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L'auberge qui murmure. [ solo ]

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MessageSujet: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Dim 7 Juin - 21:37



Le ciel s’était obscurci d'un coup, l'air, saturé d’électricité, semblait crépiter, prêt à exploser et les nuages, lourds d'intempéries, attendaient l'instant propice pour offrir à la terre un bombardement d'or bleu. Diya fit accélérer Luminéa, lui intimant d'aller le plus vite qu'elle pouvait afin d'échapper à l'orage qui se préparait. La Cyborg avait quitter la capitale d'Urban City il y avait quelques heures à peine, sur recommandation d'Anna Draspery, l'ancienne collègue de sa grand-mère. L'aide qu'elle lui offrait n’était pas vraiment celle à laquelle elle s’était attendue mais la demoiselle devrait s'en contenter. La première goutte explosa sur son avant bras et la Qantik donna un coup dans les rênes pour encourager sa monture à fournir un effort supplémentaire. Elle avait conscience de la pousser mais un tel orage en plaine était bien trop dangereux pour que la jeune femme veuille y assister. Au loin elle entrevit une sorte de cabane, une auberge ou un point de repos sans doute, mais en bien mauvais état. Plus lugubre encore que la taverne dans laquelle la Cyborg avait séjourné récemment dans les bas quartiers d'Anathorey. 
Une ombre apparut alors dans la périphérie de son champs visuel, au moment même ou le ciel s'illuminait d'un éclair phénoménal. Luminéa fit un écart et la demoiselle manqua de quitter la selle, les vagues gouttelettes devinrent une averse aveuglante et Diya ne put se diriger que grâce à la luminosité qui émanait d'une des fenêtre de l’inquiétant bâtiment. Quelques mètres encore, bientôt elle pourrait placer sa monture à l'abris et en profiter elle même. Un léger coup sur les flancs du Kokobot lui offrit quelques secondes et au moment où elle atteignait la porte de bois massif la jeune femme entrevit l'inconnu précédemment aperçu se glisser à couvert en même temps qu'elle. Tirant sur les rênes de sa monture pour lui faire gagner le hall de l'auberge de fortune elle se laissa tomber au sol, épuisée et à bout de souffle avant de soudainement se rappeler de la présence proche. Diya se releva d'un bond, dégainant ses Trancheuses-de-vents et les dirigeant vers la personne en position de combat. Elle demanda, feignant un calme impossible dans une situation pareille :
" Qui êtes vous ?!"

Sans quitter l'étranger caché par les ombres du lieu la jeune femme se permit un rapide examen de ce dernier. Des vieux meubles en bois dont l'humidité faisait gondoler la matière, des cadres représentant des paysages dont les couleurs passées étaient presque monochrome désormais, ici et là la jeune femme pouvait même observer des trous dans le plancher ! Décidément ce lieu ne lui disait rien qui vaille. Mais avec ce temps, peu importe qui se tenait face à elle, la Cyborg ne lâcherait pas cet abris. Ses pensées s'interrompirent soudainement alors qu'elle s’était attendue à ce que quelqu'un vienne les accueillir. N'y avait il pas de la lumière à l’intérieur ?
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Lun 8 Juin - 22:42

Une nouvelle fois il se retrouvait à errer dans les prairies. Son temps passé sur des terres « civilisées » avait été bien court. Mais il ne pouvait se permettre de rester. Les hommes d'Ewan devaient encore être sur ses talons. Il était impensable que cet homme empli de cruauté abandonne si facilement après un tel affront.
Ses yeux parcourant perpétuellement l'horizon à la recherche du moindre signe de vie, Joshua avalait les kilomètres à grande enjambées. Cette fois encore il n'aurait su dire combien de temps il avait passé à marcher dans cette vaste étendue émeraude. Pas plus qu'il n'aurait su dire où il allait. Ses pas s'enchaînaient inlassablement sans que l'esprit du paria ne trouve une destination qui lui réserverait moins de danger. D'une part, il ne connaissait pas suffisamment le monde pour pouvoir s'y orienter sans peine. D'autre part, le peu qu'il savait de ce monde lui suffisait à savoir que personne ne l'accueillerait à bras ouverts. Ewan le lui avait suffisamment répété. Il était un monstre, une erreur de la nature. Une engeance qui ne devrait même pas exister.
Les traits du garçon se crispèrent un instant au souvenir de cet homme ignoble. Mais tout aussi ignoble fut-il, Jashua savait qu'il avait dit la vérité. Les regards que lui adressaient les gens dans la rue en étaient une preuve suffisante.
Portant la main à son masque pour se calmer, Joshua retrouva rapidement son calme. Ou tout du moins ce qui se rapprochait le plus du calme pour un être qui pensait n'avoir sa place nulle part en Origin.

Soudainement, un éclair fendit l'air dans une détonation de fin du monde. Pris par surprise Joshua manqua de s'étaler dans l'herbe verte de la plaine. Ses pensées ne l'avaient arraché à la réalité que pour quelques instants et pourtant cela avait été suffisant pour que le ciel s'assombrisse de façon inquiétante. Comme si elles n'avaient attendu que son attention pour commencer leur ballet aérien, les gouttes se mirent à tomber. Éparses tout d'abord, mais c'était bien assez pour diminuer encore plus un champ de vision déjà handicapé par l'obscurité qui s'était abattue sur les lieux. On se serait facilement cru en pleine nuit.
Une lueur de désespoir apparaissant dans son regard, Joshua balaya à nouveau l'horizon du regard. Il lui fallait trouver un abri. Quelque chose lui disait que s'il restait à découvert comme ça, il ne verrait pas un nouveau matin. Fort heureusement, son regard accrocha bien vite une petite tâche lumineuse dans le décor. L'éclat d'une fenêtre éclairée de l'intérieur, la promesse d'un toit. Sans plus attendre, sans même se demander si il serait accepté dans cette demeure, le paria s'élança. Le jeune homme déjà fatigué puisa dans ses réserves pour allonger les foulées qui le menaient droit vers la bâtisse.
Un bruit différent dans son dos poussa soudainement Joshua à se retourner. Un nouvel éclair inquiétant déchira le ciel alors qu'une forme spectrale emplissait son champ de vision. Le garçon ne dut qu'à ses réflexes de pouvoir s'écarter de la trajectoire de la chose. L'être ne fit que le frôler avant de continuer sa course dans l'obscurité. Plus inquiet encore, Joshua remarqua que ça semblait se diriger vers le même abri que lui. N'hésitant qu'un instant avant qu'une nouvelle détonation ne le pousse à s'élancer à nouveau, le paria pris néanmoins le parti de mettre son masque. Il ne savait pas ce qu'était cette chose, mais quoi que ce soit, il se sentait toujours plus rassuré lorsque cette fine couche de cuir faisait barrière entre lui et le monde.

