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Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]

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MessageSujet: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Lun 27 Avr - 16:51

La pluie lui battant le visage, Iro courrait comme un forcené à travers les prairies. L'intempérie lui était tombée dessus sans crier gare. C'en était presque anormal en fait. L'instant d'avant, le ciel était plutôt clair, celui d'après des masses de nuages noirs s'amoncelaient pour déverser sous eux des trombes torrentielles. C'était de loin l'orage le plus violent et le plus rapide qu'Iro ait jamais vu. Le risque était d'autant plus grand que dans une étendue vide comme les prairies, son bras mécanique faisait de lui une cible de prédilection pour les éclairs qui fendaient l'obscurité dans des détonations de fin du monde. Presque à bout de souffle, le cyborg avisa enfin une bâtisse qui pourrait lui servir d'abri dans cette tempête.

Ce jour là, le jeune homme avait quitté la cité neutre l'esprit inquiet. Les rumeurs d'une guerre inter-races enflant au sein des qantiks, le cyborg voulait jauger les réactions des autres peuples d'Origin. D'abord les üniks, mesurer les réactions de la state sociale basse, savoir déjà s'ils avaient vent des tensions, s'ils savaient quelque chose. Puis les hybrids. Ce dernier point risquait d'être plus délicat, mais c'était nécessaire. Pour éviter le pire, peut-être. Ou peut-être ne parviendrait-il à rien d'autre qu'à se sentir impuissant, mais il ne pouvait pas rester là à rien faire.
Laissant la cité neutre derrière lui, Iro avait donc pris la direction des rivières Eracléa. Nordkia aurait aussi pu être une destination possible, mais elle était plus éloignée d'Anathorey que les rivières et les rumeurs n'y arrivaient pas forcément aussi vite. Et bien sûr il était hors de question d'aller fouiner du côté d'Anathorey. S'y rendre incognito pour se promener passait encore, mais aller y poser des questions dérangeantes alors que les hautes sphères vous en avaient banni pour le simple fait d'être un qantik… Autant se jeter d'une falaise, le résultat serait le même, en plus clément.
C'était au cours de la traversée des prairies menant aux rivières que ''l'orage'' l'avait surpris.

Sur le perron, Iro leva les yeux vers l'enseigne qui indiquait une auberge. Une auberge perdue au milieu de nulle part. L'étrangeté de la situation tira une sonnette d'alarme dans l'esprit du jeune homme, mais entre une auberge insolite et une tempête de fin du monde le choix était vite fait. Sans perdre plus de temps, le qantik s'engouffra dans le bâtiment. Le hall, vide de toute présence, était illuminé par des lustres de fine facture supportant de multiples de bougies. Les nombreuses petites flammes donnaient à la pièce une atmosphère chaleureuse renforcée par un décor accueillant digne des meilleures auberges d'Anathorey. Trempé jusqu'aux os, Iro posait sur son environnement un regard où la surprise se disputait à la méfiance. Décidément, la situation était de plus en plus étrange. Hésitant, le cyborg aligna quelques pas, attendant un signe, n'importe quoi qui puisse l'aider à se faire une idée sur les lieux. Mais rien ne vint. Au vu du silence qui régnait le jeune homme commençait même à croire qu'il était totalement seul.
Circonspect, Iro traversa le hall jusqu'à l'espèce de bureau qui trônait en son centre. Sûrement le point d'accueil des clients lorsque quelqu'un s'y trouvait. Derrière celui-ci s'ouvrait une porte à double battants qui semblait mener vers un salon, au vu du mobilier et qui trônait au milieu de deux imposants escaliers menant vers l'étage supérieur. Hésitant le jeune homme fit retentir la sonnette qui trônait sur le meuble. Aucune réponse ne s'en suivant, il réitéra son geste plusieurs fois avant d'abandonner. L'impression d'être totalement seul dans cet endroit devenait de plus en plus présente. Soupirant un coup, Iro finit par se diriger vers le salon. La lumière dansante qui s'en échappait promettait une cheminée à la chaleur plus que bienvenue. Un moment, il resta devant l'âtre, réfléchissant aux raisons de l'absence de vie dans l'auberge et à ce qu'il pouvait faire. Lorsque les réflexions qui lui venaient commencèrent à être toutes plus farfelues les unes que les autres, le jeune homme abandonna. Quoi qu'il en soit, s'il ne voulait pas attraper la mort il devait faire quelque chose pour ses vêtements trempés. Vérifiant une nouvelle fois qu'il était seul, Iro se dévêtit, plaçant ses vêtements devant la cheminée de façon à ce qu'ils sèchent le plus vite possible. Désormais en sous-vêtement, le jeune homme s'empara du plaid qui couvrait l'un des quelques fauteuils de la pièce pour s'en faire une toge de fortune. Dans le pire des cas, si quelqu'un venait à débarquer il aurait l'excuse du temps qu'il faisait pour expliquer son geste. Enfin, il dénoua sa tignasse blonde imbibée d'eau de pluie avant de s'asseoir à même le sol devant la cheminée. Soupirant à nouveau, d'aise cette fois-ci, Iro ferma les yeux, profitant de la chaleur bienfaisante dispensée par le foyer.
Lorsqu'un bruit retentit dans son dos, le jeune homme se tendit soudainement. Il n'était pas si seul que ça finalement.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Jeu 30 Avr - 18:12

Elle avait tout vu. Les premières gouttes qui, timides, étaient tombés sans un bruit. Les autres n’avaient pas tardé à suivre la voie que leur avaient offerte leurs prédécesseurs, fines mais redoutables, véritable armée des cieux, mitraillant le sol, vengeresses. Elles s’éclataient dans un vacarme fou.  Les nuages s’amoncelèrent par la suite, formant un rempart compact et impénétrable entre le soleil et les yeux qui se levaient avec espoir vers celui-ci, presque en quête de salut.

Lucy aimait cette violence. Le saint orage avait décidé de donner l’assaut, prenant le contrôle du ciel, crachant sur le joug de l’astre solaire comme autant de torrents qui se déversaient au pied de la Championne, criant dans un tumulte de rage, de chagrin, de rébellion. Lucy aimait ce sentiment. Les bras tendus, ses mains virevoltaient dans un mouvement frénétique, commandant aux éléments. C’était une illusion, bien sûr, mais la sensation que tout se mouvait selon ses instructions était bien réelle.

Le véritable orchestre poursuivit son requiem avec l’arrivée tonitruante de quelques éclairs qui zébrèrent jusqu’au firmament. Ce fut le signal. L’impératrice masquée couru à travers les fourrées, sautant, enjambant, roulant ou dansant. La scène s’apparentait à un semblant de No Man’s Land, avec la foudre prête à s’écraser au sol, ciblant ses endroits avec un zeste d’hasard. Le Chaos déchirait l’atmosphère avec ses griffes et ses crocs. Lucy, poussée par l’adrénaline, cherchait du regard un abri qui ne tarda par à apparaitre à l’horizon. Ses jambes ne vécurent plus que pour l’amener vers l’objet de son salut. Il fut toutefois très probable que l’esquisse d’un sourire se dessina derrière le masque rouge vermeil, c’étaient bien finalement ces instants-ci de son existence qui lui rappelaient qu’elle vivait. Elle vivait, et rien d’autre ne pouvait lui reprendre ça. Pas maintenant, du moins. Lucy souriait. Personne ne pouvait la voir, ni l’entendre, mais entre deux éclairs, un rire s’envola.

Les portes du Paradis terrestre s’ouvrirent d’un coup, et la jeune fille s’engouffra en son sein, s’arrêtant quelques mètres plus loin à l’intérieur, ses pieds fous tâchant de retrouver un brin de calme et de normalité. Elle souffla une longue minute, ne s’occupant pas de l’endroit où elle avait atterrie.  Au terme de celle-ci, elle recouvra sa lucidité et son sérieux, analysant les lieux. Personne. Ou presque. Des traces de pas boueuses dont le propriétaire n’avait pas eu l’obligeance d’effacer ou de maquiller traversaient le hall de ce qui lui semblait être une riche auberge, se perdant dans le salon derrière le comptoir qui trônait. Méfiante, la Paria se déplaça avec discrétion et rapidité, jetant des regards un peu partout pour jauger la situation. Premièrement, le luxe de l’établissement attestait d’une richesse certaine, mais le silence étrange qui régnait trahissait la véritable probabilité que du personnel travaillait, ou des clients séjournaient. Deuxièmement, malgré la précédente constatation, elle n’était indéniablement pas aussi seule qu’on voulait lui faire croire, en témoignaient les empreintes remarquées à son entrée.

Le tonnerre grondait toujours derrière elle, il était impossible de repartir tout de suite. Un curieux malaise l’habita, mais Lucy s’aventura à son tour dans le salon, dague en main. Elle savait qu’elle ne serait pas sereine tant que l’origine de cette présence ne lui serait pas dévoilée.  

