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Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]

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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Dim 11 Oct - 1:50


Diya avait craint un instant qu'Eilwen ne comprenne pas son geste, qu'elle prenne son écart pour une perte de contrôle, mais finalement la jeune femme ne semblait pas effrayé par sa décision. Elles cachèrent le corps du scientifique évanouit dans la petite pièce de service servant a stocker les produits et le matériel d'entretient. La brune cacha Roy derrière de grands sachets sombres entreposés dans un coin et se dirigea vers la porte. Alors que Diya croyait qu'elle allait sortir, celle-ci s'arrêta, appuyée contre l'accès. Son air grave et gêné interpella la Cyborg qui l'écoutait attentivement, adossée à l'étagère. Ses premières phrases lui firent penser à un reproche et la demoiselle se prépara à s'excuser pour son geste, juste avant que l'orientation de la conversation change de tout au tout. Eilwen lui expliqua qu'il lui arrivait d'avoir des sortes d'absences et qu'elle craignait de ne commettre des actes irrécupérables durant ces dernières, elle demanda alors à la Qantik de lui promettre de l'en empêcher quitte à utiliser, sur elle, son Sigma. Diya Hocha la tête tout en déclarant sérieusement, bien qu'intimidée par son souhait :

" Je ne laisserais pas ce genre de chose arriver, promis."

Un bruits extérieur attira son attention. Des pas pressés suivit d'autres plus tranquilles, une certaine aura qui en imposait. Les personnes en question s'arrêtèrent devant le bureau du Docteur en charge des projets environnementaux et une voix annonça que les Ducs étaient arrivés. Diya tourna un regard entendu vers Eilwen, souriante. Il y avait là une occasion à saisir, la présences d’Élites signifiait un gage de sécurité. Si elles arrivaient à s'emparer de l'un d'entre eux leur sortie était assurée. Le bruit d'une porte qui se ferme et de pas rapides qui s'éloignent leur offrit l'indice qu'elles attendaient et d'un commun accord elles sortirent du petit local, regagnant le couloir à présent désert. Les voix étouffées émanant du bureau apprit à la demoiselle que trois hommes au minimum s'y trouvaient et ils devaient se sentir suffisamment en sécurité pour ne pas s'attendre à une telle attaque. La Cyborg se pencha vers la brune et chuchota :

" Je vais entrer la première et feindre une erreur d'indication, il nous faudra immédiatement identifier quelle est la personne la plus importante de la pièce mais cela ne devrait pas être compliqué, c'est celle qu'on cherchera à protéger la première. Ensuite il faudra aviser. Je peux m'occuper d'une personne si c'est nécessaire. N'intervient que si la situation l'exige ou que nous sommes sûres qu'aucun d'eux n'est armé. Je ne veux pas que tu sois blessée."

Sans attendre de réponse elle poussa la porte feignant l'agacement en tripotant son badge elle lança :

" Roy, tes calculs sont complètement faux, ils faut revoir toute la partie sur ..."

La réaction de son entrée fut immédiate. Il y avait quatre hommes dans la pièce. Le Docteur Himoto, reconnaissable à sa blouse blanche et à sa place, derrière une large bureau de matière non naturelle couvert de paperasses. Deux Élites dans leur luxueux costumes du dimanche assis de l'autre côté du bureau, haussant des sourcils outragés envers sa personne. Et enfin ce qui devait sans doute être un garde du corps qui s’était automatiquement placé devant l'Unik de droite, celui dont les cheveux grisonnant témoignaient de l'age avancé et dont les traits, froids, d'un caractère fort peu chaleureux. La demoiselle fit semblant d'être surprise, allant jusqu’à faire une léger bond sur place en s'écriant :

" Oh mon dieu, je suis tellement confuse ! C'est pourtant la salle qu'il m'a indiqué..."

Balayant son intrusion d'un geste de la main le scientifique lui jeta un regard froid en répliquant, d'un ton sans appel :

" Je ne crois pas vous connaitre. Vous êtes nouvelle ? J'ai horreur d'être interrompu, encore plus lorsque je reçois des invités de marque. Rendez vous donc utile puisque vous êtes là, allez cherchez des rafraîchissements pour ces messieurs."

Alors c'est ainsi que l'homme traitait ses subordonnés ? Le masque fondit sur les traits de la Qantiks, dévoilant un air aussi serein qu'indéchiffrable alors qu'elle haussait les épaules :

" En réalité je ne travaille pas pour vous. Je suis ici pour régler un léger différent qui cause beaucoup de tracas à énormément de monde."

Une de ses mains spirituelles s'étira pour aller rencontrer violemment le garde du corps, l'envoyant valser contre une étagère couverte d'ouvrages, sonné. La colère se mua en perplexité pour les trois hommes encore intact. Comment avait elle passé la sécurité ? C’était sans doute ce qu'ils se demandaient. Une dague à l'aspect fantomatique et charbonneuse apparu dans la main de la Cyborg tandis qu'un sourire amusé tordait ses lèvres. Mielleuse elle minauda alors :

" Si le moindre agent de sécurité débarque je tue vos invités d'honneur. Ne me regardez pas ainsi voyons ! Je sais que l’œil de la caméra, derrière moi, à sans doute déjà mis en alerte la totalité du bâtiment. Je suis également certaine qu'ils ne s'en prendront pas à moi tant que je vous aurais en joue, et vous n'êtes pas vraiment en état de vous défendre. N'est ce pas ?"
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Ven 16 Oct - 12:57

Je parcourus le couloir d'un œil inquiet avant de souffler. Il était désert. Je me collais donc à la porte du bureau, discrètement, me glissant sur le côté pour pouvoir entendre ce qu'il se disait par le mince interstice. Les voix apparaissaient de façon distincte et claire sans que je n'eus grand besoin de tendre l'oreille. Il semblait n'y avoir que trois hommes : les deux premiers étaient vraisemblablement les membres de l'élite que j'avais vu rentrer, le troisième ne pouvait être que le fameux Himoto. C'est alors que j'entendis une quinte de toux, dans un coin, venant d'une position différente des voix entendues. Je retins un cri de surprise et me tournai vers Diya pour l'avertir, mais celle-ci ne m'en laissa pas le temps. Elle prit la parole, annonçant ce qu'elle souhaitait faire et mit en action son idée sans que je ne puisse lui répondre. Surprise, je ne pus que m'écarter de la porte d'un geste vif pour ne pas que l'on m'aperçoive dans son ouverture. La Qantik s'avança dans son entrebâillement d'un air irrité, jouant à merveille le nouveau rôle dans lequel elle s'était glissée.
Bien que son plan sembla fonctionner, je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils tout en retenant un soupir d'exaspération. Ce n'était pas ainsi que j'avais envisagé les choses et elle me prenait totalement de court. J'aurais préféré que nous prenions d'abord le temps d'écouter ce qu'il se disait, d'analyser les rapports et les informations qui nous seraient donnés dans l'échange, ce qui nous auraient alors permis d'obtenir des clés importantes dans ce qu'il se déroulait, mais non. Au-delà de son apparence calme et réfléchie, la jeune fille paraissait en réalité être impulsive et n'en faire qu'à sa tête.

Poussant un soupir, je me laissai glisser contre le mur pour m'asseoir sur le carrelage frais, mon regard posé sur les néons grésillants du plafond. Gardant une attention sur ce qu'il se passait à l'intérieur, je permis néanmoins à mon esprit de divaguer pour élaborer un nouveau plan. Si Diya était occupée à l'intérieur et semblait maîtriser la situation, il fallait pourtant que je me mette à l'action. Son acte, bien qu'obéissant à un certain raisonnement, semblait me manquer de légitimité et de réflexions. Un otage ne garantissait rien, jamais. Et ce peu importe son rang. En effet, nous n'avions aucune idée des systèmes de protection mis à disposition des laboratoires et il suffisait d'un simple gaz soporifique comme d'un tir bien placé pour mettre fin à ce plan. Il était trop instable, trop bancal. Sans aucune garantie. Et par ailleurs, je ne pouvais intervenir si ce n'était en prenant un autre otage pour me servir de bouclier mais j'étais incapable de faire ça. D'une part ce n'était pas dans mes habitudes, et d'autre part je ne pouvais pas me le permettre... Si mon Sin prenait le dessus ne serait-ce qu'un instant, mon otage ne pèserait plus très lourd en étant mort. Nouveau soupir. Je ne savais pas où me mettre.

Mon regard se perdit dans l'horizon vaste du désert sur lequel donnait la fenêtre à la teinte obscure, errant sur l'ondulation du sable qui était soulevé par ce que j'imaginais être un vent puissant. Malgré la chaleur qui devait y régner, j'avais envie d'être dehors, de profiter de cet air vivifiant plutôt que d'être enfermée entre les murs froids de ces laboratoires qui me mettaient mal à l'aise. Cet endroit dégageait réellement quelque chose de mauvais. Un frisson me parcourut et je laissai à nouveau mes yeux divaguer sur les parois blanches du couloir, cherchant quelque chose auquel se raccrocher, n'importe quoi qui puisse me donner une idée. Quand je le vis. Le bouton d'alarme ! Un plan se dessina finalement dans mon esprit, clair et précis, parfait. Ce qu'il nous fallait, c'était une diversion. Un mouvement de panique, un tourbillon de folie. De quoi nous laisser le temps de trouver la solution à la pollution du Styx avant de nous évader. Et j'avais justement ce dont j'avais besoin à portée de main. Je souris et me levai, prête à agir.

D'un pas décidé, je passai devant l'encadrement de la porte du bureau où Diya continuait de maintenir la pression, la situation bien en main. Je pris soin de ne pas me faire voir des hommes à l'intérieur, tendant mon pouce discrètement à la Qantik sans la regarder, espérant qu'elle me verrait. J'espérais qu'elle comprendrait. Parvenue devant le carré rouge vif qui trônait au milieu du mur, je fermai les yeux un instant, inspirant profondément. Puis je tirai la sonnette d'alarme. Cette dernière retentit automatiquement dans les couloirs dans un bruit assourdissant, illuminant les pièces d'une lumière rouge clignotante. Prenant un air affolée, je me mis à crier :

« Vite, il faut évacuer le bâtiment, il y a une bombe ! Un taré a posé une bombe dans le bâtiment ! »

Courant dans les couloirs, je répandis le bruit partout sur mon passage, ouvrant chacune des portes, poussant chacune des personnes que je croisais dans la panique que je feignais. La tempête de peur que j'emmenais avec moi fit rapidement effet, accentuée par l'alarme retentissante.

« Vite, il faut évacuer ! Tout va exploser ! »

Les scientifiques abandonnaient précipitamment ce qu'ils faisaient pour se diriger vers la sortie d'un pas agité, répandant à leur tour la rumeur que je faisais courir. L'affolement ne tarda pas à contaminer tout l'étage, et tous se précipitèrent vers les portes de sortie d'urgence vers lesquelles je les guidais, accentuant encore plus la scène en continuant mes cris, en m'agitant partout, en secouant ceux qui passaient devant moi.

Quand le dernier passa la porte, je la refermai derrière lui, poussant un soupir profond. Ma gorge me brûlait par l'effort qu'elle venait de fournir à s'égosiller de toute part et ma respiration était rapide, emportée par la panique et l'agitation qui m'avaient gagné. Mais j'étais heureuse, souriante. Par mon action, j'avais fait d'une pierre deux coups. J'avais été inquiète d'un combat possible entre les forces de l'ordre et nous, et ne voulais certainement pas inclure ces personnes qui n'avaient rien avoir avec ce qu'il se passait, des personnes innocentes. Du moins que je tentais de considérer comme telle. Et plus encore, l'élan de panique généré serait difficile à calmer, ralentissant grandement l'efficacité des hommes qui seraient envoyés à notre poursuite tandis que l'histoire de la bombe était un petit cadeau bonus qui pouvait nous être utile. Si nous n'en avions aucune, ils ne le savaient pas et nous disposions donc d'un moyen de pression supplémentaire. Un léger rire vint accompagner le sourire qui montait sur mon visage. Ma main se glissa dans la poche de ma blouse et j'empoignai mon collier.

* Merci papa pour toutes les énigmes folles dans lesquelles tu m'embarquais, elles m'auront bien forgé. *

Je jetai un œil au couloir dans lequel je me trouvai, et s'il était toujours illuminé de la lueur clignotante et si l'alarme retentissait toujours, au moins était-il vide. Du moins pour le moment. Il fallait que je trouve de quoi bloquer la porte, et surtout qu'une idée me vienne pour enrayer l'ascenseur. Après tout, c'était là les deux seuls accès à cet étage. À ma connaissance en tout cas. D'un pas vif je me dirigeai vers la porte de gauche, celle dont Roy nous avait dit qu'elle abritait le matériel d'expérimentation. Je l'ouvris à la volée, dans un geste brusque, et m'y précipitai pour trouver ce dont j'avais besoin. Le temps pressait, les gardes arriveraient bientôt.
Une lueur traversa mes yeux et mes mains se saisirent du chalumeau ainsi que d'une barre en métal qui se trouvaient non loin. Parfait. Alors que je les attrapai, un scalpel sur une table attira mon attention et je le mis dans ma poche sans vraiment m'en rendre compte. Je revins sur mes pas et me postai devant la sortie de secours. La barre vint se placer d'elle-même entre les deux poignées battantes, et je la tordis de sorte à empêcher quiconque d'entrer. Je la testai un instant, tirant sur la porte de toutes mes forces. Rien à faire, elle ne bougeait pas. Satisfaite, je me remis en route pour cette fois-ci m'arrêter près de l'ascenseur tout en levant mon chalumeau. Pourvu que cela marche ! Le métal du tableau de bord fondit rapidement et je pus alors m'attaquer aux portes coulissantes, faisant fondre l'alliage sur les bords qui refroidit rapidement après le passage de la flamme. Finalement, je me reculai, admirant le travail. Chaque bord était soudé, il n'y avait plus aucun interstice. J'espérais que cela empêcherait son utilisation. Il le fallait.

