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L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]

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Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
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MessageSujet: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Sam 15 Aoû - 22:42

Les chasseurs ailés. Un ordre puissant et élitiste  prônant d'étranges valeurs pour une division militaire. Si obtenir l'occasion d'en faire parti était déjà rare, aller jusqu'au bout de la formation ultra-sélective n'arrivait qu'à une poignée d'individu au corps de fer et au mental d'acier. La plupart de temps, il s'agissait d'ailleurs d'adolescent à peine sortie de l'enfance. Un corps plus facile à formater au maniement des armes, un esprit souvent vierge dans lequel on inculquait la propagande Ünik. Rien que les sélections ressemblaient à un véritable parcours du combattant impitoyable  dans lequel beaucoup des prétendants se brûlaient les ailes.  Toutefois, comme pour toute situation, il existait une exception. Un cas isolé, suivant la route soigneusement sillonnée par le destin pour passer au travers de barrières qu'il n'aurait sans doute pu passer autrement. Croiser le chemin d'Elionne Hesto avait sans équivoque changé catégoriquement le cours de son avenir.
Pour autant ce passe-droit ne lui avait en rien retiré le mérite d’avoir accédé au titre de Chasseur Ailé. Sans aucun favoritisme, le jeune homme avait encaissé les épreuves comme chaque autre candidat, puisant dans la limite de ses ressources physiques pour les surmonter.  Au début, les instructeurs hésitèrent même le sortir de la promotion, tellement ses résultats peu convaincants ne se trouvaient pas à la hauteur des attentes d'une école aussi prestigieuse. Son sursis ne se devait qu'a l'intervention bienveillante de la chef de l'Odre. Elle semblait avoir décelée en cette recrue une capacité ne demandant qu'à fleurir. Et le temps lui donna finalement raison, car à présent Ithilion Gwendilan, malgré son arrogance détestable, était considérée comme le digne représentant de l'illustre Elionne Hesto. Son maitre étant elle même reconnue comme l'un des meilleurs tireur d'élite ayant jamais existé.
Aujourd'hui, l'exception rentrait dans l'immense quartier générale des Chasseurs Ailés avec pour objectif de répéter l'histoire. Seulement, elle s'annonçait un peu plus compliquée à écrire que pour son maitre. D'une part, il n'occupait pas un poste lui donnant du poids dans les décisions, et d’autre part, il entretenait une relation exécrable avec ses supérieurs.
Devant la gigantesque porte  d'entrée à double battant, Ithilion s'arrêta au pied des marches. Alaryk et Etan firent de même et s'assirent sur la première marche. Après l'épisode du braquage, ses deux compagnons n'avaient pas piper mot sur le chemin du retour. Sans doute à cause de la présence des deux inconnues que le chevalier ramenaient avec lui, et dont il avait pour idée de les intégrer aux Chasseurs Ailés. Il s’aperçut  que ses deux amis n'appréciaient guère son projet fou. Il le voyait dans leurs démarche et à leurs expressions au visage. Mais personne ne l’empêcherait de parvenir à ses fins, et ces derniers le savaient pertinemment, d'où leur mutisme. Même Alaryk, qui d'ordinaire ne manquait pas d'imposer sa vision au débat, préférait laisser son ami se débrouiller avec cette affaire. Ithilion soupçonnait également un mal aise dû à la présence de la jeune femme qu'il avait tenté de draguer à l'entrée de la banque. Le grand colosse évitait de croiser le regard de la jolie ingénue. Cela fit sourire Ithilion. Décidément, sa nouvelle vie d'instructeur  ne promettait pas d'être évidente. Et comme si faire accepter de façon légale sa disciple aux yeux de ses supérieurs ne s'avéraient pas être une tâche facile, il allait également devoir briser la glace avec ses propres coéquipiers.

-Bon, nous voici devant la maison mère des Chasseurs Ailés.
expliqua alors Ithilion en se tournant vers Sally et Cecil. A partir de maintenant, vous allez devoir vous pliez au règlement qui régit ces lieux.

Le coup d'oeil qu'il jeta à  Cecil se passa de commentaire. L'avertissement ne pouvait être plus clair, le chevalier épierait chacun de ses mouvements, à l’affut du moindre faux pas. Cet homme mystérieux semblait posséder un égo aussi volumineux que le sien, donc il se doutait à juste titre de la manière avec laquelle ce genre de menace glissait sur son insouciance. Vraiment, Ithilion ne comprenait pas la raison pour laquelle Sally s'était autant attaché à lui. Ni pourquoi lui la suivait et la protégeait avec autant d'ardeur. Remarque, le chevalier n'était plus le mieux placer pour se poser ce genre de question, lui qui avait proposer à une jeune inconnue de suivre son enseignement au bout de quelques heures. Il ne possédait pas non plus de réponse clair pour l'expliquer, il suivait simplement son instinct comme d'habitude.
- A partir de maintenant, tu t’appelleras Nancy. reprit-il en s'adressant à Sally. Afin de vous protéger, il vaut mieux que vos identités ne soient reconnus. Ne vous inquiétez pas pour Etan et Alaryk, je leur fais entièrement confiance.
Les deux Uniks soupirèrent. Ithilion les mettait dans une situation délicate en les intégrants sans concertation dans sa magouille. Ils risquaient gros si jamais un jour se découvrait le pot aux roses, pourtant ils ne parurent pas protester plus que ça. Les trois uniks avaient grandi ensemble, ils formaient presque une seule entité dans laquelle régnait une confiance et un soutient inconditionnel.

-Toi cecil, tu prendras le prénom de Fried. Tu vas devoir passer pour mon majordome. Je suis vraiment désolé, mais je ne vois pas d'autre façon de laisser un civil vivre dans le Q.G
En annonçant cela à l'intéressé, un sourire narquois fleurit sur le visage du chevalier.  En vérité, il existait sans doute d'autre possibilité, mais avoir la possibilité de secouer la fierté de cet homme en le soumettant à ses volontés lui provoquait un extrême  sentiment de jouissance. Et puis, cela lui permettra de garder attentivement un oeil sur les actions de Cecil. Ses dents blanches se dévoilèrent un peu plus au grand jour lorsque qu'il s'imagina passant devant les autres au réfectoire, suivit de sa disciple et de son majordome.
En retrouvant contact avec la réalité, il décida de terminer cette petite réunion. Le plus dur restait à venir, et il commençait déjà à réfléchir aux arguments qu'il allait devoir déballer.

-On réfléchira à une fausse histoire pour vous rendre plus crédible un peu plus tard. Je dois absolument prévenir mes supérieurs de votre présence et leur faire accepter Sally comme nouvelle recrue. Donc surtout, une fois à l'intérieur, tenez vous tranquille et laisser moi parler.  C'est bien compris ?


Dernière édition par Ithilion le Lun 11 Jan - 21:39, édité 1 fois
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Dim 16 Aoû - 23:03


Ils y étaient donc enfin... Devant le grand bâtiment qu'était le quartier général des Chasseurs ailés, Sally se sentait minuscule. Un peu éblouie par le soleil, elle frotta ses grand yeux clairs encore un peu bouffis par les larmes qui avaient coulé un peu plus tôt. Elle voulait admirer la façade blanche de cet endroit mystérieux qu'elle découvrirait dans quelques instants. Une fois qu'elle aurait franchi son immense portail, une nouvelle expérience commencerait pour elle. Tout le long du chemin, elle avait suivit Ithilion docilement, et en regardant son dos, elle se demandait s'il était vraiment la clé qui lui permettrait de devenir une Ünik comme les autres. Lui apprendrait-il la vie normale, la vie des gens ordinaires, à elle qui sortait d'un laboratoire ? L'année qu'elle avait passée à Nordkia ne lui avait pas permis de s'épanouir. Elle l'avait passée à avoir peur d'un patron libidineux et violent... Ithilion lui était quelqu'un de bien, elle le sentait, elle le savait, c'était pourquoi elle lui faisait une confiance aveugle.

Innocente Sally, songeait Cecil. Si l'idée d'être protégé par l'armée lui semblait pertinente au vu de leur situation à tous les deux, le fait de se retrouver dans le même escadron que cet albinos étrange ne l'enchantait vraiment pas. Il fallait cependant croire que la jeune femme et le Chevalier avaient des atomes crochus, ceux d'un tuteur et de sa protégée, et que l'Ünik sinistre vêtu de noir qu'il était ne pouvait lutter contre cela. D'aucun aurait dit qu'il s'agissait d'une histoire de « destin ». Sur la route du quartier général, Cecil n'avait cessé de fixer Ithilion d'un air suspicieux. Qu'est-ce qui lui voulait donc, à Sally, pour se dépêcher de la prendre sous son aile comme ça ? Il était inutile de lui dire que le Chevalier avait agi par empathie ou charité, il n'en avait pas l'étoffe. Quoi qu'il en soit, il n'était pas inquiet. Si les choses devenaient compliquées pour Sally et lui, ils partiraient sans dire un mot. Et ce même si Ithilion avait juré de garder un œil sur lui. Croyait-il lui faire peur ? Les mots manquaient pour dire à quel point c'était raté. Ce n'était pas ce coup de poing, certes puissant, qu'il lui avait administré un peu plus tôt qui lui ferait dire le contraire. Cecil était bien trop fier pour cela.

Quand Ithilion se tourna vers eux avant qu'ils ne pénètrent le bâtiment, il leur indiqua un comportement à suivre à la lettre pour que tout se déroule pour le mieux. Comme ils l'avaient décidé tous ensemble, Sally et Cecil changeraient d'abord de nom. Sally accepta le nom de Nancy en hochant la tête avec obéissance, et Cecil fut rebaptisé Friedrich. Pile son deuxième prénom, cela tombait bien quelque part. Il lui suffirait de ne pas dire son nom de famille et le tour serait joué. Impossible ainsi de deviner qui ils étaient vraiment.
Ithilion ajouta que pour rendre crédible l'arrivée d'un civil comme le jeune homme dans le QG sans éveiller les soupçons, il valait mieux qu'il endosse le rôle de son majordome. Cecil tiqua. Sa tête se tourna doucement vers le Chevalier. Son regard de braise, prenant des teintes particulièrement courroucées, se planta dans l'oeil gris de son interlocuteur. Un majordome ? Le sourire narquois et très fier qu'arbora le Chevalier souleva une pulsion meurtrière qu'il put maîtriser par il ne savait quel miracle...
* Je vais le tuer. Je vais le tuer et disperser les morceaux de son corps aux quatre coins de la planète...* songeait Cecil, si fâché qu'il en tremblait presque. Pour qui se prenait ce petit imbécile insolent et désinvolte ? Il poussa un soupir d'exaspération avant de détourner le regard, sans rien ajouter. Il serait devenu grossier, très grossier, et il ne voulait pas parler salement devant Sally. La jeune femme, elle, se réjouit en silence de ce que l'on ait trouvé une place à son amie. Elle était très loin de réaliser que cette perspective ne lui plaisait pas du tout, et que s'il avait été seul avec Ithilion, il lui aurait très certainement sauté à la gorge pour l'étrangler.

Ithilion pouvait être très fier de son petit effet sur Cecil. Reprenant son sérieux, il ajouta qu'ils imagineraient plus tard une histoire plausible expliquant la raison de la présence des deux compères à ses côtés. Mais une fois à l'intérieur ils devraient se taire et le laisser parler pour que tout se déroule bien. Quand il demanda si tout était bien compris, Cecil croisa les bras, afficha une moue mécontente et clos les yeux d'un air furibond. Ils n'étaient pas stupides à ce point-là. Sally quant à elle, acquiesça gentiment et dit d'une petite voix :
« D'accord... » Elle joignit ses mains et tripota ses doigts fins d'un air un peu timide. Finalement, elle avait un petit peu peur de rentrer ici. Cette bâtisse était impressionnante, aussi impressionnante que ces trois puissants Chevaliers. Comment réussirait-elle à se faire une place parmi eux, elle qui ne savait rien faire du tout ?

Bien que déstabilisée, elle se résolut finalement à s'approcher de la grande porte. Mais lorsqu'elle arriva face à Alaryk, assis sur la première marche du perron, elle s'immobilisa subitement. Elle se sentit rougir, très vivement et se précipita derrière Cecil, qui était encore la seule personne pour le moment qui la rassurait. Ithilion avait parlé d'un air si sérieux qu'elle avait peur de l'embêter en se rapprochant de lui. Le jeune homme vêtu de noir lança un regard blasé à Sally, et soupira.
« Eh bien... Ce n'est pas gagné ! » lâcha-t-il, déjà fatigué par ce qui allait suivre. Un braquage ça ne leur avait pas suffit ? Il fallait qu'ils poursuivent leur journée ici ? Pourquoi ne s'étaient-ils tout simplement pas dit adieu ? C'était pas croyable...
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Lun 17 Aoû - 10:09

A l'intérieur du grand hall, tout les regards se tournèrent vers le petit groupe qui venait d'entrée. Les proportions gigantesques du bâtiment n'empêchaient pas qu'une nouvelle tête soit rapidement détectée. Tout le monde se connaissait  dans cette grande famille. Mais pour l'instant, Sally et Cecil devait paraitre seulement comme deux civils ayant recours aux Chasseurs Ailés pour une mission lambda.  Toutefois le chevalier savait pertinemment que les regards s'entrecroisaient pratiquement tous en direction de la jeune femme qui l'accompagnait. Bien que ce groupe militaire était mixte, peu de femme arrivait jusqu'au bout de la formation et généralement ces dernières avait un caractère en acier trempé.  Les quelques fous qui tentaient de les importunés se rendait vite compte de leur erreur. Hors Sally était toute leur contraire : Fragile, douce, docile.  Le chevalier allait devoir surveiller les hormones de ses camarades le temps que la mignonne petite fleur s'endurcisse et se laisse pousser des piquants.
L'intérieur richement décoré reflétait la richesse et la grandeur de cet ordre militaire. Pour peu, un quelconque individu pourrait facilement se croire dans le palace d'un éminent membre de la bourgeoisie. Les colonnes se paraient d'enluminure dorée qui virevoltaient autour de la pierre blanche dans de magnifiques finitions. D'immenses statues personnifiant des valeurs comme la justice trônaient de part et d'autre de la salle. Sur les murs,  chaque tableau, à la dimension hors norme, mettait également en scène les valeurs de cet ordre dans un style épurée mais poignant de réalisme. La grande salle d'entrée donnait sur  une dizaine de couloir, mais Ithilion mena le petit groupe en direction de l'imposant escalier .construit au fond.
-Au début, vous serez peut être un peu perdu. annonça t-il à ses deux recrues en rigolant.  Ne vous en faites pas, il n y a eut que quelques cas de mort déshydraté de personne qui ne trouvait pas la bonne pièce.  Normalement, on vous aidera  à vous repérer.
La petite pointe d'humour cherchait en fait à briser la boule de stress qui se créait en lui au fur et à mesure qu'ils s'approchaient des quartiers supérieurs. Cette histoire se déroulait un peu trop à l'improviste, mais il avait toujours fonctionné ainsi. Les abriter dans une taverne le temps d’échafauder un plan plus abouti, en leur construisant tranquillement un passé factice, ainsi qu'une nouvelle identité ne lui donnerait pas plus de chance face à son chef.
En montant tranquillement les marches, le chevalier blanc expliquait grossièrement ce qu'il se pouvait se trouver à l'étage actuel. Il leur ferait une visite un peu plus détaillé une fois qu'ils auraient reçu la permission de rester en ces lieux. Mais il leur expliqua déjà où se trouvait le réfectoire,  et le détermina comme point de rendez-vous si des fois ils étaient amenés à se perdre de vue. Sur leur passage, l'écho de quelques discussions se rapportait au braquage déroulé dans le centre ville.


