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Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]

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MessageSujet: Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]   Mer 16 Sep - 13:27

• Chapitre 4 :  Sur les chemins

Je me trouvais au sommet d'un arbre, contemplant le reflet des lunes sur l'eau des rivières d'Eracléa, nostalgique. J'aimais cet endroit. Le' doux bruit de l'eau coulant entre les rizières, l'ondulation des herbes sous le souffle du vent, les myriades d'insectes et leurs danses bourdonnantes incessantes.Après tout ce que j'avais traversé, je m'étais même attachée à Nordkia et à ses habitants, appréciant leur joie de vivre malgré leurs difficultés, leur entraide et, plus que tout, la douce sensation d'avoir à nouveau une famille qui m'aimait. Et dire qu'à présent il me fallait laisser tout cela. Décidément, cette vie voulait m'enseigner le lâcher prise. Cependant, bien que nous nous soyons mis d'accord, j'avais encore du mal à partir. Ils allaient me manquer. Cruellement. Alors j'attendais. Un signe, n'importe quoi.
Je fus tirée de mes pensées par l'envol d'un groupe d'oiseaux et je les suivis des yeux. Ils allaient vers le nord-ouest. C'était là-bas que maman m'avait dit que je trouverais la Sylva. Un vent puissant se leva et un frisson me parcourut. Je descendis rapidement de l'arbre et me glissai dans la cabane, agilement. D'un geste efficace j'attrapai mes affaires et les fourrai dans mon sac, prenant bien soin de ne rien laisser derrière moi. Quand enfin il n'y eut plus rien dans mon abri, je sortis et cueillis les rares légumes que j'avais réussi à faire pousser grâce aux graines de maman. Je mordis dans l'un d'entre eux, savourant son doux goût sucré et amer à la fois, avant de ranger le reste dans mon sac. Je jetai alors un dernier regard aux alentours, douloureux. Je me recueillis un instant sur la tombe de Sally, honorant sa mémoire ainsi que celle de mes parents, puis je partis enfin, suivant le chemin ouvert par les oiseaux. Sans un au revoir, sans un regard en arrière. Glissant silencieusement dans la nuit, les larmes coulant chaudement de mes yeux. En direction de la Sylva. 

De nombreux nuages allaient et venaient dans le ciel, masquant tour à tour les deux lunes d'Origin's comme dans un ballet enchanté. Fondant dans la nuit noire sans un bruit, je marchais d'un pas décidé et rapide, me faufilant parmi les hautes herbes et les buissons. Je connaissais chaque recoin d'Eracléa par cœur après y avoir vécu près d'une dizaine d'années et, ainsi, mes pieds nus foulaient la terre avec sûreté et légèreté, sans crainte des pierres ou des racines qu'ils pourraient rencontrer. Et puis, même si cela arrivait, ils y étaient tellement habitués qu'ils en étaient devenus insensibles. Cependant, mon corps, empoisonné par l'atmosphère d'Urban City, avait perdu bien de ses capacités. Ainsi, je dus rapidement décroître mon rythme de marche car mon cœur s'emballait par manque d'air dans mes poumons. Ces derniers avaient perdu énormément de leur potentiel, et ce malgré mes entraînements intensifs. Ni les plantes médicinales que j'avais réussi à faire pousser ni les soins de Tanda n'y avaient changé quelque chose. Il y avait pourtant, au fond de moi, cette étrange assurance de trouver la solution auprès des êtres de la forêt, dans la Sylva. Je ne connaissais ce lieu que par les récits de ma mère qui était une Hybrid elle aussi, mais je me sentais étrangement proche de cette terre que je considérais comme sacrée. Comme tout Origin's d'ailleurs. Cependant, un vent puissant et une énergie nouvelle soufflait en moi lorsque j'y songeais et ainsi, j'en étais certaine : c'était là où je devais aller, là où ma vie devait se tourner. J'étais comme un enfant fébrile devant un nouveau jouet, impatiente et enthousiaste à la fois: mon corps tout entier en trembler d'excitation. Ainsi, malgré mes difficultés physiques, je repris ma marche, poussée par ce nouvel élan.