Observant une dernière fois mon œuvre, je détachai finalement mon regard d'elle pour me mettre à courir, revenant à toute allure vers le bureau où devaient toujours se trouver Diya et les hommes. Ralentissant à mon arrivée, je glissai seulement la tête, discrète. Mon identité était encore inconnue, elle pouvait jouer en notre faveur. D'un œil vif j'observai ce qu'il se passait et, alors que je croisais le regard émeraude de la jeune femme, je lui fis un clin d’œil tout en prenant soin de ne me faire repérer. Ni par les hommes ni par la caméra.
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Ven 16 Oct - 15:29


Le scientifique semblait sur le point d'hurler, le visage cramoisis, les deux Élites eux, étaient d'un calme olympien, c'en était presque désarmant. La jeune Cyborg jouait avec la dague, sereine. Le scientifique finit par s'exclamer, ne pouvant sans doute pas se retenir d'avantage, ou n'attendant rien de la sécurité du bâtiment :

" Qu'est ce que vous voulez ?"

Le sourire s'élargit sur le visage de la demoiselle et elle se retourna vers son interlocuteur avant de déclarer :

" Enfin une réaction intéressante. Je veux savoir tous les détails concernant l’expérience du Styx Bleu, quoique votre collègue, Roy, m'en a déjà appris pas mal."

L'Unik serra les poings et se rassit dans son fauteuil à roulettes avant de sortir un dossier cartonné d'un tiroir de son bureau. Il ne tenait visiblement pas à ce que ses invités subissent le moindre désagrément. Perdre des financements devait être très embêtant après tout. Il reprit la parole, agacé mais désormais plus calme :

" Que ferez vous de ces informations ? Si c'est pour les vendre à la presse je vous assure que vous vous retrouverez rapidement avec la moitié des chevaliers aux trousses. Quand à l'idée de recopier ce projet je vous déconseille fortement d'y penser. Il a fallut cinq ans aux meilleurs scientifiques des Laboratoires pour concrétiser cette formule !"

Diya le coupa net :

" Ne perdez pas votre temps, je n'ai que faire des divagations d'un eco-terroriste."

L'Elite aux cheveux grisonnant lança à la jeune femme, hautain :

" Alors vous faites partie des personne pour qui ce projet n'est rien de plus qu'une aberration de la nature ? Pourtant elle permettrait au peuple d'être unis et de partager les même ressources sans qu'aucun soit favorisé."

La Qantik ne put s’empêcher de lâcher un rire en déclarant, ironique :

" Un projet destructeur pour rendre le monde meilleur, c'est ça ? Allons qui espérez vous duper ? Pas moi j'espère ? Ni tous ceux qui sont déjà mort d'avoir voulu étancher leur soif dans le Styx ?"

L'homme en costume luxueux reprit, sérieux et convaincu de ses paroles :

" Ce ne sont que de maigres sacrifices comparées à la vie meilleure qui nous attend. Tous les grands projets ont vu leurs lots de victimes, mais s'il faut en laisser mourir dix pour que mille vivent dans de meilleures conditions, cela ne représente qu'un désagrément infime."

Diya aller répliquer, outrée d'entendre de tels mots, quand des cris se firent entendre à l’extérieur de la pièce. La jeune femme reconnut rapidement la voix d'Eilwen, criant partout qu'il fallait évacuer à cause de la présence d'une bombe dans le bâtiment, tandis qu'une alarme résonnait. Un voyant rouge s'était allumé dans la pièce. La Qantik fut heureuse que sa complice ai pensé à évacuer les scientifiques de l'étage. Elle ne voulait pas blesser d'innocents, et même si son plan d’évacuation était pré-dessiné dans son esprit, elles n’étaient pas à l'abris d'un imprévu. Le deuxième Elite, qui n'avait rien dit jusque là, déclara d'un ton calme :

" Combien êtes vous à avoir passé la sécurité ? Combien de traîtres y a t il encore dans nos rangs qu'il nous faudra éradiquer ?"

La demoiselle rit à nouveau avant de fixer ses émeraudes dans les yeux doré de l'homme. Sa voix douce avança un mensonge qu'elle rendit réel au point qu'on ne pouvait le discerner :

" Nous sommes autant sinon plus que vous. Quoi que vous fassiez jamais vous ne pourrez tuer chacun des nôtres, vous les connaissez, vous les avez déjà croisés, vous avez peut être même travaillé avec eux. Nous sommes partout et nous voyons tout."

Se penchant sur la table elle saisit le dossier et le feuilleta rapidement. Au bout de quelques pages elle tomba sur un codage tout à fait illisible et indéchiffrable pour quiconque ne travaillait pas dans ce domaine. Il était apparemment question d'une substance permettant d'annuler les effets du produit qu'ils avaient déversés dans le Styx. Son regard plongea dans celui du Docteur Himoto, curieux :

" Où puis je trouver ce remède ?"

Le scientifique refusa d’abord de lui répondre, mais la lame fantomatique qui se planta à trois centimètre de son visage, perforant le cuir du siège sans mal, avant de disparaître et de réapparaître dans la main de la Cyborg sembla lui faire retrouver ses esprits et il lui expliqua où celui ci se trouvait. La demoiselle se pencha alors vers l'interphone qui donnait sur l'étage, à présent désert grâce au stratagème d'Eilwen, et lança dans le micro :

" Mes chers compatriotes, le remède à notre mal se trouve dans le laboratoire, cellule seize, pourriez vous le récupérez et me rejoindre ?"

Elle croisa ensuite les doigts pour que sa collaboratrice comprenne qu'elle s'adressait à elle et ne rencontre aucune difficulté pour trouver la précieuse substance. Restant assise et souriante et se mit à balancer les jambes en rythme sous le regard irrité des convives qui se demandaient surement à quoi était occupée la sécurité.
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Dim 1 Nov - 16:53

Adossée contre le mur glacial du couloir, je levai les yeux quand une voix surgit d'un haut parleur placé dans un angle. Comme pour mieux écouter les paroles j'inclinai la tête alors que les informations transmises s'imprimaient en moi. Malgré la légère déformation sonore du micro il n'y avait aucun doute. Les indications venaient de Diya ! Sans aucune hésitation je poussai des bras sur le mur pour me remettre d’aplomb, basculant mon corps en avant et me mettant en marche. Si je n'avais aucune idée d'où se trouvait la cellule seize, j'étais certaine de la trouver malgré le soupçon qui m'étreignait. Le mot ''cellule'' m'avait faite tiquer. Que pouvait bien être cet endroit ? Si un mauvais pressentiment s'emparait de moi, j'avançai tout de même. Il n'y avait pas d'autre choix.

D'un œil vif et inquisiteur je sondai donc avec attention mon environnement alors que j'y évoluai avec la maladresse qui continuait à me coller du fait des chaussures blanches. Après un énième déséquilibre je décidai finalement, dans un soupir, de m'en débarrasser et m'empressai donc de les enlever. Après tout, à présent que nous avions été repérée, il ne servait plus à rien que je prétende être ce que je n'étais pas. Et, par ailleurs en cas de danger comme je le pressentais, je serai bien plus à l'aise sur mes deux pieds nus que dans ces abominations de plastique. Mes orteils se tendirent devant moi, appréciant de pouvoir à nouveau sentir l'air courir entre eux, jouissant de la liberté de mouvements enfin sans aucune contrainte. Je ne comprenais pas comment tous ces gens faisaient pour enfermer leurs malheureux petits petons. Après un dernier soupir de soulagement et un regard qui balaya les alentours je me remis en marche.

À en croire les paroles de Roy lorsqu'il nous avait octroyé une visite opportune de l'étage, il ne servait à rien que je fouille dans les bureaux qui se trouvaient sur ma gauche. Les options ainsi réduites de moitié ne me laissèrent donc plus qu'une voie que j'empruntai d'un pas empressé qui dénotait la détermination qui soufflait dans mon cœur. Mon esprit vagabonda un instant jusqu'au Styx bleu que nous avions laissé derrière nous, au côté des corps des êtres qui avaient eu le malheur de croire à la bénédiction qui s'était offerte à eux. Un frisson de dégoût me parcourut le corps tout entier alors que je me remémorai l’enthousiasme du scientifique à cette idée. Comment pouvait-on considérer que ces inventions étaient une avancée pour un monde meilleur ? Décidément, je n'y comprenais rien à ces êtres qui se déchiraient avec un plaisir pervers, s'entaillant eux-mêmes les veines, se perforant eux-mêmes le cœur. Comment en étions-nous arrivés ici ?
Perdue dans mes pensées ma hanche rencontra avec violence l'angle d'une table, m'arrachant un gémissement de douleur, faisant trembler la verrerie qui s'y trouvait. Une fiole se détacha de son support, roula sur la surface de métal avant d'aller s'écraser un peu plus bas. Sous l'explosion du verre, le liquide qu'elle contenait se répandit et rongea immédiatement le carrelage qui avait eu l'outrecuidance de se trouver dessous. En quelques secondes à peine un trou perfora le sol pour laisser entrapercevoir, sous mon regard stupéfait, l'étage de dessous. Écarquillement de mes yeux qui s'étaient arrondis tels des billes, ne pouvant que cligner d'étonnement.

« Wow. »

Le mot sortit de ma bouche dans un souffle. À quelques centimètres à peine de la substance, mon pied n'avait pas bougé, échappant de peu à la corrosion qui n'aurait certainement fait qu'une bouchée de lui. Mes mains montèrent jusqu'à hauteur de mon visage pour le frapper des deux côtés. Il fallait vraiment que j'arrête de divaguer dans mes pensées sinon un jour je commettrai une erreur fatale. Rasséréner par la claque que je venais de me mettre, je repris mes investigations, cherchant désespérément la cellule seize. Derrière les paillasses d'expérimentation encombrées se trouvaient de nombreuses armoires débordantes de paperasses incompréhensibles, d'un fouillis inextricable, tandis que sur les côtés était rangé tout le matériel nécessaire au travail des scientifiques. Mon regard glissa sur les différents éléments de la pièce comme s'il espérait y trouver une réponse. Je n'avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler la cellule en question. Était-ce une pièce, un dossier, une armoire ou même un simple tiroir ? Reflet de mon interrogation, ma main droite se leva à nouveau pour, cette fois-ci, gratter le sommet de ma tête. Où pouvait-elle bien être ?

Mon regard accrocha finalement une porte qui se trouvait à la dérobée, masquée en partie par le tableau d'annotation qui la recouvrait. D'un air intrigué je m'en approchai et soulevai l'écriteau, passant mes doigts sur les signes gravés.
''Danger de mort. Personnel autorisé seulement.''
Un frisson me parcourut. Mêlant certitude et horreur. C'était bien la bonne voie pour aller jusqu'à la cellule seize, j'en étais certaine, mais le mauvais pressentiment qui faisait pulser mon cœur raffermit sa prise sur mon âme. Je tremblai. Quelles horreurs allais-je rencontrer ?

Après trois respirations profondes destinées à apaiser mon être, je glissai mes doigts le long de la fente à la recherche d'une ouverture. Je n'en trouvai pourtant pas. Il n'y avait ni poignée, ni serrure, ni quoi que ce soit d'autre. Un soupir las se fit entendre alors que je m'appuyai contre le métal glacial. Comment allais-je y entrer ? Mes yeux errèrent un instant dans la salle pour finalement se poser sur le trou que la fiole renversée avait creusé dans le carrelage. Mais oui ! Un sourire aux lèvres, une nouvelle impulsion, je me relevai d'un bond pour retourner près de la paillasse où s'était trouvé le liquide. Heureusement pour moi, d'autres récipients de verre semblaient en contenir et je m'en saisis avec mille et une précautions. À bout de bras, je me dirigeai à pas lents jusqu'à la porte. J'avais l'impression de jouer avec le feu, de tenir une bombe entre mes doigts qui était prête à exploser à n'importe quel moment. Des gouttes de sueur perlaient sur mon front alors que j'armai mon bras, que je lançai les fioles. Elles allèrent s'écraser dans un bruit fracassant contre le métal qui suinta immédiatement au contact du liquide corrosif, et des gouttes y rebondirent pour venir s'écraser près de moi. D'un geste vif, je reculai. La fumée noirâtre qui s'échappait de la porte et le suintement du processus en cours me tirèrent un nouveau sourire. Mon idée semblait avoir fonctionné.

