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La belle et le clochard [Joshua]

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MessageSujet: La belle et le clochard [Joshua]   Mer 8 Avr - 19:38



  Bliss E. Abberline
 
La belle et le clochard

« Tantine ! » Bliss se jeta dans les bras de sa tante. Elle passa ses mains dans son dos, ravie de la revoir. La soeur de son père n'était pas très tactile d'ordinaire, mais ayant élevée cette jeune fille, et ayant été rudement contraint de son contact, c'était le seul qu'elle tolérait alors « Tu as fait bon voyage Elizabeth ? », « Oui, merci. », « Entre vite, je viens de finir le thé. » Les deux femmes entrèrent dans la maison, riant d'aventures qu'elles allaient se raconter. Bliss était une jeune femme de vingt ans, sans attache, avec seulement quelques responsabilités. Son père voulait à tout prix lui trouver, lui imposer un mari, alors qu'elle, elle souhaitait être libre comme l'air. Elle savait que son rôle serait de succéder son paternel, mais elle voulait se donner du temps. Sa tante était très rigoureuse, très stricte, mais elle avait un point de vue différent de celui de son frère. Il n'était alors pas difficile, pour elle, de comprendre les envies de Bliss. De plus, elle avait aussi connu cette envie de frivolité, de n'en faire qu'à sa tête. Elle n'a pas toujours été une mère soucieuse, et elle était peut être actuellement la mieux placée pour comprendre la petite blonde.

Bliss défit son chapeau, le suspendant à la patère, avant d'y accrocher également son élégant manteau « Quelle robe magnifique ! Ton père te gâte ! », « Oh ? C'était une robe à mère. Elle avait le jupon troué, on a du la faire raccommodée. Ca me faisait mal de la jeter. », « Je comprends bien. » Bliss portait un corset à manches longues, dont les finitions étaient ornées de velours. La jupe se raccrochant au haut -formant ainsi la robe- était ouvragée de manière à jouer entre les épaisseurs, donnant du relief à l'ensemble sans que cela ne soit encombrant. Le voile descendait jusqu'aux pieds, cachant ainsi tout de sa peau. Ses chaussures étaient des bottes lacées. Ses cheveux, eux, étaient rattaché en un chignon blond, très distingué. Bliss n'avait pas besoin de se poudrer le nez, elle était d'une de ses petites beautés naturelles et fragiles, devant être cueillie avec précaution.

♡♡♡♡♡♡♡

Au dehors, un homme faisait route, à cheval, vers la demeure Abberline. Il était affublé d'une queue-de-pie vert bouteille, et d'un haut de forme tout aussi élégant. Son pantalon serré ressemblait à un caleçon blanc, finie par des chaussures à talonnettes. Le soleil réchauffait le sol, mettant à l'aise les voyageurs alors que la brise de l'étang apportait une légère fraîcheur. Sur la route pavée devant, des sabots se firent entendre mais quelque chose contraria Henry. En mettant pied à terre, il rencontra un vagabond qui lorgnait sur sa bourse. Lorgnait-il réellement ou non, là était la vraie question, mais non le débat « Que regardes-tu, vagabond ? N'y a-t-il point de terre d'accueil pour accueillir des gens sans le sou comme toi ? » Oui, c'était une insulte « Il n'y a rien ici, et cette route mène nulle part. Fais demi-tour si tu ne veux pas d'ennuis. » Et une menace. Oh, bien sur, rien de personnel, mais quelque chose de plus feutré. Henry avait des gardes à son domaine, et si ce type y allait, et s'approchait de trop près, il se recevrait une correction. Attelant le cheval en l'harnachant près de la mangeoire, attendant qu'il soit récupéré par le garçon d'écurie, le noble se permis une parole de trop, une parole déplacée.