Alors elle le vit. Ses muscles se raidirent au fur et à mesure qu’elle s’approcha de l’homme qui se réchauffait près de l’âtre de la cheminée. Lui aussi, la contempla, sans peur devant la terrifiante aura qui l’habitait. A trois mètres de lui, elle s’arrêta. Tous deux se scrutèrent sans mot, à l’affut du moindre déclic qui les pousserait à agir le plus vite. Finalement, Lucy leva lentement sa main non-armée et lui fit un petit signe l’invitant à décliner son identité. Elle cru qu’il s’apprêterait à lui répondre quand les lustres qui ornaient le plafond s’éteignirent d’un coup, laissant le feu qui crépitait dans l’âtre pour seul émetteur de lumière. L’ombre des flammes se dessina sur sa peau blanche maintenant assombrie, lécha son masque d’une inquiétante ondulation. Les formes, moqueuses et agitées, revêtirent presque Lucy de l'allure d'un esprit.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Ven 1 Mai - 13:22

Doucement Iro se retourna, en profitant au passage pour se redresser. Suivant le mouvement, son regard se porta sur la source du bruit qui venait de rompre le silence des lieux. Bien conscient qu'il devait avoir l'air ridicule enroulé dans un plaid, Iro se maudit l'espace d'un instant de ne pas être monté vérifier l'étage. Cependant, là où il s'attendait à trouver un employé de l'auberge, ou un client, le jeune homme ne croisa que le regard vide d'un masque tribal aux allures inquiétantes. Un éclair de surprise traversa ses iris azurées, mais pas de peur. Pas encore peut-être. Après tout, si ce n'était son masque la nouvelle venue ne semblait pas encline à attaquer. Elle semblait tendue, certes, mais lui aussi l'était et qui ne le serait pas dans une situation similaire.
S'en suivi un nouveau silence ou chacun jaugeait l'autre, analysant, réfléchissant à la réaction appropriée. De ce qu'il voyait, Iro pensait avoir à faire à une hybrid. Après tout le style vestimentaire était ressemblant et seul ce peuple pouvait encore se targuer de porter des masques tribaux. Eux, fiers serviteurs de dame nature au mieux neutre, au pire hostiles aux être mécaniques, abominations et insultes à la création de leur déesse mère. La dague qui se trouvait dans sa main n'était donc pas pour rassurer le cyborg qui pourtant attendait toujours un signe indiquant clairement les sentiments de la masquée à son égard. Cependant, lorsque la main non armée de l'inconnue se leva pour ouvrir le dialogue, que ses propres lèvres s'entrouvrirent pour formuler une réponse, les lumières s'éteignirent soudainement. La pièce, livrée à la seule lueur de la cheminée prit une teinte inquiétante, renforçant dans le même temps l'étrange impression qui se dégageait de la nouvelle venue. Iro eût-il encore été celui qu'il fut par le passé, scientifique insouciant, son rire se serait sûrement élevé, tranchant avec la situation l'entourant. Mais depuis ce temps, l'homme avait changé, avait vécu bien d'autres expériences. La surprise aiguisant l'instinct de survie, ses pieds affirmèrent ses appuis tandis que son bras mécanique se levait, présentant sa paume. Dernière trouvaille de l'ancien scientifique, un poids en jaillit entraînant une chaîne dans son sillage. Le tout se figea alors dans les airs restant à une certaine distance de cet apparition qui semblait presque d'un autre monde, se voulant plus dissuasif qu'agressif. Le jeune homme n'avait pas l'habitude d'être agressif sans raison, mais le sentiment diffus qui était né en lui à son entrée en ces lieux l'invitait à se montrer prudent. Que la lumière se coupe peut après l'entrée de l'inconnue était possible, mais la coïncidence paraissait un peu grosse. Non ?
Dans son esprit s'affrontaient deux possibilités aux implications diamétralement opposées. Qui finalement laissèrent place à un compromis acceptable. Les muscles du cyborg se détendirent doucement, le jeune homme se redressant dans une position moins guerrière tandis que sa chaîne se rétractait légèrement. Conscient que son changement de comportement pouvait paraître étrange, il tenta d'arborer un sourire amical qui prit malgré tout une teinte mi-figue mi-raisin. « Hum… Bonjour? articula-t-il enfin d'un ton incertain. Je m'appelle Iro… Qu'est-ce qu'une hybrid fait aussi loin de la Sylva ? Il me semblait pourtant que vous n'appréciiez pas de quitter vos terres plus que ça, je me trompe ? » Du moins le qantik savait que les enfants de mère nature sortiant de leur immense forêt de temps à autre pour courir le monde, mais il espérait que la réponse à sa question dévoilerait les intentions de la masquée. Quoi qu'il en soit, Iro devait bien avouer que la situation le rendait de plus en plus tendu.
C'est sûrement la raison pour laquelle il sursauta lorsque la lumière revint soudainement, projetant au sol les ombres des meubles et de multiples personnes. « Qu'est-ce que… ? » Incrédule, le regard d'Iro passait de la pièce vide aux ombres peuplées. Dans le même temps, les échos de plusieurs voix s'élevèrent. Des rires, des paroles qui leur parvenaient comme étouffées, entrecoupés du tintement des tasses se posant sur des coupelles et de bruits de pas, témoins d'une vie intangible.

Aussi soudainement que tout avait commencé, le silence s'installa à nouveau lorsque l'obscurité reprit ses droits sur la pièce. « Mais qu'est ce qui se passe ici ? » Les iris clairs du jeune homme dévoilaient une curiosité certaine teintée d'une inquiétude non moins grande. Se fermant soudainement, le visage du jeune homme se tourna vers la femme. Tout cela était-il réellement une coïncidence ? De tout le temps qu'il avait passé devant la cheminée avant qu'elle n'arrive, rien ne s'était produit. Certes, cet intervalle n'avait pas été immense, mais suffisamment de temps s'était écoulé pour que quelque chose se passe. Il ne restait plus qu'à découvrir la vérité qui se cachait derrière le masque.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Dim 3 Mai - 19:04

Un frisson d’adrénaline lui parcourut l'échine lorsqu’elle vit le jeune homme s’armer par l’apparition d’un poids. Elle fut tentée de se jeter sur lui et de l’immobiliser au sol, mais le temps de sa réflexion quant à ses chances de réussir son entreprise s’interrompit lorsque son antagoniste prit la parole.

« Je m'appelle Iro… Qu'est-ce qu'une hybrid fait aussi loin de la Sylva ? Il me semblait pourtant que vous n'appréciiez pas de quitter vos terres plus que ça, je me trompe ? »

Une hybride ? Cela sonnait comme une triste blague qui arracha un mince sourire à Lucy, dissimulée derrière son masque fou. La crispation de ses muscles à cet instant atteint son summum. Elle hésitait. Mais elle n’oubliait cependant pas le vœu de ralliement qu’elle s’était promis. La paria se détendit vaguement, les yeux rivés sur ceux du dénommé Iro, à la recherche du moindre signe qui définirait s’il serait son ennemi, ou son allié.

Le feu continuait de danser, ses formes goguenardes lapant l’âtre, prêt à s’échapper pour les manger. A peine une des langues enflammées eût le temps de s’immiscer entre eux que la lumière se ralluma d’un coup. Un tressaillement trahit la surprise de Lucy qui inspecta brièvement le changement opéré. Ils étaient là. Ils étaient tous là, riant avec une moquerie peu contenu. Le sol était martelé, et des éclats de voix lointains mais si proches s’élevaient. Lucy cru y discerner des cris et des pleurs dans un mélange d’acclamations et de folie pure, si bien qu’elle se demanda si elle n’était pas justement en proie à ses propres démons.

Son cœur à elle s’accéléra.  Le tonnerre  s’essoufflait  dehors, et une lune reine et maligne prit place, chassant tous les convives qui s’étaient réunis pour le comité d’accueil. La Paria l’incrimina dès lors que la lumière se dissipa une seconde fois pour se rallumer dans le couloir au fond de la vaste pièce dans laquelle ils se trouvaient. Une silhouette enfantine se dressa d’entre les ombres, sans visage, levant une main pour secouer une clé.

Lucy se retourna. La porte qu’elle et le garçon avaient empruntée au commencement venait de claquer, opposée à toute tentative d’échappement. Les faibles rayons de lune qui se projetaient dans le salon se rétractèrent en même temps que la sainte gouvernante se camouflait derrière ses brumes noires comme de la poix, se confortant dans son royaume de silence et de peurs, un oeil ouvert sur la situation des deux prisonniers.

« La nuit tombe, les esprits se lèvent.» Murmura la Paria presque pour elle-même, dans un souffle casi inaudible.
Elle fit enfin face à Iro et l’avertit en élevant une voix mêlée d'une étrange intonation « Prends garde à l’obscurité, où les esprits te rattraperont. »

Suite à ça, elle encourut le risque de s’élancer à la poursuite du détenteur de clé, passant tout près de son interlocuteur  sans mouvoir l’air. Alors, elle lui offrit son dos avec la possibilité de l’abattre, s’il le jugeait plus prudent. La jeune fille ne s’en occupa pas, préférant garder son esprit attentif à toutes les solutions qui lui permettraient de s’enfuir de ce refuge hanté par quelques mauvais occupants.
Ses pieds semblaient ne pas toucher le sol alors qu’elle courait vers le couloir encore tout éclairé pour un laps de temps qu’elle soupçonnait limité.

