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La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]

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Animaliste (Elindeyë Eären)


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Inventaire: Quelques carnets, une plume d'aigle, une griffe de chat sauvage, une dent de loup et un fragment de bois de cerf. Un journal "magique" (avec le stylo a froufrou).

MessageSujet: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Lun 2 Mar - 3:50


Rosa & Cervi
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la Corne et l'Epine

- Rencontre -

Iryelle & Elindeyë


"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

Je rouvre les yeux, ayant terminé de rendre hommage a la Déesse Mère par la prière. J'avais besoin de venir ici. Seul. Aorü aurait voulu m'accompagner, il me l'a d'ailleurs demandé, mais j'ai refusé. J'ai bien vu qu'il ne comprenait pas, j'ai même peur de l'avoir un peu blessé. Lui qui a tant fait pour moi. Je lui dois tellement. Presque tout a vrai dire. S'il n'avais pas été la, je serais mort. Et s'il ne m'avais gardé prés de lui, s'il ne m'avais pas appris tout ce qu'il sais, je serais encore en train de courir a moitié nu dans la forêt, comme le sauvage que j'étais il y a quelques années, et que je suis encore quelque part au fond de moi. Je suis venu ici pour me ressourcer. La trouvaille des carnets de ma mère m'a beaucoup bouleversé. Retrouver ses propres souvenirs, racontés par une autre personnes que soit même, c'est assez étrange comme sensation. Et ne connaitre ses parents qu'a travers des mots couvrant les pages usés de vieux journaux intimes est assez dur a vivre. Je sentais le besoin de ne faire plus qu'un avec la nature, de retrouver quelques instant la communion avec le monde spirituel. De me ressourcer une dernière fois en ces lieux. Une dernière fois ... Avant le départ.

J'ai décidé de poursuivre la quête de mes parents. Je ne sais pas ce qu'il adviendra, ni même si j'y arriverais, mais je sens que c'est mon but, que je suis fait pour ça. L'Arbre Légendaire s'est réincarné quelque part, j'en suis intimement convaincu. Et cette foi, cette croyance presque irrationnelle sera mon moteur pour avancer dans la vie malgré l'adversité et pour surmonter tous les obstacles qui se dresseront en travers de ma route. J'espère que Aorü comprendra. J'aimerais ... J'aimerais qu'il m'accompagne, il est tout ce que j'ai connu depuis que j'ai appris a vivre comme un Hybrid normal. Voyager sans lui, ce serait comme me priver d'une partie de mon cœur, comme exciser une part de mon âme. Je ne me sentirais jamais totalement complet ... Ni apaisé. Sa voix est la seule chose qui me rassure lorsque l'angoisse m'étreint. Aorü ... Mon sauveur, mon frère de cœur, mon âme sœur même.

J'inspire profondément. La pureté de l'air ici est vivifiante. Cet endroit est magnifique. Chargé de mystère et d'énergies pures. A croire que toutes les énergies spirituelles de la forêt convergent en ce point. Le bruit assourdi des cascade me parvient entre les chants des oiseaux et les bruissement des arbres. Aucun bruits parasites ne viens gâcher cette merveilleuse mélodie de la nature. Je jette un regard serein autour de moi. Ce lieu a quelque chose de féerique. Les arbres noueux sont nimbés d'une lumière qui semble ne venir de nulle part. Leurs branche s'enchevêtrent, formant une sorte de voûte au dessus de ma tête. Leurs feuillage épais et parfumé bruisse sous le souffle d'un vent léger. Tout ici est un hommage vivant la Mère Nature, vivant et respirant la pureté. Je suis toujours assis sur l'herbe verte et grasse, en tailleurs, le corps légèrement rejeté en arrière pour profiter des rares rayons de soleil perçant a travers cette voûte arboricole et de la petite brise, mes mains enfoncé dans l'herbe de la clairière. Je me sens bien. En parfaite harmonie avec moi même, mais aussi avec tout ce qui m'entoure, avec la Nature elle même. C'est une sensation grisante, qui apporte un bien être proche de la béatitude.

Je finis par exhaler un long soupir d'aise et me relève, décidé a repartir a regret de cet endroit enchanteur, pour rejoindre Aorü. Je viens rarement ici, de nombreux autres membres de mon peuple viennent s'y recueillir ou simplement s'emplir de l'atmosphère rassérénante qui y règne. Je fuis la compagnie des autres. Mais aujourd'hui il ne semble n'y avoir personne. Je m'apprête a quitter les clairières quand quelque chose attire mon esprit. Je sens un animal, un cervidé, tout proche. Mais celui ci n'est pas habituel. Son esprit semble ... Plus "pur" ? C'est la première fois que je ressens quelque chose de cet acabit. Il ne dois pas être loin. Je me fais silencieux et évolue au travers des branchages. Épiant les alentours, cherchant la source, le réceptacle de cette pureté, le véhicule de cet esprit animal.

Soudain, je le vois, paissant tranquillement dans une petite étendues d'herbe entourée de bosquets épais. C'est un Deeresper. Je n'en avais jamais vu. Cet animal est absolument magnifique. J'admire ébahi la blancheur de sa fourrure, le halo lumineux qui l'entoure, ses cornes solide s’élançant vers le ciel dans une sublime arabesque, la ligne gracieuse de son cou, son port altier ... Cet animal est une splendeur a nulle autre pareille. Je retiens mon souffle de peur de l'effrayer et de le voir fuir. Il est interdit de s'en approcher, et a plus forte raison d'en toucher un. Je ne veux même pas tenter de communiquer, le simple fait de pouvoir l'admirer est un présent que m'offre la Déesse Mère et je compte bien savourer chaque seconde de cet honneur qui m'est fait. Tant et si bien que je perds momentanément la notion de la réalité. Plus rien n'existe a mes yeux que l'animal incroyable qui évolue sous mon regard admiratif.

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Lun 2 Mar - 5:03






 
La Corne et l'Épine

Iryelle
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Je rouvre les yeux et je laisse le vent sauvage et doux s'emmêler dans l'océan de terre parsemé de roses qui me couvre la tête. Pour la première fois depuis très longtemps, mes pensées ne vagabondent pas dans mon crâne et restent bien à leur place, rangées dans un coin de mon cerveau hors de ma portée. Je suis en paix et la mélodie qui s'écoule hors de mes lèvres comme un ruisseau d'eau claire et scintillante renforce le bon sentiment qui m'enveloppe comme une couverture de satin. Je me sens forte, libérée d'un poids qui faisait pression sur mon coeur constamment. Je me sens libre et légère comme un pétale de rose. Pas une seule goutte de rosée pour alourdir mon chemin, pas même un nuage pour couvrir le soleil qui me réchauffe de ses rayons. Mes pieds nus foulent la terre comme si chaque pas était allégé, comme si un coussin d'air flottait sous leur plante, mettant en échec toute la gravité qui cherche à m'attirer vers le sol.

Aujourd'hui, la nature m'a fait don d'un cadeau extraordinaire: l'insouciance. Les derniers jours ont été difficiles dans la forêt et cette journée n'est qu'un présent dont il faut savoir profiter. Le ciel avait laissé couler sa rage en de milliers de gouttelettes humides frappant la terre pendant quelques jours et il nous offrait maintenant ce splendide plafond bleuté et chaud. Avec la pluie, mes soucis s'étaient envolés, comme purifiés, et à cet instant, le soleil doré m'offrait la renaissance, un nouvel instant paisible pour me ressourcer. Et pour manger. Au travers de la pluie battante et des torrents qui rendaient impossible la vision d'un périmètre plus large que le bout de son bras, il était difficile et rare de se rassasier. Avec le répit accordé par le ciel, mon estomac pouvait enfin cesser de crier famine et se régaler de racines mises à nues par l'eau drue.