-Apparemment, ces abrutis sont tous mort, mais le trois quart des otages ont été abattus.
Pour une fois Ithilion détourna le regard. Il ne souhaitait pas que l'on sache qu'il se trouvait dans cette banque. Moins il ferait de bruit sur cette histoire, et moins on s'intéressera aux deux üniks avec lui. Sa fierté se rangea dans un coin bougon de son esprit, laissant sa sagesse fêter l'une de ses rares victoires.
Alaryk et Etan se regardèrent d'ailleurs d'un air surpris face à l'attitude calme de leur compagnon. Le grand colosse ne put s'empêcher de faire un commentaire :
Finalement, c'est peut être une bonne idée son truc. dit-il à l'adresse d'Etan. Il deviendra moins casse couille avec des responsabilités.


-Pari tenu. C'est impossible...
L'intéressé se retourna brusquement. Une flamme mauvaise crépitait au fond de ses yeux. Le chevalier était si tendu par la tentative de sa demande qu'il avait peur qu'un simple sous-entendu comme celui-ci pouvait tout gâcher. Son honneur était en jeu. Cette promesse faite à SAlly, il ne la romprait pour rien au monde car l'étincelle d'espoir qu'il avait décelé au fond de ses yeux profond comme le ciel.
Il préféra se retourner illico avant d'éclater de rire.
-Jaloux.... lâcha t-il simplement sur un ton goguenard.
Quelques marches plus haut, ils arrivèrent face à un long couloir ou l'ambiance changeait du tout au tout. La couleur blanche représentait la neutralité et l'égalité entre tout les membres de cet ordre, une valeur que ELionne Hetos s'était attachée de faire prévaloir. Mais Markus Kelan, l'actuel commandant, avait préféré changer cette couleur neutre pour des couleurs mettant sa supériorité d'avantage en relief. L'or et le rouge. Symboles du pouvoir, de la grandeur. Ce guerrier vétéran bafouait toutes les valeurs qui faisaient la singularité des Chasseurs Ailés, et cela expliquait l'animosité qu'éprouvait Ithilion à son égard. Il espérait fortement que son maitre revienne un jour reprendre sa place, et remette à flot cet immense navire qui commençait à chavirer sous le joug d'un capitaine autoritaire et aveugle.
Avant de pénétrer dans le couloir, Ithilion voulu donner ses dernière instructions.


-Bon le bureau du commandant est au  bout du couloir. C'est une personne bornée et qui se croit au dessus de tout. Cela ne va vraiment pas être facile. Sally, il va falloir que tu restes droite mais surtout que tu montres ta détermination. Il ne fera aucun doute qu'il cherchera à te tester.  Vraiment, montre lui toute l'énergie et la volonté que tu as à intégrer les Chevaliers Ailés. Je t'appuierai ne t'en fait pas. Et surtout pas de larme, cela ne ferait qu'empirer les choses. D'accord ?

Ensuite, il regarda Cecil qui semblait ne pas du tout apprécier la situation dans laquelle l'avait embarqué son amie.
Désolé, il va falloir que tu attendes ici. Les laquais ne sont pas autorisés dans le bureau du commandant. lâcha t-il son sourire s’agrandissant. Cependant, il faudra tout même peut être que tu rentres...Si jamais SAlly a besoin d'un...coup de pouce.
Le plan ultime de recours. Ithilion  ne souhaitait vraiment pas en arriver la, mais il fallait mettre toutes les chances de son côté. Et vu la pourriture qu'était Markus Kelan, il n'aurait aucun remord à employer une méthode aussi liberticide, sur un Ünik usant du même type de pouvoir et de la même manière.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Mar 18 Aoû - 12:22


Chacun prit une inspiration nécessaire pour rassembler son courage. La petite troupe se décida alors enfin à rentrer dans le quartier général des Chasseurs ailés, ce prestigieux escadron qui n’était encore qu’une engeance abstraite aux yeux de Sally jusqu’à ce moment-là.
L’endroit était immense et décoré de manière à ce que d’un coup d’œil, on comprenne quelle était la grandeur de cet ordre de tireurs d’élite. En effet, l’architecture marbrée et blanche, dotée par endroits  de légères et élégantes dorures, donnait des allures de véritable palais au bâtiment. Le grand hall dans lequel ils avaient pénétré était l’imposant nœud de communication d’une dizaine de couloirs qui s’échappaient dans différentes ailes lointaines. Des sculptures d’une blancheur éclatante ainsi que des tableaux majestueux avaient été installés le long des murs, comme pour montrer aux minuscules visiteurs quelles fondations étaient celles qui avaient permis de bâtir les Chasseurs ailés. Enfin, en point d’orgue à cet édifice impressionnant, un grand et large escalier construit au fond du hall permettait de s’aventurer dans les étages du bâtiment si l’on était suffisamment courageux pour oser en gravir les nombreuses marches.

Cecil, qui avait l’habitude des belles choses, n’admira pas le quartier général. Sally au contraire avait presque le vertige tant elle s’émerveillait devant la majesté des lieux. Elle écarquillait si grand ses yeux que l’endroit devait s’y refléter presque entièrement. Elle était si ébahie qu’elle en oublia de suivre les Chevaliers pendant un instant. Cecil, qui remarqua son retard, fit quelques pas en arrière et la pris par le bras pour la ramener vers eux.
« Allons, ne traîne pas » lui intima-t-il à voix basse. Ils étaient suffisamment observés comme cela. Voir des civils était si étonnant pour tous ces militaires ? Sally était tellement absorbée par ses découvertes qu’elle n’avait même pas remarqué que tous les regards en uniforme se posaient sur elle et l’Ünik en noir. Le noir qui dénotait au milieu de tout ce blanc. Mais il comprenait les impressions de Sally : elle n’avait jamais rien vu d’aussi grand, et quelque part l’idée de bientôt devoir arpenter tous ces couloirs était un peu inquiétante.

Ithilion leur lança alors avec humour que si plusieurs personnes s’étaient déjà perdues dans le bâtiment, assez peu d’entre elles avaient trouvé la mort. La jeune femme frissonna :
« Des morts… ?
- Il plaisante Nancy » dit derechef Cecil, qui avait adopté le nouveau nom de sa compagne par crainte de ce que des oreilles voisines ne rampent trop près d’eux.  Sally n’était pas encore suffisamment instruite sur le monde pour s’éveiller à l’humour. Il soupira. Non, décidément, ce n’était pas gagné cette histoire de tutorat. Ceci dit la perspective de voir Ithilion s’énerver face à sa candeur le transportait de joie. Arriverait-elle à le faire sortir de ses gonds, et sans le vouloir qui plus est ?
Lorsque le grand hall fut traversé, ils gravirent tous les marches du grand escalier blanc. Autour d’eux, les chasseurs discutaient du braquage en ville. Cet événement devait d’ailleurs monopoliser bien des conversations, qu’elles soient des forces de l’ordre ou civiles. Un bref échange que Sally ne comprit pas eu lieu entre Ithilion et ses deux partenaires, qui ne semblaient croire qu’à moitié à la réussite de sa périlleuse entreprise. Visiblement le supérieur hiérarchique à qui il demanderait l’autorisation de prendre en charge la Paria n’était pas quelqu’un de très ouvert à la discussion…

Le Chevalier les mena tous à l’entrée d’un long couloir devant lequel ils s’arrêtèrent. Ici il dressa un portrait de l’homme devant lequel serait bientôt présentée Sally. Il s’agissait de quelqu’un se croyant au-dessus de tout et d’assez borné. Cecil ne put réprimer un sourire moqueur en songeant que c’était là un point commun qu’Ithilion partagerait avec son supérieur. Ce profil n’était toutefois pas rassurant pour la jeune femme. A l’évidence, elle aurait du mal à faire ses preuves. Le Chevalier lui conseilla de se montre énergique et déterminée. Et surtout, pas de larme.
« Non, non, pas de larme ! » répéta-t-elle en secouant la tête commune gamine. Nul doute que son innocence et ses grands cils n’auraient pas raison de l’intégrité d’un militaire aguerri. Ithilion se tourna ensuite vers Cecil pour lui signifier que « les laquais n’étaient pas tolérés dans le bureau du commandant ». Il affichait encore un sourire narquois, témoin de toute la jouissance que lui procurait cette opportunité de se payer la tête de l’ex-noble. Il ajouta cependant que si d’aventure le chef refusait de les accepter, il en appellerait peut-être à l’Eye-Order. Ce fut au tour de Cecil de sourire d’un air suffisant. Ce Dzêta n’était donc détestable que lorsque ça l’arrangeait ? Ce Chevalier était décidément bien faible.
« Comme vous voudrez, Monsieur » répondit-il d’un ton sarcastique, en s’inclinant trop peu pour que l’on y remarque une quelconque attention respectueuse.

Sally, complètement à côté de cet échange venimeux, s’était quant à elle un peu préparée à rentrer dans le bureau du commandant. Sa robe toute grise qui lui donnait des allures de bonniche n’était pas belle du tout, mais elle prit soin de l’épousseter et d’en lisser les mauvais plis. Elle avait même pris soin de nouer ses cheveux en une longue tresse qui tombait sur sa nuque et se déroulait le long de son dos. Elle avait entendu dire que pour discuter avec quelqu’un, c’était plus poli d’avoir le visage un peu dégagé. Elle s’était également redressée, et tâchait de marcher avec l’air le plus naturel possible – mais pas trop, sinon elle aurait l’air d’une parfaite ingénue. Consciente de ce trait, elle tenta de tamiser ses traits jusqu’à atteindre une pointe d’impassibilité. A présent, Sally était prête à suivre Ithilion.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Ven 9 Oct - 23:53


A peine Ithilion avait-il franchi le seuil de la porte, suivit de près par Sally, qu'une ambiance pesante, presque écrasante, lui saisit son corps. Le bureau du commandant n’atteignait pas les dimensions démesurées auxquelles on pourrait s'attendre  normalement d'un si haut gradé. Cependant, il n'en restait pas moins une pièce prestigieuse et qui en l’occurrence, tel un miroir, reflétait parfaitement la personnalité du propriétaire actuel. Les meubles et les décorations au style retro ne laissaient place à aucun débordement de folie. Tout se trouvait exactement à sa place, bien symétrique, comme un bataillon de soldat parfaitement discipliné. Ainsi, l'éclat des dizaines de récompenses militaires  prenaient une place importante dans cette organisation impeccable, afin de bien informer aux éventuels visiteurs de la valeur de l'homme à qui ils faisaient face. Aux yeux d'Ithilion, ces babioles clinquantes n'étaient qu'une supercherie servant seulement à flatter l'égo et rendre plus dociles les bons toutous qui exécutaient parfaitement les ordres. Un simple bout de métal que l'on plaçait sur sa veste si il ne s'était pas enfoncé dans votre chair quelques heures plus tôt. Et par dessus tout, cela ne valait pas un clou.

Le chevalier s'avança d'un pas décidé vers l'immense bureau qui trônait au fond de la pièce. Juste derrière, une grande vitre donnant sur les jardins des Chasseurs Ailés inondait la pièce d'un contre jour qui découpait l'imposante carrure du commandant en une impressionnante silhouette sombre. Ithilion sentit le regard de Markus Kelan se poser quelques secondes sur lui, avant de s'intéresser à l'étrangère qui l'accompagnait. Militaire de l'ancienne génération, Markus était le genre d'Ünik n'appréciant guère les déroutes au protocole. Malgré son âge avancé, trahis par sa coupe de cheveux très poivre et sel,et ses quelques rides qui commençaient à camoufler les nombreuses cicatrices sur son visage, ce soldat enfermait en lui une force sauvage qui ne manquait pas de forcer le respect. Son regard mettait mal à l'aise. Ses remarques balayaient la moindre résistance si l'on osait s'opposer à lui. Strict mais droit,  sa volonté taillée dans l'acier et forgée par d' innombrables escarmouches faisaient de lui un commandant idéal. Enfin plutôt un intendant. Même si la date butoir déclarant son maitre comme morte si aucune preuve de vie n'était rapportée d'ici là approchait à grand pas, Ithilion ne considérait pas Markus comme si il occupait le sommet de la hiérarchie des Chasseurs Ailés. Et même, son maître ne revenait pas et qu'un nouveau commandant devait être choisis, il espérait de tout cœur que cet Ünik ne resterait pas à cette place. Les Chasseurs Ailés possédaient un code d'honneur bien propre à eux. Et ce soldat, formé dans les corps plus conventionnel de l'armée Ünik, ne reflétaient aucunement ces valeurs si spéciales attachés à ce groupe de tireurs d'élite. Ithilion soupçonnait les hautes sphères de placer leurs pions pour raffermir leur poigne et s'assurer de garder le contrôle complet. Cela expliquait donc en partie l'animosité que le disciple de la plus illustre des Chasseurs Ailés éprouvait à l'encontre de ce "traitre", qui lui faisait à présent face, confortablement assis dans son siège en cuir. La manière dont il reluquait Ithilion ne laissait sous entendre aucun doute sur l'opinion qu'il avait également de lui.

- Tu sais, qu'il est interdit de faire rentrer des civils dans l'enceinte du quartier général sans pré-avis ?

Aucun salut. Aucune présentation comme le souhaiterait le protocole lorsqu'un soldat arrivait devant un supérieur. Il y avait bien longtemps que leur relation explosive n'appartenait plus à l'écho des rumeurs dans les couloirs. Alors, Markus ne perdait plus son temps avec cet impertinent qui lui tenait toujours tête. Il attendait patiemment son heure afin de pouvoir l'exclure définitivement de l'ordre lorsqu'il en aurait les pleins pouvoirs.

-Contrairement à ce que tu peux croire, je connais les règles, lui répondit Ithilion sans se démonter. Si elle est ici, c'est justement que j'ai de bonnes chances de penser qu'elle ne restera pas une simple civile.

Derrière son regard sombre, Ithilion sentit une véritable explosion dans la tête de l'intendant. Cependant, il garda la même expression froide que depuis leur arrivée.  Bien qu'il l'avait déjà fait un bon nombre de fois, il détailla à nouveau la jeune demoiselle qui se tenait aux côtés du chevalier.

-Nous sommes un ordre d'élite, pas une garderie. lâcha t-il soudainement sans détacher son regard de Sally. Regarde moi cette chose, elle tient à peine debout. Serais tu devenu stupide au point d'entrainer n'importe qui dans ta folie ?

-Je suis arrivé dans le même état. répliqua Ithilion pour défendre son élève. Oseriez vous remettre en doute mes capacités ?

L'arrogance de la question n'en retirait pas moins le constat inaliénable qu'elle soulevait. Véritable prodige de la gâchette, les capacités du disciple d'Elionne Histo suscitait l'admiration de tout ses confrères. Aujourd'hui, il était considéré comme une clé de voute lors des missions les plus périlleuses. Sans ces aptitudes hors normes, son tempérament peu indiscipliné lui aurait couté sa place depuis  de nombreuses années. Pour le moment, ils ne pouvaient se passer d'un élément aussi performant tant qu'il ne franchissait pas vraies limites.
Le poing de l'intendant s’abattit sur le bureau comme un coup de marteau. Le ton glaciale commençait légèrement à se réchauffer mais loin d'une manière douce.

-Ce n'est pas parce que tu es le protégé d'Elionne Histo que tu peux te permettre d'agir comme bon te semble. Tu as peut être été une exception, tu es peut être devenu l'un de nos meilleurs tireurs. Mais nous avons des règles ici ! Toi, tu as suivis la formation dans son ensemble. Cette petite conne que tu me ramènes est beaucoup trop vieille. Cette discussion est close.

- Ho non elle ne l'est pas. Et je ne saurais que trop te conseiller de ne pas insulter mon élève, surtout en ma présence.

