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Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN

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World Mistress (MN)


RPG
Âge : [A]^(-1)=(1/det[A]) comt(A)
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Inventaire: Ce qui est à toi est à moi ~

MessageSujet: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Mar 14 Juil - 22:35



Partie II – La Forêt se meurt

 
Les Chefs disparus

  L'aube d'un jour sinistre se levait sur la Sylva. Dans la forêt, là où d'ordinaire on entendait les animaux se réveiller doucement pour accueillir le jour, il n'y avait pas un bruit. Les bêtes demeuraient cachées dans la torpeur d'un sommeil dont elles n'osaient pas sortir. Les fiers arbres au si noble ramage qui protégeait les Hybrids des ardents rayons de l'astre du jour, fanaient comme de vieilles personnes, et penchaient leur branches fatiguées sur le chemin qu'avait emprunté la funeste menace Ünik.
Trois mois à présent derrière son passage, on pouvait encore en humer l'odeur infâme, le relent de ceux qui avaient osé défier les lois de la nature, et qui avaient pillé comme de primaires sauvages la forêt sacrée d'Origin's. Ce poumon vert et hostile, qui respirait de vie et de nature, n'était plus que le sanctuaire des esprits bouleversés par la guerre. Comment les Üniks avaient-ils osé blesser la forêt ? Comment avaient-ils osé la bafouer, la violenter ainsi, mépriser la vie qu'elle préservait en son rassurant giron ? Le soleil se levait. Mais la lumière du jour ne réchauffa aucun cœur des êtres de la forêts encore vivants. Ceux-là avaient été glacés par les assauts guerriers qu'ils avaient subi, sans s'y attendre.

Ünik ne rimait qu'avec le mot « mort », et s'ils n'étaient pas venus à bout de la forêt par leur seule présence, ils avaient réussi à la blesser suffisamment pour que l'on sente son souffle ralentir, doucement, pour qu'un jour elle ne pousse qu'un dernier soupire qui condamnerait les Hybrids à périr, tout comme elle... Assis derrière l'immense fenêtre de son antre, l'Emishi posait un regard douloureux sur Hoshizora. D'ici, la vue était imprenable. C'est pourquoi il était le premier à voir approcher à très grands pas le cruel destin qui attendait les Hybrids, s'ils ne parvenaient pas à l'emporter définitivement sur les Üniks. Certes, Kushana la guerrière avait réussi à pousser Anathorey dans ses derniers retranchements. Mais cela ne suffisait pas. La capitale blanche devait tomber, tomber jusqu'à se fracasser sur le sol aride et infertile du désert, si sec et minéral que l'était l'existence inutile de ces êtres infâmes d'Urban City. Dans les yeux clairs de l'Emishi brûlait silencieusement une haine invulnérable qui promettait de ne pas s'éteindre tant que la dernière goutte du sang ennemi n'aurait coulé.

Le Chaman se leva, après encore plusieurs heures de méditation. Il se vêtit du kimono d'apparat qu'il ne portait que lorsqu'il se décidait à sortir du palais de Nemoto. La capitale Hybrid n'avait aujourd'hui plus visage vivant, depuis la bataille qui l'avait opposée au redoutable générale Kiba d'Anathorey. L'Emishi avait chargé le Maître d'arme légendaire, Sora, de mener les guerriers au front. Ils s'étaient battus comme des virtuoses, soudés et pugnaces, face à l'ennemi terrifié par la forêt. Nul qui ne comprenait la forêt ne devrait y entrer. Mais Kiba avait un pouvoir redoutable, qu'aucun Hybrid ne put battre. Dans l'enceinte du camp Ünik, où tous les guerriers Hybrids s'étaient repliés pour empêcher le progrès vers la capitale, ce général avait déclenché une arme si puissante qu'elle lui coûta la vie, et tua sans exception tous les guerriers Hybrids présents sur place. Les Üniks, eux, n'avaient pas été touché par ce maléfice. Leur chef s'était sacrifié pour leur permettre une échappatoire. Pathétique...

L'Emishi s'empara de ses deux nodachis, et les accrocha à sa ceinture par des gestes savants, précis et très calmes. Il était temps pour lui de sortir. Le peuple, lui aussi particulièrement écorché par la guerre, avait demandé à le rencontrer pour implorer son aide. Sans encore montrer son visage à ses sujets, le chef avait convenu avec ses hauts conseillers, d'organiser une réunion publique dans les jardins forestiers du palais de Nemoto. Les conseillers s'étaient alors chargé d'indiquer à l'ensemble du peuple Hybrid le jour, et l'heure de ce rendez-vous exceptionnel. En effet, cela faisait bien des années à présent que les Chefs Hybrids ne s'étaient montré en public... Lorsque l'Emishi fut fin prêt, il sortit de son domaine, dominant de sa très haute silhouette les personnes qui constituaient son entourage proche. Les conseillers s'inclinèrent très respectueusement, et le conduisirent sur les lieux où devrait se dérouler la réunion.

Tout se fit dans le silence le plus absolu. Quand ils arrivèrent enfin dans les jardins du palais, l'Emishi put constater que de très nombreux sujets étaient déjà présents. « Le Chaman Emishi ! » lança un Chasseur chevronné, avant de s'incliner devant son roi. Toute la foule s'inclina elle aussi, pour accueillir ce si noble chef qui était le leur. Les Hybrids le trouverait-il changé ? Certains connaissaient-ils seulement son visage ? L'avaient-ils déjà vu en vrai ? Chacun pouvait en tout cas mesurer la solennité de l'événement : l'Emishi, ce sage ermite toujours caché de la lumière du jour, paraissait devant eux, ce jour là.
  
  L'on avait installé les jardins de la sorte : un grand estrade richement décoré, qui comportait deux trônes destinés à accueillir l'Emishi et l'Eulisis. Devant cet estrade se trouvait un long escalier, qui menait à une place vaste, mais vide, où ceux qui désiraient parler devraient s'avancer, devant les autres, installés tout autour, et qui resteraient spectateurs de la prise de parole. Des éclaireurs et des murmurants se chargeaient de veiller au bon déroulé, dans le calme, de la réunion. Des chasseurs, dresseurs et autres combattants quant à eux, spécialement nommés par le palais, se tenaient prêts à intervenir si quelqu'un d'impétueux essayait de troubler l'événement par la violence.

L'Emishi fit face à l'Eulisis, déjà présente sur l'estrade. Ils se saluèrent dignement, sans se toucher ni échanger aucune parole. Si elle, arborait le doux sourire d'une femme à l'écoute de la forêt, et confiante de ce qui ressortirait des discussions de ce jour, lui affichait un visage froid et fermé, dur comme la colère qui lui brûlait les entrailles. Mais le peuple avait demandé à parler à ses Chefs, et les Chefs de la forêt avaient répondu à cet appel. Ils s'installèrent tous deux, et firent un signe à leurs plus hauts subordonnés. La réunion pouvait commencer.

Le Chasseur qui avait lui-même annoncé l'arrivée de l'Emishi, et de l'Eulisis un peu plus tôt, remercia chaque personne ici présente d'être venue converser du destin Hybrid. Il remercia également les Chefs d'avoir entendu les appels de détresse d'un peuple effrayé par la guerre. Et puisque c'était ce peuple qui avait été à l'initiative de cette réunion exceptionnelle, il fût décidé que ce serait le peuple qui parlerait le premier.
Ceux qui désiraient parler devraient s'avancer sur la place, juste devant l'escalier menant à l'estrade, en haut duquel à une dizaine de mètres environ, les toiserait le sage regard des Chefs Hybrids. Tout le monde pouvait parler, à condition que ce fût du tour à tour et dans la plus grande des retenues. Les Hybrids pourraient raconter leurs souvenirs des premières batailles, dévoiler leur expérience, confier leurs craintes, et même formuler des souhaits et proposer des solutions pour éradiquer les Üniks. C'était du moins ce à quoi s'attendaient les Chefs. Que dirait le peuple, en définitive ?

 
Déroulement - Impératif :


 Le groupe est composé des joueurs suivants, qui devront poster dans cet ordre :
1) Lucy Noké
2) Eden Voltaria
3) Miyuki
4) Adaline Mizu

 - Chaque joueur un délai de deux jours maximum pour poster (ex : si Lucy poste le lundi, Eden aura jusqu'à mercredi soir pour répondre).

- Vous devrez faire un minimum de 400 mots. Si vous dépassez le délai, le tour du joueur après vous commence. Vous rattraperez votre retard en faisant un post cette fois de 800 mots minimum à votre prochain tour.

 - Vous devez faire un résumé de votre récit en spoiler à la fin de votre post (merci de bien en prendre note, qu'on n'ait pas à vous le répéter systématiquement ^w^)
A la fin de chaque cycle de post, Mère Nature postera de nouveau et un autre tour commencera.
 
Les joueurs sont encouragés à interagir entre eux ! Ce n'est pas parce que c'est un event que chacun doit rester dans son coin, au contraire.

Admin responsable de ce RP : Yuris Brooks Pour toute question, adressez-vous à elle uniquement.

   Sur ce, éclatez-vous ! ^w^
 
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Championne Oubliée (Lucy)


RPG
Âge : 17 ans
Groupe: Paria
Inventaire: Deux dagues, un arc et quelques racines comestibles

MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Jeu 16 Juil - 22:29

Le mélange acide de la peur, l’inquiétude, l’admiration et de la colère donna à l’atmosphère des lieux une impression des plus déplaisantes. Un monde incroyable s’était réuni, tous portés par des raisons plus ou moins différentes, mais qui s’accordait sur un point : l’avenir de la Sylva. Car oui, à un stade aussi critique que celui que rencontrait la Forêt Sacrée, il était temps, grand temps, que l’on agisse. Mais qui était « on » au juste ?

Eux ?

L’air impérial, le visage relevé et sot, les deux grands dirigeants des Hybrids se tenaient fièrement, assis sur leur trône qui surplombait l’assemblée. De longues minutes s’étaient égrenées, longues… si longues… à l’instar de la patience de Lucy, qui elle, s’échappait bien vite. Elle ne bougea pas, pourtant. Elle tentait d’aspirer à un calme olympien factice. Elle voulait s’enivrer d’une paisible sérénité, refroidissant le sang brûlant qui circulait dans tout son corps. C’était de la lave. De la rancune en bloc.

La Paria savait que sa place ici était en danger, elle était jeune, et son statut de bâtarde ne lui laisserait qu’une fin de vie amère si on la suspectait de quoique ce soit. Ou plutôt, de qui qu’elle soit. Alors, elle se tenait droite, comme une statue, comme eux. Et personne, personne ne s’avança. Ce n’était pas grave. Ils étaient patients. Ils ne parleraient pas en premier, Lucy le savait bien, le sentait.
Etait-ce de la frayeur que, d’une certaine manière, s’opposer à eux ? Il n’était pas nécessaire d’avoir un sens de l’observation affûté pour remarquer les dizaines d’archers et autres guerriers postés à divers endroits de la place, et plus particulièrement aux côtés des deux icônes.  Un peuple fou, il faut le contenir, c’est vrai… Surtout quand on lui prie de bien vouloir faire la guerre.

Faire la guerre, hein.

Ils n’avaient rien vu, eux. Oh non, rien vu du tout. Ni les leurs se faire massacrer, ni les cadavres de leurs ennemis qui jonchaient le désert d’Anathorey comme d’autant de grains de sable le composant. Lucy n’aimait pas Kushana, mais elle lui reconnut un certain courage d’avoir été près de son peuple au moment des faits.
Ah, alors. Il fallait leur poser des questions. Il fallait se rassurer. Il fallait leur demander comment ça allait se passer. Comment ça allait se passer ? Mais ils n’en savaient foutre rien, eux. Rentrez chez vous, souriez à vos enfants, vous avez fait le bien autour de vous mes frères. Vous avez été vaillants, et vous recommencerez à l’être si l’envahisseur Ünik revient. Vous les tuerez tous, car nous ne jurons que par notre ego.

Mais toujours personne pour cracher son dégoût à leur figure de saints protecteurs. Le peuple attendait qu’un bouc émissaire vienne se trainer devant, accusant toutes les paroles venimeuses. Lucy ne connaissait pas bien l’Eulisis et l’Emishi, dont on mentionnait le nom avec respect et recul à la maison, dans sa vie antérieure ; mais elle avait le sentiment que les patriotes Hybrids mesuraient leur approche avec une certaine appréhension. Il fallait la mèche pour embraser l’audace de son prochain, et délier les langues.

La mèche s’approcha. Au centre, bien en vu, bien aux pieds imagés de ses chefs. Un silence de plomb se fit. On attendit. Lucy n’arrivait pas à prononcer le moindre mot, elle eut la désagréable impression d’avoir avalé un dragon. Sa gorge était en feu, prête à cracher ses flammes ardentes, histoire de marquer à vif, de brûler et raisonner.  Cependant la Paria ne put s’autoriser à laisser cette langue de feu blasphémer des dires qui lui coûteraient la vie. Elle devait se faire moins agressive, apporter plus de tact aux pensées qui se formaient sur ses lèvres. Etrangement alors, elle parut étouffer, comme si on l'avait fait avaler des quantités folles de sable. De sable brûlant. Mais ils avaient tout leur temps. Ils étaient patients. Ils ne parleraient pas en premier.

Devant la catastrophe qui se déroulait intérieurement, Lucy mena une véritable guérilla de volonté et de bon sens. Elle devait parler maintenant, c’était trop tard pour se mêler à la foule. Heureusement, encore une fois, que son masque empêchait les autres de voir son visage paniqué et coléreux ; les laissant supposer qu’elle n'était qu'une folle cherchant le bon moment pour s’exclamer.