Alors que Bliss allait ouvrir la porte, désirant boire le thé en terrasse avec sa tante, elle entendit, au dehors, un cri suivit d'un bruit sourd. Sortant précipitamment, la jeune femme vit Henry à terre, et un homme se tenait devant lui. Il était fort mal habillé, et peu peigné « Henry !? » Que faisait-il ici ? Bon sang, pile quand elle rendait visite à sa tante, il fallait qu'elle croise ce pot de colle. Elle était partie en soufflant de son absence, et voilà qu'il se présentait devant chez elle. Elle détestait les gens si collant de la sorte.
Avançant alors devant les hommes, elle regarda l'inconnu, et dévisagea le Lord « Bonjour Henry. Que faites-vous donc ici ? », « Oh, milady. » Il se releva, tatant sa joue meurtrie « J'ai entendu que vous veniez séjourné ici, et je me suis permis de vous rendre visite. » Ignorant le vagabond qui sentait plus que la sueur et tout cela mélangé, Bliss croisa les bras levant le menton « Si j'avais voulu vous voir, je me serai rendu chez vous, Henry. Si je rentre, c'est pour profiter de ma tante, et de la solitude des lieux avant tout. Tentez de ne pas importuner les voyageurs qui passent leur chemin mon cher. », « Elizabeth ! Henry, venez entrez, je vais vous soigner. Elizabeth est de mauvaise humeur, pardonnez là. » Elle se tourna vers elle pour lui chuchoter « Calme toi bon sang, tu me fais honte ! » Se détournant, dans sa grande robe bleue, elle accompagna Henry à l'intérieur.

La jeune femme regarda la porte d'entrée se refermer. Sa tante n'avait même pas fait attention au vagabond. Des êtres éphémères et particulièrement invisibles... « Je rêve... ! » Détournant la tête vers l'inconnu elle lui dit, un peu remontée « Je suis désolée monsieur. J'ai des amis... Bien handicapant, dans la région, et il m'est difficile pour moi de m'en défaire. J'espère que la correction que vous lui avez donné le fera réfléchir sur sa perception des autres. » Faisant quelques pas sur le côté, elle jeta un coup d'oeil vers le soleil avant de regarder à nouveau l'homme « Je ne vous ai jamais vu dans la région... Vous devez venir de loin... Et vous devez être affamé. Vous aimez les fruits ? J'ai beaucoup de fruits, attendez ne bougez pas. » Elle trottina en soulevant ses jupes, pour entrer dans la maison et prendre la comporte de fruit entière, revenant alors vers l'homme « Je n'aimerai pas brûler au soleil, allons sous le saule là-bas si vous voulez bien. » Lui offrant un sourire, elle l'invita alors à se diriger près de l'étang. Bien sur, Bliss était comme cela avec beaucoup de gens, si ce n'était tout le monde, et souvent ces mêmes gens s'étaient permis de l'envoyer paitre, certains se permettant de la bousculer. Peut être cet homme ferait-il pareil...




Dernière édition par Bliss Abberline le Mer 8 Avr - 23:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La belle et le clochard [Joshua]   Mer 8 Avr - 22:05

