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Joleene [Rp test titre de noblesse]

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Prince de rien (Lukas R.)


RPG
Âge : 27 ans
Groupe: Elite
Inventaire: Archives Book - 2 revolvers

MessageSujet: Joleene [Rp test titre de noblesse]   Dim 1 Fév - 12:47

Sujet:
 

Joleene


Une araignée se promenait sur le plafond sale de la petite chambre. Il était sale et poussiéreux, tel qu'en témoignait sa triste couleur gris terne, un peu jauni. Ce plâtre légèrement craquelé avait la même allure amère que les vieilles choses que l'on laisse tomber en désuétude, faute de soin attentionnés. Par la fenêtre au cadre en bois blanc effrité, on entendait les habitants d'Anathorey vaquer à leurs occupations dans un grand bourdonnement urbain.
Allongé sur un matelas irrégulièrement ferme, Lukas perdait son regard sur la surface plane et sale de ce plafond, sur lequel se promenait une petite araignée noire. Ses petites pattes filaient à toute allure vers un coin de la pièce, oasis lointain comme récompense d'un périlleux voyage pour une aussi petite bête qu'elle. Lukas détourna la tête lentement – malgré l'heure tardive il n'était pas bien réveillé – pour poser son regard sur le pli qu'il avait reçu la veille à son adresse résidentielle. Adresse si lointaine qu'il avait dû s'en retirer pour passer la nuit dans cette petite auberge de fortune. Lukas ne s'attardait pas sur le confort des lieux, qui laissait à désirer. Le contenu de cette lettre l'avait davantage bouleversé que le fait de trouver une araignée dans une chambre d'un ex-futur Duc. Il se redressa sur le lit, et posa ses pieds à terre, comme s'il allait se lever mais qu'un manque profond de volonté lui empêchait de se tenir sur ses deux jambes. Il soupira, et s'empara du pli. Après l'avoir regardé sans qu'une pensée lui traversa l'esprit pendant quelques secondes, il le rangea soigneusement dans sa poche de pantalon, et s'en alla près d'un petit baquet d'eau laissé là pour faire un brin de toilette. Il tâcha de se vêtir correctement, bien que l'occasion qui l'avait poussé à sortir de chez lui ne fut guère aussi réjouissante qu'une soirée mondaine. La prison n'était en effet pas un lieu de liesse libérée.

Dans les rues Sud d'Anathorey, à l'opposé lointain de la résidence de Lukas, les gens se faisaient plus populaires qu'ils ne l'étaient ailleurs dans la Cité. C'était peut-être à cause de la proximité de la ville de Nordkia... Ce nom résonnait dans l'esprit de Lukas comme celui d'un glas qui stoppa net la vie de sa famille. Pourtant, il lui semblait doucereux et synonyme de quelques bons souvenirs. Pour ne pas songer au passé davantage qu'il ne l'aurait fallu, Lukas sortit de la poche de son grand manteau noir un paquet de cigarettes. Il en alluma une sans tarder, et la porta à ses lèvres pour inspirer une grande goulée de tabac, et autres saloperies qu'ils fichaient là-dedans, mais qui faisaient un bien fou quoi qu'on en dise. Alors qu'il consumait peu à peu sa cigarette, il dirigeait ses pas vers la sortie Sud de la Cité. Quand il en franchit les portes, il observa des pancartes de bois, et chercha celle qui indiquait la direction de la prison. Au pied de celle-ci, une grande diligence commune, menées par quatre grands Kokobots attendait patiemment l'entrée de passagers en elle pour les mener visiter la prison. Alors qu'il s'approchait, les cochers lui indiquèrent le départ pour une demi-heure. Les oiseaux émettaient des grognements rauques. Lukas entra dans la diligence, s'assit à l'extrémité de la banquette de cuir inconfortable, et attendit le départ sans mot dire.