Une seule question sortit alors. Une question ni criée, ni murmurée, avec une voix caverneuse, presque enraillée. Une drôle de question, pour commencer. Peut-être, mais ce fut la seule  parmi des milliards de tirades et de phrases ponctuées d’accusations et de colère que la jeune femme fut capable d’exprimer sans trop trahir son état, pour le moins qu’un puisse dire, fougueux. Et on ne pouvait pas l’arrêter pour si peu.

Face à votre peuple qui vous respecte et qui se meure…
« Qu’avez-vous pensé de cette guerre ? »

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Invité


MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Sam 18 Juil - 16:09

Une jeune femme au cheveux roses détonnant se trouvait en plein milieu de la masse compacte que formait la foule devant leur deux grands chefs  l'Emishi et  l'Eulisis. Ces deux grand que l'on ne voyaient que rarement avait décidé en ce jour de se rassembler. Pour rassurer le peuple ? Eden en doutait du haut du toit ou elle s'était assise pour regarder cette grande réunion, la jeune femme pouvait très bien voir la différence se peignant sur le visage de leur deux souverains et cela n'augurait rien de bon vu la mine sombre de son propre chef.

L'heure était à la discussion et aux souvenirs, dans un silence de plomb, des hommes, des femmes tous chasseur ou éclaireur s'avançait tour à tour respectueusement pour narrer de leur point de vue la bataille qu'ils avaient vécu. Ne ressortait le plus souvent de ces récits que l'horreur des Üniks ou encore le nombre de perte et de vies sacrifiées, pour si peu finalement.

Rare étaient les chasseurs à oser directement poser des questions aux deux grands chefs Hybrids. Eden laissa couler son regard sur ce peuple, son peuple, blessé, meurtri et affaibli qui demandait des réponses, non qui exigeait des réponses sur son avenir  des plus sombre. Leurs Chefs allaient ils enfin leur répondre et leur apporter un peu de soulagement ? Rien n'était sur mais Eden l'espérait. Pas pour elle, non la jeune femme n'avait rien à perdre, mais pour tout ceux qui avaient  perdu un frère, une mère, un époux.

Elle comprenait parfaitement , la rancune des soldats revenant du front, elle même était dans le même cas, elle avait passé trois semaines à rallier le front et la forêt le plus souvent possible pour apporter un maximum d'informations à ses supérieurs. Si la jeune femme n'avait pas directement expérimentée le front, le nombre d'Ünik grouillant au alentour de la forêt avait suffit à attirer sa rage.

La jeune femme eu la soudaine envie du haut de son toit  de crier devant son Chef tout son dégout et sa rage devant cette situation. Pourtant sachant qu'elle allait dégénérer toute seule et ne souhaitant pas être privé de sa liberté , la jeune femme ravala ses parles acerbes et se contenta de reposer son regard sur la foule silencieuse. Cette discussion allait elle vraiment  permettre d'éclairer la situation et de la résoudre ? Eden en doutait vraiment, n'était-ce pas plutôt une démonstration de la puissance de leur Chefs pour démontrer leur puissance, pour faire taire les plus curieux ? La jeune femme secoua la tête trop de questions sans réponse prenait place dans son esprit et hélas aucune réponse ne venait à elle.

Elle se concentra à nouveau sur la foule, particulièrement sur les quelques personnes les plus proches de la maison ou elle avait élue domicile, le toit qui se retrouvait maintenant plus encore de la foule . Parmi ce petit regroupement près d'elle, entre ceux écoutant silencieusement, ceux en admiration devant leurs Chefs et ceux, qui semblait ne plus rien comprendre, une femme, dont la jointure des mains blanchissait au file des secondes qui passait. Eden posa son regard sur cette femme qu'elle ne voyait que de dos. Elle hésitait sur qui était cette femme, au début, la jeune femme avait pensée à quelqu'un de légèrement dérangée aux vue de sa gestuelle, mais non réflexion faites, cette femme était loin d'être folle.

« Qu’avez-vous pensé de cette guerre ? »

Enfin la femme en contrebas avait décidée de s'exprimer, pas assez fort pour que la foule devant elle l'entende mais assez pour que cela parvienne aux oreilles de l'Hybrid Rose.

- Dis moi d'abord ce que toi tu en penses, ensuite je te répondrais.

Eden venait de prendre la parole d'un ton posé, elle n'avait pas cherchée à faire porter sa voie sachant pertinemment que la femme en dessous d'elle entendrait.

- Je doute par contre que quelqu'un d'autre t'écoute, leur admiration pour nos chefs les rendent sourds pour la plupart.

La jeune femme laissa échapper un petit soupir de soulagement, enfin quelqu'un qui voulait des réponses. Laissant tomber ses jambes dans le vide, Eden plongea les yeux vers son interlocutrice.

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Artiste lunaire (Miyuki)


RPG
Âge : 20 ans
Groupe: Phytös
Inventaire: Une besace, du matériel d'art :(peinture, gomme crayon, argile..) et un éventail permettant une barrière électrique.

MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Dim 19 Juil - 13:12

Après plus d une journée de marche sans dormir,le grand groupe arriva enfin au point de rendez vous. La tension était palpable. Un mélange d excitation et de crainte. Jamais personne n avait vu les grands chefs ici. tout le monde se questionnait.  Étaient ils comme on le raconte ? Enfin ils apparurent dans ce brouhaha de folie. Aussitôt dehors, leur présence coupa net la parole aux bavards et il y zut un silence de mort. miyuki les admirait, bouche bée. Ils semblaient émaner une aura de beauté et de force.  L'Eusilis comme lui avait raconté sa grand mère, était un véritable joyau de Mère nature, tant par son apparence que par ses yeux doux et calmes, prête à écouter leurs pleurs. mais l Emishi en faisait trembler plus d un, tant ses yeux brillaient d une lueur rouge, une haine d une violence sans nom,une colère des plus terribles qui allient se déverser sur eux ou ses ennemis jurés, les Uniks,qui avaient osé souiller les terres sacrées.

Et plus que souillées... En retournant vers la Sylva, Miyuki s' était rendue compte de la dévastation dont ces salots étaient la cause. Les terres verdoyantes, riches de végétations, de forêts denses n étaient plus qu' un tas de cendres, des terres noires et désertes, où quelques arbustes substitaient encore penchés, comme attendant la mort. Plus aucun signe de vie. Pas la moindre oiseau. Un paysage digne des pires cauchemars. Maintes fois, Miyuki avait faussé compagnie à la recherche d une famille, de quelques auberges ou chaumières charitables pour garder son petit Unik en attendant de lui retrouver sa famille. Il aurait dû exister en lisière de la Sylva, mais c était vain. Il n y avait plus que des tas de bois baignés dans la terre cendrée, rougie par le sang déversé. Des corps gisaient ça et là, brûlés et violentés ou même vio....Non, pourvu que non. La jeune femme ne plairait pas car il y avait trop à pleurer. Elle s' était vite rendue compte que il y avait plus de danger à le laisser,que de l' amener avec elle jusqu'aux chefs. Mais c' était un tout autre danger. Elle l'amenait dans un endroit sacré, où régnait celui qui possédait le plus d' aversion envers son peuple. Si un seul le soupçonnait, si un seul le dénonçait,alors c en était fini de lui et elle enccourait des conséquences graves.

Quand le groupe fut installé, Miyuki répera la jeune femme au masque rouge sur laquelle elle s était énervée. Elle s' en voulut de s être autant énervée,mais ses propos étaient tellement réducteurs... Comme personne n' osa parler, Elle fut la première à le faire et leur demande ce qu ils avaient pensé de la guerre. Ce qu ils en pensaient ? Ils allaient sans doute lui répondre que les nombreuses pertes leur pesait lourd, mais que ceux qui étaient tombés devaient être fiers, car ils avaient un avantage considérable sur leurs ennemis, et qui sait, encourageraient-ils à retourner sur le front. Une jeune fille aux cheveux roses lui répondit  que personne ne l écoutait car ils étaient rendus sourds par leur admiration pour leurs chefs.

Ce n était pas aussi simple. Bien sûr qu ils l écoutaient, mais n osaient pas répondre. Et elle en connaissait la raison. Sa grand mère qui possédait un grand savoir l'avait une fois mise en garde.  Bien qu ils étaient Hybrids,ils n' en étaient pas moins protégés. Les deux chefs l' un comme l 'autre étaient dangereux. Gare à irriter leur courroux.  Un mot de travers et cela pouvait être la fin. C est pour cela que personne ne soufflait mot. Car si L' Emishi reflétait une apparence de douceur et de bonté, on disait d elle que cela cachait une colère terrible, malicieuse, intraitable. L ' Eusilis était connu pour sa force et sa rage intérieure qui pourrait se déverser sur eux comme sur les Uniks. Miyuki se mit à avoir des sueurs froides.  Cette fille aux cheveux roses semblait regarder avec insistance son petit Unik.  a quoi pensait elle ? Et si elle avait deviné ? Et si elle le dénonçait ? L Emishi à coup sûr allait le tuer.  Sa haine pour ceux de son espèce était bien connue. Bon sang, qu allait elle faire?

Miyuki fit le tour du groupe à présent muet. Là, un père qu elle avait tenu dans ses bras, l' empêchant de mourrirx ne supportant la mort de son fils, son seul trésor. Là,  un compagnon au front dont elle s'était séparée pour attaquer Anathorey. Il s en était donc sorti. Là un autre groupe qui s' était rassemblé, des soldats de première ligne, survivants mais qui avaient eu moins de chance. On avait dû leur amputer des membres, sans quoi ils étaient finis. D ailleurs Miyuki constata avec tristesse que ceux à côté avaient créé un grand écart malgré le manque de place. Chacun avait ses démons. Était ce par peur de les voir affublés de bras d' aciers ou bien un rejet d ' une sorte de de différence non naturelle ? Ou bien c était tout simplement par peur de ce qui se produirait si ils retournaient au front. Eh oui, c'était ça la guerre. Elle serra son petit Unik qui observait ébahi le spectacle. S ils savaient... Non, il ne fallait pas. Après sa prise de parole, d autres courageux prirent sa place et présentèrent leurs respect, avant de poser foule de questions. Comment comptait ils mettre fait in rapidement aux combats ? Qu allaient ils faire des ennemis Uniks une fois vaincus ? Leurs habitat détruit, comment allaient ils loger autant de monde ? Comment se nourriraient ils ? Il n y avait presque plus rien. Est- ce qu un jour ils reverraient leur forêts sacrées ? Et si tout avait été détruit ? Le coeur de Miyuki battait la chamade. Et sa famille ? Véritable concert augmenté par le stress, son coeur semblait vouloir s éjecter de sa poitrine. La jeune femme prit son courage à deux mains et s avança à son tour vers les chefs.  C était fou mais il le fallait.

Mes salutations aux grands chefs. Je suis une phytos guidée par Kushana qui a essayé de pénétrer Anathorey pour mettre les Uniks en échec.  Malheureusement nous avons été repoussé par le bouclier.  J étais là, j ai combattu, j ai défait plusieurs ennemis, mais j ai subi la mort de mes compagnons, mes habits ont été baignés de sang. Nous sommes que deux survivants de notre groupe. Nous avons organisé la cérémonie traditionnelle en l honneur de leur courage, mais il y en avait tant... Elle se mit à pleurer sans s en rendre compte.  Le choc était encore là.Des milliers...je sais que ces fils de...Non elle n arrivait plus à les insulter, son petit Unik était celui qui lui avait donné le courage de faire cela...Elle ne pouvait pas.  Je suis ici, non pas pour vous poser des questions, mais pour vous faire une requête, que je sais qu ici personne n ose vous demander.  Arretez la guerre. Nous courrons à notre perte et celle de nos terres chéries. Je ne manque pas de courage, mais je ne veux pas y retourner, car je ne souhaite plus tuer davantage.  Je vous en supplie, écoutez moi.

En levant les yeux, elle vit le regard terrible de l Emishi et paniqués du groupe.  L' avait elle offensé ? Tant pis. Elle ne regrettait rien.

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Louve solitaire (Adaline M.)


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Âge : 19
Groupe: Anemös
Inventaire: chakhram, arc en bois incrusté avec des symboles de loups

MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Dim 19 Juil - 22:18

La jeune femme n'avait aucune intention de participer à ce genre d'événements. En réalité, elle savait pertinemment qu'elle n'avait pas sa place parmi la foule. Les arbres, la forêt, les animaux et les plantes étaient ses compagnons, ses congénères n'étaient qu'une pièce de l'échiquier géant qu'était la Vie. Elle ne pouvait pas s'en défaire mais ne cherchait jamais pour autant à se lier à eux. Avec calme, la demoiselle écouta néanmoins ce que sa mère avait à lui dire. Cette dernière souhaitait se rendre à la capitale pour participer à l'événement et en apprendre plus sur ce qui se tramait. Comme si on voulait en savoir plus … comme si tout cela apporterait quelque chose de bien. Adaline était persuadée que la guerre se poursuivrait et qu'un beau matin, elle viendrait les prendre à leur tour. Pour autant, elle ne s'était pas sentie de briser les espoirs de sa mère et ses sœurs semblaient si enthousiastes à la seule évocation d'une sortie, quelle qu'elle soit, que l'Anemös n'avait pas eu le cœur de refuser quoi que ce soit. Ainsi, l'ensemble de la famille avait quitté le cocon familial. Si l'aînée avait émis un refus peu virulent à l'idée d'emmener les jumelles, elle s'était cependant fermement opposée à ce que le petit dernier les accompagne. Le refus avait été vain, personne ne pouvant garder le cadet. De mauvaise humeur, elle avait donc suivi le cortège, sur ses gardes.