Ainsi, tout se déroulait comme à l'habitude. Vivant au rythme du temps, me nourrissant quand il était possible et marchant encore et encore vers un autre village où chercher refuge pour un temps court, mais certes indéterminé. Les heures pouvaient sembler bien longues à une personne non initiée à la vie sauvage, mais pour moi, et grâce à la paix qui imbibait mon esprit, elles ne représentaient rien de plus que le levé et le couché du soleil, aussi fabuleux et splendide soit-il. Peut-être le fait de me trouver en territoire sacré accentuait-il mon calme intérieur?

Cessant de fredonner mon air mélodique, un silence encore plus serein me couvre, intense et étrange. La forêt s'est tue, comme pour accorder la tranquillité à un événement de la plus haute importance. Suivant mon instinct, je choisis une direction au hasard et je n'ai le temps que d'apercevoir une forme floue, blanche et gracieuse qu'elle s'est déjà enfuie dans la forêt sans me laisser le temps de saisir sa nature pour l'admirer. Surprise, je me questionne pendant une brève seconde en me rendant à l'endroit même où s'était tenue l'apparition avant que mes yeux ne captent une deuxième présence. Devant moi, un jeune homme aux yeux si verts qu'ils semblent mélanger la totalité des teintes possibles dans la nature. Ses cheveux me rappellent un peu les miens, d'une couleur identique à la mienne, mais possédant une caractéristique qui lui est propre, une superbe mèche dont la couleur me fascine.

Immobile, je le regarde sans dire un mot. A-t-il également assisté au spectacle sublime de la nature? Ou peut-être était-ce même à lui que cette scène avait été dédiée? Mon esprit s'égare, mais mes prunelles restent connectées à cet étranger, à cet Hybrid que le monde avait sans doute choyé pour lui laisser voir à lui seul l'une de ses beautés.

- C'était pour toi?

Une question simple qui brûle mes lèvres et qui sort avec un naturel et une douceur digne de la beauté d'une rose. Elle vole entre nous, comme une salutation cachée ainsi qu'une marque de paix offerte à lui seul.





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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Lun 2 Mar - 20:16


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"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

L'animal qui évoluait sous mes yeux redresse soudain son cou gracile, ses cornes pointant fièrement vers le ciel, les oreilles dressées, en alerte. Des signaux de peurs me parviennent. Il a entendu quelque chose. C'est un animal craintif qui n'aime guère être dérangé. Je le vois s'élancer dans un bond prodigieux et s'enfoncer dans les bosquets, ne laissant de sa présence qu'une marque lumineuse qui s'estompe bien vite et un souvenir immuable gravé dans ma mémoire d'un moment privilégié entre l'Homme et la Nature. Je reste quelque seconde figé, espérant peut être le voir revenir sur ses pas, espérant pouvoir abreuver a nouveau mon regard avide de la pureté de son être. Mais en lieu et place de l'animal je vois arriver une jeune femme, a l'endroit même ou se trouvait l'objet de mon admiration quelque secondes plus tot. Serait-ce elle que le Deeresper a fuit ? Elle semble chercher, regardant autour d'elle d'un regard curieux et éveillé.

Je ne pense pas a bouger. C'est une jeune femme très gracieuse dont les mouvements sont emprunts de douceur et ont quelque chose d'éthéré. Elle semble se mouvoir en adéquation avec un vent qu'elle seule peut sentir. J'observe son visage dont les yeux d'un jaune étincelant attire mes prunelles, ses traits sont fins et lui dessinent un air de candeur juvénile. Pourtant ses cheveux pareils au brun du sol que je foule chaque jours, lui donnent une maturité contrastante avec la peau pale de son visage. Cette chevelure impressionnante, longue et epaisse semble parsemée de roses vivantes, au couleurs chatoyantes et habillant sa tignasse d'une touche végétale des plus élégantes. Ces fleurs ne sont pas décoratives, elles se fondent dans les cheveux de la belle ingénue, mêlant leurs tiges aux mèches lourdes. Elle parait grande, au moins autant que moi et se voit gratifiée de jambes interminables. Je remarque également que, comme moi, elle est pieds nus.

Son regard a accroché le mien. Elle me fixe aussi surement que moi. Elle semble me détaillé tout aussi précisément que je l'ai fait pour elle. Je n'ose pas bouger. Aorü n'est pas la, je suis seul, face a elle. Elle reste immobile quelque minutes, face a moi, sans détacher son regard du mien. Des minutes qui me semblent durer une éternité. Elle n'a pas l'air méchante, au contraire, tout dans son attitude se veux rassurant, serein. Elle semble faite pour la douceur. Sa voix claire finit par rompre le silence qui s'était installé, brisant pour un court instant la connexion visuelle que nous avions inconsciemment instaurée :

"- C'était pour toi ? "

Je laisse s'écouler quelques secondes avant de répondre. Toujours immobile, je semble incapable de faire le moindre le mouvement. Ce n'est pas la première fois que l'on s'adresse a moi, mais habituellement, Aorü est la, souvent dans ses cas la il serre ma main dans la sienne ou bien pose sa main sur mon épaule, pour me faire sentir que je ne suis pas seul et que je ne risque rien a parler, a communiquer. Mais aujourd'hui, il n'est pas la, je vais devoir me débrouiller seul. Je m'imagine mon ami a mes coté, et inspirant profondément réponds d'une vois tremblante et légèrement étranglée :

"- J-Je crois. C'était un Deeresper. "

Je laisse le silence s'abattre sur les dernières notes de ma voix, inspirant profondément, heureux d'avoir pu parler a une inconnue. La Déesse veille sur moi, ce spectacle qui m'a été donné, presque comme un mirage résonne dans mon cœur comme un présage de bonne augure. Prenant sur moi, je me décide a faire un pas vers la jeune femme et tente de faire un sourire, exercice bien laborieux pour mon visage guère habitué a ce genre de sentiments.

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mar 3 Mar - 1:32







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- J-Je crois. C'était un Deeresper.

Il a peur. Je le sens. Il est face à moi et effrayé comme un animal, il tremble. Sa voix tremble aussi comme une feuille secouée par le vent et pendant une seconde, j'ai honte. J'ai honte d'imposer la crainte de ma seule présence et je recule alors qu'il fait un pas vers moi. À cet instant, c'est moi qui semble affectée par sa présence et pourtant, je ne peux m'empêcher d'être fascinée par lui.

Il me rend mon regard et ses lèvres se relèvent en un sourire. Il semble soulagé, presque heureux. Face à lui, je me sens comme emportée dans une danse que je ne contrôle pas. Même le vent semble se calmer autour de nous alors que les arbres poursuivent leur valse en de multiples bruissements. Un nuage, emporté par la brise, tombe alors sur le soleil et, dans cette nouvelle pénombre, je vois ses yeux verts briller vers moi avant que l'astre du jour ne nous rende ses rayons. Je m'avance alors d'un pas, comme pour continuer le mouvement gracieux dans lequel le moment présent semble nous entraîner, et un souffle de vent bouscule mes cheveux, me cachant de l'inconnu pour une courte seconde. Lorsque les mèches retournent à leur place, je vois le monde différemment, comme s'il n'y avait plus que nous deux et le vent pour nous protéger du reste de la forêt. Deux Hybrids liés à leur nature plus qu'à n'importe quoi d'autre., pieds sur terre, en contact direct avec le précieux monde à lequel ils ont donné leur vie.

- Tu dois être bien spécial pour qu'un tel cadeau te soit offert. Je m'en veux d'avoir ruiner ce moment...

La vérité écarte mes lèvres et laisse le son rejoindre les oreilles à qui elle est destinée. Le Deeresper a fuit par ma faute, à cause de ma présence non désirée en ces lieux. Mon coeur se tort et je me sens mal d'avoir gâcher un tel instant si rare. Ma lèvre inférieure coincée sous mes dents, je ne peux cependant m'empêcher de rester. Pour marquer mon respect envers cet être adoré de la nature, je me sens le besoin de me pencher vers le sol, de m'incliner légèrement comme pour m'excuser.

- Toi... Tu dois bien avoir un nom?

