. Cela doit sûrement venir de ses origines sociales. Et sur le point des qantiks en particulier … sans vouloir t’offenser, Mère a quelques craintes envers les gens comme toi. Pour ma part je suis plutôt curieuse, et aussi … impressionnée par ce qui a été fait *baissant son regard neutre vers la prothèse d’Areïa* Ce … Ce n’est pas douloureux ? »

En réalité, Olivia était très curieuse et très impressionnée. C’était pour elle un travail impressionnant qu’avaient réalisé ces scientifiques. Certains considéraient les qantiks comme une sous-espèce, des erreurs de la nature. Pour la brunette, ils tenaient du miracle. C’était une seconde vie qui avait été offerte à des êtres gravement blessés. Cette vision était probablement réduite par son manque de connaissance, et Olivia ne connaissait sûrement pas toutes les zones d’ombre qui nimbait cette espèce de mystère, mais elle ne regardait les qantiks avec aucune animosité. Le cas d’Areïa la confortait dans cette idée, la jeune femme faisait preuve d’une politesse parfaite, sa voix était douce et mélodieuse, elle était magnifique. Comme une poupée brisée qu’une main savante aurait réparée pour lui offrir une nouvelle jeunesse. Peut-être qu’une fois le mystère de la mort de son père résolu, Olivia se lancerait dans une étude plus approfondie des qantiks, sans toutefois en parler à sa mère encore une fois. Celle-ci s’inquiétait bien trop facilement des pérégrinations de sa fille.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Mar 20 Jan - 11:49

La réponse d'Olivia ne sembla pas étonner Areïa et, encore moins l'offenser. Après être devenue Qantik, la brune avait dû s'habituer à son nouveau statut social. Ainsi, les regards craintifs ou bien haineux ne l'atteignaient plus réellement, faisant seulement partie de son quotidien. C'était d'ailleurs l'une des principales raisons pour laquelle elle avait pris la fuite, abandonnant tout ce qui pouvait concerner son passé et donc, son ancienne vie d'Ünik. Et puis, en devenant Qantik, que ce soit par choix ou obligation, l'on renonçait en partie à sa liberté et ça, c'était une chose à laquelle la jeune femme n'était pas prête. Plutôt que de céder sa liberté, elle préférait encore s'enfuir, quitte à vivre seule, quotidiennement en proie aux dangers... On dit souvent que la solitude peut rendre quelqu'un fou. Peut-être. Ça n'avait pas été son cas, elle avait pris la solitude comme elle venait : c'est-à-dire avec un calme des plus reposants. Une enfant ayant grandi entourée de personnes, ayant été profondément déçue et blessée par ces dernières, ne voit dans la solitude qu'un long et agréable repos. D'ailleurs, Areïa avait longtemps hésité à regagner la capitale des Üniks, allait-elle vraiment supporté le fait d'être entourée de parts et d'autres ? Finalement, elle s'y était rapidement accoutumée. Au bout de quelque minutes seulement, submergée par tant de nouveautés, seule la fascination avait fait tanguer son esprit. Son appréhension avait été de courte durée et n'avait laissé de place que pour une observation intéressée de ce nouvel environnement.

« Je comprends votre mère. Il est courant que des Üniks se sentent mal à l'aise en présence de Qantiks, sans doute à cause de la rébellion... »

Elle y songea un petit moment. Le temps de se remémorer tout ce qui avait été fait. Une question lui vînt alors à l'esprit. Comment étaient-ils, les Qantiks qui avaient eu le courage de se rebeller ? Étaient-ils d'ores et déjà d'une nature désinvolte ou bien avaient-ils accumulé un trop-plein d'émotions et s'étaient sentis obligés de mettre fin à tout ça ? Oui, elle se le demandait, et elle essayait d'envisager à nouveau cette possibilité. Une nouvelle rébellion, si ça arrivait, quelle place la brune tiendrait-elle ? Peut-être qu'elle... ne ferait rien, probablement. C'était peut-être lâche de sa part mais, elle détestait les conflits. Les combats inutiles qui détruisaient des familles entières et brisaient des amitiés si fusionnelles, oui, ce genre de combats ne lui plaisaient définitivement pas. Étant une Qantik, elle devrait peut-être réagir en fonction de sa race, se venger des Üniks. Hm bof, ça lui paraissait juste fatigant. Et puis, regrouper tous les Üniks dans le même sac n'était pas une bonne chose. La haine et la vengeance étaient également le genre de sentiments qu'elle s'était interdit de ressentir. A la question d'Olivia, Areïa esquissa un sourire amusé, découvrant un peu plus sa jambe afin que son interlocutrice puisse la voir sans mal.