La foule n'était pas son point fort. Pour ainsi dire, elle détestait clairement l'idée de se trouver au beau milieu de ces gens qu'elle ne connaissait pas pour la plupart. Elle écouta cependant en silence les récits des uns et des autres. A vrai dire, l'arrivée de l'Emishi et de l'Eusilis avait comme jeté un froid parmi l'assemblée. Adaline n'avait pas spécialement compris pourquoi mais ce furent ses sœurs qui posèrent les questions à leur mère si bien qu'elle n'eut pas besoin d'exprimer ses pensées et sa confusion à voix haute. Observer. Écouter. Car finalement, l'avenir de la Sylva se jouait certainement devant eux. Bien que trois mois soient derrière le passage des Üniks, la rancœur, la peur, la haine et la douleur régnaient encore dans les récits. Pour sa part, la jeune femme ne comprenait pas le plaisir qu'ils pouvaient prendre à blesser la forêt. A piller la terre. Leur terre. Cependant, là encore, elle se contenta d'écouter sans prendre la parole, sans même répondre à sa mère lorsqu'elle lui demandait ce qu'elle en pensait.

Observer. En silence.
Adaline écouta encore et encore, chaque intervention. Elle se rendit compte au bout d'un moment qu'elle cherchait à entendre quelque chose de précis. Et si quelqu'un avait des nouvelles de son frère ? Peut-être avait-il participé à … NON. Elle secoua la tête et fronça les sourcils. Toutes ces années après, elle cherchait encore à grappiller des informations sur lui. C'était tellement dérisoire et tellement hors propos face à une telle assemblée. La place sous l'estrade se vidait et se remplissait au fur et à mesure des interventions. Le destin des Hybrids était finalement entre leurs mains et pourtant, elle ne ressentait principalement qu'un vil désir de se venger ou une peur terrible de revoir les Üniks revenir et envahir la forêt.

Qui se souciait vraiment de la forêt quand il s'agissait de parler de guerre ? La guerre n'était-elle pas la cause même de la mort de la forêt ? N'y avait-il dans cette assemblée personne qui puisse agir au nom de la paix ? Adaline se demanda un instant si la « paix » était possible. Finalement, elle-même n'aurait jamais tendu la main à un Ünik à moins de pouvoir être certaine de lui porter un coup fatal. Certes. Mais, à bien y réfléchir, plus elle entendait et plus son cœur se serrait et se disait que peut-être, une autre solution existait. Au fond de son cœur, elle n'avait pas envie d'entendre que d'autres des Siens mourraient inutilement pour affronter ces monstres dans un combat qui ne mènerait à rien si ce n'était à blesser davantage la forêt. Comme un écho à ses pensées, une femme posa une question simple mais si évidente. Après tout, que pensaient l'Eusilis et l'Emishi de tout cela ? L'anemös n'eut pas le temps de poser son regard sur elle que déjà quelqu'un d'autre reprenait la parole. Elle reconnut la voix d'Eden et en chercha l'origine. Sans un mot, elle se déplaça dans la foule, tout en gardant un œil sur sa famille. Déjà, quelqu'un d'autre parlait. A nouveau, ce qu'elle disait faisait écho à ses pensées et certainement à celles de l'autre personne qui avait parlé juste avant.

Hésitant sur la conduite à tenir, Adaline salua d'un signe de tête la dame aux cheveux roses sans prendre pour autant la parole. Ce n'était clairement pas son genre. Elle remarqua que sa mère bouillait sur place, sans doutes parce qu'elle avait pensé à la même chose. Connaissant son frère aîné, cet idiot était sûrement allé se battre sans se poser de question. Par principe ou par honneur peu importait. Elle comprit alors que cette dernière allait se diriger vers la place et poser des questions. Des questions dont elle ne voulait pas entendre la réponse. D'un pas décidé, elle coiffa sa mère au poteau et prit place au centre, faisant face aux chefs sans vraiment savoir quoi dire. Parler pour ne rien dire n'était pas son genre. Elle se contenta donc d'évoquer à voix haute ses propres pensées après les avoir salué avec respect.


« Je n'ai pas d'avis sur la question cependant, croyez-vous vraiment que la guerre soit notre seule option ? A bien y réfléchir, elle ne semble apporter que son lot de morts et de désolation. Peut-être une autre voie nous est-elle offerte, quelle qu'elle soit. Peut-être est-ce là le véritable but de cette assemblée. »

Sans ajouter un mot, elle retourna dans la foule après avoir salué à nouveau avec respect les chefs. Elle n'était pas sûre qu'on attendait cela d'elle mais elle s'en moquait. Puisqu'il fallait parler, voilà qui était fait. Sa mère était tellement étonnée qu'elle en oublia de s'avancer pour prendre la parole et resta finalement dans la foule. Un regard entendu et elle écouta la suite en silence, à l'image de sa fille aînée. Cette dernière retourna alors vers Eden, seule personne qu'elle connaissait en dehors de sa famille dans cette assemblée.

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World Mistress (MN)


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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Jeu 23 Juil - 22:58



Partie II – La Forêt se meurt

L'amour d'une tendre folie

Les Hybrids s'étaient rassemblés en très grand nombre. Depuis l'estrade, les Chefs voyaient grouiller en bas la foule comme une multitude de fourmis. C'était là le signe de leur grandeur : le peuple Hybrid était unis, il n'était qu'un et ne songeait qu'à ses intérêts, pour se protéger de l'hostile « extérieur », ces endroits inconnus peuplés d'êtres offensants, en dehors de leur forêt nourricière. L'Eulisis balayait la foule d'un regard bienveillant, le cœur plus léger encore qu'une fragile fleur de printemps, émue par la solidarité qui régnait en ces lieux. Oui, ses frères, ses fils et ses filles s'étaient assemblés pour décider de leur destin, avec sagesse et dignité. Elle les aimait tant, ces braves et fiers habitants de la forêt, bénis des grands esprits de la nature ! Courageusement, certains s'étaient avancés devant eux, pour s'exprimer, tout comme le dispositif mis en place l'avait prévu. Certains chantaient les louanges de la puissante armée de Nemoto, ou encore, d'autres remerciaient Mère Nature et les Chefs d'avoir protégé leur famille bien aimée. Cependant, quelques membres de leur peuple tinrent un discours à consonance bien plus triste, bien plus dramatique que ne l'espérait l'Eulisis. Qu'est-ce qui assombrissait leurs jolis visages ? Pourquoi ces larmes coulaient-elles de leurs yeux ? N'étaient-ils pas heureux d'avoir remporté la victoire sur les Üniks, ce peuple d'affreux barbares qui pensaient pouvoir dominer la nature et être les concurrents des dieux ?

La grande apothicaire se leva. Elle arborait une mine inquiète, et désolée pour ceux des siens qui se sentaient si mal. Elle voulait, oh oui, elle voulait tant les aider ! Mais elle se rassura, persuadée qu'elle saurait trouver le bon discours à même d'apaiser ces pauvres créatures que la guerre avait perturbé. Tendrement, elle joignit les mains sur son cœur, et s'adressa à l'assemblée d'une voix forte, pourtant douce, les yeux luisants d'espoir.
« Mes chers amis ! Quelle joie pour nous, de vous accueillir dans ces merveilleux jardins ! Je vous remercie du fond du cœur d'être venus aussi nombreux à notre rencontre. Nous n'avons fait que répondre à une requête de votre part, mais si vous saviez ô combien elle fut touchante à nos yeux ! Vous tous, Hybrids, Anemös ou Phytös, chasseur et murmurants, vous tous, avez parlé d'une seule et même voix, comme nous l'a toujours appris la tradition de notre Déesse Mère. Aujourd'hui, plus encore que chaque jour qui passe, je sais qu'elle veille sur nous depuis les cieux, depuis la cime de ces grands arbres, et derrière les yeux de chaque bête de le forêt qui vit alentours... ». L'Eulisis soupira du fond du cœur, et reprit, en levant les bras vers la foule : « Vous êtes si braves ! Je vous sais nombreux, ici-même, à avoir courageusement combattu l'ennemi dans le désert, et autour de notre si belle cité. Nous n'avons les mots pour vous remercier, mes chers amis, nous ne pouvons que rester ébahis devant votre force, et fiers de vous compter parmi nos frères de sang. Le peuple de la Sylva est un grand peuple ! »

Elle vit certains visages s'illuminer sous cette salve de compliments. L'Eulisis était heureuse. Elle avait su toucher son peuple, c'était là le plus beau des cadeau que lui offrait la Déesse. Mais elle n'oubliait pas pour autant les craintes avouées et les larmes versées. Elle descendit un peu sur les marches, et s'arrêta au milieu de l'escalier, de sorte à se trouver plus proche de son peuple. La cheffe reprit, en étirant sur ses lèvres un sourire chargé d'amour : « Je sais que cette guerre vous a surpris. Je sais qu'elle a été très soudaine et que beaucoup d'entre vous en ont souffert. Mon cœur saigne lorsque je songe à vos souffrances, mes frères et mes sœurs bien-aimés... Mais vos efforts n'ont pas été vains, le savez-vous ? Vous avez su repousser l'envahisseur, qui a osé pénétrer et violer le sol et les ressources sacrés de notre si noble forêt. Vous souvenez-vous de l'état de désolation, de mort, et de chaos, dans lequel étaient laissées nos terres après leur passage ? Ces démons Üniks, avides et cupides, qui méprisent la vie sur laquelle ils ne peuvent avoir de contrôle, se sont fait un plaisir de perturber la sereine paix qui régnait au cœur de la Sylva. Nous ne pouvions les laisser ainsi tuer les arbres, les animaux, les maisons des esprits, ainsi que les villages sur lesquels ils déchaînaient leur flammes impitoyables... »

L'Eulisis sentit l'émotion lui nouer la gorge. Mais elle poursuivit, inquiète de pouvoir rassurer son peuple : « Ces combats ont été une bénédiction pour chacun d'entre nous. Ils ont permis de purifier le monde. Chaque soldat Ünik tombé au combat rend peu à peu notre monde plus heureux et plus beau. Eux qui haïssent tant la nature, qui pourtant les a fait naître, ne méritent pas de vivre sur Origin's. Nous, peuple de la Sylva, sommes les sages enfants d'une Déesse que l'on croît oubliée mais qui pourtant est là, toute proche de nous. Elle veille sur nous, comme une aimante mère,  soucieuse de ce que ses enfants la protègent ! Notre devoir était de préserver la vie qu'elle crée de ses mains. Ainsi, les êtres qui ne suivent pas ses traces ne sont qu'aberration, et doivent être éliminés ».
La jeune femme joignit les mains, faisant cliqueter tous les bijoux et grigris de bois qu'elle arborait comme une reine : « Ne pleurons pas nos morts, au contraire, réjouissons-nous de leur merveilleux destin ! Ils ont perdu la vie en tâchant de rendre notre monde meilleur. A présent, ils ont rejoint Mère Nature dans son antre sacrée, et nous observent depuis les cieux avec sagesse. Ils nous guident, par les nuits où brillent les milliers d'étoiles que représentent leurs âmes. Soyez heureux pour eux ! Leur sang s'est écoulé dans notre terre pour nourrir les fleurs qui pousseront sur ces paysages guerriers une fois que nous serons enfin parvenus à supprimer tous les êtres impurs de ce monde... »

« Pour ce faire, il nous faut encore lutter contre Anathorey. Kushana s'est battue bravement, mais nous ne pouvons nous arrêter en si bon chemin. Avez-vous vu, ce matin, partir vos frères dans cet abominable désert, notre seul et hostile voisin ? Ils ont pris les armes, et courent dans l'inconnu, pour se rendre dans ce lieu maudit qu'est la Cité Neutre. Y a-t-il plus impur que cet endroit au monde ? C'est là-bas que se réunissent ces engeances étranges que les Üniks appellent « les Qantiks ». Nous devons les éliminer à leur tour, afin d'éviter que les soldats d'Anathorey ne puissent s'emparer de leur force et la retourner contre notre forêt déjà affaiblie. Mes amis, voyez cette guerre comme une bénédiction ! Mère Nature nous prête sa force ! Nous avons remporté l'avantage lors des premières batailles, ce qui est le signe qu'elle nous protège. Nous pouvons vaincre tous nos ennemis, et supprimer les êtres infertiles dont l'existence est vouée à l'échec... Demeurez en paix dans la Sylva, mes frères et mes sœurs, nos soldats vous protègent et purifient le monde ! Soyez heureux d'être les vainqueurs, d'appartenir à ce si grand peuple qu'est le nôtre ! »

L'Eulisis était euphorique, et intimement persuadée que ce qu'elle disait était la pure vérité, le bon sens même. Pourtant, dans ses yeux, luisait une lumière étrange et vitreuse. Comme le reflet opaque du regard d'une personne aveugle et renfermée sur elle-même...
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Championne Oubliée (Lucy)


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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Sam 25 Juil - 22:17

Sa propre voix lui donna un frisson étrange. C’était une voix lourde de colère, de mépris, d’incompréhension. Et il lui semblait que tout ici transpirait la crainte. Sa question restée en suspend, les deux chefs Hybrids ne s’étaient pas donné la peine d’y répondre que déjà le sourire crétin de l’Eulisis s’adressait à un nouveau rescapé de guerre.  Un goût amer lui resta dans la gorge.

On ne veut pas de sourire, on ne veut pas de « Tout ira bien », puisque que tout s’effrite entre nos doigts de meurtriers. On veut la paix, on veut arrêter ces conneries de guerre qui nous font mal et nous vide le cœur.  

