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Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]

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MessageSujet: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Jeu 5 Mar - 23:07

Rudolph était perché sur un arbre et ses yeux bleus étaient perdus dans les cieux infinies. Midi était passé depuis deux heures et le soleil éclairait la terre avec vigueur. Seul un petit nuage solitaire osait entaché de blanc l'azure profond du ciel. Rudolph baignait dans cette lumière pure et lézardait déjà depuis quatre heures maintenant. La Lumière se reflétait contre lui, faisant briller son corps comme s'il fut bénie par quelque chose de plus grand que lui. Il s'était juste réveillé une fois à cause de la faim et depuis il essayait tant bien que mal de garder les yeux ouverts. Il n'avait pas bougé d'un pouce, il n'était pas ici pour chasser et la faim était une douleur familière qu'il pouvait aisément consoler. Ces maux éphémères ne le troublèrent guère, seulement une poignée de minute, il ne désirait pas se mouvoir, il ne voulait pas briser cette harmonie ambiante et, après tout, sa fainéantise n'avait pas de prix.

La forêt était relativement silencieuse et la faune s'occupait de ses affaires en toute quiétude. Le vent était mort et laissait en paix les habitants forestiers. On pouvait donc entendre le chant des oiseaux, un lapin courir, avec tout le reste de sa tendre petite famille, à travers les sous-bois et les écureuils grignotaient des graines aux côtés d'un loup feignant. L'Orée du bois était beaucoup plus paisible que le reste de la forêt, les monstres se faisaient rares et les prédateurs étaient peu agressifs puisque la nourriture était facile d'accès.

Les oiseaux se posèrent de nouveau sur l'arbre où se trouvait Rudolph tant ses gestes et son souffle étaient paisibles et d'humeur égale. Il était couché sur sa branche tranquillement et attendait. Il sentait les charmantes senteurs boisées lui flatter l'odorat et il se laissa volontairement envoûter par les diverses parfums de la flore environnante. Son corps était si bien chauffé par le soleil qu'il commençait à s'endormir une nouvelle fois. Il portait un pantalon marron et une tunique beige, il était pied nu et à sa ceinture se trouvait le fourreau brun qui conservait sa vielle épée polie qu'il avait retrouvé d'une étrange façon. Il affichait un léger sourire et bailla, il se laissa tendrement bercer par sa fatigue et au fond de sa poitrine, dans sa chaire, il sentait une placidité flotter, il percevait cette sensation reposante qui réparait ses tissus et régénérait sa chaire. C'était une force créatrice qui soignait les maux, la fatigue et la tristesse. Il était bien et n'aurait laissé sa place pour rien au monde, mais l'aurait plutôt partagé sans jalousie aucune. Il se disait que finalement il n'avait pas besoin de veiller éveillé et qu'il serait bien réveillé par la cause de sa présence. Il lança un grand bâillement à l'astre solaire, souffla de bonheur et s'endormit sans plus de cérémonie.

Il se trouvait couché en plein milieu d'un ciel à la pureté sublime et il était encadré par le feuillage émeraude d'un arbre multi-centenaire. Il baignait dans cette vie et il se sentait comme un condamné dont sa peine mortel fut rompu et dont on aurait à jamais rendu sa liberté. Il n'avait pas besoin de pouvoir infinie ou de plaisir éternel, cette lumière astral, cette discrète musique forestière et cette lassitude plaisante lui suffisait pour ce prochain siècle. Impossible pour un amnésique de comprendre d'où lui venait sa mélancolie et sa douce joie, mais il frissonna dans son sommeil. Dans son errance onirique il avait tellement espéré retrouver la réalité qu'aujourd'hui, même sans souvenir, il était tombé amoureux de ce temps, de cette terre et de ses habitants.

Il était si bien endormi et sa bêtise fut tantôt si grande, que dans son sommeil il oublia sa place, se retourna et tomba de sa branche, attiré par la gravité il continuait à dormir et c'est seulement lorsque son estomac rencontra la première branche qu'il se réveilla dans un râle de douleur, il en cracha dans sa toux. Il ne put se retenir et continua sa chute invariable prenant coup sur coup, il ne put que ralentir sa chute terrifiante évitant ainsi avec adresse, dans sa gaucherie, de se briser pitoyablement le cou. Il tomba lourdement contre le sol sur le ventre. Il mit quelques secondes à comprendre ce qui lui était arrivé, et se dit qu'il était idiot de ne pas s'être attaché lorsqu'il en avait eu l'occasion. Il se retourna et resta à terre un moment, il entendait et admirait les oiseaux, effrayés par sa chute, qui s'envolaient dans ces charmants bruissements si typique aux frottements vifs des plumes aériennes.

Lorsqu'il n'entendait plus de battements d'ailes il se releva maladroitement, il était encore assommé par la chute, et tituba ridiculement jusqu'au tronc d'arbre. Il se posa avec cette même lassitude qui l'avait envahi plutôt, il se sentait si fatigué ! À travers sa tunique il sentit la rugosité de l'écorce marron du tronc d'arbre  contre lequel il se posa. Sa chevelure brune était tirée en arrière et il perçut un mince filé de sang chaud naître au sommet de son crâne, couler sur front à peine sali par la terre, puis contourner son sourcil et son œil tranquille pour tremper sa tempe gauche. Ensuite, il tâcha sa pommette de rouge et continua sur sa joue pour finalement mourir sur son menton.

Branches et feuillages le protégeaient de la chaleur et il profitait d'une fraîcheur bienvenue. Dans son malheur il avait tronqué un bonheur avec un autre. Un sentiment étrange le possédait à présent, pourquoi ne se trouvait-il pas marqué par le moindre trauma dû à cette chute qui aurait pu être mortel ? De quelle horreur était-il le vétéran pour ignorer la douleur qui titillait à présent son corps ? Il pouvait sentir la douceur de l'herbe grasse sous ses pieds nus et salis de brun par la tourbe riche de cette forêt. Sa superbe queue tachetée reposait majestueusement contre l'herbe verte et formait un ''C'' imparfait. Parfois elle se levait avec noblesse pour se laisser tomber comme si elle était prise dans un rythme langoureux et mystérieux.

Malgré sa chute et ses blessures, bleues et contusions, sa poitrine était toujours inspirée par cette tranquillité auguste. Les rayons du soleil, filtrés soigneusement par cet arbre protecteur, illuminaient de-ci de-là son corps. Il tira son épée sans colère et planta sans force son extrémité dans la terre. Il posa ses mains avec nonchalance contre le pommeau de son arme et son front contre ses mains, son épée s'enfonça alors légèrement sous le poids de son crâne. Il resta ainsi appuyé contre son arme qu'il utilisait comme une canne tandis que ses rebelles mèches de cheveux vinrent sur son visage lorsque sa tête se pencha en avant. Quelques-unes de ses pointes burent  de son sang prenant comme cela une teinte écarlate. Rudolph saignait peu, il ne risquait rien.

Avec sa chute le silence s'était imposé. La forêt possède, elle aussi, des sens et elle avait entendu le boucan qu'il avait provoqué en son cœur malgré lui. Ensuite, lorsque l'inquiétude s'évapora elle reprit son hymne à la vie, les magnifiques rongeurs grattaient  de nouveau la terre, les beaux rouges-gorges reprirent leur mélopée amène et les écureuils leur faste festin de graines. Le Loup, reprit sa respiration profonde et indolente, comptait bien gagner le pays des songes une nouvelle fois.


Dernière édition par Rudolph le Sam 14 Mar - 11:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Ven 6 Mar - 12:40


Aenaelle, le nom s'imposa a son esprit alors qu'elle errait au bord de Sylva. La demoiselle revit la belle Anemos, ses yeux couleur de pluie dont émanait une douceur infinie. Elle voulait la revoir mais la peur que cette envie égoïste n'attire des ennuis à cette Hybrid l’empêchait de prendre le chemin de Némoto. Cela faisait donc plusieurs heures que la Cyborg tournait en rond entre désert et végétation luxuriante. Et si elle ne voulait pas réellement la revoir et ne lui avait fait cette proposition que pour la remercier ? Tant de questions, de doutes, d'hésitations, qui rongeaient son esprit et l’amenait à errer sans but, perdu dans ses réflexion éphémères.

La jeune femme aux cheveux émeraude se prit soudain les pieds dans une racines sournoise et s’étala de tout son long dans la mousse humide qui proliférait sous le couvert de certain arbres. Dans un soupir de frustration la Qantik se redressa et vérifia qu'elle ne s’était pas une fois de plus blessée inutilement. Visiblement la chance lui souriait, aucune plaie ou contusion ne venait colorer sa peau diaphane et un nouveau soupir lui échappa, de soulagement cette fois. La demoiselle prit alors conscience qu'elle avait piqué vers la forêt alors que son être se disputait au cœur de sa chair pour savoir q'il le fallait ou non. Elle prit ça comme un signe. Après tout si elle allait voir Aenaelle directement elle serait fixée.

Une brise vint faire danser les branches du conifère sous lequel la jeune femme avait chuté et l'odeur acre de la résine vint chatouiller son odorat. Son corps d'ouvrit enfin à ce qui l'entourait. Ce furent d'abord les milliers de couleurs chatoyantes des corolles ouverte qui dispensaient leur parfum sucré puis la multitude de camaïeu de vert qui s'étendait à l'infini, les trouée ou l'astre céleste venait dessiner sur le sol des motifs inconnus. La Cyborg se laissa retomber sur le dos, aspirant à la quiétude du lieu quand son esprit semblait en proie a bien des tourments. Ce lieu, ces odeurs et ces couleurs lui avaient tant manqué. Nulle part ailleurs Diya ne se sentait chez elle, mais Sylva l'avait rejeté le jour ou elle était tombé de cet arbre. Peut être pourrait elle retrouver ce lieu ? Adresser une prière à leur Créatrice et s'excuser du mal qu'elle avait commis si tel était le cas. La demoiselle voulait comprendre, elle qui avait toujours sagement agis, prié et respecter les forces de Sylva, pourquoi avait elle du payer un prix aussi lourd pour une raison qu'elle ne connaissait pas ? 

