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Mémoires d'une Bannie

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Petite pinocchio (Anya P.)


RPG
Âge : 22
Groupe: Docker
Inventaire: Du matériel à marionnettes, des fils et l'aiguille

MessageSujet: Mémoires d'une Bannie   Mer 15 Juil - 2:36

L'Aleja


-Hélas, je n’aurais encore rien cette année

Il était de coutume dans les Docks, depuis plusieurs années, que s’organise une grande fête, pleine de réjouissances. La journée, tout le monde vaquait à ses occupations, puis à la nuit tombée, il était convenu que tout le monde arrête ses activités, que ce soit le travail de maison, un dîner chez un ami, ou finir d’extraire son charbon. Personne n’y coupait, et on y veillait bien. Mais gentiment, car c’était une journée de fête et un semblant de liberté. Si au début, bien des gens ronchonnaient car ils trouvaient mieux à faire, finalement ils se résignaient en se trouvant bêtes de rater une occasion pareille, un moment de partage où le poids des Elites et de leur sentiment de moins que rien disparaissaient l’espace de cette soirée. Toutes les maisonnées étaient ouvertes, priées d’accueillir avec grand plaisir leurs voisins ou des inconnus. On s’organisait pour manger un bon souper, en famille, puis lorsque la lune était à son plus haut point dans le ciel, on se réunissait autour d’une créature ou personnage fantasque que chacun avait participé à faire, qui pouvait représenter n’importe quoi, au plaisir des esprits les plus créatifs.

La statuette était fabriquée en papier mâché et tissus colorés récupérés. On ne jugeait personne, enfin dans l’esprit. Avant de la refermer, les parents tachaient de placer des cadeaux emballés , puis une fois le top départ donné, tous , au sein de tous les foyers , se jetaient sur sa statuette et la mettaient en pièces tous ensemble. Une fois les cadeaux éparpillés sur le sol, il n’y avait plus qu’à récupérer ce qui leur était destiné, puis on profitait tous ensemble des présents autour d’un bon feu.  On appelait cette fête l’Aleja, en mémoire de celle qui l’avait créé.

Aleja était une femme admirable qui n’avait jamais possédé de nom, me racontait mon père. Elle avait dû se montrer plus forte que la vie, et se dénotait par sa remarquable intelligence et sa force extraordinaire. Aleja signifiait « la bonne étoile « me racontait-il, les yeux étincelants. Pourquoi avait elle crée cette fête ? C’est qu’elle avait dû en passer par là, ses parents qui possédaient de l’argent, mais qui ne pouvaient s’offrir le luxe de s’arrêter de travailler car il y avait trop à faire, entre le ménage de maison et celui de la mine. C’était même rare qu’ils s’offraient des moments complices, et elle en souffrait car il faisait partie des meilleurs moments de sa vie. En l’honneur de ses parents et pour que chacun ait ce petit moment de bonheur dans un monde où l’Elite les écrasait, Elle créa ainsi cette fête, une soirée de repos et de famille.

-Je ne suis pas capricieuse, mais bon, j’aimerais avoir un jouet rien qu’à moi ! Tu crois que c’est égoïste ?

Malheureusement, malgré les nombreux efforts de ces dernières années, il était un fait, c’était indéniable, que tout le monde n’avait pas la chance de s’offrir des présents, même un simple jouet de bois. Ceux-là devaient se contenter de la chaleureuse ambiance, et d’un repas à peu près plus correct que ceux du quotidien. Soumia en faisait partie. Chaque année, à l’Aleja, elle se précipitait sur sa statuette, surexcitée, s’imaginant que cette fois, elle y aurait droit, mais ce n’était que pour le trouver vide. Son plus beau cadeau fut un ruban rouge vermillon, qui lui allait à ravir dans ses petites bouclettes blondes. Cette année-là, je m’en suis souvenait, car elle avait couru jusqu’à chez moi et m’avait fait tout une scène, répété à quel point j’allais être émerveillée et me l’a présenté comme si elle me montrait un véritable diamant. Ce qu’elle me faisait rire Soumia ! Ce que j’appréciais chez elle,c' était sa sincérité, et à quel point elle pouvait être démonstrative dans ses sentiments.