« Absolument pas. Les seuls moments où ça l'a été, étaient lorsque j'ai perdu ma jambe, bien entendu, et lorsque l'on a mis cette prothèse. Au début, c'est douloureux et on ne possède plus d'équilibre mais on s'y habitue. Mais la douleur physique n'est pas comparable avec l'état psychologique. Quand on perd un membre, il n'est pas facile de l'accepter. Et accepter le fait d'être Qantik l'est encore moins. Mais je l'ai bien vécu. Je n'ai jamais ressenti du mépris ou de la haine pour les Qantiks alors je suppose que pour moi, ça été plus facile à accepter que pour d'autres. »

C'est vrai, perdre sa jambe ne l'avait pas laissé sans cicatrices. Au début, elle avait été complètement désorientée, dans un état de choc incomparable, elle avait même été incapable de pleurer, que ce soit pour son nouveau statut d'unijambiste ou pour la mort de sa mère. Devenir Qantik avait certainement été plus facile pour elle que pour certains qui auraient autrefois détesté cette race mais, tout naturellement elle aussi, avait eu du mal à l'accepter. C'était difficile de voir que vos anciens concitoyens ne vous regardaient qu'avec un mépris redoutable et que vous aviez même perdu votre statut d'être vivant simplement parce-que vous aviez été privé d'un membre. Malgré tout, ce n'était ce qu'elle tirait de cette aventure. Aucune haine, pas de vision négative des choses non plus. Enfin, elle s'aveuglait peut-être elle-même.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Mer 21 Jan - 7:39

Cette jeune femme, qantik de son état, avait tout d’une poupée de porcelaine et avait parfaitement sa place dans les rues de la capitale de l’élite. Du moins c’est ce que pensait Olivia en la voyant déambuler, en l’écoutant parler. Elle ne savait pas exactement tout ce que pouvaient faire les qantiks qui se faisaient embauchés comme domestiques mais une idée lui effleura l’esprit, certains pourraient tout à fait avoir leur place dans le monde des arts par exemple. Peut-être que certains y étaient déjà installés, la brunette n’en savait pas grand-chose. Mais Areïa marquait un point ; la rébellion des qantiks contre les üniks avait mené certains üniks à leur refuser toute liberté et une place qui pouvait leur revenir de droit compte-tenu de leur ancien statut. Voilà une autre question qui rendait Olivia curieuse, quelle vie avait bien pu mener la jeune qantik pour se retrouver avec cette prothèse ? Parlons-en d’ailleurs de cette prothèse qui la rendait également curieuse – tant de curiosité dans un si petit être. La qantik ne semblait pas s’être offensée de sa question, une chance, elle lui montra même un peu plus le travail d’orfèvres qui avait été réalisé par les scientifiques.

« Je comprends parfaitement, enfin je pense que je comprends parfaitement. J’ai encore tous mes membres. C’est un travail remarquable, si certains sont effrayés par les qantiks, je trouve que vous êtes, toi et tes semblables, des chefs-d’œuvre. Vous pouvez continuer de vivre grâce à ces modifications, si le cours de l’histoire avait été différent, peut-être que vous auriez tous conservé vos vies d’avant qui sait … Oh pardon, je m’égare. Tout ce que je sais des qantiks, je l’ai lu dans des livres et des revues, je me suis sûrement fait une image trop lisse de tout cela. »

La réalité devait être bien plus dure et sombre qu’Olivia se l’imaginait. Se voir remplacer un membre aussi important qu’une jambe par une prothèse, quand bien même le geste était magnifique, devait être un grand choc pour la jeune femme. Sans compter que comme elle l’avait mentionné, ce qui avait été douloureux, c’était la perte de ce membre. Sûrement un accident traumatisant, en parler entre les salades et les poissons n’était pas une bonne idée à la réflexion. Olivia décida de garder cette question sur le passé de la qantik pour plus tard, voire pour jamais, cette fille pouvait décider de repartir chez son maître quand bon lui semblait après tout. Tout en saisissant de nouveaux fruits sur un étal, Olivia se mit à réfléchir avant de reporter son attention sur la ravissante qantik.

« Est-ce que je peux me permettre une question un peu idiote ? *question purement rhétorique, Olivia enchaina aussitôt* Est-ce que tu manges et moi comme nous ? »

La jeune Keegan était comme une enfant curieuse, les questions fusant dans son esprit, même si à la différence d’une enfant, elle parvenait à filtrer les questions qui pouvaient s’avérer trop personnelles et douloureuses. La brunette avisa un coup d’œil rapide à la grande horloge au bout de la rue, sa mère ne lui passerait pas un savon si elle rentrait quelques minutes plus tard, elle avait encore largement le temps de préparer ses gâteaux et Olivia l’aiderait pour aller plus vite. Elle ne pouvait pas rentrer de suite, elle voulait en savoir plus sur Areïa, sur les qantiks, en espérant que celle-ci accepte de se prêter au jeu des questions-réponses. Le panier que portait la jeune femme était cette fois complet, tout était là pour les courses demandées par sa mère, Olivia décida donc d’inviter la jeune femme à boire un thé ou toute autre boisson qu’elle voudrait boire si elle buvait.

« Areïa, comme ton maître te laisse plus ou moins vivre ta vie, que dirais-tu de venir profiter d’un petit moment de calme dans un salon de thé à quelques pas d’ici ? Tu as parfaitement le droit de refuser, je ne m’offenserai pas. J’aimerais juste en savoir plus, pour … ma culture générale. »

D’un geste du bras, Olivia indiqua la direction d’un salon qu’elle fréquentait à l’époque où ses amis se préoccupaient encore vraiment d’elle. L’enseigne flottait au-dessus de la porte, décorée de tout un tas de fleurs que l’on pouvait retrouver dans les divers thés proposés par l’établissement.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Mer 21 Jan - 16:13