Nouveau soupir. La Cyborg se leva, épousseta son yukata chatoyant afin d'en écarter les brindilles et la mousse venue s'y accrocher. Elle ramassa ensuite sa besace qui s’était déversé sur le sol un peu plus loin et vérifia la présence de ses Trancheuses de vent. Quand ce fut fait elle observa le tronc de l'arbre afin de repérer le coté le plus moussu et se dirigea plein nord. La vie semblait si facile en ces lieux, le calme, la joie de vivre qui y régnait apaisait les tensions de l'ex Phytos, elle avait l'impression de rentrer chez elle même si se diriger vers ses parents était exclus, Diya n'avait rien a leur dire et n’était toujours pas prête a pardonner leur agissements. Un jour, peut être, elle y parviendrait et reviendrait alors vivre dans le village mais ce jour paraissait lointain et le chemin pour y parvenir emplis d'obstacle insurmontable.

Alors qu'elle pénétrait dans une petite clairière elle sentit la présence d'une personne proche. La nature semblait épouser sa présence, le considérant sans doute comme parti intégrante d'elle même. Ce devait donc être un Hybrid. Devait elle se montrer ? Elle pourrait ainsi demander son chemin et éviter de perdre du temps inutilement. Mais si l'inconnu la considérait comme un danger et l'attaquait que ferait elle ? Se risquant à jeter un regard alentours, sortant la tête du buisson derrière lequel la demoiselle s'était accroupie, elle remarqua alors un arbre immense, bien plus grand que ses semblables. A ses pieds semblait dormir un Anemos. L’éclat du soleil vint caresser la lame, longeant son tranchant avant de se réfléchir en faisant danser sur l'herbe la lumière de ce beau jour, ainsi il était armé. 

Diya avisa soudain l'éclat d’écarlate qui venait souligner sa joue. Étais ce un dormeur du val ? Devait elle lui venir en aide s'il n’était pas trop tard ? Était ce un piège pour lui trancher la gorge au moment ou son corps entrerait dans le cercle lumineux ? Finalement son instinct protecteur fut remisé au placard et la demoiselle s'avança sans cherche a masquer sa présence. Elle s’arrêta à une dizaine de pas de l'inconnu quand elle remarqua que son torse se soulevait à un rythme régulier et voulu faire demi-tour quand sa conscience la somma de vérifier s'il se portait bien. D'une petite voix timide elle s'accroupis, respectant la distance entre eux et demanda :

" Pardonnez moi, vous semblez blessé, avez-vous besoin de soins ?"
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Ven 6 Mar - 23:29

Besoin de soin ? D'un mouvement rapide il se leva, il ouvrit les yeux sans attendre et lança un regard froid à son interlocutrice. Son accueil était dû à son instinct animal, à cette méfiance bestiale qui prenait toujours le dessus dans ce genre de situation. Il la jaugea de bas en haut et finit par planter ses étranges prunelles bleues lumineux dans l'émeraude de ses yeux. Elle portait un Yukata aux couleurs claires et pétillantes, elle était petite et semblait être chétive, sa vue était trouble, dû au sommeil ou à la chute, il ne pouvait donc pas détailler son visage, mais sa chevelure verte le marqua. Plus important, elle n'avait pas d'arme apparente, son regard se fit moins inquisiteur et son air s'embellit d'un sourire léger. Il restait encore à savoir ce qu'elle était. À première vue, il aurait dit ... Il n'en savait rien ! Une Unike au goût capillaire incertain, ou une Phyto perdue ? Il douta pourtant qu'elle soit ce qu'il attendait, il s'ébroua la gorge doucement pour chasser toute fatigue dans sa voix, une de ses main resta posée sur son arme comme vissé et la deuxième s'évertua à nettoyer vainement son visage.

- Ne t'excuse pas, ta gentillesse est obligeante, mais je vais bien, merci. Par contre ...


Sa voix grave empruntait une teinte douce commune à son caractère, il ne désirait pas lui faire peur, après tout de premier abord elle se montrait charmante, malheureusement, il restait un chasseur, un Hybrid et un protecteur, ce ''qui se passait'' dans cette forêt le regardait autant que ''qui y passait''. Son tutoiement n'était pas dû à un quelconque manque de respect, mais il ne vouvoyait simplement jamais, c'était une mauvaise habitude. Voir une Unike ne le choquait pas ou plutôt moins qu'avant, il fut suffisamment marqué par sa rencontre avec Nima pour comprendre que le monde avait changé. Son sang ne coulait plus, mais la moitié de son visage possédait maintenant une légère teinte rouge tandis que sa main était écarlate.

-Par contre ... es-tu une Unike ? Ou une Hybride ? Il n'y a pas de mauvaise réponse, je préfère savoir cela pour prévenir tout problème à venir. C'est tout, moi-même ...


Pendant qu'il parlait, il se rappelait de sa première rencontre avec une Unike, il s'était montré bien moins diplomate, il ne voulait surtout pas lui causer autant de frayeur que la dernière. Même si elle semblait être plus habituée à la forêt ou tout du moins à ses abords. Pourtant, il se savait maladroit dans ce genre de rencontre inter-espèce, car il sentait quelque chose en elle qui vibrait et prouvait qu'elle n'était pas des siens. Il ne pouvait pas l'expliquer, il souffla avant de pincer avec sa main rouge le bout de sa queue blanche tachée de brun, elle était haute et bouffie d'orgueil.

... Pff, je suis un Hybrid.


Il se tut par la suite, on lui avait dit qu'il était de bon ton de se présenter, mais il ne savait tout simplement pas quoi dire, il se trouvait idiot d'agir ainsi. Il lança un air mi-amusé mi-désepéré à l'étrangère et leva les épaules au ciel pour bien montrer qu'il ne savait quoi vraiment dire, ni quoi faire dans ce genre de situation. Rudolph avait cette franchise étonnante qui pouvait tantôt amuser et tantôt agacer. Son naturel revint au galop, il se dit qu'il avait fait ce qu'il devait faire et tant pis de ce que l'on dira. Il posa sa main rouge sur sa hanche, en se disant qu'il devrait aller au ruisseau pour nettoyer son visage et sa main correctement. Une profonde méfiance perdurait dans son regard, mais aucun note d'agressivité ne venait entacher son faciès ou sa posture.  

Sa vue se fit plus claire, elle était bien plus jeune que lui, il lui donnait une bonne dizaine d'année en moins que son propre âge, elle portait un baluchon bien trop léger pour qu'elle soit une commerçante itinérante, même pauvre. Elle avait ce style élégant, dont le loup aurait qualifié de riche et raffiné, qui jurait avec celui, bien plus dépouillé, de Rudolph. Malgré l'affabilité de son visage rond, son instinct voyait une ombre flotter. Ce qu'il jugea peu étonnant en sachant qu'une femme si jeune se trouvait entre le désert et la forêt, donc, dans tous les cas, loin de chez elle. D'après l'homme-loup les jeunes voyageurs cachent toujours en eux une tragédie et une joie difficilement perceptible ou au contraire aisément compréhensible.

Il se dit alors qu'il était aussi probable qu'une demoiselle aussi menu ne voyage seule. Si son sang était de race Unike, alors peut-être pouvait-elle l'aider, et pouvait-il la prévenir de porter une attention particulière à ce qui ne se faisait pas dans la forêt des hybrides. Il rentrerait ainsi plus rapidement en un ''lieu civilisé''. Ironique pour un Hybrid comme lui de parler de ''lieu civilisé'', mais il préférait parler de ''lieu civilisé'' plutôt que de ''chez lui'', puisque dans sa grande amnésie il était chez lui nulle part et donc dans un certain sens partout. Oui cela n'avait donc aucun sens ! Il ramena son attention sur sa belle interlocutrice, comme il avait précisé plus tôt il n'y avait pas de mauvaise réponse, enfin si ... Il en existait bien une.
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Sam 7 Mar - 12:05


L'homme se releva d'un coup à sa question ce qui la surprit et la fit reculer de deux pas, agrandissant le périmètre de sécurité qu'elle déployait naturellement en présence d'inconnu. Cette distance lui permettait de réagir rapidement et lui laissait une largesse de manœuvre pour contre attaquer avec ses courtes lames. Le regard glacé de l'Anemos la fit frissonner mais elle ne bougea pas et garda sur son visage cet air calme et amical, elle ne voulait en aucun cas être considérée comme une ennemie. Elle laissa l'homme la toiser, la demoiselle connaissait ce procédé, le pratiquant elle-même, et n'y trouva rien d'insultant. Quand ses traits se détendirent la Cyborg comprit qu'il avait senti ses intentions pacifiques d'une quelconque façon.

L'Anemos la rassura, expliquant qu'il allait bien mais la fin de sa phrase resta en suspens. Une hésitation passagère qui promettait une question plus délicate. Diya savait déjà ce qui allait lui être demandé. Savoir à quelle espèce appartenait les gens était devenu maladif sur cette terre broyée par les anciens conflits. La voix de l'inconnu était douce, chaude, comme un rayon de soleil elle portait l'assurance et encourageait la conversation. La présence du métal froid sur la peau de sa cuisse la rassurait, le grelot ne lui serait d'aucune aide contre un Hybrid mais pour l'instant, malgré qu'elle garda un œil sur la lame plantée dans le sol derrière l'homme, elle ne craignait pas d'être attaquée. Et si cela devait se passer ainsi elle l'accepterais. La jeune femme aux cheveux de jade n'était pas là pour répandre le liquide carmin en Sylva.

" Par contre ... es-tu une Unike ? Ou une Hybride ? Il n'y a pas de mauvaise réponse, je préfère savoir cela pour prévenir tout problème à venir. C'est tout, moi-même ..."