Qui fut coupé net. Des traces de pas étaient imprimées dans la terre humide, toutes fraîches. Je ne pouvais qu'estimer le nombre des poursuivants, mais il devait bien être une dizaine. Oui, ils étaient bien à la recherche de quelque chose. Ou de quelqu'un. Leurs empreintes profondes attestaient de leur hâte et leur répartition en un large arc de cercle faisait penser à une battue, comme lors d'une chasse. Le détail m'intriguait mais je décidai de passer mon chemin, bien déterminée à atteindre la Sylva le plus vite possible. Après tout, plus le temps passait et plus ma santé se dégradait : le plus tôt serait le mieux. Cependant, un autre indice me sauta au nez un peu plus loin. Littéralement. L'odeur forte d'un éracléate était entremêlée à celle d'une personne. J'étais intriguée. Je ne connaissais que trop bien cette odeur car j'avais vécu avec l'un de ces chiens pendant quelques années. Penser à Sally fit remonter une vague d'émotion en moi que je tentais de contrôler, l'imaginant s'écraser contre un rocher et repartir comme elle était venue. La visualisation m'aidait énormément ces derniers temps à me maîtriser. Il le fallait bien, je ne voulais pas causer de problèmes à nouveau...
Néanmoins, ma curiosité fut piquée. Je délaissais le chemin que j'avais pris pour suivre la trace des inconnus. Tout convergeait en un point, et je sentais que je les rencontrerais bientôt. Ainsi, je ralentis mon pas, calmai mon souffle et me déplaçai plus silencieusement que jamais, recourbée dans les hautes herbes, camouflée par mes habits aux couleurs sombres et terreuses.  


Dernière édition par Eilwen Gaëa le Sam 27 Fév - 16:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]   Jeu 17 Sep - 17:46

Il y a quelques jours de cela, ma route avait croisé celle d'une jeune fille, parcourant la plaine sur sa monture à vive allure. En m'apercevant, elle n'avait pas hésité une seconde, elle avait fondu vers moi sans plus attendre. Ses yeux emplis d'espoir, la petite demoiselle me parla de sa soeur qui s'était blessée en chutant de sa propre monture. Sa soeur était plus jeune qu'elle et la douleur l’empêchait de se relever. Je lui avait ainsi demandé de me montrer où elle était, de me guider jusqu'à elle. L'ainée m'avait fait une place sur sa monture et en une dizaine de minute, nous avions rejoins sa jeune soeur. Après l'avoir méticuleusement examiné, j'avais pu constater que la cause de sa douleur devait probablement être issu d'une fracture du genou. Néanmoins, la plaie ne laissait paraitre l'os, ce qui pouvait advenir dans ces cas. Il n'y avait pas non plus d'épanchement, ou bien celui-ci n'avait pas encore eu le temps de se former pleinement, malgré un gonflement important. Étant donné que l'organe semblait avoir préservé sa forme naturelle, je supposais que seule la rotule avait été touché. Il aurait fallut un scanner afin d'en être certain. Mais bon, étant donné que je n'en détenais pas sous la main ... De toute manière, dans l'immédiat il n'y avait qu'une seule chose à faire, immobiliser la jambe J'avais donc demandé à l'ainée de retourner chez elle, de dénicher un moyen de transport autre que sa monture. Quant à moi, j'avais entrepris de lui confectionner une attelle stable et rigide avec mes restants de bandes. Je m'en doutais, cela ne serait guère suffisant. Il fallait quelque chose de plus ... solide et durable.