Il songeait au contenu de cette lettre qu'il avait reçue hier. L'enveloppe n'avait pas été traitée avec grand soin, et le papier sentait mauvais l'humidité. Ce qui intrigua toutefois le plus Lukas, c'était que l'expéditeur de la lettre l'avait fait depuis la prison, lieu dans lequel il allait se rendre suite à la lecture des lignes fébriles que la lettre contenait. Le sceau de cire de l'établissement était pour le moins sinistre. Il représentait ce qui ressemblait à une balance de la justice, au dessus de laquelle trônaient trois têtes princières, dont on le pouvait toutefois pas bien distinguer les visages. La justice des Princes était réputée pour son autoritarisme exacerbé. C'était au delà de l'absolutisme, un je-m'en-foutisme pour le peuple au delà des frontière de la décence morale. Ces trois-là ne voulaient assurément pas qu'on se mêle de leur politique.
La lettre avait été écrite par des mains que jamais Lukas n'aurait imaginées un jour recroquevillées derrière les barreaux. Il s'agissait de Lady Joleene Midford, fille du comte du même nom. C'était autrefois un homme prestigieux, et influent malgré son faible grade au sein de l’Élite. Lukas était d'ailleurs très surpris que la fille d'un tel homme fut enfermée. Quelque chose de regrettable avait dû  arriver, mais pour l'heure il échappait totalement à l'ancien héritier du Duché Rainforth. Joleene avait toujours été une fille dynamique, douce et très souriante. Elle avait conscience que tout n'était pas rose dans le monde où elle vivait, mais elle faisait toujours en sorte que la vie d'autrui puisse être embellie par son humble intervention. Par un seul clin d’œil, elle était capable de remonter le moral de n'importe qui. Cela faisait des années que Lukas ne l'avait pas vue. Alvis et Ethan étaient encore vivants la dernière fois que Joleene fut aux côtés de Lukas pendant une soirée mondaine. Ils s'étaient tous deux adonnés à un petit jeu de séduction discret, qui traduisait bien l'attirance naissante qui croissait entre eux. Mais suite à cette soirée, il ne revit plus jamais Joleene. Aucune lettre, ni aucune nouvelle par des connaissances en commun. Puis le manoir de Lukas avait été détruit par Ethan, emportant par la même la vie de sa petite sœur. Alors Lukas s'était renfermé dans un royaume sombre, dans la coquille sèche de vieux souvenirs ébréchés, et plus rien n'avait d'intérêt pour lui. La vie, la mort, un but. Tout lui était égal.

Le fiacre se mit en marche soudainement, alors que Lukas avait perdu son regard dans la pleine désertique qui entourait les remparts d'Anathorey. Une vieille femme était montée elle aussi, et lui adressa un sourire nerveux quand leurs regards se croisèrent. Elle avait les mains toutes crispées. Est-ce que Joleene, qui dans sa lettre avait supplié Lukas de venir la voir, broyait aussi ses phalanges de la sorte ? Le jeune homme sentit dans son ventre quelque chose se soulever subitement, comme une masse nerveuse. Il eut des frissons. L'angoisse s'emparait petit à petit de lui. Quelque chose lui disait que cette visite à la prison lui laisserait un souvenir presque aussi âcre que la trahison de son ami.
Le fiacre s'arrêta après quelques temps. Peut-être une heure, peut-être plus. Lukas devait s'être assoupi. On ouvrit la porte aux passagers. Il sortit le premier, et aida la vieille femme à poser le pied à terre. Elle le remercia d'une voix douce, avant d'entrer comme lui dans les bâtiments de la prison. Un gardien sembla la reconnaître, et l'accompagna sur le champ dans un corridor morbide. Lukas regarda le dos courbé de cette vieille femme fatiguée jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision, au détour du bâtiment. Dans l'entrée de la prison, à l'atmosphère verdâtre, se trouvait un seul et unique bureau, derrière lequel somnolait un autre gardien mal rasé. Il avait l'air aussi frais que de la viande oubliée au fond d'un garde-manger. Lukas s'approcha, et montra la lettre à cet homme. Celui-ci bougonna quelque chose dans une purée de mots indescriptible, et fit signe qu'on accompagne Lukas à la cellule concernée. C'est du moins ce qu'il supposa quand on lui demanda de suivre un membre du personnel. Il portait un lourd trousseau de clés à la ceinture. Ils marchèrent en silence dans le bâtiment froid et gris durant de longues minutes. Leurs pas raisonnaient d'un écho étrange, comme s'ils étaient coupés de la vie extérieure. Dans cette prison, il n'y avait que le froid, et le gris, et le silence. A croire qu'il n'y avait pas de détenus. Pourtant les Princes étaient connus pour envoyer n'importe qui en prison, et ce pour n'importe quoi. Mais les détenus ne se manifestaient pas. Peut-être que les cellules étaient totalement hermétiques à l'extérieur... Ces idées étaient déprimantes.