La fameuse question. Elle ne s’était pas trompée. Devait elle mentir ? Serait elle chassée si elle avouait être une Qantik ? Si elle donnait le nom de la femme aux yeux de pluie aurait elle une chance de justifier sa présence ? La demoiselle savait que son visage c'était imperceptiblement assombrit.  Elle n'aimait pas cette question, ou plutôt elle la détestait. Pourquoi était ce si important ? Elle était un être vivant ! C’était tout ce qui comptait ... Se ressaisissant, cachant le mal qui l'animait au travers de cette stupide interrogation elle répondit d'un ton neutre, contrôlé, après qu'il eut confirmé qu'il était bien un Hybrid :

" S'il n'y pas de mauvaise réponse pourquoi poser la question ? "

Son regard joyeux fut envahi d'un voile de doute. Avait elle bien fait de venir ici finalement ? N’était ce pas qu'une grossière erreur ? Qu'une nouvelle fuite qui ne lui apporterait qu'un réconfort passager ? Éphémère ... Comme ce monde lui semblait terne, pourquoi Sylva lui paraissait toujours si lumineuse quand elle même avait l'impression d'avoir perdu toute notion de couleur, de joie. Sa question n'avait rien d'insolent, la jeune femme voulait juste voir s'il n'y avait réellement aucune mauvaise réponse, plongeant ses yeux dans les lac cristallin de l'Anemos elle attendit de voir sa réaction.
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Sam 7 Mar - 19:12

Si dans un premier temps le Loup avait bien réussis à ne pas la terrifier, il vit en un coup d'oeil les déboires provoquer par sa question. Visiblement, son interrogation n'était pas aussi banale qu'il imaginait. Elle semblait donc légèrement troublée par cela, n'avait-il pas précisé qu'il n'y avait pas de mauvaises réponses ? N'était-ce pas pour ne pas provoquer ce genre de gêne déplacée qu'il avait prononcé cela ? Craignait-elle d'être tranchée par son épée si elle ne répondait pas convenablement ? Avait-elle honte de ce qu'elle était ? Ou était-elle venue ici pour de bien sombres raisons ? Rudolph n'en savait rien et il se dit intérieurement que cette conversation allait peut-être être plus compliquée qu'il s'imaginait il y a peu. Ce qui l'étonna puisque rien n'était en jeu. Décidément, la diplomatie n'était clairement pas sa spécialité, mais avait-il seulement le choix d'agir autrement ? Assurément ! Pensa-t-il sans hésiter.

Elle lui répondit d'un ton neutre, sa voix était au diapason de sa beauté et il pouvait déterminer la sage mesure de ses mots. Preuve, s'il en est, de ce changement d'attitude envers lui. De sa voix il ne restait plus rien de cette touchante timidité, cela n'était pas bon signe se dit-il, elle n'avait pas aimé sa question, c'est certain. Allait-il lui demander pardon pour son manque de tact ou pour s'être mêlé d'affaires qui ne le regardaient pas ? Évidemment que non, après tout c'était un Hybrid libre et non un Unik soumit, il était franc et ignorait tout de ce qu'était l'étiquette, même s'il l'avait blessé il n'eut pas une once de remord. Il entendit sa question d'une oreille diligente, et il en fut surpris, il ne comprenait pas où elle en voulait en venir. La réponse évidente était '' pourquoi poser une question si ce n'est pour obtenir une information ?'', mais il était tout aussi évident que cela n'allait pas combler ses attentes, elle voulait une explication, enfin peut-être, l'Hybrid n'était pas avare de conseil et de commentaire, il était son aîné et s'était plus une tradition qu'un devoir de partager son savoir, même au risque d'enfoncer des portes ouvertes. Au fond de lui, il se dit qu'elle allait sûrement regretter d'avoir posé la question

Pourquoi ? Dit-il étonné par la question, il répondit. Simplement parce que j'ai besoin de savoir ? Il savait bien que cette réponse ne suffisait pas, donc il toussota deux fois pour se clarifier définitivement la gorge, signe distinctif qu'il allait partir dans un monologue plutôt long. Il reprit alors la parole avec un ton plus sérieux, mais toujours sans méchanceté ni humeur hautaine.

Il y a différente raison à cela, D'abord il faut savoir que l'on trouve beaucoup plus de non-Hybrid qu'avant, normal me diras-tu puisqu'on n'attendait jamais très longtemps avant de les égorger, et il faut savoir qu'ils posent, souvent sans le vouloir, énormément de problèmes. Par exemple … parfois ... lorsqu'ils meurent les prédateurs ne les mangent pas, ne sachant pas ce que c'est, imagine alors une rivière dans laquelle veille un macchabée ? J'ai croisé un chasseur qui me disait que les cadavres des Qantiks étaient de véritables catastrophes environnementales. Il paraît que leur sang est un poison qui rend malade faune et flore.

Il regardait avec insistance la jeune femme essayant comme à son habitude de déchiffrer l'humeur de son interlocutrice. En plus de cela la plupart des non-Hybrids pensent que la forêt est un lieu magique où il fait bon vivre, oui, oui, alors que tous les mois nos meilleurs chasseurs disparaissent.

En sachant que des clans Hybrids attaquent d'autres Hybrids sans distinction, imagine la durée de vie d'un non-Hybrid ici ? Puisque la forêt n'est à personne si ce n'est pas à Mère Nature, je n'ai aucun droit de t'empêcher de rentrer en son cœur. Je peux tout de même prévenir tout souci en accompagnant les étrangers. Je ne suis qu'un chasseur, que je voyage dans un sens ou un autre c'est du pareil au même. Tu n'es pas sans savoir que chaque Hybrid souhaite protéger la forêt, et cela n'a rien avoir avec notre sang. Nous sommes Hybrids, pas par naissance, mais par intention et nous sommes chacun libre de servir Mère Nature de la façon qui nous parait le plus juste, après tout, on ne naît pas protecteur, on le devient. Certain pensent qu'il faut vous chasser, d'autre qu'il faut vous aider à nouer des liens avec la terre ... Enfin, je pourrais te donner bien d'autres raisons, mais là si je commence à toutes les énumérer ... Tiens, je pense que le plus gros problème des non-Hybrids ou de certain Hybrids un peu perdu, et c'est sûrement pour ça que tu me poses la question, c'est qu'ils pensent que ce qu'ils sont et ce qu'ils font ne regardes qu'eux et leur propre moral, ils oublient bien trop souvent qu'ils sont tout aussi liés au ciel qu'un aigle et à la terre qu'un sanglier. Notre propre existence influe sur le monde entier et sur ses habitants qu'on le veuille ou non. Notre bonheur et notre vie sont inspirés par l'existence d'innombrables inconnus, même s'ils se trouvent à des lieux d'ici, il n'est donc pas étrange d'être curieux à leur sujet. Si, ce que tu es, influencera ma vie, il n'y a rien d'étonnant à ce que je me pose quelques questions. Donc, comprends-tu mon examen ? Qu'est-ce que tu es ?

Oui, Rudolph était influencé par son Totem par bien des façons. Les loups ne sont pas des créatures naturellement solitaires comme certain ignorant pourrait le penser, hormis lorsqu'ils n'ont pas le choix. Vivant essentiellement en groupe, ils communiquent beaucoup entre eux et Rudolph a hérité de leurs manières. Voilà pourquoi il aime autant parler, même lorsqu'il fait semblant d'en être ennuyé. Il lui lança un sourire doux et amical, dévoilant ainsi c'est deux canines sur-développées, comme pour dire qu'il en avait terminé avec ses explications.

Décidément il ne comprenait pas ce monde, était-il bien née ici ? Dans le chaos de son cerveau amnésique il ne se souvenait pas d'Hybrids qui massacraient d'autres Hybrids et pas plus des visiteurs non-Hybrids se baladant dans Hoshizora. Un détail l'échappait et il le savait sans pouvoir dire ce que c'était. Si seulement il était capable de se souvenir de son histoire ! Il pensait que cela réglerait tous ses problèmes alors, qu'au contraire, cela lui en poserait bien plus.
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Dim 8 Mar - 15:26


Pendant un instant un silence s'installa entre les deux protagonistes de cette étrange scène. Chose étrange la forêt semblait les écouter, silencieuse, comme si Sylva retenait son souffle. Ce calme était agréable, les projecteurs propulsèrent l'Anemos au cœur de la scène. Son point de vue exposés à la critique des spectateurs. Un bruissement de feuillage fit tourbillonner des pétales colorés qui voletèrent un instant au grès du vent avant de s’échouer sur l'herbe grasse et la mousse spongieuse qui étouffait tout bruit de pas. Les mots de l'homme empreignaient l'esprit de la Cyborg, comme un chant lancinant qui envoûte et persécute à la fois. Le besoin de savoir évoqué ressemblait d'avantage à une curiosité irrépressible mais le ton employé était poli et non arrogant.

A l'évocation de la chasse aux étrangers Diya se souvint des chasseurs rentrant le soir au village, les vêtement maculés de liquide carmin, les armes sales, parfois même brisées, preuve de l'acharnement de leur victime à vouloir resté sur le chemin de vie qui les avaient menés en ce lieu. Cela faisait peu de temps qu'elle avait quitté Sylva, la familiarité de l'ambiance la berçait, un oiseau chanta au loin et son chant se perdit dans l'azuré du céleste dont pas même un nuage de venait entacher la teinte pastelle. La Qantik avait l'impression d’être revenu dix ans en arrière, d'avoir une conversation tout a fait normal, un débat, avec un confrère Hybrid. Mais la Créatrice l'avait privé de ces gestes simples. Reléguée au rang d'être corrompus, de pollueurs comme venait de le dire l'inconnu, elle ne trouvait plus de place nul part. 