Question indiscrète que je ne devrais pas avoir à poser, mais qui franchit pourtant mes lèvres. Peu importe son nom, je nous sens déjà liés ensemble par notre nature végétale et animale. J'ai envie d'en savoir plus sur cet homme. J'ai envie de comprendre la raison qui l'a poussé à venir en territoire sacré et, encore plus, j'ai envie de savoir pourquoi un Deeresper a bien voulu l'honorer de sa majesté.

Figée dans la danse intemporelle qui semble se jouer de nous, j'attends la réponse à mes questions, une curiosité dévorante me rongeant de l'intérieur. Même le temps semble aussi impatient que moi, car je sens le vent se lever soudainement avec puissance. L'élément envoie ses bourrasques secouer la forêt et je perçois même quelques grincements lugubres émanant de celle-ci. La température nous offrait-elle encore une fois un déluge après ce soleil resplendissant? Levant la tête au ciel, plusieurs nuages rassemblés en une masse opaque et sombre me donne la réponse à mes inquiétudes. Un si beau moment qui s'assombrissait soudainement.





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Dernière édition par Iryelle le Mar 3 Mar - 3:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mar 3 Mar - 2:46


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"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

Alors que j'ai pris le parti de m'avancer vers elle, surpassant ma peur du contact humain, je vois la jeune Hybrid reculer d'un pas, visiblement déstabilisée, troublée par une pensée parasite, ou bien par moi ? Ai-je fait quelque chose de travers ? Je sais que je ne suis pas encore totalement au point avec les règles de la vie en société. Je n'ai jamais approché quelqu'un seul avant aujourd'hui. Peut-être m'y suis-je mal pris ? Je reste immobile, ne sachant pas quel comportement adopter. Je suis a découvert, l'abri des arbres dans mon dos, comme nu face a elle, sans la Nature, sans la forêt pour me cacher. Un nuage passe devant le soleil jetant le clairière dans une demi lumière. La brise qui s'est levée emporte jusqu'a moi de délicieuses effluves de rose et d'autres parfums tout aussi enivrant qui envahissent mes capteurs sensoriels dans un tourbillon d'étreintes odorantes. Une senteur absolument incomparable a tout ce que mon nez fin a pu sentir jusqu'ici. Lorsque les rayons du soleil tombent de nouveau sur nous, elle a fait un pas vers moi. La situation semble totalement irréelle, surnaturelle, presque magique. On pourrait croire la scène tirée de l'imagination d'un ménestrel épris de romantisme et de féerie.  

La brise forcit et entraîne les cheveux de la jeune fille devant son visage. Le parfum qui émane me parvient par vague au rythme des bourrasque qui nous entourent. Je ne peux m'empêcher de fermer quelque millisecondes les yeux pour inspirer profondément ce parfum entêtant et enchanteur. Un parfum sucré qui amène dans mon esprit des images de douceur. Je n'arrive plus a détacher mon regard de ses yeux, de ses cheveux, des roses qui les parsèment. Cela ne fait que quelque minutes qu'elle est face a moi, et pourtant, je sens qu'une connexion spirituelle s'instaure entre nous. Deux étrangers, deux "sauvages", deux êtres amoureux de la nature, deux Hybrids. Sa voix résonne a nouveau dans le silence :

"- Tu dois être bien spécial pour qu'un tel cadeau te soit offert. Je m'en veux d'avoir ruiner ce moment... "

Je la fixe d'un regard légèrement déconcerté puis lui réponds d'une voix un peu trop brusque au début que j'essaie d'adoucir au fur et a mesure que les mots coulent de mes lèvres et s'étendent dans l'air de la clairière :

"- NON ! Euh ... J-je veux dire ... Non, non. Ne t'en veux pas. T-Tu sais ... Certains dons de Mère Nature sont fait pour rester uniques e-et éphémères. E-Et puis ... Si t-tu es arrivé ... C-C'est que la Déesse Mère l'a voulu ainsi. N-Ne t'en veux pas de suivre ton destin."

Je joue avec mes mains, nerveux en prononçant ses quelques mots. C'est bien la première fois que j'arrive a prononcer une telle phrase sans la présence d'Aorü. Je suis surpris de mon audace et de la confiance que je ressens naturellement face a elle. Je la vois s'incliner devant moi. Un geste que je n'ai jamais vu et que je ne connais pas. Sur le moment je ne comprends pas ce que cela signifie, j'avance de nouveau d'un pas, me retrouvant a seulement une dizaine de centimètre d'elle, légèrement paniqué de ne pas savoir comment réagir face a ce geste aussi surprenant de sa part. Attitude qui ressors bien vite de mon esprit tandis que retentit a nouveau sa voix :

"- Toi ... Tu dois bien avoir un nom ? "

Je me sens de plus en plus décontracté. Parler deviens plus facile au fur et a mesure que je sens toute la nature de son être s'ouvrir a moi. Le parfum des roses de ses cheveux m'enivrent et me font me sentir un peu plus sur de moi. Une Phytös, surement. Un tel parfum ne peut provenir que d'une personne digne des dons de la Nature. Rassuré, je tends la main vers elle. Un léger tremblement, a peine perceptible l'agite, mais je réponds, calmement, d'une voix assurée qui se veut douce, tandis que le vent gagne en puissance amoncelant les nuages a l'horizon, présage d'un temps mauvais qui couvrirait le soleil pour un long moment :

"- Je m'appelle Elindeyë. Mais, on m'appelle Elin. Et toi ?"

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mar 3 Mar - 3:56







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Iryelle
Elindeyë

De légers bégaiements, sa voix portée par l'air sauvage devient plus assurée et plus certaine des paroles qu'elle articule. La nervosité qui émanait de lui semble disparaître à mesure que ses pas le guident de plus en plus près de moi, jusqu'à être si proche qu'à tendre le bras, nos peaux se frôleraient aisément. Je me demande même un instant si la sienne serait aussi douce au touché que l'est le ton de sa voix sur mes tympans.

- Je m'appelle Elindeyë. Mais, on m'appelle Elin. Et toi ?

Elindeyë... Je ne suis pas surprise d'entendre un nom aussi magnifique pour représenter un être tel qu'il apparaît devant mes yeux et je ne peux m'empêcher de le murmurer. J'ignore si les sonorités lui parviennent dans le vent qui gagne en puissance à chaque seconde, mais je ne m'en préoccupe pas. À la place, j'hausse le volume de ma voix et mon nom perce l'air pour atteindre sa cible.

- Et je suis Iryelle. Mais personne n'est resté assez longtemps à mes côtés pour avoir la chance de me donner un surnom.

Je tends une main qui rencontre la sienne à mi-chemin entre nos deux corps et je ressens ce contact comme une fusion, comme un lien qui se tisse au fur et à mesure que nos mots virevoltent, se rencontrent et concluent nos échanges déjà si familiers. Évidemment, le surnom qui m'avait été donné par ma soeur jumelle reste dans un recoin profondément ancré dans mon esprit, mais il y gît, aussi mort qu'elle l'est en ce jour. Je n'ai jamais oublié, mais maintenant qu'elle est partie, c'est tout comme si le surnom qu'elle prononçait à mon égard s'était enfuit avec elle. Mais pour l'instant, j'ignore ce souvenir vif et c'est peut-être bien la première fois que je ne me sens pas le besoin de me rappeler. Aux côtés d'Elin, je suis transportée ailleurs, loin du monde.

Nos mains finissent inévitablement par se délier et mon bras retombe pour retrouver sa place près de mon corps, parcouru de fourmillements irréguliers. Il est si près de moi, c'est presque irréel. Je ne ressens pas le besoin de m'éloigner, d'imposer une distance entre nous, et c'est probablement ce qui me surprend le plus. J'ai pour habitude de tenir les gens à distance. Pas cette fois. Il me semble même que je suis à ma place, ici dans les Clairières Sacrées, en compagnie d'un jeune homme qui semble évoluer à son propre rythme, au fil des mots qu'il envoie pour moi. D'apeuré, il est maintenant plus sûr de lui et ce sentiment plane autour de nous, presque palpable. Je vois un changement s'opérer en lui même si je ne le comprends pas. Et c'est un spectacle sublime, tout autant que la pluie fine qui dégringole soudainement du ciel, accrochant les derniers morceaux dorés du soleil avant qu'il ne disparaisse définitivement derrière les nuages menaçants.