Sa rencontre avec Olivia semblait égayer l'esprit de la Qantik, il était plutôt rare de tomber sur des Üniks aussi intéressants. Non pas que les autres eut été dépourvus d'esprit, mais il fallait tout de même reconnaître que peu nombreux étaient ceux qui toléraient qu'un Qantik s'adresse à eux librement. La brune était donc chanceuse, elle pouvait se permettre de s'adresser à son interlocutrice tout en lui faisant part de ses opinions. Seule la barrière de la race semblait les dépareiller. Areïa avait toujours trouvait ça décevant. Elle qui, étant jeune, avait placé tous ses espoirs dans son espèce, elle en avait été véritablement dépitée. Ce n'était pas de son point de vue d'Ünik qu'elle avait été blessée mais plutôt en tant qu'habitante de ce monde, toutes races confondues. Les barrières raciales lui semblaient être ce qui donnait à ce monde autrefois si beau, une fadeur sans égal. Avec le temps, les couleurs qui lui avaient paru si belles s'étaient peu à peu laisser déteindre avec une pluie de larmes causée par les nombreux conflits opposant les différentes espèces. Les conséquences de ces batailles étaient souvent désastreuses et ne laissaient derrière elles qu'une rancœur et un mal de vivre insupportables. Laissant de côté ses pensées accablantes, la jeune femme continuait de suivre Olivia avec une certaine docilité. Une docilité qui ne découlait pas de son rang inférieur mais plutôt de l'éternel respect qu'elle avait pour autrui.

« Oui je mange toujours la même nourriture. Seule ma jambe a subi des transformations, ah non, j'oubliais, je possède également un poumon artificiel... Mais autres organes restent inchangés, il en va donc de même pour mon système digestif. »

Une certaine douceur se décelait toujours sur son visage tandis qu'elle regardait Olivia, un sourire amusé sur les lèvres. Il semblait qu'elle avait trouvé une personne avec une curiosité encore plus forte que la sienne. Et elle ne s'en cachait pas, cette perspective la réjouissait. Pour elle, il était important de savoir qu'il restait des personnes qui s'intéressaient aux Qantiks pour ce qu'ils étaient réellement et non pour leurs aptitudes de machine de guerre. Son regard se baissa sur le panier, il était plein et les ingrédients cherchés y étaient tous. La mère d'Olivia pourrait certainement faire de bons petits plats avec ça. D'ailleurs, comment était-elle ? La brune leva à nouveau la tête vers sa nouvelle connaissance, l'analysant avec plus d'attention que précédemment. Elle était vraiment belle, des cheveux ébènes et des yeux d'une couleur... Indescriptible. Oui, la jeune Ünik était pourvue d'une rare beauté. Pour Areïa, il y avait plusieurs sortes de personnifications de la beauté. Il y avait les personnes qui étaient belles mais d'une platitude affligeante et il y avait celles qui étaient belles et dégageaient une étrange aura. Elle classait Olivia dans la seconde catégorie. Elle n'était pas juste une jolie fille, quelque chose de bien plus noble émanait d'elle, de quoi fasciner davantage la Qantik. Elle ne camoufla d'ailleurs pas son sourire des plus ravis lorsque l'Ünik lui proposa de prendre un thé avec elle. Et, sans la moindre hésitation, elle hocha rapidement la tête, accompagnant le geste de quelques paroles.

« J'aimerais beaucoup ! Oui, mon maître est bien trop passif et occupé, ce genre de choses ne le dérangerait pas le moins du monde. J'essaierai de vous en apprendre autant que ce que j'en sais sur les Qantiks. Même si mon savoir sur le sujet est assez limité puisque je ne fréquente pas beaucoup mes congénères. » Fit-elle avec une certaine gêne.

Elle n'avait pas honte de ne pas avoir un savoir complet sur sa race mais le fait de laisser Olivia dans l'insatisfaction l'embêtait beaucoup plus. Elle ne la connaissait que très peu et pourtant, bizarrement, elle avait peur de la décevoir. C'était étrange, elle qui prétendait vouer un culte à la solitude, elle avait soudainement peur que cet échange ne prenne fin. Finalement, la compagnie, ce n'était pas si mal que ça.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Ven 23 Jan - 7:40

Olivia disposait donc d’une information complémentaire à propos d’Areïa, information qu’elle ne pouvait néanmoins pas définir comme valable pour tous les qantiks. La jeune s’alimentait toujours comme n’importe quel autre être vivant de ce monde, mais uniquement parce que seuls sa jambe et son poumon étaient artificiels. Si l’on pouvait le dire ainsi, car c’était déjà beaucoup. Mais peut-être pouvait-elle en déduire que seuls les qantiks dont d’autres organes avaient été remplacés par des matériaux artificiels ne se restauraient plus de la même manière ? Elle devrait rencontrer un scientifique un jour, pour obtenir ces réponses-là sans avoir à se montrer trop pressante et curieuse auprès d’une personne qui n’apprécierait peut-être pas. Areïa répondit positivement à sa proposition de faire un tour dans un salon de thé, tant mieux, elle pourrait continuer à papoter. La curiosité de la jeune élite ne connaissait aucune limite, à part peut-être l’autre en face évidemment. Combien de fois s’était retrouvée toute seule car jugée trop curieuse ? Elle ne comptait plus à vrai dire, certains étaient capables de supporter cela, d’autres non, elle appréciait les premiers et pouvait parfaitement vivre sans les seconds.