Les yeux de l'homme ne la quittait pas, mettre son esprit à nu ne dérangeait pas la demoiselle. Elle n'avait rien a cacher, chacune de ses pensées était assumée et appuyée de multiples exemple et justificatifs. Mais le masque qu'elle arborait en cet instant empêchait sans doute l'inconnu de percevoir la colère sourde qui grondait en elle. La jeune femme savait pourtant que les paroles accompagné de cet émeraude sincère fixé sur elle n'exposaient que des faits avérés. Des actes qui se reproduisaient, perduraient, et que Sylva n'avait jamais été en paix. Elle pouvait comprendre qu'on veuille protéger ce paradis végétal où les originaires vivaient en harmonie avec les créations de Mère Nature. Cependant la discussion prenait une tournure inintéressante, Diya ne voulait plus rester dans l'ombre. Elle ne voulait pas répondre à sa question, comme si le fait de trancher la priverait d'une scène essentielle à sa journée. Elle fit un pas en avant, entrant dans le cercle lumineux de ceux qui expriment leur avis, qui font des mots des armes plus aiguisées que des lames :

" Si être Hybrid est pour toi le résultat de la dévotion quand à l'harmonie qui habite ces lieux alors je fais tout autant parti que toi de ceux qui aspirent à la paix."

Puis soupirant la demoiselle regarda un nuage passer au dessus d'eux, éclipsant le feu des projecteurs un instant, le temps qu'une sombre réplique vienne contredire celle qui semblait précédemment si juste et lumineuse malgré la folie contenue en ses paroles :

" Nous pourrions tous être protecteur d'un équilibre fragile, mais une guerre attend, imperceptible qu'un camp fasse le premier pas pour massacrer des êtres vivants sous prétexte qu'il ne portent pas en eux les mêmes gênes. Que nous soyons Hybrids, Qantiks ou Uniks nous cherchons tous à vivre, à profiter de ce droit d’espérer, d'avancer chaque jour. Certes nos choix forment un futur ombrageux lorsqu'ils prennent de mauvaises directions mais si personnes n'est là pour les guider comment pourrait on reprocher leur égarements ? Tu dis que l'on peut devenir gardiens, protecteurs, simplement par nos actes ? Quand est il de ceux à qui on ne laisse pas le choix ? De ceux que l'ont privent de ces droits sans même donner une explication ?"

Diya avait laissé ses paroles se déverser en un flot incessant, libérant ce sentiment de rejet qu'elle avait tant observé ces derniers temps. Anathorey, Nordkia, des êtres brisés qui avaient abandonnés l'espoir de rétablir la paix inter-espèces car ils n'avaient sous les yeux, tout les jours, qu'une haine proliférante qui se répandait plus rapidement qu'une épidémie. A ceux qui souhaitaient aider les autres on ne renvoyait que des regards haineux, dégoûtés. C’était insupportable. Diya préférait être faible que de renoncer à son humanité, à ses principes qui avaient bercés son enfance. Dans son cœur elle était resté une Hybrid, un fruit de l'harmonie, de l'espoir qu'un jour tous se réconcilient et parviennent à s'entendre. Que plus jamais de morts inutiles ne viennent entacher les terres d'Origin's. Une larme translucide glissa le long de sa joue, la pression de ses derniers jours, tout ces visions d'horreur, ces rencontres qui lui avaient apportées des réponses, des points de vue différents et complémentaires dont tous révélaient l'horreur de ce qu’était devenu l'existence muette de ceux qui subsistait avec peine.
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Lun 9 Mar - 0:54


Pourquoi tant de désespoir coulait de si jeunes lèvres ?

-C'est à cause de notre sang que les guerres sont déclenchées ? C'est peut-être vrai ... il est vraiment triste qu'à présent je n'en sache plus rien.annonça-t-il visiblement noyé dans ses pensées.

Il fut un temps où il connaissait la réponse, il y avait mûrement réfléchis, pourquoi avait-il fait la guerre ? Aujourd'hui plus rien n'était sûr. Est-ce que les images de batailles, qui valsaient horriblement dans son crâne et ses rêves étaient bien réels ?. Est-ce qu'il fut bien assourdit par ces combats terrifiants ? Même de cela il n'était plus sûr cependant, lorsqu'il regardait son corps jonché de cicatrices et de brûlures, il ne doutait plus. Il en était dégoûté, mais ne reniez pas ses marques macabres, ils étaient les seuls indices certains de sa vie passée.

Cette larme qui coule, est-ce que cela pouvait être vrais ? Il avait vécu milles cauchemars, dont aucunes n'étaient les siennes, et chacune l'avaient un peu plus meurtrie, mais comment cette perle cristalline, cette triste lumière née dans un quelconque tourment pouvait ravager son coeur comme si celle-ci coulait sur sa joue ? Sa douleur se reflétait en lui sans qu'il puisse comprendre sa raison d'être. Son empathie naturelle lui faisait mal, c'était une malédiction heureuse puis-qu’ainsi aucune peine ne pouvait le laisser indifférent. cette ruine nouvelle qui se propageait dans son corps le rassura parce qu'il craignait sa cruauté.

Il n'avait aucun pouvoir sur sa peine. Elle était face à lui dans un halo de lumière, encadré par la nature, elle pleurait silencieuse dans cette vie grouillante et heureuse, cette fille semblait être à des millier de kilomètres de ce lieu et de lui. Rudolph, n'avait pas besoin de son passé pour comprendre que leurs histoires étaient diamétralement opposées, jamais il ne pourrait l'atteindre. Il sourit d'un air las.

Parfois, il n'y a qu'un pas qui sépare deux étrangers, mais un mur si résistant et si impitoyable, d'incompréhension, de méfiances et parfois de haines, se dresse entre eux que ce pas devient impossible et s'il est fait, ce simple geste devient miracle. Ils se croisaient l'histoire de quelques mots, après cela pensa Rudolph, plus jamais ils ne se retrouveraient. Ainsi il devait graver dans sa mémoire la mélodie mélancolique de cette voix, l'image que formait l'entrelacs hasardeuses des verdoyante branches débordantes de vie, la sensation de cette douce herbe verte ployant mollement sous son poids et de ces insectes courants courageusement sous ses pieds, parce que dans cette lumière providentielle, à travers cette femme, ce moment était unique. Il laissa son arme derrière lui et marcha vers elle, elle cette tristesse qui pouvait l'atteindre, tout en dérivant imperceptiblement vers sa droite comme repoussé invariablement par un mur invisible.

Le temps, nous arraches tout, notre vie, notre famille, nos choix et notre mémoire. Le choix, notre passé définit notre présent, et le présent notre avenir. Dans ce sens-là alors personne n'a le choix, nous sommes donc tous des victimes de l'histoire ? Le hasard n'existe pas ? J'imagine qu'un non-Hybrid me dirait ''oui, ceci est expliqué par la science, sinon la science ne serait pas !'', mais voilà je pense que tout peut naître de l'espoir, même la liberté, il faut simplement avoir la naïveté d'y croire, la bêtise pour oublier ce que nous étions et notre destin, et la force d'affronter notre futur.

Il était maintenant à quelques pas d'elle, il s'arrêta à son niveau, ses épaules étaient alignées aux siennes, mais tout deux regardaient dans un sens opposés, comme si, forcé par un terrible destin, ils n'allaient plus jamais se recroiser tant leurs futurs différaient. Rudolph chuchotait doucement, limitant ce monde à la portée de sa voix et limitant cet univers à cette sphère lumineuse devenue sanctuaire sacrée.

Crois-moi, si tu apercevais mon corps, il ne te faudrait pas longtemps pour deviner mon passé, et tu comprendrais que je n'ai jamais rien fait pour la paix. Nous ne faisons pas partie du même monde, alors me suis-je égaré ? Sûrement, en fus-je punis ? Je m'en fiche, mais je n'en doute pas. Est-ce que j'avais eu le choix ? Non. Pourtant, je suis comme tous ceux que tu décris, j'espère toujours. Et ceci pour une seule raison. Je sais le passé immuable, mais je suis trop bête pour croire que le futur l'est aussi. Les forces qui jouent contre moi peuvent me limiter, mais jamais ils ne pourront me retirer ma liberté.

Son chuchotement était maintenant à peine audible, sa voix semblait provenir d'un fantôme, elle était délicate et plus éthérée encore que le vent:

Je ne connais pas ton histoire et je ne pourrais sûrement jamais la comprendre, je ne suis pas assez orgueilleux pour témoigner du contraire. J'ai l'impression que l'on t'a tout arraché, et que cela, d'une certaine façon, te manque ou t'a vidé. Mais ce que tu as perdu, tu ne le retrouveras plus, je n'ai pas le droit de te dire ça, mais il faut parfois lâcher prise et se laisser aller un instant à la tristesse, puis la chasser et regarder le monde comme il est vraiment, horrible et magnifique. Oublier l'une de ces facettes c'est être aveuglé par le bonheur ou le malheur. Si un jour il ne te restera plus rien pas même un passé à pleurer alors, peut-être, je paraîtrais moins cruel à tes yeux...il ferma les yeux un instant...mais j'espère que cela ne soit jamais le cas.


Sans souffler un mot de plus il s'éloigna d'elle et retourna à son arme, il la tira de la terre et d'un mouvement fluide il l'a rangea dans son fourreau. Il lui fit face de nouveau. Rudolph est un être sans vergogne, et sans gêne. Pourtant, sans pour autant regretter, il craignait avoir fait plus de mal que de bien, avec le recul, cela était même évident. Le bleu de ses yeux lumineux était littéralement son âme, et lorsqu'il la regardait, cette azure vibrait différemment, ce n'était pas la pitié qui rehaussait ses prunelles, mais une touchante inquiétude. Rudolph, n'avait pas le cœur sensible à la pitié, les grandes guerres lui ont arraché cela à tout jamais.


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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Lun 9 Mar - 18:15


" C'est à cause de notre sang que les guerres sont déclenchées ? C'est peut-être vrai ... il est vraiment triste qu'à présent je n'en sache plus rien."