Lucy dû épuiser jusqu’à sa dernière goutte de sang-froid pour ne pas débiter un flot de paroles dévastatrices et venimeuses. Tant et si bien qu’elle remarqua à peine qu’une voix féminine l’interpellait. Dubitative, la Paria se retourna lentement pour observer l’Hybrid aux cheveux rose qui la toisait, rajoutant :

« - Je doute par contre que quelqu'un d'autre t'écoute, leur admiration pour nos chefs les rendent sourds pour la plupart. »

Oh ? Une anti-conformiste, tiens donc ? Lucy balaya la foule du regard,  puis marqua une pause,  ses yeux rencontrant ceux d'une jeune femme tenant fermement la main d’un petit garçon, soucieuse et inquiète. Inquiète, comme tout le monde il était vrai; mais inquiète d’une bien étrange façon. Cela cachait quelque chose, bien entendu,  mais Lucy elle-même ne cachait-elle pas son visage bâtard ?  La surnommée Championne Oubliée éleva donc légèrement la voix, irritée :

« -Je ne vois que des gens effrayés ici, ils sont tous morts de peur. Ils sont fous, du moins tout aussi fous que moi. Ils écoutent mais ils se taisent. Ils ont vu assez pour toute une vie. Et ils sont fatigués. »


Si Lucy avait tenu un discours peut-être blessant à la bataille d’Anathorey, celui-ci n’avait eu de but que faire ouvrir les yeux à tous ces hommes et ces femmes qui se brisaient en vain. Elle n’avait pas eu l’intention de passer pour quelqu’un de méprisant ni de rabaisser son peuple, si cela méritait cette appellation. Ils avaient été braves et naïfs, mais aujourd’hui, rassemblés en cette foule mélancolique et déchirante, ils n’étaient pas sourds mais accablés.

La voix de l’Eulisis mit fin au cours des réflexions de la jeune femme masquée.  Phrases après phrases, elle clamait la gloire des habitants de la Sylva, la volonté qu’ils devaient avoir de combattre, encore, et encore. Le poing de Lucy se serra jusqu’au sang.  Demeurer tranquillement dans la forêt pendant que les autres se faisaient massacrer ? De nouveaux guerriers crédules s’en allant et se réjouissant à l’idée d’offrir en sacrifice à leur déesse du sang Ünik ?

Son cœur explosa de fureur,  c’était un ramassis de mensonges pour endormir les siens ! De terrifiants propos destinés à les conduire tous à une fin si proche et si grande, qu’on leur ordonnait de l’accueillir à bras ouverts. De milliers de picotements parcourent sa peau, sa poitrine se souleva et s’affaissa de plus en plus vite, conteneur d’un chagrin qui débordait de toute part. Sans réfléchir, alors, Lucy s’écria :

« Ton peuple ne veut plus de guerre ! Il n’y aura plus rien à reconstruire, plus rien à sauver si nous nous laissons tous mourir à petit feu. Que ferez-vous lorsqu’il faudra ramasser tous les morceaux brisés de familles, de vies déchirées et sans lumière ?  Arrêtez ces massacres ! Ton peuple se noiera dans ses propres larmes et son sang ! »

La Paria était folle, l’avait-elle toujours été ? Ses propos, hurlés, installèrent un froid encore plus grand que celui qui régnait au commencement de la réunion.  La bâtarde n’avait plus rien à perdre.

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Artiste lunaire (Miyuki)


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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Mer 29 Juil - 0:20

-rooooooooooh! Mais ils peuvent pas se la fermer !

Ah. Miyuki l'avait presque oublié, celui-là. Le Fauvex à ses pieds, jusqu'alors endormi, fit tressaillir ses muscles et s' étira, avant de se remettre à moitié couché. il baillia tellement fort que tout le monde se retourna dans sa direction, visage sévère. Grrr ! Quelle discrétion ! Miyuki le foudroya du regard. Il n' avait que ça à faire de dormir dans un moment pareil ?

-Ne me regarde pas comme ça.  Tu voulais que je fasse quoi ? Pleurnicher ?j' avais besoin d' un petit somme, c ' est tout. De toute façon, c ' est impossible de dormir avec tous ces gens qui gémissent !

Là, encore, il avait parlé trop fort. Les plus proches regardèrent Miyuki avec indignation, regard noir, comme pour lui dire, vous n' avez pas honte ? La jeune rousse, rougit,pesta. Ce N' était pas elle qui avait dit ça. Elle était tout autant en peine qu' eux.

-la ferme. Ils "pleurnichent "car la guerre a fait des centaines de morts. Ils ont perdu leur famille, et moi je risque de perdre la mienne si ce n'est déjà fait...

Elle avait dit cela dans un murmure presque inaudible, sa gorge nouée, sentant ses larmes monter. C' etait une angoisse permanente,les cauchemars l'assaillaient depuis qu'elle avait quitté le champ de bataille. Aucune nouvelle, et toutes ces pertes....
Quel drôle de personnage ce Fauvex. Il n'avait pas de nom d'ailleurs,pas encore. Elle n'avait pas eu encore d'idée. Miyuki l'avait adopté sur le chemin, lorsqu'ils traversaient les terres décimées. Dans une bicoque presque en ruine, un marchand dont les cheveux étaient devenus presque blancs de terreur, s'était recroquevillé en boule  derrière son comptoir. La jeune femme était entrée, espérant trouver des gens, toujours dans le but que quelqu'un aide son petit protégé.Hélas, le marchand était seul, et dès qu'il l'avait vu,  s'était précipité pour lui donner le reste de sa marchandise et le fauvex, car il disait avoir bonne conscience,et était resté planqué uniquement pour trouver une âme charitable qui veuille bien l'adopter,car il ne pouvait pas l'emmener avec lui.Et Miyuki cherchait une âme charitable pour son protégé, et bien sûr, il refusa net, il avait bien trop peur.la jeune femme se retrouva donc avec le fauvex et toujours personne qui veille bien l'aider. Au cours du chemin, Miyuki avait fini par le connaître un peu. Son comportement l'avait au début choquée,mais elle avait fini par comprendre qu'il possédait un côté drôle et sensible, mais qu il le cachait bien. Il lui apportait quelque chose de bénéfique, elle ne savait pas encore quoi.

L 'Eusilis avait fini par prendre parole. Elle joignit les mains sur son coeur et déclara avec quelle joie, elle et l'Emishi étaient ravis de leur présence,en ne cessant de les remercier d'être parvenus jusqu'ici, de cette façon, ils transmettaient la tradition de Mère nature, qui, elle même, le rappelait, veillait constamment sur eux. La jeune femme au visage sublime et rayonnant rappela à quel point ils appartenaient à un grand peuple. Miyuki sentit son coeur bondir et ses joues devenir feu. C'était tout de même quelque chose que la chef des hybrid en personne les remercie et leur rappelle leur grandeur ! Son visage devait être rouge écrevisse maintenant. Les compliments lui allaient droit au coeur, et pas uniquement au sien, d 'ailleurs. La foule autour devait avoir au moins les joues aussi rouges. Mais il y eut soudain un soubresaut parmi l'assemblée,car l'Eusilis s'était levée pour descendre les marches. C'était époustouflant...d'une telle élégance...tout semblait illuminer autour de sa personne. Miyuki sentit son coeur s'arrêter. L'Eusilis semblait émue, elle poursuivit, montra à quel point elle partageait leurs souffrances, que cela la déchirait.

Jamais autant d'émotions n'avaienr traversé la jeune hybrid d'un coup. Ses paroles avaient un tel poids sur ses lèvres... Des larmes coulèrent sur les joues de Miyuki en feu, se surprenant à pleurer, sans en être vraiment consciente. Ils devaient être fiers, continuait l'Eusilis,  car ils avaient repoussé l'envahisseur, qui avaient souillé leurs terres, ayant bien failli réduire à néant leurs territoires et les richesses de leur forêt sacrée. Ils avaient réussi à protéger des trésors extrêmement précieux, il était vrai. Toutes ces paroles lui réchauffait le coeur,  c 'etait un tel flot de compliments. Son esprit semblait comme soulagé, oubliant ses angoisses, ses souffrances...son admiration pour l'Eusilis était alors sans bornes...Mais la suite lui fit perdre le sourire.

Elle affirma alors, que ces combats n'étaient qu'une bénédiction, et leur avait permis de purifier le monde. Purifier le monde ? Mais comment cela ? Pour l'Eusilis, les Uniks n'étaient qu'un peuple haïssable et, quiconque, déclara t elle, ne suivant pas les préceptes transmis de Mère nature devaient être éliminés.
Sur le coup, non seulement le sourire de Miyuki se figea mais elle en eut le souffle coupé. Jamais elle n' avait entendu une telle horreur...Mais que est ce que cela signifiait ? Que voulait elle dire ? Et l 'Eusilis continua dans son discours insensé, illuminé par ses propres propos. Ils ne devaient pas pleurer les morts, mais s'en réjouir et déclara une phrase fatidique " une fois que nous aurons supprimé tous les êtres impurs de ce monde ".  Déchaîné, elle les encouragea à tuer toutes les autres formes de peuple que les leurs...tous les Quantiks et Uniks sans exception. Elle était au comble de l'euphorie, yeux vitreux
vitreux. Miyuki se sentait mal, tremblait comme une possédée, fiévreuse, la nausée lui donnant le tournis...Non, cela ne pouvait être réel, non...ses paroles se repercutaient dans sa tête et lui glacait le sang. Non. Ce n ' est pas ce qu'elle avait appris de Mère nature. Comment osait elle dire cela ? Repousser l 'ennemi mais les éradiquer tous ? De quel droit ? Ils étaient un grand peuple pacifique, essayant de diffuser la paix, non des mercenaires ! Non, quelle horreur, quelle folie. Après tout, c'était peut être là la véritable face de l 'Eusilis...

- Miyuki, j ai peur, tu crois que...

Miyuki, sans rien dire,lui fit un regard, comme pour signifier " ne t'en fais pas, je ne laisserai pas passer ça " mais ne lui répondit pas, sachant que c' était bien trop dangereux. Si elle lui disait " je ne les laisserais pas te tuer" tout le monde saurait alors sa véritable identité et ne donnait pas cher de sa peau. A la fin de ces élucubrations, la jeune fille au masque rouge s avança et répliqua à l'Eusilis que son peuple an avait assez de la guerre, que cela N' allait ammener que plus de tristesse et de désespoir. Miyuki était d accord, elle l 'appreciait en fin de compte.cela la motiva.non elle ne laisserait pas passer ça. La plupart de ceux présent étaient perdus. Ce n'est pas ce qu on leur avait enseigné de Mère nature et de là à tuer tout le monde...quelques uns vinrent s'agenouiller, se disant prêts à suivre ses ordres. Il y avait toujours des baises mains quelque part. Soit ils n 'en pensaient pas moins, mais préféraient rester dans ses faveurs,  soit ils le pensaient réellement et cela degoutait d autant plus Miyuki.

La jeune hybrid se planta droit devant l'Eusilis,bras croisés,  saisi d'une colère noire, et pointa son doigt droit devant ses yeux vitreux.

- Vous...me...dégoûtez siffla t elle.   Ma famille et moi, nous avons toujours cru en mère nature,nous sommes heureux de suivre ses traditions. Jamais je n ' ai entendu une telle stupidité. Éliminer tous les peuples, rester seuls car nous Serions les seuls êtres légitimes... De quel droit parlez vous en son nom ! Je suis fière d'etre du peuple hybrid, nous sommes un peuple grand et pacifique. Éradiquer ce que bon nous semble, c'est ça que vous appelez un grand peuple ? Repousser l'envahisseur oui, mais il y a parmi ceux, chez les Uniks,  même si je ne les aime pas vraiment,  qui n'ont rien fait ! S ils vivent sur ces terres, ainsi que les Quantiks, c est qu il y a une raison !

Miyuki repensa aux Quanthybrid, ces êtres créés de la main de Neizhen, qui avait essayé de mélanger les gènes des trois races...ce qui en avait résulte des monstres. Ceux la mêmes qui avaient un coeur, qui l avaient touché...qu elle n'a avait pas réussi à sauver...

- ils ne croient pas en mère nature, mais ce serait la dernière à vouloir tous les éliminer ! Ce que vous dites n' à aucun sens, n n'est que folie,  vous ne valez pas mieux que ceux que vous haissez ! Vous êtes un MONSTRE !

La foule murmurait, quelque uns la regardaient en suppliant " non, arrêtes,  tu vas trop loin,  excuse toi avant qu il ne soit trop tard. "non. Elle le faisait pour son protégé, et pour les Quanthybrid.

- je ne vois pas là la chef hybrid, je ne vois que ces écoeurants chefs Uniks,  des êtres que l 'on dit sans pitié, sans âme...vous êtes la honte de la Sylva! C'est VOUS que l'on devrait ÉRADIQUER ! ou PURIFIER selon vos propres termes!

Ces dernières paroles jetterent une sorte de froid. Miyuki avant de se rassoir,  prit le soin de les regarder droit dans les yeux,  leur transmettant un message plein de haine et de dégoût. Le petit en était ébahi.

- Hem...Miyuki je t'aimes bien tu sais, mais là, la folle dans l'histoire, c est toi. Quoiqu'il se passe, prépare toi à te barrer au plus vite, surtout avec l'Emishi dans les parrages...je te couvrirais

- Non. je ne m'enfuirais pas. Pas avant que tout cela se finisse. Peu importe les conséquences.il faut bien qu elle comprenne qu elle est seule dans son délire.