« Très bien, allons-y dans ce cas. C’est juste là-bas, à quelques mètres. »

D’un ton enjoué, autant que possible, Olivia indiqua la direction avant de démarrer la marche. Elle connaissait ce salon de thé par des amis, perdus depuis mais passons, c’était un endroit calme et agité en même temps. Des élites en tout genre s’y retrouvaient, la proximité des théâtres donnait à l’endroit un côté bohème amusant alors que le nombre de vieilles matrones de l’élite lui donnait son côté cosy et guindé. La brunette avait toujours trouvé ce mélange des genres plutôt amusant, les vieilles piaillant souvent sur les acteurs qui venaient se rafraichir un instant alors que ces derniers se permettaient parfois quelques moqueries. Mais tout se passait toujours bien, jamais une bagarre n’éclatait ; en même temps, qui voudrait coller une tarte à une dame de plus de soixante ans, il fallait être idiot. Un doute effleura l’esprit de la jeune bourgeoise, les qantiks étaient autorisés dans l’établissement ? Sans doute que oui, rien n’indiquait le contraire. Et elle n’aurait qu’à reprendre son mensonge précédent si d’aventure quelqu’un se mêlait de ses affaires. Elle poussa la porte qui activa une discrète petite cloche, les serveurs et serveuses présents dans la salle les saluèrent avec que l’un d’entre eux, plus âgé, ne viennent les saluer personnellement. Une table pour deux près de la fenêtre leur fut assignée et des cartes distribuées. Une fois le serveur éclipsé, Olivia adressa un sourire à la qantik.

« C’est moi qui offre, une maigre récompense pour toutes mes questions. Prends ce qui te fait envie. »

La carte levée à hauteur de son visage, seuls ses yeux restaient visibles, observant çà et là la rue à travers la fenêtre ou encore la jeune qantik en espérant que cela ne la dérangerait pas de se voir offrir une collation. Son choix se porta comme à son habitude sur un thé parfumé aux agrumes et relevé aux épices, le goût était étonnant mais lui rappelait le pain d’épices que faisait parfois sa mère. Sa mère … il faudrait tout de même qu’Olivia surveille l’heure, elle n’avait envie que la matriarche Keegan lui fasse la leçon pendant des heures sur « ce que signifie d’être à l’heure, volume 3 » mais pour l’instant, elle avait un peu de marge. Le serveur s’approcha de nouveau, pour prendre leurs commandes cette fois-ci, Olivia énonça la sienne et laissa à Areïa le soin de demander ce qu’elle voulait. Dès que le serveur eut tourné les talons, la brunette appuya ses coudes sur la table devant elle et posa son menton sur ses mains, observant la qantik.

« Areïa je suis curieuse … Encore. Tu as parfaitement le droit de ne pas me répondre et de t’énerver, mais je me demandais, qui étais-tu avant cela ? Comment … comment as-tu perdu ta jambe et ton poumon ? »

Rien de tel que de partager un thé en parlant d’un événement traumatisant. Olivia ne voyait pas de raison d’éviter ce sujet, après tout il était la raison même de la présence d’Areïa avec elle ce jour précis, sans événement traumatisant pas de prothèse et donc pas de nouveau statut de qantik. Pas de nouveau statut de qantik, pas de vieux bonhomme étroit d’esprit et donc pas de sauvetage. Une petite voix lui souffla qu’elle allait encore trop loin et que c’était sûrement pour cela que bon nombre de ses amis ne lui parlaient plus ou peu.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Sam 24 Jan - 16:29

Areïa acquiesça, commençant déjà à emboîter le pas. Son regard parcourut les rues une nouvelle fois, prenant le temps de décrypter chaque faits et gestes. Son esprit semblait être étonnamment calme, comme apaisé par l'écoulement fluide des diverses conversation, la sensation de ne plus être seule et le ciel qui offrait à ceux qui vivaient sous son toit, un bleu des plus surprenants. La brune sourit, si elle en avait l'occasion, elle dessinerait cette scène. Une scène simplette mais jolie. La douceur qu'elle dégageait pouvait être insaisissable pour qui ne savait l'apprécier à juste valeur. Mais étant artiste, la jeune fille percevait sans mal cette harmonie presque solennelle. La brune s'assit donc contre la fenêtre, calant machinant l'un de ses coudes sur la table, afin de tenir sa tête appuyée dans l'une de ses paumes. Ses yeux ne se décidaient pas à se séparer l'extérieur, ainsi, elle regardait par la fenêtre, une once d'admiration planant dans son regard. Cependant, la Qantik redescendit rapidement de son nuage quand l'un des serveurs leur donna des cartes afin qu'elles puissent prendre commandes. Ravie par le sourire qu'Olivia lui avait été adressé, elle le lui rendit avec une gaieté hors du commun, prenant une carte en main afin de sélectionner une boisson parmi celles proposées. Autrefois habituée à ce types d'endroits, elle en avait malheureusement vite oublié les coutumes ou les boissons proposées. Complètement perdue, elle finit par choisir le même thé que celui que l'Ünik avait choisi, ne quittant pas son sourire, toutefois, celui-ci s'était mêlé à une légère que l'on percevait à peine.

« Merci pour le thé. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas eu l'occasion d'en boire... » Souffla-t-elle tandis que le serveur venait prendre leurs commandes.

Elle indiqua donc qu'elle prendrait bel et bien comme Olivia. Une fois le serveur parti et un peu plus à l'aise dans cet endroit qui lui avait d'abord paru légèrement hostile parce-qu'inconnu, elle se cala plus confortablement sur sa chaise, observant son acolyte au passage, cette dernière lui demandant comment elle avait pu perdre l'une de ses jambes ainsi que l'un de ses poumons. C'était amusant mais, à chaque fois que cette question lui était posée, elle ne ressentait pas vraiment de malaise. En fait, elle se demandait plutôt comment elle allait faire le tri. Que fallait-il qu'elle dise exactement ? La perte de cet organe et de cette jambe n'était pas arrivée comme ça. Ce n'était pas juste un accident, c'était une accumulation de faits. Mais elle se voyait mal faire part de la dépression de sa mère décédée...