Diya reporta son attention sur l'homme. Son sourire avait fané, laissant ses traits exprimer des pensées auxquelles elle n'avait pas accès. La demoiselle ne chercha pas à masquer son regard, elle savait que ses yeux autrefois lumineux contenaient à présent l'obscure reflet de la vérité. Et ployant sous le poids de cette dernière, aspirant à quelque chose de trop grand pour un être qui a perdu toute raison d'exister, la Cyborg se contentait de rester là. Ici ou ailleurs, où en était l'importance ? Personne ne l'attendait et en cet instant elle n'aurait voulu quitter cet espace chatoyant pour rien au monde. Ici, face à lui, elle avait l'impression d'exister. Qu'avait elle à offrir si ce n’était quelques mots prononcés avec sincérité ? 

Son père lui avait souvent dit que chaque rencontre était bénéfique et avait à apporter quelque chose, que cela soit bon ou mauvais. Et même si la fillette qu'elle était à l'époque avait bien grandi, cette phrase était resté quelque chose de précieux, un souvenir, un symbole de qui elle était, d'où elle avait vécu. La Qantik voulait apporter quelque chose à cet Anemos aujourd'hui. Elle ne savait pas encore quoi, mais peut être le découvrirait elle au détour de quelques mots, passerelle invisible qui permettait à deux inconnus de partager une parcelle de vie, un infime instant dans une éternité. Quelques mots parmi des milliers.

Le tableau changea, était ce l'instant où l’incompréhension séparait les deux protagonistes ? L'incapacité à se comprendre, à partager la même lumière ou les même ténèbres creusait parfois une distance infranchissable. Pourtant la distance se réduisait, pas après pas, tandis que la demoiselle n'osait bouger, par peur de briser ce fragile espoir qui la poussait à croire que la pièce n’était pas finie. L'inconnu s'arrêta à sa droite. Ils étaient maintenant sur la même ligne, si proche qu'elle aurait pu le toucher, se prouver que cette réalité n'était pas la trahison de son être face à sa folie. Cependant sa main refusait de bouger, son regard fixé vers l'infini de se tourner. Comme si il en avait été décidé ainsi bien avant qu'elle entre sur la scène de lumière, les artistes avaient dressés entre eux un mur invisible.

Diya sourit à l’évocation de la science, cet être de métal qui lui avait tout volé. Ses poings se crispèrent mais elle continua à écouter les sages paroles du messager de Sylva. Il lui semblait maintenant évident que cet Hybrid ne s'était pas retrouvé par hasard face à elle. Il était la preuve que Mère Nature ne l'avait pas oublié, qu'elle lui accordait le pardon. Au travers la douceur des mots la jeune femme sentait les mains chaleureuses de la déesse caresser ses cheveux, comme une mère l'aurait fait après que sa fille ai fait un horrible cauchemar qui pourtant lui semblait si réel. Ses lèvres tremblaient, les larmes affluaient au coin de ses yeux, mais si elle baissait la tête maintenant qui lui resterait il ? Si elle abandonnait parce que la vie lui semblait trop dur, elle ne serait qu'une lâche parmi tant d'autre, et cela la demoiselle ne pouvait se le permettre. Avait elle la force d’affronter le futur ? D'endurer chaque jour, chaque heur et chaque minute le mépris et la haine qu'elle n'avait pas mérité ? De porter sur ses épaules avec ses frères de métal ce monde qu'elle n'avait pas choisis d’intégrer ? 

Un faible sourire se dessina sur le visage de la Cyborg a l'évocation des marques que portait le corps de l'homme, elle n'avait aucun besoin de les voir, son esprit tendu vers le sien comprenait ce que cela impliquait mais aucun des mots qu'elle aurait pu prononcer ne saurait apaiser sa conscience, elle l'avait comprit au moment ou il s’était arrêté à ses cotés, laissant entre eux cet espace ridicule qui signifiait tant. La voix grave chantait à ses oreilles des mélodies d'espoir, dans ses vibrations Diya percevait ses propres sentiments. Au moment ou il s’éloigna elle aurait voulu le rattraper, mais le temps pour elle était resté figé, et tandis ce que les larmes coulaient sur ses joues, traîtresse de son mal être, son cœur se réchauffait peu à peu. Elle qui avait toujours cru être seule venait de se rendre compte qu'elle avait passé son temps à se lamenter en errant sans but. Les mots de l'Anemos avaient pansés ses plaies, lui avaient redonné espoir et malgré ses larmes un doux sourire étirait ses lèvres. 

Ses jambes tremblaient, refusaient de la soutenir. Elle fit un premier pas vers l'Hybrid, faible, le mot s'imposait à son esprit, crut qu'elle allait s'effondrer, un deuxième puis un autre, retrouvant un peu plus de courage à chacun d'entre eux. Quand la demoiselle fut face au loup elle observa un instant le silence, cette drôle de ligne imaginaire qui s’était imposée. Sa main resta en suspens dans l'air un instant, si proche et pourtant incapable de franchir les quelques millimètres restant. La demoiselle plongea son regard dans celui de l'homme, dans ce vert si limpide et dénué de doute elle lisait des informations qu'elle ne comprenait pas, un passé que la jeune femme était incapable d'entrevoir et pourtant elle aurait voulu savoir. Pouvoir porter ne serais ce qu'un millième de sa charge mais cela semblait impossible. La main diaphane de la Qantik se posa sur le torse de l'homme, par dessus la tunique légère, à l'emplacement du cœur. Ses battement lui parvenaient tandis qu'une chaleur doucereuse gagnait progressivement son être. Les mots franchirent ses lèvres sans qu'elle n'en mesure les risques :

" Le passé est toujours compliqué, emplis de zones d'ombres, de peine, de déception, d'actes que nous regrettons et qui semblent trop dur de porter, inimaginable de partager. Je ne sais pas si je serais capable d'affronter le futur. Si j'en aurait seulement la force ... "

Ses derniers mots avaient été prononcés avec si peu de force qu'elle douta qu'il les eut entendu. Elle retira sa main, la laissa retomber, inerte, contre son flanc. Son sourire mourut tandis que son regard se faisait dur, la Cyborg ajouta :

" Si tu n'es pas capable de te pardonner à toi même tu trouvera quelqu'un pour le faire à ta place. Si ta peine est trop lourde tu trouveras toujours quelqu'un pour la partager. C'est ce que disait ma mère."

Son visage s'adoucit, ses larmes s’étaient asséchées, la jeune femme était en paix avec elle même. Si leur chemin se séparait maintenant et qu'ils ne devaient plus jamais se revoir alors tout avait été dit. La demoiselle fit un pas en arrière et son regard se perdit dans la végétation une nouvelle fois. Les derniers mots de cet acte seraient peut être ceux-ci alors elle choisit avec soin, et levant son regard vers l'immensité céleste elle déclara d'une voix douce :

" La solitude et le plus grand fléau de notre ère. Seuls nous ne sommes rien mais ensemble nous pouvons accomplir des miracles si nous sommes capables d'ignorer nos différences pour nous concentrer sur nos ressemblances."

Au final elle ne lui avait pas dit. Elle avait choisit de rester une vague image floue, un souvenir informe, peut être trop lumineux d'une inconnue dont on ne savait rien et avec qui on avait partagé quelques mots le temps d'une éclaircie. Au milieu des nuages gris un mince rayon de lumières avait percé, demain peut être ce rayon aurait il donné naissance à un nouvel acte. Mais il ne serait sans doute plus là pour le voir alors si ces quelques mots pouvaient lui permettre d'envisager le futur avec un peu plus de joie cela lui suffisait. Elle pivota sur elle même en faisant bruisser le tissus coloré dont elle était parée et commença à s’éloigner, le cœur léger.

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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Lun 9 Mar - 23:25

Il sourit intérieurement, une joie immense explosa en lui car, enfin ! Cette scène venait de surgir superbement . S'il avait attendu un mot, une phrase, c'était ceux là ! Patiemment, Il avait guetté qu'une voix annonçait face lui tout cela. Elle n'avait rien de spéciale, juste une fille un peu plus triste et détruite que les autres, cependant ! Cependant ! Elle avait simplement dit tout ce qu'il attendait. Une inconnue, c'était juste une inconnue apparue d'on ne sait où ! Il en attendait bien d'autre, des centaines d'autres, mais si une telle jeune fille existait, s'il en avait croisé une en tombant simplement d'un arbre, alors. .. alors ! En voyageant il en croiserait d'autres. Rudolph était un guerrier, un soldat, et comme tout bon soldat il rêva d'armée, mais une armée d'un tout nouveau genre. Il avait vécu un siècle pour propager l'espoir, devenant une créature vivant pour elle. En soit rien de tout ce qu'elle avait dit ne l'étonna, ou ne fut foncièrement nouveau à ses pensées, mais ces lèvres formant violemment ces mots suffisaient à rendre irrémédiablement cette journée unique.

Il la voyait s'en aller, lui resta debout telle une statut de pierre, muet il croisa les bras. Le destin lui donnait un choix, rester sur cette jolie note, la laisser partir tragiquement pour toujours et rester cloisonner dans ce silence impie et impérieux, ou au contraire... Pourrait-il assumer jusqu'au bout ses paroles ? Est-ce que l'espoir existait vraiment ? Est-ce qu'il y a une infime chance pour que... Rudolph se posa ces questions qu'une demi-seconde, il fut le loup blanc et une telle créature avance gonfler par le courage et l'espoir, voilà tout. Rudolph ne pouvait pas savoir d'où lui venait cet esprit combatif, mais comme à son habitude, toutes ses pensées qui semblaient venir du plus profond de son amnésie ne le troubla pas un instant. Il n'était qu'un fou, pensa-t-il amusé.

Les mots de la voyageuse étaient justes, il ne comptait pas la contre-dire où lui sous-maître une autre philosophie, qu'il pense la même chose ou non avait d'ailleurs peu d'importance, il respectait sa façon de penser, cependant ...