Le paria entra dans ce qui semblait être une auberge un instant après que ce qui ce révélait être un kokobot blanc soit tiré à l'intérieur par sa cavalière. Restant à la porte, Joshua observa circonspect cette jeune femme aux cheveux verts. C'était une couleur peu commune. Appartenait-elle à cette race dont il avait entendu parler au travers de rumeurs agitant Nordkia ? Les hybrids. Mais le moment n'était pas à l'observation. Ce qu'il avait tiré de ces même rumeurs était que ces hybrids étaient des créatures féroces et avides de sang. Des animaux dangereux auxquels il ne fallait jamais tourner le dos. Pourtant une autre part de son esprit s'interrogeait. Dans ses veines coulait aussi le sang de cette race, non ? Que devait-il en penser ? Le garçon ne parvenait pas à se décider, mais dans ses mains, les dagues avaient jaillit, pur réflexe face à un danger potentiel.
Finalement, l'inconnue sembla remarquer sa présence et sa réaction ne se fit pas attendre. A l'instar du paria la jeune femme dégaina deux dagues. Néanmoins attaquer ne semblait pas être sa volonté première, comme en témoigna la question qui franchit ses lèvres avec un calme qui ne manqua pas d'inquiéter Joshua. Était-elle si forte que ça qu'il ne l'inquiétait même pas ? Et d'autre part, quel était son but ? Attaquer dès qu'elle aurait eu les réponses à ses questions ? Un léger tremblement se saisit de ses membres sans qu'il ne sache s'il s'agissait de peur, de fatigue ou simplement de tension. Toujours sur ses gardes, Joshua usa de son pouce et de son index pour faire glisser la fermeture à glissière qui fermait l'accès à sa bouche. Parler était ainsi plus simple.
« Je suis… commença-t-il en tentant de donner à sa voix plus d'assurance qu'il n'en ressentait et ce malgré la légère hésitation qui se fit sentir. Joshua, Joshua Ivaran... » Donner son « vrai » nom ne paraissait pas plus risqué que de le cacher. Il y avait peu de chance que la jeune femme soit de la bande d'Ewan. Puis ses lèvres s'entrouvrirent à nouveau avant de se refermer. Quelque part il hésitait à poser la même question en retour. Peut-être écrasé par la conception qu'il avait des hybrids.
Soudainement le léger tremblement qui le saisissait jusqu'à présent se fit plus présent dans ses jambes et le jeune homme semblait basculer. Vivant dans une inquiétude permanente et négligeant ses besoins fondamentaux, ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait. Sans pouvoir se retenir le paria bascula sur son séant. A terre il prit néanmoins sur lui pour lever ses dagues vers son opposante. Il ne se laisserait pas faire si facilement si un combat devait survenir et ce, quelque soit son état.
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Lun 8 Juin - 23:24


Immobile, la tension dans ses muscles devenait intenable après ces dernières heures de chevauchée. Détaillant l'inconnu par intermittence, lorsque la foudre lui offrait suffisamment de luminosité, Diya nota ses cheveux blancs qui luisaient de pluie, son corps fin masqué de vêtements usés. Lorsqu'elle capta l'éclat des dagues son visage se crispa. Sans bouger la Cyborg se prépara à parer une attaque tout en continuant son examen, s'attardant sur le masque que révélait un œil des plus ... inhabituel. L'iris d'un noir ténébreux laissait apparaître une pupille d'un écarlate que la Qantik n'avait jamais pu observer. Quand la jeune femme se rendit compte qu'elle fixait l'homme droit dans les yeux sans ciller elle se sentit gênée mais la situation ne permettait pas ce genre d'hésitation. Enfin il se présenta après avoir ouvert la fermeture éclair qui masquait sa bouche. La demoiselle se demanda pourquoi il masquait son visage. Était il recherché ? Avait il quelque chose à cacher ? L'heure n’était pas aux détails. Attentive, Diya nota le nom de l'homme. Joshua Ivaran. Elle ne perçut pas le mensonge mais bel et bien la sincérité dans sa voix aux trémolos inquiets. Prête à lui répondre la Cyborg n'eut toutefois que le temps de le voir s'effondrer au sol sans pouvoir le retenir. 

Se disant que ce geste aurait sans doute été perçu comme le profit de sa faiblesse la demoiselle pensa que cela valait mieux ainsi. Rangeant ses dagues d'un geste fluide dans la sangle entourant sa jambe la Qantik s'agenouilla lentement en plongeant ses yeux dans l'unique œil de l'homme. Ne pas parvenir à deviner l'origine de l'inconnu la dérangeait quelque peu mais là encore ce n’était qu'un détail aux vues de son état. Prenant un inspiration pour relâcher définitivement ses muscles Diya plongea la main dans son sac. Elle en sortit la cape chaude et la tendit au jeune homme en déclarant :

" Diya Art'Heas. Vous devriez vous changer, vous allez attraper froid si vous restez trempé. Je n'ai rien d'autre qui puisse vous aller mais ceci devrait vous tenir chaud le temps de trouver quelqu'un dans cette auberge qui pourra vous prêter des vêtements de rechange."

Suffisamment proche pour constater la maigreur de Joshua la demoiselle hésita une nouvelle fois, puis demanda, légèrement inquiète :

" Quand est que vous avez mangé pour la dernière fois ?"

Se redressant la Cyborg se débarrassa de son gilet trempé, restant dans le débardeur et le short pomme qu'elle avait choisit le matin pour se fondre dans la cité des Princes. La jeune femme aurait voulu se changer rapidement mais elle craignait que l'homme ne tombe dans les pommes si elle le quittait des yeux ne serait ce qu'un instant avant qu'il n'est avalé quelque chose. Diya lui tendit la main et lâcha, tachant d'être sympathique malgré le fait que le lieu, lugubre, l'inquiète d'avantage depuis que l'absence d’accueil perdurait :

" Essayons de trouver le propriétaire ou cherchons les cuisines, il y fera suffisamment bon pour nous réchauffer et y faire sécher nos habits."