- Viens, nous devrions trouver un abri avant que l'orage n'éclate.

La demande sort spontanément et je n'attends que son accord pour me diriger vers la forêt. Ainsi dévoilés au milieu d'une éclaircie des arbres, la tempête risque de nous frapper plus durement qu'ailleurs. Ce n'est pas que je n'aime pas la pluie, au contraire, mais après avoir passé une semaine ou presque sous des torrents d'eau, je ne souhaites pas me retrouver encore une fois mouillée de la tête au pieds. De plus, avec le vent qui souffle toujours, tomber malade ne serait que plus facile compte-tenu de mes vêtements déchirés.

Portant mon regard au-delà des yeux d'Elindeyë, je sens une énorme goutte d'eau frapper ma joue. Le déluge est proche. Il ne nous reste plus beaucoup de temps avant que le ciel ne se déverse sur nos têtes.




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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mer 4 Mar - 0:29


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"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

Elle semble rester pensive quelque seconde tandis que le vent prend de l'ampleur autour de nous. Pourtant, j'ai l'impression que c'est une zone de calme intense et de sérénité qui nous entoure. Je me sens en confiance, et seule la jeune femme en face de moi m'importe. J'ai fait abstraction de tout le reste, suspendu a ses lèvres, dans l'attente de connaitre son prénom, avide d'entendre a nouveau le mélodieux son de sa voix s’égrenant en autant de notes de vie pour chacun de ses mots.  

"- Et je suis Iryelle. Mais personne n'est resté assez longtemps à mes côtés pour avoir la chance de me donner un surnom. "

Iryelle ... Mon sourire s'agrandit tandis que je savoure la douce mélopée de ces quelque lettre harmonieusement agencées. On croirait que c'est le vent qui lui a susurré son prénom, que la rosée du matin l'a écrit dans un éclat de soleil, que la forêt elle même le lui as soufflé au creux de l'oreille. Ce prénom qui s'oxymore avec la fin de sa phrase. Tant de tristesse dans ses derniers mots. Iryelle dont tout en elle respire la joie du soleil s'étendant sur l'herbe verte, le bonheur de la nature qui s'ouvre chaque matin a la caresse du jour, semble garder en elle de profonds regrets, perdus dans une tristesse presque audible.

Sa main qui rencontre la mienne me sors de ma rêverie en provoquant dans mon corps une multitude de picotement, comme si soudainement chaque cellule qui me composent était soumise a un courant électrique, comme si chacune de mes synapses frappait violemment chacun de mes nerfs. Le ciel se déchire au dessus de nos tête tandis que ma main lâche a regret la sienne. La bruine qui tombe sur nous me rafraîchit le visage tandis que je profite de cette aubaine. J'aime la pluie. J'aime cette fusion entre la ciel et le terre au moment ou l'eau qui viens d'en haut retourne a celle qui l'a enfantée. Cet instant fragile ou tout n'est qu'un, ou la terre accueille en son sein l'offrande de son amant céleste. La pluie qui purifie tout sur son passage, les cœurs comme les corps. J'aime sentir les gouttelettes marteler mon visage comme autant d'organisme vivant explosant dans une myriade d'éclat aqueux qui se répandent sur moi comme une enveloppe de pureté.

"- Viens, nous devrions trouver un abri avant que l'orage n'éclate. "

J'acquiesce silencieusement et la prenant par la main l’entraîne a ma suite sous l'épais feuillage des arbres. J'ai un peu exploré les environs avant de me recueillir tout a l'heure. Me laissant aller entre les arbres aux troncs noueux, effleurant chacun d'eux, communiant avec la Nature. Je sais qu'un peu plus loin se trouve un bosquet d'arbre formant une voûte assez large pour nous permettre de nous y asseoir, a l'abri, au moins le temps que l'orage ne se calme.

Je ne sais qui elle est. Je ne sais d'ou elle viens ni même ce qu'elle cherche. Mais au fond de moi, comme une flamme rassurante brûlant doucement en prodiguant une chaleur douceâtre, j'ai l'intime conviction que je ne dois pas la laisser seule. Que c'était écrit dans la trame du Destin que nous devions nous rencontrer. Peut-être oserais-je lui demander de m'accompagner au village ...

Mais pour l'heure, tout ce qui compte, c'est de nous mettre a l'abri car le ciel déverse maintenant sur nous des trombes d'eau diluviennes. Bien qu'elles soient en partie déviée par les fiers arbres au dessus de nous, nous ne pouvons éviter totalement d'être mouillés.

Serrant sa main je me met a courir en l’entraînant a ma suite jusqu'au petit bosquet qui nous servira provisoirement d'abri pour ne pas finir trempé jusqu'au os.

"- Ce n'est pas grand chose, mais cela suffira le temps que le gros de l'orage passe."

Ces mots sont sorti naturellement, a la façon dont Aorü me parle, avec ce ton un brin protecteur, ces intonations signifiants a la fois l'inquiétude que l'autre soit comblé et l'envie de le savoir heureux.

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mer 4 Mar - 2:27







La Corne et l'Épine

Iryelle
Elindeyë

Une explosion. Une intense chaleur qui se propage dans tout mon corps, dans tout mon être et qui chasse le froid de la pluie par vagues chaleureuses. C'est comme se trouver en plein coeur d'un volcan en fusion, noyée dans le bouillonnement impétueux du feu de la terre, mais sans sa morsure mortelle qui coure sur ma chaire. Je le ressens d'un bout à l'autre de mes terminaisons nerveuses et dans ce fourmillement qui s'arrête brusquement lorsque sa paume rencontre une nouvelle fois la mienne. Une connexion. Un lien. Une certitude. Une infinité de mots qui ne seront qu'utilisés à tort face aux réelles sensations qui traversent mon corps et qui voguent dans mon sang pendant que nos mains se nouent et que nos jambes nous transportent ailleurs.

La forêt défile devant mes yeux, maison imprévisible qui pourtant abrite en cet instant la plus belle de ses créations, la plus intelligente et certainement la plus puissante d'entre toutes. L'Ohm. Créé pour aimer, pour protéger ce qui est précieux, mais qui a choisi une voie divergente à celle qui lui avait été prédestinée. Et pourtant, alors qu'Elindeyë frôle la végétation, caresse de sa main libre la peau rugueuse des arbres centenaires, je sens que cette voie est encore devant nous, prête à être explorée. Je vois toutes les possibilités et tout le potentiel que le monde a encore à offrir, mes yeux ouverts grâce au lien qui enracine mes pieds à la terre sacrée et qui lie ma main à celle d'Elindeyë.

- Ce n'est pas grand chose, mais cela suffira le temps que le gros de l'orage passe.

Et ces mots me coupent de la nature pour me ramener brusquement au regard d'Elindeyë, si puissant, si présent en cet océan de vert qui semble vouloir me protéger. Puis le grondement du tonnerre et la lumière d'une large zébrure éclairent d'un coup bref et redoutable le couvert des arbres sous lequel le jeune homme nous a trouvé refuge et j'en oublie ses yeux captivants pour regarder tout en haut. La voûte du feuillage qui nous couvre du gros de la tempête résiste vaillamment aux assauts du vent et de la force de l'eau qui cherche à se frayer un passage aux travers des feuilles solidaires.

- C'est parfait.