Il y avait aussi le fait que quitter brusquement l'assemblée avec son Unik pouvait créer des soupçons, et ça, elle ne pouvait pas se le permettre. Cela s'était confirmé avec les propos de l'Eusilis. Qui sait quel sort terrible lui réservait-elle si elle finissait par comprendre qui était cet enfant...une hybrid ayant amené et pris sous son aile un enfant du peuple qui avait souillé leurs terres, qu ils haïssaient plus que tout au monde, et de plus l'avoir amené jusqu'au lieu le plus sacré qui soit, non ca ne serait pas pardonnable, Miyuki à présent le savait.

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Louve solitaire (Adaline M.)


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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Mer 29 Juil - 20:46

Adaline avait gardé le silence après sa brève intervention, n'attendant pas spécialement de réponse mais cherchant surtout à ne pas obtenir celles que sa mère voulait. En croisant le regard de cette dernière, elle comprit qu'elle cherchait des informations sur son frère aîné. Il était hors de question de savoir quoi que ce soit. Pas maintenant. Tandis qu'elle cherchait du regard ses frère et soeurs pour vérifier qu'ils étaient près de leur mère, elle entendit l'Eusilis prendre la parole. Sa voix lui parut étrange à l'oreille mais légèrement envoûtante. Une pluie de compliments s'abattit sur la foule, la jeune femme écouta d'une oreille distraite, non sans se demander où elle voulait en venir. La suite fut plus lourde de sens mais Ada avait du mal à se focaliser sur cette voix. Elle demeurait totalement ermétique, ne laissant rien paraître, mais n'en pensait pas moins. Comment pouvait-on justifier cette guerre aussi futilement ?
Au fond, cette guerre avait-elle vraiment un sens ?
Depuis le temps qu'elle en entendait parler, Adaline se demandait s'ils ne faisaient pas erreur. Elle ne savait pas quoi en penser et se demandait sincèrement si elle devait croire ce que disait l'Eusilis. Pour autant, elle ne dit rien et écouta simplement la suite.

Dans son for intérieur, Adaline eut l'impression que l'Eusilis croyait réellement ce qu'elle disait. Pourtant, en écoutant son discours, la jeune femme ne ressentait qu'une seule chose : de l'incompréhension. Elle était encore moins sure que cette guerre était justifiée. Mère Nature souhaitait-elle vraiment qu'ils éliminent Üniks et Qüantiks ? En avaient-ils seulement le droit ? Sans vraiment trouver de réponse à cette question, elle se contenta de soupirer et d'écouter la suite. Dans sa tête, des centaines de questions se bousculaient et heurtaient clairement ses plus profondes croyances. Elle observait les réactions autour d'elle mais ne parvenait pas à ressentir si les autres autour d'elle étaient en proie aux mêmes doutes. Sans un mot, elle rejoignit sa mère. Rien qu'à la voir, elle comprit que cette dernière était également en proie à ces doutes. La fureur de voir leur forêt et les êtres qui y vivaient être violés et tués prenaient le pas sur ses doutes mais en même temps … en même temps, avaient-ils le droit de décider de tout ? Du bien et du mal ?

Où était la limite.
Un vent de crainte planait autour d'elle mais elle ne voyait pourtant pas clairement cette peur s'inscire sur le visage des autres. Certains semblaient croire les mots de l'Eusilis et, au fur et à mesure qu'elle les voyait, Adaline comprit qu'elle ne cherchait qu'une chose : la paix. La question n'était pas de savoir qui avait raison ou tord. Non. La vraie question était simplement de savoir ce que leur coeur aspirait. Le sien voulait la paix. Le sang ne faisait pas pousser des fleurs, il abreuvait simplement la terre.

Une voix.
Une voix qui faisait écho à ses pensées. Elle tourna la tête et remarqua la jeune femme masquée. La colère perlait dans ses propos mais son discours retint l'attention de Mizu. Quelqu'un d'autre prit la parole et Mizu fut étonnée de voir à quel point ses propos étaient violents. Pourtant, ils faisaient aussi écho à ses pensées et ses doutes. Elle tourna la tête et détailla la personne en question. Elle avait déjà parlé précédemment, avant l'intervention de l'Eusilis. La louve solitaire se demanda pourquoi tant de véhémence et un mouvement vers un plus jeune lui mit la puce à l'oreille. Elle n'aurait pas su dire pourquoi, mais elle se déplaça d'un mouvement souple pour s'avancer vers l'estrade. Avec ce même calme, elle se plaça en arrière de celle qui venait de parler, à quelques pas. Sa voix était également calme et totalement neutre lorsqu'elle s'exprima :


« Vous présentez cette guerre comme une bénédiction. Pouvez-vous sincèrement dire cela aux mères des fils qui ne reviendront pas, aux femmes des époux qui ne reviendront, aux enfants des disparus. Le sang appelle le sang, il me semble que votre guerre n'a rien apporté de plus qu'une terre rouge baignée des larmes des survivants. Mère Nature ne nous a pas donné le droit de décider qui doit vivre ou mourir, en revanche, elle nous a offert le choix. »

Adaline n'était pas intervenue spécialement pour « sauver » cette fille et son petit protégé. Elle avait simplement envie d'avoir une réponse et, plus encore, elle savait maintenant qu'une autre voie devait être trouvée. Dans le cas contraire, elle ferait tout pour protéger sa famille. Dans la situation présente, la volonté de ne pas voir à nouveau le sang versé l'avait poussée à agir. Il était cependant fort probable qu'elle n'agirait que pour sauver sa famille si un mouvement de panique devait résulter de l'intervention précédente. Qui savait ... Elle demeura cependant sur place, attendant patiemment une réponse, ses yeux ne reflétant rien de particulier, ni colère ni violence en tout cas.

Elle jeta un regard intrigué vers sa mère et le reste de sa famille et croisa le regard de la première. Elle semblait relativement intriguée mais particulièrement fière même si ce sentiment se disputait avec la peur. Ada hocha la tête et attendit patiemment que son sort soit scellé. Elle cherchait seulement des réponses et voulait être certaine de ce qu'elle entendait, de ce qu'elle voyait. Finalement, elle n'aimait pas spécialement la foule. D'un mouvement calme et contrôlé, elle reporta son attention sur l'Eusilis plus particulièrement puisqu'elle était celle qui avait pris la parole.


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World Mistress (MN)


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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Jeu 30 Juil - 17:17



Partie II – La Forêt se meurt

Bel idéalisme et morne réalité

L’Eulisis, pourtant si fière et satisfaite du si beau discours qui avait été le sien, se retrouva face à un mur de colère. L’atmosphère de l’assemblée était devenue électrique, la colère était palpable, un silence de mort suivi les violentes doléances Hybrids. Une jeune femme avait crié que le peuple ne voulait plus de la guerre, et lui vociféra de faire cesser les massacres. Une autre estimait qu’une voie alternative aux combats était possible, et qu’il ne fallait pas négliger la souffrance des personnes qui avaient perdu un être cher. Le peuple déchaînait ses reproches, mais l’Eulisis ne semblait pas comprendre du tout d’où provenait cette vague déferlante de colère. Elle pencha un peu la tête sur le côté, l’air intrigué par le discours particulièrement vindicatif d’une jeune femme rousse arborant une fleur dans ses cheveux. Pourquoi était-elle dégoûtée ? Pourquoi vouloir tuer ses chefs ? N’était-elle pas en vie, en bonne santé, car protégée par leurs pouvoirs ? Pourquoi le peuple semblait-il souffrir autant ?

« Mais… bien sûr que cette guerre est une bénédiction ! » répondit-elle, la voix chevrotante, toute chamboulée par la peine. « N’êtes-vous pas vivants ? N’êtes-vous pas heureux d’être de nouveaux seuls dans la forêt ? N’êtes-vous pas fiers de savoir nos plus braves guerriers partis au combat, loin de nos terres pour vous protéger ? » Des larmes silencieuses commencèrent à couleur le long de son visage innocent. « Pourquoi semblez-vous si tristes… ! » La cheffe s’effondra sur le sol et sanglota doucement.
L’Emishi ferma les yeux quelques instants. Derrière elle, l’Emishi respirait silencieusement. Son regard de braise glissait sur la foule depuis le début de leur réunion. Les paroles de Moriko, qu’il savait fermement convaincue de ce qu’elle disait, n’avaient pas eu l’effet réconfortant qu’elle avait voulu apporter au peuple. Cela n’aurait pu en être autrement. Pour l’Eulisis, seul le peuple Hybrid méritait d’être protégé par Mère nature, et fort des enseignements de la déesse, il serait dans leurs devoirs de « purifier » le monde. L’Emishi savait que cela faisait bien longtemps qu’elle n’était sortie de la forêt. De ce fait on pouvait aisément croire qu’elle avait perdu l’esprit, qu’elle était folle, ou effrayée par l’extérieur. C’était plus insidieux que cela, en ce sens que l’Eulisis, tout en prononçant ces paroles de haine, n’avait eu pour envie que de protéger les Hybrids, les siens qu’elle chérissait tant. A présent, elle pleurait, car elle se sentait désarmée face à la colère du peuple pour elle incompréhensible.

Mais l’Emishi était bien moins sensible que sa consœur, et savait garder la tête froide. Il se leva lentement, et s’avança à son tour aux devants de son peuple. Il baissa les yeux vers les jeunes femmes qui s’étaient exprimées avec le plus de hargne. Ces deux-là ne devaient pas savoir s’exprimer publiquement. Pourquoi crier ainsi ? Ils pouvaient parler normalement, en êtres civilisés, comme les gens le faisaient d’ordinaire… A l’évidence elles étaient elles aussi devenues les esclaves de leurs sentiments. C’était tout à fait déplorable. Un Hybrid devait rester digne, en toute situation. L’Emishi attarda quelques secondes son attention sur Lucy Noké, dont il ignorait le nom mais dont le masque l’avait étonné. Il était inutile de chercher à cacher sa nature à l’Emishi. L’Eulisis l’avait certainement senti, elle aussi.
« Tu parles au nom du peuple Hybrid bien que tu ne fasses pas partie de nos tribus. Quelle arrogance ». Il toisa la jeune femme d’un air menaçant et glacial : « Les lâches bâtards masqués feraient mieux de se taire » dit froidement l’Emishi à l’attention de la Paria. Les Chefs Hybrids sentaient quand ils se trouvaient en compagnie des leurs, tout simplement. C’était là un de leurs immenses pouvoirs. La situation était cependant trop grave  pour qu’on se penche davantage sur le « problème » que représentait cette gamine.

Il lui semblait plus intéressant au contraire, de répondre au discours de cette jeune femme rousse accompagnée d’un Fauvex et d’un enfant Ünik – désirait-elle qu’il meurt ? Si tel n’était pas le cas elle était inconsciente de l’avoir amené ici. Ou bien elle était complètement stupide. Cette question serait traitée plus tard… Le plus étonnant chez cette fille était cette déferlante rage qui sortait de sa bouche qu’on pouvait deviner timide d’ordinaire. Si elle reprochait aux chefs de parler au nom de Mère nature, elle-même ne se privait pas de le faire. Elle ne réfléchissait pas le moins du monde et se contentait de crier pour déverser sa colère. On aurait dit une petite fille capricieuse… Si l’Emishi n’avait pas réagi à ces mots, les chasseurs qui servaient de gardes à l’assemblée ne restèrent pas sans rien faire. Ils ne toléraient pas un tel comportement, qu’ils jugeaient aussi injurieux qu’insolent. Alors qu’elle venait de se rasseoir, quatre hommes bondirent sur elle. Ils la maintinrent debout entre leurs mains fortes et l’immobilisèrent.
« Sale impertinente ! Comment oses-tu t’adresser à nos chefs de la sorte ? Tu leur dois le respect en toute circonstance ! Même si tu n’es pas d’accord avec eux ! Pour qui te prends-tu ?! »

L’Emishi leva la main, en signe de ce qu’il fallait se calmer. Les chasseurs relâchèrent peu à peu la jeune femme, mais restèrent à ses côtés cependant que le chef des Anemös prit la parole à son tour.
« La guerre était inévitable. » déclara-t-il d’abord, pour couper court à tout débat infertile. « Nous savions que les Üniks n’étaient pas nos alliés. Si les conflits n’étaient jusqu’à maintenant que lointains, le face à face est devenu inéluctable dans la mesure où les Üniks se sont permis de venir piller nos terres… ».
L’Emishi se rappela la triste vue de la forêt détruite qu’il avait depuis son antre au palais. « Regardez autour de vous, notre forêt se faisait décimée jour après jour à une affolante vitesse. Les quelques petits villages infortunés qui se trouvaient sur la route des soldats d’Anathorey ne sont plus que du petit bois maintenant… Pensez-vous qu’on arrête un peuple affamé et avide de pouvoir par de simples paroles sages ? Que croyez-vous qu’il serait advenu de vos villages, de vos maisons et de vos familles à l’heure qu’il est si nous n’avions pas arrêté les Üniks ? » La colère et la violence se dérobèrent pour laisser place à un silence de mort, qui planait pesant au-dessus du peuple rassemblé. « Nous serions encore esclaves de la violence de leurs flammes. »
« C’est vrai… » sanglota l’Eulisis, en se redressant un peu. « Tout ce que nous voulons, c’est vous protéger. C’est le devoir de tous les grands chefs, de protéger les leurs à tout prix ! » L’Emishi baissa un regard bref vers elle, avant de reprendre en marchant doucement en direction de Miyuki. « Une guerre ne peut se faire sans perte. Croire le contraire est une ineptie. Croire que l’on rend le monde meilleur par les négociations est une absurdité, particulièrement quand on a face à soi les êtres immondes que sont les Princes d’Anathorey »

« Les combats ont fait tombé bien des nôtres, mais elle nous a permis de faire reculer de milliers de pas un ennemi puissant qui menaçait l’ensemble de notre peuple. N’oubliez pas que la disparition de la forêt est synonyme de mort pour nous tous ». Alors qu’il descendait les marches vers la place, la foule reculait peu à peu, impressionnée. Il s’arrêta et perça d’un regard incisif la jeune insolente qui l’avait allègrement insulté auparavant.
« Partant de tous ces éléments, j’affirme à nouveau que la guerre était inévitable… » Les chasseurs autour de la jeune femme ne la lâchèrent pas des yeux. Au moindre mouvement agressif de sa part, elle pouvait être sûre que sa gorge serait tranchée pour outrage à ses Chefs.
« Cependant, toi, une noble philosophe au grand cœur, j’ose espérer que si tu t’es ainsi donnée en spectacle  tout à l’heure, c’est que tu as une meilleure solution ? Je suis tout ouï, jeune Phytös… » Il se tut un petit instant avant de poursuivre : « Si tu as suffisamment d’esprit et de bravoure pour oser te dresser de la sorte face à nous, tu as très certainement réfléchis à une alternative à la guerre. Qu’attends-tu pour me dire ton secret ? Le peuple attend ton éclaircissement, chère prophète… » Si ces paroles étaient narquoises, le ton de l’Emishi était glaçant. Il se tenait droit devant elle, sans ciller, et pas ému le moins du monde par sa tirade émotive, et faussement engagée. Il était clair comme de l’eau de roche qu’elle ne savait pas de quoi elle parlait. La foule derrière, attendait paralysée la réaction de la jeune femme. C'était vrai après tout ! Cette fille l'ouvrait en grand, mais est-ce qu'elle avait la moindre réponse à leur apporter dans l'histoire ?