Cette fois-ci, le sourire d'Ithilion s'était complètement effacé de son visage, laissant une expression et un regard aussi froid que la mort.

-Elle est certes trop âgée pour suivre la formation depuis le début, néanmoins, elle est tout à fait apte à passer l'épreuve finale d'admission. Tu sais aussi bien que moi qu'on manque de bonne recrue. Tu as besoin de soldat, et je t'en ramène une qui ne te décevra pas. Crois moi, elle ne paye pas de mine pour l'instant, mais le jour j, elle explosera tout tes minables autres prétendants. Les chiens ne font pas des chats. Maitre Elionne m'a trouvé et m'a formé, et le résultat est devant tes yeux....

- Un avorton sans aucun respect pour sa hiérarchie et pour les valeurs de son ordre ? le coupa Markus en esquissant un sourire pervers. Je ne peux cautionner la création d'un autre cas comme toi.

- Un avorton né dans cet ordre, baigné ses valeurs et qui serait largement plus légitime à ton poste qu'un vieux singe comme toi qui a rejoint les Chasseurs Ailés simplement par les relations.

-C'EN EST ASSEZ ITHILION !!

Toute la rage contenue depuis quelques minutes dans la tête du vétéran venait d'exploser dans un cri qui aurait détruit sur le coup n'importe qui d'autre. Mais le chevalier blanc n'avait pas bronché d'un centimètre. Cependant il se garda d'en rajouter une couche  car il savait qu'il venait de chatouiller les limites qui le séparaient des gros ennuis.
Un silence lourd de sens planait à présent dans le bureau. La tension presque palpable donnait l'impression de pouvoir s'embraser à la moindre remarque.
Ce fût Ithilion qui prit le risque de reprendre la parole en premier. De façon très posé, comme si l'explosion n'avait jamais eut lieux.

-Écoute Markus, je vais te proposer quelques choses. Tu me laisses former ma disciple et dans deux mois, jour pour jour, tu lui feras passer un test. Celui que bon te semble pourvu qu'il soit adapté pour une apprentie. Si elle le réussi, tu l'acceptes que je la prenne comme élève et qu'elle passe quand elle sera prête l'admission dans deux ans. Si elle échoue, je quitterai de mon plein gré les Chasseurs Ailés, et tu seras enfin débarrassé de moi. Ou mieux, je te prêterai solennellement allégeance devant tout le monde et je deviendrai l'animal docile que tu veux que je sois. L'enjeu te convient-il ?

L'intéressé se caressa langoureusement le menton, la mine pensive. La proposition parût avoir touché une corde sensible. Dans l'histoire, Ithilion y jouait très gros. Son indépendance constituaient un élément majeur de son existence, et se voir devenir le chien de Markus risquait de véritablement déchirer à l'intérieur. Surtout que Sally ne lui paraissait pas être une disciple aussi prodigieuse qu'il ne le laissait entendre. Mais sa promesse ajoutée à son égo de ne pas concéder la moindre victoire à cet usurpateur le poussait à tenter le tout pour le tout.
Le commandant se tourna une nouvelle fois vers le centre de tout se débat. Il leva un sourcil avant de lui demander :

-Je veux ton nom, les raisons qui te pousseraient à devenir un Chasseur Ailée et ce que tu serais prête à faire pour y parvenir.

- Elle s'appelle... commença Ithilion qui préférait ne pas prendre le risque que Sally lâche une erreur sans faire attention.

-Je m'adresse à elle, Ithilion. le coupa son supérieur sur un ton intransigeant.

Le chevalier se tourna vers son élève et espéra lui donner la confiance nécessaire via un  sourire complice. La nature ingénue de la demoiselle devait le faire s'attendre à tout. Mais lorsqu'il lui avait proposé de l'accompagner, il avait décelé au fond de ses yeux, une lumière qui ne brille pas de la même manière chez tout le monde. Un éclat puissant et pure qui généralement se manifestait dans ce genre de situation importante. Cela ne tenait pas du miracle, cependant il fallait espérer qu'elle se déploie dans ce moment présent.


HRP : Reprise en solo.
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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Ven 9 Oct - 23:55


Ithilion poussa la porte du bureau, et la referma derrière eux quand Sally fut entrée à son tour. L'endroit n'était pas très grand, mais sa décoration laissait à penser que c'était là l'antre d'une personnalité solennelle. Cela sentait le vieux bois. A l'image du reste du QG, les couleurs or et rouge ornaient tapisseries et tentures, tout comme les meubles. Sur plusieurs étagères figuraient des tas de décorations militaires, qui aux yeux de Sally étaient d'étranges bibelots brillants d'une drôle de forme. Tout était cependant parfaitement rangé, chaque objet semblait avoir été placé là où il se trouvait de manière mûrement réfléchi. Telle qu'elle était agencée, on ne pouvait imaginer la pièce avoir une autre configuration.

La porte d'entrée franchie, on se trouvait à quelques mètres en face d'un immense bureau, où dossiers, papiers, stylos et éléments de décorations étaient installés comme des soldats au garde à vous. Une grande fenêtre où perçait l'éblouissante lumière du jour se dressait derrière l'homme qu'Ithilion et Sally devraient convaincre : le fameux Markus Kelan. Vêtu d'un uniforme impeccable qui assagissait sa carrure d'homme de guerre, il leva son regard sombre et fier vers ses visiteurs. Il avait l’œil vif et froid comme l'avaient souvent les combattants les plus forts. Son visage creusé par quelques rides et ses cheveux grisonnants trahissaient son âge avancé. Il ne salua pas les deux compagnons lorsqu'ils se présentèrent face à lui devant son grand bureau de bois clair. Sally se tenait légèrement à l'écart, droite comme un i, les mains sagement rangées derrière le dos. Elle luttait pour ne pas se tortiller les doigts comme elle le faisait lorsqu'elle était mal à l'aise, et en l'occurrence, la jeune femme était particulièrement mal à l'aise. Elle ne connaissait pas cet homme, mais une simple observation réciproque lui avait permis de comprendre qu'il ne serait pas facile à convaincre. Oh, comment allait-elle donc faire pour qu'il l'accepte ?

« Tu sais qu'il est interdit de faire rentrer des civils dans l'enceinte du quartier général sans préavis ? » dit Kelan sur un ton très autoritaire. Il cherchait sans doute à rappeler à son audacieux subordonné que son rang d'élite parmi les Chasseurs ailés ne lui donnait pas encore le droit de passer outre le protocole de l'organisation. Sally frissona. Cet homme lui faisait un peu peur. Elle se concentra. Cecil lui avait donné des astuces pour ne pas se laisser piéger par les gens brutes de décoffrage. Il fallait qu'elle s'en souvienne... Il le fallait !

Ithilion, qui ne se laissa pas intimider par la remontrance de son supérieur, répliqua qu'il connaissait parfaitement leurs règles et avoua qu'il entendait faire de Sally sa disciple. Le commandant ne répondit rien et glissa son regard de pierre vers la jeune femme qui ne bougeait pas d'un cil depuis qu'elle était entrée. Avec mépris, l'homme déclara que l'ordre n'était pas une garderie et que « cette chose » semblait bien trop fragile pour les rejoindre. Cette appellation ne vexa pas la Paria, qui avait eu l'habitude à Nordkia d'être traitée comme un objet, tout comme elle l'avait été toute sa vie dans les Laboratoires de Madame Sullivan. Cette expérience détestable lui serait-elle exceptionnellement profitable aujourd'hui ?

Le Chevalier aux cheveux blancs ne lâcha pas Kelan et redoubla d'argumentation. Il était arrivé dans un état assez similaire à celui de Sally, et pourtant voilà où il en était à présent : il était l'élément sur lequel n pouvait compter, le pivot des missions les plus périlleuses, le dernier recours qui permettait de garder espoir quand tout allait mal. Le commandant, qui n'appréciait pas Ithilion, campa sur ses positions. A croire qu'il n'était ouvert à aucun dialogue. Sally ne comprenait pas tout ce qu'il se passait, mais elle sentait que l'échange entre les deux hommes se faisait de plus en plus tendu. Ithilion perdit son sang froid lorsque son supérieur traita sa protégée de « petite conne », bien trop vieille pour l’entraînement. Les deux hommes réglaient leurs comptes, jusqu'à ce que, hors de lui, Kelan tape du poing sur son bureau en hurlant qu'il ne voulait pas entendre un mot de plus. Ithilion se tut. Sally, elle n'avait pas sourciller face à ce cri. Madame Sullivan criait, son pervers d'ancien patron criait, les gens criaient dans la rue, Cecil criait... Tout le monde criait. Il n'était donc pas une exception au monde violent qu'elle avait déjà pu observer de ses yeux innocents. Elle se dit que finalement, elle n'avait peut-être pas vraiment à avoir peur de lui, s'il était doté des mêmes faiblesses que le commun des mortels. Souviens-toi, songea-t-elle, souviens toi de ces conseils que Cecil t'avait donnés...

Après un silence, Ithilion proposa un marché à Markus Kelan : l'ordre prendrait Sally à l'essai pendant deux mois, à l'issue desquels ce dernier ferait passer en personne un test d'aptitude à la jeune apprentie. Si elle réussissait, elle garderait sa place parmi eux. Mais si elle échouait, Ithilion devrait s'en aller, ou mieux encore : devenir un brave toutou aux ordres personnels de monsieur le commandant.
La jeune femme adressa un regard grave à son compagnon. L'enjeu était de taille. Voulait-il vraiment risquer son destin pour la souillon qu'elle était ? S'il savait qu'elle était une Paria, agirait-il de la même façon ? Elle avait le sentiment qu'elle pouvait tout dire à Ithilion, se livrer à lui sans peur de s'ouvrir entièrement et de dévoiler jusqu'à la plus fatale de ses faiblesses. Cecil l'avait pourtant mise en garde.
« Sally... A Anathorey, ils n'aiment pas la différence. S'ils apprenaient qui tu es en réalité, les autres auraient peur de toi. Tu serais rejetée. Voilà pourquoi il ne faut pas qu'ils sachent ton secret » lui avait-il dit, un soir à la lumière d'une simple chandelle. Blottie dans les bras de son ami pour s'endormir, elle s'était alors demandée pourquoi Cecil la traitait avec autant de gentillesse. Lui aussi était un Ünik pourtant, un de ces Üniks dont il dépeignait lui-même d'abominables portraits, sans relâche. Pourtant il lui offrait, sans jamais demander aucune contrepartie, une protection fraternelle qui réchauffait son petit cœur gelé. Qu'en serait-il si Ithilion savait qui elle était ? La rejetterait-il ?

Markus Kelan considéra la proposition du Chevalier au cheveux blancs. Il se rassit et réfléchit quelques instants, d'un air particulièrement énervé, mais aussi intéressé. L'idée malsaine d'avoir entre les doigts le destin du petit insolent qui l'importunait si souvent n'était pas pour lui déplaire. Il finit par s'adresser à Sally :
« Je veux ton nom, les raisons qui te pousseraient à devenir un Chasseur Ailée et ce que tu serais prête à faire pour y parvenir » lui ordonna-t-il avec fermeté.

Ithilion voulut répondre à la place de la jeune femme, mais Kelan l'interrompit. Il tenait à ce que ce soit elle et elle seule qui réponde à ses questions. L'enjeu était énorme. Sally prit conscience tout à coup qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur, sinon la vie d'Ithilion, qui avait été si doux avec elle, serait réduite à néant par sa maladresse. Elle savait que s'il lui arrivait malheur par sa faute, elle ne se le pardonnerait jamais.
Mais cela irait. Sally était née de la dernière pluie, mais en deux ans de vie à Nordkia, elle avait apprit à mentir. Et malgré son innocence et sa naïveté candide, elle avait très vite comprit que pour survivre, mentir n'était pas un problème. Bien loin de là. Elle prit une légère inspiration avant de répondre d'une voix claire, sérieuse et assurée, au militaire qui l'insultait et la défiait depuis le début de cette entrevue mouvementée.

« Je m'appelle Nancy Hathaway, commandant Kelan. J'ai grandit à Nordkia où en coyant les gardes de la Cité, j'ai nourrit le rêve de rejoindre un jour moi aussi les rangs de l'armée Ünik, pour devenir un grand soldat d'Anathorey. Cependant ma famille n'avait pas les moyens financiers de me faire intégrer l'école militaire, si bien que j'ai dû me contenter d'une vie qui ne ressemble pas à laquelle j'ai toujours aspiré ».
Sally regardait le commandant droit dans les yeux. Très droite et digne, elle ne laissait rien paraître de son émotion sur son visage pâle.
« Je souhaite intégrer votre ordre et m'y faire une place, car je suis dotée d'un pouvoir qu'aucun autre de vos hommes ne possède. C'est ce pouvoir qui a permis à Ithilion Gwendilan de me remarquer. Nous avons discuté et avons convenu de venir vous voir aujourd'hui. Je suis prête à vous prouver que ce que je dis est vrai, si d'aventure vous pensiez que je vous mens ».

Et Dieu savait combien elle mentait en ce moment-même. Mais Sally avait de la ressource, et s'était préparée à une éventuelle demande de preuve. Il lui serait aisé de se servir de Sin, et de faire croire que le bracelet qu'elle porte au poignet lui servait de Dzêta. Elle savait que si elle avait l'air suffisamment assurée, elle parviendrait à faire avaler à ce commandant tout ce qu'elle voulait. Il lui suffisait d'être suffisamment déterminée. Porte ce masque Sally, porte le mensonge jusque dans ton cœur si tu veux que l'on t'écoute. Alors personne n'aura raison de toi et tu pourras survivre dans ce monde cannibale.

Sally reprit avec autant d'assurance :
« Pour devenir Chasseur ailé, je suis prête à bien des choses. Comme par exemple remplir les objectifs requis non pas en deux mois, mais en un seul. »
Un silence suivit ses propos. Qu'elle soit prise au sérieux ou non, la jeune femme ajouta d'une voix blanche, sans lâcher le regard du commandant de ses grands yeux clairs, devenus soudainement très durs :
« Souffrir ne me fait pas peur. Croyez-le ou non, mais je ne suis pas comme les candidats que vous rencontrez habituellement. Mon corps et mon esprit peuvent endurer ce qui ferait défaillir vos armées... »

Sally était on ne pouvait plus sérieuse. Combien de ces soldats avaient subit des électrochocs pour tester leur résistance corporelle ? Combien d'entre eux avaient été affamés pendant des semaines ? Combien avaient été enfermé dans une salle obscure sans aucun moyen de savoir combien de temps s'était écoulé depuis qu'on avait refermé la porte blindée sur eux ? Combien, parmi ceux qui auraient expérimenté tout cela, auraient donc subi ces sévices avant leurs quatorze ans ? C'était le cas de Sally Sullivan, qui n'entendait pas répondre à ce commandant irascible sur le même ton qu'Ithilion. Finalement cet homme ne lui faisait pas peur. Madame Sullivan était pire. Dix fois pire.
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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Ven 9 Oct - 23:58


Lorsque Sally commença à répondre aux questions du commandant, Ithilion sentit une telle assurance dans sa voix que la fiction lui parût plus réel que la réalité. Sans avoir répété pendant des heures, par manque de temps, un faux discours pour se créer une histoire, la demoiselle réussissait néanmoins à s'inventer un deuxième passée sans la moindre hésitation et avec une cohérence limitant la suspicion. Cependant lorsqu'elle parla à Markus Kelan d'un pouvoir qu'aucun autre Chasseur Ailé ne possédait, le chevalier tressaillit. Il se rattrapa rapidement lorsque les yeux de faucon du commandant se posèrent aussitôt sur lui agrémenté d'un sourcil interrogateur. Ce genre de propos étaient le genre de dérapage que craignait Ithilion, car ils allaient incontestablement accroitre la curiosité du commandant à l'égard de sa future élève. Une situation très mauvaise pour la couverture déjà trop fragile de la jeune fugitif. Une simple demande d'enquête, et la possibilité pour que des éléments louches sur elle soient dénichés risquaient de la placer, ainsi que lui même, sur une plaque vraiment glissante.
Ne pouvant intervenir, et voyant que son supérieur gardait le silence, il la laissa poursuivre, en admirant l'éclat de sa volonté se refléter dans ses grands yeux bleus claires. Mais la suite n'allait pas en s'arrangeant. Lorsque sa disciple affirma qu'elle remplirait les objectifs en un seul mois, Ithilion s'étrangla en contenant toute sa consternation. Aboutir à un tel objectif en la moitié d'un temps déjà irréalisable relevait du suicide. Surtout qu'il allait partir de zéro. Certes, son instinct lui hurlait que cette fille constituait un métal qui, une fois forgé, deviendrait une arme redoutable. Mais le processus ne pouvait pas être aussi rapide, et bien que ce premier test ne lui demandait pas de ramener une tireuse d'élite accomplie, inculper les bases à Sally risquait d'être justement plus longue qu'à la normal.