Pour piéger les spectres, Lucy en deviendrait un à son tour.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Jeu 7 Mai - 11:15

Cette apparition venue d'ailleurs était-elle seulement capable de paroles ? C'était ce que commençait à se demander Iro tandis que ses questions ne trouvaient aucune réponse. Mais lui aurait-il pris le temps de répondre dans une situation inversée ? Après tout, les événements qui suivirent ses interrogations n'étaient pas à même de laisser le temps à des bavardages amicaux. Alors le cyborg observait. Les crispations de l'inconnue, ses relâchements, quoique ce soit qui pourrait le prévenir en cas d'attaque soudaine. Fort heureusement, cette idée ne semblait pas une priorité dans l'esprit de la masquée qui tressaillit à l'unisson d'Iro lorsque ces existences intangibles peuplèrent la pièce précédemment vide. De drôles de représentations se jouaient ici, des représentations d'une autre dimension qui entrouvrait ses portes devant eux.

Lorsque la lumière de la pièce s'éteignit à nouveau, ce fut pour laisser place à celle d'un couloir qui s'ouvrait au fond de la pièce. Un couloir qui s'enfonçait plus avant dans les entrailles de l'auberge. A la fois guide et bourreau de ses deux invités contre leur gré, le silhouette d'un enfant se dessina dans l'ouverture. Dans sa main potelée s'agitait une clé, sûrement celle de la porte qui venait de claquer en leur interdisant tout départ de ces lieux. Silencieux, un regard azuré suivait tout ces événements, analysant, cherchant la rationalité dans cette scène improbable. Un regard qui se fixa sur la masquée lorsque quelques mots semblèrent s'échapper de ses lèvres, pas assez fort cependant pour que le cyborg puisse en saisir le sens. Ses lèvres s'entrouvrirent pour poser une question lorsque la femme se tourna vers lui, proférant une mise en garde aux accents occultes. L'instant d'après elle s'élançait à la poursuite de la silhouette. Alors qu'elle le frôlait, le qantik se contenta de se retourner pour suivre des yeux la foulée de cette apparition parmi les apparitions. « Allons bon, elle parle au final... » se murmura-t-il doucement à lui-même alors qu'il se retrouvait seul dans la pièce.
Le jeune homme se serait bien lancé à la poursuite de ces deux spectres, sa curiosité le poussant à en découvrir plus, mais il ne pouvait se permettre de laisser toutes ses affaires ici. Et une course poursuite en toge était exclue. Un léger soupir quittant ses lèvres, Iro se défit de ses vêtements de fortune, enfilant à nouveau ses propres effets. Dans le procédé, un changement de luminosité lui indiqua que la lumière du couloir s'était éteinte, ce peu de temps avant que la lumière ne se rallume dans la pièce. Nulles existences invisible cette fois cependant, rien que le silence qui l'avait accueillit à l'origine. Ne sachant ce qui l'attendait et ne connaissant les capacités de perception de ces apparitions, Iro prit le parti de retourner son manteau long pour mettre à jour la cape qu'il avait récupérée sur l'un des hommes du One-Eyed Jack. Cette dernière lui offrirait au moins une discrétion certaine. De nouveau habillé de ses vêtements presque secs, le cyborg se tourna vers le couloir pour constater que ce dernier avait disparu. La surprise envahissant son regard le jeune homme se dirigea vers le mur qui remplaçait l'ouverture. Il eut beau toquer, fouiller, rien n'indiquait qu'un passage secret pouvait se trouver là, comme s'il n'y avait jamais rien eu d'autre qu'un mur. Un tour de la salle lui indiqua que sa seule sortie possible était la porte par laquelle ils étaient entrés. S'emparant d'une pique qui se trouvait prêt de la cheminée, Iro l'approcha de la serrure de la porte, utilisant Alchemy pour la modifier de façon à obtenir un double de la clé. Avec un déclic, la porte s'ouvrit tandis que le cybrog s'interrogeait. Devait-il quitter les lieux ou essayer de retrouver cette inconnue masquée ? L'ouverture de la porte mis fin à son dilemme. Nulle trace du hall d'entrée par lequel il était passé. Le battant s'ouvrit sur un couloir ressemblant fortement à celui qui se trouvait peu de temps auparavant dans le salon. Interdit, Iro se passa la main sur le bas du visage. Un coup d'Alchemy redonna à la pique sa forme d'origine. Après l'avoir remise à sa place, il revint se camper devant la porte. « Oh et puis après tout, c'est soit rester ici, soit avancer, non? » Sur ces mots, le qantik s'avança dans l'embrasure. Ce couloir n'avait rien de surprenant dans une auberge à première vue. De lumières à intervalles réguliers, il semblait former un coude quelques mètres plus loin. Un claquement dans son dos força Iro à se retourner dans un sursaut. De nouveau ses yeux s'écarquillèrent tandis que dans son dos s'étendait un couloir. Aucun signe de la porte par laquelle il était arrivé. Son regard alternant entre ce nouveau chemin et celui qui lui était présenté auparavant, le jeune homme prit le parti de se diriger vers le coude.
A pas mesurés, le cyborg s'approcha du tournant, se demandant encore ce qu'il pourrait bien trouver en cet espace encore masqué à ses yeux. Quelque chose lui disait que cette auberge lui reservait encore bien des surprises…
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Ven 15 Mai - 11:49

« Qui es-tu ? »

C’est vrai cela, qui était-elle ? Lucy s’enterra dans un profond mutisme. Cette question la bouleversa, la mit à nue. Elle n’eut pas le luxe de réfléchir davantage quant à sa réponse qu’une autre interrogation fusa :

« Quelles sont tes peurs les plus secrètes ? »

Son cœur loupa un battement. Les muscles crispés, elle suivait de ses yeux froncés les ombres qui dansaient sur les murs. L’esprit l’avait guidé au centre d’une pièce sensiblement moins grande que le salon où elle avait eu une brève entrevue avec Iro auparavant. L’endroit était clos, malsain, tandis que le démon souriait jusqu’aux cornes, les yeux crevés et la main qui agitait lentement la clé. Il changeait de forme ainsi, arborant les traits les plus cauchemardesques pour impressionner la jeune fille qui ne flanchait pas. Il glissa, petit à petit, vers elle.

La Paria leva son bras dans un spasme, comme pour arrêter le Malin. C’était une protection futile, un rempart fragile et vain. Mais c’était sa manière à elle de mettre une distance de sécurité. Son geste fut si soudain, né d’un réflexe qui trouvait ses origines dans le refus du contact direct, que le spectre sembla s’arrêter un instant, feignant la surprise.

« Les âmes en peine ne devraient pas effrayer les mortels. »


La Paria pesa chacun de ses mots et dut épuiser jusqu’à la dernière goutte de sa concentration pour éviter à sa voix de trembler.  Elle pensa alors, à tord, que cette unique phrase agirait à la manière d’un contre maléfice quand l’esprit vil reprit sa lente traversée. Un frisson intense lui parcourut le corps, tandis qu’un froid glacial se logea dans cœur.

« Les mortels ne devraient pas compter en leur sein des engeances que la terre aurait mieux fait d’avaler, Syhn Idyl. »

Derrière le masque ne trahissant aucune expression, ce fut pourtant une souffrance inouï qui déforma les traits de Lucy. La situation manqua de peu de lui arracher un hurlement effroyable qui ne parvenait pas à sortir de sa gorge. Les yeux écarquillés, elle vit son poignet encerclé par les doigts vaporeux de l’entité qui se plut à prendre l’apparence de sa jeune sœur. C’était une violation de son être. Son passé avait été jeté, anéanti, oublié comme on transforme les souvenirs trop éprouvants à se remémorer. Il refaisait à présent surface, tel un geyser qui explosait en un millier d’aiguilles perforant de part en part le travail laborieux que la Paria avait fait sur elle-même.

Que fut le plus douloureux ? Entendre ce nom qu’elle avait laissé derrière elle il y a de ça quelques années ? Revoir une sœur  qu’elle avait lâchement abandonnée ? Se revoir tout simplement, alors qu’on venait de souffler sur le nom fragile qu’était Lucy Noké pour qu’émerge celui de Syhn Idyl, l’erreur, la mal-aimée. Lui imposer ces visions, ce chaos destructeur qui mordait dans son cœur, lui tenaillait les entrailles, la secoua de plusieurs spasmes et hoquets de stupeur, de douleur ou de chagrin.

Elle n’avait plus d’identité. On la lui avait craché au visage, tandis que ses mains se refermaient naïvement sans rien n’attraper d’autre que du vide, comme pour l’empêcher de s’évader. Elle n’était plus rien qu’un mensonge, une fausse existence qui avait l’audace de marcher debout plutôt que de ramper à bouffer la terre et les os de ses semblables.