Moi, je n’avais pas à me plaindre à L’Aleja. Mon père s’en sortait bien avec son commerce, et il avait le don de me fabriquer les jouets les plus fantastiques du monde à partir de morceaux jetés. Bien évidemment que plusieurs fois, il m’était venu à l’esprit de lui acheter un cadeau, ou que mon père lui en fasse un. C’était mon amie, et je tenais à elle, et puis ça m’attristais qu’elle ne puisse avoir sa part de bonheur. Mais là, c’était parler à un mur. C’était une obstinée, car elle possédait un honneur et un amour propre des plus infaillibles. Bien des fois j’ai essayé, mais en vain. Elle me faisait la tête et me remettait mon cadeau devant ma porte.

-Tu sais bien que je pourrais t’en demander un à mon père, ne soit pas têtue ! Ce n’est qu’un jouet.

-Non, Anya, je t’aime beaucoup, tu es comme une sœur pour moi, mais tu comprends, je me sens minable de dépendre de quelqu’un. Non, je préfère attendre, mais je veux que ce soit un cadeau de mes parents. Je ne sais pas comment te l’expliquer…c’est dur…

Non, elle ne trouvait pas ses mots mais je comprenais très bien à son visage, je commençais à lire les expressions, et puis ce n’était pas très difficile de savoir dans son cas. A la fin de l’après-midi, lorsque j’eus terminé de jouer avec Soumia, on se dit au revoir et peut être à demain, entre deux pauses, car elle travaillait déjà à son âge. Un peu penaude, j’allai voir mon père lorsqu’il eut fermé boutique. Je lui expliquai ma peine et toujours aussi compréhensif et avisé il me dit :

-Écoutes, je comprends très bien ce que tu ressens mais il faut être plus maligne Anya. Je connais ses parents, je parle souvent avec eux, ils n’auront jamais les moyens de lui offrir ne serait-ce que le plus petit de mes jouets, et il refuse les dons et les baisses de prix. Quels bornés, par ma barbe jaune!

Il me faisait rire, cette expression sortait souvent, il était très créatif en matière. C’était la plus normale.  Selon son humeur, cela variait jusqu’à devenir des mélanges assez loufoques. Sa maigre main d’ébène ridée caressa de haut en bas sa barbe pointue qui frisait drôlement quand il y avait trop d’humidité.

-Très bien, cette fois cela ne passera pas, je vais aller leur parler ! Mais au lieu que ce soit un de mes jouets, pourquoi ne lui ferait tu pas quelque chose que tu as fabriqué toi-même ?  j’ai déjà vu ce que tu faisais, et je trouve que tu es très douée ! crois-moi, tu l’es beaucoup plus que la plupart des enfants de ton âge, et ce n’est pas pour te flatter ! Et puis, ton cadeau aura d’autant plus de valeur. Bon, tu n’as qu’une semaine pour faire ça, moi je n’ai plus qu’à créer une combine avec ses parents, et ils accepteront, je t’en fais ma parole !

Rouge de ses compliments et ayant pris confiance, je m’appliquais dès lors à réaliser une jolie poupée de chiffon et de laine comme Soumia et moi avions vu en traînant dans les Docks. Ses yeux avaient pétillées d’envie sur une poupée aux cheveux longs et noirs, portant une robe à froufrous comme en portait sûrement les belles dames nobles. Je m’appliquais à avancer, obsédée d’arriver au plus beau des résultats, car c’était son cadeau. Je m’amusais à déduire le processus du marchand de poupées, puis récoltait les plus beaux tissus que je pouvais. La plupart des voisins en avait d’ailleurs de trop et me passaient volontiers leurs chutes.

Je me blessais, me ratais, mais continuait fiévreuse, possédant une énergie des plus formidables. Lorsque je la croisais, je ne faisais comme si de rien n’était car je jouais assez bien la comédie. Le dernier jour, j’observais encore une fois ma création, car je voulais être sûre que j’étais contente. Oui je l’étais, pour moi, il n’y avait rien à refaire, j’étais fière de ce que j’avais accompli. Je l’avais même personnalisée et rendue encore plus jolie. Sa tête était ornée d’un grand chapeau où était cousu des fausses fleurs et petites perles. Sa robe était blanche et bleu azurée, élégante entre les dentelles, les volants et les nœuds tous en ruban. Je me disais que c’était plus drôle de la faire bouger. Je lui cousus des fils auquel je rattachai a deux bouts de bois collés ensemble. Les fils ne s’emmêlaient pas, Soumia pourrait s’en servir pour jouer et la faire jouer à ses parents.
Je la montrai à mon père qui l’admira et la qualifia de merveille. Ses compliments me firent chaud au cœur. Il fit un clin d’œil comme quoi il avait réussi.