Cette dernière semblait prête à tout pour tenir parole. Elle défia le regard peu convaincu du commandant en lui affirmant avec conviction qu'elle encaisserait toutes les difficultés sans broncher. Le chevalier, en entendant ces derniers mots, contempla la jeune femme d'un air grave. Son attitude venait de se modifier. Un changement presque imperceptible. Pourtant, ces mots sonnèrent dans la tête d'Ithilion comme une mélodie chargée d'une certaine mélancolie. Aucune brisure. Simplement un souvenir du passé qui remplissait l'intérieur de ses paroles et qui donnait ce poids spécial aux mots que l'invention omettait souvent. Une détermination inébranlable que même Markus Kelan ne put s’empêcher apprécier d'un discret hochement de tête.

Le silence retomba dans la pièce. Le discours de l'élève en sursis semblait avoir fait son effet sur l'intendant. Le regard de ce dernier à l'égard de cette petite chose à l'apparence fragile venait subitement de changer en constatant les fortes ressources qu'elle cachait en elle. Le chevalier crût même que c'était gagné. Mais sa jubilation interne fût vite coupée par le rire de son supérieur. Déjà suffisamment rare pour que cela puisse être troublant, ce genre de rire ne présageait rien de bon. Un mélange d'étonnement, d'agacement et de surréalisme face à la situation. Cela ne dura qu'une poignée de seconde, avant que le vétéran ne retrouve son sérieux. Il plongea son front dans son immense main et reprit d'une voix des plus glaciales :

-Vous vous foutez de ma gueule tout les deux ? C'est ça ?! Vous pensez que je n'ai que ça à faire de mes journées ? Écouter des guignoles me proposer des marchés stupides ?

L’agressivité remontait au fur et à mesure des questions. Même Ithilion, pourtant de nature intrépide, commençait à craindre la tempête qui se préparait devant eux. Si il n'avait pas les pleins pouvoirs, Markus Kelan possédait néanmoins le droit de sévir, et notamment de punir corporellement. Et bien qu'il n'était pas suffisamment tyrannique pour user de ce droit selon ses humeurs, l'envie de faire passer Ithilion au poteau devait souvent lui chatouiller les idées.

- Réussir en un mois, ce que nos formateurs font de nos recrues en plusieurs années ! Allons bon ! Vous allez me dire qu'elle va surpasser Elionne Histo en moins d'un an ?

La colère contenue en lui l'obligea à se lever et à faire des aller-retours presque frénétique derrière son bureau. Les grandes vites tremblaient sous l'impact de chacun de ses mots. Évidemment, le projet semblait plus qu'idéaliste et la surenchère de Sally avait au final renforcé le scepticisme du commandant. Voyant que la situation dégénérait, Ithilion se mit rapidement en recherche d'une solution, pendant que Kelan continuait à libérer son exaspération :

Et toi qui prétend être meilleur que tout nos hommes ? Quelle est donc ce pouvoir si spécial ?

-Markus, tu lui as demandé de montrer sa détermination. vint alors l'ünik à la rescousse de sa disciple. Elle s'est simplement exécutée. Bien sur qu'elle n'a qu'une vague idée de l'entrainement qu'il l'attend. Mais elle s'est dit prête à le surmonter quoi qu'il arrive. N'est ce pas le principal ? Tu n'as rien à y perdre dans cette histoire.

Le colosse s'arrêta net et le foudroya du regard :

-Deux mois ! Ithilion ! Dans deux mois, un formateur lui fera passer un test ! Si elle echoue, je m'occuperais personnellement de vos cas. Est-ce claire ? et si tu deviens moins efficace en mission, je l’éjecterai aussitôt ! En attendant, tiens toi bien à carreau. Un seul écart de comportement de ta part ou du sien, et vous le regretterez amèrement. Maintenant dégagez.

Malgré la sévérité de l'avertissement qui s'avérait sans appel, Ithilion ne put retenir un souffle de soulagement. L'entrevue prenait finalement fin sur une lueur d'espoir. Car même si l'autorisation était donnée, le plus dur restait à venir. Le temps imparti, au vu du travail qu'ils allaient devoir fournir risquait de couler à une vitesse phénoménale. Il offrit cependant un grand sourire à Sally car cette victoire leur offrait l'opportunité de prouver leurs valeurs. A lui en tant que professeur et elle en tant que potentielle recrue. Sans demander leur reste, ils sortirent sur le champs.
A peine la porte venait-elle de se refermer qu'Ithilion se laissa glisser contre le mur pour atterrir les fesses contre le sol.

- Fiouuuuuuuuuu. Nous sommes en vie.....C'est incroyable... Mais toi et moi n'allons pas beaucoup dormir dans les prochains jours, prévint-il à l'adresse de sa disciple. Un mois.....T'es sérieuse la ? Tu voulais ma mort ou bien ?

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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Sam 10 Oct - 0:00


Tout le temps que Sally avait parlé, le regard de Kelan ne l'avait pas lâchée. Ses yeux glacés et furtifs semblaient vouloir percer l'opercule invisible qui protégeait cette petite jeune femme de la défaillance, du doute, et de la peur. Elle ne se laissa pas impressionner, bien qu'elle n'aimait pas qu'on la dévisage ainsi pendant qu'elle mentait. Le moindre signe nerveux, la moindre hésitation risquait de tout faire voler en éclat. Ses efforts auraient alors été vains, et Ithilion se retrouverait dans une situation abominable à cause d'elle. Non, elle ne pouvait se permettre de paraître faible et influençable, malléable comme elle l'était d'ordinaire. Cet homme devait écouter un discours qu'il voulait entendre, tout comme Madame Sullivan voulait voir agir Sally comme elle le souhaitait. Partant de cela, Sally savait que tout n'était pas perdu, et que malgré le caractère buté de ce militaire suffisant, elle saurait piquer son intérêt. Une simple caresse suffirait... Une simple petite pointe de curiosité.

Et cette étincelle d'intérêt luit dans l'iris de Kelan. Ce fut très bref, mais elle vit qu'elle l'avait intrigué. Quand elle se tut, un silence s'étala dans la pièce, faisant peser davantage la lourdeur de l’atmosphère sur leurs épaules tendues.
Le commandant émit un petit rire narquois, avant de laisser éclater sa colère au grand jour. Lui qui semblait s'être contenu, assis sur sa chaise sagement derrière son bureau tout le temps qu'il fallut à Sally pour déballer son mensonge, explosa d'un coup. La jeune femme ne bougea pas. Elle rangea ses mains dans son dos lorsqu'elle sentit le bout de ses doigts trembler un peu. Il ne fallait surtout pas que le masque tombe tout de suite. Mais le contrecoup de la prise de parole était parfois difficile pour elle. Dieu savait combien elle se contenait pour ne pas rougir, et se recroqueviller sur elle-même comme une gamine.

Kelan vociférait comme un contremaître hors de lui. Il estimait que ces deux-là lui faisaient accuser une perte de temps monumentale, et était visiblement agacé par les propos que Sally avait tenus. Pourtant elle possédait bien un pouvoir que personne d'autre ne possédait dans ce QG, et était très déterminée à réussir les épreuves qui l'attendaient. Cet homme ne supportait visiblement pas qu'on essaye de s'asseoir au même niveau que lui – ce que la Paria n'avait jamais prétendu faire. Ithilion, qui n'osa pas jouer les insolents cette fois, rétorqua à son supérieur qu'il avait désiré voir la détermination de la jeune femme, et qu'elle lui avait répondu en bonne et due forme.

Kelan ne sut que répondre. Il se leva, fit les cents pas, grommela et pesta pendant quelques instants, durant lesquels Ithilion et Sally ne dirent plus rien.
« Deux mois, Ithilion ! » cracha finalement le commandant, en pointant d'un air menaçant son subordonné. Dans deux mois, un formateur lui fera passer un test ! Si elle échoue, je m'occuperai personnellement de vos cas. Est-ce clair ?  Et si tu deviens moins efficace en mission, je l’éjecterai aussitôt ! En attendant, tiens toi bien à carreau. Un seul écart de comportement de ta part ou du sien, et vous le regretterez amèrement. Maintenant dégagez ! »

Ils avaient réussi. L'autorisation de s’entraîner en vue d'un test leur avait été donnée ! Sally s’efforça de garder l'air le plus impassible, mais lorsqu'elle croisa le regard d'Ithilion qui savourait sa victoire sur l'entêté Kelan, elle ne put s'empêcher de sourire à son tour, bien que timidement. Ils sortirent sans plus attendre.
A peine dehors, Ithilion poussa un immense soupir de soulagement et se laissa glisser à terre, dos au mur. Sally quant à elle tomba le masque et retrouva son allure renfermée et timide naturelle. Cecil lui adressa un regard interrogateur, impatient de savoir ce qui s'était passé dans ce bureau où l'on avait entendu hurlé cet homme irascible qu'était Markus Kelan. Ithilion fit remarqué à Sally que ses dires n'avaient pas été des plus intelligents, et qu'elle aurait pu les mettre dans une situation fort compromettante.
« Je suis désolée... souffla Sally, un peu honteuse. Elle s'était peut-être trop laissée aller dans le rôle. Trouver les bonnes limites n'étaient pas évidentes. Mais je ne plaisantais pas. Je suis vraiment prête à faire des efforts, je vous le jure ! » affirma-t-elle, les mains jointes sur sa poitrine.

Cecil posa aussitôt sa main sur le crâne de la jeune femme, dans un geste qui se voulait à la fois rassurant et dominateur :
« Ça a donc marché ? Félicitations, Nancy. On va pouvoir faire quelque chose de toi... »
Il lui adressa un sourire complice et malicieux, que les Chevaliers autour d'eux ne manqueraient pas de trouver moqueur. Bien loin d'imaginer des mauvaises choses sur son ami, Sally rougit franchement cette fois-ci. Il était rare que Cecil lui fasse des compliments. En général, il la grondait toujours un peu ou lui expliquait les choses de la vie.

Ithilion se releva, enfin remis de ses émotions, et proposa à la petite troupe de le suivre jusqu'au réfectoire pour qu'ils puissent parler plus librement des événements. Tous le suivirent, ses deux partenaires chasseurs fermant la marche derrière eux. Le Chevalier aux cheveux blancs informa Cecil qu'il n'avait pas prit la peine de discuter de son cas avec Kelan, trop peu prompt aux négociations ce jour-là pour qu'ils se permettent de s'attirer encore ses foudres. Ce serait donc un homme de second rang qui s'occuperait de l'inscrire sur les registres du personnel, et à son avis, Ithilion affirma que tout devrait bien se passer.
« Franchement... Il n'y avait pas à s'en faire pour ça. » ricana Cecil, alors que son œil droit clignota légèrement de cette teinte rouge qui caractérisait son Dzêta. Un pouvoir aussi utile, se pouvait-il qu'Ithilion l'ait déjà oublié ? Mais non ! Ce garçon au contraire était trop vertueux, trop noble, trop fier, pour y avoir recours pour arriver à ses fins. Quelle délicieuse moralité... Voilà qui amusait particulièrement l'ex-noble en noir, qui lui se trouvait à des lieues de ces considérations faussement éthiques. Des chochotteries de gamin qui voulait jouer les héros, ce n'était ni plus ni moins que cela.

Ils arrivèrent devant les portes ouvertes du réfectoire, où de nombreux Chevaliers se restauraient ou buvaient dans un joyeux brouhaha des retours de missions difficiles, mais réussies. Lorsque toute la bande entra, Cecil vit nombre regards se tourner vers eux comme plus avant dans le hall d'entrée. Mais oui, qui étaient donc ces deux étrangers qui accompagnaient leur compagnon, dans un lieu si avancé du QG ? A en juger par leurs mines étonnées, voire pour certaines très surprises, il devait être très rare – ou improbable – de voir un civil pénétrer les lieux. Se sentant observée ainsi, comme une bête de foire qui n'a rien à faire là, Sally commença à se sentir un peu mal à l'aise. Que faire... Elle ne pouvait pas se cacher derrière Cecil, ni derrière Ithilion. Elle l'avait compris : maintenant elle devrait faire ses preuves, et par là même éviter de passer pour la candidate numéro un au prix Nobel des nunuches.
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Mar 13 Oct - 22:39

En arrivant dans le réfectoire, l'arrivée d'Ithilion et de son groupe attira les regards. Et plus précisément en direction des deux inconnus. Difficile de passer inaperçu dans un lieu ou chaque membre grandissait et vivait ensemble. Ces soldats, à défaut de tous s'apprécier, se connaissaient tous néanmoins bien au dela d'un simple nom associé à une tête. L'une des particularités des Chevaliers Ailés, qui influait sans aucun doute sur leur efficacité en mission, était cette grande famille aux liens étroits qu'ils formaient. Connaitre les qualités et les défauts des uns et des autres, anticiper leurs réactions dans une situation donnée, savoir leurs peurs, toutes ces informations permettaient aux équipes de pouvoir réagir comme une seule entité avec une très faible hésitation. Et cette particularité se révélait encore plus vraie au sein d'une même équipe. Ithilion, si on lui en donnait l'apparence, pourrait se faire passer pour Alaryk aux yeux des autres à leur insu. La formation comportait d'ailleurs ce type d'exercice. Des tests de personnalité où un membre de d'une équipe devait répondre à la place d'un autre membre. Et à ce jeu la, l'équipe du chevalier blanc avait obtenu des résultats frôlant la perfection. L'équipe sigma, considérée comme l'une des trois meilleurs formations de cet ordre, sa réputation liée à ses performances intimaient le respect auprès de leurs frères. Un peu comme un ainé auquel on aimerait ressembler. Connue également pour ses deux membres aux tempéraments explosifs, lorsqu'elle se trouvait dans les parages, la quiétude volait généralement en éclat. Avec eux, la routine n'existait pas, il fallait toujours s'attendre au pire. Et une fois de plus, ils le montraient en introduisant des civils dans l'enceinte même du Quartier Général.
En sentant sa disciple mal à l'aise d'être la cible de toutes les curiosités, Ithilion décida d'intervenir en planquant ses deux mains sur les deux épaules de sa protégée, avant de clamer haut et fort avec une fierté non masquée :

- Mes amis ! Je vous présente ma disciple : Nancy !