« Avant ma renaissance en tant que Qantik, j'étais une Ünik qui vivait plutôt bien. Ma famille n'était pas spécialement fortunée mais elle n'était pas pauvre non plus. Nous ne manquions de rien. Mes parents étaient jeunes, ils m'ont eu très tôt si bien que le temps n'avait pas eu le temps de faire ses preuves. Mon père a rejoint les Hybrids peu de temps après ma naissance, nous abandonnant ma mère et moi. Je ne l'ai pas mal vécu, les autres élèves me rejetaient mais je l'ai bien vécu, ils pouvaient bien penser ce qu'ils voulaient, ça m'était égal. Suite au départ de mon père, ma mère a tenté de se remettre, s’unifiant à un nouvel homme. Malheureusement, il n'a pris soin ni d'elle, ni de moi. Ma mère a donc fait une dépression. Elle a voulu mourir mais pas seule. Elle s'est jetée du haut d'une falaise, m'entraînant avec elle. Je n'ai pas lutté, à ce moment-là, moi aussi je voulais mourir. »

Elle marqua un silence, reprenant son souffle. Areïa n'était pas du type à s'apitoyer mais tout déballer comme ça n'était pas quelque chose de simple parce-qu'elle ne savait ce qu'il fallait qu'elle passe sous silence. Il y avait bien quelque chose qu'elle avait gardé pour elle : sa saleté. Souillée par les mains d'un beau-père vicieux, elle n'allait pas directement en faire part à Olivia. Que penserait-elle d'elle si elle le lui disait ? Qu'elle était abominable, sale, dégoûtante ? Non, elle ne devait pas en parler, elle ne voulait pas qu'on la voie comme ça.

« Mademoiselle Olivia, vous devez penser que j'ai été faible de vouloir mourir, tout comme ma mère mais ne me jugez pas s'il-vous-plaît... Je ne suis pas comme ma mère. J'ai survécu, j'ai lutté parce-que je me suis rendue compte que je voulais vivre... Même en étant ce que j'étais. »

Son expression faciale ne s'était changée à aucun moment, c'en était presque effrayant. Son sourire avait persisté jusqu'à la toute fin du récit, ne laissant aucun repos à ses lèvres qui semblaient d'ailleurs en être fatiguées.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Lun 26 Jan - 9:44

Areïa la remercia pour ce thé, ce qu’Olivia accueillit d’un geste de la main et d’un sourire. Ce n’était pas grand-chose, en fait c’était même la moindre des choses vu qu’elle se montrait immensément curieuse à propos de la jeune qantik et que cela pouvait être dérangeant. La jeune femme continua finalement en répondant à la question que lui avait posée la bourgeoise, comment en était-elle arrivée là en somme ? Elle apprit qu’Areïa était autrefois ünik comme elle, sûrement membre de l’élite, mais la vie n’avait pas été douce pour elle. Un père qui avait fui, une mère dépressive à cause d’un beau-père qui s’en fichait. Et finalement le dénouement tragique de cette histoire, un dénouement qui noua la gorge de la brunette, autant de malheur pour un seul être paraissait surréaliste, et malgré tout, Areïa était toujours là et plus surprenant encore, elle évoquait tout ceci avec le sourire. Bien évidemment, Olivia n’était pas dupe, elle savait que le plus éclatant des sourires pouvait cacher bien des tristesses, sa mère en était la preuve vivante même si elle ne parlait que peu de son père, mais c’était tout de même toujours surprenant. Le serveur avait déposé les tasses et la théière sur la table sans qu’elle n’y prête attention, concentrée sur les dires de la jeune qantik. Celle-ci conclut en lui demandant de ne pas la juger, mais comment pourrait-elle la juger de toute manière ? Olivia était beaucoup de choses, elle était peste, prétentieuse, curieuse comme un chat, mais pour rien au monde elle ne jugerait des actes aussi tragiques.

« Non je … je ne me permettrais pas une telle chose et … au contraire, en voyant la façon dont peuvent être traités les qantiks alors je te trouve plutôt forte d’avoir continué de vivre. Je suis désolée d’apprendre tout cela, cela n’a pas dû être facile. »

Elle se sentait idiote, poser cette question était à double tranchant elle le savait bien, et elle ne s’était pas attendu à une histoire joyeuse ou à un accident de vélo pour expliquer ces prothèses. Dans un mouvement désespéré pour changer l’atmosphère qui lui semblait soudain bien lourde, quand bien même la qantik se montrait toujours souriante, Olivia se lança dans la préparation des deux thés. Tout était toujours parfait dans cet établissement, on leur avait amené les tasses, les deux boules à thé et la théière dont s’échappait une légère vapeur. Une fois les deux tasses servies, elle avança celle d’Areïa vers la qantik avant de se hasarder à une autre question, une ou deux d’ailleurs.

« Areïa pardonne-moi ma curiosité mais … depuis quand es-tu ainsi ? »

Son sourire pouvait peut-être s’expliquer par un détachement certain si ce drame remontait à loin, bien qu’à en juger par l’apparence de la jeune femme, elle n’était pas bien vieille donc il y avait peu de chance que cela remonte à vingt ans. Olivia goûta une gorgée de thé et décida de retirer la boule à thé, jugeant qu’il avait suffisamment de goût ainsi. Elle reprit alors brièvement la parole.