Mes vêtements sont malheureusement trempés, mais le froid du liquide qui les imprègne est déjoué par la chaleur qui se transmet encore de nos deux mains réunies. Puis, à ce moment précis, je me sens protégée plus que nulle part ailleurs. Je suis trempée, presque affamée, mais la présence à mes côtés me rassure. Un tel sentiment ne m'avait pas parcouru depuis la perte de ma seule famille, de la seule sécurité que je possédais en ce monde rempli de haine et de chaos. Et je le retrouve maintenant en un jeune homme rencontré par hasard, ou pas, dans la Clairière la plus Sacrée des Hybrids. Peut-être devrais-je appeler cet événement un miracle ou tout simplement le destin...

- Tu crois que le ciel se calmera bientôt?

À l'aise dans le silence, je ne sais pourtant pas quoi dire pour converser. Tant de questions que mes lèvres pourraient prononcer, mais si peu avec autant d'importance comme le moment en requiert. Pas plus que je n'ose lâcher sa main, j'ai peur des mots qui pourraient briser la sérénité qui flotte entre nous, qui nous préserve de la dureté de certaines paroles que l'on pourrait regretter.

- Et puis... Que feras-tu une fois la tempête apaisée?

J'ai envie d'entendre sa voix encore et encore, même après que l'orage ait disparu. Je redoute presque cet instant où nous devrons chacun tourner le dos à l'autre et partir de notre côté pour accueillir à nouveau la vie qui se sera arrêté l'instant d'un déluge de pureté liquide sur le sol fertile de la forêt. Puis, je réalise autre chose. Je n'ai pas tant envie de le laisser partir que de me retrouver à nouveau seule, comme toujours.




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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mer 4 Mar - 3:07


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Iryelle & Elindeyë


"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

"- C'est parfait. "

Juste deux petits mots. Deux simple minuscules mots. Mais cela a suffit a me rassuré, a calmer mon inquiétude. Iryelle était satisfaite de cet abri de fortune, et a cet instant c'est la seule chose qui avait une quelconque importance pour moi. J'ai souvent entendu dire que les mots n'avaient pas de pouvoir, pourtant a l'instant ou ces quelque sons sortirent de ses lèvres, la chaleureuse sensation d'avoir apporté un peu bien a quelqu'un m'envahit. Une chaleur très vite annihilée par le froid qui viens me ramener cruellement a la réalité de notre situation : Nous sommes mouillés. Le vent se fait frisquet et accentue cette impression de froid. Fort heureusement, Iryelle ne m'a pas lâché la main, et la chaleur de se contact se communique peu a peu au reste de mon corps transi. L’exiguïté de cet abri de fortune permet en outre a nos chaleurs corporelles de nous envelopper peu a peu dans un cocon qui me fait oublier quelques instants plus tard mes vêtements mouillés.

"- Tu crois que le ciel se calmera bientôt ? "

Je plonge mon regard dans le sien. Je sais que l'orage se rapproche plus d'une tempête que d'une simple averse. Je le sens, les animaux que j'arrive a percevoir le savent et se terrent dans leurs terriers ou s'éloignent pour rejoindre des cieux moins houleux. Je me décide a répondre d'une voix qui se veux rassurante.

"- Je pense que la pluie va se calmer dans peu de temps, nous pourrons bouger, aller nous mettre en sécurité ailleurs. Mais je ne crois pas que le gros de l'orage soit passé."

Je fais en sorte de ne pas dramatiser la situation. Je ne veux pas l'inquiéter. Et puis ... Et puis si je lui dis que la tempête n'en est qu'a ses prémices, elle partira, pour se mettre a l'abri, loin. Je ne veux pas la voir partir. C'est la première fois que je me sens en confiance avec quelqu'un, que mes instincts animaux me laissent en paix face a un autre Hybrid. J'ai envie de lui faire découvrir le village, la maison de mes parents, de lui présenter Aorü. De m'enrichir de son histoire et de sa vie. Et surtout ... de pouvoir continuer a respirer l'exquise senteur qu'elle exhale.

Je la regarde, désireux de lui poser des millions de questions, des interrogations qui me brulent les lèvres, qui traversent sauvagement mon esprit pour se poser sur ma langue, n'attendant que d'être délivrées par le son de ma voix, mais je me retiens. Ao m'a enseigné qu'on ne devait pas demander aux gens de nous raconter leur histoire, cela doit venir d'eux même, il faut être patient. Savoir attendre le moment ou l'être apprécié décide de s'ouvrir a vous pour partager les événements qui font son histoire et qui ont façonnés son être, qui ont donné un sens a son existence. C'est elle qui viens la première rompre le silence qui s'est installé.

"- Et puis ... Que feras tu une fois la tempête apaisée ? "

C'est maintenant. C'est l'occasion de lui demandé. Je ne vais pas la laisser passer. Je me sens fébrile et nerveux rien qu'a l'idée. Lui prenant l'autre main et serrant les deux, assis en tailleurs face a elle en parfaite osmose a la fois avec la jeune Hybrid et la terre mère, j'inspire profondément. Je plonge mon regard dans le sien, m’apercevant au passage que ses yeux ne sont pas jaunes comme je l'ai cru. Ils sont teinté d'une nuance de vert très clair rappelant celui des feuillages au début de l'automne, a cet instant particulier ou la forêt verdoyante se pare d'un habit jaune qui se teindra plus tard en une explosion de rouge, d'orange et de brun.

"- Je rentrerais au village. Retrouver mon frère. Tu voudrais venir avec moi ?"

Je me sens rougir réalisant soudain que je ne sais rien de son but et qu'elle a peut être d'autre projets en tête. Je bégaie maladroitement.

"- Euh ... Enfin .... J-je veux dire ... Si ... Euh ... S-si tu n'as rien d'autre d-de ... prévu ... déja."

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mer 4 Mar - 3:55







La Corne et l'Épine

Iryelle
Elindeyë

Il se saisit de mon autre main et c'est tout comme si on avait déclenché une seconde tempête en moi. L'énergie tourbillonne entre nous, communicative et électrique, passant de mes mains aux siennes alors qu'il parle, qu'il répond à ma question. Ses yeux sont connectés avec les miens plus que jamais et je sais qu'un côté de moi a peur des mots que libéreront ses lèvres. Je crains qu'il ne me dise qu'il partira ailleurs, sans moi... J'ai peur qu'il m'abandonne, qu'il parte avec le sentiment de sécurité qu'il m'a si gentiment apporté comme un véritable cadeau salvateur.

- Je rentrerais au village. Retrouver mon frère. Tu voudrais venir avec moi ? Euh ... Enfin .... J-je veux dire ... Si ... Euh ... S-si tu n'as rien d'autre d-de ... prévu ... déja.

Dès les premiers mots qui franchissent les derniers remparts de leur liberté, mon coeur se fissure et s'effrite comme une feuille morte retombant à la poussière. Ainsi il allait repartir sans moi... ou pas. Tout à coup, je sens ma silhouette se dessiner dans son futur alors que son invitation s'attaque aux coins de mes lèvres pour les relever en un sourire rayonnant de joie.

- J'en serais plus qu'enchantée!

Au même rythme que la rougeur qui s'étend sur ses joues, je sens les battements de mon organe vital s'accélérer pour atteindre la vitesse supérieure. La gêne s'empare aussi de mon visage comme si elle était contagieuse et mes mains se referment plus fermement sur les siennes, comme pour approuver ma décision. Nos chemins allaient devoir voyager de concert pour encore un fragment de temps et ce constat n'apportait que plus de joie à mon coeur qui avait presque défaillit, croyant à tort que la solitude l'emporterait toujours sur ma vie.

- Et puis, je n'ai jamais rien de prévu. La vie au jour le jour, tu vois...

Une précision qui quitte mes lèvres inutilement, mais qui, dans le ton chaleureux et saupoudré de particules de bonheur qui l'accompagnent, fait office de démonstration pour l'allégresse qui noie mon coeur. Oubliée, la pluie torrentielle qui s'abat sur le parasol végétal qui nous dissimule aux cieux rageur, oubliée, la longue promenade qui parsème ma vie de solitude et oubliés, le froid et le vent qui s'emmêlent dans les roses de ma chevelure. Ne reste que lui et moi, Elindeyë et Iryelle, Hybrids au milieu de l'eau purificatrice qui les nettoie de leur peur et qui, sans le savoir, les rempli de courage et de complicité.