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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Jeu 11 Juin - 22:14

Ses jambes l'ayant trahi, Joshua levait vers la jeune femme un œil ou brillait une farouche envie de vivre. Cette même envie qui l'avait poussé en avant, qui l'avait poussé à fuir Nordkia et qui le menait ici aujourd'hui. Sa respiration était hachée, signe de la fatigue qui se saisissait de ses membres. La tension de l'instant présent était venue à bout de ses maigres réserves. Le jeune homme n'était déjà pas particulièrement bien portant en temps normal cela dit. Malgré tout, ses dagues aux tranchants acérés tournés vers « l'hybrid » témoignaient de sa volonté. Si affrontement il devait y avoir, le paria ne se laisserait pas faire.
Dans un mouvement qui trahissait son habitude, la jeune femme rengaina ses dagues, coupant court à la confrontation. Surpris, Joshua cligna de l’œil plusieurs fois, ses dagues hésitant entre revenir aux fourreaux ou rester en garde. Quelques instants plus tard la tension reprit ses droits lorsque la demoiselle porta ses mains à son sac. Qui savait ce qu'elle pouvait bien en sortir, pensait-t-il avant de constater qu'il s'agissait d'une simple cape. Alors le jeune homme prit le parti de rengainer ses armes. Cette inconnue ne semblait décidément pas être animée d'intentions hostiles.
Lorsque cette même cape lui fut tendue, le visage masqué du paria s'anima d'une expression de surprise trahie par son œil écarquillé, dévoilant ainsi un peu plus sa sclérotique sombre. Enfin, Diya se présenta, ponctuant son geste amical d'une explication pleine de sollicitude. « Je... hésita-t-il. Pour moi...? » D'aucuns trouveraient sa surprise étrange, après tout Diya ne faisait que lui tendre un vêtement chaud pour se couvrir. N'importe qui aurait pu en faire de même. Mais la vie du paria étant ce qu'elle fut, les geste amicaux n'y avaient pas leur place. La dernière fois que quelqu'un s'était montré gentil avec lui remontait à son enfance, lorsqu'il se trouvait dans cette petite grotte… Ainsi, si sa méfiance se fit plus importante encore, le tremblement qui agitait son corps et le claquement qui animait ses dents le poussèrent à tendre des mains hésitantes vers le vêtement.
Il en restait là, silencieux et contemplant pensivement le tissu lorsque Diya brisa à nouveau le silence. Doucement le paria releva son œil vers elle, réfléchissant à la question qui lui était posée. « ...Hier ? » Il lui semblait que c'était hier qu'il avait réussi à chaparder de la nourriture au détour d'un village. Mais était-ce hier ? « Je crois…? »
Finalement, constatant qu'aucun danger imminent ne le guettait pour le moment, le jeune homme leva les mains vers son visage, défaisant les attaches qui liaient son masque. Ses yeux dépareillés de nouveau libres tout deux suivirent Diya qui s'était redressée pour retirer un gilet trempé par la pluie. Dans son regard brillait une curiosité certaine pour cette étrange personne, une curiosité qui restait néanmoins teintée d'une forte dose de méfiance.

Finalement, Joshua profita de ce que Diya retirait son gilet pour se remettre tant bien que mal sur ses jambes. Après s'être appuyé un instant sur le mur pour maintenir son équilibre, il entreprit de retirer son baluchon vide ainsi que son t-shirt usé de ses épaules. Dévoilant un instant les multitudes de cicatrices qui couturaient sa peau, le jeune homme se réfugia finalement sous le couvert de la cape que lui avait tendu Diya. Accueillant avec joie ce surplus de chaleur plus que bienvenue, le paria soupira d'aise. Une nouvelle fois cependant il finit par tourner son regard vers la jeune femme alors que celle-ci proposait de chercher les cuisines. Sans un mot, Joshua hocha légèrement la tête pour marquer son assentiment. Ses yeux se portèrent ensuite sur les alentours afin de déterminer le chemin le plus probable vers leur but. Plusieurs portes s'offraient à eux, ainsi il était complexe de déterminer de but en blanc laquelle mènerait aux cuisines. Néanmoins, un couloir attira plus l'attention du paria. Brillamment éclairé, celui-ci s'enfonçait dans les profondeurs du bâtiment. Malgré ses maigres connaissances en matière d'auberge, Joshua se disait que des cuisines ne seraient logiquement pas placées près de l'entrée. Il ne faudrait pas que les odeurs fassent fuir les clients. Ainsi ce couloir lui paraissait être une bonne alternative. Tournant souvent la tête pour garder Diya dans son champ de vision, le jeune homme s'aventura donc dans ce chemin.
Étrangement, aucune porte ne s'ouvrait le long de ce couloir, comme si ce dernier n'avait pour but que de vous emmener au plus profond de l'auberge. Finalement peu rassuré, le paria lançait des regards nerveux en tout sens, prenant toujours soin de surveiller du coin de l'oeil les mouvements de Diya. Cette auberge commençait à réellement l'inquiéter. Le fait qu'il n'aient croisé personne depuis leur venue était surprenant… Le paria en était là de ses réflexions lorsque l'obscurité tomba soudain sur l'auberge, toutes les lumières s'éteignant au même moment. Sursautant sous la surprise, le jeune homme bondit en arrière par réflexe.
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Ven 12 Juin - 0:04


L’étonnement du jeune homme face à son geste l'avait tout d'abord surprise. Puis elle avait eut l'impression de se revoir lors de ses premiers pas en tant que Cyborg. Lorsqu'elle lui avait tendu le manteau l'inconnu avait rengainé ses lames. Un sourire sincère avait alors effleuré les lèvres de la demoiselle. Il ne semblait pas hostile et n'avait visiblement ni l'envie ni la force de se battre. La réponse hésitante sur son dernier repas fit grimacer la jeune femme, elle aurait voulu lui donner de ses propres vivre mais ces dernières étaient nécessaire à la suite de son voyage. Observant le deuxième œil, désormais dévoilé, elle constata que celui là était d'avantage "normal". Diya essora son gilet comme elle le pouvait avant de l'abandonner sur le crochet d'un porte manteau. Lorsque elle se retourna ses yeux se posèrent sur le torse nu de l'homme. Diya ne l'avait aperçu que brièvement mais les cicatrices, multiples et marquées dansaient devant ses yeux. Elle imagina la douleur ressentie, les conditions dans lesquelles elles avaient étaient infligée. Son visage s'était décomposé.

La Qantik se gifla mentalement et se força à masquer cette expression qui aurait pu mettre Joshua mal à l'aise. Après avoir proposé de se diriger vers les cuisines l'homme hocha la tête. Son regard renvoyait méfiance et prudence mais la demoiselle n'aurait su lui en tenir rigueur. Après avoir observé les diverses directions visibles la jeune femme suivit l'homme dans un long couloir éclairé. Elle aurait penché pour la première porte à droite, il devait sans doute y avoir une réception proche de l'entrée, mais se séparer n’était selon elle pas une bonne idée. Le lieux lui donnait froid dans le dos. Tandis qu'ils progressaient dans le corridor un éclair illumina la pièce au bout du couloir juste avant que le bâtiment ne soit plongé dans l'obscurité. La Cyborg se tendit, elle avait cru apercevoir une silhouette, mais si quelqu'un les avait vu il serait venu les accueillir non ? Ou au moins les saluer !

Diya sentit la tension ronger l'oxygène autour d'eux. Un violent courant d'air glacial les poussa en avant, jusqu'à la salle ou la demoiselle avait cru voir une personne. Une voix grave s'éleva soudain. Une voix de femme comme ... immatérielle, un écho lointain dont la provenance était impossible à identifier.

" Ne restez pas au milieu du passage ! Il y a des clients qui attendent !"