Ils arrivèrent dans un corridor qui ne menait qu'à une seule cellule précisément. Une serrure très sophistiquée permettait l'entrée, ainsi qu'un code à reconnaissance digitale. Cette prison n'était pas totalement délabrée, au contraire elle semblait avoir permis de faire avancer la cause scientifique elle aussi. Le gardien se chargea d'ouvrir la porte, et lança à Lukas un étrange : « Profitez-en bien », dont le sens échappait au jeune homme. Quand il entra dans la cellule toute blanche et circulaire, la porte se referma lourdement derrière lui. Une jeune femme, à la chevelure coupée court de manière tout à fait anarchique, retourna un visage fatigué et pourtant très heureux vers le visiteur. Lukas ne pu retenir un léger mouvement de recule. Joleene avait les yeux vitreux. Ils semblaient aussi vides de vie que ceux d'un poisson qu'on aurait laissé agonisé sur le rivage d'un cours d'eau. Ses joues, autrefois si roses et pulpeuses, étaient désormais toutes creusées et rougies par des ecchymoses. Elle était d'une pâleur diaphane à faire frémir. Ses bras et ses jambes, découverts au vu de l'espèce de loque qui devait lui servir de robe, étaient d'une maigreur affolante. Et pourtant, la jeune femme adressait un sourire soulagé à son ami, qu'elle n'avait pas vu depuis dix ans. Elle se leva à la rencontre de Lukas, et alors qu'elle l'enlaçait gentiment, lui confia combien elle était heureuse de le voir. Lukas posa ses mains sur ses épaules, mais n'osait pas l'étreindre de peur de lui briser la nuque. Comment avait-elle donc pu en arriver là ?

« Pardonne-moi... Après dix ans de silence, je ne me présente pas à toi sous mon meilleur jour, ni dans l'endroit le plus chaleureux... » dit-elle avec regret. Pourtant elle s'accrochait à son doux sourire. Auparavant, cette expression réconfortait Lukas. En ce jour, elle semblait annonciatrice de malheur. Ils étaient tous deux assis de part et d'autre d'une petite table qui traînait dans la pièce. L'autre meuble n'était qu'un lit double. Un grand lit, aux draps défaits. Lukas n'osait pas prendre la parole. Joleene eut un petit rire triste. « Je suis désolée, Lukas. Ce cadre n'est absolument pas adapté à quelqu'un de ton rang » Le jeune homme secoua la tête doucement pour lui signifier que ce n'était pas un problème. Du moins, pas pour lui. « Mais que fais-tu ici ? Quand j'ai reçu ta lettre, j'ai été si surpris... » - « Cette histoire n'est pas très gratifiante. Mais puisque tu es là, je pense que je te dois une explication » Joleene croisa les bras, et laissa glisser son yeux le long du bois clair de la table « Mon père, le comte de Midford, s'est retrouvé totalement ruiné quand j'ai eu dix-sept ans. Notre manoir se situait sur un potentiel filon de minerai. Les Princes ont ordonné la saisie de nos terres, pour que les chercheurs et scientifiques s'emparent de cette richesse. Je crois que cela leur sert pour concevoir les Qantiks ou des armements... » Il y eut un silence. « Les Princes ne se sont cependant pas arrêtés là. Comme mon père avait protesté qu'on viole ainsi sa propriété, le Conseil a saisit toute sa fortune, si bien qu'il ne nous restait plus rien. Rien de rien, pas même une pauvre petite pièce de bronze. Notre famille s'est donc retrouvée sans maison, et sur la paille en à peine quelques jours ». Joleene leva ses yeux fatigués vers Lukas. « Notre titre n'a pas permis que l'on fasse jouer des relations pour nous relever. Les Midford ont été considérés comme des traîtres par le Conseil des Princes. Tout le monde nous a tourné le dos. Alors... » La voix de Joleene se fit plus étranglée et nerveuse. « Alors ma mère a commencé à vendre ses charmes pour que l'on puisse s'en sortir. Cela nous assurait un niveau de vie ridicule. C'était horrible de la voir ainsi dégradée et humiliée. J'avais grand peine pour elle. Malheureusement elle se fit tuée un jour par un client trop capricieux... » Lukas demeurait sans voix tant ce qu'il apprenait était inattendu. « Mon père s'est suicidé peu après. J'avais vingt ans. Et voilà où j'en suis, désormais » dit-elle, en désignant d'un geste sec le cadre de la cellule. « Ça fait sept ans que je suis ici. Comme j'étais seule à vivre dans la rue, les Chevaliers m'ont un jour arrêtée pour vagabondage. Dans Nordkia c'est chose courante, mais ce n'est pas toléré à Anathorey. J'ai donc atterri en prison. Mais je ne suis pas traitée comme un détenu ordinaire ».