Après que le liquide eut fini son travail, rongeant les dernières parties sur lesquels il s'était déposé, je donnai un coup de pied sec et puissant dans la porte qui s'ouvrit dans un grincement rutilant pour aller s'écraser dans un fracas assourdissant contre le mur. Un vent sorti de nul part souffla, comme pour raviver l'angoisse qui s'insinuait en moi. Vicieuse. Puissante. C'était bel et bien un piège dans lequel je m'engouffrai, de cela j'étais persuadée, et j'étais pourtant poussée en avant par une étrange hébétude, comme hypnotisée par ce qui se profilait devant moi. Au bout du long couloir à la lumière aveuglante se trouvait un escalier de métal qui descendait en colimaçon jusqu'à un endroit qui ne m'était pas visible. Obscur. Le regard hagard, je posai un premier pied sur la marche qui résonna à mon contact. Lentement, sûrement, je m'enfonçais dans les profondeurs de la terre. Dans les profondeurs de l'enfer.

Une nouvelle porte barra mon chemin alors que je posai enfin mes pieds à l'étage inférieur après être descendue durant ce qu'il me semblait être une éternité. Dans la pénombre ambiante, une chaîne de métal se détacha sur la peinture blanche. Un cadenas y était accroché, pendouillait dans le vide sans aucune volonté. Je brisai aisément le lien d'un coup de pied, et l'ouverture se fit dans un chuintement à vous faire grincer les dents.
Le grésillement des néons résonnait sur les murs sales tandis que la lumière tamisée m'incitait à me glisser en silence dans le nouveau couloir qui se profilait devant moi. Vigilante à mon environnement, mes yeux capturaient chaque détail pour n'en laisser passer aucun. Dans un coin, un tuyau laissait s'égoutter de l'eau dans un rythme hypnotisant. Au sol, la poussière recouvrait le carrelage qui était brisé par endroit et imprimait les traces de mes pas alors que mes pieds, nus de nouveau, se posaient avec dégoût sur le sol collant. Mon souffle se fit haletant. Se suspendit. Un frisson de froid comme de peur remonta le long de ma peau. Chair de poule. Une odeur de mort flottait dans l'air, une atmosphère pesante, une sensation d'indicible horreur. Mes mains tremblaient. Mon corps tout entier tremblait.
Je continuai toujours d'avancer à pas lents et mesurés, notant avec une attention mêlée à une angoisse grandissante les détails qui entouraient mon chemin. Par endroit les murs étaient lacérés, comme s'ils avaient subi l'assaut d'un couteau ou de griffes et, de part et d'autre du couloir, les portes des cellules s'ouvraient sur des chambres vides dont il ne restait des anciens occupants que des os et des chaînes. Dégoût. Les murs étaient maculés de tâche dont je ne souhaitais pas connaître la provenance. Mes yeux s'étaient faits vides pour appréhender l'obscurité dans laquelle je m'enfonçais. Gouffre sans fond.

L'écho de mes pas s'arrêta soudainement et je me figeai devant la seule porte qui semblait être fermée. Les yeux plissés, je lus l'inscription : le chiffre seize était rouillé depuis bien longtemps. Je fermai les yeux un instant en inspirant, tentant de calmer le palpitement qui affolait mon cœur. En vain. Dans un élan de courage, ou de folie, je poussai la porte qui s'ouvrit sans un bruit. En dehors du cliquetis métallique qui glissa dans l'obscurité. Du grognement qui suivit. Dans la pénombre je n'eus que l'espace d'une seconde pour entrapercevoir une créature à la forme humanoïde recroquevillée dans un coin.
Aussi vive que l'éclair et dans un cri inhumain , elle se jeta sur moi avec une détente incroyable et son bras décrivit un arc si rapide que je n'eus pas le temps d'esquiver. La griffe creusa un profond sillon dans ma joue qui s'ouvrit dans un flot carmin, brûlant. Je restai pourtant figée, incapable de bouger le moindre muscle. Horrifiée par ce qui se dressait devant moi.
Bien que de petite taille, le monstre était trapu. Ses muscles saillaient sous une peau déchirée, aux plaies purulentes et aux ecchymoses marquées. Les veines et nerfs se dessinaient avec clarté comme s'ils étaient à découverts, sans que rien ne les protège. En plissant légèrement les yeux, j'avais même l'impression de pouvoir distinguer les organes qui se détachaient par leur couleur noirâtre de la couche translucide qui semblait lui servir de peau. Son cœur palpitait avec affolement, le mien aussi. Les haillons de vêtements depuis longtemps disparus n'étaient qu'un pâle reflet de ce qu'il avait pu être auparavant. Je déglutis. Derrière les crocs saillants, le groin dégoulinant, au delà des cicatrices et des rictus qui déformaient son visage, mes yeux étaient fixés dans les siens. Deux billes à l'azur renversant. Cette créature n'avait pas qu'une forme humanoïde. Elle avait été humain elle aussi. Autrefois. Il y a bien longtemps. Les sentiments que j'y lisais se mêlaient dans une confusion grandissante. De la rage saisissante qui l'avait éprise, son regard avait été marqué par la surprise avant de se brouiller. Tristesse infinie. Sa bouche s'ouvrit pour laisser s'échapper un flot inintelligible, plus proche du grognement que d'une parole. Cette difficulté sembla la contrarier et, instinctivement, je me décalai doucement pour me placer de biais. Si ma garde était légère, elle n'en était pas moins efficace. La lueur de colère dans ses yeux se raviva, une haine sans nom jaillit entre ses lèvres qui crachèrent un liquide noirâtre alors qu'elle répétait les mêmes sons que précédemment. Toujours aussi rapide, je n'eus cependant aucun mal à me glisser le long de son bras cette fois-ci car prête à l'action. D'un coup sec de la paume de la main je frappai sa nuque. Elle s'effondra. Malgré la viscosité de son être j'étais parvenue à toucher le point que je cherchais. Cependant, avant qu'elle ne sombre dans l'inconscience, elle eut le temps de s'accrocher à mes habits tout en réitérant sa phrase dans un souffle. Et je distinguai cette fois-ci ses mots. Sa demande. Sa supplique.

« Tue-moi. »

Nouveau déglutissement. Si j'avais toujours répugné à frapper ou à tuer, je savais ici que je n'avais pas le choix. Que ce serait égoïste si je ne lui obéissais pas. Si je ne l'aidais pas. Ma main se glissa avec lenteur dans ma poche pour se saisir du scalpel que j'avais précédemment subtilisé. Je m'accroupis à ses côtés. Ses yeux bleus capturèrent les miens alors qu'elle luttait pour ne pas succomber à l'endormissement de ses membres. Figée, mon regard plongea dans le sien alors que j'approchai la lame de son visage. Ma respiration s'arrêta, de même que ma main qui se stoppa entre ses deux yeux. Du regard je saisis la larme qui roulait sur ce visage défiguré alors que mes yeux s'emplissaient eux aussi du liquide. Dans un souffle, je murmurai :

« Je suis désolée... »

D'un coup sec de la paume, je frappai la lame qui vint s'enfoncer dans son crâne. Précise. Efficace. Mortelle.La tension de ses mains qui me tenaient toujours se relâcha, son souffle s'arrêta. Son âme la quitta. Les larmes coulèrent alors avec plus d'intensité sur mes joues, brûlants au passage la plaie profonde qui barrait mon visage. La douleur physique n'était pourtant rien en comparaison à celle qui étreignait mon cœur, m'empêchant de respirer. Je pleurais pour elle. Pour cette personne qui avait fait l'objet d'une quelconque expérience ignominieuse, qui avait été enfermée comme une bête, qui avait connu la solitude et le rejet, qui avait été abandonnée. Mes yeux se fermèrent pour contenir le flot d'émotions qui me traversait. Maigre barrière.

« Puisses-tu reposer en paix, murmurai-je alors que mes doigts se posaient sur ses paupières pour les fermer. »

Dans un élan vide de cœur, je me levai. D'un pas sans vie je me mis en route, sans aucune volonté mes pieds foulaient le sol. Aucune volonté, sinon celle de la vengeance.
Rebroussant chemin tel un fantôme sans âme, je remontai les escaliers, refermai la porte derrière moi, traversai les longs couloirs avant de me figer. Je me trouvai dans l’entrebâillement du bureau du docteur Himoto. Mon apparition devait faire penser à celle d'un démon. Le sang continuait de couler de ma joue pour se répandre dans des tâches vermeilles sur la blouse que j'avais emprunté. Mon poing était toujours serré sur le scalpel que je n'avais pas lâché, l'empoignant avec la force du désespoir, l'énergie de la haine. Le regard perdu, le souffle hagard, mes yeux étaient fixés sur l'homme qui se trouvait derrière le bureau de bois noir. Je m'avançai sans prendre garde à ce qui m'entourait. Animée d'une seule volonté. Celle de le tuer.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Dim 1 Nov - 23:04


Après un temps qui parut interminable à la Qantik, Eilwen apparut dans le cadre de la porte. Diya fut frappé par son regard empli de haine, quoi qu'elle ai trouvé, ceci avait eut un impact crucial sur son comportement et son humeur. Le scalpel sanglant à sa main inquiéta immédiatement la jeune femme, surtout lorsqu'elle comprit que cette dernière fonçait droit sur le Docteur Himoto. Saisissant sa main pour lui éviter de commettre une erreur, la Cyborg lui lança, doucement :

" Ça suffit."

Elle lui avait promis après tout. Ne pouvant lui laisser faire du mal inconsciemment, aveuglé par la colère, Diya se tourna vers le scientifique et lui cracha, glacial :

" Qu'y avait il dans cette cellule ?"

L'homme frissonna, comme terrifié par ce qu'il savait. Son regard restait ancré au sang qui maculait la blouse d'Eilwen. La Qantik craignit qu'il soit trop tard pour respecter sa parole. Qui qu'elle ai croisé auparavant, ce dernier n’était sans doute plus en vie. Un unique mot franchit les lèvres serrées de l’érudit, murmuré comme une prière :

" Emma ..."

Une femme ? Une Unik, peut être, sans doute celle qui travaillait avec cet homme sur ce projet. Non, il ne craindrait pas tant son nom s'il ne s'agissait que de cela. Il devait y avoir autre chose pour que sa collègue ai ainsi réagit. Sans lâcher du regard le Docteur elle posa une nouvelle question, simple, en tirant sur la laisse mentale dont elle l'avait affligé durant l'absence d'Eilwen :

" Qui est elle ?"

La tristesse et le dégoût apparurent dans les yeux du scientifique et même les deux hommes d'affaires parurent perdre leur assurance, allant jusqu'à détourner les yeux. Agacée, la Qantik insista, perdant patience en retenant Eilwen :

" Répondez ou je la laisse vous tuer !"

L'ordre eut enfin l'effet désiré et l’Érudit lâcha, blanc comme un linge :

" Ma fille."

Il prit une grande inspiration et continua, la voix déraillant sur certains mots. La confidence le déchirait visiblement mais il ne pouvait aller contre l'ordre de la Cyborg :

" Une paria, le fruit d'un expérience. L'essence même du Styx Bleu."

Craignant que cela n'aggrave l'humeur de la jeune femme qui l'accompagnait, Diya caressa sa joue, jouant avec son flux énergétique afin de l'apaiser sans la pousser ni au sommeil ni à l'évanouissement afin de lui permettre d’écouter la discussion et de se mouvoir si la situation dégénérait. La demoiselle ajouta sèchement :

" Continuez."

Le riche Elite au cheveux grisonnant tenta de s'interposer, comme s'il refusait de voir leur plan gâché par la présence d'une intruse :

" Monsieur Himoto, cela va contre notre arrangement, tout ceci doit rester secret sinon ..."

Amusée de sa vaine tentative, Diya le coupa :

" Je crois que vous n'avez pas votre mot à dire. Rendez vous bien compte que, dans cette pièce, vous êtes, vous et votre ami, les seuls à ne m'être d'aucune utilité. Toutefois, vous tuer ne m'avantagerais en rien c'est pourquoi vous pouvez vous targuer d'être encore en vie. Ne forcez néanmoins pas votre chance."

D'une voix plus douce Diya se pencha vers l’Érudit et le consulta à nouveau :

" Vous alliez m'en dire plus sur Emma, ne vous faites donc pas prier."

Le Docteur Himoto bredouilla, comme s'il cherchait à résister à la pression mentale des mains spirituelles, en vain :

" Emma est un embryon génétiquement modifié né d'un croisement in vitro entre l'ovule d'une Phytos particulièrement résistante aux diverses expérience exercées sur elle et un de mes propres spermatozoïdes, en grandissant son corps mal formé l'a peu à peu transformé en monstre... Ce n’était pas ce qui était prévu, son corps s'est mis à sécréter des fluides corporels différents des autres originaires tandis que sa chair perdait toute coloration jusqu'à devenir translucide. Elle ne parvenait à s'exprimer que dans de rares moment de lucidité c'est pourquoi nous l'avons privé de compagnie et enfermé dans un lieu spécifique..."