Cependant ! Elle était loin de lui et à présent il ne murmurait plus, mais parlait comme un Hybrid-Loup de deux mètres de haut au pied d'un arbre immortel, sa voix vibrait puissamment et gravement, son courage régnait sur ses cordes vocales en maître et sa volonté sur ses lèvres. Elle fit s'envolait les moineaux des arbres qui semblaient, il y a peu, observer leur conversation avec un calme presque religieux.

Tu as parlé de guerre, tu me disais que peu importe nos efforts, elle vient nous cueillir. Tu m'as parlé de Qantiks, d'Hybrids et d'Uniks voulant la paix ? Puis on a parlé d'acte et de choix, de liberté et d'espoir ! Quelle choix et quelle liberté nous restera-t-il lorsque la guerre nous prendra ? Tu me dis ''nous ne sommes riens, mais ensemble ...'' puis tu annonces qu'il existe un espoir d'accomplir un miracle .... après cela tu pars seule comme si cela suffisait ? Comme si tu étais venue chercher quelques mots rassurants ou prodiguer quelques belles phrases. Mais sans acte, les mots, avec les bons sentiments, succombent face au temps n'est-ce pas ? Les idées changent le monde jeune originaire, si tu les laisses s'éteindre devant l'éternité alors, tout ce que tu as dit restera magnifique, mais n'aura aucun sens ! Qu'adviendra-t-il à ceux que personnes ne guident ? Comment devenir un protecteur ou un gardien ? Que deviendront ceux à qui on ne laisse pas le choix ? Qui deviendront ceux qui sont privés de tout droit et de toute justice ?! Je suis un Hybrid, un loup, rien qu'une bête, mais je ne parle pas seulement pour frapper l'air de ma colère. Tu me parles d'universalité ! Mais, voyageuse, ne vois-tu pas ? Enfin ?! Tu pars seule !  … Qu'es-tu venue chercher sur nos terres ? Un espoir ? Du savoir ? Une connaissance ? Ou un bien ? Voir ... un miracle ? Je ne te parle pas de nous accepter l'un l'autre, fadaise que cela ! Non, mais ''d'accomplir des miracles'', de guider, de protéger, de rendre liberté et droit. De nous rassembler autour de nos différences pour créer quelque chose d'unique. Nous ne faisons pas partie du même monde, car notre passé est immuable ! Mais nous pouvons créer un nouveau monde où tous pourront vivre ensemble. Je ne te propose pas une utopie, mais une idée autour duquel nous pouvons nous rassembler ! C'est fou, j'en suis conscient, mais j'y pense depuis un moment. J'imagine un groupe d'apatride provenant de toutes les races et de toutes les couches sociales ne se battant pas seulement pour leur foyer. Sans nom ni visage, des hommes et des femmes criant leurs différences au monde entier, prouvant qu'un tel miracle peut exister ! Et se doit d'exister ! Je ne te prends pas en otage, je ne te force en rien, tu es maîtresse de tes choix et de sourire ou non à cette pensée, à toi de décider ce que tu cherches et souhaites. Mais si ton cœur converge un tant soit peu avec mon espoir, alors je t'en prie mêle l'acte à la parole d'une façon ou d'une autre.


Il se tut finalement et ferma les yeux pieusement. Il avait tout dit et lorsqu'il allait les rouvrir, elle serait là ou non, peu importe elle aurait tout du moins choisi librement et continuera, il l'espère, ainsi. Enfin un rare sourire resplendissant vint éclairer son visage, il fut tendrement amusé de ne pas avoir remarqué plus tôt la présence du vent. Ou venait-il à peine de se lever pendant son discours ? Sa chevelure brune valsait tendrement avec celui-ci et venait lui chatouiller le nez. Elle soufflait gracieusement comme pour balayer l'air vicié, elle murmurait mille promesses comme si cette rencontre éphémère venait tout à coup de changer une partie de ce monde. Il imagina les feuilles et ses paroles se faire emporter en haut, au loin, tout la-haut dans le ciel magnifique et bleu. Il avait l'air enjoué, vraiment, peu importe son choix, tant que des gens, comme elle, existeraient et tant que cela sera le cas rien ne sera perdu.

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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Mar 10 Mar - 2:04


" Cependant !"

Un nouvel acte débuta, le décor se métamorphosa, le vent invisible et silencieux se mit à souffler dans les branchages tandis ce qu'une nuée d'oiseaux surpris s’envolaient gracieusement dans un bruissement de plumes. L'une d'entre elle, légère et immaculée entama un long périple, entraînée par le souffle de Mère Nature. Quand elle se posa devant la demoiselle cette dernière s'immobilisa, tout ces détails lui criaient pourtant de fuir, que la suite de cet acte était voué à la folie ! Qu'ils ne devaient briser ce mur, qu'ils devaient rester à jamais deux acteurs inconnus dont la pièce inachevée vieillirait avec le temps jusqu'à n'être plus qu'un souvenir flou datant d'un passé irréel. 

" Tu as parlé de guerre, tu me disais que peu importe nos efforts, elle vient nous cueillir. Tu m'as parlé de Qantiks, d'Hybrids et d'Uniks voulant la paix ? Puis on a parlé d'acte et de choix, de liberté et d'espoir ! Quelle choix et quelle liberté nous restera-t-il lorsque la guerre nous prendra ? Tu me dis ''nous ne sommes riens, mais ensemble ...'' puis tu annonces qu'il existe un espoir d'accomplir un miracle .... après cela tu pars seule comme si cela suffisait ? Comme si tu étais venue chercher quelques mots rassurants ou prodiguer quelques belles phrases. Mais sans acte, les mots, avec les bons sentiments, succombent face au temps n'est-ce pas ?"

Le regard de la Qantik était tourné vers les nuages orageux qui s’amoncelaient au loin. Oui la guerre attendait à leurs portes, quoiqu'ils fassent, et elle les priveraient du peu de liberté qu'ils leur restait. Ses doigts fins s'égarèrent sur le grelot d'argent que le vent faisait tinter comme la cloche de l’espérance. Diya se demanda si tout ceci avait été écrit ? Si sa rencontre avec la femme au regard de pluie devait la mener à celle-ci, mais accuser le destin semblait trop simple alors elle écouta simplement. Pas parce qu'elle n'avait pas le choix, ou parce qu'elle avait peur de manquer de respect, d’être lâche en fuyant une nouvelle fois. Mais simplement parce qu'elle voulait entendre cette voix grave et chaude vanter un futur qui lui semblait irréalisable. Parce que ses mots paraissaient plus crédibles que son désespoir, parce qu'elle était venue pour fuir mais que ses paroles, prononcées avec l'âme d'un fervent défenseur de la vie l'en empêchaient. 

Le vent secoua ses cheveux avec douceur, la jeune femme pouvait presque sentir la présence de Mère Nature, ses murmures au travers du vent qui faisait danser l'herbe et les corolles assombries par l'ombre des gardiens de Sylva. Ou peut être n’était ce que son imagination, le fruit du hasard le plus pur. Une scène un l'improbable vient à se produire. L'Anemos avait raison, il était simple d'employer des mots, de faire de jolies phrases et d'inciter à la paix, mais cela ne suffisait pas. Elle n'osa répondre tandis ce qu'il continuait. Les syllabes vibraient, portées par le vent et venaient la frapper avec une vérité et une conviction qui la faisait trembler. Comment de simple mots pouvaient ils tant l'intimider, l’empêcher de se tourner, de lui crier que tout ceci est insensé, qu'elle a peur, non pas de mourir ou de défendre ses idéaux, mais d’entraîner dans sa perte des êtres qu'elle n'aura pas la force de protéger, elle, une impuissante Qantik !

" Les idées changent le monde jeune originaire, si tu les laisses s'éteindre devant l'éternité alors, tout ce que tu as dit restera magnifique, mais n'aura aucun sens ! Qu'adviendra-t-il à ceux que personnes ne guident ? Comment devenir un protecteur ou un gardien ? Que deviendront ceux à qui on ne laisse pas le choix ? Qui deviendront ceux qui sont privés de tout droit et de toute justice ?! Je suis un Hybrid, un loup, rien qu'une bête, mais je ne parle pas seulement pour frapper l'air de ma colère. Tu me parles d'universalité ! Mais, voyageuse, ne vois-tu pas ? Enfin ?! Tu pars seule ! "

La Cyborg savait qu'il avait raison, mais elle n’était qu'un grain de sable, qu'une minuscule roue dans l'immense mécanisme de cette réalité qu'elle cherchait à fuir par tout les moyens. Pourquoi ne la laissait il pas disparaitre une nouvelle fois ? Choisir la solution facile, celle qui n'impose aucune douleur, aucune crainte, celle qui ne pousse pas à se demander chaque jour ce que sera demain ? Diya était incapable de guider qui que ce soit, même si elle l'avait voulut, les gens ne voyaient en elle qu'une gamine fébrile qui avait sans doute perdu l'esprit quand elle parlait de réunir toutes les espèces sur un pied d'égalité et de prospérer ensemble. Elle serra les poings, de colère, d'impuissance, elle savait tout ceci, elle y avait songé des milliers de fois ! 

Ses yeux s’écarquillèrent à sa dernière exclamation, le ton de sa voix impliquait une existence longue, peut être même douloureuse, s'il avait tant vécu il devait savoir que l'on ne pouvait faire confiance à personne ! Que se lier a quelqu'un impliquait le mettre en danger, le soumettre à ses problèmes, à sa morosité, au ternissement inévitable d'un esprit qui avait autrefois entrevu un monde de paix et qui voulait s'y plonger une nouvelle fois sans craindre d'y laisser la vie... La Cyborg avait parlé de partage pourtant elle était incapable de délaisser la moindre de ses peines, portant seule le poids de son existence, ou chaque épreuves la poussait à devenir plus forte. La demoiselle avait l'impression qu'elle cesserait d'exister si elle renonçait son fardeau, qu'elle serait incapable de rester elle même si elle s'en séparait.