« Sache que je me montre curieuse mais tu as le droit en retour de l’être aussi. »
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Lun 26 Jan - 19:40

Le fait qu'Olivia ne la juge pas avait rassuré la Qantik qui avait toujours été effrayée des réactions que l'on aurait pu avoir suite à de tels aveux. Reconnaître qu'elle avait déjà plus ou moins tenté de se rapprocher de la mort n'était pas quelque chose de simple. D'ordinaire, la brune n'était pas du genre à se soucier de l'opinion d'autrui mais elle préférait ne pas s'étaler sur le sujet, même si elle paraissait insensible aux remarques désapprobatrices des autres, elle devait bien admettre que ces même remarques la blessaient. La jeune femme remercia l'Ünik d'un hochement de tête, s'emparant de sa tasse pour la porter à ses lèvres avec une certaine lenteur. D'abord, elle l'approcha de sa bouche afin de s'assurer que la boisson n'était pas trop chaude, ensuite, elle laissa un léger souffle s'échapper afin d'être certaine qu'elle ne se brûlerait pas. Une fois tous ces procédés respectés, elle dégusta son thé. Même si son statut de Qantik écarté de toute forme de civilisation l'avait quelque peu perdue dans les manières à adopter en société, on décelait tout de même facilement de vieilles habitudes de sa vie antérieure. Des gestes coordonnés qui s'organisaient avec une once de grâce, telles étaient les actions et mimiques de la brune.

« Ne soyez pas gênée mademoiselle Olivia, répondre à vos questions ne me dérange pas. Eh bien, je dirais que je suis ainsi depuis deux ans... Deux ans, déjà... Vous savez, j'ai eu de la chance. Lorsque j'ai perdu ma jambe, une famille d'Ünik s'est occupée de moi. C'était des gens biens... »

Une pointe de nostalgie s'était mêlée à sa voix. Sa voix d'habitude si chantante s'était quelque peu éteinte, désormais, tout le poids de la bonne humeur pesait sur ce drôle de sourire dont elle ne se défaisait jamais. Elle aimait beaucoup parler avec Olivia et était même heureuse que l'on s'intéresse autant à elle. Mais ressasser le passé entraînait des retours en arrière inévitables. Elle revoyait le visage de sa mère. Ne mentons pas, cette vision la faisait tiquer mais la jeune femme prenait soin de l'écarter, obstruant ses sentiments. Elle était toujours comme ça, trop lâche pour affronter son propre ressenti. L'image de Nikolas lui revint également, cette dernière apportant avec elle une certaine chaleur. Ah, ce cher Nikolas, c'était fou ce qu'il lui manquait. Elle ne le reverrait sans doute jamais. Désormais, ils appartenaient à deux mondes différents et elle ne pouvait rien y faire. Peut-être même qu'elle ne voulait rien y faire. Prendre le risque de bouleverser à nouveau l'univers de son ami, elle préférait encore sacrifier son amitié plutôt que de l'entraîner avec elle dans un gouffre sans fin. Areïa releva à nouveau son visage vers Olivia, réfléchissant à ce qu'elle pourrait bien lui poser comme question. A vrai dire, elle aussi était curieuse. La race des Üniks n'était pas le sujet sur lequel elle la questionnerait, elle en savait déjà beaucoup sur cette espèce, en ayant elle-même autrefois fait partie. En revanche, la brune qui se tenait en face d'elle éveillait davantage sa curiosité. Auparavant, elle n'avait pas osé lui poser des questions mais puisque la jeune femme avait déjà brisé la glace en matière de questions, elle considérait qu'elle pouvait elle aussi se permettre quelques folies.

« Eh bien, je me demandais... Vous m'avez parlé de votre mère et de sa réticence envers les Qantiks. Est-ce seulement dû à la rébellion ? »

C'était une question personnelle et elle espérait que son rang inférieur n'indisposerait pas Olivia à y répondre. D'ailleurs, si cette dernière évitait la question, elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Même si elle ne pouvait démentir sur le point suivant : elle souhaitait réellement en savoir plus. Areïa observa longuement son interlocutrice, elle s'en rendait à peine compte mais il y avait des moments où elle avait tendance à effacer la frontière des espèces et des rangs. Ainsi, lorsqu'elle regardait sa nouvelle connaissance, inconsciemment, elle espérait voir en elle davantage une amie qu'une Ellite à qui elle aurait simplement rendu service. Mais si elle voulait réellement devenir amie avec la brune, il allait falloir qu'elle lui avoue qu'elle n'était pas une Qantik possédant un maître. Ce à quoi elle n'était pas encore prête et la jeune Ünik ne l'était probablement pas non plus.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Jeu 29 Jan - 7:50

Deux années, voilà donc le temps depuis lequel Areïa avait quitté une caste de la société pour en rejoindre une autre, plutôt forcée par le cour des choses d’ailleurs. Silencieuse et concentrée, Olivia l’écoutait tout en dégustant son thé qui était encore un peu trop chaud, mais cela ne la dérangeait pas plus que ça, cela permettait de se réchauffer face à ces histoires plutôt froides et tristes. Ces derniers aveux sur son passé semblaient avoir bouleversé la jeune qantik plus que les histoires précédentes, peut-être était-elle plus attachée à cette famille qui l’avait recueillie qu’à sa famille de sang. A ce stade, Olivia ne pouvait pas être certaine, mais elle ne pouvait pas non plus continuer à poser des questions, surtout quand Areïa affichait un sourire qui ne masquait que difficilement la tristesse et la nostalgie. La jeune femme se décida finalement à prendre au mot les paroles de l’élite et lui posa une question. Et une question intéressante d’ailleurs. La brunette prit une nouvelle gorgée de thé avant de reposer sa tasse, gardant ses mains autour de la porcelaine brûlante pour reprendre d’un air pensif.