Accrochant mes yeux, la mèche verdoyante d'Elindeyë me saute littéralement à la figure comme une évidence. Une couleur si spéciale pour un être si particulier. Quel secret renferme-t-elle? Faveur de la nature ou synthétisme aberrant pour un Hybrid véritablement digne? Mon coeur penchant plutôt vers la première option, ma bouche articule tout de même la question, cherchant à en apprendre plus sur cet être qui m'est déjà si cher.

- Ta mèche... c'est naturel?

L'interrogation sort maladroitement, accentuant la propre rougeur de mes joues qui s'estompe presque immédiatement alors qu'un éclair illumine la scène et que le tonnerre fait trembler et se tendre mon corps. Pendant un instant, j'avais cru entendre le craquement du bois d'une maison se craquelant et se fendillant comme une bûche au centre d'un foyer. Mon esprit alerte avait instantanément associé ce son atroce au grésillement du feu, au crépitement des flammes sur mon abri, sur ma vie effondrée... Il avait relié l'orage à la tempête enflammée qui avait brûlé ma famille et ce simple fil tiré avait provoqué la peur jusqu'au plus profond de mon âme. Serrant les mains d'Elindeyë, je suis heureuse que la pluie camoufle la larme qui roule sur ma joue.




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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Jeu 5 Mar - 0:58


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Iryelle & Elindeyë


"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

A peine ai-je terminé ma phrase que je vois un large sourire illuminer son visage, ses yeux pétillants. Elle semble ravie de ma proposition. Moi qui craignait tant qu'elle ne me trouve trop entreprenant, je sens un poids quitter mon ventre me soulageant d'une angoisse sous-jacente prête a éclater. J'éprouve une fascination pour cette Hybrid. Je ne me suis jamais senti attiré par quiconque. Du moins, aucun être originaire. Seule la nature a toujours exercée sur moi une attirance toute particulière. Puis il y eu Aorü, a qui mon cœur s'est totalement offert, la première personne a qui je me suis donné, spirituellement parlant. Et maintenant, il y a Iryelle. C'est vrai, ça ne fait que quelque minutes, mais je sens en elle une force incroyable, un lien unique avec la Nature, un lien qui me lie également a elle. J'ai envie de la connaitre, de tout savoir d'elle, de me plonger dans son histoire et de façonner l'avenir en comptant sur sa présence. Je n'ai jamais été amoureux, du moins, je ne le pense pas. Ce sentiment m'est totalement inconnu. Je ne me souviens même plus des sentiments que j'ai pu éprouver pour mes parents. J'aime Aorü. Est-ce que l'amour que je lui voue et qui me pousse a vouloir chaque jour l'aider et le suivre, l'accompagner partout et boire ses paroles est le même que cet amour que certaines personnes semblent ressentir pour d'autre avec qui ils partageront leurs vie ? Le même que celui qui a unit mes parents et grâce auquel j'ai vu le jour ? Je n'en ai strictement aucune idée. De même que ma sexualité propre m'est encore totalement inconnue. Aime-je les filles ? Les garçons ? Ou bien les deux ? Suis-je asexuel, ne vouant mon cœur qu'a la Déesse ? Je me pose tant de questions depuis plusieurs semaines ... Aorü m'a appris tout ce qu'il y avais a savoir sur la vie, la nature, les coutumes, tout ce qu'il pouvait m'apprendre. Mais ma personnalité, ce que je suis, ses choses qui me font, je suis le seul a pouvoir les découvrir. Des choses que je ne suis peut être pas encore prêt a affronter et qui me laisse fragile au reste du monde.

Toujours est-il, qu'a cet instant mon attention, mes pensées et toute mon âme ne sont concentrée que sur la jeune Hybrid dont je serre doucement les mains.

"- J'en serais plus qu'enchantée ! "

Je la voie soudain rougir. Quel spectacle nous devons offrir ... Deux jeunes hybrids, mouillés, a demi cachés sous un bosquet, le visage rougissant ... La pression de ses mains, comme une réponse sensorielle accentuant celle verbale qu'elle m'a offert me fait sourire encore plus tandis qu'elle continue de me parler.

"- Et puis, je n'ai jamais rien de prévu. La vie au jour le jour, tu vois... "

Son visage qui s'était crispé quelques instant auparavant comme un rictus semblant mêler de la déception a une légère angoisse se détends tandis que ses yeux parcours mon propre visage dont le rouge commence a s'estomper.

"- Ta mèche ... C'est naturel ? "

Un cours instant je ne sais quoi répondre. Mes mains quitte les siennes, presque inconsciemment. Je passe mes doigts dans mes cheveux, a l'endroit de la mèche que je colore régulièrement pour lui garder cette teinte si particulière, souvenirs de la promesse que je me suis faite de poursuivre l'oeuvre des parents que je n'ai pas, ou presque pas, connus. Une légère douleur m'étreint le cœur devant les images qui me reviennent en tête. Les quelques cauchemars que je fait encore régulièrement, les lignes écrites de la main de ma mère, leur absence, et le fait de les avoir découvert au travers de ses petits journaux ... Je secoue légèrement la tête, refusant de me laisser aller devant elle et réponds simplement.

"- Je ... Non. Ce n'est pas naturel. C'est une promesse, que j'ai faite. Elle est la pour me rappeler qui je suis. "

Je ne me sens pas le courage de prononcer autre choses que ces quelques mots qui, j'en suis conscient, doivent résonner comme une réponse énigmatique et nébuleuse a une question pourtant claire et pleine de sens. Je tente de détourner son attention en lui reprenant les mains, dont la chaleur manquait aux miennes déjà frigorifiées des quelques secondes durant lesquelles je l'avais lâché.

Une vive lumière déchire soudain un ciel couvert de nuages de plus en plus menaçant, signe que la tempête va encore gagner en intensité. Quelque seconde a peine plus tard et le tonnerre retentit, puissant, effrayant, assourdissant, comme un troupeau enragé dévalant des cieux pour s'écraser sauvagement sur la terre dans un fracas incommensurable. Je vois Iryelle se tendre, sentant ses mains se crisper fortement sur les miennes tandis que son regard semble se perdre un instant dans le vide. Je a vois se reprendre et détourner les yeux. Légèrement inquiet, ne sachant comment interpréter cette réaction, je cherche un moyen de la rassurer et la prends dans mes bras, passant ma main autour de son épaule, tentant d'imiter le geste qu'Aorü a eu si souvent a mon égard.

"- N'aie pas peur. Ce n'est que le tonnerre. L'orage est encore loin. Je suis la, il ne t'arrivera rien. Je te le promet. "

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Lun 9 Mar - 19:17







La Corne et l'Épine

Iryelle
Elindeyë

- N'aie pas peur. Ce n'est que le tonnerre. L'orage est encore loin. Je suis là, il ne t'arrivera rien. Je te le promet.

Ses bras m'entourent, me protègent. En ce fragile instant, je me sens aussi faible qu'un pétale libéré aux quatre vents. Je n'ai jamais laissé quelqu'un s'approcher de moi de la sorte et j'ai instinctivement le besoin de le repousser, de me réfugier loin dans ma bulle pour ne partager ma tristesse qu'avec moi-même, comme je l'ai toujours fait. Mais quelque chose dans la chaleur de sa peau contre la mienne m'empêche de faire un seul geste qui pourrait briser l'équilibre de nos êtres ainsi rapprochés. Si près de lui, je suis figée comme une statue, complètement désemparée face à la situation. Je n'ai aucune idée de la manière dont je dois réagir, exactement comme si j'avais oublié ce que ça faisait d'être proche de quelqu'un. Ce simple mouvement, prendre une personne dans ses bras simplement pour la réconforter, m'est devenu totalement étranger. Je ne le comprends plus et je me sens instable, effrayée. Aurais-je oublié comment vivre?