Une fois que la demoiselle fut ramenée chez elle, j'avais appuyé sur le fait que j'avais le maximum que mes moyens me conféraient, mais surtout qu'il fallait l'emmener faire un scanner afin d'attester mon diagnostique. Ces parents ne voulaient pas, ils n'en avaient pas les moyens. J'avais insisté, puis persisté. Mais ils s'obstinaient. J'avais donc réexaminé la blessure, une fois de plus par soucis du détail disons. L'épanchement avait fini par apparaitre mais rien ne laissait paraitre que je m'étais fourvoyé. Je leur avais indiqué que la gamine ne devait plus bouger sa jambe pendant une vingtaine de jour, l'attelle confectionnée pourrait suffire, mais qu'il serait bien de la renforcer à l'avenir. Le gonflement diminuerait avec le temps, mais je leur avais tout de même proposé de placer de la glace dans un torchon. Cela limiterait son expansion lors des prochains jours, ainsi qu'une augmentation de la douleur. D'ailleurs, des voisins avaient eu la bienveillance d'en offrir à la jeune fille blessée, néanmoins, je doutais qu'ils soient suffisant pour la durée du traitement. Je m'étais donc proposée pour lui en dégoter et de me déplacer. J'avais donc effectué à mes frais un voyage de plusieurs jours pour leur rapporté cette dépense, en plus d'un tuteur en métal qui permettrait de préserver la jambe bien droite.
Bref, s'ils ne désiraient pas l'emmener consulter en ville, désormais ils n'avaient plus qu' attendre. Quant à moi, je n'avais plus rien à faire ici, quoique, j'avais promis de repasser afin d'apporter mon aide pour la rééducation de sa jambe. N'ayant rien pour me remercier, j'avais haussé des épaules pour leur avouer qu'en vérité, je m'en foutais. Désireux de me rendre la pareil, ils m'avaient indiqué un coin de rivière où disait-on aurait été déversé de l'or. Un voisin avait même ajouté que cet or détenait des propriétés intéressantes, presque magiques. Sceptique, cette idée m'avait bien fait sourire. Mais bon sous leur insistance, je leur avais promis d'y jeter un oeil. Et, j'y étais allée ... En vérité, je comptais offrir à la gamine une de ces breloques si ô grand jamais je parvenais à dégoter quelque chose.

J'avais commencé par traverser la prairie, pour finalement rejoindre les rivières. En chemin, j'avais croisé un groupe de rodeurs, dont j'avais volontairement détourné l'attention, les prenant au loin pour de simples agriculteurs. Quelle connerie ... J'avais longé la rivière, yeutant ici et là avec le faux espoir de distinguer au travers de la surface un éclat improbable.  Avouons que je n'y déversais guère une très grande volonté. Néanmoins, Entropy tournait autour de moi avec trop d'insistance. Cela m'avait d'abord agacé, mais au visu de son expression et des aboiements, j'avais fini par admettre que ce n'était pas dénuée de raison. Je m'étais retournée, plaçant mon regard au loin, furetant l'horizon. Mes amandes s'étaient indéniablement posées sur le groupe d'homme qui me suivaient, depuis bien trop longtemps pour que cela soit innocent. Un profond soupir s'extirpa de mes lèvres avec impatience alors que je récupérais mon arbalète pour l'armer en visant l'un d'entre eux au hasard. La distance qui nous séparait étaient encore suffisamment importante pour que je puisse m'enfuir en leur donnant peu de chance de me rattraper. Cependant, je doutais que cela les arrêterait. D'un saut, je traversais la rivière, ce qui constituerait un obstacle, certes infime et temporaire, mais supplémentaire entre moi et mes futurs assaillants. J'ordonnais au chien de me suivre, puis je me replaçais en position de tir. Lorsqu'enfin, ils furent à portée de voix, je leur lançais de mon timbre grave empli de menace:

- Cassez vous! Si vous faites trois mètres de plus dans ma direction, je jure de vous en planter une dans la gorge ...
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MessageSujet: Re: Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]   Sam 19 Sep - 13:38