Diya se mit à imaginer avec horreur la pauvre enfant, terrifiée, enfermée dans un cage ou prison lugubre, seule et malade. Était ce sa vision qui avait ainsi créé cet excès de rage chez Eilwen ? La Qantik ne comprenait toujours pas le rapport entre cette enfant et le Styx bleu. Le Docteur Himoto avait pourtant affirmé qu'elle était "l'essence" de ce changement. Ne se retenant pas, la Cyborg posa la question directement à l’intéressé :

" En quoi Emma est elle responsable de la nouvelle apparence du Styx ? Comment peut elle être à la fois son mal et son remède ?"

Le plus jeune des Élites se leva, frappant la table de ses poings, sa bouche s'ouvrit, prête à déverser un flot de paroles inutiles. Une jumelle de Kurokaze apparut dans la main droite de la jeune femme avant de fendre l'air, droit vers la gorge de l'homme. Au moment où la lame allait rencontrer la chair, la demoiselle ferma le poing, et la dague disparut dans une volute de fumée sombre, faisant taire l'Unik qui se rassit en silence, grimaçant. Le scientifique reprit alors, avant même que la Qantik n'ai à le relancer :

" Le sang d'Emma réagit au contact de la roche, la transformant en un liquide semblable à l'eau visuellement. Il n'en a toute fois aucune des propriété, c'est un véritable poison corrosif qui détruit tout ce qu'il touche. Seul le cœur de sa productrice semble capable de le filtrer, c'est pourquoi nous avons subtilisés des cellules et créé une substance capable de lui redonner sa véritable consistance. Il aura fallut des années et de nombreux essais pour parvenir à lui subtiliser suffisamment de sang sans la tuer et démultiplier sa propriété nocive pour corrompre le Sidhe en une seule fois. Mais nous avons réussi ... et personne ne trouvera jamais le remède ! Après tout je ne sais moi-même pas où il se trouve ! Ha hahahaha !"
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Lun 30 Nov - 14:56

La tempête en moi faisait rage. Mon esprit était subjugué sous les appels au sang et à la vengeance qui pulsaient en chacune des fibres de mon être tandis que, profondément ensevelie, ma conscience tentait de se raccrocher, de reprendre sa place. En vain. L'écho de mon autre moi répétait inlassablement des paroles à la folie vibrante et suintante qui juraient avec la voix aussi douce qu'insidieuse dont elles se paraient. Y résister était illusion. J'en étais incapable. Je le savais à l'instant où j'avais quitté le corps de la jeune femme. J'avais perdu tout contrôle sur moi-même à l'instant où elle avait lâché le dernier souffle de vie, quand j'avais compris ce que cela impliquait. Dégoûtée. Ces hommes, cette race, ces races. Tous me dégoûtaient. Personne ne méritait d'exister. M'abandonnant totalement à la folie qui m'habitait, tapie dans l'ombre depuis trop longtemps, j'y cédai finalement et acceptai le rôle que je devais jouer. Puisqu'il devait en être ainsi...

Le contact chaud de la main de Diya sur la mienne me ramena quelque peu à mon corps. La voix de la jeune femme se glissa jusqu'à mes oreilles, douce et forte à la fois, tentante, appelant ma conscience qui ne demandait qu'à être libérée. J'y résistai pourtant un instant, luttant sans but réel dans ce tourbillon d'émotions contre le pouvoir de la Qantik qui butait légèrement face à mon Sin. Elle gagna enfin. Je sentis une première goutte venir caresser mon cœur, mieux-être léger, avant que ce ne soit une vague qui déferle en moi, emportant au loin la tempête qui continuait de détruire ce que j'étais. Pour ne laisser plus rien. Rien que le vide. Le silence. Le calme après la tempête. Presque effrayant tant il était grand.
Imperceptiblement, mon attitude changea. Tandis qu'un fin soupir m'échappait, mes muscles se relâchèrent légèrement et je clignai des yeux, quelque peu abrutie par le gouffre sans fond dans lequel j'étais tombée. Encore une fois. J'avais envie de me frapper, de crier à mon encontre et de m'enfuir pour me contraindre à l'exil et ne sortir de ma prison dorée que lorsque je serai parvenue à me maîtriser. Mais je savais que ce n'étaient pas des solutions, alors je ne bougeais pas. Ne bronchais même pas. J'en étais incapable. Confrontée au Sigma de Diya, je comprenais enfin l'ampleur de son pouvoir. Au-delà d'un contrôle physique sur les personnes, elle pouvait également manipuler leurs pensées ainsi que leurs émotions. Si j'étais choquée, voire même quelque peu horrifiée par un pouvoir si grand, je lui en étais reconnaissante. Infiniment reconnaissante.

Prenant finalement véritablement conscience de mon corps, j'ouvris et fermai ma mâchoire avec douceur. La plaie s'était quelque peu refermée, mais si elle n'était pas profonde il faudrait pourtant que je m'en occupe et en prenne soin, car comme toute blessure à la jonction d'une articulation, sa cicatrisation serait délicate. Je me rendis également compte que ma main était restée serrée à m'en faire blanchir les phalanges sur le scalpel que je tenais comme s'il était ma propre vie. Dans un souffle, mes doigts s'ouvrirent délicatement, et le laissèrent tomber jusqu'au sol. Ils tremblaient quelque peu sous la pression qui les avait maintenus jusque là, mais je me sentais libérée. Dans le cocon que Diya tissait pour moi, je me sentais bien. Enfin totalement revenue à moi-même, je me concentrai sur l'échange qui se poursuivait depuis que j'étais revenue.

La plupart des mots rebondissaient sur la protection qui m'entourait, mais certains parvenaient à y pénétrer un peu plus profondément sans pour autant réellement m'atteindre. Je tiquai pourtant lorsqu'il nous apprit qu'Emma était sa fille – comment avait-il pu lui infliger cela ? - bronchai plus fortement cette fois lorsqu'il évoqua le fait qu'elle était une paria. Comme si Diya avait perçu le nouveau remous qui s'était agité en moi, elle me caressa tendrement la joue et je m'apaisai immédiatement. Comme par enchantement. Le reste des informations, si elles continuaient de me révulser, ne m'atteignirent plus directement, et je pus ainsi analyser en toute tranquillité d'esprit les indices qu'il nous offrait, précieux. La complexité de ce qui se tramait semblait se nouer de plus en plus alors que, sentiment contraire, je sentais que nous approchions du but. Jusqu'à ce que, contre toute attente, le docteur Himoto se mette à éclater de rire.
Interloquée, ma mâchoire se serra. D'un geste doux et fort à la fois, je me libérai de l'emprise de Diya en tentant de lui faire comprendre que j'avais bel et bien repris le contrôle de moi-même par un signe léger avant de me glisser souplement derrière le bureau noir. Le coup partit, si vite qu'il en parut presque irréel. Mon poing cueillit le scientifique en plein ventre, coupant net son souffle. Et son rire, qui sonnait le glas d'une horreur immense à mes oreilles. Insupportable. Étouffé par l'impact, le docteur se recroquevilla sur sa chaise en toussant comme un forcené, tentant de reprendre sa respiration avec les plus grandes difficultés. Les bras croisés, campée fermement au-dessus de lui, mon regard était fiché sur lui, aussi dur que l'acier. Ferme-la, avais-je envie de lui hurler. Ferme-la, ferme-la, FERME-LA ! Mais je n'avais pas besoin de le dire. Mon être tout entier le criait pour moi, imposait la force de la colère qui grondait en moi. Immanente. Volcan en éruption qui faisait trembler la salle. Puissance incontestable. Écrasante.

Le temps sembla se transformer en éternité alors que je continuai de simplement le fixer, le poignardant par ma simple présence qui semblait douloureuse à accepter. Raidie par la colère, mes muscles étaient tendus à l'extrême vers le malheureux qui était toujours recroquevillé dans sa chaise. Malheureux, que dis-je, misérable. Le misérable en question n'en menait d'ailleurs pas large. S'il avait quelque peu retrouvé son souffle, il n'osait toujours pas lever les yeux vers moi comme s'il ne voulait pas affronter la tempête qu'il avait pourtant lui-même déclenchée, fuyant les éclairs que mes yeux lui lançaient. Pourtant, il lui piquait la peau, le faisait trembler et frissonner. De tout son misérable être. Pathétique. Un rire dédaigneux sortit finalement de ma gorge alors que je relâchais légèrement la tension qui m'habitait, consciente cette fois-ci.

« Il va falloir faire face. Et pas plus tard que maintenant. »

Ma voix sonna comme étrangère. Si habituellement elle était douce et posée, ici elle n'était que fil aiguisé d'un poignard bien affûté. Tranchante. Je me glissai dans son dos et, d'un ton sans appel, continuai.

« Tu vas me suivre. »

Le tutoiement n'était pas anodin, raffermissait ma supériorité. Sans aucune douceur je fis pivoter son siège vers moi, attrapai la main tremblante du scientifique qui sursauta à mon contact et la fis tourner tout en le forçant à se lever. D'une simple pression je vins la placer dans son dos, finalisant une clé de bras parfaite qui ne lui laissait aucune chance de mouvement si ce n'était au prix d'une grande douleur. Il n'avait d'autre choix que d'aller où je le souhaitais. Le poussant devant moi, mon regard chercha celui de la Qantik qui était restée en observatrice à l'affût, et je lui souris. Les mots auraient été vains ; mes yeux parlaient pour moi, exprimaient l'infinie gratitude que j'éprouvais envers la jeune femme et la force du geste qu'elle avait osé accomplir, parvenant pour la première fois à calmer la colère sourde qui pulsait en moi. Merci. Une larme perla légèrement au coin de mon œil, je l'acceptai et la laissai couler. Don de soi. Partage au-delà des mots. Merci.
Ma tête s'inclina imperceptiblement avant que je ne brise enfin cet échange silencieux.

« Nous allons descendre à la cellule en question, si cela te convient. Qu'il soit confronté à la réalité de ce qu'il a créé. Et que nous trouvions une solution là-bas. Je ne sais pas ce que tu veux faire d'eux, d'un geste laconique mon bras libre désigna les deux élites qui se taisaient dans leur coin, attentifs, mais il me semble qu'il vaudrait mieux qu'ils fassent un petit somme. Les événements ont dus les bouleverser et leur illustres personnes doivent êtres éreintées. »

Mon ton, quelque peu moqueur, était complice de la lueur qui s'alluma dans les yeux de Diya lorsqu'elle comprit ce que je voulais dire et, d'un signe entendu, je m'avançai jusqu'au couloir, le malheureux docteur Himoto toujours prisonnier de mon emprise, tandis qu'elle se chargeait des Üniks. Nous l'attendîmes patiemment dans le couloir, et quand l'affaire fut réglée, je saisis le badge du scientifique pour fermer la porte à clé.

« Comme ça, ils n'iront nul part. Et personne ne pourra venir les chercher. »

D'un léger mouvement du menton je désignai la direction à prendre, et je me mis immédiatement en marche, toujours précédée par le scientifique qui n'osait ni parler ni bouger. Seuls ses pieds se mouvaient presque malgré lui sous la pression que j'exerçais dans son dos, sa main broyée sous ma poigne de fer.
Nous passâmes en silence le couloir, la porte du laboratoire, celle, branlante, que j'avais ouverte à l'aide de l'acide, et entamâmes notre descente entre les murs suintants de l'enfer. Les escaliers métalliques descendus, il ne nous restait plus qu'à affronter la réalité de l'horreur. Insensible au décor morbide qui nous entourait, j'avançai d'un pas déterminée tout en laissant le temps à Diya de s'imprégner de l'ambiance des lieux qui était écrasante malgré la semi-obscurité qui nous entourait. Le scientifique tenta soudainement de se dérober, mais je me fis implacable et raffermis d'autant plus la torsion de son bras. Le geignement qu'il poussa et la capitulation qu'il m'offrit en échange de la douleur qu'il reçut ne me firent pas broncher. Si j'avais retrouvé mon sang-froid je n'étais pas pour autant prête à pardonner et à laisser faire. Devenue marbre, lui faire du mal ne me faisait éprouver aucun remord. Ni aucun plaisir. Juste la droiture tacite de celui qui sait ce qu'il doit faire. Et le fait.
Je ralentis finalement en apercevant l'ombre du cadavre d'Emma qui reposait toujours au sol, arborant toujours ce même air paisible de celui qui a trouvé la libération dans la mort. Rapprochant le docteur de sa fille, je lui murmurai :

« Regarde comme enfin elle est en paix, comme enfin elle ne souffre plus. C'était tout ce qu'elle demandait, tout ce qu'elle souhait. Ne jamais avoir existé... »

Mes mots s'étranglèrent dans ma gorge qui s'était nouée et je me tus, incapable de continuer. Sous la pression de mes doigts, je sentis le scientifique trembler et, pour mieux le laisser à son ressenti, je le libérai enfin de mon emprise et me reculai légèrement. Dans ce couloir, il n'avait aucun échappatoire. Surtout avec Diya et moi pour veiller sur lui.