En lançant des regards inquiets par dessus son épaule, Joshua avait quitté Nordkia aussi rapidement que ses jambes le lui permettaient. Les circonstances lui avaient permis de quitter la maison d'Ewan sans se faire repérer, mais il savait que son affront ne passerait pas inaperçu longtemps. Les cadavres que le jeune homme laissait derrière lui dans sa fuite déclencheraient à coup sûr les foudres de cet homme. Son avance était donc bien maigre avant que quelqu'un ne se lance sur ses talons.
Sa traversée de la ville lui avaient valut des regards interloqués de la part des citadins qu'il avait croisé. Sa course, le sang qui maculaient alors ses vêtements et surtout le masque qui couvrait encore son visage attiraient l'attention aussi sûrement qu'un phare dans la nuit, mais le paria n'avait pas le temps d'être discret. Il devait fuir. Loin et vite, là où Ewan et ses sbires ne le retrouveraient pas. Mais où aller ?
Sorti de la ville et hors d'haleine d'avoir couru depuis les bas-fonds, Joshua s'immobilisa un instant pour retirer son masque. A grandes inspirations il aspira l'air que réclamaient ses poumons, à bouts. Ses yeux surveillèrent un instant la sortie de la ville pour être sûr que personne n'était encore sur ses talons. Secouant la tête, il tenta de chasser le souvenir de ce qui s'était passé dans la cave. Mais le goût du sang encore présent sur sa langue l'en empêchait.
« C'était pour survivre… Pour survivre… » murmura-t-il dans le vent. C'était la première fois que Joshua tuait de son propre chef. Jusque là il n'avait fait que suivre les ordres qui lui étaient donnés… Pour protéger les autres. Pour survivre… Mais maintenant il les avait tués. Les deux autres, leur regard lorsque la lame s'était plongée dans leur corps. Sentant la bile remonter à ses lèvres, le jeune homme plaqua la main sur sa bouche, secouant la tête pour penser à autre chose. Mais son esprit le ramenait sans cesse à Alice, ce câble qui sortait de son dos.
« Pense à autre chose, ils vont venir... » se tança le jeune homme en serrant la mâchoire. Par où partir ? Si on le suivait, il serait compliqué de semer ses poursuivants dans le désert. Les étendues vides n'étaient pas propices à se cacher. Mais le jeune homme ne connaissait pas assez le monde dans lequel il vivait pour en savoir sa géographie. Seul le nom d'une ville lui venait en tête. Une ville dont Ewan parlait avec dégoût en évoquant les riches qui y vivaient. Peut-être que là-bas il pourrait effacer ses traces. Anathorey…
« Eh, toi ! Anathorey, c'est par où ? » cria presque Joshua en saisissant un passant par l'épaule. Tremblant, l'homme fixait d'un air hagard l’œil gauche de ce fou qui venait de se jeter sur lui. Les lèvres tremblantes devant le sang qui maculait l'inconnu, l'homme indiqua la direction de la ville, suppliant pour qu'aucun mal ne lui soit fait. Se désintéressant aussi tôt de l'individu, Joshua s'élança. Il lui fallait mettre le plus de distance possible entre lui et la ville.

Le chemin fut long de Nordkia à Anathorey et tout le long il sembla au paria sentir une ombre sur ses traces. Paranoïa ou réalité, le jeune homme préférait ne pas le découvrir. Sans cesse, il marcha, ne s'arrêtant que pour se laver du sang qui le couvrait ou pour voler des vivres. Le reste du temps le paria marcha sans s'arrêter que le soleil darde sur lui ses rayons ardents où que les deux lunes ne le dominent de leur regard bienveillant. Lorsque le sol sous ses pas devint prairies verdoyantes, la tentation de s'arrêter fut forte, mais la menace qu'il ressentait planer sur lui le poussa à continuer sa marche interminable.