Le chef Hybrid recula d’un pas. « Si tu as une meilleure idée que tes rois, entre en campagne diplomatique, et va raisonner les princes. » D’un geste précis, il dégaina son sabre et se mit en garde. La foule émit quelques cris impressionnés, et effrayés. A la surprise générale, l’Emishi jeta la lame aux pieds de Miyuki. « Sinon, tues-moi, ainsi que l’Eulisis. Vas-y. Eradique le mal de ce monde. » Elle n’avait qu’à se pencher pour saisir le saya, et un pas à faire pour transpercer le cœur du noble Anemös.
Bien entendu, jamais une telle chose n’arriverait. L’Emishi le savait. Et pourquoi cela ? Parce qu’il était puissant. Il était surpuissant, son Don était immense, la quantité de maana qu’il pouvait manipuler était vertigineuse, et il en allait de même pour l’Eulisis. De ce fait personne ne pouvait revenir sur ce qu’ils avaient décidé tous les deux, en tant que monarques de la forêt. C’était ainsi et personne n’y pouvait plus rien à présent. La guerre était lancée, et le seul vainqueur serait celui qui reviendrait du front vivant. L’Emishi tentait de démontrer au peuple que les Hybrids, y compris ses chefs, s’étaient retrouvés dans une totale impasse dans l’histoire.

Et il faudrait vivre avec cette injustice.
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Championne Oubliée (Lucy)


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Groupe: Paria
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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Sam 1 Aoû - 22:42

Lucy observa l’événement en silence. Elle vit alors l’Eulisis s’effondrer et sangloter en public, elle vit ses larmes ne déranger aucunement la grâce naturelle qu’émanait de son visage doux et parfait.  L’assemblée d’Hybrids accueillit  la mise en scène de leur cheffe avec un hoquet de stupeur, arborant casiment tous la même expression à sa suite. Mais la Paria n’eut pas le cœur à partager leur peine qui lui paraissait bien artificielle, concentrée plutôt sur les traits sévères et plissés de l’Emishi en personne qui trahissaient un courroux difficilement contenu. Il ne tarda d’ailleurs pas à se lever et à s’avancer, tout tranquille qu’il était, au-devant de son peuple.

Son air digne souhaitant refléter le contrôle total qu’il avait sur ses émotions ne manqua pas de piquer à vif Lucy, bien qu’elle ne puisse le critiquer sur ce point, camouflée derrière son masque pourpre. Ce dernier ne tarda d’ailleurs pas à faire le fruit d’une réplique amère qu’elle accusa sans broncher. La bâtarde masquée, la petite peste, l’erreur.  Et comme par magie, des regards acerbes, quelques insultes, et malgré la cour remarquablement bien remplie, les voisins de Lucy trouvèrent tout juste assez de place pour ne pas faire l’erreur de la frôler suite à cette révélation fortuite.

La Paria n’en attendait pas moins de la part d’un peuple endoctriné, auquel l’information « les parias sont de la vermine à éradiquer » était gravé jusqu’au cerveau. C’était ingrat, bien sûr, alors que dix minutes s’étaient à peine écoulées depuis la prise de parole de la jeune femme les défendant avec hargne. Mais on balayait ces choses là, aussi vite qu’un revers de main. Ce n’était pas grave. Lucy le savait, qu’au fond ils n’y pouvaient rien, on leur avait appris à penser, à agir de cette manière.

Bientôt, l’attention dont l’hérétique faisait l’objet se dissipa pour se reporter sur la jeune femme rousse qui avait hurlé des propos bien plus graves et acides que les siens. Des gardes vinrent la saisir, pestant qu’une offense aussi révoltante était inadmissible. L’Emishi les arrêta net d’un revers de main, puis d’une voix toute aussi tranchante, énuméra les causes de cette guerre qu’il qualifia «  d’inévitable ».  Tout sentiment de rébellion de la part des précédents citoyens muent par l’incompréhension et la colère se terra tout au fond d’eux, comme endormi. Le chef Hybrid possédait incontestablement un dangereux charisme capable d’annihiler tout sentiment négatif à son regard par le biais de quelques paroles efficaces et froides.

Lucy étudia les deux personnages se faire face. La femme rousse se tenait droite, fière, dissimilant toute trace de crainte bien que la Paria la soupçonna hésiter grandement sur la tournure que prendrait les événements. Le petit garçon à ses côtés trembla de peur, balbutiant, pleurant. C’était ça, de craindre pour sa vie, quand on avait à peine quelques années. On ne pense pas, on ne réfléchit pas, on subit. On subit une crainte si énorme, si effroyable, que les petits doigts de la Vie se détachent doucement du corps. Il allait mourir de peur, car il voyait bien toutes ses armes menaçantes et le regard glacial que l’Emishi lui adressait de temps à autre avant de soutenir celui de la rouquine.

La Championne Oubliée comprit bien vite comme elle l’avait supposé auparavant, qu’il n’était pas Hybrid. Elle douta qu’elle puisse être un paria également, car à force d’analyse à son égard, le sentiment imperceptible qui lui certifierait qu’il était lui-même une engeance amèrement regrettable se serait emparé d’elle. Ni Hybrid, ni Paria. Ünik. Intéressant…

Ses pieds la guidèrent tranquillement vers l’objet de ses interrogations, tout le monde s’écartant à l’approche de la lépreuse, tandis que le dirigeant de la Sylva se tenant à présent  devant son interlocutrice, crachant des propos coupant au même titre que la lame qu’il jeta à ses pieds, lui intimant de venir le tuer, si tel était son souhait. La bâtarde n’aurait pu s’empêcher à sa place de cracher sur l’arme.

La tension était palpable, alors que Lucy, décidée, se rapprocha du duel. Instinctivement, elle sortit sa dague et vint se placer devant le petit Ünik. Si mort d’hérétique il devait y avoir, alors elle protégerait celui qui apparaissait comme un traitre ici-bas au péril de sa vie. On avait tendance à protéger les siens dans un environnement hostile, c’était comme ça.

Les gardes l’inspectèrent, surpris et sur le qui-vive. Le ton de la réunion était lancée : la guerre des mots déclarée, à savoir que le plus malin s’en sortirait. Les yeux des spectateurs étaient braqués sur eux.

Résumé:
 
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Artiste lunaire (Miyuki)


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Groupe: Phytös
Inventaire: Une besace, du matériel d'art :(peinture, gomme crayon, argile..) et un éventail permettant une barrière électrique.

MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Jeu 6 Aoû - 0:33

Gaps.

A peine avait-elle prononcé ces mots que quatre chasseurs l'encerclerent et la remit de force debout. Ils étaient forts, musclés. Ses bras étaient solidement maintenus,  si bien qu'il était impossible de s'échapper ou d'effectuer le moindre mouvement. Ce n'était pas la peine de se débattre, bien qu'elle le voulut. C'était impressionnant d'être immobilisé en quelques secondes par ces hommes. L'un d'eux, la regarda  droit dans les yeux, le visage déformé par la consternation et la colère et lui cria :

-Sale impertinente! Comment oses-tu t'adresse à  nos chefs de la sorte ? Tu leur dois le respect en toute circonstance !même si tu n'es pas d'accord avec eux ! Pour qui te prends tu ?

Miyuki restait impassible, son regard plus qu'effronte,  mais au fond se faire sermonner de la sorte l'avait ébranlée. Elle sentait qu'elle perdait pied. Dès l'instant où ils l'avaient saisi,  la jeune femme avait su qu'elle était allé trop loin. Son coeur palpitait, elle se sentait mal. L'Emishi, d'une main et sans un mot, les ordonna de reprendre leur calme. Hésitants, ils dessererent toutefois leur emprise, mais contrairement à ce que Miyuki espérait,  elle ne put se rassoir.  Ils étaient restés proches, l'emprisonnant dans leur cercle pour signifier qu'il n y avait aucun échappatoire, la surveillant d'un mauvais oeil. L'Eusilis était en pleurs,  affirmant qu'elle ne cherchait qu'à les protéger. Miyuki eut un semblant de peine, car habituellement, c'était une femme de coeur, et si quelqu'un se mettait à pleurer,  elle accourrait en demander la raison et partageait ses peines tout en essayant de consoler. Là, c'était différent. Sa peine fut passagère,  vite évaporée pour ne laisser qu'un coeur de glace. Le mot "purifier "lui restait encore en travers de la gorge. Miyuki était une femme fière, qui croyait en la vie, aux êtres en eux-mêmes. C'est pour cette raison qu'elle voulait absolument arrêter cette folie.

Mais autre chose la dérangeait, et ne cessait de s'y obseder malgré son embarrassante situation. L'Emishi avait prononcé le mot " bâtarde" en s'adressant à la jeune fille au masque rouge, et cela lui avait fait froncé les sourcils. Son visage refletait encore les signes de sa perturbation, bien qu'être cerné par quatre puissants chasseurs était plus perturbant encore. Cette dernière s'était montrée aussi impertinente, mais le ton de l'Emishi était plus que méprisant....était-elle...Non,c' était improbable...pourquoi serait elle parmi eux si c'était le cas ? Pourtant il venait de lâcher froidement ce mot...bâtarde ....Une Paria ? Ces êtres conçus d'un scabreux mélange entre deux chairs ennemies ? A quoi pouvait bien ressembler son visage ? Leur ressemblait il ? Miyuki était gênée, perdue....cela expliquait son comportement sur le champ de bataille...ses paroles l'avait entraîné...jusqu'à insulter ses grands chefs eux-mêmes...entraînée par une bâtarde...n'était ce pas une forme de trahison ? Elle frissonna. Non. Il fallait regarder la vérité en face. C' etait elle-même qui s'était fourrée dans cette situation, ne supportant pas ce discours, animée par sa colère. Maintenant il fallait assumer.

L'Emishi prit la parole. Son coeur battit si fort à la rendre presque sourde. Si lui prenait la parole, c'est que cela n'annoncait rien de bon. En s'adressant à la " bâtarde" la jeune phytos avait aperçu son regard furieux...son heure allait venir bientôt. La guerre était inévitable,  commença t il. Puis il.rappela à quel point leurs ennemis avaient pillé leurs terres, et que la plupart des villages et forêts n'étaient à présent plus rien, que ce peuple affamé ne serait pas arrêté par de simples paroles. Pour les toucher davantage, il fit imaginer que si ils ne l' avaient pas fait, le même sort aurait été réservé aux derniers villages. L'Eusilis sanglota à nouveau sur leurs devoirs de protection, envers eux. C 'en était touchant en effet, de se faire protéger par des êtres aussi puissants....Mais Miyuki s'étonnait elle-même,  elle n'arrivait tout simplement pas à ressentir de pitié. Sa colère était plus forte encore. Le regard du puissant chef s'arrêta sur le sien, et son coeur s'arrêta quelques secondes. La guerre ne pouvait se faire sans pertes, négocier, une absurdité. C 'etait être crédule que de se persuader de cela. Tous ces morts étaient essentiels à la défaite de l'ennemi. Surtout que la forêt leur était était vital, continua il.  Son sang ne fit qu'un tour. Cette fois cela s'adressait directement à elle. C'était à son tour de passer sous ces yeux glaçants.

-Cependant, toi une noble philosophe au grand coeur,  j'ose espérer que si tu t'es donne en spectacle tout à l'heure,  c'est que tu as une meilleure solution ? Je suis toute ouïe, jeune phytos. Si tu as suffisamment d'esprit et de bravoure pour oser te dresser de la force face à nous, tu as certainement réfléchis à une alternative de guerre. Qu'attends-tu pour me dire ton secret ? Le peuple attend ton éclaircissement cher prophète...