Le soir de L’Aleja, alors que chacun s’en retournait à son foyer commencer les festivités, Soumia et ses parents en firent de même, et par on ne sait quel miracle, mangèrent beaucoup mieux que d’habitude. Mais lorsque sonna l’heure de mettre en morceaux la statuette, Soumia qui était si heureuse de baigner dans l’atmosphère familiale, se fit soudain un peu triste, mais le cacha à ses parents car elle se savait d’avance déçue, comme à chaque fois, mais ne désirait pas les culpabiliser. Ils frappèrent à l’unisson sans rien remarquer et c’est alors que tombèrent des paquets, plus nombreux qu’a tous les Aleja.

-Tiens, c’est pour toi. On a eu plus d’argent ce moi ci, Papa a travaillé dur car il trouvait cela injuste que tu n’aies pas le droit aussi.

Soumia, incrédule, aux bords des larmes, ouvrit délicatement le paquet pour découvrir une très jolie poupée de chiffons, vêtue d’une robe en tissu. Ce n’était pas réalisé par un maitre en couture, cela se voyait, mais Soumia la trouvait tellement magnifique qu’elle n’y prêta pas attention, d’autant plus qu’elle pouvait la faire danser et virevolter de ses bâtons de bois. Sous l’émotion, car elle n’y croyait pas, Soumia pleura, pleura très fort, car c’était le plus beau soir de sa vie. Ses parents et son frère qui avaient eu aussi droit à des cadeaux, la serrèrent en pleurant, car ils ne voulaient pas avouer qu’ils n’avaient rien acheté, par amour propre et pour ne pas la décevoir. Soumia ne savait rien de l’histoire, mais secrètement, au fond d’elle-même, elle savait que celle qui avait créé sa poupée n’était autre qu’Anya. Sa patte était reconnaissable. Mais tant pis, car c’était un magnifique cadeau qui lui allait droit au cœur et qu’elle se promit de conserver précieusement toute sa vie.

C’est ainsi que pour ce soir de l’Aleja, alors que je n’avais que six ans, je conçus ma toute première marionnette.
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MessageSujet: Re: Mémoires d'une Bannie   Mer 12 Aoû - 18:09

La Bande à Tim


La même année, un autre évènement se déroula. Les beaux jours revenaient, les adultes devenaient plus cléments en réduisant nos heures de travail pour que l’on puisse jouer un peu. Je crois que c’est quelques mois après l’histoire de l’Aleja que nous avons formé la bande à Tim. On était cinq. Cinq, parce que c’est toujours un bon chiffre dans un groupe, il paraît. Trois garçons, deux filles, dont Soumia et moi. Les autres, c’était Tim, le Freluquet , le plus âgé d’entre nous, et Amael. Le freluquet, parce qu’il refusait de dire son nom qu’il trouvait trop ridicule, et puis, le Freluquet , ca faisait plus cool. Un nom de garnement, qui se laisse pas faire, enfin c’est qu’il pensait, un petit héros des Docks, quoi. On pouvait imaginer que notre bande s’appelait la bande à Tim parce que c’était le leader, le plus fort du groupe, celui qui mène les autres. Bah pas du tout. Tim, c’était le petit gringalet, le plus petit d’entre nous en plus, aux cheveux verts forêt mal coiffés et joues rondes, qui bégayait quand il parlait et devenait rouge poivron quand on lui reprochait le moindre truc.