L'ambiance de réjouissance dans la salle se transforma alors en un drôle de mélange. Il y eut ceux  qui acclamèrent la nouvelle en beuglant ou en riant, ceux qui ne portaient pas l'ünik aux cheveux blanc dans leur coeur et ceux qui, en plus de cela, n'apprécièrent guère qu'une inconnue possède un tel passe droit. Le disciple d'Elionne ne possédait pas que des amis dans son entourage. A cause de sa personnalité exécrable, de son statut de privilégié et de ses innombrables manquements au règlement, beaucoup de ses confrères ne supportaient pas de le voir même en peinture.  Il s'était donc douté que son annonce ne serait pas accueillit par tout le monde avec le sourire, mais il s'en moquait royalement.  Maintenant qu'il avait gagné l'autorisation, personne ne pourra se mettre en travers de sa route. Et aimant jouer avec le feu, il continua dans la provoque :

-Tenez vous prêt à vous faire botter le cul par une femme ! Car cette petite chose va marcher sur les traces d' Elionne Histo !


Le chevalier pointa alors du doigt toutes les recrues encore en formation qui déjeunaient dans la salle, et affirma avec un grand sourire narquois :
-Toi elle va te défoncer ! Toi elle va te défoncer ! Toi aussi ! Toi aussi ! Et toi aussi !

Un brouhaha monstrueux éclata dans la salle. Des rires, des protestations, des insultes, des encouragements. Tout fusaient dans tout les sens mais heureusement sans la moindre trace d’agressivité sérieuse. Comme à son habitude, le passage d'Ithilion semait la zizanie. Et son acolyte de toujours ne se priva pas d'en rajouter une couche :

-Même Klegan n'a pas réussi à lutter face à ces deux là !

Hormis quelques rares partisans de l'intendant que la pique n'amusèrent pas du tout , une nouvelle vague de rire parcourut la salle, réchauffant l'atmoshère sur son passage. Pourtant pas si différent d'Ithilion, Alaryk possédait étrangement la plus grande popularité parmi les siens. Apprécié par tous, ses interventions, sans pour autant être pertinente, calmaient souvent les moments de tension. Peut être le devait-il à sa carrure de titan qui incitait plutôt à s'en faire un ami que de le contrarier.
En tout cas, l'ambiance conviviale du réfectoire revenait à petit pas. Le colosse venait à travers sa boutade de clouer le bec à ceux qui trouvaient cette nouvelle dérangeante, car en quelques mots, il leur avait fait comprendre que Markus Klegan lui même avait accepté ce cas spécial, ce qui classait donc l'affaire. Et les autres chevaliers comprirent le message aussitôt. Maintenant venait à régler la question du deuxième individu.

-Ne faites pas trop attention à lui,
déclara alors Ithilion. C'est la nouvelle femme de chambre. Je lui présentais juste un peu les lieux où il aura à faire le ménage. Focalisez vous sur cette magnifique perle ! rajouta t-il en poussant alors la jeune fille au centre de la scène.

Tout à coup, Sally se retrouva à nouveau sous le feu des projecteurs. Un silence attentif gagna l'assemblée. Ithilion se doutait que sa disciple, dans ce moment présent, souhaiterait devenir complètement invisible. Mais elle devait gagner sa place si elle ne voulait pas  se faire manger par les autres.  La jeter comme ça en pâture face à ces puissants soldats allait lui faire comprendre son nouveau monde. Un monde où il fallait s'imposer. Il faudra qu'elle apprenne à prendre sur elle, et réprimer la douceur et la timidité dont elle déborde. Sinon sa progression risquait d'être fortement compromise. La route pour devenir une Chasseuse Ailée sera jonchée de difficultés, de doutes, de douleurs, de sang et même de mort. Et si elle ne semblait pas craindre ces choses la, cette déconnexion avec la réalité ne lui sera pas bénéfique pour autant. Son rôle en tant que professeur sera de lui faire prendre conscience de ces valeurs. Il allait forger cet esprit encore brut pour faire une âme acérée que les plus grands craindront.

-Allez Sally !!
encouragea t-il avec détermination. Dis leur à quel point tu vas les écraser !!

Il accompagna sa tirade d'un clin d'oeil pour la rassurer, et l'inciter à se jeter sans avoir peur. Si elle ne surmontait pas une épreuve ridicule comme celle la, les deux mois promettaient de devenir extrêmement difficile. Et puis, il fallait bien qu'elle comprenne à quelle sauce elle allait se faire manger en devenant sa disciple. L'entrainement ne sera pas tendre.  Mais lorsqu'elle arrivera au bout, elle deviendra une personne accomplie capable de s'affranchir de tout obstacle et réalisant le moindre de ses rêves. Un trésor inestimable réservé à certain privilégié dont faisait partie justement les Chasseurs Ailés. La loi de l'équilibre régit se monde. Tout ce qui se perd se gagne ailleurs. Les sacrifices nécessaires pour arpenter ce chemin difficile se retrouveront au sommet sous d'autres formes.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Jeu 15 Oct - 0:08


Tous les regards tournés vers elle donnaient le vertige à Sally. Ces pupilles noires, intriguées, curieuses et intéressées semblaient la dévorer à distance. L'assemblée décortiquait la petite inconnue qu'elle était, et que personne ne s'était attendu à voir en une pareille journée, que tout le monde avait dû penser banale en se levant le matin. Devant l'assaut de toutes ces paires d'yeux, de ces sourires ou encore de ces sourcils un peu froncés, Sally ne sut que se tenir droite et ne rien dire, la tête légèrement tournée vers le sol. Aillaient-ils restés longtemps ici ? Elle espérait qu'Ithilion aurait rapidement terminé ce qu'il avait à faire, de sorte qu'ils puissent tous s'en aller dans des lieux un peu plus discrets. Elle s'était déjà retrouvée au milieu de la foule, mais être le centre de l'attention d'une bonne centaine de personnes, cela ne lui était encore jamais arrivé. Allez, il fallait partir à présent...

Sally sursauta lorsqu'Ithilion plaqua soudainement ses grandes mains sur ses frêles épaules : il présenta d'un ton tonitruant « Nancy, sa disciple » à tous les Chasseurs présents, qui désormais ne pouvaient plus du tout passer à côté de la nouvelle, ils comptaient bel et bien parmi eux une petite bleusaille ! Hautement sujette au rougissement, la jeune femme parvint à se retenir de tortiller ses doigts. Elle jeta un regard un peu intimidé à Ithilion, qui affichait une mine aussi rayonnante que ravie.
Les réactions de l'assemblée ne l'aidèrent pas vraiment à recouvrir un semblant de confort personnel. Certains rirent, d'autres crièrent des choses qu'elle ne comprit pas – mais ils n'avaient pas l'air très content – tandis qu'enfin, des petites tablées chuchotèrent entre elles sans la lâcher du regard. A l'évidence, les uns avaient cru à une blague et d'autres semblaient hostiles à cette arrivée. Peut-être y avait-il tout de même dans cette salle quelqu'un qui serait d'accord pour qu'elle suive sa formation ? Sally l'espérait humblement, elle qui avait tant à cœur de trouver sa place parmi des gens qui pourraient l'accepter telle qu'elle était. Elle-même, avait compris que son existence ne pourrait rimer éternellement avec des séries de tests en laboratoire...

En tout cas si la jeune femme était timide, Ithilion ne semblait pas du tout s'en préoccuper : il narguait ses compagnons, se flattait de sa trouvaille avec arrogance et pointa même du doigt ceux qui bientôt, à sa souveraine appréciation, seraient les amers perdants face à la petite merveille qu'il formerait aux arts du combat. La salle entra dans un émoi que Sally n'avait jamais vu ailleurs : un bruit monstrueux s'éleva jusqu'à ce que l'on n'entende même plus parler son voisin. Des rires, des insultes, des encouragements, des remarques lassent ou encore cyniques, on ne pouvait pas dire que le discours du Chevalier au cheveux blancs était passé inaperçu ? Cecil ne put s'empêcher de soupirer face à une telle agitation. Ce gamin albinos aimait être le centre de l'attention, visiblement. Mais bien qu'ils aient besoin de la discrétion de l'armée, pourquoi, ô ciel pourquoi, avait-il fallu que Sally et lui tombent sur un grand mégalo ?
Alaryk, le grand colosse qui servait de compagnon de chasse à Ithilion, affirma même d'un air tout à fait assuré que même Markus Kelan n'avait pas su venir à bout de ces deux recrues. L'élan de bonne humeur qu'il souleva fit comprendre à Sally que lui et son maître étaient, peut-être à défaut d'être aimés de tous,  des hommes tout à fait populaires au sein de l'ordre. Elle ne devrait donc pas les décevoir, auquel cas leur image serait sans doute ternie à jamais. Sally leva les yeux vers l'imposante carrure d'Alaryk, qui riait de bon cœur. Mais lorsqu'elle croisa son regard, elle se dépêcha de se détourner de lui, un peu impressionnée il fallait l'admettre par cette force de la nature. Son regard se posa alors sur Cecil, qui droit comme un « i » et l'air un tantinet amusé par la scène, ne disait rien depuis leur entrée dans le réfectoire.

Ithilion présenta l'intéressé comme « la nouvelle femme de chambre », et qu'il n'était guère opportun de s'appesantir sur une telle personne. L'ex-noble tiqua, un sourire pincé et terriblement agacé étirant ses lèvres sans qu'il ne puisse le contrôler. Ce sale petit morveux insolent... Il ne perdait jamais une occasion pour se faire mousser. Bien évidemment il préférait que l'on s'intéresse à Sally, la perle rare, l'ultime trouvaille de son talent de chasseur de têtes ! Ithilion poussa alors la jeune femme sur le devant de la scène, et lui intima de montrer à tous combien elle était décidée à décimé ses adversaires. Alors que les chasseurs rassemblés commençaient à faire silence, elle comprit qu'elle devrait prendre la parole. Ses doigts moites tremblaient un petit peu, et une boule acide roulait dans le creux de son estomac. Que devait-elle dire ? Que devait-elle faire ? Et tpous ces gens, qu'est-ce qu'ils attendaient d'elle ? Comment pourrait-elle se faire une place si elle ignorait tout cela ? Les secondes de silence s'additionnaient, à tel point que la jeune femme manqua de céder à la panique.
« Eh bien, eh bien... En voilà des présentations simplistes et cavalières... » dit Cecil d'une voix claire, en s'approchant de Sally. Il venait à son secours, comme un maître de cérémonie introduisait un artiste afin de lui permettre de reprendre son souffle avant d'entrer en scène. Un temps de répit qu'il attendait que Sally mette à profit intelligemment, il allait sans dire.
« Pour être tout à fait précis, je me nomme Friedrich Kullighan, poursuivit-il en s'inclinant légèrement en avant, avec toute l'élégance et la classe dont un domestique digne de se nom se devait de faire preuve. J'exerce la profession de majordome depuis maintenant plus d'une dizaines d'années, et je dois bien admettre que je comprends mieux à présent pourquoi on m'a demandé de servir Monsieur le Chevalier Gwendilan : il a la langue bien pendue et aucune traite notion de bonne manière ne semble jamais l'effleurer ! »
Son ton aux couleurs moqueuses et goguenardes furent très loin de déplaire à l'assemblée, qui lâcha un rire sincère, et sans doute le reflet de ce que Cecil avait redouté un peu plus avant : ce jeune garçon était un fieffé fanfaron qui ne perdait jamais une occasion de faire le malin. A présent que sa petite vengeance avait eu lieu, il désigna Sally d'un geste ample :
« Cependant, mademoiselle ici présente n'est pas venue seulement pour supporter le caractère de chien fou de notre collègue et maître, cela va sans dire » Il rencontra un franc succès encore une fois. Ithilion aurait vite fait de comprendre qu'entre lui et Cecil, un duel interminable de vacheries masquées en politesses venait tout juste d'éclater. S'il ne laissera aucun répit à Cecil, Cecil non plus se montrera sans pitié. Et ainsi tournerait leur monde...

Cecil posa un regard malicieux sur Sally. C'était désormais à son tour de parler. Alors que le nouveau majordome de première classe se retirait légèrement, l'attention se porta de nouveau sur elle. Allez... Elle prit une longue inspiration, et joignit ses mains devant elle, l'air peu assurée mais pourtant bien déterminée à s'adresser à ceux qui seraient ses nouveaux collègues :
« Une magnifique perle... Quel honneur. Je ne suis pas certaine de ce que... maître Gwendilan entend par là, mais cela doit signifier qu'il a placé sa confiance en moi. Je ferai donc tout pour ne pas lui faire regretter ce parti pris. ».
Sally tremblait un peu, et elle avait du mal à forcer sur sa voix douce qu'elle avait habitué à ne guère solliciter pendant des années. Mais elle s'efforça de continuer.
« Suivre des valeurs nobles et protéger un honneur, qu'il soit mien ou celui d'une autre personne, ne sont pas des choses que j'ai déjà faites par le passé. Mais il me semble que... quand on a la force de se battre en les gardant à l'esprit, alors on donne vraiment un sens à sa vie. Et je sais que... c'est ce que vous faîtes tous, chaque jour, en prêtant vos forces et vos pouvoirs à cet ordre. ».
Elle ne savait pas vraiment elle-même ce qu'elle racontait. Mais cette fois Sally ne portait aucun masque, elle disait les choses telles qu'elles lui venaient, telles qu'elles les avaient ressenties en ayant côtoyé de près Ithilion, ses amis, et après être entrée dans le QG.
« Je sais que devenir chasseur ailé n'est pas un chemin facile, ni une opportunité ouverte au premier venu et que... malgré tout ce que l'on vient de dire, je n'ai pas à première vue le profil rêvé pour devenir un grand soldat d'Anathorey »
Elle n'osa pas regardé son maître le temps qu'elle prononça cette phrase. Mais il lui semblait évident qu'elle ne saurait convaincre aussi facilement une foule de chasseur ailés comme elle l'avait fait précédemment avec Kelan. C'était facile avec une seule personne, mais autant d'un seul coup... Ils sauraient de suite à quel genre d'agneau ils avaient à faire.

« Pourtant, moi aussi je veux pouvoir porter ces valeurs et cet honneur. Je n'entends pas écraser qui que ce soit pour parvenir à mes fins. Je crois que... ce serait quelque part, un non-sens dans un ordre où des camarades doivent s'entraider, et où la force n'est pas individuelle, mais collective ».
Cela, elle avait pu le déduire en voyant le groupe d'Ithilion, composé de trois hommes : s'ils étaient ensemble, c'était pour former une équipe. Elle n'avait aucune preuve de ce qu'elle avançait, mais elle était persuadée que c'était là l'intérêt des Chasseurs ailés : pouvoir progresser en équipe !

« Alors... pour parvenir à tout cela, je suis prête à me battre jusqu'au bout de mes forces, et même au delà s'il le faut ! Je n'ai pas peur de faire des efforts et... tant pis si j'ai beaucoup d'adversaires sur ma route. Je ferai en sorte de remporter la victoire, et à mon tour, me faire une place parmi vous... ! »
Le ton avait été hésitant, un peu tremblant, mais le regard qu'elle posait sur l'assemblée était criant de sincérité. Bien sûr qu'elle s'attendait à ce qu'on lui rie au nez, ou qu'on la trouve mignonne, voire même qu'on lui dise de retourner faire des bouquets de fleurs dans les parcs d'Anathorey, mais tant pis. Sally s'était jetée à l'eau comme on lui avait demandé de le faire.