Une deuxième voix, fluette, celle d'une adolescente sans doute réprimanda sévèrement la première avant de les accueillir chaleureusement :

" Ne soyez pas aussi agressive Marry ! N'ayez pas peur de cette mégère, elle n'apprécie personne ! Encore moins lorsque le temps vire à l'orage ! Approchez je vais vous préparer de quoi vous réchauffer et heu ... des vêtements secs pour vous évitez d'attraper la mort."

Diya avait beau chercher, elle ne voyait personne mais elle avait nettement sentit le souffle qui l'avait écarté. Après avoir lancé un regard alerté à Joshua la jeune femme s'avança jusqu'à la porte de ce qui se trouvaient être les cuisines. Ces dernières, poussiéreuses, comme l'entrée, semblaient ne pas avoir servies depuis un moment. Deux tasses fumantes attendaient sur une table en bois massif, à coté des mugs se trouvaient des vêtements pliés avec soins. Nul trace de vie. La main de la demoiselle caressait la lame au travers de l’étui, hésitant à sortir la dague. Elle ne voulait pas contrarier le personnel de l'auberge, mais jouer ainsi avec ses nerfs comportaient quelques ... risques. La voix aiguë s'éleva à nouveau, comme sortie de nul part :

" Prenez ce que je vous ai laissé dans la cuisine et rejoignez nous dans le salon, nous avons allumé un feu et il y fait bien meilleur !"

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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Ven 16 Oct - 21:55


La demoiselle se dirigea vers la table et saisit une pile de vêtements, lorsqu'elle se retourna vers le jeune homme pour lui demander ce qu'il pensait de tout ça ce dernier avait disparut. Diya ne s'en formalisa pas, une telle situation pouvait en effrayer plus d'un. La Cyborg se débarrassa rapidement de ses vêtements trempé qu'elle étendit sur les chaises présentes pour pouvoir les récupérer plus tard. La tunique longue était légèrement trop grande et descendait jusqu'à ses genoux, le châle en laine quand à lui sentait l'humidité, sans doute n'avait il pas été port depuis longtemps mais cela ne gênait pas la Qantik qui préférait remercier ses hôtes pour leur avoir offert des affaires sèches ainsi que de quoi se réchauffer. Attrapant délicatement la hanse du mug elle sortit de la pièce, se dirigeant vers ce qu'elle pensait être le salon. La pièce était sombre et les fenêtres avaient étaient cloîtrées par les volets, empêchant toute lumière naturelle d'entrer. Des bougies avaient étaient disséminées dans la pièce et répandait une luminosité faible mais suffisante pour distinguer le décors. Des tableaux représentant des scène festives ayant perdus leur éclat, une collection de vaisselle finement peinte à la main et des cadres avec des photos de ce qui devait être le personnel. 

En pensant aux employés du lieu Diya se retourna soudainement, certaine d'avoir sentit une main se poser sur son épaule. Elle en sentait la présence et pourtant il n'y avait nulle trace de vie. Son regard fixait les ténèbres, là où elle pensait trouver un indice à cette mascarade alors qu'aucun élément ne se dévoilait à sa vue. Agacée, elle posa le mug sur le rebord de l'âtre où flambait un bois odorant et déclara, dans le vide :

" Est ce vous qui avez fait partir le jeune homme qui m'accompagnait ?"

La voix fluette retentit à quelques centimètres de son oreille, faisant sursauter la Cyborg :

" Il a choisit de quitter l'auberge de son propre grès, nous n'avions aucune raison de le retenir."

Cette agaçante façon de parler sans se montrer commençait sérieusement à grignoter la patience de la demoiselle, qui, moins apeurés qu’énervée, lança à son interlocutrice :

" Cette fâcheuse tendance à me répondre sans vous présenter est tout à fait agaçante. Possédez vous une sorte de cape invisible comme dans certaines fantaisies ? Ou bien un quelconque philtre qui vous octroierait un camouflage parfait dans votre environnement ? Pourrais je au moins savoir à qui je m'adresse ?!"

Le silence se fit et même le crépitement des flammes dans la cheminé se tut, comme mortifié par cet affront. La jeune femme avait elle provoqué le courroux des maîtres de cette bâtisse ? Devait elle craindre qu'on s'en prenne à elle ? Sa main glissa lentement pour, cherchant sa dague dans un geste purement défensif. La voix s’éleva à nouveau, l’empêchant de finir son geste. Elle provenait cette fois de l'opposé de la pièce et semblait confuse :

" Pardonnez mes mauvaises manières, cela fait longtemps que personne n'est venu en ce lieu. Je me nomme Ariette, je suis la dirigeante du Petit Soleil, cette auberge qui eut autrefois beaucoup de succès."

Ainsi cette petite voix appartenait à la propriétaire des lieux ? Ils paraissaient pourtant déserts et absolument pas entretenu. La demoiselle les avait même cru abandonnés tant leur état laissait à désirer. Etant toujours seule dans la pièce la Qantik pressa la femme sans toutefois l'agresser :

" Et si vous vous montriez à moi ? Je ne compte pas vous faire un quelconque mal, pas après que vous m'ayez aidé. Ainsi vous pourriez m'expliquer comment un endroit avec tant de notoriété s'est retrouvé aussi vide que rongé par l'humidité ?"

Un soupir se fit entendre avant que la réponse ne lui parvienne, à peine murmurée, comme honteuse :

" Je ne puis exhausser votre requête. Voyez vous il se trouve que moi même, l'ensemble de mon personnel, et les clients présents ce jour là, sommes décédés dans des circonstances plutôt anormales. C'est la raison pour laquelle vous ne pouvez me voir alors que je me tiens juste devant vous. Et c'est pourquoi je voudrais requérir votre aide."


Dernière édition par Diya le Sam 17 Oct - 0:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Sam 17 Oct - 0:50


Mortes ? Était ce pour cela que la demoiselle ne parvenait à les voir ? Non c’était tout à fait impossible, l'esprit ne restait jamais à errer parmi les vivants. Excepté dans les histories d'horreur... Diya se gifla mentalement, s'appuyant contre le dossier d'un fauteuil elle tortilla une mèche de cheveux émeraude autour de son doigt et lança au fantôme :

" Ainsi vos âmes seraient prisonnières de ce lieu ? Cela ressemble à un mauvais conte vous savez ? Comment suis je sensée vous croire ?!"

Un souffle glacial lui répondit, sa joue se glaça, comme au contact d'un objet aussi froid que la main de la mort elle-même et Ariette tenta une nouvelle fois de la convaincre de la réalité de sa situation :

" Un de mes client, un Érudit, travaillait sur un moyen d'accorder aux proches des personnes décédées une façon de leur parler une dernière fois. N'est ce pas le rêve de tout Originaire ? Pouvoir converser une dernière fois avec les êtres chers que l'ont doit laisser derrière nous ? Seulement son expérience s'est mal passée... Je lui avais pourtant interdit de travailler sur ce projet ici mais il n'en a fait qu'à sa tête. Croyez moi ou non, le fait qu'il soit coincé ici avec ceux qu'il à emporté avec lui de l'autre côté ne lui apporte que tourmente et il souhaite autant que nous être délivré de ce supplice."