« Hum … je ne saurais pas vraiment dire pourquoi, ma mère s’intéresse vaguement à l’histoire et à l’actualité, pour la première elle n’a simplement pas eu une éducation digne de ce nom, pour la seconde tant que cela ne touche pas son quotidien … Non en réalité, je sais que ma mère n’apprécie guère de se faire servir. Elle a grandi dans sur les Docks, sa famille vivait à Nordkia, alors elle a appris à se débrouiller seule, du coup nous n’avons aucun domestique, ni qantik, ni ünik. Je pense qu’il s’y a un soupçon de réticence en elle envers les qantiks, c’est qu’elle se fie uniquement à ce qu’elle peut entendre, mais j’espère bien qu’un jour elle changera d’avis *reprenant une gorgée de thé* Peut-être pourras-tu passer lui rendre visite et lui montrer que les qantiks savent aussi être des demoiselles raffinées ? »

Olivia adressa un sourire à la qantik, évidemment elle ne s’attendait pas à ce que la jeune femme accepte de venir rencontrer sa mère de suite, d’ailleurs celle-ci accueillerait sans doute mal la nouvelle d’une invitée imprévue. Mais peut-être que plus tard, si Areïa était de nouveau libre de ses mouvements, elle pourrait passer. Olivia regrettait que sa mère ne cherche pas plus à connaître les autres, si son père avait été pareil, la jeune bourgeoise n’existerait sûrement pas. Elle devait tenir sa curiosité quant au monde de son défunt père, il faut croire.

« Si je peux me permettre une autre question Areïa, toi que pense-tu de cette rébellion ? »

Le sujet était peut-être sensible là aussi, mais la bourgeoise avait envie de savoir ce que pensait une qantik somme toute assez calme et raffinée d’un événement qui avait bouleversé les agissements des siens et les réponses des Üniks à ces agissements. La nuit des âmes, cette cérémonie à l’orée du bois, lui avait montré que les divers peuples qui habitaient ce monde pouvaient s’entendre et arrêter de se battre, chacun pouvait profiter de la vie sans avoir à constamment frapper sur les autres. Olivia était sûrement trop idéaliste, mais elle-même avait changé son opinion sur les dockers quelques temps auparavant, peut-être pas tous les dockers évidemment, mais grâce à Neo, la jeune élite avait pu voir autre chose des docks que ce que les autres racontaient, elle avait pu connaître ce que sa mère refusait toujours d’évoquer. Peut-être que les gens gagneraient à être plus curieux après tout.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Lun 2 Fév - 19:07

L'avis d'Olivia la concernant rassurait la Qantik, après tout, elle l'avait tout de même qualifié de « demoiselle raffinée ». Areïa avait donc laissé son sourire s'élargir quant à cette remarque, tout en glissant une main autour de sa tasse de thé afin de la porter à nouveau à ses lèvres. Durant les dernières minutes qui s'étaient tendrement écoulées, ses gestes s'étaient faits répétitifs, machinales et peut-être même semblables à ceux d'un automate. Pourtant, ce n'était pas son habitude d'agir avec une façon si détachée, à l'exception de certaines situations. Mais ce n'était pas non plus quelque chose de tout à fait extraordinaire chez elle. En fait, il lui arrivait d'adopter ce genre d'attitudes crispées lorsqu'elle mettait sa personne de côté, qu'elle abordait des sujets avec un point de vue totalement extérieur. Dans ces moments-là, c'était comme s'il ne lui était rien arrivé, qu'elle ne racontait pas son histoire mais l'histoire de quelqu'un d'autre, qu'elle n'exposait pas son point de vue mais celui d'autrui. Elle avait acquiescé quand l'Ünik lui avait gentiment proposé de rencontrer sa mère un jour, dans l'espoir que cette dernière change d'avis au sujet des Qantiks. Vint finalement une question qui braqua un instant Areïa. Que pensait-elle de la rébellion ? Bonne question, c'était le genre de sujets qu'elle avait toujours soigneusement évité. C'était comme ça avec elle, il était toujours plus facile de fuir plutôt que d'accepter d'être confronté à un dilemme qui nous dépassait.