Plus que tout, ce fut finalement la rage qui l’emporta. Elle balança son masque d’un revers de main, se débattu comme une damné , tapant du pied, criant, portant ses mains à ses oreilles en ordonnant à la voix qui avait prit le timbre de celui de sa sœur de se taire. Ces mots prononcés par l’être qu’elle chérissait le plus au monde la fit tournoyer dans un tumulte de rage, de haine. Des larmes amères lui roulaient sur les joues qu’elle ravala avec une colère qu’elle n’avait jamais soupçonnée possible chez elle. Les ricanements s’élevaient de toute part,  la malmenaient, terrifiants.  Enfin, tourmentée par une succession d’émotions toutes plus intenses les unes que les autres, la jeune fille s’écroula à terre, épuisée.

« La clé pour sortir d’ici, nous allons te la donner. Ou plutôt, la moitié. Tu trouveras la seconde sur notre deuxième invité, que tu as déjà rencontré. Il n’y aura rien de plus facile que de courir sans te retourner, là, derrière toi. Va, nous t’attendons. »

Encore sonnée, elle sentit quelque chose se matérialiser et  tinter dans l’une de ses poches. La porte s’ouvrit en grand dans son dos alors que toute abrutie par la récente torture morale, elle consentit à peine à jeter un regard dans sa direction.

Au bout d’un temps qui lui parut infini, elle desserra les poings devenus livides tant le sang n’y avait pas circulé. A l’aide de ceux-ci, elle se remit debout, chassa les mauvais rêves en n’adoptant plus que les gestes d’un automate. La Paria ne savait plus exactement ce qui l’incitait à se mouvoir encore, mais résolue d’échapper aux ombres qui planaient sur son être tout entier, elle franchit le seuil sans se retourner sur le masque qu’elle venait tout juste d’abandonner, porteur d’un mal dont elle ne sentait plus la force de supporter.

Syhn… ou  Lucy ? Quelle importance ? Son visage se ferma. Elle n’avait plus envie de réfléchir. Elle voulait se fondre dans le décor, être inexistante, imperceptible pour ne faire plus qu'un avec l'air et n'en devenir qu'une simple vibration.

Fermant les yeux, elle marchait avec les allures d’un fantôme en quête de paix intérieure. Ce fut les bruits de pas à quelques mètres de sa position qui la réveillèrent sur le coup, ses paupières s’ouvrant sur l’individu qui lui barrait la route. Ses mains glissèrent le long du corps, faibles et sans vigueur. Le personnage était grand, austère, fort, les cheveux d’un blanc qu’elle ne connaissait que trop bien. Seuls ses yeux étaient, contrairement à ses souvenirs, bleus azurs où se lisait une animosité difficilement contenue.

D’une voix étranglée, la jeune fille murmura : « Papa ? »

L’homme aussi sembla quant à lui sous le choc. Les sens embrumés, il la fixa, tout tremblant. Analysant sa curieuse réaction, Lucy comprit. Elle comprit que sous l’influence d’une illusion quelconque, elle venait de revêtir une nouvelle apparence. Elle n’était plus Syhn Idyl, ou Lucy Noké.  Elle comprit que la personne lui faisant face n’était autre qu’Iro, prenant les traits de son père, quand elle arborait ceux d’une des connaissances du garçon.
Visiblement, tout ici portait à croire qu’on jouait sur leurs faiblesses et craintes.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Mar 2 Juin - 22:35

Ignorant de l'épreuve que vivait la jeune femme rencontrée un peu plus tôt, ignorant que peut-être une horreur similaire devait l'attendre Iro avançait dans les couloirs de cette auberge pas comme les autres. Le coude qu'il avait franchi un peu plus tôt l'avait mené sur un nouveau couloir qui n'avait à priori rien de différent avec celui qui le précédait. Ce nouvel espace se terminait à son tour sur un coude. Derrière ce coude, un nouveau couloir. Un nouveau coude. Et encore. Toujours dans le même sens, ignorant les lois de la physique. Mais après tout cela avait-il encore quelque chose de surprenant ?
D'un pas qui se faisait monotone Iro avalait la distance qui s'ouvrait devant lui. Son avancée prenait une teinte monotone qui petit à petit le plongeait dans un état presque second. Il n'y avait plus que les couloirs et ses pas qui le menaient toujours plus en avant vers une destination inconnue. Combien de temps était passé depuis qu'il avait laissé le salon derrière lui ? Le cyborg n'en avait aucune idée.
« Iro… Iro... » Une voix faible, suppliante finit par percer la barrière de son apathie. Cette voix, il la connaissait. Mais cette faiblesse qu'elle dégageait enfonça un pieu glacé dans ses entrailles. La crainte figeant ses traits, Iro s'élança sans plus attendre. Mais plus il courait, plus il lui semblait que la voix s'éloignait. Cette voix. Yuris. Que lui était-il arrivé ?
Pris dans cet étrange état d'esprit, Iro ne réalisa pas un instant qu'il était impossible que la jeune femme soit ici. La peur se saisissait de ses entrailles, impitoyable, le poussant à courir toujours plus vite. Jusqu'à ce que la voix retentisse à ses oreilles, juste derrière lui. Dans un dérapage, Iro s'arrêta, manqua de tomber en se retournant. Sous ses yeux angoissés gisait Yuris baignant dans une mare de sang. Ses lèvres livides s'entrouvrirent pour laisser échapper quelques mots : « Jason… il... » Jason ? Comment son ancien apprenti aurait pu être ici ? Mais au fond de l'esprit du jeune homme cette simple question se trouva soufflée par la colère qui enflamma son esprit de façon totalement irrationnelle. Partagé entre la douleur et la haine, le cyborg se jeta à genoux, avançant les mains vers la jeune femme. Mais ses doigts semblèrent passer au travers pour se refermer sur un petit objet métallique. L'instant d'après l'obscurité tombait sur les lieux avant que la lumière ne revienne tout aussi soudainement.
Il se trouvait dans un environnement totalement différent. « Yuris ?! » D'elle, plus une trace. De toute évidence, il était encore dans l'auberge, mais de la jeune femme, plus une trace. D'un bond, Iro se releva. Il devait la retrouver. Elle d'abord… Puis Jason… De nouveau la colère embua son esprit. * Quelque chose ne va pas… * Son esprit embrumé chassa la petite voix qui s'était élevé pour protester. De nouveau ses jambes se mirent en mouvement, plus décidées cette fois-ci. Il savait où il allait.
Alors ses yeux tombèrent sur lui. Il était exactement tel que dans ses souvenirs. Un jeune homme au regard brillant d'intelligence et au visage sympathique. Mais maintenant Iro savait. Il savait que derrière cette apparence avenante se cachait un monstre qui n'attendait que la première occasion pour frapper. D'ailleurs son visage se fendit bientôt d'un rictus haineux. « Jason... » gronda Iro en retour. L'autre sembla dire quelque chose lui aussi. Mais dans sa colère le cyborg n'en comprit pas le sens. Il ne voulait pas en comprendre le sens. Jason était là. A portée. Un tremblement se saisit des membres de l'ancien scientifique. De la peur ? De la colère ? Les deux ? Iro n'aurait su réellement définir ce qu'il ressentait en cet instant. Où plutôt si, il savait qu'il allait lui faire payer. * Sois plus attentif! * Dans un grognement Iro s'avança d'un pas pour le saisir au collet. * Vois les différences! * La petite voix se faisait plus précise. Avec difficulté l'esprit cartésien du jeune homme essaya d'analyser ce qui se passait. Bientôt le visage de Jason se troubla, comme si deux images se retrouvaient superposées. Iro ferma finalement les yeux, son psyché se débattant contre ces idées qui lui semblaient imposées. Lorsque finalement son regard azuré se posa à nouveau sur le visage qui lui faisait face, plus aucune trace du jeune homme de ses souvenirs. Ces traits bien différents portaient sur eux les traces d'une enfance perdue trop vite.
« Je… suis désolé... » lâcha le jeune homme en même temps que ses mains se desserraient du col de l'inconnue. Un tintement léger lui appris que le bout de métal qu'il avait gardé en main jusque là venait de tomber au sol alors que sa poigne se relâchait.
Se détournant de la jeune femme, Iro passa ses mains sur son visage pour en chasser les souvenirs des derniers instants. Que lui avait-il prit ? Ce lieu était décidément anormal à bien des niveaux.
« Il faut que l'on trouve un moyen pour sortir... lança-t-il finalement. Il y a… quelque chose ici. Quelque chose qui ne me dit rien qui vailles. »
« Malheureusement pour vous, vous nous êtes encore utiles... »
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Mer 10 Juin - 12:45

D’abord torturé, ce fut un éclat de rage qui traversa le visage de celui qu’elle pensait réellement être son père. Surprise par la rapidité d’exécution de l’homme, elle ne tenta rien pour esquiver les deux grandes mains agrippant avec force le col de sa tunique, la soulevant d’une dizaine de centimètres. Ses yeux fous essayèrent de saisir le sens de ce geste en fixant le visage de son paternel d’un regard baigné d’incompréhension, au fur et à mesure que ses pupilles se rétractaient.  Dans un élan d’auto-défense, Lucy pencha difficilement sa tête et s’apprêta à mordre avec violence l’une des mains qui ne tarderaient pas à prendre sa vie. Sa lucidité bestiale s’effaça net quand son agresseur la lâcha subitement, malaxant ses poignets, tandis que les traits d’un père mal-aimé prirent ceux du Qantik précédemment rencontré.