Finalement, épuisé, ses vivre s'étant épuisés, Joshua se retrouva, sans trop se rappeler comment, à proximité d'une demeure luxueuse qui devait sûrement abriter ce qu'Ewan appelait ''ces putains de bourges''. Le paria n'avait jamais compris ce qu'il entendait par là, mais voir cette surenchère d'opulence après sa vie à Nordkia faisait monter un goût amer dans sa gorge. Dans un état second, le jeune homme tourna soudainement son œil découvert vers un bruit qui venait dans sa direction. Son œil gauche lui était couvert d'un bandage de tissus que le jeune homme avait utilisé pour masquer son globe oculaire si différent et ainsi moins attirer l'attention. Son œil de posa donc sur une bête immense telle qu'il n'en avait jamais vu. La créature était magnifique, transpirant une force toute animale. Sur son dos en revanche, se tenait un homme qui le toisait d'un air dégoûté. Trop épuisé pour réfléchir, le jeune homme se contenta de poser une regard vide sur l'homme qui s'approchait ayant mis pied à terre. La voix de l'inconnu s'éleva, pleine d'une arrogance à peine voilée. Si les mots mettaient du temps à traverser l'esprit embrumé du paria, celui-ci comprenait bien qu'il n'aurait pas dû mettre les pieds ici. Ce faisant le jeune homme attirait l'attention sur lui, tout ce qu'il avait cherché à éviter.
Poursuivant sur sa lancée, le noble prononça d'autre paroles qui se perdirent à mi-chemin. Ce que Joshua remarqua cependant fut la main qui se levait vers lui. Par réflexe plus que par acte pensé, le jeune homme balança son poing dans le visage de l'aristocrate qui, dans un cri, chût sur son noble séant. Les pensées réellement embrumée, Joshua posait la main sur le manche de l'un de ses poignards lorsqu'une jeune femme sembla surgir de nulle part. Vêtus des plus beaux atours, ses cheveux blonds brillants attachés en un chignon savamment noué, la demoiselle lança le nom de l'homme. Rapidement, Joshua laissa retomber sa main avant que quiconque ne le remarque. Qu'avait-il donc tenté de faire ?
Les lèvres tordues dans une moue légère, le regard trouble du paria oscillait de la femme à l'homme, cherchant à comprendre ce qui se jouait sous ses yeux. Il l'avait déjà remarqué dans le langage de l'arrogant personnage, mais les deux semblaient user des mêmes mots qui semblaient tout droit sortir d'une autre dimension. D'où Joshua venait, personne ne parlait de la sorte et il devait donc faire un effort de concentration pour que son cerveau fatigué ne comprenne ce qui se disait. Ignorant tout des histoires d'amour et autres parades nuptiales associées au monde de la noblesse, le jeune homme comprit simplement que la fille que la vieille femme avait appelée Elizabeth était ici pour voir ce qui se révélait être sa tante… Et l'homme, Henry venait la voir, ce qu'elle ne semblait pas apprécier. Des histoires bien futiles de l'avis de Joshua qui restait silencieux. Ils ne vivaient vraiment pas dans le même monde.
Enfin, alors que tout le monde semblait avoir oublié sa présence, la femme, Elizabeth, se tourna vers lui alors que les deux autres entraient dans la bâtisse au demeurant énorme. Ne sachant pas quoi répondre, il comprit qu'il lui faudrait à nouveau jouer un rôle. Ce qui dans son esprit était nécessaire à sa survie. Néanmoins, le fait d'être appelé monsieur amena une expression de surprise à son visage. Vermine, incapable, il connaissait. Et bien d'autre encore. Mais jamais ce mot n'avait été utilisé envers lui.
« Oh non, m-milady fit-il d'une voix faible rendue rauque par son trajet et butant légèrement sur le mot inconnu. Son visage prit une expression humble tandis que son regard se portait sur le bout de ses chaussures qui se floutaient par instants. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je n'aurais pas dû… Et j'espère que vous m'en pardonnerez. »
C'était ce que l'on devait attendre de lui après tout, non ? Ewan parlait toujours d'être obligé de s'écraser devant l'élite. Revenant ensuite au silence, Joshua releva un court instant les yeux pour observer la jeune femme et ses déplacements étranges. Décidément il ne comprenait pas les actes des gens de ce monde… La demoiselle lança alors quelque mots quand au fait qu'elle ne l'avait jamais vu dans le coin pour ensuite lui proposer des fruits. Surpris, la bouche du paria s'entrouvrit sur le silence. Tout cela ne correspondait pas à ce qu'il avait entendu. Mais après tout, rien ne disait qu'il ne s'agissait pas là d'un piège. Refermant donc la bouche, Joshua acquiesça simplement à la proposition qui n'attendait pas de réponse de la femme. S'inclinant simplement comme il avait vu bon nombre de gens faire à Nordkia, il entreprit de suivre la jeune femme d'un pas lourd, le regard fixé sur son dos avec difficulté.
Sa vision devenant de plus en plus troublé, le pas du paria se ralentit petit à petit jusqu'à s'arrêter. Finalement le jeune homme s'écroula au sol, sombrant dans l'inconscience d'avoir trop puisé dans ses réserves aussi bien physique que psychologiques.
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MessageSujet: Re: La belle et le clochard [Joshua]   Mer 8 Avr - 23:36



  Bliss E. Abberline
 
La belle et le clochard

« Oh ! Mon Cher, de grâce ! Appelez moi Bliss. Seul ces... Hommes là, m'appellent Milady. Vous n'avez aucune obligation à me tenir pareil respect. Venez donc je... » Mais la petite princesse n'eu pas le temps de lui proposer un fruit que l'homme se laissa glisser contre le tronc d'arbre, totalement évanouis. A vrai dire, la jeune femme paniqua. Elle le regarda un instant, constatant combien il était sale, et toucha son épaule. Une partie de ses vêtements avaient des traces... On aurait dit du sang « Monsieur... ? » Il ne répondit pas à l'appel.