« Ce que j'en pense ? Je ne sais pas trop, je dois bien le reconnaître... *son regard traduisit pendant un instant son incapacité à répondre* Je pense que c'est quelque chose de triste. A mon sens, la rébellion n'a apporté que de multiples souffrances. Elle a apporté avec elle son lot d'orphelins, de veuves ou veufs... Que du chagrin. *fit-elle dans un soupir déconcerté, le constat ne faisant qu'affliger son esprit* Et pourtant, la rébellion était inévitable. Je comprends les miens, nous Qantiks subissons de mauvais traitements et le fait même de nous apitoyer nous est interdit. Je comprends aussi les Üniks qui se sont probablement sentis trahis. J'aurais aimé que tout se passe différemment, que le sang n'ait pas eu à couler et que les races aient pu trouver un compromis par exemple. Au final, je ne souhaite pas prendre de parti, ou alors, seulement celui de la tolérance et de la non-violence. »

S 'était-elle à nouveau bourrée le crâne de mensonges ? Peut-être. Et, peut-être qu'à force d'être rempli de mensonges comme on aurait rempli le cerveau d'un enfant de multiples connaissances, il finirait par céder. Un trop-plein d'informations et paf, peut-être qu'il y aurait bien une surcharge. Ou pas, seul le temps était maître de ces choses-là. Encore une fois, la brune avait fièrement revêtu cet habit de personnage extérieur à tout ça, trouvant encore le moyen de ne laisser aucune rancœur ternir son esprit. Détestait-elle les Üniks ? Ou bien haïssait-elle ce qu'elle était, une Qantik ? Là encore, comme toujours, la fuite était ce qui était de plus tentant. Son regard profondément ancré sur la surface de l'eau, elle fixait son thé sans sourciller. Bien entendu, elle s'était débarrassée de son sourire, il était plutôt malvenu de sourire lorsque l'on parlait de sujets tels que celui-ci. Mais si aucun sourire ne donnait vie à ses lippes, aucune animosité ne pouvait être décelée dans son regard non plus. Elle lâcha un petit soupir puis reprit rapidement la parole, un de ses sourcils arqués marquant sa curiosité.

« Et qu'en est-il de vous, Mademoiselle Olivia ? Que pensez-vous de cette rébellion ? »

Il y avait une question qui persistait dans son esprit mais qu'elle laissait bien enfouie en elle. « Et vous, vous voyez-nous comme des monstres ? » Mais là encore, elle aurait très bien pu se poser la question à elle-même. Elle se la posait d'ailleurs souvent. Était-elle un monstre ? Le fait même qu'elle ait pu se poser cette question montrait parfaitement qu'elle doutait. En effet, elle était incapable de démentir, d'affirmer qu'elle était simplement une gentille fille, qui vivait sa vie aussi bien qu'elle le pouvait. Elle ne le pouvait pas parce-que tout ça, ça n'aurait été qu'un assemblement maladroit de mensonges.
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MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]   Sam 7 Fév - 14:01

La question était intéressante, maintenant qu’elle avait enfin un qantik « libre » face à elle Olivia pouvait enfin la poser. Que pensait Areïa de la rébellion ? Que pensait-elle de cette guerre civile ou de la situation de certains qantiks qui étaient domestiques tout comme elle ? La jeune femme semblait touchée par cette histoire à vrai dire, et elle avait raison, la rébellion avait porté son lot de tristesse et de drame. Etait-ce la seule façon dont savaient vivre les êtres qui parcouraient ce monde ? Les dockers souffraient pour beaucoup de la façon dont l’élite les traitait, c’était là un autre exemple flagrant des souffrances que les guerres et les tensions pouvaient mener dans un monde qui n’avait sûrement pas été conçu pour cela. Areïa avait un discours fort, touchant, mais aussi sérieux, elle ne s’apitoyait pas sur le sort des uns et des autres, elle préférait se tenir éloignée de tout conflit et semblait espérer dans son for intérieur que tout prendrait fin. La brunette qui sembla pensive un instant reprit finalement la parole pour demander à Olivia ce qu’elle pensait de la rébellion de son côté. La jeune Keegan prit une nouvelle gorgée de thé avant de répondre.

« Je … A vrai dire je ne sais pas trop. J’ai pu voir lors de la Nuit des Ames que les peuples étaient capables d’être en paix, je me demande simplement pourquoi tout a évolué de cette manière. Nous sommes tous des êtres vivants qui peuplons ce monde. Les qantiks étaient autrefois des üniks, des hybrids, alors pourquoi vous rejeter de la sorte ? Pourquoi ne pas simplement voir dans cette science une seconde chance de vivre ? Je désapprouve bon nombre de choses dans notre monde, et pourtant jusqu’à dernièrement, j’étais persuadée que les dockers étaient la pire espèce d’üniks que mère nature ait jamais pensé à créer. Je pense qu’avec du temps, tout s’apaisera, je l’espère du moins. »

Olivia jeta un rapide coup d’œil à l’heure sur la grande pendule près du comptoir. L’heure avançait et sa mère ne tarderait pas à pester, se demander où était sa fille, pourquoi était-elle en retard, ne pensait-elle pas à l’impératif du goûter de l’après-midi. La brunette termina son thé d’une traite avant de baisser doucement la tête, légèrement honteuse de devoir presser ainsi la qantik.

« Areïa, pardonne-moi de te presser de la sorte mais … pourrions-nous continuer cette discussion en marchant dehors ? Ma mère ne va pas tarder à m’attendre devant la porte, et personne n’a envie de la voir en colère. »

Un rire léger ponctua sa phrase alors qu’elle se levait pour aller régler l’addition. Evidemment, elle offrait ce thé à Areïa, et ne laisserait pas la qantik faire autre chose qu’accepter le cadeau. C’était la moindre des choses pour l’avoir assommée de questions. Revenant vers la jeune qantik, Olivia reprit un instant la parole avant de rejoindre la rue toujours aussi animée.

« Ton maître habite-t-il loin d’ici ? Tout ira bien pour toi pour rentrer ? »
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Quand on arrive en ville~ [PV Olivia Keegan]

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