Ce qu'elle était venu chercher ? Un rêve éphémère dans lequel se plonger pour fuir la réalité, un infime espoir de revoir le sourire si doux de cette femme, de redevenir une enfant juste une fois et de se laisser consoler, de pleurer, des nuits entière, bercée par les bras maternels et protecteurs de quelqu'un qui la protégerait. Lorsqu’elle entendit sa proposition ses jambes cédèrent. Tombant à genoux elle resta prostrée, son cœur battait tellement vite, il menaçait de s'envoler, emportant tout sur son passage, ses peines, sa colère, ses peurs. Ne laissant à la jeune femme émeraude que sa volonté et l'espoir invisible qui la reliait à cet inconnu. Mais comment pourrait elle se permettre de croire à cette chimère ? Ses mains se refermèrent sur la terre meuble. Ce rêve, cette alternative idyllique du monde dans lequel ils vivaient tout deux sans en avoir jamais partagés les mêmes parcelles paraissait si vaste. Et tandis ce que de nouvelles larmes roulaient sur ses joues rosies  par tant de sentiments contradictoires elle choisit de croire, de participer à ce projet fou parce qu'il méritait qu'on essaye une fois encore de le rendre possible. Le loup avait raison, il était temps de faire changer le monde, et ce n’était pas en se lamentant que les choses évolueraient. 

La Cyborg se redressa, ses mains couvertes de terre et son genou légèrement égratigné lui paraissaient indolore, comme si tout son être était tourné vers l'Hybrid, que seuls ses mots comptaient. Le vent jouait avec ses cheveux qui semblait plus lumineux qu’auparavant. Comme si sa vision du monde venait de se colorer elle demeura un instant aveuglé, stupéfaite de ne jamais avoir remarqué que de telles nuances existaient. Les yeux clos, telle une statue de granit, il semblait attendre, encadré par la nature qui oscillait au rythme du souffle de la Créatrice. Oserait elle vraiment le rejoindre ? L'accompagner dans cette folle entreprise ? En aurait elle le courage ? La jeune femme avait peur, peur d'être trahie, de s'accrocher à un instant fragile qui finirait par disparaître remplacé par l'odeur pourrissante de monceau de cadavres. Pouvaient ils vraiment changer les choses ? Faire de cette terre un paradis ou chacun pourrait vivre en paix ? Elle voulait au moins essayer.

Réduisant la distance qui les séparait à néant, poussée par le vent qui faisait tinter le grelot comme le doux carillon céleste d'un nouveau commencement. La main diaphane de la demoiselle vint se poser sur la joue pale de l'Anemos, doucement, comme si elle craignait de le blesser, ce qui semblait pourtant peu probable. Ils étaient si différents et à la fois tellement semblables ... Cette fois ci elle ne ressentit pas la gêne occasionnée par le précédent contact. Elle savoura simplement la chaleur qui émanait de sa joue, attendant que l'inconnu ouvre les yeux. Et lorsque leurs regards se rencontrèrent, les liants par une promesse aussi folle que merveilleuse elle répondit enfin à sa question :

" Si il est réellement possible de rendre cette facette d'Origin's un peu moins sombre et d'apporter du réconfort à ceux qui sont perdus, alors je mettrais tout en oeuvre pour y parvenir. Quoi qu'il arrive. Pour chaque personne qui n'aura pas le courage de se lever pour nous accompagner sur ce nouveau chemin il faudra trouver une solution, sortir des ténèbres les plus sombres secrets qui bercent cette existence. Ce sera sans doute long, douloureux, nous risquons même de perdre espoir, mais si l'un de nous trébuche d'autres seront là pour le rattraper. Et tant que nous seront capable d’espérer alors chaque pas sera un avancement vers un avenir où nous ne seront tous qu'un seul et même peuple."

Diya saisit la main droite de l'Anemos et vint la placer sous sa poitrine, là ou la plaque de métal venait souligner la peau avant de s’arrêter sous la cage thoracique. La jeune femme savait que même à travers le tissus épais l'homme pouvait la sentir, dure et indélogeable cette dernière protégeait son cœur là où le gardien centenaire avait autrefois broyé les chairs et les os, réduisant à néant des années d'existences et de rêves qui étaient à présent hors de portée mais qui venait d'être remplacé par un sentiment bien plus grand encore. Les mots, lâchés dans un chuchotement à peine audible vinrent encadrer son geste sans qu'elle ai toutefois le courage de le regarder, les yeux fixant derrière lui les fleurs immaculées d'un cerisier qui se balançaient dans les rayons lumineux :

" Je vivais ici autrefois ... J'étais une Hybrid ... mais ça n'a plus d'importance ..."
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Mar 10 Mar - 22:08


Ce fut la minute la plus longue de sa vie, une minute où son cœur ne battait pas, mais aucune peine ne pouvait étreindre son caractère, peu importe ce qui arrivait son bonheur semblait être complet. Il se trompait et il allait ressentir la portait de son erreur. Les yeux fermaient il pouvait entendre ce silence étrange qui n'envahissait jamais la forêt, c'était impossible, les bois ne sauraient être aussi interloqués. Rudolph était simplement dans un état second, comme à sa première renaissance. Celle-ci était la deuxième. Enfin, ce silence se rompit et il entendit un grelot tinter si clairement qu'une nouvelle chaleur lumineuse naquit subitement en lui. Celle-ci ne s'éloignait pas ? Cela pouvait être seulement possible ?

Venait-elle s'excuser maladroitement ? Qu'elle ne pouvait pas, qu'il était juste fou ! Elle ne pouvait pas accepter ! Elle n'en avait pas le droit ! Pas à pas le chant du carillon se rapprochait et son jugement aussi, pour la première fois, il sentait sa vie lui échapper. Entre ses frêles mains se jouaient son avenir. Elle ne pouvait accepter, il n'était qu'un fou ! Voilà ce qu'il se répétait sans fin. Pour compenser l'inconnu de son passé il n'avait pas cessé d'assurer son avenir, et là, ce grelot ultime lui annonçait, avec plus de splendeur qu'aucun grelot ne pouvait jamais honorer un moment, la fin de cette sûreté protectrice. Il entendit dans ce rythme incroyable ses rêves et joies qui se créaient et  se détruisaient tout en le laissant impuissant. Telle des cloches funèbres, elles annonçaient la fin d'une vie éphémère, telle une cloche divine, elle annonçait la naissance de quelque chose de grand ! Comment autant de doutes, de sentiments contradictoires et de chaos pouvaient être contenus dans un si joli grelot.

Et tout à coup, le temps s'arrêta, le doute se brisa, les sentiments se sublimèrent et le chaos mourut à jamais, oui, une main adorable venait de flatter, avec toute la délicatesse du monde, sa pauvre joue fébrile. Cette douce main céleste fit chavirer son cerveau dans un flot de bonheur. Cette main, cette fille était donc la réincarnation de la vie ? Venait-elle de tout changer par ce simple geste ? Venait-elle de sublimer sa vie par ce simple contact ? Venait-elle de lui révéler une force infinie qui ne pouvait être usée pour la violence ? Oui, son destin se retrouvait métamorphosé par ce divin instant, il en trembla. Il pouvait la sentir à ses côtés, mais pas normalement, pas comme celui d'un corps, mais d'une âme qui ne pourrait plus s'éloigner.

Il ouvrit alors son regard au sien, et, mille fois, le bleu se perdit dans ce vert, le saphir sombra à jamais dans cet émeraude providentiel. Son esprit en fut soufflé et là, il sut, sous ce ciel, dans cette forêt, dans cette lumière, sous cet arbre qu'ils étaient liés par un serment impénétrable, était-ce donc ça ... un miracle ? Il en aurait sûrement pleuré s'il n'avait pas sentit ce courage prodigieux, cet espoir glorieux venant de cette main, de ce suprême regard verdoyant, pour imprégner chaque tissu de son être. Il l'écouta parce que c'était la seule chose qu'il pouvait faire dans cet état, il avait l'impression de n'être qu'un enfant marmonnant face à une mère aimante. Elle avait raison, il fallait définir ce qu'ils allaient créer. Ses mots semblaient venir de son esprit, mais jamais il n'aurait aussi bien dit. Elle prit ensuite sa main et l'apporta à ce qu'il devina peut-être comme une honte. Un bout de métal était lié à son corps.

Un bout d'imperfection enlaidissait légèrement sa beauté, un petit bout de métal qui avait magnifié son âme dans la souffrance. Comme cela pouvait-il lui arracher ses origines ? Elle était hybride ? Pourquoi ne l'était-elle plus ? Il ne comprenait pas, il ne pouvait pas comprendre pour l'instant, mais elle avait raison, il s'en fichait, pas de cette histoire que cachait sa légère difformité, mais de ce bout de métal, il s'en fichait parce ''ça n'a plus d'importance''. C'était ses mots, justes, mélancoliques, mais sages. Et lui ? Son amnésie avait-elle une quelconque importance, non, plus important était ce qu'ils allaient faire.

-Mon amnésie m'a arraché de mon passé, et maintenant, je suis perdu dans un temps qui n'est plus le mien ... mais ça n'a plus d'importance.


Il avait annoncé cela comme un sortilège, pouvant chasser tous les maux, appris d'un ange généreux. Sa main droite se retourna l'empoignant avec une légèreté étonnante et la guida contre sa puissante poitrine, du côté de son cœur. Son cœur battait comme il respirait, lentement et profondément, il cognait avec force. Rudolph lui lança un immense sourire, franc, honnête. Aucune ombre n'entachait son sourire et lui-même ne connaissait pas l'origine de ce rictus bienveillant, mais lui était destiné et n'était ainsi que grâce à elle. Il parla calmement, elle pouvait sentir à travers sa main les vibrations de sa voix qui animaient son torse de tremblement :


-Si nous ne pouvons vivre pour ce que nous étions, sourions à la vie, puisque nous vivrons pour ce que nous serons ...