La Cyborg secoua la tête, c’était insensé ! Qui s'amuserait à jouer avec la vie et la mort de chacun ? Elle avait du mal à croire en cette fameuse étude qui aurait mal tourné. La femme continua, plus bas, comme de peur d'être entendue :


" Si vous ne me croyez pas, montez l'escalier au bout du couloir, prenez sur votre droite et ouvrez la troisième porte. Vous aurez devant vous l'objet qui a eut raison de nos existences et son aura maléfique saura vous faire accepter la réalité que je vous décris."

Diya s'assit et se passa la main dans les cheveux, perdue. Elle ne pouvait partir sans aider cette personne. L'agonie qu'elle ressentait dans sa voix avait surement assez duré et si la demoiselle était capable de lui venir en aide, elle se devait de le faire. Soupirant, la Qantik demanda alors, surprise de sa propre question :

" Que puis-je faire pour vous aider ?"

La pièce paru se réchauffer doucement, comme si l'humeur de la propriétaire de l'auberge influait sur le lieu. Son ton, désormais doux et d'avantage confiant, lui indiqua ce qu'Ariette espérait d'elle :

" Il va vous falloir apprendre à connaitre chaque résident du lieu afin de les reconnaître et de ne pas les offenser. Lorsque cela sera fait il vous faudra combattre le scientifique qui nous a fait cela. Son âme a perdu tout ce qui lui restait de positif, elle protège l'appareil retenant nos âmes. Si vous êtes capable de le détruire alors nous pourrons tous rejoindre l'au delà."


Faire ami ami avec toutes les personnes mortes lors de cette catastrophe ? Dans quel but ? N’était ce pas une perte de temps ? Ne valait il pas mieux directement détruire ce fameux appareil ? Non, si le fantôme lui indiquait que c’était la marche à suivre il n'y avait sans doute pas d'autres choix. Chassant la petite voix qui lui disait de fuir cette folie, la demoiselle consulta Ariette :

" Combien d'âmes y a t il dans l'auberge ? Comment ferais je pour les aborder où même deviner leur présence ?"

La femme rétorqua rapidement, ne la laissant pas s'égarer dans ses doutes :

" Nous sommes neuf, moi et mes deux domestiques, un couples de Dockers avec deux enfants, une femme seule et l’Érudit. Il ne s'agira pas d'aller à leur rencontre au hasard, rassurez vous. Ce sont pour la plupart des habitués et j'ai la chance d'en savoir beaucoup sur eux. Je vous dirais ce que vous devez savoir."
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Sam 17 Oct - 21:32


Une dizaine de personne, la demoiselle allait devoir faire preuve d'une bonne mémoire, même si elle ne comprenait toujours pas l’intérêt de cette familiarisation avec ces gens. En quoi cela lui servirait il ? Détruire l'appareil responsable de leur malheur l'obligeait il à combattre chacune de ces âmes ? Trop de question lui embrouillaient l'esprit, la rendant incapable de raisonner avec justesse et logique. Une question lui échappa d'ailleurs, si simple qu'une réponse, rapide, lui parvint :

" Lorsque vous essayerez de détruire la machine qui nous retiens prisonniers, nos âmes seront tourmentées, tirées et poussées en tout sens et nous risquons de perdre le contrôle de nos actes. C'est pour quoi il vous faudra essayer de nous convaincre, de nous ramener à qui nous sommes pour nous éviter de vous nuire. Vous devrez utiliser nos émotions, nos souvenirs, pour nous maîtriser et nous empêcher de vous causer du tord. Comme vous avez pu le constater nous sommes capables de déplacer des objets de petites tailles, cela peux vite devenir compliqué."

Diya tilta soudain sur les mots du fantôme. Comment pouvait elle savoir ces choses là ? Ses yeux anisés s’écarquillèrent tandis que ses lèvres formaient un petit rond parfait. La Cyborg venait de comprendre et cela la sidérait littéralement. 

" Quelqu'un à déjà essayé de vous libérer de ce maléfice, n'est ce pas ?"

La chaleur redescendit de quelques degrés et la jeune femme frissonna, se frictionnant les épaules bien que le châle en laine lui apporte un doux réconfort. Ariette répondit finalement, comme agacé d'avoir à lui révéler ce détail :

" C'est vrai, j'ai mentis. Nous étions huit au début en réalité, et cet homme a débarqué un jour alors nous lui avons demandé son aide comme je le fais auprès de vous aujourd'hui."

Le ton renfrogné et vexé de la femme laisser sous entendre la façon dont avait fini cette coopération, mais la Qantik voulait qu'elle le dise. Qu'elle confirme ses soupçons et la façon dont un fantôme avait obtenu toutes ces informations. Agacé, la demoiselle la relança :

" Cela s'est mal terminé, n'est ce pas ? La raison pour laquelle vous savez comment cela va se dérouler, c'est parce que vous l'avez vu. Et la culpabilité dans votre voix est due au fait que vous n'ayez pas réussi à le sauver en plus d'avoir échoué à vous libérer."

Un soupir résonna dans la pièce vide et lugubre. Diya n'en revenait toujours pas de discuter avec l'âme d'une défunte. La jeune femme aux cheveux émeraude prit une petite gorgée du breuvage chaud et reposa la tasse devant elle en y laissant se perdre son regard. Dans quelle histoire farfelue s’était elle encore embarquée ?! Ariette avoua enfin, désespérée :

" C'est exact. J'ai tout fait pour les empêcher de lui ôter la vie mais je n'avais aucune emprise sur ce qu'il nous arrivait. Je l'ai regardé mourir, ce n’était pas n'importe qui, voilà un autre point sur lequel j'ai cherché à vous duper. L'homme qui est décédée cette nuit là était mon fiancé venu me rendre visite car il s’inquiétait de ne pas pouvoir me contacter. Depuis ... depuis ce jour nous n'avons pas reparlé, je crois qu'il me hait de l'avoir utilisé ainsi. Comment aurais je pus deviner ce qui allait advenir ? Si seulement il savait à quel point cela me rend malheureuse de l'avoir sacrifié dans cette malheureuse entreprise !"

Un sanglot étouffé parvint à la Cyborg qui comprenait à présent pourquoi la femme paraissait si triste. Elle se demanda comment cela était de devoir vivre éternellement avec celui qui nous était le plus cher sans jamais pouvoir lui parler, le toucher. Ce devait être si dur pour Ariette, cependant, cette situation méritait elle que la demoiselle risque sa vie ? Cette interrogation demeurait sans réponse ...