Derrière elle, Cecil esquissait un sourire plutôt satisfait. Il se demandait tout ce que Ithilion aurait à redire sur ce discours fragile et candide tenu par sa disciple. Serait-il discrédité, ou passerait-il pour un idiot, à pêcher des jeunes femmes comme cela dans la rue ? Il ne croyait pas un instant à ce que les mots de Sally aient convaincu qui que ce fut. Mais la situation l'amusait au plus haut point. Finalement il s'en tirait vraiment très bien dans cette affaire...
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Mar 27 Oct - 23:48

Lorsque la voix douce et mielleuse du majordome s'éleva à la place de celle de Sally, Ithilion sentit tout son corps se raidir. Le talon d’Achille de leur plan se trouvait principalement dans la fierté de cet homme. L'unique moyen pour lui de rester au sein du quartier général résidait dans ce boulot de majordome. Si il ne réussissait pas à tenir en place, les problèmes  arriveront plus vite qu'il ne le pensait pour le mettre dehors.
Mais ce dernier ne souhaitait pas concéder la moindre manche dans ce duel interminable  avec Ithilion. Les deux hommes possédaient un esprit si fort, si impétueux, que la moindre concession sonnerait comme un signe de faiblesse équivalente à une défaite. Et pour les deux, aucune raison de perdre.
Sa répartie intelligente  et surtout dégradante à l'encontre du chevalier blanc plut cependant à l'assemblée. Cruelle réalité que cette solidarité si spontanée lorsque le thème prêtant à rire était ce petit prétentieux que tout le monde rêvait de remettre un jour en place. Chaque phrase faisait mouche sans partir dans l'excès, déclenchant des vagues de rires dans la salle et ôtant toute possibilité à l'intéressé de répliquer.
L'envie de faire voler en éclat l'air suffisant de cet homme d'un coup de poing démangea Ithilion. La raison retint son geste. Agir ainsi ne lui attirerait que des moqueries supplémentaires de la foule qui arguerait un manque évident de répondant. Alors il attendit que Cecil finisse son spectacle, préparant minutieusement sa riposte pour détruire, à son tour, la crédibilité de cet avorton qui osait le passer en ridicule devant tout le monde.
Mais à peine Cecil eut-il fini que sa disciple prit aussitôt la parole. La voyant lancée dans son élan, Ithilion se renfrogna mais n'interrompit pas sa disciple. De nature fragile, le courage de la jeune femme se briserait net face à ce combat puérile que se menait les deux hommes, et en tant que maitre, il  préférait la voir prendre ses marques, plutôt que régler ce petit conflit interminable.
Le discours qu'elle déballa ne fût que le reflet de son âme innocente.Bien que des mots dévoilaient la détermination incrustée au plus profond d'elle même, sa vision des choses ne laissaient paraitre qu'une petite fille voulant jouer aux soldats dans une cours de récréation.
Un silence plana dans la salle pendant qu'elle continuait à exposer ses grandes idées bien tranchées par le manque d'expérience. Une sorte de mal aise que certain expiait à travers de petits sourires goguenards ou gênés. Pour autant, Ithilion trouva dans ces mots des esquisses de valeurs qui, une fois travaillées, deviendraient de véritables bijoux. Ces gars pouvaient se moquer, mais leurs rires seront de courte durée. Certes si elle gardait une telle conception, elle n'avancerait jamais sur la voie des Chasseurs Ailés, car derrière la splendeur du costume, de la franche camaraderie et de l'application de la justice se cachaient des trames plus sombres, dessinées par le sang et la violence. Même au sein de l'ordre. Toutefois, les valeurs juvéniles qu'elle exposait en ce moment même régissait les grandes lignes de ce vers quoi l'ordre devrait tendre.
La candeur de ce discours faisait sourire tout ceux dont la sensibilité à ces valeurs avait disparu, anesthésié par le pouvoir de leurs armes. Les Chasseurs Ailés n'existaient pas uniquement en tant que tireur d'élite. Les fondations de l'ordre s'établissaient sur un code claire et précis qui indiquait une vision à tenir sur le monde qui l'entoure et son existence propre. Un code qu'Elionne Histo avait bien su inculquer à Ithilion, malgré son tempérament explosif, et bien trop oublié par la majeur partie de ses frères.
Et ces derniers ne se privèrent pas de rire au nez de sa disciple lorsqu'elle conclut sa présentation. Eux ne comprenait pas que l'on pouvait laisser une chance même aux plus faibles. Ces imbéciles ne vivaient que par la loi du plus fort et transgressaient ces règles établies par le premier Chasseur. Ils oubliaient simplement qu'une arme de tir mettait sur le même pied d'égalité le plus faible des ünïks contre le plus costaud.
Chauffés par l'intervention mordante du faux majordome, les moqueries reprirent de plus belles à l'encontre du chevalier blanc. Mais lorsque l’écho d'une insulte dirigée vers son élève atteignit ses oreilles, son sang ne fit qu'un tour. Une lumière blanche jaillit dans la salle, suivis
Derrière le canon encore fumant du revolver qu'il tenait à bout de bras, le regard d'Ithilion découpa littéralement le malheureux qui avait franchit la limite. Celui-ci n'osait plus bouger le moindre petit doigt. Son visage blême regardait sa main où se trouvait se verre il y a quelques secondes.

-Dans deux mois, articula distinctement l'ünik aux cheveux blancs. Vous la respecterez par sa présence. Et jusqu'à la, vous la respecterez par ma présence.
Son regard sévère se tourna en direction de Cecil. Il n'avait pas oublié la scène précédente où le compagnon de Sally l'avait tourné en ridicule. A la base, il s'était décidé de régler ça en privée, mais la situation actuelle exigeait apparemment de remettre les pendules à l'heure sur le champ. Il ne s'agissait plus d'une simple question de dignité. Si il laissait couler un tel manque de respect, alors sa position du haut de la chaine à l'intérieur de l'ordre serait remis en question.
- Quant à toi, si tu souhaites pouvoir continuer à torcher les fesses de ceux qui te font vivre, je te conseille vivement de ne plus te permettre ce genre de fanfaronnade. Je passe l'éponge pour cette fois, mais je n'aurais aucun scrupule à te renvoyer de la où tu viens. Me suis-je bien fait comprendre, Friedrich ?
Sans attendre la moindre réponse  ou réaction qui pourrait l’énerver d'avantage, il se tourna vers ses deux coéquipiers.
Alaryk, tu l'emmèneras voir Legan pour le faire enregistrer.
Puis, il saisit la main de Sally pour l'entrainer vers l'extérieur.
-On a pas de temps à perdre demoiselle. Tu vas montrer à tout ces connards, ce que signifie l’appellation de Chasseuses Ailées.
La porte claqua violemment derrière eux. Laissant une ambiance complètement glaciale à l'intérieur du réfectoire.
****
La mauvaise humeur d'Ithilion mit quelques minutes à se dissiper. Entrainant Sally à un rythme de pas soutenus en direction de la grande cours extérieur, les ondes négatifs de colère se transformèrent en une détermination infaillible. Sure de son choix, et même si les apparences clamaient le contraire, il croyait en ce petit bout de femme qui se laisser trainer docilement.
La grande cours était en fait un immense jardin avec une pelouse minutieusement entretenu tout les jours, afin qu'elle résiste à la chaleur de la région. Des arbres avaient été plantés ici et la sans organisation particulière afin de créer un semblant de nature.
Le maitre amena son élève sous la cime de l'immense chêne qui surplombait toute la zone. Ithilion s'assit en tailleur, le dos adossé à l'immense tronc et invita Sally à l'imiter. Ils restèrent plusieurs seconde ainsi, immobile. Silencieux. Appréciant le calme et le confort qu'apportait ce morceau de fraicheur dans l'enceinte de cette immense cité d'acier.
Au bout d'un temps indéterminable, Ithilion s'adressa à la jeune demoiselle, sans tourner la tête.
-Tu dois surement te dire que tu n'as pas dit ce qu'il fallait tout à l heure. Et c'est sans doute en effet le cas. Cependant, il faut t'affranchir de ce que pense les autres. Ta ligne n'était pas si mauvaise que ça. Voir même plus saine que  la plupart de ceux qui ont ri de toi. A l'avenir reste concentrée sur la ligne que tu as décidé de suivre et surtout ne permet plus aux autres de piétiner ce chemin
Il marqua un petit temps de pause avant de reprendre :

-Tu vas vider complètement ton esprit, t'exiler un recoin à l'intérieur de toi où personne d'autre que toi ne peut y accéder. Tu vas réfléchir à cette question : Quelle ligne souhaites-tu poursuivre ? Cela prendra le temps qu'il faut. Même si, tu dois rester comme cela jusqu’à à l'aube, je veux que tu trouves, sans aucune aide, sans aucun apriori, une raison pour suivre la formation dans laquelle tu souhaites t'engager. Cette raison, elle ne sera que pour toi, alors prends le temps de bien réfléchir et reste silencieuse.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Sam 7 Nov - 18:52


Quand Sally eut terminé de parler, la foule se fendit d'un grand rire aussi subit que bruyant qu'elle ne comprenait pas vraiment. Comme elle jugea inutile de demeurer devant tout le monde alors qu'elle n'avait plus rien à dire, elle s'inclina respectueusement et s'en retourna aux côtés de Cecil. Il cachait ses lèvres, tordues par un sourire qu'il avait de plus en plus de mal à faire discret. Son regard malicieux se posa sur la jeune femme et remarqua avec un vif amusement qu'elle semblait totalement indifférente aux rires qu'elle suscitait – à supposer qu'elle ait compris en être la source !
« Le petit pilote, hein ? dit-il en riant à moitié. Je ne m'attendais pas à entendre un vieux conte de Nordkia par ici, ni à ce que tu le connaisses si bien.
- Je ne sais pas. J'ai juste répété ce que j'ai lu...» répondit Sally de son habituelle voix douce, en total décalage avec l'humeur générale qui animait l'assemblée. Leurs rires étaient si forts qu'il n'y avait aucune chance qu'on comprenne ne serait-ce qu'un soupçon de l'échange entre Cecil et la jeune femme.
« Quoi qu'il en soit, c'était plutôt malin de ta part. »
L'esprit perspicace de Cecil avait démasqué l'idée de sa jeune amie à l'instant même où elle avait terminé sa première phrase. Répéter les mots tenus par un héros de conte pour enfant, alors que lui-même cherchait à faire ses preuves dans un monde immense pour lui, tout comme Sally cherchait sa place dans la trop grande Anathorey, était une stratégie maladroite, mais malgré tout ingénieuse. Il ne se souvenait même plus qu'il le lui avait acheté pour l'aider à en apprendre plus sur les Üniks. Comme ce livre fut la seule lecture de Sally pendant des semaines, elle avait dû finir par le connaître par cœur. Fort heureusement personne ne semblait connaître cette référence, ce qui n'étonna guère Cecil, au vu de ce qu'ils étaient tous pétris par la culture de la noble Cité blanche.

Ingénieuse stratégie donc, car elle avait répondu aux attentes de son maître. « Montre leur que tu vas les écraser ! ». Le faux majordome ne put retenir un léger ricanement à cette idée. Ithilion n'était pas au bout de ses surprises avec Sally. De plus s'il lui avait demandé de démontrer sa détermination, il ne lui avait pas demandé de convaincre leur auditoire.
« Pourquoi rient-ils tous ? demanda la jeune femme, qui finalement se demandait ce qu'il y avait de si drôle qu'elle n'aurait pas remarqué.
- Ils rient parce que tu as dis des choses complètement idiotes ».
Sally baissa un peu la tête, d'un air perdu. Mais... Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu dire, alors ? Comme s'il avait lu dans ses pensées, Cecil poursuivit  posa une main aussi aimante que moqueuse sur  son crâne brun.
« Rassure-toi. Dévoiler ton véritable souhait aurait été bien plus ridicule. Qui se soucie des gens comme nous, qui cherchent leur place dans une société qui ne veut pas d'eux ? Tu as bien fait. Maintenant redresse-toi ».
Soulagée de ce qu'elle n'avait finalement pas fait de vraie bêtise, Sally obéit à Cecil, et tourna son regard vers Ithilion qui ne s'était pas encore exprimé. Elle se renfrogna un peu lorsqu'elle remarqua qu'une expression de très grande colère lui assombrissait le visage. Il tremblait même comme s'il allait bondir sur quelqu'un dans la foule.

Soudain, un trait fulgurant d'une blancheur éclatante déchira l'air du réfectoire, dans une détonation si bruyante que les rires cessèrent aussitôt. Un homme tremblait de peur face au canon fumant du revolver d'Ithilion, qui venait de faire voler en éclat le verre qu'il tenait dans la main quelques secondes auparavant. Le choc l'avait fait chuté à terre, et autour de lui tous les chasseurs avaient reculé d'un pas. Le silence de mort qui remplaçait l'éclat de toutes ces voix railleuses était assourdissant. Sally osait à peine lever les yeux vers le Chevalier aux cheveux blancs, tandis que Cecil n'avait absolument pas bougé. Tel un spectateur au théâtre, il se contentait d'observer ce qui se passait non sans une arrogance des plus suffisantes.

Ithilion rengaina son arme avec brutalité. D'une voix aussi sombre que l'était son visage embrumé par l'ire, il déclara que dans deux mois, plus personne n'aurait envie de rire en présence de Sally. Mais jusqu'à là, tous ces moqueurs intempestifs, tous ces soldats que la puissance des armes avait fait oublié le sens de l'honneur, devraient respecter la jeune femme par la seule présence d'Ithilion Gwendilan à ses côtés.
Il se tourna brusquement vers Cecil, le pointa du doigt avec la sévérité d'un maître qui réprimande un serviteur insolent, et lui assura qu'à l'avenir, si l'envie le reprenait de faire tourner le Chevalier en ridicule pour le plaisir de rouler des mécaniques, il le lui ferait amèrement regretter. Une nouvelle menace, voilà qui devenait monnaie courante entre les deux hommes. Afin d'éviter toute nouvelle désinvolture, Ithilion s'assura qu'il s'était bien fait comprendre de son majordome.
« Tout à fait, Monsieur » répondit Cecil, en s'inclinant légèrement. On pu noter qu'il ne formula absolument aucune excuse, même factice, pour ne pas faire perdre la face à son maitre. Cecil avait au contraire l'intention de faire tourner en bourrique ce petit prétentieux de Chevalier et entendrait profiter de la position privilégiée qu'il occupait pour ce faire.

Après avoir ordonné à Alaryk d'emmener Cecil se faire enregistrer seul le diable savait où, il s'empara de la main de Sally et l'entraîna hors de la salle, en claquant vivement la porte derrière eux. Un silence affreux prit place derrière eux, que le faux majordome rompit en demandant au coéquipier de son maître de bien vouloir lui indiquer l'endroit que le maître venait d'indiquer. Peu à peu, chacun se détendit et les conversations reprirent, non sans quelque agitation due au mouvement d'humeur d'Ithilion.

Le Chevalier semblait cependant très peu soucieux de susciter des débats. Il emmenait Sally d'un pas vif dans les méandres des couloirs du QG sans rien lui dire. Elle, trottinait presque derrière lui pour ne pas se faire distancer. Inquiète et impressionnée de l'avoir vu animé d'une pareille humeur, elle se demanda si elle avait été la cause de cela, mais bien entendu elle n'osa jamais le lui demander, de peur qu'il ne s'énerve après elle pour de bon.
Docilement elle le suivit jusque dans la grande cour extérieure, aménagée aussi élégamment que le jardin d'un Duc. Des arbres immenses poussaient à leur guise, ce qui pouvait sembler étonnant dans un établissement militaire, et la nature semblait ne pas subir la sévère main d'un quelconque jardinier maniaque. On se serait cru à l'orée d'un joli petit bois. Ithilion emmena Sally sous les branches d'un chêne incroyablement haut, qui prospérait sur un monticule qui dominait la cour ainsi que le QG. Dans la lumière de fin de journée qui illuminait d'une couleur dorée les bâtiments, la vue était superbe.