Soudainement, je tournai la tête vers elle, interloquée. La menue silhouette du docteur s'était agenouillée près du cadavre, bafouillant des mots que je ne comprenais pas, mais ce n'était pas ce qui retenait mon attention. Au-delà du murmure qu'il laissait échapper, c'était un autre son qui avait attiré ma curiosité. Léger, ténue, presque imperceptible. Et pourtant présent. Un battement de cœur. Quatre et non pas trois. Un en plus. Un en trop. À moins que...

« L'essence même du Styx Bleu. Le cœur du projet, répétai-je dans un murmure. »

Tout à coup, les mots du scientifique prirent sens, et tout se lia. Un sourire léger se dessina sur mes lèvres. La solution se trouvait sous nos yeux.
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Mar 1 Déc - 20:49


Le rire fou de l'homme résonna dans la pièce et l'attention de la Cyborg se tourna vers Eilwen. Elle semblait à nouveau être maîtresse d'elle-même, la demoiselle la regarda s'avancer vers la chaise où se trouvait le Docteur Himoto, le contact entre son poing et le ventre de l'Unik produisit un bruit mat suivit d'un gémissement de douleur avant qu'il ne se mette à tousser, cherchant en vain à reprendre le souffle qu'il avait perdu. La jeune femme resta devant lui, dans une position de supériorité ou grondait la colère, le maintenant immobile de son simple regard. Un sourire naquit sur les lèvres de la Qantik devant la scène et son inquiétude vis à vis de sa camarade s'amenuisa. L’Érudit n'osait toujours pas bouger même s'il avait cessé de gesticuler, prostré sur sa chaise comme s'il craignait que le moindre mouvement ne cause sa perte. La brune finit par rompre le silence, annonçant au scientifique qu'il allait devoir faire face à ses actes, et ce aujourd'hui, avant d'ajouter qu'il devait la suivre. L'ordre était froid, sans appel, si différent du ton que la jeune femme avait employé avec elle jusqu'à maintenant. Mais Diya savait combien un minuscule événement pouvait changer la donne, transformer un être emplit de douceur en un monstre sanguinaire, bien qu'Eilwen ne semble pas avoir atteint ce stade, heureusement.

D'un clef de bras autoritaire, la brune obligea le Docteur Himoto à se lever et à se diriger vers la sortie. Son regard rencontra alors celui de la Cyborg qui y lu sa reconnaissance quand à ce qu'elle avait fait précédemment pour l’empêcher de commettre un acte irréparable. Diya lui rendit son sourire et Eilwen lui décrivit alors ce qu'elle avait pou projet de faire. Mener cet homme devant le monstre qu'il avait créé, le confronter à la souffrance qu'il avait fait endurer à sa propre fille. Elle lui demanda ensuite de trouver une solution pour les deux Élites qui étaient restés à les observer sans trop oser rien dire. Hochant la tête à sa suggestion, la demoiselle, qui avait retenu la technique utilisé par son amie la reproduisit sur les deux hommes qui ne cherchèrent même pas à se défendre. La situation devait largement les dépasser, comment de pauvres petits Nantis pouvaient ils être préparés à cela ? Lorsque les deux Uniks furent étendus sur le sol, la femme aux yeux émeraudes rejoignit sa complice et cette dernière ferma la porte grâce au badge du scientifique. Ainsi ces deux là n'iraient nul part et ne causeraient aucuns problèmes pendant qu'elles réglaient leur affaires. Elle lui indiqua ensuite le chemin de la cellule et Diya la suivit sans broncher, curieuse et inquiète de découvrir ce qui avait tant marqué Eilwen. 

Ils pénétrèrent dans le laboratoires, passèrent une porte qui avait été rongée par elle ne savait quel substance et dévalèrent un escalier lugubre qui menait dans les entrailles du bâtiments. Chacun de leur pas sur le fer des marches résonnait dans l'espace clos et étroit. La Cyborg sentit sa méfiance s’accroître à mesure que la lumière de l'étage se dissipait au profit d'une obscurité inquiétante et pesante qui l’étouffait et mettait à mal son calme. La Qantik s'en voulait presque d'avoir envoyé, seule, sa camarade en ces lieux. Les premières portes se dessinèrent le long des murs, le silence qui régnait dans l'espèce de couloir qui les longeait accroissait la sensation de malaise que la jeune femme avait eut en découvrant l'endroit. Son cœur loupa un battement lorsque le docteur Himoto tenta de se dégager de la poigne d'Eilwen. Elle était tellement concentrée sur ce qui l'entourait qu'un rien lui aurait causé un arrêt cardiaque. La brune raffermit sa prise, pas prête de laisser le coupable de tout ceci s'enfuir et le poussa vers une cellule. Diya, que ce mouvement brusque avait ramené à la réalité, resta légèrement en retrait tout en détaillant l'être qui s'offrait à son regard. 

La peau translucide qui laissait voir chaque veine bleutée, ou rougeoyante, chaque muscle ou organe qui n’était pas caché par le bout de tissus qui avait du être un vêtement avant d'être lacéré et abîmé par le temps et la colère de celle qui le portait. Le visage empreint de cet air paisible si surprenant sur un mort. Les mots d'Eilwen parvinrent à ses oreilles en même temps que la Cyborg repérait la minuscule marque rouge sur son front. L'image du scalpel que tenait la brune lui revint. C’était elle qui lui avait accordé ce repos tant mérité, Diya le compris à cet instant. L'homme, que la jeune femme avait enfin relâché, tomba à genoux devant le cadavre souriant, s'emparant de l'une des mains déformées de sa fille en murmurant des mots que seuls la défunte pouvait entendre. Eilwen se tourna soudain vers la Qantik, quelque chose l'avait visiblement interpellé alors Diya se concentra, laissant ses sens outrepasser ce qui se trouvait sous ses yeux. Alors elle l'entendit, ce battement plus faible mais bel et bien présent qui n'appartenait à aucun des trois Originaire. Ses yeux s’agrandirent de surprise et elle s'approcha du corps, poussant l’Érudit elle écarta légèrement le tissus du torse d'Emma. Ce qu'elle vit alors s'accorda aux paroles d'Eilwen. Le cœur de la Paria continuait de battre, aussi invraisemblablement que cela paraissait, l'organe continuait de battre alors que la Paria était décédée.

" C'est impossible ... je ne comprend pas... Comment ?"

Les mots lui avaient échappés, désordonnés, reflet même de sa pensée incohérente avec ce qui se tenait sous son regard. Le docteur Himoto se releva alors et s'extasia, comme fou :

" L’expérience se survit à elle même ! Elle est capable de vivre sans son hôte ! De survivre indépendamment de son enveloppe charnelle, c'est merveilleux ! Quelle avancée !"

Diya pris une grande inspiration, se retenant de lui coller un direct de toute sa force. Se retournant vers Eilwen, la question franchit ses lèvres sans qu'elle puisse la retenir :

" Qu'est ce qu'on va faire ? Le docteur Himoto nous a dit que seul son cœur peut filtrer ce ... ce fluide. Ça m’étonnerait qu'en la plongeant dans le Styx cela suffise à annuler l’expérience, vu l'ampleur des dégâts..."

Le scientifique la coupa, l'écartant de sa fille avec force pour la prendre dans ses bras, il cracha :

" Hors de question que vous me l'enleviez !" 

La colère pulsa dans les veines de la Qantik qui rétorqua sèchement :

" Vu son état je ne pense pas que vous soyez l'exemple même du Père aimant, il est un peu tard pour revenir sur la vie horrible que vous lui avez offerte. Elle est en paix maintenant mais de nombreux Originaire continuent à mourir à cause de votre expérience sur le Styx. Si vous voulez vraiment vous rattraper, aidez nous à lui rendre sa forme originelle."
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Ven 26 Fév - 15:55

Après un temps d’étonnement durant lequel nos regards se croisèrent avec incompréhension, cherchant éperdument une explication sans trop vraiment la vouloir, Diya réagit finalement avec vivacité. Assoiffée de vérité, elle repoussa le scientifique du corps de la paria pour constater l’impossible : sous la couche de peau translucide qui laissait voir la carte bleutée que traçaient les veines jusqu'à chaque îlot noirâtre des organes, l’un d’entre eux continuait son rôle, palpitant et soulevant inlassablement le torse abîmé qui l’abritait. Son cœur battait.
Soufflée, autant par cette découverte incongrue que par cette vision inhabituelle, celle du plus beau muscle du corps humain en action, je reculai jusqu’au mur vétuste qui m'offrit le soutien nécessaire pour que je ne vacille pas. Je ne comprenais pas. Comment son cœur pouvait-il encore battre alors que j’avais coupé ses fonctions cérébrales ? Comment pouvait-il fonctionner si ce n'était pas le cerveau qui le commandait ? Cela signifiait-il... qu'elle vivait toujours ? Je secouai la tête, en réponse à mon questionnement intérieur. Impossible, j'avais vérifié ses signes vitaux avant de partir, constatant bel et bien que son souffle ainsi que son cœur se furent arrêtés. Alors… Comment était-ce possible qu’il se soit remis en marche ?
Plus j’avançais dans mon questionnement, et plus je me perdais. Tels deux aimants opposés, chaque fois que je m’approchais de l’évidence, celle-ci disparaissait, me laissant dans le plus grand désarroi et avec toujours cette même question qui me tournait en tête : comment était-ce possible ? Et toujours cette même sensation désagréable, ce mauvais pressentiment avec cette petite voix qui soufflait en moi. Je me sentais oppressée, étouffée par la noirceur qui flottait dans l'air. Quelque chose ne tournait pas rond. Vraiment pas.

Le bafouillement de la Qantik ne fut qu'un simple souffle à mes oreilles, témoignant qu’elle se trouvait dans le même brouillard que moi, cherchant à saisir l’explication à ce phénomène mystérieux. Je n’y accordai qu’une attention voilée, continuant à fouiller le peu d’informations que j’avais. À nouveau, une voix s’éleva. Enjouée, enthousiaste... Cette fois-ci, les paroles du scientifique vinrent me tirer pleinement de ma réflexion, comme un rire le ferait lors d’une veillée funéraire. Ses mots, son émotion, tout en cet homme sonnait faux et inapproprié. Il n’avait rien à faire là. Une vague de colère m'assaillit de nouveau, me tentant avec volupté, jouant tendrement avec mes nerfs…
Pourtant, je réprimai cette émotion avec dureté. Il fallait que je me contrôle. Le regard de Diya, ainsi que ses paroles, me servir d’ancre à laquelle me raccrocher, et je pus lire dans son regard que, comme pour moi, se contenir était difficile. Sa dernière phrase me fit tiquer : plonger le cœur dans le Styx… Si la Qantik avait émis cette hypothèse en la niant immédiatement, elle enclencha pourtant en moi une douce brise. Vent doux qui se lève en moi, rencontre du cœur et de l'esprit, intuition murmurée à mon âme qui me la chanta avec douceur. Si l’idée était simple, elle avait le mérite d’être cohérente. Le cœur est la pompe du corps humain, et si j'avais bien suivi les explications que le scientifique nous avait données dans son bureau, alors ce cœur là avait la capacité de filtrer le liquide… Il suffirait donc de le placer à la source du Styx pour inverser son altération !

Emballée par cette pensée, je donnais une impulsion des bras pour quitter mon appui et j'ouvris la bouche, sur le point de partager avec elle mon ressenti, lorsque le scientifique la coupa soudainement pour se jeter sur le corps de la paria en prenant l'intonation risible d’un enfant capricieux. Un rictus de dégoût tordit mes lèvres, mes poings se serrèrent. Tout en lui me révulsait. La réponse de Diya, sèche mais néanmoins calme, m'apaisa pourtant et me laissa interrogative. Une part de moi-même voulait croire aux regrets du docteur Himoto, à son envie de se rattraper pour les horreurs qu'il avait commises, à son humanité toujours présente, là, quelque part en lui. Après tout, n'avait-il pas désigné d'abord et avant tout autre chose désigner la paria comme étant sa fille, qu'il avait d'ailleurs nommée Emma ? Ne s'était-il pas lamenté à la vue de son corps sans vie ? Il était impossible qu'il ne ressente rien pour elle, qu'il n'ait pas de cœur… Il devait y avoir un moyen de le convaincre de nous aider. De tout mon être, je le souhaitais.
Mais comme bien souvent, les aspirations de mon coeur étaient confrontées à la réalité de ce monde. Cruel et sans pitié.

” La vie horrible que je lui ai offerte ? Vraiment ? Ne voyez-vous donc pas ? “

Le docteur reposa le corps au sol, sans aucune douceur, et se tourna vers nous, une étrange lueur dans les yeux.