Le calme. Le moment paisible qui envahit la forêt lorsque le soleil réapparaît au-dessus de l'univers pour le faire briller de tous ses milles éclats. Je cherche cette sensation au beau milieu de l'orage, mais je ne le trouve pas au centre de ce déchaînement de pulsions électriques. Je suis affolée et craintive comme si un éclair pouvait me tomber sur la tête à tout instant, réduisant ma vie en cendres aussi noires que l'encre déferlant sur la ciel à l'arrivée silencieuse de la nuit. J'ai peur de lâcher Elindeyë, de m'écarter de lui, mais j'ai aussi peur de rester contre lui et de laisser ses bras fabriquer une cage sécuritaire autour de moi.

- Oui, ce n'est que l'orage...

Ma voix tremble, aussi vagabonde que mes pensées contradictoires. Une partie de moi est sur-le-qui-vive, faisait picoter mon pouvoir au creux de mon ventre, prête à faire éclore autant de roses que nécessaire pour m'éloigner de l'insécurité tandis qu'une seconde partie de moi se laisse aller contre le jeune homme, totalement en symbiose avec lui. Je sens le parfum floral s'intensifier sur mon corps et je quitte les bras d'Elindeyë pour ne pas lui faire de mal. À ce point, perdue comme un flocon de neige en plein désert, je crains que mon pouvoir ne sorte et ne fasse naître les épines empoisonnées de mon Don. Toute au contrôle de mon pouvoir, j'en oublie la tempête qui enrage de ne pas m'effrayer plus longuement et je me concentre pour refréner les racines que je sens déjà se former sous la terre, porteuses de plantes magnifiques qui ne portent que malheur à ceux qui posent les yeux sur elles.

- Tu... tu disais avoir une frère..?

Détournement d'attention. Alors que je me bats intérieurement, je ne souhaites pas effrayer l'Hybrid qui s'est si gentiment porté au secours de ma détresse intérieure sans même savoir ce qui se passait réellement. Une Phytos craignant la pluie et le tonnerre? Je devais sembler étrange aux yeux sublimement verts d'Elindeyë, mais comment lui expliquer la vérité sans fondre en larmes? Perdre sa famille est beaucoup trop douloureux pour qu'il soit possible de le partager de quelque manière que ce soit avec quelqu'un d'autre. Tellement de gens avaient essayés de m'extirper mes pensées et mes peines, mais elles étaient si bien ancrées au plus profond de moi que nul n'y était jamais parvenu, sinon par nécessité absolue. Je n'était qu'un écrin fragile renfermant un pétale solitaire et gorgé de l'eau de larmes vainement versées. Je n'était qu'un animal errant dans un monde plus grand que lui, à la recherche de vengeance et de pardon. Chacun de mes pas n'étaient guidés que par l'espoir de trouver le coupable autant qu'ils n'étaient guidés par la culpabilité d'avoir donner la mort à ma soeur sans l'avoir voulu.

J'aurais dû faire une promesse tout comme Elindeyë et la graver à tout jamais dans ma peau pour ne jamais oublier, mais surtout pour me rappeler qui était le véritable coupable et qui était la véritable victime.



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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Mer 11 Mar - 1:28


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Iryelle & Elindeyë


"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

Je sens Iryelle totalement immobile contre moi, comme pétrifiée, figée, crispée. J'ai mis ça sur le compte de l'orage approchant, et des fortes secousses déchirant l'air dans un grondement assourdissant. Mais ... Mais si c'était moi ? Je ne suis pas très adroit lorsqu'il s'agit d’interactions sociales, et a plus fortes raisons lorsque celles ci se manifestent par des rapprochements physiques. Je décide néanmoins de ne pas bouger, et de laisser le moment suivre son cours, dans la tranquillité de notre petit abri au cœur de cette tempête qui se prépare.

Je me demande combien de temps encore la pluie va tomber ainsi. On pourrait presque croire que le ciel se vide entièrement de son eau céleste. Que les nuages se tordent et s'essorent jusqu'a se vider de toute leurs substance liquide, cette pluie diluvienne ne semble jamais devoir s'arrêter.

"- Oui ce n'est que l'orage ... "

Iryelle a prononcé ses quelques mots d'une voix abîmée. Presque balbutiante, tremblante.Elle s'éloigne soudain de moi, laissant dans son sillage une exquise senteur qui m’inonde comme un délicat parfum, entêtant et persistant. Elle semble presque prostrée. Je ne sais pas comment réagir, cherchant en vain ce que j'ai pu faire de déplacer pour causer ce geste inattendu de sa part, réfléchissant a tout rompre, tentant de me souvenirs de tous les conseils d'Aorü pour comprendre la raison de son éloignement soudain, sans résultats.

La jeune femme, le regard baissé reprends la parole, me tirant de mes pensées confuses :

"- Tu... tu disais avoir une frère..? "

Un petit sourire illumine mon visage. C'est toujours le cas quand je parle d'Aorü. Je pense qu'inconsciemment je l'associe a mes parents, c'est a la fois mon père et mon frère, mon professeur et mon meilleur ami. Tant de souvenirs me reviennent a chaque fois. Parler de lui est bien la seule chose qui me rends heureux a tout les coups.

"- Oui, il s'apelle Aorü. Ce n'est pas vraiment mon frère, mais on a presque grandis ensemble, il m'a tout appris. Il m'a même sauvé la vie. C'est lui qui m'a appris a parler, a lire, a écrire. Sans lui ... Sans lui je n'aurais rien ni personne. "

Un léger voile passe sur mon visage tandis que je tente d'imaginer ce qu'aurait été ma vie sans Aorü. Je lui serais éternellement reconnaissant.

Je soupire légèrement, regardant la pluie qui tombe, n'osant croiser le regard de la jeune fille. Je me sens a la fois heureux de partager ces moments de ma vie avec elle et terriblement gêné de lui parler de mon passé. Pourtant, naturellement les mots me viennent comme un flot tumultueux et passe de mon cerveau a mes lèvres sans discontinuer, dans une verve que j'ai du mal a refréner.

"- Il m'a recueilli lorsque j'avais 10 ans, je m'étais empoisonné dans la forêt en mangeant une mauvaise plante. Je vivais avec un troupeau de cerf dans la forêt profonde depuis des années lorsqu'il m'a trouvé. Ses parents ont accepté de me garder chez eux et il m'a soigné, il m'a éduqué, il m'a appris a être un hybrid, a ne plus être un animal. Il a joué le rôle d'un père avec moi, celui d'une mère aussi et celui d'un frère. Il est tout ça a la fois. c'est quelqu'un d'incroyable tu verras. Et il est profondément bon et généreux. C'est a lui que je doit ce que je suis devenu tu sais. J'était tellement jeune lorsque mes parents sont partis ... C'est Aorü ma famille maintenant ... "

Tout en prononçant ses mots j'ai plongé ma main dans ma sacoche, effleurant machinalement la couverture en cuir rabougri d'un des carnets de ma mère que j’emmène partout avec moi, exhalant un long soupire exprimant a la fois mon douleur d'être orphelin, ma joie d'avoir Aorü dans ma vie et mon soulagement d'avoir pu partager ses quelque phrases avec Iryelle.

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MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Dim 28 Juin - 21:41







La Corne et l'Épine

Iryelle
Elindeyë

Un sourire aussi léger qu'éphémère flotte sur ses lèvres avant que ses mots n'e l'avalent et ne laissent qu'un regard voilé, perdu pour des pensées que je ne peux comprendre. Il semble si serein et triste à la fois, une mélancolie manifeste qui passe sur ses traits alors que sa bouche n'en peut plus de déverser son flot de révélations. Je sais et je sens au plus profond de moi-même qu'il a besoin de se confier à quelqu'un, de parler pour évacuer ce qui était avant, ce qui ne sera plus, ce qui est et ce qui sera à tout jamais. Autant l'émotion qui se fond dans ses paroles m'atteint droit au coeur, autant son histoire me rappelle la mienne, amenant de funestes larmes à rouler sur mes joues pour lui, pour moi, pour deux orphelins égarés dans un monde bien plus grand qu'eux.