Cependant l'heure n'était pas à l'admiration du paysage... Tandis que son maître s'assit contre le tronc du chêne et qu'il intima à sa disciple de l'imiter, elle obéit timidement, encore un peu secouée par ce qui s'était déroulé dans le réfectoire. Mais comme Ithilion n'entendait pas en reparler, elle demeura muette et se jura de lui obéir encore, quoi qu'il lui demande, pour satisfaire son autorité. Assis tous les deux autour du tronc, Sally n'osa pas parler, ni n'osa tourner la tête vers le Chevalier. Elle se détendit peu à peu, à mesure que les minutes s'écoulaient, pour finalement s’imprégner de la sérénité et du calme de cet endroit, depuis lequel on entendait chantonner les petits Pôns qui voletaient dans les branches.
Ithilion brisa le silence. Sa voix était calme, il ne devait plus être en colère. Sally tendit l'oreille et osa un regard curieux dans sa direction. Droit et fier comme la justice, il ne s'était pas retourné alors qu'il lui contait sa première leçon. Selon lui, ce qu'elle avait dit plus tôt n'était pas très adroit, mais malgré tout elle ne devrait plus jamais laisser qui que ce soit piétiner les ambitions qui étaient les siennes. Parlait-il de tous ces rires qui avaient animé la foule ?
« D'accord... » répondit Sally, un peu hésitante. Elle ne savait pas si son maître la grondait ou si ce qu'il appelait « son entraînement » avait commencé. Elle n'était de toute manière pas apte à lui refuser quoi que ce soit.

Alors le Chevalier au cheveux blancs lui demanda de trouver la raison pour laquelle elle allait suivre son enseignement. Elle devrait la trouver ici-même, sous ce chêne, dusse-t-il lui prendre tout le reste de la journée voire la nuit entière. Il lui faudrait cette raison, pour qu'elle devienne le fil rouge de sa formation, la petite lumière au bout de son chemin, qu'elle devrait suivre et ne pas quitter des yeux pendant les dures épreuves qui l'attendaient. Sally adressa un regard des plus étonnés à Ithilion, d'autant plus qu'il lui somma de rester silencieuse. Cela voulait-il dire qu'il ne voulait pas être mêlé à cet avis ? Cette ligne qu'elle devrait suivre, elle serait donc la sienne, elle serait strictement personnelle. Comme rangée dans une partie de son cœur dont personne n'aurait le sésame. C'était incroyablement curieux pour Sally, qui ignorait jusqu'à maintenant qu'elle pouvait avoir ses propres pensées, et ses propres souhait.

La jeune femme songea à ce que lui avait dit Cecil. Si elle avait dévoilé « son véritable souhait ». Mais quel était-il, ce véritable souhait ? Elle voulait se faire une place parmi les Üniks, et devenir une jeune femme normale. Pas cet objet d'expériences, pas cette marionnette de Madame Sullivan, ni ce « monstre » dont elle avait parfois été qualifiée par les Érudits aux Laboratoires, sans savoir ce que cela signifiait.
Que voulait-elle vraiment ? C'était une question très difficile pour elle, qui n'avait jamais eu ses propres pensées, ses propres affaires, ni même la libre disposition de son propre corps. Les seules phrases à la première personne qu'elle faisait étaient généralement « je ne sais pas » ou encore « je ne comprends pas ». C'était cela, qu'elle était. Un « je » complètement vide, dénué d'identité, comme un simple mot. Sally s'était parfois demandée quel genre de personne elle aurait été si Madame Sullivan ne l'avait pas élevée. Aurait-elle pu avoir de la substance, une aura, un caractère comme tous les Üniks qu'elle avait pu voir depuis qu'elle était à l'extérieur ? Aurait-elle pu se présenter en disant autre chose que « je suis Sally Sullivan » ? Le nom de Sullivan n'était pas le sien d'ailleurs. Non sans quelque angoisse, Sally réalisa qu'elle n'avait jamais rien possédé de sa vie. Sa vie elle-même lui échappait totalement.

Elle avait pourtant follement envie de se construire une identité, quelque chose qui ferait d'elle non plus un pantin qui se pliait à tout ce qu'on lui disait de faire, mais une personne. Pouvait-elle espérer devenir un jour quelqu'un ? Sous le chêne, Sally comprit que c'était là son véritable souhait. Mais à la seconde où son esprit s'éclaira de cette découverte, elle perçut l'ombre qui l'avait empêché de vivre librement.
Cette Sullivan... Cette Erudite qui l'avait enfermée depuis sa naissance, et qui l'avait traitée comme un objet sans valeur, pour le bien de son propre savoir. Jamais elle ne s'était intéressée à Sally pour autre chose que ses « recherches ». Elle avait été celle qui lui avait étouffé l'esprit dans une cruelle ignorance, afin de s'assurer que jamais, quand bien même Sally poserait un jour le pied dehors, elle ne puisse s'épanouir dans un monde bien trop vaste pour elle.

Avec horreur, Sally comprit que Madame Sullivan avait fait exprès d'agir ainsi avec elle. Ce n'était pas par désintérêt ni par désinvolture : tout avait été savamment calculé. Comme Sally, l'ignare Sally, se serait retrouvée noyée dans une foule de gens qu'elle ne comprenait pas et qui lui faisait peur, elle se serait rendue compte que son existence n'avait aucun sens... Aucun sens, hormis celui de servir l'Erudite. Alors, Sally serait revenue chez Madame Sullivan. C'était cela qu'avait voulu cette sorcière. Depuis le début...
Cependant, quelqu'un avait empêché ce plan de se dérouler selon les prévisions de cette « mère » aimante. Et cette personne n'était personne d'autre que Cecil. Sally réalisa que s'il n'avait pas été là pour elle, s'il ne l'avait pas retrouvée, elle aurait sans doute agit exactement comme Sullivan l'y avait formatée, et à cette heure, elle ne serait pas là. Elle n'aurait jamais vu toutes ces belles choses à Anathorey, ou à Nordkia, et surtout, elle n'aurait jamais pu rencontrer Ithilion. Son existence aurait été écrasée par Doreene Sullivan, qui aurait alors réussi capricieusement à faire de Sally son jouet. Et pourtant, rien ne s'était passé ainsi.

Tout devint clair dans l'esprit de la jeune Paria. Si elle voulait se construire une identité, elle aurait besoin de Cecil, d'Ithilion, et de tous les gens autour d'elle, pour apprendre d'eux, s'inspirer d'eux, et dégager de ce qu'elle verrait des pensées personnelles, une manière de vivre et un caractère qui serait le sien. Elle deviendrait une vraie personne, évoluant parmi les siens, parmi des personnes qu'elle finirait par aimer, et qui peut-être l'aimerait en retour. Comme dans une famille. Mais tant que Madame Sullivan existait, elle chercherait à l'en empêcher.
La conclusion à tout cela était donc simple...
Pour devenir une personne en tant que telle, Sally devrait protéger Cecil et ceux qu'elle aime. Ithilion l'aiderait à devenir plus forte en vue de cela. Pour devenir une personne libre, par ailleurs, elle devrait s'affranchir de ceux qui tentent de lui faire de mal et de l'éloigner de la réalité. Elle devrait donc tuer Madame Sullivan.

Lorsque Sally rouvrit les yeux, elle remarqua que les étoiles commençaient à briller dans le ciel sombre du désert. La nuit commençait à tomber. Elle se leva avec empressement, surprise d'avoir réfléchi aussi longtemps à la question de son maître. Son cœur battait à tout rompre. Pour la première fois de sa vie, Sally avait le sentiment d'avoir prit de la hauteur, et comprit quelque chose comme un vrai être indépendant.
« J'ai trouvé... » souffla-t-elle, interdite, les yeux rivés sur les étoiles blanches au dessus d'elle. Elle n'avait même pas tourné la tête pour voir si Ithilion était toujours là ou pas. A vrai dire, elle ignorait si elle s'adressait à lui, ou bien à elle-même.
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Mar 10 Nov - 19:20

Le ciel couleur flamme s'éteignait petit à petit au delà des murs du domaine des Chasseurs Ailés, laissant place à l'obscurité grandissante vêtue de sa robe étoilée. Toujours immobile, devenue quasiment le prolongement du tronc contre lequel elle était appuyée, Sally voyageait au plus profond d'elle même afin de trouver cette voie dont lui avait parlé son maître.

La méditation constituait une part importante dans l'équilibre d'un tireur d'élite; Garder une concentration intact lorsque l'action s'emballait et focaliser son esprit pour atteindre son objectif demandait un plein contrôle de soit même, afin de chasser le moindre doute qui pourrait parasiter la prise de décision.
Plus important encore, elle permettait de réguler l'après. Une fois la mission finie, les dégâts ne prenaient pas seulement l'apparence de blessure physique. Le fait de posséder une arme octroyait au porteur ce droit sur la vie d'autrui qu'aucun originaire ne devrait normalement posséder. Selon la doctrine des Chasseurs Ailés, dans ce monde, chaque action ou réaction respectait un équilibre. Et le tribu à payer d'une vie se compensait généralement directement sur l'âme de celui qui l'arrachait. Que ce soit sous la forme de stress, de peur ou même de folie, être soldat impliquait de lourdes conséquences. Combien étaient-ils à trembler le soir en redoutant le lendemain qui remettraient leur vie sur l'immense roue du destin ?
L'une des solutions pour ne pas plonger dans ces ténèbres consistait justement à se bâtir une raison solide, un chemin à suivre, agissant comme un phare auquel l'esprit pourra se repérer lors des temps les plus sombres et tumultueux. 

Pendant des heures durant, lors de son apprentissage, Ithilion s'était tenu ainsi  au côté de son maitre, complètement figé, hors du temps et cherchant également en son fort intérieur la même question qu'il venait de poser à sa disciple. Ces séances avaient aussi eut pour but d'amadouer la personnalité fougueuse du jeune ünik à l'époque. Où du moins de pouvoir la dompter lorsque la situation l'exigeait afin de ne commettre de faux pas en se laissant envahir par des émotions indésirables.
Une étape longue et nécessaire que Sally pourra pourtant se permettre de se dispenser au départ, du fait de sa nature calme. Certes elle ressemblait plus à une petite fille, complètement perdue à la découverte de ce monde si vaste, mais l'essence de son âme l'inscrivait comme une personne docile et  inconsciemment fataliste. Pas forcément mieux, néanmoins cela libérera du temps pour ces deux mois qui fileront à la vitesse de l'éclair, et il sera plus aisé de faire évoluer sa conscience ingénue par la suite que si elle manifestait un caractère de cochon.

Lorsque la nuit eut entièrement conquis le ciel, la douce lumière d'éclairage du jardin prit la relève. Constatant que sa disciple continuait à débattre à huis clos, il se leva silencieusement avant de se diriger vers le bâtiment principal.
Il revint quelques minutes plus tard, les bras chargés d'un carton.
A sa grande surprise, sa disciple se tenait debout, le regard plongé vers les étoiles. Un sourire satisfait naquit sur le visage d'Ithilion, heureux de voir la jeune fille goûter au plaisir de la prise de conscience sur la place qu'elle comptait se faire dans ce monde.

-T'en as mis du temps !
railla t-il sur le ton de la plaisanterie. Ca fait 3 jours que tu etais plantée la ! Je commençais à me demander si j'allais devoir t'arroser.

Il se rapprocha d'elle et lâcha le carton à ses pieds avant de lui ébouriffer sa chevelure brune en signe de fierté. Empreinte à douter facilement, Sally faisait parti de ceux qui avait besoin d'être conforté. Il ne devait pas l'habituer à ce genre de geste d'affection qui disparaitront bien vite au cours de sa formation, mais pour son début, Ithilion se devait de la rassurer. Histoire qu'elle se place dans une bonne base.

-Bon ! Ce n'est pas tout, mais si tu crois que la journée est finie ! Tu te fourres le doigt dans l'oeil ! Nous avons un long chemin à faire...

Il plongea sa main dans le carton et en ressortit une veste noire, un t-shirt moule au corps ,un long pantalon assorti, ainsi qu'une paire de chaussure faites pour pratiquer l'exercice physique.

-Attaquons l'exercice !
lâcha t-il avec enthousiasme en lançant les affaires à Sally. Malgré le fait que tu ne sois pas encore une élève approuvée, j'ai quand même eut le droit de te donner l'uniforme adéquat ! Va vite l'enfiler, je t'attends ici.

                                          **********

Quand Sally revint, habillée de l'uniforme, Ithilion ne put s'empêcher de remarquer la beauté de la jeune femme. Les vêtements, bien que principalement taillés et conçus pour un confort de mouvement impeccable, possédaient un esthétisme qui donnait un certain charisme à ceux qui le portait, même aux novices. Et la tenue ne manquait pas faire ressortir le charme et les formes généreuses de  Sally.

-Bon euh....chercha Ithilion en se grattant la tête pour se donner une constance. Avant toute chose, il faut endurcir un peu ton corps. Alors tout les jours, on se fera une session d'endurance à travers la cité. Suis moi en tenant bien la cadence ! On ne fera de pause qu'une fois que tes jambes ne pourront plus supporter ton poids, on est bien d'accord ?!

Le ton de l'explication révoquait toute contestation. Sully allait devoir donner tout ce qu'elle avait, et Ithilion lui faisait bien comprendre que la séance ne comporterait aucun traitement de faveur.
Le maitre fît signe à sa disciple de le suivre. Ils traversèrent le hall principal où quelques rares chevaliers passaient encore pour rejoindre leurs chambres ou le réfectoire.  Puis les deux compagnons sortirent à l'extérieur.  Les trois lunes berçaient de leurs lumières la grande rue d'Anathorey. Quelques lampadaires repoussaient l'obscurité, mais à cette heure, une grande partie de l'éclairage civil était éteint. Les deux silhouettes s'élancèrent alors l'une derrière l'autre, en trottinant à petits pas.

*******

Bien plus tard dans la nuit, Ithilion arriva devant la grande porte de l'Ordre. Sur son dos, Sully somnolait à moitié, complètement à bout de force. Elle avait particulièrement bien tenue le rythme pour une première fois. Le corps de la demoiselle possédait une endurance déjà étonnante par rapport à que l'on pouvait croire.
Sa disciple n'ayant pas encore l'accès aux dortoirs réservés aux novices, Ithilion la monta dans sa chambre et la déposa dans son lit. Le réveil risquait d'etre dur le lendemain, mais la roue du temps poursuivait son infernal cycle, ils allaient devoir redoubler d'effort pour arriver à leur fin. Habituer aux conditions difficiles et aux courtes nuits, il préféra donc qu'elle puisse récupérer au mieux.
Il se plaça deux chaises l'une en face de l'autre et s'assit sur l'une d'elle avant de placer ses jambes sur l'autre. Ainsi, il sombra également au bout de quelques minutes. Sans prendre le temps de faire le bilan de cette première journée en tant que professeur. Cette première journée de sa nouvelle vie. Le bilan s'effectuera plus tard, lorsque Sally recevra  l'officialisation de ses supérieurs. En attendant, il fallait prendre des forces.
 
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Dim 15 Nov - 0:34


Sally sursauta lorsqu'Ithilion lui lança qu'elle avait passé trois jours à réfléchir. Il avait les bras chargés d'un gros carton et semblait tout juste sortir d'une aile du bâtiment, dans lequel des lumières étaient allumées. L'éclairage public fonctionnait aussi, et l'on pouvait entendre les petits cris des insectes nocturnes.
« Trois jours ? » répéta-t-elle éberluée.
Sans l'écouter, le Chevalier lâcha le carton à ses pieds et déclara que l'heure était venue de s'entraîner car leur journée était loin d'être terminée. Il sortit du paquet quelques vêtements, les donna à Sally et lui ordonna d'aller se changer. Il s'agissait d'un uniforme normalement destiné aux apprentis confirmés, mais il avait réussi à en dégoter un pour que tous deux puissent travailler comme il se devait pendant ces deux mois. La jeune femme fila vers la porte d'entrée la plus proche, et marcha quelques minutes dans les couloirs avant de tomber sur des toilettes. Elle s'y enferma et retira sa robe grisonnante et un peu sale pour passer l'uniforme. Un pantalon sombre, un haut près du corps, et une veste assortie. Quand Sally s'observa dans le miroir des sanitaires, elle se sentit un peu honteuse. C'était la première fois qu'elle portait un pantalon... Quand elle cessa de rêvasser, elle se précipita dehors pour rejoindre le Chevalier aux cheveux blancs, qui l'attendait sous le chêne.