« Oui, sept ans de vie entre ces murs. Cela fait sept longues années que je suis devenue la putain des autres détenus. Le directeur de la prison a jugé bon de suivre les conseils de la Princesse Uhltia. C'est-à-dire faire de moi un objet de distractions pour ces messieurs, histoire de calmer leur ardeurs parfois trop brutales. Je ne suis pas la seule fille dans ce cas là, mais plus de quarante visites par soir font que nous ne sommes pas assez nombreuses quoi qu'il en soit. » - « Quel enfer... » dit Lukas, bouleversé par le récit de Joleene. Celle-ci hocha la tête avec résignation. « Je me sens stupide, Joleene... Tout ceci est tellement atroce. Je ne trouve pas mes mots pour... » Il ne parvint même pas à finir sa phrase. Ses mains tremblaient un peu. Joleene lui tendit la main, pour qu'il la saisisse à son tour. « Toutes ces années, je n'ai pensé qu'à une seule personne, durant toutes ces épreuves. Cette personne qui m'avait faite rire aux éclats quand nous nous rencontrions lors de bals. J'ai toujours caressé l'espoir de revoir une dernière fois cette personne durant ces dix dernières années. C'est toi, Lukas. Il fallait que je te revois. Sinon, tout cela n'aurait eu aucun sens » - « Comment cela, une dernière fois ? » demanda Lukas, effrayé par la suite de son récit. Joleene rit de nouveau. « J'en ai eu assez. Il n'y a pas que les détenus qui viennent me voir. Il y a aussi les gardiens. La semaine dernière, j'ai crevé les yeux de l'un d'entre eux, sur ce lit des sales amoures ». Elle désigna le grand lit au draps défaits derrière elle. « Ils n'ont pas attendus de jugement pour que je sois sanctionnée. Ma condamnation à mort a été prononcée. Je ne serais plus de ce monde demain ». Lukas sentit son cœur se glacer d'un seul coup. « Joleene... Ce n'est pas possible... » Elle leva la main pour le calmer. « Tu n'y peux rien. Je n'y peux rien moi-même. J'ai fait ce geste en toute connaissance de cause, et quel qu'en soit le résultat, je m'en fiche. Je n'ai plus envie de vivre de cette manière. J'ai été plusieurs fois enceinte. Pour m'en débarrasser, on m'a donné des coups dans le ventre, suffisamment violents pour me faire avorter. J'ai tellement reçu de coups que je ne peux même plus tomber enceinte. Mon corps n'est plus celui d'une femme. Je ne suis qu'une pauvre pute, qui n'a plus qu'à mourir... » - « Non, c'est faux...! » Lukas s'était levé, choqué et dégoûté par ce qu'il venait d'apprendre. Il ne comprenait pas comment on avait pu traiter Joleene de la sorte. Celle-ci se leva à son tour, et s'avança près de Lukas. « Si je t'ai demandé de venir, ce n'est pas pour être sauvée. Pardonne-moi, je ne t'ai pas raconté un bien joli conte.... Mais je voulais te revoir... J'ai appris le malheur qui a touché ta famille, par les gardiens, et j'ai eu subitement cette envie de te revoir. Je suis bien égoïste. J'ai mis des années pour recouvrer le courage de te contacter. Je voulais paraître belle et mignonne devant toi, comme autrefois lorsque nous étions adolescents. Mais nous n'avons pas toujours ce que nous souhaitons dans la vie... Je voulais voir enfin un homme qui saurait m'écouter, sans rien bouger d'autres que sa bouche pour me répondre » - « Joleene... »

La porte s'ouvrit subitement. Le gardien de tout à l'heure était paru, et informa Lukas que la visite était terminée. Lukas baissa son regard vers Joleene, qui l'enlaça de nouveau. « Merci d'être venu, Lukas... Et merci de m'avoir laissé un si doux souvenir. J'y puiserais ma force, et ferai face à mon destin la tête haute. C'est le devoir de toute lady, après tout...» Lukas ne lui répondit rien que par un sourire forcé, empreint d'une profonde tristesse, et quitta les lieux sans se retourner. Le gardien lui demanda si tout s'était bien passé. Le jeune homme ne répondit rien, par respect pour Joleene. Il quitta les lieux comme il était venu, l'esprit cependant fortement encombré par des pensées obscures.