Celui-ci balbutia quelques brèves excuses, apparemment aussi consterné par la tenure de ses actes que l’était la Paria. Cette dernière ne prit pas le temps de lui  formuler une réponse, occupée à tousser et reprendre ses esprits.  Un mal de crâne brutal l’assiégea, pour ne rien arranger, recroquevillée à terre qu’elle était, comme une vieille louve en cage. Lucy s’appuya sur l’une des parois pour se remettre sur ses jambes. Une réalité crue s’imposa alors d’elle-même, alors qu’elle recomposait tous les morceaux dans son esprit. Elle n’avait plus de masque, son visage découvert révélant les marques rouges en forme de triangle inversé sur ses joues et son front. La Paria n’avait plus montré cette partie d’elle depuis si longtemps qu’un sentiment étrange l’assaillit. Elle se fit même la réflexion que se balader nue aurait été moins pénible que d’exposer de la sorte un faciès dont les traits pouvaient toujours la trahir. Il devenait plus compliqué de mentir, de n'exprimer aucune émotion coupable de refléter son état d’esprit. Mais plus que tout, c’était la Championne qui perdait l’atout de son personnage, le secret murmuré, hurlé. De terribles frissons parcoururent le corps de la démasquée, plus tétanisée que honteuse.

Au bout de quelques secondes d’inactivité, Lucy se passa finalement  une main timide sur le visage, soucieuse de le camoufler de nouveau. La réaction de la Paria en devenait presque risible. La voix d’Iro s’exclama  par la suite, confirmant que trouver un moyen de sortir se trouvait en tête de liste de leurs objectifs. Une réponse caverneuse fit écho à la prise de parole du garçon :

« Malheureusement pour vous, vous nous êtes encore utiles... »

Ils se jouent de nous, bien sûr… pensa Lucy, tout ici respire la souffrance, se vengeraient-ils en souhaitant nous faire nous déchirer tous deux ? Est-ce un appel à l’aide ou juste quelque tour d’esprits s’ennuyant ?

Pas trop le choix, a priori. Elle devrait mettre ses différends de côté, acceptant amèrement l’acte dangereux qu’avait eu Iro auparavant. La jeune femme s’approcha du Qantik, détournant un peu le visage, toujours une main posée partiellement posée dessus, puis lui souffla :

« Ils pensent que nous allons finir par nous entretuer, et les rejoindre après la mort, nourrissant leurs rangs de fantômes tristes et rancuniers. Nous pouvons leur faire croire que leur plan se déroule sans accrocs, ils finiront par commettre des erreurs dont nous nous servirons. Restons tout de même groupés, séparés, ce seront de nos erreurs que ces spectres formeront nos cauchemars. »

Lucy dépassa par la suite son compagnon provisoire de quelques pas, attendant de ne lui dévoiler que son dos pour relâcher sa main. Puis, laissant échapper un faible soupir fatigué, elle reprit la marche le long du couloir sinistre, s’imprégnant de l’ambiance malsaine dont étaient chargés les murs pour tenter de se sentir en phase avec leurs hôtes, creusant l’énigme, perçant petit à petit à jour la solution du mystère qui les malmenait. Quelques minutes s'écoulèrent lorsque Lucy passa la première sous une arche menant à une énième pièce, qui, contrairement aux autres, comportait de très grands miroirs recouvrant toutes les façades. Le sol, lui aussi, était un gigantesque miroir reflétant un plafond couleur nuit, des étoiles le tachetant, quelques nuages où une pleine Lune timide se cachait derrière, renvoyant presque sarcastiquement la position dans laquelle se trouvait Lucy à ce moment même.

La Paria inspecta l’étrange endroit, n’omettant pas de repositionner sa main sur son faciès où quelques doigts étaient légèrement écartés, permettant à ses yeux curieux de n’échapper à aucun détail. Muette, elle en oublia presque qu’elle était accompagnée, dangereusement fascinée par les milles images qui se renvoyaient à l’infini dans tous les miroirs.

Lucy s’agenouilla finalement sur celui du sol, tentant de décoder  la magie qui émanait du plafond et se reflétait à ses pieds. Tour à tour, elle fixait le miroir, puis le plafond afin de détecter si une différence se faisait à certains endroits ou non.  Recroquevillée , elle laissa ses mains s’appuyer au sol quand un hoquet de stupeur la prit. Les nuages qui cachaient la Lune s’étaient dissipés ! La jeune femme reposa sa main sur ses yeux, découvrant que ces derniers se figeaient de nouveau devant la lune, comme de bons gardes protégeant leur reine.

Un regard sur le plafond en réalisant une expérience identique démontra que rien ne se produisait, contrairement au miroir du sol sensé renvoyé la même image.
« Le… miroir ! Il est interactif… » murmura la jeune fille, ses yeux ocres exorbités.
Elle éleva un peu plus la voix afin que son partenaire l’entende mieux :

« Le miroir au sol est interactif ! Son reflet change en fonction des mouvements effectués ! »
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Mar 14 Juil - 13:59

Mais qui étaient ces êtres qui jouaient avec leur esprit et embrumaient leurs sens ? Prisonniers entre leurs mains comme des marionnettes manipulées par le marionnettiste, les deux jeunes gens entraient dans un jeu dont ils ne connaissaient pas les règles. Cette simple volonté de s'abriter de l'orage se transformait en un piège implacable qui aurait tôt fait d'avoir raison d'eux.
Recroquevillée devant lui l'inconnue tentait de reprendre son souffle après qu'il ait manqué de l'étrangler dans sa poigne. Un air inquiet sur le visage, Iro l'observa se relever. Il hésita un instant à l'aider, mais il n'était pas sûr que la demoiselle apprécie le contact. Il en profita donc pour dévisager ce faciès auparavant caché par le masque, jusqu'à ce que la voix ne retentisse dans le silence qui s'était installé. Une voix caverneuse qui ne s'accordait que trop avec l'ambiance de l'endroit. Lorsque Iro se tourna de nouveau vers la jeune femme pour jauger de ses réactions, il put constater qu'elle gardait une main sur son visage, maigre rempart face au regard des autres. Le cyborg ne put que se demander ce qui avait pu pousser quelqu'un à se cacher de la sorte, le demander aurait été un affront à l'intimité de cette inconnue.

Enfin, la jeune femme s'adressa à nouveau à lui, ses mots se faisant aussi mystérieux que la fois précédente. On reconnaissait dans ses tournures la patte des hybrids, êtres flirtant avec un monde mystique fait de dieux et d'esprits au travers de croyances aussi vieilles que le monde. Mais pourtant en était-elle un ? Comme une fausse note dans une mélodie parfaite, quelque chose semblait ne pas être à sa place chez cette sauvageonne bien étrange. Un air pensif sur le visage, Iro regarda son dos s'éloigner alors que sa main retombait à ses côtés. Dénouerait-il le mystère qui entourait cette existence avant que leurs chemins ne se séparent ou que cette auberge ait raison d'eux ? Il en doutait.
Avant de continuer plus avant, Iro se baissa pour ramasser le bout de métal qu'il avait laissé tombé précédemment. Il s'agissait d'une clé, ou plus précisément de la moitié d'une clé. Un instant le jeune homme contempla l'objet avant de le glisser dans sa poche et d'emboîter le pas à sa compagne de fortune. « Je n'ai pas encore eu l'occasion d'entendre ton nom, lança finalement Iro d'une voix tranquille. Si tu ne veux pas me donner le vrai, ce n'est pas grave, mais dis-moi au moins comment je dois t'appeler, ce sera toujours mieux que ''hé'' ou ''toi''. » Après tout, il risquaient potentiellement d'être bloqués ici encore un moment. Il serait donc plus simple qu'il sache comment l'interpeller en cas de soucis.

Quelques instants plus tard les deux jeunes gens débouchèrent dans une nouvelle pièce, un nouvel espace hors de l'espace et du temps dans lequel tout pouvait arriver. Silencieusement, les deux comparses entrèrent, découvrant les lieux. Se détournant de la jeune femme qui menait ses propres observations, Iro explora la pièce du regard. Avec une impression de vertige, il fixa ensuite le sol à ses pieds. Le cyborg n'était pas sujet au vertige habituellement, mais c'était une impression étrange que celle qu'il vivait à cette instant. Cette sensation de pouvoir chuter à tout moment alors qu'un sol bien solide se trouvait sous ses pieds.
Finalement la voix de la jeune femme le sortit de sa contemplation en quelques mots qui lui parurent bien étranges. Un miroir ? Surpris, le qantik la chercha du regard pour constater qu'elle ne se trouvait plus dans la pièce, ou du moins plus dans le même plan de la pièce. De nouveau son regard se tourna vers la plaque de verre qui formait le sol sous ses pieds. Elle était bien là, se tenant accroupie dans ce qui était la même pièce, mais totalement inversée. Nuls miroirs du côté d'Iro cela dit. Simplement une pièce et sous son sol de verre cette même pièce retournée dans laquelle se trouvait l'inconnue. Mais alors comment le voyait-elle de son côté avec ses miroirs.