Il l'observa quelques secondes et commença une phrase sur un ton très hésitant. Sally se dit que même avec un uniforme de Chasseur ailé, elle ne parviendrait pas à duper qui que ce soit. Malgré tout Ithilion décida qu'il était temps pour eux de commencer l’entraînement. Pour qu'elle puisse endurcir son corps et se muscler un peu, tous deux feraient des sessions d'endurance tous les jours dans Anathorey. Le Chevalier ordonna à Sally de le suivre, et lui assura qu'ils ne feraient aucune pause avant qu'elle ne s'effondre de fatigue. Elle devrait garder la cadence et bien entendu, hors de question de se plaindre.
Sally eut à peine le temps de dire un mot que son maître partit le premier. Elle le rejoignit à petites foulées, et tous deux s'enfoncèrent loin dans les rues d'Anathorey. Bien qu'Ithilion ait sans doute un peu moduler son rythme pour qu'elle puisse le suivre, elle avait du mal à être parfaitement régulière. Déjà fatiguée par une longue journée et trop peu habituée à ce genre d'exercice, la jeune femme fut rapidement essoufflée. Malgré cela, tant que son maître ne se retournait pas, Sally continuait à courir, et elle ne s'arrêta jamais. Sauf quand les deux Lunes furent montées très haut dans le ciel d'Anathorey, qu'elle leva la tête pour les observer, et qu'elle sentit ses jambes tétaniser sous son poids. Immobilisée, il lui sembla que tout devint noir autour d'elle, d'un seul coup.

~~~~~~~~~~~~

Le lendemain matin, vers cinq heures, Sally se réveilla doucement. Bordée au fond d'un lit confortable, elle se frotta le nez et les yeux quand elle vit la lumière du jour percer un peu à travers les fentes des volets. La tête encore sur l'oreiller, elle jeta un regard circulaire à la pièce dans laquelle elle se trouvait. Elle n'avait aucun souvenir d'y être entrée... A vrai dire, elle ne se souvenait même pas être rentrée au quartier général. La chambre dans laquelle elle se trouvait lui était totalement inconnue. Des meubles sobres peuplaient le parquet sombre, sur lequel Sally osa poser ses pieds nus tandis qu'elle s'asseyait sur le lit, incrédule.
« Cecil... » souffla-t-elle, inquiète de ne pas savoir où était son ami. Elle ne l'avait pas revu depuis la veille et ignorait où il pouvait bien se trouver. Il avait été se faire enregistré auprès d'un certain Legan avec Monsieur Alaryk. Il suffisait donc de trouver ce Legan et elle pourrait savoir où se trouvait Cecil ! Sally se leva et se dirigea vers la porte de la chambre. Sans se retourner, elle n'avait pas remarqué que de l'autre côté du lit dormait son maître, inconfortablement installé sur deux chaises.


La jeune femme abaissa la poignée de porte et osa un timide regard dans le corridor. Il n'y avait personne. Elle hésita quelques secondes et finalement sortit. Elle ne savait pas du tout comment elle était arrivée dans cette chambre mais il n'y avait pas de doute, elle se trouvait encore bel et bien au central des Chasseurs ailés. Comment vais-je pouvoir me repérer dans un endroit aussi grand ? Je ne sais même pas où je dois aller, songeait-elle un peu angoissée. Mais retrouver Cecil était sa priorité. A vrai dire, Sally était tellement habituée à se trouver à ses côtés depuis quelques semaines qu'elle était grandement mal à l'aise lorsqu'ils étaient séparés. Plus encore, ils avaient toujours dormi ensemble jusqu'à ce jour, et ce matin elle était sûre de s'être réveillée seule dans ce lit. Elle progressait à petits pas dans le QG, traversant de couloirs en couloirs l'aile du bâtiment sans savoir du tout où elle se dirigeait.

Elle croisa quelques soldats déjà debout à cette heure matinale, qui posèrent sur elle un regard très surpris avant d'échanger des messes basses dès qu'elle les dépassa. Sally constata que tous n'étaient pas armés, et tous ne portaient pas exactement les mêmes uniformes – certains détails changeaient d'une personne à l'autre. Elle vit très peu de femmes lors de sa progression, ce qui la fit supposer que c'était une des raisons pour laquelle on l'observait avec suspicion. Elle n'osait cependant pas demander aux personnes qu'elle rencontrait où elle pourrait trouver le fameux Legan. A force de marcher, la jeune disciple se retrouva dans une sorte de petite cour intérieure, au milieu de laquelle trônait une fontaine. Un groupe de nouvelles recrues se trouvait assis sur ses rebords. Sally passa à côté d'eux, dans l'intention de visiter l'autre aile qui débouchait sur ce joli coin de tranquillité. L'un d'eux la héla, au milieu des ricanements de ses amis :
« Eh toi, là ! Tu serais pas la petite bleusaille que le Chevalier Gwendilan a ramené hier ? »
La jeune femme s'arrêta à bonne distance du groupe et adressa un regard un peu surpris au garçon qui l'appelait. Elle se souvint alors qu'eux aussi étaient des nouveaux, ils faisaient partie de la petite bande à qui elle devrait « coller une bonne raclée », selon les termes d'Ithilion.
« Si... répondit-elle tout simplement à voix basse, en joignant les mains.
- Et on peut savoir où tu vas, comme ça ?
- Je cherche Monsieur Legan...
- Tiens donc, un jour t'a suffit pour piger que les nanas comme toi sont bonnes qu'à jouer les bonniches ? »

Sally ne put que rougir, un peu honteuse, face à leurs éclats de rire. Décidément les soldats de ce QG avaient un sens de l'humour bien développé...

~~~~~~~~~~~~

Cecil marchait droit comme un i d'un pas pressé, tenant à bout de bras un plateau chargé d'un petit déjeuner copieux. Après s'être fait enregistré sur les listing du « petit personnel » - que ce terme pouvait agacer l'ancien noble qu'il était – il avait été immédiatement briefé sur les us et coutumes de ce central militaire. Il avait écouté attentivement ce qu'on lui avait déblatéré et en était arrivé à la conclusion suivante : les Chasseurs ailés étaient une fine bande de peignes-cul arrogants. Pour lui qui avait été élevé dans le fleuron du raffinement de la noblesse, il serait difficilement supportable de jouer les domestiques pour des personnes plus basses socialement qu'il ne l'avait été, surtout quand ces personnes avaient pour seul mérite de savoir appuyer sur une gâchette.

Toujours était-il que « Fried » devrait jouer les majordomes pendant un bon moment s'il voulait pouvoir progresser dans sa propre quête sans prendre de risque inutile. Ce matin donc, son rôle était d'aller restaurer son maître. Son maître. Ce petit Chevalier minuscule et grossier qui ne la bouclait jamais. Voilà donc ce à quoi il était réduit... Quelle déchéance. Lorsqu'il se retrouva devant la chambre d'Ithilion, qu'on lui avait indiqué, le faux domestique frappa trois fois avant d'ouvrir la porte.
« Je vous apporte votre... » commença-t-il dans une parfaite comédie, avant de s'interrompre, éberlué de trouver l'intéressé négligemment installé sur deux chaises qui se faisaient face, à côté d'un lit défait... Dans lequel avait dormi quelqu'un qui ne se trouvait plus dans la pièce. Cecil ferma subitement la porte, posa le plateau sur le lit et se précipita vers Ithilion.
« Où est Sally ?! » s'écria-t-il, en secouant l'endormi sans aucun ménagement.
Cecil n'aimait pas l'idée que la jeune femme se balade seule dans le QG... Il fallait la retrouver où elle allait encore faire des siennes. Quelque part, il se trouva stupide d'avoir espérer un jour se faire discret ici-bas... Sally n'était pas une jeune femme qui passait inaperçue, de part son apparence ou sa légendaire niaiserie !
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: L'exception de l'exception [Pv Thithi et Sully] [terminé]   Dim 22 Nov - 11:29

Les pavés diffusaient encore une douce chaleur en écho à la chaude journée qui venait de se terminer. Un contraste avec la fraicheur de la nuit qui, lentement, reconquérait l'ensemble de son territoire . Cet instant d'entre deux se révélait parfait pour courir. A cette heure, les rues bondées devenaient désertes, le bruit continue s'adoucissait pour faire place au silence. Le visage nocturne d'Anathorey plaisait d'avantage à Ithilion, comme si il s'agissait d'une autre cité, située à un autre endroit du monde.
Devant lui, Sally ne ralentissait pas le pas. Déterminée, elle voulait sans doute lui montrer l'ampleur des ressources enfouies en elle. Et de toute évidence, son potentiel était impressionnant. Son élan n'avait pas faibli depuis le départ, au contraire, il semblait presque s’accélérer au fur et à mesure du parcours. Alors que ses jambes à lui commençaient à déjà s'engourdir, son souffle n'arrivait plus à tenir la cadence et sa vision dérivait quelquefois. Ses poumons étaient en feu, mais il ne pouvait pas s'arrêter, pas devant sa disciple. Seul son égo lui procurait l'énergie nécessaire pour continuer d'avancer. Soudain, son pied perdit l'équilibre et le faucha sur le sol.

"Putain c'est pas possible ! Mais qu'est ce qu'il se passe ?
jura t-il en voyant SAlly se retourner, avant de revenir vers lui au petit trot.

La situation le dépassait complètement. Ses idées flottaient dans tout les sens. Il ne comprenait rien à cette situation étrange. Son souffle peinait à retrouver un rythme stable. La jeune femme se pencha alors vers lui avec un petit sourire rassurant :

-Ce n'est pas grave, c'est déjà un bon début.


Puis elle lui attrapa le bras, et entreprit de hisser le chevalier sur son dos. Le comble du ridicule. Lui, un soldat d'élite, formé par des années d'entrainements, d'endurance, incapable de tenir la cadence d'une jeune novice. Et pire, il allait se faire ramener par elle. Si un des Chasseurs Ailés voyait cela, sa réputation volerait en éclat, le projetant dans la plus basse considération. Et pourtant, a bout de force, il ne pouvait qu'assister, impuissant, à la scène de sa déchéance. Il se voyait revenir, peu à peu vers le grand bâtiment de l'ordre, confortablement installé contre le dos de sa disciple.

c'est pas vrai....c'est pas vrai.. n'arrêtait-il pas de murmurer.


Soudain, une main secoua son épaule, tirant le chevalier de ce rêve désagréable. Cécil se tenait à quelques centimètres de lui, le plateau du petit déjeuner dans une main, mais surtout le regard alerte. Il lui demanda où se trouvait son amie.
L'information mit quelques secondes à parvenir au cerveau d'Ithilion, l'esprit encore embué par cette sortie brutale de son sommeil, puis il tourna son regard vers son lit.  La vue de la couverture repliée sur elle même, laissant apparaitre un matelas vide, ramena les connections nécessaire pour faire comprendre à l'ünik la situation. Il bondit sur ses pieds, manquant au passage de renverser le faux majordome et fonça vers la sortie.
Bien sûr, la vie de la demoiselle ne se trouvait pas en danger au sein du QG. Mais il craignait que quelques uns de ses camarades, qui avaient vu d'un mauvais oeil le passe droit dont elle avait profité, n'en profite pour se défouler sur sa personne encore frêle et trop gentille. Cecil ne semblait d'ailleurs pas d'avantage rassuré, lui qui d'ordinaire affichait une constance à tout épreuve.

-Elle ne doit pas être loin. Peut être a-t-elle juste cherché les toilettes, supposa le chevalier. Allons voir.

Après une rapide vérification, les sanitaires de l'étage furent vide. Les deux hommes reprirent aussitôt leur recherche, prenant en compte le fait que Sally ne connaissait absolument pas le QG, et donc qu'elle pouvait se trouver n'importe où.
Soudain Ithilion se souvint d'une chose importante: Lors du braquage, il avait utilisé son dzêta. Par conséquent, cela signifiait qu'il avait enregistré la signature électrique particulière de la jeune femme.  Il se frappa le front pour ne pas avoir pensé à ce détail plus tôt, avant d'activer son bracelet. La petite pierre bleu s'illumina légèrement et le radar se déploya à travers tout le bâtiment. Son esprit scanna chaque signature présente autour de lui. Jusqu'au moment où enfin, il ressentit l'empreinte de sa disciple. Elle se trouvait toujours dans la même aile, mais à l'étage inférieur, dans la cours de repos. Toutefois, la présence d'un groupe autour d'elle ne présageait rien de bon. Surtout lorsqu'il se rendit compte de leurs identités.

-Suis moi, intima t-il d'une voix ferme à Cecil.

Si ces impertinents s'étaient permis le moindre geste déplacé, Ithilion leur ferait amèrement regretter.


Ils arrivèrent à l'endroit  au même instant qu'un ensemble de rire éclatait. Ce  n'était pas le genre de rire chaleureux qui se déclenchait après une bonne blague d'un camarade. Non, il s'agissait plutôt un rire mauvais, d'un rire moqueur. Celui qui excluait généralement un individu et qui sortait de la bouche des autres, soulagés de ne pas être à la même place.
Sally se tenait face au groupe, la tête baissée, un peu honteuse. Une image qui ne plut pas le moins du monde à Ithilion. Il ne perdit pas une seconde de plus pour intervenir car il ne laisserait pas sa disciple se faire ridiculiser par une bande d'avortons, sous seule prétexte qu'ils avaient déjà reçu un entrainement.

-Et bien et bien Johnny....lâcha t-il alors avec un grand sourire en s'avançant vers l'attroupement des jeunes recrues.

L'expression narquoise qu'affichait tout ces machos se décomposèrent instantanément. Certains même ne purent retenir une lueur de peur au fond de leurs yeux. Ithilion était connu pour son tempérament imprévisible, à l'image de l'évènement récent dans le réfectoire. Et malgré son sourire, tous savaient pertinemment que derrière pouvait se cacher le pire. Leurs maitres avaient surement du les mettre en garde par rapport au chevalier aux cheveux blancs, généralement il valait mieux faire parti de ses petits papiers.

Ithilion s'approcha de l'ünik qu'il avait surnommé, et lui passa familièrement le bras par dessus l'épaule. Il resta quelques secondes ainsi, fixant droit dans les yeux ce morveux qui osa tout de même défier son regard. Puis, soudain, une lumière blanche fît apparaitre son revolver dans l'une de ses mains qu'il pointa en direction du bas ventre du garçon.

-Écoute mon Johnny, reprit Ithilion sur un ton faussement amicale. C'est important d'avoir des couilles dans la vie. Ça, je ne peux te contredire. Mais tu vois, je pense que tu surestimes trop leurs capacités. Si tu veux, je peux t'aider à le comprendre. Tu verras que même sans, tu arriveras sans doute à devenir un bon petit soldat.

La menace glaçante donna à sa proie une teinte blême. Le jeune homme, jusqu’ici resté digne devant ses compagnons, ne pût retenir un cri suraigu en voyant l'arme en direction de ses parties génitales.

-Mais... reprit Ithilion en jetant un regard insistant vers Sally. Apparemment, vu que c'est ma disciple qui te casse les couilles...Je vais te donner une bonne raison de lui en vouloir. Deuxième leçon Sally, lorsqu'un mec t'enquiquine, tu le remets à sa place avec un bout coup de pied dans l'entrejambe.
 





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