Dissimulée dans l'obscurité de la nuit, je me glissais silencieusement entre les herbes, passant comme un courant d'air qu'on peut à peine sentir. Doucement, je me rapprochais du point de rencontre, prenant bien soin de ne me faire repérer par personne. J'entendis au loin le chant d'un oiseau nocturne qui prit son envol peu de temps après. Là-bas ! Je me dirigeai dans la direction qu'il avait quitté, convaincue qu'il m'avait guidé sur les lieux où je devais aller. Parvenue près d'un buisson épineux aux feuilles rougeâtres et aux épines acérées, je m'arrêtai. Devant mes yeux, je pouvais clairement distinguer deux ombres qui avançaient furtivement un peu plus loin, en contrebas. Les nuages s'écartèrent un instant des lunes, dévoilant leur douce lumière blanchâtre qui vint éclairer la scène. Je pus ainsi voir, le temps d'un instant, que les deux ombres n'étaient autre qu'une femme et l'éracléate dont j'avais senti l'odeur précédemment. Un peu plus loin derrière eux se faufilaient maladroitement le groupe des poursuivants. Un détail retint mon attention cependant : ils étaient moins que ce que j'avais estimé, seulement une demi-douzaine. Étrange, j'étais pourtant certaine d'avoir observé plus de traces ancrées dans la terre un peu plus tôt. Peut-être étaient-ce des marques plus anciennes... Mais mon instinct me soufflait, du fond de mes entrailles, de me méfier. Un nuage revint couvrir l'atmosphère de son opaque substance et j'ouvris donc mes sens plus encore, attentive à ce qui se déroulait sous mes yeux.

La femme et le chien de rivières avaient finalement repéré leurs poursuivants. D'un pas plus rapide, elle tentait de les mettre à distance mais cela été vain car ils semblaient déterminés à ne pas la lâcher d'une semelle. Elle avait l'air d'en être arrivée à la même conclusion car, après avoir traversé un petit affluent, elle s'arrêta enfin pour leur faire face et, tout en dégainant une arme que je ne connaissais pas, menaça les hommes. Elle pointait sur eux ce qui semblait être une arme de jet. J'en eus la confirmation lorsqu'un rayon lunaire frappa le carreau de sa flèche, l'illuminant suffisamment pour que je distingue sa forme. De même que celles de ceux qui se trouvaient derrière elle, à quelques centaines de mètres. Le groupe des attaquants s'était donc divisé en deux pour la prendre en tenaille. Pas si bête que ça pour des bandits de grand chemin. Qui pouvaient-ils être donc ? Et pourquoi s'en prenaient-ils à elle ? Je n'eus pas le temps de m'interroger plus longtemps, il était temps que je passe à l'action. Bien que je ne connaisse pas les causes de ce conflit, pour moi il n'y avait jamais de bonnes raisons au combat. J'étais donc déterminée à intervenir pour y mettre un terme en évitant toute mort. La présence de l'éracléate me motivait d'autant plus car sa vie m'importait plus que celles des originaires. Je ne supportais pas qu'un être de la nature soit pris dans le feu des conflits qui ne regardaient que les hommes, cela était déjà suffisamment absurde en soi pour qu'on n'implique pas en plus des vies innocentes.