La bouche entrouverte sur des mots qui ne voulaient pas sortir, Iro réfléchissait à ce qu'il pourrait bien dire. Déjà, s'il l'avait entendue c'était qu'une communication était possible entre leurs deux espaces, mais comment étaient-ils reliés ? C'était une autre question. « Il semblerait que nous soyons face à un nouveau mystère lié à cet endroit… Je ne sais pas comment tu me vois, mais pour moi il n'y a pas de miroir et… tu es à l'envers… lâcha-t-il finalement. Si ton miroir est interactif, essayons de voir si tes actions impactent nos deux plans, ça pourrait déjà être un bon début… Mais quelque chose me dit que nous n'avons pas fini d'être surpris... »
Comme pour répondre à ses mots, un rire s'éleva dans l'auberge, un rire léger et enfantin.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Jeu 13 Aoû - 1:19

Sitôt sa tirade lancée, Lucy effectua un rapide demi-tour avant de réaliser qu’elle était de nouveau seule. Ses muscles se contractèrent alors, dans une futile volonté d’auto-défense. Séparés, les deux compères de fortune risquaient bien plus encore, à commencer par la torture morale dont fut victime la Paria quelques temps auparavant. Cette-dernière se releva lentement, de légers tremblements de colère au bout des doigts. Alors que la jeune femme jaugeait chaque élément du décor d’un œil mauvais, elle ne put réprimer un léger soupir de soulagement en entendant la voix d’Iro s’élever. Un sentiment étrange se distilla petit à petit cependant dans son esprit, une vague sensation de vertige, lorsque que le Qantik l’informa qu’il se trouvait dans un autre plan renversé… En effet, à en croire ses propos, le jeune homme se trouvait donc dans une pièce à l’envers de la sienne, le sol qu’il foulait lui permettant de voir tout ce qui se déroulait chez la Paria.

« Je vais essayer de voir si en interagissant  d’une certaine manière avec le miroir à mes pieds, cela ait une incidence sur nos pièces respectives. »

Lucy étudia  le plafond attentivement tout en marchant, esquissant quelques gestes ou au contraire, en restant stoïque. C’est ainsi qu’elle remarqua un détail qui lui avait échappé lors de sa précédente analyse : l’objet de son étude constituait effectivement un ciel étoilé, mêlé d’une lune maligne elle-même entourée par ses nuages la surélevant au statut de reine. Cependant, une sorte de lac gelé était également discernable en dessous de ces dits éléments. La Paria se rapprocha de celui-ci, ne s’arrêtant qu’une fois ses pieds posés sur son reflet. Toujours tête levée, elle se déçut à n’apercevoir aucun signe qui l’aiderait de façon significative pour résoudre l’énigme étrange dont les deux jeunes gens étaient prisonniers.

Lucy se passa une main sur le visage, lassée et à bout d’idée ingénieuse pour les sortir de là. Son cœur loupa malgré tout un battement lorsqu’en détournant les yeux au miroir au sol, elle vit bien le reflet du lac gelé à un détail près… Iro s’y trouvait derrière,  piégé par la paroi de glace. De nombreuses pensées s’entrechoquèrent chez la jeune fille qui se résolut finalement à en faire un résumé tenant sur quelques phrases.

« Si tu vois bel et bien la pièce où je suis, tu dois t’apercevoir qu’au plafond se trouve un lac gelé où aucun signe anodin n’est détectable, commença Lucy avec une excitation difficilement contenue. Cependant, en me rendant sur son reflet je peux constater une différence pas des moindres : tu t’y trouves de l’autre côté, à l’envers, comme c’est le cas pour toi. De la glace nous sépare donc… »

Lucy laissa en suspend sa phrase, puis dégaina l’arc lentement dans son dos, le bandant d’une flèche qu’elle pointa sur le lac dessiné au plafond.

« Il nous suffit de la briser. »

Quelques secondes après son intervention, la jeune femme tira sur sa cible. La flèche se figea en son centre, tandis qu’un timide silence fit place. Pour peu de temps. Passé la remise en question concernant sa soudaine action, le miroir à ses pieds se fendit, se craquelant petit à petit. Lucy n’osa plus bouger. La suite fut chaotique, le sol se déroba sous les pieds de la responsable, entièrement brisé.  Elle plongea immédiatement dans une eau qui la glaça jusqu’aux os. La jeune femme n’eut cependant pas le luxe de s’interroger plus longtemps sur le bienfondé de cet enchainement d’événements qu’elle percuta quelque chose de rigide. S’efforçant d’ouvrir les yeux, la Paria découvrit une vitre sur laquelle marchait effectivement le Qantik. Le souffle lui manquait, tandis qu’elle tambourinait fougueusement ce nouvel obstacle entre elle et l’échappatoire de ce lieu maudit.

Ses forces l’abandonnèrent peut à peu, et le précieux oxygène salvateur quitta à peu près au même rythme ses poumons. De longs doigts imperceptibles forcèrent ses paupières à se fermer, son corps entrainé vers le fond par de centaines de petites mains l’aggripant de part en part.  Le peu d’énergie qu’il restait à cette fausse justicière fut consommé par un dernier coup de poing qui ébrécha  la vitre. Ce n’était pas suffisant, rien n’était suffisant. Et maintenant on rendait aux fous ce qui leur apartenait, une championne oubliée de tous, une idole pour enfant qui s’évanouit dans le noir, à la recherche de vérités qui avaient, peut-être, trop tardées à s’offrir à elle.
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Dim 23 Aoû - 17:37

Que voulaient-ils ? Iro ne pouvait pas croire qu'ils se trouvaient piégés ici sans raisons. Il devait y avoir un but, un secret à percer. Mais que pouvait-il être ? Jusqu'ici rien n'indiquait que leurs geôliers les aient emprisonnés pour la bonne cause. Rien à part peut-être cette moitié de clé que le jeune homme avait ramassée plus tôt. Devait-il en parler avec l'autre ? Le cyborg était hésitant. Car si l'on parlait de buts, il ne savait pas non plus quel était celui poursuivi par cette jeune femme. Pour le moment la situation les poussaient à coopérer, mais cela durerait-il ? Le fait d'avoir été ignoré alors que par deux fois il avait tenté d'obtenir son nom de manière directe ou détournée n'était pas pour le rassurer non plus. Au moins autant de mystères entouraient l'inconnue que cette auberge. Malgré tout, il devait se reposer sur elle en partie s'ils voulaient tout deux garder l'espoir de sortir d'ici un jour.

Dans ce plan à l'opposé du sien, la jeune femme sembla soupirer de soulagement lorsque Iro lui présenta la situation, une réaction qui le surprit pendant un temps. Elle devait être bien plus influencé par l'endroit qu'il ne l'aurait pensé. Pourtant, de la façon dont elle s'était élancée vers l'inconnu la première fois qu'ils s'étaient croisés, Iro ne se serait pas attendu à la voir inquiète de quelque manière que ce soit. L’atmosphère des lieux commençait-il à peser sur elle ou bien était-ce une conséquence de la parte de son masque auquel elle semblait tenir ? D'un autre côté, Iro devait avouer que s'il s'était soudain rendu compte de la disparition de l'inconnue sans aucun signe avant-coureur, lui aussi se serait sûrement senti inquiet. Décidément, ils devaient se dépécher de trouver un moyen de sortir…
Suivant sa réponse, la demoiselle commença à expérimenter diverses actions. Attentivement Iro l'observa se déplacer sur la plaque qui les séparaient, cherchant si ses actes avaient une incidence de son côté. Malheureusement, rien ne semblait vouloir débloquer la situation. Enfin, la jeune femme sembla trouver un point d'intérêt. Le visage levé vers son plafond, elle paraissait observer attentivement un point précis vers lequel elle se déplaça. Lorsqu'elle se fut arrêtée et que rien ne se passa, l'inconnue sembla se détourner de ce point avant que son regard ne revienne s'y accrocher soudainement. Au vu de ses réactions, Iro comprit qu'elle avait trouvé quelque chose, mais il n'en eut la confirmation que lorsque la voix de la jeune femme retentit. « Pour moi, sur ton plafond il y a… un plafond, répondit Iro avec une pointe d'humour à la description qui lui était faite. Mais si tu penses trouver là une solution, n'hésite pas. » De toute façon la situation ne pouvait pas être pire… Ou du moins l'espérait-il.