" Vous me demandez donc de mettre mon existence en jeux afin de vous permettre de gagner l'autre coté ? C'est bien cela ?" 
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Lun 19 Oct - 0:46


Seul le silence répondit à sa question, mais il était clair que la demoiselle avait vu juste. Son regard fut attiré par un mouvement bref, à la périphérie de son regard. Un des cadres contenant une photo des résidents avait bougé, elle en était certaine. Ariette faillit la faire sursauter quand elle reprit la parole. Qu'il était compliqué de prévoir les actes de quelqu'un qu'on ne pouvait voir !

" Ne perdons pas de temps, je suis certaine que vous désirez quitter cet endroit autant que nous désormais. Approchez."

Son ton sans appel ne laissait d'autre choix à la Cyborg que de lui obéir malgré que celui ne lui plut absolument pas. Se levant doucement, la Qantik se rapprocha du cadre en bois, portant son attention sur la femme âgée mais élégante qui y figurait. Elle portait un cardigan mauve par dessus une robe lilas, un chapeau à fleur brodée venait coiffer ses cheveux que le temps n'était pas encore parvenu à assombrir, laissant leur blond lumineux illuminer les rides souriantes de l'Unik. Le fantôme reprit, nostalgique :

"La doyenne, là, c'est Isabelle. Autrefois une Elite reconnue pour sa capacité à rester souriante en toute circonstance. Ils géraient une entreprise de textiles de luxe avec son maris et leur fille. Cette dernière ne lui a jamais pardonné de l'avoir marié au fils d'une autre riche famille "dans son intérêt". Quand son père est mort la douce enfant s'est transformée en monstre, refusant tout contact avec sa génitrice. Elle est allée jusqu'à l'accuser d'avoir tué son mari, créant des preuves suffisamment convaincante pour les juges de cette affaire qui lui ont aussitôt retiré son titre et ses biens, sa société, et bien entendu l'héritage de son défunt époux."

Soupirant, reprenant sa respiration, attristée par toute cette histoire, la femme reprit :

" Isabelle s'est alors installée près des rizière dans une sorte de minuscule village tout juste approvisionné en vivres. Elle venait très souvent au Petit Soleil et j'étais heureuse de l’accueillir pour l'aider à remonter la pente car après ces épreuves la pauvre Dame ne savait plus quoi faire et avait perdue toute envie de vivre. Elle est malheureusement morte sans avoir réussi à se réconcilier avec sa fille. Sa chambre est la première en haut des marches si vous voulez lui parler."

Ariette prit une pose et la Qantik sentit le duvet de ses bras se hérisser quand une autre photo, accrochée au mur, cette fois, s'en détacha pour flotter vers elle. Diya ne parvenait à s'y faire, mais qui aurait put l'en blâmer ? Le nouveau cliché montrait une famille modeste avec deux petits garçons. La femme, grande, brune, jolie, avait un sourire jusqu'aux oreilles, serrant contre elle les deux enfants. Derrière elle, un homme plutôt athlétique, regardait sa famille avec une tendresse non dissimulée. Ses cheveux poivre et sel témoignait de son âge, supérieur à celui de sa compagne. Il portait une salopette de travail bleue par dessus un pull marine, et la Cyborg devina qu'il devait travailler dans un atelier mécanique au cambouis qui avait taché ses mains. Elle ne put retenir un doux sourire de redresser le coin de ses lèvres, déclarant alors :

" C'est une belle photo, on sent tout l'amour que se portait ce couple et l'affection qu'il avait pour ses garçons."

Un petit rire lui parvint, suivit d'explications :

" Cyrielle, son mari Thomas, et leur deux enfants Hector et Hugo née avec deux ans d'écart. C’était une famille de Dockers, le père travaillait au quais, dans un atelier, la mère était serveuse dans un petit restaurant de quartier, ils n’étaient pas riche, mais ils savaient apprécier la vie et se contentaient de ce qu'ils avaient. C’était des gens sans histoire, simple, ils venaient de se marier et avaient choisit mon auberge pour leur lune de miel. J'en étais honorée, nous étions amies de longue date avec Cyrielle, alors le fait de pouvoir rencontrer ses deux bout de choux était un réel bonheur. Seules leur familles respective posait problème. Les parents de Thomas auraient préféré le voir avec quelqu'un de plus raffiné tandis que ceux de Cyri' lui reprochaient l'âge avancé de son promis. Tout deux se fichaient des avis de leur proches, ils s'aimaient et c’était là tout ce qui comptait pour eux."
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Lun 19 Oct - 1:16


La photo retrouva sa place, une autre s'avança dans l'espace, suspendue dans le vide par on ne savait quel miracle. Diya avait immédiatement reconnu le bâtiment, même si son état actuel était bien loin de la splendeur qu'il avait affiché autrefois. Devant ce dernier se tenaient deux femme. L'une, fluette, portait une longue robe à motifs géométriques et affichait un pouce levé accentué d'un sourire lumineux. Des boucles châtain encadrait un visage aux traits doux et deux billes aux couleurs de l'océan venaient gratifier le photographe. La Cyborg se surprit à entamer la discussion, désignant l'image :

" C'est vous à droite n'est ce pas ? Vous êtes une belle femme, votre fiancé devait être ravi d'avoir pareille créature à ses côtés. C'est lui qui a prit le cliché ?"

Le fantôme eut un rire amer en la reprenant :

" J'étais, et oui, c'est Sigmund qui nous a pris en photo, c’était un ou deux mois avant l'accident, nous fêtions le dixième anniversaire du Petit Soleil. C'était une très belle journée, je me souviens que nous avons bus toute la nuit avec les clients, au point que mon fiancé a dû me porter jusqu'à mon lit ! J'avais tellement honte quand j'en pleurais de rire !"

La Qantik eut l'impression de sentir une pointe de joie dans la voix de son interlocutrice lorsqu'elle évoqua ce souvenir. Mais Ariette se reprit bien vite et se focalisa sur la photo :

" C'est Marry à côté de moi, vous l'avez déjà croisé dans les couloirs lorsque vous êtes arrivée avec votre ami."

Le petit bout de femme, tout en rondeurs et sourire crispé, arborait un ensemble noir recouvert d'un tablier vermeille. Ses cheveux chocolat étaient raides contrairement à ceux de la propriétaire de l’établissement, et ses yeux, d'un gris glacial laissaient paraître une pointe d'amusement malgré qu'on sentit qu'elle n’était pas à l'aise face à l'objectif. L'employée devait avoir quelques années de moins que la patronne mais leur complicité n'en restait pas moins visible. Le fantôme soupira une nouvelle fois, si proche de la demoiselle qu'elle en frissonna. 