Miyuki respirait à peine, partagée entre une rage folle et une peur lui tordant l'estomac. Comment réagir ? Il fallait à présent attention à ses mots et gestes. Les chasseurs,  sur le qui vive, la gardant bien, étaient prêts à l'empaler à la moindre agressivité. Son fauvex d'ailleurs l'avait compris et voulant préserver sa vie, restait couché,  oreilles baissées, grommelant. Son petit Unik était aux bords des larmes. Cela ne pouvait pas être pire. La foule s'animait, observant le spectacle, sachant dans quel merdier elle se trouvait. Ils étaient attentifs, un p eu irrités par ses paroles vénéneuses. C'était quoi à elle sa situation ? Hein ? Miyuki se sentait de plus en plus mal,  mais le cachait par tous les moyens.  Donnée en spectacle...une alternative à la guerre...

-Si tu as une meilleure idée que t'es rois, entre en campagne diplomatique et vas raisonner les Princes.

Il dégaina son sabre, se mit en garde, avant de jeter la lame à ses pieds. La foule paniqua,  commença à crier, effrayés...Elle se allait servir d'exemple, mais pourquoi agir sur ainsi ? La jeune phytos restait impassible, mais des sueurs froides lui parcourait le corps.

-Sinon, tues-moi,  ainsi que l'Eusilis,  vas y, éradiques le mal de ce monde.

Cela lui valait comme un coup de lame en plein coeur. Quel ton a la fois si narquois et si terrifiant...Qu' allait elle faire ? C' était le moment où je jamais de se taire, de baisser les yeux et de supplier son pardon. Mais non.C 'etait impossible, Miyuki ne parvenait pas à ravaler sa fierté. Surprise,  elle vit la paria dégainer elle aussi son arme pour se placer devant son petit Unik en pleurs. Allait elle le combattre ? C'était du pur suicide...la jeune femme ne savait trop comment réagir...une paria...Elle protégeait son petit Unik, elle lui devait beaucoup...c' était difficile,  tellement difficile...Miyuki observa le seya et le prit dans ses mains. Une lame reflétant toute la puissance de son propriétaire....la foule s'était tue,  souffle coupé, comme ceux de ses gardes. Une de leurs épées s'enfonca dans sa peau délicate. La jeune femme tenait à sa vie,  et mourrir ici ne lui servirait à rien. Elle s'était calmée,  c'était le mieux à faire dans sa situation, mais toujours fière,  elle ne baissa pas les yeux. La jeune phytos tendit le Seya à l'Emishi pour le rendre

-C' est ridicule. Avec ma puissance actuelle,  je ne pourrais même pas vous laisser une égratignure. Son ton n'avait rien de moqueur, il était sincère. Il ne valait mieux pas empirer son cas. Je me suis "donnée en spectacle" car je n'ai fait qu'exprimer ce que je pensais tout bonnement, sous le coup de la colère car ce discours m'a révolté. J' ai déclaré bien fort ce que beaucoup ici pensent tout bas. Ce qui était bien vrai. A force d'écouter les murmures de chacun,  elle avait bien vu que la majorité ne désirait qu'une chose: que la guerre cesse. Quand aux propos de l'Eusilis, ils en étaient encore ébranlés. Miyuki avait parlé avec son coeur, même si cela la mettait dans une position dangeureuse. Mais il fallait bien que quelqu'un s'y risque, pour casser la glace et remuer un peu les choses. Je ne leur en veut pas. Ils craignent pour leur vie pour oser parler. Alors je le fais à leur place. Si nous sommes venus en masse ici,  c'est pour trouver des solutions ensemble,  avec votre aide. Pour mettre fin à ces massacres et à la destruction de notre peuple. Nous ne sommes pas là pour régner sur les autres,  ni même les détruire.

Miyuki fit un tour de la foule,  voulant leur transmettre que ses paroles étaient sans mépris. Je ne prétend pas trouver à moi seule une solution pour tous. Si je me suis engagée auprès de Kushana,  c'est que j'étais outrée que ces Uniks aient souillé ces terres sacrées auxquelles on tient,  j'étais prête à risquer ma vie. Il Je savais bien qu en m'engageant que j' allais probablement mourrir et que nombreux de mes camarades également.je ne suis pas stupide. Mais maintenant,  nous avons repoussé les envahisseurs,  et nous avons tous ces morts. Les anciens conflits sont loin,  il est peut-être temps de changer. C'est en propageant la haine que l'on engendre la haine. Et puis on oublie qu' il est plus que possible que tous les Uniks, face à cette boucherie ne soient pas tous enclins à continuer la guerre. Peut- être qu'ils se retourneront sur leurs chefs. Pourquoi ne pas profiter de la situation pour mettre fin aux conflits et préserver la forêt qui nous reste ? Arrêtons de penser de façon aussi simple. Ces Uniks me répugnent, mais il y en a sûrement qui ne sont pas aussi cruels que l' on prétend. Tout comme les Quantiks dont les troupes de Kushana sont partis les éradiquer pour ne pas qu'ils tombent aux mains de notre ennemi...ils possèdent sûrement eux aussi une âme,  ils méritent de vivre! Elle était ainsi,  sur sa lancée,  tout en essayant de garder son ton calme. Miyuki ne pouvait se taire et essayait de transmettre son désarroi aux autres. Tout le monde ici a le droit de s'exprimer,  comment pourrions-nous nous taire à une heure aussi grave ? peut-être qu'ici, certains ont des idées,  alors, qu'il les partage ! la jeune femme resta debout. On lui avait transmi la fierté hybrid.il était temps de la montrer. Comment la situation allait se dérouler,  elle l'ignorait, mais préféra terminer :

- Bien que certains en doutent maintenant,  j'aime Mere nature, j'aime faire partie de ce peuple et je ferais n'importe quoi pour protéger les trésors qu'elle nous a légué.

Voilà. C était fait. Le tournis lui venait. C'était si dur...après avoir enduré les combats,  elle voyait son monde s'écrouler. Les villages calcinés...sa croyance envers ses deux chefs à présent anéantie...Miyuki ne savait plus que croire,  sur qui compter. Celle à côté était une paria,  mais elle sentit un devoir de soutien envers elle...tout ce en quoi elle croyait s'effondrait...son monde partait en morceaux. Elle faisait face à une véritable remise en question....tandis que tout tournait autour d elle,  son esprit embrouillé était occupé à prier une aide ou un secours bienvenu. Miyuki souhaitait retourner dans sa famille,  dans son havre de paix ou la forêt était encore luxuriante....

Si seulement elle percevait un signe de Mère nature pour la soutenir...

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Louve solitaire (Adaline M.)


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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Ven 7 Aoû - 23:18

D'un air absent, la jeune femme observa avec distance ce qu'il se passait autour d'elle. L'atmosphère avait clairement changé, se chargeant en colère mêlée de peur et de ressentiment. Elle n'aurait pas su dire si c'était une bonne ou une mauvaise chose vu le manque de réaction observée jusque là mais dans tous les cas, la foule commençait à s'agiter. Elle espérait juste qu'il n'y aurait pas de soulèvement ou d'émeute, ou même de mouvement de panique. Non pas qu'elle soit spécialement attentive à cela mais simplement parce qu'elle craignait pour sa famille et notamment son jeune frère. Avec son handicap, il ne pourrait pas anticiper un tel mouvement et se retrouverait piégé par la foule. Sans parler du fait qu'il ne parviendrait pas à entendre leur mère ou … mieux valait ne pas y penser. Son regard se posa avec calme sur l'Eusilis. Elle semblait sincèrement ne pas comprendre pourquoi ils réagissaient ainsi. Il semblait à Adaline qu'elle n'avait pas l'impression que cette guerre eut été une malédiction quelconque pour son peuple. Elle n'en voyait que l'aspect « positif » des choses …

La voix de l'Eusilis fut relativement chevrotante et à nouveau, l'Anemös pensa qu'elle était sincèrement chamboulée par les différentes interventions. La sienne n'était pas forcément la plus virulente et elle n'avait pas vocation à le devenir, mais au moins avait-elle le mérite de dire de façon neutre ce que d'autre tentaient de souffler ici et là sans oser le dire tout haut. Dans les yeux de sa mère, Ada put d'ailleurs lire de l'appréhension certes, mais également de la fierté. Elle écouta les mots de leur interlocutrice.

Vivants. Certes oui, ils l'étaient, mais à quel prix ? Le sang rougissait encore le sol de la Sylva. Les feuilles seraient-elles rouges à leur tour, gorgées par la vie de ceux qui avaient trépassés sur ses terres ?
Seuls. Oui, ils étaient seuls dans la Sylva, là encore, c'était un fait, mais était-ce vraiment important ? Cela valait-il la peine d'envoyer autant de guerriers loin de leurs terres natales pour les protéger ? Au final, cela revenait toujours au même. Ils se positionnaient comme des dieux, de ceux qui décident du sort des uns et des autres et c'était précisément cette idée même qui dérangeait Adaline. Elle n'était pas spécialement mécontente d'être de nouveau seule dans la Sylva, mais elle n'en était pas heureuse non plus.

Perdue dans ses réflexions personnelles, la jeune femme vit leur cheffe tomber à genoux et sangloter. Cette image lui parut inconvenante, comme si elle la vivait hors de son corps. Un instant, elle se demanda comment on pouvait être cheffe et afficher ainsi sa faiblesse. Une ombre de dégoût passa sur son visage avant de disparaître aussitôt. Elle eut alors la désagréable sensation que cette femme était trop « fragile ». La force qu'elle avait senti dans son regard lorsqu'elle avait prononcé son premier discours semblait bien loin, comme un écho du passé. Pourtant, elle forçait le respect sans qu'Adaline n'eut su dire pourquoi. Ses pensées furent à nouveau interrompues par l'avancée lente mais mesurée de l'Emishi. Sa voix était dure mais il ne semblait pas spécialement en proie aux mêmes sentiments que sa consœur. Tandis qu'il prononçait ces quelques paroles, une main parvint à se glisser dans la sienne. Décontenancée, Adaline tourna la tête dans la direction pour croiser, un peu plus bas, le regard de son frère cadet. Il était inquiet et son regard trahissait son incompréhension. Cependant, il était sensible au mouvement et aux « émotions » des gens qui l'entouraient. De façon protectrice, la demoiselle passa son bras autour de ses épaules et lui fit signe de ne rien dire. Au moins, son premier problème était-il réglé.

Tandis que des gardes s'approchaient de la femme rousse, elle resserra son emprise sur son petit frère qui suivait la scène, de plus en plus inquiet. L'Hybrid ne réagit cependant pas, laissant les choses se faire. L'Emishi mit fin à l'altercation et finit simplement par reprendre, de façon véhémente, le discours de l'Eusilis. Il se contenta ensuite de poursuivre son discours et de jeter quelques piques bien tendues à la Phytös qui avait parlé avec tant de passion précédemment. Si le ton était glacial, la jeune femme se posa la question de savoir ce que pensait réellement leur chef. Il était évident qu'il n'était pas heureux de la situation et qu'il s'était sans doutes attendu à un soutien plus vif du peuple.

Leur chef jeta ensuite une lame aux pieds de Miyuki après avoir dégainé la sienne. Ce seul mouvement provoqua une certaine panique dans la foule qui les entourait. Son frère accrocha sa tunique et se blottit contre elle, effrayé. Pour sa part, Mizu suivait simplement les événements. Elle remarqua que la Paria s'était rapprochée du petit Ünik de Miyuki sans un mot. Elle la vit tirer sa dague et comprit alors que le danger d'une altercation était bien réel. Trop réel et trop près. Aedan était là, à moins de deux mètres de ce danger. Instinctivement, sa main se rapprocha de sa propre arme avant de se raviser. Elle préféra passer subtilement devant son petit protégé tandis que la discussion se poursuivait. La rousse prit alors le seya si négligemment lancé par l'Emishi devant elle. Intriguée, Ada observa la scène sans oser bouger, prête cependant à agir si besoin était pour sauver son sang. Elle remarqua avec soulagement que la jeune femme rendait son arme à son propriétaire, consciente de la différence de niveaux entre eux. Son discours était plus calme, plus mesuré et sonnait plus censé. En silence et avec calme, elle écouta ce que la Phytos avait à dire puis finalement, comprit qu'elle était d'accord avec elle. Tandis qu'elle se taisait, Adaline soupira, craignant déjà les conséquences de ce qu'elle s'apprêtait à faire.

D'un pas tranquille, elle s'avança encore, Aedan dans son sillage. Il demeura derrière elle, accroché à sa tunique comme un enfant à sa mère, ses yeux allant et venant entre les deux chefs, les deux jeunes femmes, l'Ünik et sa grande sœur.


« Pourquoi avoir souhaité ce rassemblement si votre décision était déjà arrêtée ? »

Le ton était totalement calme, détaché presque et parfaitement neutre. Il s'agissait presque d'une évidence mais elle poursuivit, comme si au fond, elle avait parlé pour elle-même et non pour la foule ou ses principaux interlocuteurs face à elle.

« Pour ma part, je ne remets pas en cause le bien fondé de cette guerre, quelle fusse utile ou non n'est pas de l'ordre du débat. Seul l'avenir compte désormais. »


Elle s'écarta légèrement de sorte que les deux chefs voient son petit frère et poursuivit de ce même ton calme :

« L'avenir, ce n'est ni vous, ni moi mais bien lui. Ce sont ces enfants qui grandissent au sein de la Sylva et qui n'aspirent qu'à la paix et à la prospérité. Peu m'importe de savoir qui a tord, qui a raison et si cette guerre est utile ou utopique. Aujourd'hui, je ne vois qu'une chose, la guerre a permis de repousser les Üniks de nos terres. Nous leur avons montré que nous étions capables de protéger la Sylva et que leur présence n'était pas souhaitable. Nous avons démontré que nous pouvions protéger les nôtres. Au prix de maintes vies certes mais comme vous l'avez souligné, il était enfantin de croire qu'une guerre se faisait sans perte. »

Elle marqua une pause, cherchant ses mots avant de poursuivre :

« Nous sommes à un tournant, continuer cette guerre pour assouvir notre besoin de protection ou s'engager vers une paix durable. Le sang appelle le sang, tant que nous jouissons encore de nos victoires, ne pouvons-nous pas tenter de les raisonner et de chercher la paix ? La guerre ne devrait être qu'une solution en cas d'échec des pourparlers. »


Nouvelle pause.