Nous ferons plus que ''de sortir des ténèbres les plus sombres secrets'', des secrets nous nous en ferons une armure et nous vivrons sous une couverture ténébreuse. Oui, pour ne pas sombrer dans le désespoir, nous partirons dans une quête fraternelle, à la recherche de camarade, et nous ferons naître les rumeurs de notre existence, faire parler de cet espoir, changer les coeurs et apporter un peu de douceur rendant ainsi cette espérance immortelle. Pour devenir imprévisible ne laissons rien voir de nos objectifs, faisons-nous passer pour désorganisé. Mais n'oublions jamais notre clémence. Nous chasserons la haine, Nous aurons pour seul meneur l'espoir et comme unique maître la liberté ! Deux à dix peu-importe, nous déciderons ensembles du chemin à prendre. Nous ferons face à la vérité et supporterons nos responsabilités. Nous porterons la voix des sans-voix, nous marcherons pour ceux qui ne peuvent plus et nous serons le bras de ceux qui ne possèdent plus de force, tout ça pour leur rendre ce qui leurs appartiennent. Nous combattrons la guerre et les pensées grégaires. Mais la bataille qu'on s'apprête à mener et la plus difficile de toutes, puisque nous ne luttons pas contre des originaires, mais des idées. Je ne suis pas naïf, des êtres vivent de la souffrance d'autrui et deviendront nos ennemies au moment où ils nous découvriront. Des horreurs auront lieu sous nos yeux sans que le son de nos voix ne puissent faire défaillir le malheur. Alors, comment réagir à cela ? Devrions-nous faire couler le sang sans tuer ? Ou rester impassible face à ce qui ne peut être supportable et espérer ? Comment pouvons-nous reconnaître nos futurs frères, lorsque leurs visages nous serons inconnus ? Faut-il vraiment un moyen pour nous reconnaître ? Un symbole ? Et où devrions-nous tous nous rallier ? Si un lieu doit être choisi, il doit être au centre du monde et cerclé par tous les territoires. Nous devons, chacun, vivre deux vies, infiltrons-nous aux cœurs de tous les gouvernements et de toutes les révolutions, et si nous ne pourrons être francs avec nos proches soyons-le avec nos pensées. Peu importe le pouvoir, peu importe les richesses, gardons à l'esprit ce moment où nous nous tenons la main et cette douce raison qui me foudroie l'âme à l'idée de la lâcher. Aucun sacrifice, aucune cruauté puisque la fin ne justifie jamais les moyens ... En es-tu consciente ? Mille difficultés nous attendent, nous ferons notre chemin à travers mille dangers et mille aventures. Tout peut naître de l'espoir ... mais pourras-tu au moins pardonner ma brutalité ? Et le chaud de mon sang ? Ainsi que le franchise de mes mots ? Tu lis ton destin au mien ... Non ! Nous mêlons ensemble une partie de notre destin autour de ce monde.


Une véritable inquiétude pouvait se voir dans ses saphirs, il craignait ses regrets. Il ne doutait pas de sa volonté, mais c'était son instinct protecteur qui se faisait plus fort que lui, plus fort que la raison. Voilà la source de ses peurs et de ses tourments, il avait peur de blesser et craignait que d'autre le soit. Voilà ce qui le séparait des monstres. Il tenait sa petite main entre la sienne et en cet instant précis rien ne semblait plus précieux à son intelligence. Ses mots venaient de changer sa vie, venaient-ils donc de devenir des frères-d'armes ? Il l'ignorait, mais il savait qu'un tel être pouvait porter son espoir plus loin que sa propre épée et sa propre force ...
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MessageSujet: Re: Rencontre fortuite entre celle qui cherche et celui qui attend. [Diya vs Rudy] [clos]   Mer 11 Mar - 1:42


Sa réponse semblait être la clé de son mal, mais avoir oublié n’était il pas plus simple ? Se voir offrir une nouvelle chance de vivre, de tout reprendre a zéro, de laisser derrière soi ses erreurs passées, n’était il pas un don du ciel ? En y réfléchissant cela ressemblait d’avantage à un cadeau empoisonné, car avec les parcelles d'ombres que l'ont cherché souvent à oublier avaient du se perdre les souvenirs heureux, son identité, ce qui avait fait de lui la personne qu'il était. Le fait qu'il ai reprit sa phrase l’amena à penser qu'il était prêt à faire le deuil d'hier pour avancer vers demain, tout comme elle, peut être était il arrivé à la conclusion qu'ils se devaient de marcher vers le futur sans se retourner, de suivre le chemin nouveau qui se présentait à eux sans regretter de l'avoir choisit.

Sa voix était emplie de cette assurance et de cette force qui lui faisait défaut. Se saisissant de sa main avec attention il alla la poser à l'endroit ou battait silencieusement son cœur. Sa main chaude couvrait celle de la demoiselle, elle semblait si grande en comparaison de la sienne, si fragile qu'un souffle de vent aurait pu la briser. La puissante litanie des percussion vint rejoindre le chant de la brise dans les feuillages, comme si l'orchestre avait soudain décidé de leur jouer une mélodie composée avec les éléments de la scène. Le sourire de l'homme lui paraissait plus lumineux encore que les rayon du soleil qui baignait la clairière d'un éclairage tamisé et la demoiselle ne put s’empêcher d'y répondre, malgré que la peur ne renonce à cette parcelle de son regard, voilé par les doutes.

A chaque mot, les basses contenues dans sa voix chaleureuse faisaient vibrer sa peau, ses dernières se répercutaient au travers du contact qui les liaient dans le cœur de la jeune femme, lui procurant des frissons agréables et perturbants à la fois. Elle se trouvait extrêmement proche du Loup à présent, ce n'est qu'alors qu'elle remarqua qu'il la dominait d'une bonne tête, que son ombre l'englobait comme un bouclier. Ce fut sans doute la première fois qu'elle affronta la proximité avec autant de volonté alors que s’était pour elle une barrière, un mur immenses qui l'avait jusque là empêché de se rapprocher des gens. Les contacts l’oppressaient habituellement, au point qu'elle les évitât comme la peste, mais là, tout paraissait si différents.

Son discours s'imposait à l'esprit de la Cyborg, prenait peu à peu place en son être, gravant les phrases dans son sang pour qu'elle ne puissent être reniées. Ils devaient voir en ses yeux, sans qu'elle n'ait à prononcer ne serait ce qu'un mot qu'elle était du même avis, qu'elle partageait ses idéaux aussi fous soient ils. Ses craintes et ses peurs se reflétaient dans les yeux azuré de l'Anemos comme s'il partageait en cet instant le même esprit, sa capacité semblait s'être déployée, créant une passerelle indestructible entre leur êtres et les idées qui les  animaient. Pour la demoiselle aussi briser ce contact semblait inenvisageable. Et parce que son regard n'avait pas changé en découvrant qu'elle était une Qantik la jeune femme au yukata chatoyant se sentait moins intimidée, elle avait décidé de lui accorder sa confiance, ou peut être cela s’était il fait naturellement, elle ne parvenait à trancher. Ses lèvres rosées se mouvèrent, souhaitant dissiper le voile ternissant ses yeux, si bleu qu'ils paraissaient refléter le ciel limpide :

" Quoi que tu fasse, il y aura toujours quelqu'un pour te pardonner, je te l'ai dis non ? Mais le sang ne devra pas couler, nous devons être le fer de lance de ceux qui souhaite espérer et rejoindre le chemin menant à la paix, si nous causions des dommages, peut importes leurs directions, nous ne vaudrions pas mieux que ceux qui profitent du chaos pour accroître leur richesses et leur rangs."

Ses yeux ancrés aux siens témoignaient de l'importance qu'elle donnait à ces propos. Il y avait déjà eut trop de morts, et si tout cela visait à éviter les prochains ils ne pouvaient se permettre de laisser de macabres pertes dans leurs sillages. Un lieu s'imposa soudain à son esprit, elle savait où il devait établir le point de rassemblement, le cœur de leur cause. Il n'y avait qu'une cité au cœur du monde, qu'un lieu ou convergeaient les âmes en peine, la Cité Neutre. Quand au symbole ... La demoiselle avisa un roncier sauvage dont les corolles répandaient leur doux parfum sucré et enivrant. Se soustrayant à l'emprise de l'instant elle s'éloigna. Ses doigts fin glissèrent le long des pétales, accompagnèrent la tige couverte d'épines un instant et finirent par la sectionner d'un geste rapide et précis. 

Elle retourna face au grand loup et lui montra la fleur lumineuse dont la couleur laiteuse était similaire au nuages paresseux qui voyageaient inlassablement sur la voûte céleste. Souriante, elle déclara :

" Seuls nous sommes aussi fragiles que cette rose malgré que, comme elle, nous ayons des épines pour nous défendre. Mais si nous parvenions à créer un lieu où elles peuvent s'épanouir alors elles se mettraient sans doute à pousser partout et recouvrir tous les malheurs de cette terre. Je ..."

La Cyborg hésita un instant, se demandant si il était réellement possible de transformer les ruines en jardin paisible qui pourrait accueillir tous ceux qui aspiraient à un destin harmonieux, à retrouver cette liberté qui jadis épousait le moindre millimètre d'Origin's. Secouant la tête, comme pour chasser son incertitude elle ajouta, désormais sure d'elle :

" La Cité Neutre. Je pense que ce serait l'endroit idéal, il y aura certes énormément de travail à fournir pour rendre le lieu habitable et agréable a vivre, mais je sais que nous pouvons y parvenir."

La Cyborg saisit une nouvelle fois la main de l'inconnu, la serrant dans les siennes comme pour s'inspirer de la force qu'elle dégageait, puis elle plongea dans l'océan d'incertitudes que composaient ses yeux et, le visage illuminé d'un sourire rêveur, elle déclara, heureuse, comme métamorphosée :

" Il est temps de partir en voyage."


-END-
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