” Je lui ai fait le plus beau cadeau qu’elle n’eut pu espérer, celui d’une vie utile qui, malgré sa nature immonde, aura apporté sa contribution au peuple suprême d’Origin’s. Ne comprenez-vous donc pas que, du déchet le plus répugnant de cette terre, j’en ai sublimé l’essence et fait un chef-d’œuvre, celui de toute une vie ? Me rattraper ? De quoi ? C’est la plus belle chose que j’ai créé, et je ne vous laisserai pas y toucher ! “

Respiration erratique, mon coeur battait sourdement à mes oreilles, mes mains tremblaient. Comment pouvait-il parler ainsi de sa fille? Comment pouvait-il la désigner comme un objet, un simple moyen pour parvenir à ses fins ? Mes pensées s’entrechoquaient bruyamment sous mon crâne, je tentais tant bien que mal de me raccrocher à quelque chose, peu importe quoi, du moment que je ne cède pas à la colère.
D’une voix blanche et tremblante, balbutiante, j’articulai des mots sans que je ne m’en rende compte, le regard fixé dans le vide. Absente et présente à la fois, luttant avec mes démons intérieurs, cherchant la lumière à l’extérieur.

” Pourtant vous lui avez donné un prénom, vous l’avez désigné comme étant votre fille... Ne ressentez-vous donc rien pour elle ? Pour ce qu’elle a pu endurer ? Ne vous êtes vous jamais inquiétez de ce qu’elle pouvait ressentir ? Elle... “

Le rire du scientifique me fit l’effet d’un électrochoc, tout comme les paroles qui s’ensuivirent.

” Ressentir ? Vous voulez rire ! C’est une paria, une de ces créatures immondes issues du croisement entre nos nobles gênes et ceux de ce peuple d’arriéré qui continue à vivre comme des animaux. Vous croyez réellement qu’un monstre pareil puisse ressentir quelque chose ? Certainement pas ! Et combien même si c’était le cas, qu’est-ce que j’en aurai bien eu à foutre?! Emma n’avait qu’une mission à remplir, une seule et unique, et si par malheur elle eut échoué, nous aurions alors réessayer avec quelque chose d’autre ! Vous croyez qu’elle est la première ? Emma est l’aboutissement de plus de trois décennies de recherche sur des créatures de son genre, et son nom n’était qu’une illusion pour lui donner quelque chose à quoi se raccrocher, car nous nous sommes rendus compte qu’en leur donnant un semblant d’identité, les sujets vivaient plus longtemps. Par ailleurs, son prénom n’est qu’un anagramme pour désigner le projet : Experiment on Matter Management - Advanced, E.M.M.A. était le dernier stade de notre projet, et nous avons réussi ! Chacune de mes recherches est mon enfant, et E.M.M.A. est mon plus bel accomplissement ! Grâce à elle, nous allons pouvoir éradiquer la race des Hybrids en ralliant les Qantiks à nos côtés, ou tous mourront soit rongés par le liquide, soit déshydratés. Peut-être même que les princes m’anobliront ! Je suis un génie, ahahahaha ! “

Je ne respirais plus, ne bougeais plus, ne vivais plus. Même mon coeur semblait s’être arrêté. Je m’étais prise un mur énorme et mon esprit, trop endommagé par les dégâts, avait décidé de fui plutôt que de souffrir. Je n’étais plus rien. Plus rien que ténèbres, que néant, plus rien que cet autre qui grondait et couvait en moi depuis bien trop longtemps. Je ne souhaitais plus qu’une seule chose: me jetter sur lui, m’accrocher à sa gorge et lui enfoncer sa trachée jusqu’à ce qu’il ne puisse plus parler, jusqu’à ce que son coeur manque un battement, puis deux, en recherche du précieux oxygène duquel j’allais le priver. Je voulais l’étrangler si fort que sous mes doigts je sentirais son coeur de pierre enfin cesser de battre, et puis alors, plus rien. J’étais redevenue animale. Je m’avançai, muscles tendus à l’extrême, prête à l’empoigner de toutes mes forces pour ne plus jamais le lâcher.

Quand un mouvement retint mon attention. Emma avait visiblement eu la même idée que moi, et après un élan de volonté, se redressa et agrippa le cou de son géniteur pour le plaquer contre le mur. Le rire du scientifique qui continuait à ricocher dans le couloir sinistre qui nous abritait s’étrangla soudainement. Il hurla d’abord de surprise, puis de douleur. Sous les doigts de la paria, la peau du docteur se consumait à son contact, et son cri se mua vite en souffle entrecoupé, et son visage vira au rouge, et ses mains se mirent à brasser l’air avec désespoir.
Pour ma part, je peinais à y croire. L’intervention d’Emma m’avait ramené à moi-même et je regardai, abasourdie, la scène qui se déroulait sous mes yeux sans rien y faire. L’ombre d’un sourire sadique qui flottait encore sur mes lèvres disparut lentement avant que je ne reprenne entièrement conscience de ce qu’il se passait.

Arrête ! Hurlai-je. Ne fais pas ça, ne deviens pas comme lui. Tu le regretterais...

Ma voix s’éteignit dans un souffle.


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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Dim 28 Fév - 16:55


La soudaine exclamation du scientifique surpris Diya. Elle s’était attendue à découvrir des larmes au coin de ses yeux, de la tristesse dans son regard et creusant ses traits. Mais il n'en était rien. L'homme lâcha presque l'enfant dont le corps inerte heurta le sol, titillant les nerfs à vif de la demoiselle. Tout son être n'exprimait qu'une folie similaire à celui qui vénère un être contre nature en la privant toutefois de son humanité. Ses mots ricochèrent sur le semblant de calme que la Cyborg tentait de maintenir. Eilwen semblait bien plus sensible à tout ceci et pour honorer la promesse qu'elle lui avait faite, la Qantik se devait de rester lucide, de ne pas laisser la situation déborder. Pourtant, chacun de ses mots venait heurter son bouclier avec plus de force. A chaque phrase achevé, l'horreur qui se révélait la poussait à la frontière de celui-ci, prête à lui bondir à la gorge, à voler sa vie sans aucune hésitation. Après tout c'est bien ce qu'il avait fait de cette pauvre Emma. Si l'on considérait la vie qu'il lui avait offerte on pouvait tout aussi bien dire qu'il l'avait tué au moment où il avait commencé ces expériences. La voix sourde et emplie d'émotion de sa complice sonna étrangement à ses oreilles. Comme la conscience salvatrice qui donnait une dernière chance à l’Érudit de leur prouver qu'il y avait bien un cœur sous cette blouse blanche. Puis tout s’enchaîna, violemment, sans que quiconque puisse arrêter cette machine infernale.

Le rire d’abord, résonnant dans la cellule comme une sentence. Son âme était perdu, il n'y avait aucun moyen de la sauver. Son point de vue sur les Parias était celui de beaucoup d'autre qu'elle avait déjà croisé, fermé, le fruit du bourrage de crâne qu'effectuait la population en répétant ce qu'avait dit un jour un idiot. Les Parias comme tout autre Originaire avaient le droit de vivre et l'entendre dire qu'ils ne ressentaient rien rappela à Diya de douloureux souvenirs sur sa propre expérience. On disait la même chose des Qantiks, qu'ils n’étaient destinés qu'à servir et non à se soulever, qu'il n'avait pas plus d'émotions et de sentiments qu'un robot ménager ou une tireuse à bière. Juste des pièces de métal assemblées afin de servir ces messieurs. Quand ouvriraient ils enfin les yeux ? Étaient ils donc incapable d’évoluer, d'accepter les autres ? Ou simplement trop aveuglé pour seulement remarquer leur similitude. Le reste des explications du scientifique glissa sur sa conscience comme une branche épineuse griffant sa patience. La jeune femme avait repoussé son esprit si loin en son fort intérieur qu'elle fut incapable de réagir lorsque le corps d'Emma se mouva brutalement. 

Ses mains se refermèrent sur la gorge de son "père", se resserrant sur la peau en la brûlant. Si l'Unik avait été surpris dans un premier temps, son esprit avait vite réalisé que la situation lui échappait, qu'il allait mourir, qu'elle avait tout entendu et qu'un retour en arrière n’était plus possible. Cloué au mur, il tentait vainement d'agripper quelqu'un ou quelque chose d'invisible pour se tirer de ce guêpier, mais rien à cet instant n'aurait su lui venir en aide. Ses yeux se révulsaient, la demoiselle pouvaient presque entendre son corps hurler alors qu'aucun son ne venaient plus troubler le lieu. Ce ne fut que lorsque qu'Eilwen hurla, la suppliant de ne pas céder à cette pulsion, que Diya reprit conscience. Les mains spirituelles plongèrent sur l'enfant, pénétrèrent son esprit détruit comme du beurre fondu. Pourtant elle sentit Emma la repousser de tout son être, lui refuser l'accès au point de lui imposer une douleur qui la fit haleter. La Cyborg ne lâcha rien, jusqu'à ce qu'elle sente la Paria lâcher prise. Elle la força à reculer, à défaire son étreinte mortelle sur l’Érudit qui avait perdu connaissance, mais Emma ne mit pas longtemps à rompre son contrôle. Son regard se tourna alors vers la Qantik qui s'attendait à subir sa foudre mais elle s'approcha d'elles et se laissa tomber à genoux. Son regard n'exprimait qu'une extrême lassitude lorsque le grognement, à peine compréhensible lui échappa :

" ... Veux vous aider."

Diya ne comprit d'abord pas et lança un regard à Eilwen, quémandant son aide. Mais la jeune femme semblait aussi perdue qu'elle dans toute cette histoire. Emma reprit, flots de sons gutturaux :

" ... Styx. Suivez-moi."

Sans attendre d'assentiment de leur part, la créature à l'apparence si inhabituelle se redressa, faisant jouer muscles et veines sous la chair translucide. Le spectacle restait perturbant mais Diya se força à se mouvoir à son tour. Emma s’était déjà éloignée de la cellule, traînant son corps épuisé dans le couloir qui longeait les cellules vides. La Cyborg posa une main sur l'épaule d'Eilwen et déclara tout bas, comme par peur de l'effrayer :

" Je ne comprends rien à ce qui se passe mais ... nous devrions l'écouter et la suivre. Elle semble avoir tout entendu et connait peut être la solution à tout ceci."

Cherchant du regard l'enfant élevée dans le laboratoire, Diya la repéra, à l'autre bout du couloir, elle cherchait à déplacer un sorte de plaque de bois posée contre un mur. La Cyborg la rejoignit et l'aida à déplacer le panneau, dévoilant une porte. Tournant la poignée qui grinça, la demoiselle eut besoin de quelques effort pour ouvrir la porte rouillée dont la peinture rouge était écaillée à de nombreux endroits. Cette dernière céda finalement, dévoilant un escalier qui plongeait dans les ténèbres. Des relents de chaleur leur parvenaient par vague. Comme si un énorme four était allumé quelque part là en bas. Les mots lui échappèrent involontairement, contenant autant d’inquiétude que d'humour.

" Prête à descendre en enfer ?" 
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Ven 13 Mai - 16:36


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Du coin de l’oeil, je perçus la Qantik tressaillir à mes mots. Comme moi, elle semblait s’être laissée hypnotiser par la scène, et la force de ma voix eut l’effet d’un seau d’eau glacial sur elle: elle réagit immédiatement. Se jetant à l’assaut du mental d’Emma, je sentis une terrible tension s’ajouter à l’atmosphère déjà pesante. L’air semblait vibrer sous l’effet de la pression qui en était devenue presque palpable. La paria sembla résister un instant, ses doigts tremblants autour du cou frêle du scientifique, prise entre folie meurtrière et lâcher-prise, luttant sauvagement contre l’attaque spirituelle de Diya. Son Sin la repoussa un instant, force de volonté de celui qui ne sait plus que faire sinon agir, avant qu’enfin elle ne s’abandonne au Sigma de la Qantik, bien trop imposant.

Le silence qui s’ensuivit en fut presque troublant, à l’opposé de l’agitation folle qui venait d’avoir lieu. Seul le souffle entrecoupé d’Emma se faisait entendre, sifflant légèrement dans l’air lourd du laboratoire. Près d’elle, le corps du scientifique, trop longtemps privé d’oxygène, reposait au sol, inerte. S’il n’émettait aucun bruit, l’artère qui palpitait dans son cou me rassura pourtant : il n’était qu’inconscient. Soulagée, un léger soupir m’échappa et j’échangeai un regard de connivence avec Diya. Bien que le moment critique fut passé, il nous fallait rester sur nos gardes; nous n’avions aucune idée des intentions d’Emma.
Le souffle de cette dernière s’apaisa lentement, ses muscles crispés sous sa peau translucide se détendirent; la tension descendit encore une fois d’un cran.  Elle finit par se tourner lentement vers nous, plongeant son regard dans les nôtres. Las. Épuisé. Le calme après la tempête n’avait épargné personne, laissant hagards tous ceux qui l’avait subi. Elle y compris. Elle se laissa tomber sur les genoux, les membres tremblants et les yeux voilés par les larmes qui s’y logeaient. Un son guttural sortit de sa bouche entrouverte, grognement qu’elle tenta d’articuler tant bien que mal en une phrase difficile à saisir. Diya me jeta un regard d’incompréhension et semblait quêter mon aide. Je lui répondis d’un haussement d’épaule: je n’étais pas plus avancée qu’elle. Notre attention se reporta sur Emma qui poursuivit et conclut :

” ... Coeur du Styx. Suivez-moi. “
 

Un sourire naquit sur mes lèvres. Si je n’avais pas tout saisi, l’intention était claire: elle était prête à nous aider. Quelque peu étonnée, je restai figée, la tête penchée sur le côté à observer Emma claudiquer maladroitement dans le couloir obscur qui l’avait abrité pendant tant d’années. La main de Diya vint se poser sur mon épaule, et je l’écoutai d’une oreille tandis que, de l’autre, mon attention restait focalisée sur la paria. Après tout ce qu’elle avait vécu, après toute une vie passée en cage à assouvir les caprices de son père, elle avait le courage d’aller de l’avant et de se libérer. J’étais admirative. Si pour un regard extérieure cette décision était logique, pour celui qui la prenait elle était insensée; un véritable plongeon dans le vide. L’inconnu. Moi-même je ne savais pas si j’en aurais été capable, la situation étant trop complexe pour que je puisse me mettre à sa place. Je ne pouvais que la respecter pour la bravoure dont elle faisait preuve.
Mon attention se redirigea vers Diya à qui j’acquiesçai, le regard certain.