Je déposai donc mon sac à l'abri du buisson et me faufilai discrètement vers le groupe de derrière, rapide et légère. Mes pieds nus se posaient sur la terre sans faire le moindre bruit et, ainsi, je pus m'approcher d'eux sans me faire repérer. Ma présence était totalement invisible. Tandis que la femme leur tournait dos, je vis avec horreur deux des hommes tendre leur arc, prêts à décocher leur flèche sans qu'elle n'en ait conscience. Quelle lâcheté ! J'en étais dégoûtée. J'avisais une pierre non loin de moi et l'attrapai du bout des doigts. La soupesant, un plan se dessina dans ma tête. Il fallait que je m'occupe de ceux à l'arrière tandis qu'elle ferait face à l'autre groupe. Ainsi, cela éviterait que l'on disperse nos forces et je disposai, par ailleurs, de l'effet de surprise. Un grand avantage que je devais mettre à profit, n'ayant plus ma lance pour me défendre. Heureusement, j'étais rompue aux combats au corps à corps, mais les lames affûtées qu'ils portaient à leur ceinture nécessitaient la plus grande prudence.
Ajustant mon tir, je visai. Habituée à chasser au jet de pierre, je n'eus aucun mal à atteindre ma cible. L'un des archers lâcha son arme dans un cri de douleur, j'avais frappé en pleine main. Vive comme le serpent, je changeais de position tout en criant à l'adresse de la jeune femme :
« Je m'occupe d'eux, toi protège l'éracléate et tiens à distance l'autre groupe ! »
Mon ordre pouvait certes paraître présomptueux mais nous n'avions pas le temps de faire cas des figures de politesse. Il fallait agir, et vite. J'attrapai une nouvelle pierre un peu plus loin. Les assaillants avaient été surpris et cherchai d'où l'attaque était venue, relâchant complètement leur attention sur la femme qu'ils poursuivaient. Je souris. Mon plan marchait à la perfection.
« Qui va là ? »
Les archers scrutaient l'obscurité du regard, tandis que les fantassins gardaient la main sur leur pommeau d'épée, me cherchant également des yeux. Je les contournai et ajustai à nouveau mon tir, frappant cette fois-ci l'autre archer à la tempe. Avant même qu'il ne touche le sol, inconscient, j'étais déjà ailleurs, ricanant. Cela faisait longtemps que je n'avais pas combattu, et j'allais prendre un malin plaisir à les faire tourner en bourrique.
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MessageSujet: Re: Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]   Sam 26 Sep - 17:24

Décidément? Me prendre en chasse? Moi? ? Il existait de ces personnes qui aimaient se lancer dans des entreprises ô combien vaines et périlleuses ... Tant pis. Pourtant, il y avait d'autres poissons considérablement plus intéressant à flairer dans le coin qu'une nénette solitaire et sa patate pantouflard, non? Visant soigneusement l'un d'entre eux, après un choix assidu mais quoique ostensiblement basé sur la gratuité et l'infortune d'une décision hasardeuse, mon emprise sur mon arme ainsi que sur le sol se raffermirent afin d'ajuster au maximum mon tir. Ils se situaient encore à bonne distance, certes leur groupe se tenait suffisamment proche pour qu'il puisse distinguer mes menaces et sommations vociférantes, néanmoins, chacun d'entre eux étaient encore trop loin pour que mon tir puisse être aussi précis et mortel qu'espéré. Du moins, je pouvais distinguer une once d'hésitation secouer leur rang à la suite de ces dernières palabres. Ou peut être s'agissait-il d'excitation?

C'était qu'ils avaient persisté à avancer ces lascars ... Très bien. Plus ils progressaient dans ma direction, plus mes carreaux détenaient une chance d'accomplir mes douloureuses promesses proférées tantôt. Patiente, mais effectivement agacée, j'attendais d'un froid méticuleux qu'ils se ramènent ... ''Allez, allez ... approchez ..." Murmurais-je alors doucement entre mes deux rangées de dents serrées. Je ne ressentais point de peur, actuellement bien trop concentrée sur mon objectif: ''Un tir, un mort.'' Toutefois, quelque chose me fit rapidement dégriser. Entropy avait recommencé à bramer d'une véhémence bien trop insistante pour que cette alerte soit innocente. Menaçant et grondant, ces crocs découverts ainsi que sa toison blanche paraissant presque hérissée, l'animal pourtant déjà assez imposant d'ordinaire semblait presque avoir doublé taille. Sans me mouvoir d'un centimètre, mes émeraudes s'étaient contentées de dévier leur vigilance vers ce dernier dont l'attention semblait être dédiée à une ombre pesante et inconnue qui se tenait ailleurs que dans mon champs de vision. Mes iris s'arrondirent de surprise sous le poids mielleux de la compréhension. Une rancœur acre, venimeuse et amère s'échappa de mes lèvres, hargneuse de ne pas avoir perçu cette menace plus tôt. ''Reste là! Bouge pas." avais je alors entonné sèchement au chien désireuse de m'accaparer pleinement son obéissance, alors que je pivotais d'une traite afin d'éclaircir ce mystère ...