" Je l'ai recueillie quand ses parents l'ont chassés de chez elle, à ses dix huit ans. J'étais partie faire des courses aux marché de Nordkia quand je suis tombée sur cette gamine rondouillarde qui pleurait en dévorant des cookies comme un ogre ! Vous auriez dû voir la scène, je ne savais si je devais rire ou m’inquiéter ! A cette époque je cherchais quelqu'un pour me seconder dans la tenue de l'auberge et lorsqu'elle m'a annoncé qu'elle n'avait nul part où aller j'ai sauté sur l'occasion. Nous avons mit presque un an à nous familiariser, c’était une enfant renfermée, qui parlait peu. Aujourd'hui encore je sais très peu de chose sur la vie que Marry a menée avant de me rejoindre ici. La seule chose que je suis parvenue à lui arracher contre une délicieuse tarte, c'est que ses parents étaient très pauvres et qu'ils ne pouvaient subvenir à leurs sept enfants. C'est pourquoi ils l'ont mise dehors en lui recommandant de chercher du travail et de vivre par ses propres moyens. Drôle de façon d'accompagner son enfant dans une étape si importante de la vie, n'est ce pas ?"

Diya hocha la tête, concentrée sur le petit rectangles couvert de couleurs. Cette adolescente avait eut de la chance de tomber sur Ariette ce jour là. Elle aurait tout aussi bien pu finir dans un bordel où à travailler dans le genre de bar que seuls les hommes peu recommandables fréquentes. Secouant la tête pour chasser ces sombres pensées, la demoiselle lâcha, curieuse :

" Vous auriez ramené n'importe qui ce jour là ? Je veux dire, si vous étiez tombé sur quelqu'un d'autre avant, lui auriez vous fait cette même proposition ?"

L'âme d'Ariette pouffa avant de poser une main, glaciale, et bien entendue invisible, sur l'épaule de la jeune femme, déclarant, amusée de sa curiosité :

" Bien sûr que non, vous vous en doutez bien. J'ai lu la détresse dans les yeux de cette enfant, j'ai vu à quel point elle souffrait de cette situation et je n'ai pas pu passer mon chemin, simplement en la laissant là. Je crois, qu'en l'espace de quelques pas, j'ai imaginé toute les horribles situations dans lesquelles Marry aurait pu se retrouver en restant à la rue. Nordkia n'est pas tendre. Mais si c’était à refaire, je le referais, sans hésiter."
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Lun 19 Oct - 2:25


La Qantik souriait, ce lieu semblait contenir tant de bons souvenirs, le voir si dévasté lui faisait mal au cœur. Elle était désormais décidée à briser le maléfice qui avait nuit à toutes ces personnes. Ariette ne lui parla pas du scientifique, déclarant qu'elle ne parviendrait de toute manière pas à le raisonner, quelque soit les moyens utilisés. La jeune femme sentait le regard du fantôme posé sur elle, comme si cette dernière plaçait tous ses espoirs en la demoiselle. Elle la prévint qu'elle montait dire aux autres que quelqu'un allait à nouveau tenter de les libérer et sa présence disparu. La Qantik serra le grelot d'argent entre ses mains, soudain nerveuse. Tout ceci n’était il pas un vilain tour de son esprit ? Si elle partait maintenant, tous ceci ne serait il qu'un mauvais rêve ? Diya se pinça violemment le bras, couinant de douleur. Nul doute, il s'agissait là de la réalité et celle ci n'avait pas fini de la surprendre. Quand la voix d'Ariette retentit, si proche d'elle que le fantôme pouvait surement la toucher, la Cyborg faillit hurler, son cœur loupant un battement et la femme s'excusa aussitôt :

" Pardonnez moi, je ne voulais pas vous effrayer. Tous le monde est prêt, nous pouvons y aller. Je vais vous accompagner mais à partir du moment où vous approcherez de la machine je ne vous serais plus d'aucune utilité. Je serais contrainte, comme les autres, de réagir aux impulsions de l'expérience de cet homme. J'espère que vous pourrez nous pardonner pour ce qui risque d'arriver."

Diya ne put sourire tant son estomac se nouait, mais elle rassura Ariette :

" N'ayez crainte, je vois bien que vous n'êtes pas du genre à maltraiter vos invités. Quoi qu'il arrive à ce moment là, je n'en tiendrais rigueur ni à vous, ni à aucun des résidents du Petit Soleil. Allons y."

La demoiselle resserra son étreinte sur le grelot d'une main, tout en serrant le châle contre elle de l'autre. Il lui semblait que les mailles du pardessus pouvaient la protéger tant son esprit était embrouillé par toute cette histoire. Les marches grincèrent sous les pas pressés de la demoiselle. Elle voulait en finir, vite, avant de se rendre compte de la folie de son acte et de faire demi-tour en hurlant. En passant devant la première porte, la jeune femme songea à la vieille Elite, elle l'imagina serrant une photo de sa fille contre son cœur une dernière fois, prête à passer de l'autre côté. Sur la seconde porte, un dessin d'enfant était scotché, elle devina que c’était la chambre de la famille de Dockers. Les deux adultes devaient serrer leurs garçons dans leurs bras aimants, si proche que chacun pouvait entendre l'organe vital de l'autre battre pour la dernière fois. Enfin Diya s'arrêta devant la troisième porte. Une simple pression sur la poignée rouillée et le battant s'ouvrit en grinçant. Elle se cru soudain dans un film d'horreur, c’était le moment où le monstre attendait pour lui sauter à la gorge. Oui, cela aurait sans doute fait un excellent scénario. Deux présences se firent sentir, toute proche. 

" Fais ton possible gamine, mais surtout, ne meurs pas."

Diya reconnu la voix de Marry, l'employée de l'auberge. Elle esquissa un mince sourire et leur lança avant de s'engouffrer dans la pièce :

" Je vais faire mon possible Ariette, Marry. Je vous promets que je donnerais mon maximum pour vous tirer de cet enfer."

La pièce s'ouvrit sous ses yeux attentifs aux moindres mouvements. Un bureau couvert de paperasse trônait dans un coin, il y avait également un lit double couvert de coussins. Les draps étaient d'un bleu pastel apaisant, tout comme l'ensemble de la pièce, peinte dans les mêmes tons. De nombreux dossiers traînaient sur le plancher mais la seule chose qui capta instantanément son regard fut l'appareil clignotant abandonné au milieu e la pièce, proche d'un cadavre pourrissant. L'odeur lui monta à la gorge mais elle se refusa à vomir et perdre ainsi du temps. S'approchant du dispositif, la demoiselle sortit sa trancheuse de vent tout en fixant son attention sur le gadget. Ce dernier, rond et construit dans une matière métallique noire, ressemblait à un réceptacle. En son centre un sphère blanche brillait, reliée à plusieurs câbles rejoignant le socle. Ce dernier n'était relié à aucune prise, il devait donc s'alimenter lui même. Cela n'arrangeait pas vraiment la Cyborg qui aurait aimé n'avoir qu'à tirer sur un fil pour mettre fin à tous ceci. 