La blonde ne désirait pas entrer chez elle, présenter cet homme à sa tante, tant qu'il y avait Henry. Surtout que le type allait se faire porter pâle jusqu'à ce que Bliss revienne, tout cela pour la voir et lui faire la cour. Une cour qu'elle refusait allègrement à chaque fois. Ainsi, elle se leva, allant près de l'étang à quelques mètres, prenant un des sceaux en ferraille, pour le remplir. Elle tâcha un peu sa jupe de boue, grimaça sous l'effort à faire, n'étant pas habituée à ce genre de choses, et revint alors avec le baril plein d'eau froide. Doucement, elle se rassit, faisant attention de basculer l'inconnu sur ses cuisses, de manière à ce qu'il puisse correctement respirer. Le bandage qu'il avait sur l'oeil, glissa légèrement, et Bliss finit de le retirer et de le plier, de manière à pouvoir correctement éponger son visage. Remontant donc ses manches, elle plongea sa main dans l'eau, pour l'emmener sur son front, le parsemant ainsi de gouttelettes fraiches, avant d'y poser sa paume. Tout chez lui respirait la pauvreté et l'abandon. Comment pouvait-on autant laisser un homme dépérir à ce point ? Comment... Pouvait-on laisser un être vivant autant dans le besoin. Bliss était une jeune femme naïve. De celle qui voulait l'égalité des races, l'égalité des besoins. Elle ne se rendait pas compte que le monde devait fonctionner avec des inégalités.
Pour elle, cet inconnu devait s'habiller mieux, et avoir un travail. Et pour cela, les employeurs ne devaient pas le discriminer.

Bliss ne savait pas qui il était, ni d'où il venait, mais quelque chose d'étrange se frayait en elle. Comme ci... Cette personne n'avait pas sa place. Comme si elle n'était pas à sa place. Elle ne su définir exactement ce qu'elle ressentit, préférant se concentrer sur le rafraîchissement du front de ce dernier, de manière à ce qu'il se réveille le plus vite possible. Et c'est ce qu'il fit. Il ouvrit les yeux. Ils n'étaient pas de la même couleur. La dernière fois qu'elle en avait vu des similaires, c'était à la Nuit des Âmes, un puissant Chevalier dont elle prit place, à ses côtés, sur un banc. Elle trouvait ce trait atypique particulièrement rare et, de ce fait, fascinant. A nouveau, elle lui sourit « Vous êtes anémié mon ami. Mangez donc ces fruits, reposez vous le temps qu'il vous faudra ici. J'attends qu'Henry parte, et je ferai en sorte de vous offrir un bain. Au moins pour vous remercier d'avoir flanqué un correction à cet infâme ahahah... ! » Elle riait. Elle riait réellement, sans fioriture, en repensant à la tête outrée de l'homme. Se calmant en mettant sa main libre devant sa bouche, elle dit enjouée « Je m'appelle Bliss Elizabeth Abberline, mais appelez moi Bliss. A moins que vous ne préfériez Elizabeth... ? » Elle osa alors, dans son naturel flamboyant, remettre de l'eau sur son front, pour atténuer un peu la température de son corps meurtrie.


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MessageSujet: Re: La belle et le clochard [Joshua]   Jeu 9 Avr - 14:57