Sans prévenir, deux cris se firent entendre dans mon dos, un premier de douleur et de surprise, puis un second d'alerte. Mon arbalète braquée vers ce qui me semblait en incarner l'origine, je crus distinguer brièvement une silhouette inconnue, mais peut être bien féminine? s'échapper furtivement de mon regard. Ou peut être bien de celui de mes assaillants? Ce fut alors qu'une voix attestant le genre de cette silhouette à l'arrivée inopinée s'éleva pour m'inciter à continuer de m'occuper du groupe que j'avais perçu en premier. Soit, cette idée me convenait, pour peu que cette inconnue puisse tenir le second à bonne distance. Toutefois, le fait qu'elle me demande de protéger l'animal me fit doucement sourire. S'il n'avait effectivement que peu de chance de survie face à des tireurs, ces derniers posséderaient bien moins d'opportunité si l'un d'entre eux parvenait à dénicher au fond de soit suffisamment de chance, d'habileté et d'audace pour s'approcher. En bon chasseur, Entropy n'hésiterait certainement pas à tenter de leur arracher une main, voire même à risquer d'un égorger un si l'occasion se présentait. Il ne s'agissait pas d'une peluche empâtée pour salon de thé, d'autant plus que sa nature vindicative le rendait particulièrement agressif lorsque l'on s'en prenait à ... moi! Non, l'un comme l'autre, nous n'avions pas peur de tuer, ni de remord à voler une ou plusieurs vie lorsque la mienne ou la sienne était en péril. Ainsi allaient nos priorités. Toutefois, si jamais ce groupe d'olibrius décidaient de fuir, la raison saurait arrêter mon geste. Quant à Entropy, peut être moins ... C'était davantage un chasseur qu'une peluche après tout.

''Bouge pas" Répétai-je à l'éraclea sur ce même ton sec et impérieux, tandis que je braquais mon arbalète sur mon groupe à la recherche d'un futur pantin à désarticuler. Aussi sèchement, sans un son, un premier tir fusa dans une nuée de particules poussiéreuses. Nuée soulevée par la course de nos assaillants qui avaient reprise de plus belle lorsque l'intrigante demoiselle avait fortuitement détourné ma vigilance de par son arrivée pour le moins inattendue. Trois d'entre eux avaient gagné du terrain, les deux autres demeuraient à bonne distance. Mon carreau tiré à la hâte se ficha dans l'épaule droite la plus proche. L'homme émit un cris de douleur puis entama une danse virevoltante et titubante, avant de plier genou à terre. Une main crispée sur le carreau qui l'avait empoigné, il semblait respirer de manière haletante et douloureuse, sa vigueur venait de s'amoindrir. Néanmoins, il ne lâcha pas pour autant son arme. Par conséquent, j'armai sans attendre un nouveau carreaux, Entropy devenait peu à peu intenable à mon côté et persistait à hululer avec férocité en esquissant des bonds teigneux autour de moi tandis que les deux autres corniauds redoublaient d'effort pour rejoindre ma hauteur. Ensuite, je me relevais, pris une inspiration le temps de viser de manière rapide, mais suffisamment précise afin d'escompter faire mouche, puis je lâchai mon second tir qui toucha un deuxième sprinteur. Plus tard, mes amandes se posèrent sur l'un des tireur. Pressentant une paire de projectile filer dangereusement dans notre direction, une main soudainement libérée se referma sur l'encolure du chien et le tira pour le forcer à rejoindre un bosquet en guise de couverture. Au passage, je sentis la pointe d'une flèche m'écorcher une partie de l'avant-bras. Emettant un juron de douleur, je m'enfonçais opiniâtre auprès de ma protection improvisée et temporaire pour armer un troisième tir en pestant.  A tout instant, je m'attendais à une merde, que l'un d'entre eux me sorte une arme pourvu d'un Dzeta ou d'un substitue de cet acabit. J'espérai sincèrement ne pas tomber dessus. Cette pensée insidieuse à l'esprit, ma tête dépassa de l’abri, mon arbalète suivit puis je pris le temps de viser l'un des archer.