De  la glace, hein ? En son fort intérieur Iro se demandait comment de la glace pouvait-elle se trouver ainsi à l'intérieur de l'auberge. Il n'y faisait pourtant pas si froid. En tout cas, une fois que l'inconnue aurait tiré sa flèche et que cette glace serait brisée, ils se retrouveraient de nouveau du même côté. C'était déjà un bon point se disait Iro, avant qu'une nouvelle pensée ne germe dans son esprit. Elle venait de dire qu'une couche de glace, couche de glace qui semblait couvrir un lac gelé. Donc si elle perçait cette couche de glace… « Attends ! » hurla le cyborg en se jetant à genoux pour tambouriner sur la vitre. Trop tard.
L'inconnue venait de tirer une flèche qui s'était fiché dans le bois de son plafond. De son côté elle devait sûrement voir cette  même flèche plantée dans un lac glacé. Quelques instants plus tard, Iro assista à une espèce de mis en abîme étrange. Alors que peu de temps auparavant il avait l'impression de marcher sur la même surface que la jeune femme, les fissures qui apparurent lui parurent plus lointaines. Comme si une certaine distance les séparaient. Cette impression se confirma lorsque la surface céda entièrement, engouffrant l'inconnue. Impuissant, le cyborg la vit chuter dans ce qui se révélait être de l'eau. Parfait reflet de l’immergée, Iro tambourina un moment sur la vitre qui les séparaient en espérant la faire céder. Constatant que cela ne fonctionnait pas, il plaqua sa main mécanique sur le verre, fermant les yeux pour se concentrer. Un instant plus tard, les arcs électriques jaillirent, attaquant la matière, la réduisant en poussière. Le tout était de réussir à le faire sans atteindre celle qu'il tentait de secourir. Lorsque finalement le trou fut suffisant, aidé en cela par la fissure faite par l'ultime coup de la jeune femme, Iro plongea son bras dans l'eau glacée, agrippant les vêtement de la noyée pour l'extirper du liquide. Contractant tous ses muscles il réussit à la ramener sur la surface malgré le poids de ses vêtement imbibés d'eau. Il espérait simplement qu'il n'était pas trop tard.

Avec une certaine expertises, Iro prodigua les premiers secours à la jeune femme. Le tout était qu'elle ne lui lâche pas entre les mains, ce qui n'était pas gagné avec le temps qu'elle avait passé sans oxygène et dans une eau à la température bien trop basse. Lorsqu'il fut assuré qu'elle respirait et que son cœur battait, il entreprit de lui retirer tous les vêtement que la décence lui permettait en détournant le regard au maximum pour ensuite l'envelopper dans sa propre cape, le tout était de la réchauffer rapidement. Il ne restait plus qu'à attendre qu'elle reprenne conscience. Inquiet, le jeune homme entreprit de frictionner ses membres au travers du vêtement afin d'y ramener progressivement une chaleur salvatrice. Durant tout ce temps, une pensée parcourait son esprit : que pouvait encore bien leur réserver cette auberge ?
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Lun 14 Sep - 19:46

La chute était lente, étouffante mais confortable. Ce fut comme s’enfoncer de plus en plus dans un nuage de coton, un très gros nuage réconfortant, qui happe petit à petit tous les soucis du corps et du cœur. Les alentours n’avaient ni contours, ni formes, pas même de couleur. C’était un noir profond, un océan d’encre noir cotonneux. C’était plaisant. C’était mourir.

Ce n’était plus de l’ordre du chaud ou du froid, car en réalité, il n’y avait juste rien. C’était un doigt, un pied qui ne répondaient plus. C’était l’enveloppe charnelle qui se décomposait dans cette matière étrange, rappelant quelque part un semblant de décorticage nécessaire pour accéder à la fragile âme mise à nue.  

Elle n’avait plus de nom. Elle n’était plus elle. Elle était ça. Disparaitre était un processus relativement long, car séparer le corps et l’âme nécessitait de la minutie et du temps.  Ça ressentit une vibration. Enfin, ce n’était pas exact, puisque ça ne pouvait plus rien ressentir si ce n’est ce coton enveloppant le reste de son enveloppe fantôme. C’était subtil, de l’ordre d’un petit grain de sable s’insinuant dans les rouages vieux mais fonctionnels de la mort qui accueille toutes et tous dans son abyssal royaume.

Ça n’était pas la seule chose, la seule personne qu’elle fut jadis à rendre bien sagement son âme. Oh non, il y en avait d’autres. Beaucoup d’autres qui glissaient dans les draps morbides de la fin de toute chose. A chaque seconde, minute, ou heures, il y en avait d’autres. Qui mouraient.

Ou naissaient. Car dans ce néant fou, tandis que les uns descendaient vers leur fin, d’autres montaient à la surface pour connaître la vie. C’était un aller-retour, je te donne le droit à l’existence, et tu me la rendras, ce soir ou demain.  

Il se produisit quelque chose d’étrange, d’anormal, dans ce néant que l’on ne pouvait défier. Car ça, petit à petit, remontait. A travers ce noir coton de moins en moins compact, de plus en plus vite. Ça n’était plus ça,  mais redevenait elle.

Elle. Elle. Elle. Avec le contrôle de ses doigts, de ses pieds, de ses paupières lourdes, de sa tête, de ses bras, de sa tête, de ses doigts pied paupières ventre jambes bras. Violence à l’état brut. On rerentrait son âme de force dans son corps qui pourtant s’échappait auparavant.  On la ramenait sur terre. Elle. Pas ça. Elle.

Premier battement. Lourd, très lourd, avec cette même sensation d’apnée. Elle eut l’impression de contenir le poids du monde entier dans sa poitrine récemment retrouvée. Elle avait oublié, comme beaucoup d’autres choses si ce n’est tout, à quel point le cœur était pondéreux.

Elle toussa, crachant de l’eau, les yeux exorbités. Casiment nue, ce détail dérisoire ne l’interpella pas même une seconde. Son regard fou s’attarda sur la pièce, sur son corps longuement, puis sur ce garçon qui se tenait près d’elle. Le cocktail d’émotions qu’elle ressentit fut si intense qu’elle crut bien s’évanouir pour de bon, mais le choc et la surprise de tout simplement vivre la gardèrent animée. Elle chercha dans tous les tiroirs de ses souvenirs des indices sur la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle fut confuse lorsque deux noms se surposèrent dans ses pensées. Syhn Idyl et Lucy Noké. L’un lui parut mélancolique, lointain et rattaché à un passé plus que clos quand le second la fit vibrer, lui donnant une sensation proche du courage et de la détermination.

Qui était-elle ? Il fallait choisir.

Ses sens peu à peu retrouvés, la jeune femme peu loquace se concentra sur un tumulte de réminiscences qui l’assaillait telle une véritable attaque cérébrale. Ses mains tâtonnèrent autour d’elle, puis dans le tas de vêtements qui se trouvait à environ deux mètres. Ses doigts rencontrèrent un curieux objet lui procurant un frisson électrique qui parcourut son échine. Ils l’agrippèrent, puis l’extirpèrent. Du rouge vermeil. Un masque.

La Championne Oubliée.

Pendant un moment, elle n’osa plus bouger. Elle tourna enfin doucement la tête vers son compagnon, de multiples questions sur les lèvres. Elle garda le silence. Il n’y était pour rien. Le masque était là, factice ou non, revenu, peut-être, mais bien là, dans ses mains. L’esquisse d’un sourire se dessina. Ses yeux rencontrèrent ceux visiblement interloqués du garçon.

« Je m’appelle Lucy Noké. »

C’était un sourire énigmatique, avec un crépitement dans le regard. Ses lèvres légèrement étirées disparurent sous le masque dérangeant plaqué sur son visage d'une main. Elle se rappela. Cette histoire de races, de paria. Après être revenue d’entre les morts, cette guerre ridicule qui confrontait chaque race entre elles lui parut encore plus stupide et inacceptable.

La métisse se releva, et enfila ses vêtements, supposant que sa nudité apparente rendait les échanges compliqués et embarrassants. Bien qu’encore mouillés, la gêne qui s’était installée s’enfuit elle aussi à petits pas timides.

« Le néant est effrayant mais confortable. Il m’a ôté la peur de le rencontrer mais donné le courage de plus y mettre les pieds. Du moins, pour l’instant. »


Lucy s’approcha d’Iro, lui tendant une main au même moment où un étrange rire enfantin s’échappait d’une porte entrebâillée nouvellement formée.

« On y va ? »
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MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Ven 18 Sep - 15:40

Lorsque soudainement la jeune femme cracha le reste d'eau que contenaient ses voies respiratoires et que ses yeux s'ouvrirent, Iro ne put s'empêcher d'expulser un soupir de soulagement. L'inconnue n'était pas encore sauve, mais elle était en bonne voie.
Cessant de frictionner ses membres, le cyborg se pencha sur elle, cherchant une lueur dans ses yeux lui indiquant qu'elle était bien de retour parmi les vivants.
« Tu m'entends ? Ohé ! »
Devant l'absence de réponse, une nouvelle vague d'inquiétude se leva. Mais cette fois-ci le jeune homme ne pouvait plus rien faire. Il lui fallait laisser à la presque noyée le temps de digérer tout ce  qui venait de ses passer en espérant qu'elle y arrive.
Enfin elle se mit à bouger, ses bras explorant son environnement proche à la recherche d'on ne savait quoi. Inquiet Iro la regarda faire, tentant de comprendre son but. Un air surpris se peint sur son visage lorsque les doigts de la jeune femme se refermèrent sur son masque. Qu'est ce qu'il faisait là alors qu'elle l'avait laissé dans un couloir de l'auberge.
Mais finalement était-ce si surprenant ?
Depuis qu'ils étaient ici les deux jeunes gens étaient sans cesse mis face à des situations qui dépassaient le sens commun. Alors la réapparition d'un masque n'était qu'un élément mineur au milieu de tout cela.
Ce masque semblait néanmoins être une sorte de déclic pour l'inconnue. Elle se figea un moment avant d'enfin tourner le regard dans la direction du cyborg. Il lut dans son regard une tempête de questions qui s'apaisa rapidement. Un sourire, finalement, se dessina sur son visage, attirant une expression surprise sur celui d'Iro. Elle n'avait pas perdu la tête au moins ?