” Je n’en doute pas un seul instant.”

Au fond de moi, je le savais: Emma serait bel et bien celle qui nous permettrait de rétablir le Styx. Cette dernière s’était d’ailleurs avancée jusqu’à un renfoncement que l’obscurité masquait et s’affairait autour de ce que je devinais être une plaque de bois. Diya la rejoignit pour lui venir en aide et, rapidement, elles dégagèrent l’entrée d’une porte rongée par le temps. Rutilante et grinçante, la Qantik éprouva quelques difficultés à l‘ouvrir, comme si elle était bien déterminée à garder le secret qu’elle cachait. Après un dernier effort, la porte lâcha un couinement de protestation avant de finalement tourner sur ses gonds.
Une vague de chaleur remonta jusqu’à mon visage que j’avais rapproché de la scène pour observer et venir en aide si besoin. Par-dessus l’épaule de Diya, je devinais dans les profondeurs qui se dessinaient devant nous que l’escalier nous mènerait droit au cœur d’Origin’s. Je déglutis. Le Styx incandescent ne pouvait que s’abreuver au sein même de notre planète; nous allions nous aventurer dans ses entrailles les plus profondes. Une onde d’excitation me traversa. Quel spectacle nous attendait ? J’avais la sensation que toute la puissance de Mère Nature s’y trouvait confinée et, comme en réponse à mes pensées, une vague de chaleur plus marquée remonta, insufflant une énergie puissante en moi.
Je me tournai vers Diya à qui je souris, confiante.

Nos intentions sont pures, il n’y a rien à craindre, affirmai-je.”

J’allais m’avancer dans l’ouverture béante quand, soudainement, un bruit m’arrêta. Lointain. Presque inaudible. Mon cœur rata un battement. Se serra. Je me sentis soudainement oppressée.

” Ils arrivent... ”

Simple intuition murmurée que je lâchais plus à moi-même qu’à l’attention des autres. Comme en écho à mes pensées, un bruit sourd se fit entendre, plus proche cette fois. Une explosion ? Mon visage se tourna légèrement, mes oreilles à l’affût du moindre son qu’elles pouvaient capter. Des bruits de pas. Lourds. Nombreux.
Ils étaient finalement passés.

Je réagis immédiatement, prenant les devants avant qu’il ne fut trop tard. Si proches du but, ce ne serait pas maintenant qu’ils nous arrêteraient.

Je m’occupe de lui, dis-je en désignant le scientifique évanoui de la pointe du menton. Partez devant, je vous rattrape le plus vite possible!

Avant que mes pas ne se détournent, mon regard croisa celui de Diya. J’y insufflai force et volonté, tentant de faire taire ses inquiétudes. Je lui faisais entièrement confiance, je savais qu’elle réussirait. D’un geste entendu, je hochai la tête. Nos yeux ainsi que nos chemins se quittèrent. La Qantik partit dans un sens, moi dans l’autre.

Ils ne tarderaient pas à trouver la porte fondue par l’acide dans le laboratoire et retrouveraient donc notre piste. Il fallait faire vite, camoufler nos traces et cacher le corps du professeur pour nous permettre de gagner le plus de temps possible. Plaçant mes mains sous les aisselles du scientifique, je le tirai sans grande douceur dans l’une des cellules obscures qui bordait le couloir. Je pris garde à le placer derrière la porte afin qu’il soit le moins visible possible. J’en profitai pour vérifier, question de conscience, que son coeur ainsi que son souffle aient bien repris un rythme normal avant de me relever. Un détail m’arrêta à mi-chemin, retint mon attention. Sous la blouse de l’érudit brillait un petit objet... Son badge ! Je m’en saisis avec l’intuition qu’il nous serait utile, en même tant qu’une inquiétude qui me tarauda. Les badges étaient-ils équipés de balises de géo-localisation ?

Je n’eus pas le loisir d’approfondir la question: des voix me parvinrent du haut des escaliers qui nous avaient conduites dans ce sinistre couloir. Je retins un juron, fourrai le badge dans ma poche et me dissimulai dans l’angle d’un mur. Mes sens se tendaient à l’extrême vers ce que je pouvais percevoir. Aux bruits des pas, j’estimai que cinq hommes se dirigeaient dans notre direction. Leur démarche était pesante, les marches de métal vibraient lourdement sous leurs pieds. Ils étaient armés, peut-être protégés par des armures. Mon esprit carburait à vive allure. Cinq était un nombre important, d’autant plus s’ils étaient équipés de leurs Dzétas. Néanmoins, si je la jouai finement et profitai de l’effet de surprise, cela pouvait se faire. Largement.
Inspiration profonde, je fermai les yeux. Une part de moi-même restait attentive aux mouvements des hommes : ces derniers s’étaient séparés, fouillant méticuleusement de leur lampe torche chacune des cellules. L’autre part de moi-même se concentra sur mon propre corps. Je me recentrai, m’ancrant profondément dans le moment présent. Le rythme de mon cœur, qui avait brutalement accéléré, décrût lentement, ma respiration se fit plus calme. Mon corps se détendit, mes muscles délaissèrent la rigidité du stress pour retrouver leur souplesse. Encore un enseignement essentiel que mère m’avait transmis. Calme avant la tempête. J’inspirai de nouveau et partis chercher l’énergie dont j’avais besoin. Mon esprit alla jouer sur les sommets enneigés de la Muraille de Roches avec les puissants Alba Lupus. Alors que le vent glacial vint caresser mon visage, que ses doigts piquants venaient s’accrocher à mes vêtements, leurs hurlements me parvinrent. Si lointains et si proches à la fois. Hymne lyrique en hommage à la force sauvage. Mes lèvres s’entrouvrirent pour laisser dépasser des crocs acérés comme l’était ma volonté. Inébranlable.

Mes yeux s’ouvrirent. D’une vive impulsion mes doigts vinrent saisir le nerf situé le long du cou de l’homme qui venait d’entrer dans la pièce. Avant même qu’il n’ait remarqué ma présence il était déjà au sol. Inconscient. Un deuxième surgit, alerté par le bruit de la lampe torche qui s’était brisée sur le sol. Il ne rencontra qu’un mur sur lequel il se brisa : mon coude était venue frapper sa nuque. Il s’effondra à son tour. Leurs collègues, fouillant encore les cellules plus lointaines, mirent plus de temps à arriver mais, alertés par le bruit ils se dirigèrent rapidement dans ma direction. Leur lumière balayaient à présent le sol de l’entrée de la cellule dans laquelle je m’étais réfugiée. Une voix fusa, résonnant lourdement sur les parois sinistres du couloir.

” Rendez-vous et il ne vous sera fait aucun mal, résistez et vous serez tuez ! “


Un rire ironique franchit mes lèvres. Comme si j’allais les croire. Cependant, à bien y réfléchir, cela pouvait jouer en ma faveur. Un plan germa dans mon esprit...

D’un pas lent et mesuré, je m’avançai dans le couloir face aux trois Üniks. Les deux premiers étaient armés de ce qu’il semblait être des pistolets. Le troisième, posté derrière eux, tenait ses bras croisés sur sa poitrine opulente, sûr de lui.

Au moindre mouvement suspect de votre part, je le tue, déclarai-je d’un ton froid. Vous ne préviendrez personne et me permettrez de m’échapper d’ici sans problème, sinon vous verrez l’un de vos meilleurs scientifiques passer de vie à trépas.

Mon regard était dur et passait d’un visage à un autre en guettant chacun de leur geste, chacune de leur réaction. Entre mes bras se tenait le corps du docteur Himoto que j’avais rigidifié en appuyant sur certains points pour éviter qu’il ne pèse trop lourdement sur moi. Sur son cou je pressai une lame que j’avais ramassée sur le corps de l’un des gardes.
Le regard de l’homme posté derrière resta tout aussi dur alors qu’un sourire narquois naissait sur ses lèvres.

Et qu’est-ce qui nous dit qu’il est encore en vie, fillette ? Demanda-t-il froidement. “

” Il n’est qu’évanoui, son pouls bat encore. “

Ses yeux d’un gris métallique ne me lâchaient pas, cherchant à me percer à jour tandis que les deux premiers semblaient plus incertains, guettant avec nervosité un signe de leur chef. Impénétrable, je soutenais son regard sans ciller, cherchant également à lire en lui. Tout son être criait arrogance et force tranquille. Il fallait que je me méfie de lui, bien que sa confiance démesurée pouvait aisément se retourner contre lui. Dans le même temps, liant mots et gestes, lents et mesurés, je me rapprochai lentement et imperceptiblement d’eux. Il n’était pas dupe, mais chaque seconde comptait, chaque seconde était un temps gagné pour que Diya et Emma se rapprochent de notre but. Tout comme chaque pas me rapprochait de ma cible. La tension était palpable, et pourtant ma respiration était sereine. Je souris. Et lançai le corps du professeur sur les gardes.

Désarçonnés, ces derniers n’eurent pas le temps de parer mes coups : la lame du couteau vint se ficher dans le bras de l’un alors que, dans le même temps, mon talon venait percuter le plexus de l’autre, l’envoyant valser contre le dernier. Mais celui-ci fut vif et bougea avec une rapidité telle que je ne réussis pas à le suivre des yeux. Comment en était-il capable ? Je n’avais pas le temps de m’en préoccuper, il fallait que je le neutralise, et vite. D’un geste fluide, mes doigts vinrent se glisser autour de la lame pour la récupérer tandis que mon pied vint frapper la tempe du soldat au bras brisé qui continuait encore à geindre. Son cri de douleur s’arrêta immédiatement; il s’effondra. Inconscient. Les deux mains au sol je pivotais sur mes appuis, jambes en l’air, avant de donner une courte impulsion à l’aide de mes bras pour me remettre sur pieds, à quelques mètres du dernier homme debout.

Dans l’espace réduit du couloir, deux adversaires se jaugeaient. Seule leur respiration troublait le silence électrique qui venait de s’installer. Tels deux fauves, nous nous tournions autour sans nous lâcher du regard, jouant avec souplesse sur nos appuis pour nous déplacer. Mes muscles criaient au supplice mais je n’en laissais rien paraître, maintenant une garde parfaite pour ne rien laisser passer. L’homme dévoila ses dents dans un sourire carnassier avant de briser le silence.

” Pour une fillette tu te débrouilles pas trop mal. Cela faisait longtemps que j’attendais un peu d’action, fais-moi le plaisir de m’offrir un beau combat et je te ferai l’honneur de te briser rapidement. “

Son sourire s’élargit encore alors qu’il joignait ses paumes.

” Fais-moi voir ce dont tu es capable. “

A son cou, une lumière jaillit. Une vague de puissance incroyable déferla soudainement, faisant voler poussière et cheveux dans le vent. Sur mes gardes, j’esquivai pourtant au dernier instant le poing qui visait mon visage, m’écartant d’un bond vif tandis que le mur qui se trouvait derrière moi se brisait sous l’impact. Ahurie, je n’eus cette fois-ci pas le temps de me retirer, peinant de justesse à me protéger de la puissance du coup à l’aide de mes deux bras. Le pied vint me frapper de plein fouet, m’envoyant valser au fond d’une cellule. Sous l’effet du choc, je serrai les dents, empêchant de justesse que ma tête ne vienne caresser la brique rouge du mur. La respiration sifflante, j’esquissai un mouvement avec difficulté. La douleur remonta dans mon dos, me faisant vaciller un instant. Malgré ma protection, une ou deux de mes côtes semblaient s’être fêlées sous l’impact. Lâchant un juron, je regardai les yeux emplis d’une flamme dévastatrice mon adversaire qui se tenait sur le pas de la porte.

” Et alors fillette, c’est tout ce dont tu es capable ? Je dois avouer que tu es plutôt résistante, très peu ont eu la chance garder leurs bras entiers après avoir paré l’un de mes coups... Mais il va falloir faire mieux que ça si tu veux avoir une chance face à mon dzéta.”


Les membres tremblants, la respiration haletante, mon regard soutenait pourtant toujours le sien.