N'était-il pas étrange que ce groupe soit aussi nombreux pour mener une embuscade manifestement bien organisée contre une pauvre silhouette féminine isolée? C'était intrigant. S'agissait-il  d'un simple hasard? D'une coïncidence vraisemblable? Etait-il possible que l'on m'ait ... disons "remarqué"? Ou existait-il un lien avec ce que je cherchais? Cette femme en savait peut être plus que moi à ce sujet? Néanmoins, en constatant le style furtif, habile mais surtout clément de cette femme improbable, il me était intrigant de constater que ses cibles ne gisaient guère au sol sans vie, puisqu'elles paraissaient sombrer dans une sorte d'inconscience. J'étais trop loin de ces derniers afin d'en avoir le cœur net. S'agissait-il d'une âme généreuse, charitable et magnanime même envers les esprits les plus revanchard et acariâtre? Peut être que ce monde n'était pas uniquement rempli de salopards avides et versatiles, finalement.
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MessageSujet: Re: Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]   Dim 27 Sep - 20:07

Tapie dans l'ombre d'un rocher qui surplombait la scène, j'analysai méticuleusement mes adversaires. Un archer était déjà au tapis, tandis que l'autre tenait son arme maladroitement, la main tremblante de douleur. Alors que les quatre fantassins se déployaient pour me chercher, ce dernier restait en retrait, plissant les yeux dans l'obscurité comme pour tenter de capturer mon fantôme. Il était la proie idéale. Saisissant une nouvelle pierre, je m'en servis cette fois-ci pour détourner l'attention des mercenaires. Dans un mouvement ample du bras, elle décrivit un arc-de-cercle sublime avant d'aller s'écraser dans un buisson, à l'opposé de ma position. À l'écoute du bruit, les hommes s'y précipitèrent, dégainant leurs armes pour réduire le malheureux buisson à une simple pousse ; sans même prendre garde à l'ombre qui courait avec aisance parmi les hautes herbes, chuchotant un « pardon » à l'âme du végétal qui avait malencontreusement été pris d'assaut.
Silencieuse comme un courant d'air, je me glissai dans le dos de l'homme qui tenait son arc bandé, tentant de me débusquer du regard pour m'épingler. Le pauvre, si seulement il savait... Je bondis derrière lui et, du bout des doigts, pianotai en remontant le long de sa colonne vertébrale. Un, deux, trois... Quatre points. Paralysé, je pus pincer le nerf spinal qui se trouve sous le trapèze sans aucune difficulté. L'homme s'évanouit instantanément et, plaçant mes bras sous ses épaules, je le retins dans sa chute pour le placer délicatement dans l'herbe. Sans un bruit.

Plus que quatre. La chose n'allait pas être aisée. La lueur de leurs armes éclairées par le clair des lunes était relativement dissuasive. Mais, au moins, je pouvais me permettre de souffler un peu : l'éracléate de le jeune femme ne risquait plus rien de mon côté. Pas pour le moment du moins. D'ailleurs, où en étaient-ils ? Jetant un coup d'œil en arrière, je pus constater que le chien de rivière avait été écarté des combats, dissimulé par un arbuste. La femme, quant à elle, semblait maîtriser la situation et n'avoir aucun mal à défaire ses adversaires qui tombaient un à un tel des mouches prises dans une tempête. Leurs cris, emportés par le vent, me parvenaient par à-coups ; si la douleur paraissait fulgurante, au moins avaient-ils encore le loisir de pouvoir l'exprimer. Rassurée, je pus détourner le regard pour me concentrer sur ceux que j'avais moi-même à défaire.