Oui. Verts forêt. On n’a jamais eu l’explication, c’était un peu l’attraction des Docks avant qu’on forme un groupe. Son père disait de lui que c’était le garçon « le plus beau du monde », et sa mère tout aussi amoureuse de ces drôles de cheveux, n’ y voyait aucun problème et l’appelait « son petit miracle » . » Tu es destiné à faire de grandes choses » lui avait-elle dit .En attendant, c’était un véritable peureux qui avait la tremblote, et comme le Freluquet trouvait son nom cool, il avait choisi qu’on s’appellerait la bande à Tim. Et puis c’était une manière de lui donner un petit coup de pied au cul, de le rendre fier, pour qu’un jour il arrête de s’enfuir pour un rien. « T’as de grandes responsabilités maintenant, tu portes le nom de notre bande, tu dois en représenter la fierté , tu vois ? « lui disait Soumia

Le leader de notre groupe, c’était marrant, en fait il était deux, qui s’alternaient chaque fois qu’on partait en « mission ». Comme Tim, évidemment, Amael et moi détestions mener les autres, Soumia et Le Freluquet s’étaient proposés en même temps, ce qui avait entrainé des duels et des bastons pour savoir qui était le plus fort. Et oui, fallait pas croire, mais Soumia était une forte tête, qui savait se battre et mener son monde à la baguette. Finalement, ils n’arrivèrent jamais à une véritable défaite et ils se proposèrent de partager le pouvoir. Ils ne menaient pas de la même façon , mais c’était aussi efficace l’un l’autre.  Les missions de la bande à Tim étaient toutes différentes, on avait toujours des trucs à faire. Bien sûr , c’était toujours après les heures de boulot, après avoir bien trimé, parce qu’on devait « être un modèle pour les autres « comme disait le Freluquet. Ca allait de trouver le voleur de pain de madame Belma , à régler un conflit d’une guéguerre entre mioches de deux quartiers, à dénicher des trésors , même à veiller sur quelqu’un lorsqu’une personne était très malade. Des petites missions qu’on prenait avec beaucoup de sérieux, en plus maintenant on était très respecté, et on avait le droit à des primes, quand on les réussissait bien. Sauf que ce jour-là, C’est allé beaucoup plus loin que ce qu’on avait imaginé …

C’était un jour comme les autres. Il faisait plutôt chaud. C’est Soumia qui menait cette fois-ci.

-Hé, vous vous rendez compte qu’on est jamais sorti des Docks ? A quoi ça ressemble dehors à votre avis ?

Voilà. Tout avait commencé à partir de là.

-Chai’ pas avait répondu Amael . Mon père m’a dit qui fallait pas s’aventurer en dehors. T’as le choix entre les sauvages et les riches de la cité. Paraît que t’es un homme mort quoique tu choisisses. Paraît que les sauvages il nous aime pas, et qu’ils te capturent pour te découper en morceaux et te font bouillir pour en faire des peintures ou donner en offrande à leurs chefs…

-Beurk. Le freluquet fronça les sourcils longtemps pour réfléchir. Ouais mais les nobles d’Antahorey ils te font pas bouillir, ça serait ptet plus facile d’aller las bas.

- N’y pense pas! avait couiné Tim. On m’a dit qu’ils sont plus cruels que les sauvages. Ils ont leurs chevaliers personnels et tout, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Pourquoi on rependrait pas la chasse au trésor ?

Je les écoutais , pensive. Je ne savais pas trop à vrai dire. J’étais de l’avis de Tim. Les nobles, ca me disiat rien de bon. Mais en même temps ça me fascinait…les robes. Les bijoux. J’imaginais déjà que ça brillait de partout.

-T’as raison Tim. On va faire une nouvelle chasse au trésor. Imaginez, ils sont tellement riches, leurs rues doivent être des pavés d’or. Leurs assiettes, leurs couverts. J’parie même que leurs mouchoirs sont en or. Allez, les gars. On s’infiltre genre une minute dans la cité et on rapporte un objet pour prouver qu’on y est allé.

-C’est pas dangeureux ? Blêmit Amael

-Bah bien sûr ! Mais on sera des héros . On aura vu en vrai la cité des nobles ! Vous voulez qu’on nous voit comme des trouillards ou quoi ? Allez ca sera rien que quelques minutes. Apres on déguerpira.