Non elle n'avait pas perdu la tête. Iro lui rendit son sourire alors que Lucy se présentait finalement à lui. Sourire qui prit une teinte ironique lorsque le visage de la demoiselle disparut sous son masque. Elle y tenait à cette barrière entre elle et le monde. Enfin, chacun ses choix.
Soudainement, Lucy se releva, faisant tomber par la même occasion le vêtement qui masquait précédemment sa presque nudité. Poliment Iro se détourna, laissant à la jeune femme le soin de renfiler ses vêtements.
Lorsque la voix de la survivante s'éleva dans son dos, le cyborg se tourna à nouveau vers elle, plaquant un sourire ironique sur ses traits à l'écoute des mots prononcés.
« Je remarque qu'un bain glacé et le ''néant'' ne t'ont pas donné l'envie de parler de façon plus clair, » fit-il avec humour.
Sans hésitation il saisit la main qui lui était tendue, son oreille se tendant au son cristallin d'un rire d'enfant.
« On y va ! Mais avant ça... »
Relâchant la poignée de main pour poser son membre mécanique sur un pan du vêtement de Lucy, Iro ferma les yeux pour se concentrer. Normalement il pouvait le faire. Cibler les bonnes molécules. Théoriquement c'était faisable. Alchemy répondait de mieux en mieux, il ne doutait donc pas que…
Dans un léger sifflement l'eau qui imbibait les vêtements de Lucy disparurent alors que des arcs électriques jaillissaient de la main mécanique du cyborg. Un léger soupir de soulagement, presque imperceptible, accompagna la réussite de l'opération.
« Il ne faudrait pas que je t'ai sauvée pour que tu attrapes la mort, » conclut-il.

De nouveau dans les couloirs, le deux jeunes gens couraient à la suite du rire. Celui-ci semblait toujours retentir à la même distance, comme si celui qui le lançait prenait garde de toujours maintenir la même avance sur eux.
Ils passèrent devant de nombreuses portes fermées ou entrebâillées desquelles s'élevaient différentes sonorités. Discussions amicales autour d'une tasse de thé, disputes, jeux d'enfants, musique… Des témoins de vie qui donnaient envie de s'arrêter pour en savoir plus. Pourtant Iro sentait confusément qu'ils ne devaient s'arrêter sous aucun prétexte, même s'il n'aurait pu expliquer pourquoi.
Leur course dura un long moment avant qu'enfin, à bout de souffle, ils ne débouchent dans une salle immense. Une salle qui, par sa taille, n'aurait même pas dû pouvoir tenir dans l'auberge, même si l'obscurité qui y régnait ne permettait pas d'en discerner les limites exactes.
La lumière d'un projecteur jaillit soudain, cône de lumière qui captura la silhouette gracile d'un enfant, visage penché dans l'ombre. Il se tenait seul sur une scène surélevée, pourtant pour habit un costume tel que ceux portés par l'élite d'Anathorey.
« Nous vous attendions, Lucy Noké, Iro Whynd. »
Doucement, l'enfant releva la tête. Un léger sifflement de surprise échappa à Iro alors que le visage qui aurait dû se trouver dévoilé par la lumière restait une tâche d'ombre insondable.
« Ce n'est pas le hasard qui vous a conduits jusqu'à nous. Nous avons besoin de vous.
- Drôle d'accueil pour des gens qui ont besoin d'aide… répliqua Iro avec ironie.
- Nous n'y sommes pour rien... »
Le visage de l'enfant n'était qu'une tâche d'ombre, mais la tristesse qui se dégageait de sa voix parlait pour lui. Si une expression devait marquer les traits inexistants de leur petit messager, ce devait être la peine.
« Ce sont eux qui… NON ! »
Autour du cône de lumière qui englobait l'enfant, l'ombre semblait prendre vie.
« C'est bien trop rapide… Je n'ai pas eu le temps… Vous êtes notre espoir, vous avez la clé ! Utilisez la clé ! »
Sur ces mots, le projecteur s'éteignit subitement, plongeant la salle dans l'obscurité.
« Tout ça ne me dit rien qui vailles et plus on avance, plus j'ai l'impression que nous avons agité la mauvaise fourmilière… Mais le gamin avait l'air vraiment désespéré, alors je ne sais pas ce que tu en pense, mais je vais leur donner un coup de main. Quoi qu'il se passe ici. »
Iro s'était tourné vers Lucy. Il pouvait encore la distinguer dans la semi-obscurité qui les entouraient. Doucement il sortit de sa poche là moitié de clé qu'il avait trouvé précédemment.
« Ça te dit quelque chose ? »
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Championne Oubliée (Lucy)


RPG
Âge : 17 ans
Groupe: Paria
Inventaire: Deux dagues, un arc et quelques racines comestibles

MessageSujet: Re: Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]   Mer 18 Nov - 18:26

L'enfant s'était éteint dans un dernier ordre crié. «Utilisez la clé ! » Mettant un terme au silence planant qui s’ensuivit, Iro se tourna vers la Paria, lui confiant sa volonté d'aider le spectre au rire enfantin. Lucy vit alors le jeune homme qui, toujours fixant son interlocutrice, sortit de sa poche la seconde moitié de clé.

« Ça te dit quelque chose ? »

Des milliers de petits poings semblèrent tambouriner contre les parois de son crâne, et bien que stoïque, la jeune femme ne put réprimer une moue de douleur. Tentant tant bien que mal de remettre de l'ordre dans ses idées encore très confuses, elle chercha  à son tour la moitié de clé qui, peut-être,  symbolisait leur future délivrance. Lucy fit tourner son petit lambeau d'espoir du bout des doigts avant d'agripper celui de son partenaire, puis presque en quête de salut, les fit s'emboiter.  L'effet fut moins spectaculaire qu'attendu, délivrant seulement un petit déclic. Sous son masque, Lucy interrogea Iro du regard. Utiliser la clé ?

Rien ne semblait avoir changé autour d'eux. Attendait-on encore d’eux de se perdre dans ce dédale, qui à l’évidence, n’avait de fin ? Devait-il comprendre un sens plus profond à tout cela ? Lucy tenta de se concentrer uniquement sur les suites d’émotions qui se succédaient en elle. Mais toujours, toujours, de la souffrance. Du coin de l’œil elle put remarquer que la salle dans laquelle elle et Iro se tenaient se rétrécissait presque imperceptiblement, des murs se fissuraient, très doucement. Cette auberge était bien loin d’être stable, et cela en découlait sûrement du propre propriétaire des lieux.

Une petite ampoule s’alluma au mur opposé, dévoilant une porte timide en toute intimité. Hésitant, mais attirés par cette presque mise à nu, la Paria et le Qantik se rapprochèrent de l’objet de leur curiosité d’un pas lent. Et toujours cette souffrance qui, arrivant par salves, assaillait les deux jeunes personnes, et toujours, ce petit rire dont l’écho se transformait en cri plaintif. L’agonie d’un fantôme.

La lumière vacillait, mourante ; et l’on aurait pu croire que ce fut en effet bien elle qui pleurait à l’instant.

Le trajet bien que semblant court, fut en vérité bien éprouvant. C’était cette tristesse, ce chagrin envahissant qui devenait à chaque pas plus vif. La porte était là, frêle, mais incroyablement dure à ouvrir, tant les membres des deux camarades tremblaient au contact de ce flot de douleur. Qui de l’un ou de l’autre réussit finalement à la pousser, on ne le sut, peut-être ensemble, mais là n’était pas l’important.

L’enfant sans visage était accroupi dans ce qui apparaissait comme étant un lieu sans limite, intemporel.  Littéralement, on entrait dans un cœur. Un cœur d’enfant-esprit, ce n’est pas spécialement banal. Il faisait froid, et on osait faire quoique ce soit, de peur de causer trop de dégât dans un lieu qui déjà s’abandonnait à l’oubli.

Sans s’en rendre compte, ou peut-être un peu, Lucy et Iro se tenaient désormais devant le marionnettiste en cage ; car en effet, les contours d’une cage quasi-transparente s’étaient dessinés à l’approche du prisonnier. Une petite serrure était également légèrement perceptible. Rendue muette, Lucy décrocha son masque pour questionner Iro du regard. C’était un regard particulier. Triste, et spécial. Spécialement triste. Elle désigna la clé.

L’enfant semblait ne pas s’être rendu compte de leur présence en son sein. Ne restait-il pas à le libérer de sa cage folle ?
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Murmures et apparitions [PV Lucy Noké]

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