En pleine nuit, Joleene se réveilla dans sa cellule. C'était bientôt le grand jour. Elle allait mourir d'ici très peu de temps. Elle songea au doux visage de Lukas qu'elle avait eu le privilège de revoir la veille. Sa voix grave, et son air mélancolique. Elle sentit le sel des larmes lui piquer les yeux, mais au fond elle était heureuse. Heureuse d'avoir pu revoir son amour d'antan. Il était toujours aussi silencieux. Mais il était profondément blessé lui aussi. Puisse-t-il retrouver le bonheur... C'était le vœux le plus cher de Joleene.
La porte de sa cellule fut ouverte par un gardien,  la tirant vivement de ses pensées. Ce gardien, c'était celui qui avait raccompagné Lukas la veille. Il avait une attitude très nerveuse, et méfiante. Que lui voulait-il au beau milieu de la nuit ? Joleene s'apprêtait à lui demander si l'heure de sa mort avait été avancée, qu'il lui fit vivement signe de se taire, et de le suivre dans un silence absolu. Quand elle sortit de la cellule, il la verrouilla de nouveau, et emmena Joleene dans les corridors de service. Elle, docile et intriguée, ne demandait pas d'explications. De toute façon, elle allait mourir. Mais le gardien, plus jeune que les autres, marchait d'un pas vif et semblait craindre qu'ils ne soient suivis.
Il finirent tous deux par franchir une porte qui donnait sur l'extérieur de la prison. Mais ce n'était pas un lieu d'exécution. On voyait au loin luire les lumières de Nordkia. Joleene, totalement incrédule, se tourna vers le jeune gardien. « Je ne comprends pas... » - « On s'en tape. Va-t-en, dépêche toi ! » - « Vous me laissez partir ? » s'écria la jeune femme. « Parle moins fort ! Ton ami d'hier... il m'a donné en s'en allant un pactole de fric énorme pour que je te fasse sortir de la prison en secret. J'ai jamais vu autant d'or de ma vie. Avec ça je vais pouvoir quitter cet endroit pourri. Mais la contrepartie à ça, c'était te faire sortir. Il m'a menacé de me faire tuer si je la lui faisais à l'envers. J'ai pas envie que ça arrive, alors...» Joleene sentit en elle une vague d'émotion monter en elle de manière irrépressible. « Il m'a dit de te dire de filer à Norkia. Que là-bas, tu serais accueillie si tu leur disais que tu as été maltraitée par l’Élite. Ne dis pas ton nom de famille, et reconstruis-toi. Il a dit aussi qu'il t'interdisait de revenir à Anathorey.» Il se retourna vivement, et poursuivi à voix encore plus basse : « Maintenant dégage ! Je mettrais en scène ta mort, et ferais croire que c'est moi qui t'ai tuée cette nuit. Le reste ne te concerne plus maintenant. Pars, tu es libre, ce mec a payé pour que tu vives ! » Et il s'en retourna dans la prison. Joleene leva les yeux vers ces remparts de pierre qui l'avait maintenue prisonnière pendant sept longues années. Plus haut, le ciel était encore d'un noir d'encre.
Joleene se tourna vers la plaine dans laquelle soufflait un vent chaud, et se mit à courir, de toutes ses forces, aussi vite qu'elle le pu. Elle eut envie de hurler, pour voir si elle était bien vivante. Et elle l'était. La douleur de ses muscles qu'elle torturait pour avancer était intense, mais cela ne faisait que renforcer sa volonté de vivre. Quand elle fut arrivée au petit matin sur les Docks de Nolmë, elle se laissa tomber à terre. Des aviateurs plus loin la remarquèrent, et coururent dans sa direction. Joleene s'était retournée, et aperçu très loin un petit point de pierre blanc. Anathorey, la cité dans laquelle devait s'en être retourné son ange gardien.

Dans la petite chambre de l'auberge d'Anathorey, au petit matin, un pli urgent était arrivé dans la chambre de Lukas. « [i]C'est fait [/bi]» contenait-il simplement. Il était écrit d'une main que Lukas avait su corrompre la veille, pour une cause qui toutefois lui semblait être la bonne. Pour la première fois depuis sept ans, Lukas pu sourire en se réveillant. Une douce chaleur familière étreignait son être, comme lorsqu'un très précieux ami vous remercie de l'avoir sauvé.

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