Ses yeux pétillaient. Elle était déchaînée. On trembalit de peur et d’exitatation. Pourquoi pas essayer ? C’était rien quelques minutes. Et puis, après on serait tellement admiré. Et on pourrait voir si c’est vrai, toutes ces robes et ces pavés d’or…

-Je suis prête, moi ! allons y, foncons ! je m’étais levée, pleine de fougue. Ca a entrainé les autres. Et on est parti droit vers la Cité blanche

Soumia menait les opérations .On était les meilleurs en rapidité et discrétion. Sauf qu’on s’est rendu compte d’une chose : L’entrée de la cité Blanche était bien gardée. Y’avait aucune chance de passer sans se faire embrocher. Sauf que quelques jours auparavant, notre chef avait repéré une canalisation oubliée qui débouchait pile poil derrière le mur. Elle nous fit entrer tous les quatre. J’avais un peu la frousse, j’avoue. Le tuyau était à peine plus large que nous et il faisait sombre, froid et humide. Je m’accrochais en pleurnichant au pantalon d’Amael , tout en rampant de mon autre main. Heureusement mon calvaire ne dura pas longtemps. La lumière en sortant nous brûla les yeux. La canalisation débouchait sur un autre muret, donc on ne pouvait pas nous griller tout de suite. Il y avait des trous, pour regarder l’extérieur. Ouah. Là où on était, il ne devait pas y avoir beaucoup de fréquentation. Il y avait deux ou trois personnes. Mais rien que ça, on en avait la bouche décroché. Il avait des vêtements avec des dentelles, des bijoux qui brillaient et du tissu fin et léger. Ouaah. Ils se tenaient droit, avaient de l’élégance et ils semblaient virevolter. Par contre j’étais un peu déçue. Les pavés étaient pas en or. On s’assura qu’il y avait personne et on galopa le plus silencieusement possible jusqu’au prochain muret. Loin au nord, Il y avait une autre grande porte à franchir. Avec des gardes. Il fallait mettre au point un autre plan.

-On dirait qu’il y a rien ici chuchota Soumia. Mais faut qu’on rapporte quelque chose sinon on nous traitera de menteur. Je crois qu’il faut franchir l’autre mur pour aller dans la cité. Et je crois que…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. On faillit hurler quand une main l’attrapa par le cou. L’autre nous prit par le col et nous entraîna dans une maison de pierres blanches  avant de nous jeter par terre. L’inconnue nous regarda d’un air furieux et ferma sa porte à clé . On s’était tapis dans un coin en se serrant les uns contre les autres. Qu’est ce qu’elle allait faire ? Nous fouetter ? Nous torturer ? Nous cuire dans un chaudron ? je commençais à pleurer fort dans les bras de Freluquet. L’inconnue se précipita vers moi et me gifla. Le coup fit un bruit retentissant. Ca faisait tellement mal.  Soumia furieuse , fit barrière.

-Ca va pas non ? Je vous interdis de nous toucher ! vous allez nous relâcher espèce de vieille folle !

L’inconnue, toujours cachée sous sa cape tendit la main , menaçant d’un nouveau coup. Je me recroquevilla terrifiée. Soumia serra les dents, prête à mordre.

-Pfff…c’est vous qui êtes complètement fous, vous voulez vous faire remarquer ? Vous savez où vous êtes ?

Elle enleva sa cape. Sous le tissu se cachait une femme pas si vieille en fait. La trentaine. Ses cheveux couleur d’or en broussailles descendaient le long de son dos. Sa taille était menue et gracile, bien mise en valeur par sa robe simple en soie bleue, serrée à la taille par un ruban blanc. Ses épaules étaient couvertes comme ses manches, d’un tissu lui aussi blanc, à la matière nuage. Elle était seulement parée de quelques bijoux, sur son cou et ses oreilles, en argent.

-Qu’est ce qui vous a pris de mettre les pieds ici ? Si je ne vous avait pas trouvé, vous pendriez déjà au bout d’une corde ! siffla t elle Et encore, ici il y en a qui ont bien plus d’imagination pour vous souffrir jusqu’à votre dernier souffle… Son regard devint trouble , ses mots un murmure. Puis elle se reprit. Quoiqu'il en soit, je suis assez gentille pour vous ramener jusque derrière les murs. Allez, mettez ces capes ! Elle était vraiment en colère

-Z êtes qui d’abord ? Nous on veut rapporter une preuve ! faut qu’on trouve les pavés d’or !

Soumia lui raconta notre mission et l’inconnue devenue statue se mit soudain à rire très fort les larmes aux yeux.