Quoi ? Ces misérables caresses ? J’ai cru que c’était le vent qui venait me souffler des mots doux ! Même ma grand-mère a plus de force ! Lâchai-je dans un sourire sournois. “

Dans un cri de rage il se dirigea sur moi à une vitesse folle. Comme escompté mes mots avaient faits mouche. Son dzéta lui procurait peut-être une force prodigieuse, mais dans le champs de mon Sin il ne lui servait à rien. Sa rapidité décrut drastiquement alors qu’il pénétrait dans mon aura. Je n’eus qu’à passer sous son bras tendu pour esquiver le coup. Emporté par son élan, il se brisa contre le mur. Durant un instant je ne discernai rien d’autre que la poussière du plâtre, et le bruit de la pierre qui roulait sur le sol. Jusqu’à ce qu’un grognement retentisse. Animal. Un poing sortit du nuage de fumée pour venir me frapper au ventre, un pied fusa jusqu’à ma gorge. Je les esquivai sans trop de difficulté, bondissant en arrière. D’un sourire moqueur je le dévisageai. J’avais à peu près saisi sa manière de faire : foncer dans le tas. Après tout, si j’avais bien compris son dzéta décuplait sa force physique, il ne devait donc pas craindre grand chose ! Néanmoins cela ne lui suffirait pas pour me défaire.

Eh bien, je connais des crapaboks plus rapides que toi ! Lançai-je à nouveau, moqueuse. “

Il n’était rien de tel qu’un homme plein de rage : les erreurs commises se ramassent alors à la pelle. Et cela ne manqua pas. Ce dernier me jeta un regard haineux avant de se ruer de nouveau tête baissée, cherchant à me plaquer contre le mur qui se trouvait derrière moi. Cette fois-ci, je passai à l’action. D’une impulsion je sautai par-dessus lui, et mes doigts vinrent trouver plusieurs points le long de sa colonne vertébrale. Un, deux, trois... Quatre ! L’homme s’effondra au sol avant qu’il n’atteigne le mur, les membres paralysés. Seuls ses yeux bougeaient encore dans ses orbites, me dévisageant avec férocité, tentant de faire pleuvoir sur moi les foudres de sa colère. En vain. Un pied sur son dos, tel un trophée de chasse, je me contentai de lui adresser un simple clin d’oeil triomphant avant de détourner les pas. Jaugeant rapidement chacun des hommes au sol je fus heureuse de constater qu’aucun n’était en état de bouger; je lâchai un soupir de soulagement. C’était enfin terminé, j’allais pouvoir rejoindre Diya et Emma.

Rebroussant chemin jusqu’à la porte rouillée, un crépitement m’arrêta.

” Unité six au rapport, nous avons entendu du bruit dans les souterrains, où en êtes-vous ? Terminé. “

Lentement je me tournai vers le talkiewalkie qui se trouvait au sol, près de l’un des gardes.

” Unité six, répondez : où en êtes-vous ? Terminé. “

D’une main hésitante je m’en saisis.

” Unité six au rapport, il n’y a rien à signaler de notre côté. Terminé. “

Un court silence s’ensuivit, qui me sembla durer une éternité.

” Unité six, quel est le mot de passe ? “

Le ton de la voix était pressant, imposant. Je poussai un profond soupir et me relevai.

” Et merde. “

Je partis en courant vers la cage d’escalier, du haut de laquelle je hurlai à plein poumons :

” Diya si tu m’entends, faites-vite ! On a de la compagnie qui va se ramener ! “

Et d’un geste vif je refermai tant bien que mal la porte rouillée avant de dégringoler une à une les marches de l’escalier métallique qui menait au cœur incandescent de notre planète, serrant les dents à chaque fois que mes pieds se posaient et engendraient ainsi une douleur qui remontaient le long de mes côtes. Je ne m’arrêtai pas. Poussée toujours plus loin par l’adrénaline. Croisant les doigts.

Pourvu qu’elles aient trouvé une solution.
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MessageSujet: Re: Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]   Lun 30 Mai - 20:15


Alors que les vapeurs irrespirables lui brûlaient le visage, Diya fut soudain interpellée par les mots de sa camarade. Qui donc arrivait ? rapidement après son étrange déclaration, un fracas bruyant survint, obligeant cette fois la demoiselle à se détourner du gouffre bouillonnant pour reporter son attention sur la direction dont elles étaient venues. Au bout du couloir des pas résonnaient par dizaine, la panique fit accélérer le palpitant de la Cyborg. Elles ne pouvaient pas s'arrêter maintenant, pas si près du but ! Pour tous ceux qui risquaient de mourir en s'approchant du Styx bleu elles se devaient de résoudre ce sinistre problème. La Qantik se refusait à laisser Eilwen derrière elle, pourtant celle-ci lui fit comprendre d'un regard que leur mission était plus importante que tout le reste, plus importante même que leur propre vie. Tandis que la jeune femme s'éloignait en direction du scientifique, Emma et Diya plongeaient au cœur du brasier infernal. Bientôt la température fut insupportable, suffocante, comme si le corps tout entier ainsi que l'âme qu'il contenait se contorsionnait dans les relents de souffre. La peau paraissait se craqueler douloureusement là où les vêtements ne la protégeait pas, chaque pas les projetait dans les entrailles d'Origin's, vers ses plus sombres secrets mais aussi ses plus précieux trésors. 

Parvenant difficilement à maintenir les yeux ouvert à cause de la chaleur dévorante qui la faisait suer au point de rendre ces vêtements poisseux en quelques secondes à peine. Se forçant à observer les alentours, Diya repéra le pallier de bois surmontant l'eau mouvante d'un bleu surprenant qui ne demandait qu'à les aspirer en son sein. Le moindre faux pas et elles disparaîtrait en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire adieu. Aussi la jeune Cyborg mesura t elle ses pas avec d'avantage de précaution, bien que hâtant le pas pour ne pas obliger sa compagne de voyage à se sacrifier en vain. Ses pas résonnaient sur les marches en fer qui laissaient entrevoir le vide incandescent sous leur pieds. Cela mettait terriblement mal à l'aise l'ancienne Phytos. Lorsqu'elles atteignirent la plate forme se tenant au cœur de la salle souterraine, de longues cuves vides, d'un matériaux qui devaient avoir été conçu pour résister à la chaleur, se dressèrent devant elles. Ce devait être celles qui avaient contenu les échantillons libérés dans la source du Styx. Son regard s'égara un instant sur un rougeoiement qui venait de percer l'azur. De la lave semblait encore remonter depuis les profondeurs d'Origin's, mais aussitôt qu'elle entrait en contact avec sa consœur modifié, cette dernière se parait du même bleu hypnotisant, presque attractif au cœur de l'enfer.

Emma lui jeta alors un regard si profond, comme si elle pénétrait son âme, ses plus intimes pensées, le moindre recoin insoupçonné de son être. Mal à l'aise, la demoiselle ne savait comment procéder pour la suite. Il était clair que le cœur devait plonger dans la source. La fille-expérience devait mourir, offrir sa vie pour que des milliers soient épargnés, mais aucuns mots ne sauraient rendre grâce à cet instant. Seul le silence demeurait, accompagné de son amie l'angoisse et des bruits de combats au dessus de leurs têtes. Diya prit son courage à deux main, l'enserrant pour l'obliger à accomplir sa sombre besogne, ses mots furent d'abord à peine audible, puis elle prit confiance. Eilwen l'avait dit, elles faisaient ce qui été juste, leurs intentions concernaient le bien de tous. L'Hybrid étouffait sous le poids qui écrasait ses épaules, elle aurait souhaité être ailleurs, que son amie ne la laisse pas seul pour accompagner les derniers instants de la Paria. 

" Je ... je sais que ce que nous te demandons est insensé et cruellement égoïste mais ... Seule ta vie peut rétablir le cours des choses, rendre sa nature originel au Styx et éviter une mort horrible à des milliers d'Originaires."

La créature aux ressemblances minimes avec sa race originale posa alors ses mains à la peau translucide sur ses épaules, Diya crut distinguer un semblant de sourire sur son visage marqué si longtemps par la douleur. Comme si elle comprenait la douleur que lui causait cette déclaration, cet abandon. Elle tenta alors d'articuler quelques mots dont les sons hachés permirent néanmoins à son bourreau d'entendre sa dernière demande.

" Toi ... faire de ton mieux... remercier autre aussi pour moi... Ma vie être faible coût à payer pour personnes... aussi courageuses. Vous libérer moi... de vie de douleur."

Diya voulu tendre les bras pour la serrer contre elle mais déjà Emma s'était éloigné, des larmes de sangs roulèrent sur ses joues et elle bascula soudainement dans le vide. La jeune femme voulu crier, s'élança même pour la retenir dans un sursaut de conscience. Sa main battit l'air, juste au dessus de celle de la Paria, elle l'avait manqué de si peu. Au moment où l'étrange corps de la fille percuta la surface bleuté, une vague de chaleur bien plus violente frappa le visage de la témoins de plein fouet. Elle voulu fermer les yeux, se protéger de cette vision funeste. Mais cela aurait été un manque de respect pour la sacrifiée, et elle lui devait au moins ça. Emma fut happé par les flots en un instant, et comme par magie, bien corrompue cela va sans dire, le liquide perdit son aspect aquatique en même temps qu'il regagna son nuancé de rouge originel. Le lieu perdit sa luminosité malsaine, laissant les larmes de la Qantik invisibles pour quiconque aurait été présent. Son cerveau bouillonnait d'une rage, d'une envie de détruire profonde qui gagnait du terrain à chaque seconde qui passait. Lorsque la voix d'Eilwen lui parvint, elle remontait déjà les escaliers. De la compagnie disait elle ? Cela tombait bien. Toute la rage cumulée durant ce périple avait besoin d'être évacuée. Diya accéléra, montant les marches deux par deux, elle croisa sa compagne d'aventure sans s'arrêter, accélérant d'avantage, ayant perdu toute raison.

Déjà elle invoquait deux Kurokaze, activant par la même les lentilles d'acuité visuelle. Elle projeta la porte qui avait protégé ce lieu à l'abris des regards et fonça tout droit dans le couloir, longeant les cellules vides et les corps immobiles, victimes d'Eilwen, sans ciller. Les mains spirituelles se déployèrent, acérées, meurtrières, prêtes à frapper à la moindre impulsion. Des voix lui parvinrent. Ses pupilles, d'un rouge sanguinaire, se posèrent sur le premier soldat qui scrutait le boyau avec prudence. Une main spirituelle se disproportionna, envoyant l'inconscient, bien trop lent, percuter le mur. Il s'effondra dans un bruit mat alertant ses compagnons qui braquèrent sur elle des armes à feux de différents gabarit. Un sourire amusé gagna le visage de la jeune femme qui n'était plus que colère. Le monstre s'agitait en son sein, toute cette haine trop longtemps refrénait se frayait un passage vers l’extérieur, broyant conscience et prudence d'un revers de main. Alors qu'une pluie de plomb fendait l'air, le grelot tinta, la barrière se déployant juste assez vite pour bloquer la première balle. Toutes ricochèrent contre l'onde électromagnétique et le temps que les Uniks comprennent ce qui se tramait, Diya avait bondit, frappant un premier homme qui s'écroula, une dague enfoncée dans la gorge. Un maigrelet sortit un taser imposant avec une portée assez étonnante, mais les lentilles lui offraient un temps d'avance. La jeune femme esquiva le coup, se projeta en arrière pour revenir quand le crépitement s'estompa. D'un mouvement fluide elle faucha ses jambes et planta une Kurokaze à même son palpitant. Cette dernière disparue aussitôt avant de reparaître dans la main qu'elle avait quitté, ne laissant qu'une plaie sanglante d'où la vie s’échappait lentement. Le troisième soldats ne fut guère mieux accueilli, le poings de la Qantik heurta son estomac violemment et lorsqu'il se tordit en deux, la lame cueillit sa nuque d'un coup emplit de rage, dénué de pitié et de discernement. 

L'absence d'autres adversaire à abattre fit gronder le monstre, il en voulait plus, tellement plus, mais l’énergie lui manquait. La demoiselle s'écroula à genoux sur le sol glacé et poisseux, d'un rouge écarlate témoignant de l'acharnement de la Qantik. Sa conscience revint d'un coup, lui donnant le vertige et un sifflement aigu fendit son crâne. Sa main d'y porta, rencontrant un liquide chaud derrière son oreille. Quand avait elle été touché ? Cela lui importait peu. Revenant sur ses pas après les quelques minutes qu'avait duré la boucherie, Diya se précipita vers Eilwen qui semblait mal en point. Elle ne parvenait à exprimer le moindre mot justifiant sa perte de contrôle. Elle lui avait promis de l’empêcher de connaitre pareil sort, l'avait même aidé a y échapper. Mais si son amie était intervenue, que serait il advenu d'elle ? Dans son aveuglement, cet appel au sang insatiable, elle aurait pu la tuer. La honte serra d'avantage sa gorge et elle ne pu la regarder dans les yeux. Fixant le sol, d'une voix que leurs péripéties avaient grignoter, n'en laissant qu'un fragment, elle lança l'esprit brisé, embrumé :

" Partons, il n'y a plus rien nous concernant ici. Nous parlerons lorsque nous nous serons éloignées de cet endroit infernal."
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Le désert n'asséchera jamais nos cœurs. [Rencontre avec Diya & quête]

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