Attrapant, d'une main hésitante, l'arme délaissée par l'homme que je venais de mettre à terre, je l'observai d'un air intrigué. Bien qu'à de nombreuses occasions j'ai pu analyser les gestes d'un archer en action, je n'avais jamais utilisé d'arc et n'étais vraiment pas sûre de moi. Néanmoins, c'était la seule idée qui me venait à l'esprit. Me fondant à nouveau dans l'ombre pour mettre une certaine distance entre mes adversaires et moi, je réfléchissais, prenant le temps de scruter la scène de mon regard à l'abri d'un arbre, perçant comme en pleine lumière du jour leurs atouts et leurs faiblesses. Après avoir fini d'achever le malheureux buisson, ces derniers s'étaient finalement rendus compte que je ne m'y trouvais pas et me cherchaient de nouveau, sans même prendre conscience que leur camarade avait disparu. Décidément, ils étaient loin d'être des lumières. Qui pouvaient-ils bien être, et pourquoi étaient-ils à la poursuite de cette femme ? Certes leur nombre était impressionnant mais, débrouillarde comme elle paraissait l'être, il me semblait idiot d'envoyer des hommes si peu adroits pour la démettre. S'ils avaient pour volonté de l'assassiner, n'était-il pas plus intelligent qu'un seul homme aux compétences certaines s'en charge ? Ou bien n'étaient-ils que de simples bandits des bas chemins qui souhaitaient la dépouiller ? Cela n'avait aucun sens, elle n'avait pas l'air de posséder grand chose. Mais plus intriguant encore, aucun ne semblait posséder de sigma ou de dzéta. Autant dire qu'ils s'étaient jetés dans la gueule du loup sans aucune chance.

Je lâchai un soupir, dubitative. Comme à mon habitude j'avais tendance à divaguer dans mes pensées alors que l'heure était à l'action. Raffermissant ma prise sur l'arc, je sortis la tête de ma cachette, attentive à ce qu'il se passait, déterminée à percer le secret des hommes qui la pourchassait.
Leur silhouette se détachait dans la nuit, rendues visibles par le jeu d'ombre et de lumière auquel se prêtaient les astres et les nuages.
L'un d'entre eux semblait avoir les genoux cagneux, traînant son corps qui paraissait n'être qu'un poids pesant à porter, dandinant maladroitement. Il ne serait pas un grand danger. De même que l'énorme mastodonte qui se trouvait à ses côtés. Bien que d'une carrure imposante, digne d'un chêne centenaire, ses mouvements étaient grossiers, abruptes, sans grâce aucune. Il ne me serait pas difficile de retourner sa force contre lui. Non. Celui qui m’inquiétait, à l'inverse, était doté d'une silhouette fine, élancé. Silencieux comme la nuit il se glissait parmi les herbes qu'il fouettait de sa longue arme... Une lance ! Un sourire éclaira mon visage. Si je parvenais à la lui prendre, ils n'auraient plus aucune chance.
Ma mère m'avait apprise à manier cette arme peu commune dans un entraînement des plus rigoureux, exigeant de moi une maîtrise parfaite de l'art de combattre sans tuer... Que je n'atteins pas, puisqu'elle mourut avant. Néanmoins, ses préceptes avaient laissé des marques indélébiles en mon être et je tentais de respecter ses enseignements en honorant sa mémoire. La lance s'était cependant brisée voilà plusieurs années auparavant, et je n'y avais donc pas retouché. Un frisson d'excitation me parcourut, mélangé à l'horreur, faisant resurgir les derniers souvenirs que j'en avais. Sanglants. Il n'y avait que ce mot là qui me venait pour les qualifier. Mon âme était déchirée entre la peur de commettre les mêmes erreurs et la joie de pouvoir à nouveau danser en harmonie avec le bois. Mais, au vue de la situation, avais-je réellement le choix ?

Un détail me frappa soudain. Où était passé le dernier homme ? Un sifflement aiguë perça le silence nocturne et, de surprise, je tombai sur les fesses... De justesse ! La dague s'était plantée dans le tronc de l'arbre à quelques centimètres à peine de ma gorge, laissant une estafilade sanguinolente le long de ma joue, brûlante. Idiote. Gênée par ma conduite imprudente, je passai la main derrière la tête en rigolant. Puis me saisis de l'arme...
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Les astres ne sont pas les seuls à briller. [Quête solo]

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