-Ahlalaa ! quels imprudents ! Si je vous raconte ma vie, vous accepterez de m’obeir au doigt et à l’œil ? Très bien . Je me nomme Eléonore de Valian, je suis une ex-duchesse.

Ouah….Une duchesse…Cette Eleonore nous expliqua que sa famille était riche, influente, que beaucoup se « pâmaient «  pour avoir ne serait ce qu’une petite faveur. Elle nous décrivit les bals, les vêtements, le pouvoir qu’ils avaient ect… Tout cela sonnait comme un conte de fée. On l’enviait. Mais d’un air triste, cette femme nous révéla qu’il n y avait réellement que quelques personnes de confiance, la vie de la famille n’était qu’un déroulement de terribles complots, chacun jalousant l’autre, et surtout, les filles étaient considérés comme des moins que rien, malgré leurs compétences . Elle, avait été promise à un type depuis sa naissance et n’avait pas son mot à dire. Le même sort avait été réservé à sa mère, bien qu’elle haïsse son mari. Et un jour cet incident est arrivé. Son promis avait commis quelque chose d’horrible sur une autre femme, mais Eléonore ne nous dit pas quoi. On accusa à tord un autre jeune noble en disgrâce , présent le même jour. Mais cette dernière avait soupçonné quelque chose de louche et avait mené sa propre enquête. Quand elle l’avait découvert, elle l’avait accusé haut et fort en montrant des preuves pour humilier devant toute la bonne société, et détruit leur contrat de mariage. Sa mère l’avait soutenu. Comme c’était mal vu qu’un noble face une chose pareille, ils avaient étouffé l’affaire et banni Eléonore dans cette maison.

-Ma mère est morte quelques mois plus tard dans des circonstances mystérieuses. J’aimerais un jour que je puisse la revoir, rien qu’un peu pour lui dire que je vais bien et que j’ai trouvé le moyen de m’échapper pour vivre mes propres aventures. La femme pleura à chaudes larmes.

On la regardait tous ébahis. On comprenait pas tout, mais c’était sur, c’était pas vraiment cool alors , d’être un noble. Je repensait à ce qu’elle avait dit. Ce n’était pas la première fois que j’entendais « si seulement je pouvais le revoir » . Chaque fois ça m’énervait encore plus. C’était tellement injuste qu’elle puisse pas lui dire adieu ! j’aimerais bien avoir un moyen un jour, d’aider ces gens. Son histoire finie, Eléonore nous ficha des capes sur la tête et nous ramena au tuyau.

-Pas besoin de revenir, je vais boucher le tuyau. Retournez chez vos parents sales garnements. Eléonore tendit en souriant un grand carré de tissu brillant et doux. Prenez en soin, je n’ai pas de pavé doré mais c’est un tissu avec mes armoiries. On ne trouve ça que dans cette cité. Vous penserez à moi quand je partirais à l’aventure.

Il était beau, doré et blanc, avec des fils très fins et des inscriptions dessus. Au centre et quatre coins, il y avait des cercles avec des dessins. On lui promit et je me glissa à nouveau dans l’horrible tuyau. Quand nous sommes tous sortis, le Freluquet a fait un petit sifflement aigu. Il était très doué pour les sifflements. Aussitôt, un bruit sourd de déboulement sortit du tuyau. On comprit avec tristesse que notre passage était bouché à jamais. C’était fini. Quand nous sommes rentrés, on plaça le tissu dans du verre solide et propre et l’avons placé dans notre cachette secrète . Soumia décida qu’on ne dirait rien à personne , parce qu’on pourrait se prendre une bonne correction si ça se savait. Amael fit remarquer que finalement, c’était peut être mieux nos bonnes vieilles missions. L’expérience nous avait suffisamment fait peur pour pas recommencer. Alors on conclut un pacte pour ne pas refaire des missions nous mettant en danger. Parce que sinon, ça ne serait pas cool, conclut Freluquet.

L’autre jour, en fouillant mes tiroirs, j’ai retrouvé le fameux bout de papier avec nos gribouillis pour signer l »accord ». Bon sang, mais qu est- ce-que je dessinais mal avant!  Avec mélancolie, je me ressassai ces souvenirs . Comme on dit souvent:

« Comme c’était le bon vieux temps »…
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