Tout sombra dans l'obscurité alors que son esprit lâchait prise. Cette dernière tension qui s'était saisie de lui à cause de ce Henry se libérait à présent, accompagné de toutes les autres qui réclamaient finalement leur dû. On ne peut se soustraire indéfiniment à ses limites et Joshua en faisait l'expérience.
Dans son inconscience se rejouèrent des scènes derrières ses paupières fermées. Une particulièrement, celle d'une jeune femme le regard vide, un long câble trouvant racine dans son dos. Ses yeux s’ouvrirent sur ce simple mot, ce simple nom.
« Alice... » Ce n'était qu'un murmure adressé à ce visage flou mais indéniablement féminin qui le dominait. Où était-il ? Des mots proférés d'une voix douce atteignirent ses oreilles. Il était question d'anémie, et de fruits. Henry, correction… L'ordre se refaisait dans ses pensées, remontant le cours des dernières minutes. Dans le même temps la jeune femme riait. D'un rire léger, de ceux qui ne sont pas appesantis par les horreurs de la vie. Un rire franc et joyeux qui, l'espace d'un instant, fascina le jeune homme.
Mais enfin, alors que la jeune femme se présentait, toujours enjouée, Joshua se rendit compte de la situation dans laquelle il se trouvait. Sa tête posée sur les cuisses de la demoiselle, celle-ci passait de l'eau sur son front. D'un bond, le jeune homme quitta sa position pour se relever et retrouver une distance de sécurité. Il n'avait pas été sur ses gardes. Comment avait-il pu s'évanouir ainsi et se retrouver aussi fragile devant une inconnue ?
Le peu de force qui lui restait lui ayant simplement permis ce geste brusque, le paria retomba à genoux devant la jeune femme. Remarquant enfin le changement dans son champ de vision, sa main se porta à la rencontre de son œil noir à l'iris rouge. Le bandage de fortune qu'il s'était fait n'était plus là. Son bras retombant le long de son corps, sa bouche s'entrouvrit sur des paroles qui ne sortirent pas. Joshua dévisageait Bliss d'un air hésitant. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ? Le jeune homme se sentait pris au piège par les événements.
Doucement et le plus discrètement possible, son autre main s'approcha des lames qui se trouvaient dans son dos. Devait-il effacer ses traces ? Pourtant la jeune femme semblait animée de bonnes intentions. Son mouvement s'interrompit.
* C'était aussi le cas pour Alice… *
Rapidement le jeune homme planifia le champ de ses possibilités. Dans son état, fuir était impossible. Il ne restait qu'à gagner du temps, et à rester sur ses gardes. Au moindre geste suspect il pourrait s'occuper de cette jeune femme qui lui semblait bien insouciante. Ce monde était décidément bien différent de ce qu'il connaissait. Comment ces gens pouvaient-ils vivre ainsi, dans cette légèreté aveugle au monde qui les entourait ? Mais après tout ils n'avaient pas connu le même environnement, les mêmes expériences. Joshua ne pouvait que lever les yeux vers eux avec envie et jalousie depuis la fange dans laquelle il pataugeait.
Mais pour le moment il lui fallait se sortir de cette situation au demeurant compliqué. Ainsi Joshua brisa enfin le silence qui s'était installé.
« Je… Je suis désolé, mademoiselle Bliss, » commença-t-il en prenant bien garde d'ajouter un mademoiselle au nom qui lui avait été donné. Elle avait beau lui avoir dit de l'appeler juste Bliss, il en avait suffisamment entendu sur l'élite pour se dire qu'ils étaient des êtres versatiles qu'il valait mieux caresser dans le sens du poil.
« Je m'appelle… Ewan Cauwl, » hésita Joshua, masquant son identité pour plus de sûreté, ou peut-être par paranoïa. Le nom d'Ewan était le premier qui lui soit venu à l'esprit, malgré tout il ne put empêcher une légère crispation de son visage à l'évocation de l'homme. Afin de camoufler cette réaction involontaire, le jeune homme laissa son visage prendre la teinte de la reconnaissance. Totalement feint, mais suffisamment maîtrisé pour sembler réel. De par son apparence, le paria avait dû redoubler d'efforts pour parvenir à duper les gens, développant ainsi un panel d'expression qu'il pouvait arborer facilement.
« Je vous prie de pardonner mes réactions brusques mademoiselle Bliss, fit-il ensuite en s'inclinant. J'ai été surpris par votre gentillesse à mon égard. Je ne saurais jamais assez vous en remercier ! »
Le parfait petit vagabond heureux d'être aidé par une noble dame de l'élite. Mais intérieurement, Joshua était réellement perdu quand à ce qu'il devait faire. Ce genre de situation était réellement loin de ce qu'il avait l'habitude de vivre. Pour lui la gentillesse était liée de façon intrinsèque à Alice et au deux autres qui avaient partagé sa vie jusque là. Une gentillesse qui avait donc des échos bien amers…
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