Levant la dague, Diya l’abattis de toutes ses forces sur le centre de la sphère. Elle fut instantanément projetée en arrière par une sorte de bouclier. La boule lumineuse n'avait pas même une rayure. L'ambiance de la pièce changea soudainement et la jeune femme se sentit observée sous de multiples angles. Ça y était, cela avait commencé.
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MessageSujet: Re: L'auberge qui murmure. [ solo ]   Lun 19 Oct - 3:26


Un stylo passa à quelques millimètre de son visage en sifflant, lancé à une vitesse similaire à celle d'une flèche tirée par un arc. Le bouclier magnétique s'activa une demi seconde trop tard, déjà la brûlure de l’éraflure se faisait sentir. Mais celle ci était presque rassurante. Elle lui certifiait le fait que tout ceci était réel. De multiples objets se mirent à voler en tout sens, le bouclier retenait ceux qui contenait des matière métallique, la demoiselle devait esquiver le reste, ce qui n’était pas aisé. Elle se souvint alors des paroles d'Ariette et entama son monologue pacifique. Elle visa d’abord la famille, cela ferait quatre assaillants de mois. Sa voix se perdait dans les sifflements et fracassements des projectiles mais la Qantik était sure qu'ils pouvaient l'entendre malgré son hésitation sur les mots à employer.

" Je sais que vous êtes en colère, que vous n'êtes pas vous même. Mais vous devez me laisser détruire cette machine infernale ! Cyrielle, Thomas, ce n'est pas ce que vous voulez montrer à vos fils, n'est ce pas ? Toute cette violence gratuite, cette perte de contrôle ... Je sais que ce n'est pas votre faute, mais vous savez ... Dans votre malheur vous êtes chanceux ! Car oui, vous serrez ensemble pour toujours ! C'est un bien maigre réconfort j'en conviens, mais ainsi vous pourrez continuer à vivre, ensemble pour toujours... Vous avez tellement de chance de pouvoir vous aimer."

Ces simples mots parurent atteindre leurs cibles, mais Diya ne perdit pas de temps, passant à la vieille Dame après une inspiration rapide, esquivant un tabouret qui alla percuter le mur avant d’éclater, envoyant des échardes voleter.

" Quand à vous, Isabelle, je suis certaine que si vous aviez eut plus de temps vous auriez réussi à vous réconcilier avec votre fille. Personne ne peut briser les liens qui lient une mère à son enfant. Je suis certaine qu'elle vous aurait pardonné, qu'elle s'en veux bien plus que vous d'avoir réagi de façon excessive ! Si vous avez un message à lui faire parvenir, je serais heureuse de lui transmettre, je suis certaine qu'elle n'attend que cela !"

La Cyborg crut percevoir un chuchotement dans le chaos qui l'entourait, mais peut être n’était ce que son imagination. Le grelot tinta tandis que le bouclier électromagnétique renvoyait un presse papier forgé en grésillant. Celui-ci aurait percuté sa tête sans le précieux médaillon. Nouvelle inspiration saccadée, les mots se déversèrent en un flux continu, rapides :

" Sigmund, je comprend que vous puissiez en vouloir à votre fiancée, même si je suis persuadée que ce n'est pas le cas. Je suis même certaine que vous vous en voulez d'avantage de ne pas avoir réussi à la libérer de ce tourment ! Mais maintenant vous serez ensemble vous aussi, vous pouvez tout recommencer, vous avez l’éternité devant vous ..."

Une larme silencieuse glissa le long de la joue de la demoiselle qui la chassa d'un geste rapide tout en bondissant pour éviter une lampe de bureau qui se brisa contre le plancher, répandant de minuscule morceau de porcelaine et de verre dans la pièce. Toujours concentrée, Diya enchaîna, sa respiration haletante témoignait de l'effort qu'elle faisait pour parler et esquiver les projectiles en même temps et des perles de sueurs commençait à humecter ses vêtements.

" Et vous, Marry ! Ariette vous a recueillie en ces lieux, elle vous a offert une nouvelle vie, des bons moments, un endroit où vous sentir chez vous et des personnes avec qui partager vos joies. Si vous avez un tant soit peu de reconnaissance pour elle alors laissez moi vous sortir de ce piège vicieux !"

Il ne restait que deux personne désormais, mais déjà la fatigue tirait les muscles de la jeune femme, diminuait ses réflexes et sa concentration. Un classeur heurta son épaule, répandant son contenu au sol avant qu'elle ne trébuche. Se relever lui demanda un effort de volonté, mais elle réussi et reprit :

" Quand à vous, Ariette, vous êtes une personne merveilleuse, cet endroit est un véritable paradis et vous êtes le soleil qui l'illumine chaque jour ! Je peux vous affirmer qu'avec un tel sourire votre Sigmund va revenir, et plutôt deux fois qu'une ! Alors vous devez croire en vous ! Et enfin ... Monsieur le scientifique dont je ne connais pas le nom..."

Diya prit une longue inspiration, exténuée, fit un grand pas sur le coté pour éviter un coussin et fut percutée par un tasse vide qui lui laisserait surement un bleu sur la cuisse. Il était temps d'en finir.

" Je pense que vous ne vouliez pas que tout ceci arrive, vous ne pouviez sans doute même pas l'imaginer ni même le concevoir, c'est pourquoi vous refusez qu'on vous prive de votre expérience. C'est tout ce qu'il vous reste. Cependant ... cela ne vous donne pas le droit de priver tout ces braves gens du repos éternel qu'ils ont mérités ! C'est pourquoi ..."

Diya leva une nouvelle fois sa Trancheuse-de-vent au dessus de la sphère, elle sentit alors de drôle de frémissements, comme si quelqu'un avait posé sa main sur la sienne. Ils voulaient l'aider ! La demoiselle rassembla ses force pour son attaque ultime, la lame se heurta au mini-bouclier mais cette fois ci ne fut pas repoussée, au contraire, chaque seconde qui passait morcelait l'étrange matière translucide. La Qantik cria, pour galvaniser son corps et son énergie :

" C'est pourquoi je vais tous vous offrir une nouvelle vie !"

Le dôme céda enfin, tandis qu'un cris de rage guttural emplissait l'air, le faisant vibrer. La dague s'enfonça dans la boule lumineuse, cette dernière n'était en fait pas compacte. Une fine pellicule de ce qui semblait être du plastique retenait une matière visqueuse qui brillait. Une fois que le liquide eut quitter son contenant il perdit son éclat et le silence, le calme, tomba d'un coup sur la pièce. La demoiselle se laissa tomber sur le sol, à demi consciente. Elle cru entendre des remerciements chuchotés à son oreille, ainsi que des sanglots qui se turent peu à peu. Son combat l'avait exténué mais la Qantik sentit les présences disparaître une à une, heureuse d'avoir réussi. Une main caressa ses cheveux tendrement, une autre serra ses mains dans les siennes. L'obscurité l'enveloppa soudainement. Mais cette noirceur n'avait rien de cauchemardesque, non, douce et rassurante, celle ci l'englobait, comme pour la protéger. Diya perdit connaissance. 
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L'auberge qui murmure. [ solo ]

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