« Le peuple peut parler au peuple. Peut-être envoyer des ambassadeurs neutres suffirait à amorcer un semblant de paix. Et, dans le cas contraire, pourquoi ne pas profiter de ce laps de temps pour renforcer nos positions. Une guerre se gagne par la force comme par le poids des mots. Dans le premier cas, nous obtiendrions la paix, dans le second, nous aurions le temps nécessaire pour renforcer nos positions et attendre patiemment que nos ennemis se brisent sur nos défenses. Qu'avons-nous à perdre ? »

Là encore, le ton était totalement neutre. En réalité, Adaline exposait ses propres pensées, ses propres questionnements à voix haute. Elle n'avait pas spécialement dans l'idée de se mettre en avant mais elle se voyait mal expliquer à son jeune frère ce qu'il se passerait si la guerre était encore la seule issue.

« Si vous regardez cet enfant, y verrez-vous une différence avec celui-là ? »
demanda-t-elle finalement d'un ton las en désignant le protégé de Miyuki, « Personnellement, je suis lasse d'y voir une différence. Aujourd'hui, j'apprends à mon frère la tolérance et le pardon, si nous ne sommes pas capables de le faire, je me demande ce qu'il croira en grandissant. A quoi il pourra se raccrocher. Nous pouvons protéger notre forêt sans avoir à verser le sang, ou du moins, pas le notre. »

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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Mar 8 Sep - 1:51



Partie II – La Forêt se meurt

L'ordre d'un roi seul

L'Emishi écouta les paroles que les plus courageux membres de son peuple lui exposèrent. Sans hausser le ton cette fois, la jeune Miyuki admis qu'elle n'était pas suffisamment puissante pour oser s'opposer à son roi par la voie du combat. Deux autres jeunes femmes s'étaient approchées également, dont cette Paria qu'il avait injuriée un peu plus tôt. Leur discours était sage, et porteur d'espoir. Elles avaient parfaitement compris la teneur des premiers combats, et connaissaient l'actualité guerrière. Mais maintenant que les envahisseurs avaient été repoussés, à quoi bon répandre la mort et le chaos encore et toujours ? La haine ne faisait qu'attiser la haine, et le sang ne faisait qu'appeler le sang. Si les Hybrids ne supportaient plus de perdre les leurs au combat, n'était-il pas envisageable d'imaginer qu'il en était de même du côté des Üniks ? Eux-mêmes avaient des mères, des fils, des pères et des filles, des familles qui ne souhaitaient pas être déchirées par les conflits de race. Le peuple exprimait sa colère qui grondait. La terre de la Sylva avait mal, et sa blessure profonde si elle n'était pas refermée très vite commencerait à suppurer... Ce serait alors la fin des peuples, et la fin de la vie sur Origin's. Aucune forme de vie n'avait de droit sur une autre, rien ne permettait d'affirmer qu'une des deux races soit supérieure à l'autre, alors pourquoi chercher à se dominer ? Utiliser Mère Nature et ses dogmes comme argument semblait trop facile, prétentieux et bien peu convainquant. Il fallait trouver une solution durable à la guerre, et mettre fin à celle-ci sans quoi le peuple Hybrid se trouverait démuni face à sa propre misère, et face à la haine du monde. Rien ne saurait arrêter les flots déchaînés de la violence si on n'essayait pas de mettre fin à ces tueries qui avaient perdu de leur sens maintenant que leurs terres leurs avaient été rendues. Tout cela, l'Emishi le savait fort bien. Tout cela, il en avait conscience plus que n'importe qui en ce bas monde.

Quand chacun eut terminé de s'exprimer, l'Emishi prit soin de balayer d'un regard protecteur l'assemblée entière. Il leva ensuite la main en signe de ce qu'il ne désirait pas que des hostilités éclatent en ces paisibles jardins du palais de Nemoto. Devant la foule de son peuple rassemblé qui attendait une réponse de sa part aux élocutions pleines de bon sens de ces jeunes filles, il reprit la parole : « J'entends vos paroles, femmes de la Sylva. Votre sagesse tout comme votre amour pour la vie de ce monde et pour les nôtres vous honorent... Je suis sincèrement persuadé que personne n'aurait su parler plus justement aujourd'hui ».

« Cependant... Les choses sont loin d'être aussi simples que ce que vous semblez croire ».


L'Emishi se redressa, digne comme le roi qu'il était, et s'apprêta  à expliquer les raisons pour lesquelles la paix n'était désormais plus du tout possible entre les deux peuples. « Le succès d'hier n'est pas synonyme d'une victoire évidente demain. Si nous sommes effectivement parvenus à repousser les armées d'Anathorey hors de nos terres sacrées, cela ne veut pas dire que nous les ayons convaincu de ne plus jamais oser pénétrer la Sylva. Les Princes d'Urban City sont orgueilleux, ils détestent perdre. Ils ne sont plus cachés derrière les arbres qui nous entourent, mais leurs soldats n'en sont pas moins à nos portes. A l'heure où je vous parle, ils sont en marche dans le désert, pour enrôler les Qantiks vivant à la Cité Neutre. Une fois qu'ils  auront complété leurs rangs, les Üniks s'en prendront de nouveau à notre forêt et à notre peuple. C'est pourquoi je ne puis ordonner à l'armée Hybrid de se replier dans nos murs : ils nous faut suivre les mouvements d'Anathorey et nous tenir prêt à riposter face à leurs prochains assauts. Je ne doute pas une seule seconde de ce qu'ils tenteront à nouveau de nous écraser. La forêt et ses esprits me le murmurent, tous les jours... »

« Quant à l'idée d'envoyer un ambassadeur en vue d'un armistice, elle n'est pas envisageable. A vous entendre, on devine que vous ne connaissez pas notre ennemi. L'Ünik est un être fier et égocentrique, qui ne jure que par son prestige personnel et ses victoires remportées par la force. Ils se pensent supérieurs, car ils ont renié l'autorité divine de notre Mère. Ils n'ont foi en rien et seule la violence semble digne à leurs yeux, parce qu'elle leur permet de dominer plus vulnérable qu'eux. La clémence, le pardon, la sagesse et la magnanimité sont des choses qu'ils ne connaissent pas. Ils n'ont que deux lois : celle du plus fort et celle du sang. Même si j'envoyais à la rencontre des Princes d'Anthorey le plus habile des négociants, il se ferait tuer avant même d'avoir pu commencer la discussion. Il est impossible de converser avec les Üniks, arriver à une entente cordiale est impossible, et les faire renoncer à la guerre est une utopie inepte. »

« Pour toutes ces raisons, je n'entends pas faire cesser la guerre. Si les Üniks ne renoncent pas à l'agression, je ne les laisserais pas piétiner notre peuple et nos terres... C'est une décision sur laquelle je ne reviendrai pas. Les batailles à venir s'annoncent longues, difficiles et lourdes de conséquences sur nos vies. Mais quand bien même nos guerriers devaient tomber jusqu'au dernier, ce seraient des combats que les Üniks n'oublieront jamais... »

L'Emishi baissa ensuite les yeux vers la Paria, et le jeune garçon qui accompagnait Miyuki. Il avait deviné que cet enfant était un natif d'Urban City, un coup d'oeil lui avait permis de le deviner. « Partez de la Sylva, étrangers » leur dit-il d'une voix ferme, mais non sans un accent magnanime. « Ici ce n'est pas votre monde. Je n'ai pas le cœur à prendre vos vies ici et maintenant, cela n'aurait aucun sens. Mais je ne puis tolérer votre présence ici. Vous représentez un danger pour les Hybrids que je ne saurais ignorer si nos chemins venaient à se croiser de nouveau. Quittez cette forêt avant l'aube, ou je serai contraint d'ordonner votre mise à mort... » Il leva les yeux vers la foule, silencieuse devant son chef. « Mon seul souci est la sécurité et la survie de notre peuple. Personne n'est en droit de me barrer la route dans l'entreprise de protection des miens : vous m'êtes plus précieux que toute chose en ce monde. Quiconque s'en prendra à notre peuple ne saurait s'en sortir indemne. Voilà tout ce que j'ai à vous dire, mes amis... ».

Le Chef Anemös se retourna doucement, gravit les marches, et tendit la main à l'Eulisis qui sanglotait toujours au sol, et lui lança un regard misérable avant de l'aider à se relever. « Viens Moriko. Il est temps de rentrer ». La jeune femme s'accrocha à lui comme une naufragée, et souffla d'une voix faible, en souriant d'un air très triste : « Oui... Rentrons Ashitaka. Il nous faut penser à l'avenir de notre peuple... Éliminons les impurs... »
L'Emishi ne répondit rien à ces paroles de folie. Il y avait bien trop longtemps que l'esprit de sa bien aimée était infecté par une folie que son Don si immense fut-il n'avait pu résorber. Désormais l'Emishi n'était plus qu'un chef seul, triste comme une pierre froide, qui n'avait comme raison de vivre plus que la sécurité des Hybrids, condamnés jusqu'à la fin de son règne, à rester cachés très profondément dans la Sylva.

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MessageSujet: Re: Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN   Jeu 10 Sep - 21:13

Un silence chargé d’étincelles  s’étendait de plus en plus, chaque Hybrid étant pendu aux lèvres de l’Emishi, en attente d’un verdict. Chaque main, chaque doigt, des jambes jusqu’au regard, tout était figé. Les muscles contractés, silencieux et rouillés. L’illusion était si parfaite que même Lucy cru que tout faux-mouvement pourrait libérer une explosion si intense, si dévastatrice, que tous les individus ici réunis disparaitraient, ne formant plus qu’un petit tas de cendres sur une place au marbre calciné.

S’efforçant de garder ses yeux brulants ouverts, la Paria observait elle aussi la scène se présentant à quelques mètres, son cœur battant rapidement le rythme insoutenable que suscitait la situation. Semblable à une bête farouche, le moindre élément déclencherait sans aucun doute un excès de violence de sa part, tant l’anxiété lui mangeait chaque parcelle de sa peau sale.

Sa poitrine s’affaissait et se soulevait irrégulièrement, chaque battement fou et hasardeux semblant cracher une encre de rage de distillant à l’intérieur même de son corps.

Enfin, il parla.

Il parla d’un ton si neutre que le rythme cardiaque de la jeune femme ralentit violemment, désactivant  la bombe qui détonait dans l’assemblée. Sa voix calme et grave sut refroidir les esprits les plus indomptables, expliquant et démolissant les arguments allant à son encontre un à un. Tout cela pour en arriver à la conclusion suivante : la guerre continuerait, et il n’y avait aucun compromis, ni aucune concession. C’était comme ça, la guerre était là, et il fallait s’occuper d’elle comme l’imposante invitée qu’elle était.

L’Emishi daigna adresser aux intrus quelques brèves paroles, les invitant à quitter les lieux le plus vite possible, à l’encontre de quoi il se verrait forcé de prendre leur pourtant si courte existence.  La main avec laquelle Lucy avait empoigné la dague s’abaissa lentement, en signe de reddition. Sa fougue s’était une fois encore changée en un lourd chagrin qui prenait d’assaut les remparts de son cœur. Sa guerre à elle était intérieure. Elle devrait sans doute d’abord conquérir sa propre paix avant de l’imposer au monde entier.

Aucun mot n’arriva à se formuler sur ses lèvres. La Paria avait juste compris qu’elle avait été naïve, que rien n’avait changé, qu’elle se battait en vain. Plus que jamais, elle avait maintenant besoin de solitude afin de se chercher elle-même. Elle parvint à baisser légèrement la tête en guise de salut avant de se tourner vers le petit garçon dont elle avait pris la défense.

Il sanglotait en silence, les larmes ruisselant sur ses joues rougis par les pleurs. Quelque part, Lucy s’identifiait à cet enfant auquel la simple existence posait problème. Quelques secondes s’égrenèrent avant que la jeune femme se ne mette à sa hauteur et lui chuchote quelques mots à l’oreille. L’enfant la regarda avec de grands yeux ronds avant de les sécher vigoureusement avec le dos de ses mains.
Qu’a-t-elle pu lui dire Lucy, qu’en saura-t-on, ce n’étaient que des paroles d’hérétique pour un hérétique. Et cela ne nous concerne pas, car c’est un secret, c’est l’intimité et le réconfort qu'elle pouvait lui apporter, le moins que pouvait faire la Championne Oubliée. Oubliée, hein…

La bâtarde se redressa, et marcha lentement vers la sortie sans aucun problème de contact puisque tout Hybrid ici présent la fuyait comme la peste. Mais un jour elle reviendrait. Bien sûr. Tout changera bientôt, et bientôt, bientôt, c’est la Paix qui toquera aux portes de la Sylva, toute timide et fragile qu’elle était. Lucy s’en alla, et dans son sillage on pouvait distinguer les traces très abstraites d’une chasseuse de rêves.

Résumé:
 
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Partie II Event - La forêt se meurt [Groupe de Nemoto] FIN

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