Il semble honteux de parler ainsi de lui, gêné de partager avec moi une vie remplie de souffrance, d'ignorance et de défis, mais il a un frère, une famille, et c'est cette ancre solide qui semble lui permettre de sourire encore, de croire que tout est encore possible. Il évite mon regard alors que j'aimerais tant le regarder dans les yeux et lui dire « je te comprends », mais je n'ose lui demander de me regarder alors que sa main plonge dans sa besace. Un long soupir s'échappe alors de ses lèvres et toute l'émotion exprimée dans son dialogue semble être soufflée hors de lui. Il semble soulagé, délesté d'un poids immense comme s'il avait porté le monde sur ses épaules. Il est là, en face de moi, aussi lisible qu'un livre ouvert et je ne trouve aucun mot pour saluer le courage, la force et la détermination qu'il exprime à travers ses gestes. Il a encore bien des secrets, mais alors qu'un mur tombe entre nous deux, un nouveau lien, un sentiment d'appartenance se construit et se tisse entre lui et moi. Peut-être ne le perçoit-il pas encore parce qu'il ignore tout de moi, mais en étant là, assise face à lui, les mains dans les siennes et entourée d'un océan de vert et d'eau pure, je trouve en lui un allié, un semblable, ce dont il me manquait cruellement depuis toutes ses années.

- Je...

J'essaie de parler, mais n'y arrive pas. Tous les bouleversements survenus dans ma vie semble s'être réunis là, dans ma gorge, comme pour empêcher une délivrance que j'attends depuis si longtemps, mais même sa présence ne parvient pas à briser la cage que je me suis forgée au fil du temps. J'ai besoin de parler, de partager avec quelqu'un qui puisse me comprendre un tant soit peu, mais je n'y arrive pas. Je suis incapable de m'ouvrir et les mots, les phrases, les syllabes, les lettres s'entremêlent et me laissent sans voix, incapable d'exprimer la détresse intérieure qui noue mes entrailles et me laisse à l'écart du monde.

Dans un effort ultime, je parviens à glisser quelques mots hors de mes lèvres, mais ce ne sont pas ceux que tout mon être, toute mon âme attendaient impatiemment. Alors que mes tourments consument mon corps, je m'entends dire entre deux respirations, entre deux bouffées d'air qui se frayent difficilement un chemin jusqu'à mes poumons, une phrase qui semble aussi fausse que réelle, mais qui s'accompagnent d'un minuscule sourire d'espoir.

- J'espère pouvoir rencontrer ton frère un jour. Il semble... merveilleux et compter plus que tout à tes yeux. Tu as de la chance, tu sais?

Jalousie dévorante. Il a un frère et je n'ai plus de soeur. Nos parents sont morts et, alors qu'il a pu retrouver une famille, un frère, j'ai trouvé un vide impossible à combler, uniquement façonné de mes peurs et de mes sentiments refoulés. J'ai trouvé une solitude sans fin et il a trouvé la vie, il a eu une deuxième chance. Mais alors que je sens en moi la rage de l'impuissance monter, je ne peux m'empêcher de me sentir perdue. J'avais besoin d'un asile, d'un lieu pour me restaurer, me ressourcer, pour réapprendre à vivre, comme je ne savais visiblement plus le faire, et cet instant prisonnier d'une coupole de branches survolées d'un ciel pluvieux avec cet étranger m'offrait un moment de répit. Il m'offrait un court instant de vitalité, de compagnie, de réconfort et surtout, de compréhension. Il m'offrait le paradis.

Cessant d'essayer de faire des phrases vaines, j'essuie les larmes et l'eau qui ruissellent sur mon visage blême et peiné et trouve la force de sourire pour Elindeyë, pour la chance qu'il a d'avoir trouvé une place en ce monde.

- Un jour je te raconterai tout, mais pour l'instant, j'en suis incapable.

Levant la tête vers le ciel, je ferme les yeux en espérant une éclaircie dans la toile de gris qui couvre nos crânes. Le calme revient en moi et je plonge une main dans la terre pour m'ancrer à la réalité, au moment présent qui est si précieux pour nous deux.


© REIRA DE LIBRE GRAPH
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Animaliste (Elindeyë Eären)


RPG
Âge : 17
Groupe: Anemös
Inventaire: Quelques carnets, une plume d'aigle, une griffe de chat sauvage, une dent de loup et un fragment de bois de cerf. Un journal "magique" (avec le stylo a froufrou).

MessageSujet: Re: La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]   Jeu 20 Aoû - 19:02


Rosa & Cervi
- Spiritus


La corne et l'epine

- Rencontre -

Iryelle & Elindeyë


"Ici plus qu'ailleurs, se fondent le regard et le coeur."

Juste quelques paroles. Quelques mots qui ont tant de peine a franchir ses lèvres tremblante d'un léger rose nacré. Juste quelque phrases prononcée d'une voix qui se voulait assurée mais ou transparaît la crainte, la tristesse, peut être même le désespoir.

Iryelle se tiens la devant moi, n'osant plus me regarder, laissant son regard se perdre dans l'immensité silencieuse qui nous entoure, plongeant sa main dans le sein même de notre mère la Terre, cherchant a retrouver ce calme qui la caractérise.

J'esquisse un sourire. Je ne sais pas trop ni comment, ni pourquoi, mais je me sens bien. Habituellement je crains et je fuis la proximité des autres originaires. Mais avec Iryelle, tout coule de source, tout est naturel, pur, sans fioriture, sans chichis, sans fausse pudeur. Les choses sont ce qu'elles paraissent, ni plus, ni moins.

"-  Ecoutes ... "

En un instant, je me fige, concentré. Je sens la présence de plusieurs animaux, dans cette forêt qui nous entoure. La pluie a cessée, laissant un paysage iridescent s'offrir a nos yeux, les rayons d'un soleil timide illuminant chacune des gouttes dont s'est parée la nature.

Quelque part, au loin, le hululement d'une chouette se fait entendre. A la fois puissant et apaisant. A la fois inquiétant et rassurant. Magistral. Je souris a Iryelle, profitant de ce son inhabituel a ce moment de la journée, que nous offre notre Déesse. La chouette est un puissant symbole de Sagesse mais aussi d'Espoir.

Iryelle se redresse légèrement et semble vouloir prononcer quelque mots mais je l'en empêche, lui montrant simplement du doigt l'extérieur de notre abri de fortune. J'ai senti sa présence, je sais qu'elle est la, je sais qu'elle approche. Le simple fait qu'elle soit en vol a ce moment et par ce temps est assez extraordinaire pour m'avoir rendu attentif.

Un  battement d'aile, un cri presque inaudible, un éclair fugitif de poils bruns noir et voila qu'une chauve-souris s'engouffre dans notre abri, se suspendant la tête en bas a l'entrée, devant nos yeux mi-ébahis mi-ravis.

"- Une chauve souris. C'est un symbole de renaissance. Je n'en avais jamais vu en plein jour. Ni par temps de pluie. "

Quelques mots que je laisse traîner dans le silence a peine secoué des petits piaillement de notre nouveau compagnon. Peut être un nouveau signe de Mère Nature ? Peut-être un symbole annonciateur, signifiant qu'il est temps de donner un tournant a ma vie ? A celle d'Iryelle ? Ou même au deux ?
Peut-être simplement un événement fortuit sans explication spirituelle ou mystique ? Ou bien le signe qu'une destinée est sur le point de se révéler ?

Je respire profondément et enfoui ma main dans la terre, cherchant celle de ma compagne d'averse, et la pressant légèrement, lâche dans un souffle :


"- Tu le rencontreras. Viens avec moi. Viens au village ... "

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La Corne et l'Epine - Rencontre - [Iryelle & ELindeyë]

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