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Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]

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Prince de rien (Lukas R.)


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MessageSujet: Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]   Dim 4 Oct - 17:52


Le soleil s'était levé depuis quelques petites heures sur la Cité Blanche. Cependant, la capitale Ünik était anormalement calme ce matin. De nombreux commerces d'ordinaire déjà ouverts et plein à craquer de clients avides de faire des emplettes étaient fermés, et sombres derrière leurs grandes vitrines que le temps avait sali. On ne croisait presque personne dans les rues, seuls quelques courageux tentaient de reprendre un rythme de vie normal. Mais cela n'avait rien d'étonnant. Il y avait de cela à peine trois jours, les Princes avaient annoncé publiquement la fin de la guerre. Très peu de soldats étaient rentrés vivants des fronts sanglants où avaient éclaté des batailles affreuses, au quatre coins d'Origin's. Aujourd'hui, plus un seul ne pouvait se tenir debout. Force était de constater que le peuple Ünik avait perdu les combats décisifs de la Cité Neutre. Il fallait désormais songer à se reconstruire, et à redresser la société de cette période abominable que fut la guerre. Mais à l'évidence, rien ne se ferait du jour au lendemain. La population mettrait du temps à se relever, et si chacun s'entraidait, Anathorey tournerait de nouveau comme avant. Cependant il ne fallait pas se leurrer. Plus rien ne serait jamais comme avant... La crise de Nordkia avait mis les nerfs des Dockers à feu tandis que leurs fils baignaient dans le sang. Les Üniks arrivaient à n'en pas douter à un tournant de leur histoire.

Lukas faisait partie de ceux qui avaient décidé de se mobiliser pour permettre aux plus démunis de retrouver une vie correcte. Les nobles s'étaient associés aux Dockers affamés par la guerre, ce qui avait valu la colère de la Princesse Ulhtia. Malgré tout encore aujourd'hui des convois de vivres faisaient la navette entre les Docks et les quartiers commerçants de la capitale. La solidarité entre les gens était en marche.
C'était pour vérifier l'envoi correct de certains vivres de son domaine que Lukas s'était rendu de si bon matin en ville. Suivi de près par son majordome, à qui il avait confié le soin d'organiser la donation, il se dirigeait vers les portes Sud de la Cité Blanche d'où partiraient les caisses marquées de ses armoiries. Elles contenaient des vêtements, de la nourriture, et surtout un stock important d'eau potable. Le jeune duc avait à cœur que tout se déroule comme il l'avait prévu, et que rien ne soit dévoyé en chemin.
Il marchait d'un pas rapide, droit comme un « i » et les yeux fixés vers l'horizon.
« Monsieur, était-il nécessaire que vous vous dérangiez de si bon matin pour une simple vérification ? » lui demanda son majordome, un peu étonné que le noble qu'était Lukas se dérange pour une tâche si ingrate.

Ce serviteur était un immense gaillard baraqué comme un gorille, vêtu et ganté de noir. Il arborait toujours une coiffure impeccable : ses cheveux noirs de jais étaient plaqués en arrière sur son crâne massif. Il avait un regard dur et clair, qui surlignait une bouche souvent pincée sous un bouc parfaitement taillé. Calvin Murray était un homme impressionnant, qui parfois même effrayait rien qu'en entrant dans une pièce. Mais c'était sans doute le plus fidèle des serviteurs et le meilleur majordome de tout Anathorey. Le travail qu'il fournissait au manoir Rainforth était d'une qualité que bien des nobles enviaient au jeune duc. Lukas quant à lui appréciait beaucoup son majordome, surtout lorsqu'il prenait la liberté de faire la leçon à son maître.
« Ça l'est Murray, répondit-il avec entrain. Je veux m'assurer que les autorités chevalières ne cherchent pas à empêcher le départ de nos convois. Si les Chevaliers ne craignent pas les protestations de domestiques, la voix de certains nobles refroidira leurs ardeurs s'ils essayent de nous empêcher de mener à bien nos donations.
- Votre détermination est remarquable, affirma Murray, qui vit bien qu'il n'était pas la peine d'insister. J'ai grande hâte de pouvoir la constater le jour où vous vous déciderez enfin à vous marier, Monsieur »

Lukas ne répondit rien que par un sourire malicieux, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention du majordome. D'ordinaire son maître lui disait qu'il n'avait pas la tête à se préoccuper de ces choses-là, ou pire, il lui riait au nez en disant « Murray, vous êtes bien à cheval sur les principes ! ». Jamais il n'avait vu Lukas Rainforth arborer une telle mine. Allons bon, que se tramait-il encore dans la vie de ce noble peu ordinaire ? Bien entendu, l'intéressé ne pipa mot. Bientôt, les deux hommes arrivèrent aux portes Sud de la cité.
Les lieux ressemblaient à un joyeux chaos où s'empilaient tous les colins, malles et autres conteneurs destinés à voyager jusqu'à Nordkia. Il y avait un monde incroyable, et l'agitation qui régnait ici avait de quoi donner des vapeurs aux plus sensibles. Les premiers convois commençaient à partir tandis que d'autres étaient une dernière fois vérifiés en attendant d'être envoyés à leur tour. Murray conduisit Lukas jusqu'aux malles données par le domaine Rainforth, et tous deux procédèrent à un dernier inventaire – consistant à vrai dire en une simple validation de la part du maître.
« C'est étrange... L'atmosphère est anormalement tendue. Vous ne trouvez pas, Murray ? » fit observer Lukas, qui tendait l'oreille depuis quelques minutes.
Il ne lui semblait pas que les conversations étaient axées sur la fin de la guerre, ni sur l'entraide entre les Docks et les nobles. Il avait entendu les mots « crise politique », de « situation gravissime ». Le majordome acquiesça, et voulut répondre quand les cris d'un petit vendeurs de journaux l'en empêcha.

« Le Times d'Anathorey, édition spéciale ! Le suicide de la Princesse Ulhtia ! Demandez l'édition spéciale ! »

Lukas et Murray échangèrent un regard estomaqué. Le suicide de la Princesse ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Sur ordre de son maître, le majordome s'en alla rattraper le petit vendeur de journaux et rapporta un exemplaire du quotidien. A la une se trouvait un portrait de la Princesse, couronné d'un titre en grosse lettres épaisses et noires : « La Princesse Ulhtia est décédée ». Il s'empressa d'ouvrir le journal, et parcouru à grande vitesse les articles qui relataient de l'événement. On avait retrouvé le matin même la princesse morte dans son lit. Elle se serait administré une dose de poison mortel au moment de s'endormir, si bien que personne n'avait rien remarqué avant le début de la journée. Elle aurait laissé une lettre expliquant son geste, dans laquelle elle expliquerait ne pouvoir supporter l'idée que les Üniks aient essuyer une défaite guerrière aussi immense. Désespérée, elle aurait mis fin à ses jours, se sentant déshonorée et humiliée.

« C'est insensé... » souffla Lukas, en levant un regard grave vers le palais blanc, qui surplombait Anathorey.
D'autres articles l'inquiétèrent. Les journalistes y parlaient de crise politique, d'un impact immense et immédiat sur l'ensemble du peuple Ünik. Des émeutes auraient même eu lieu dans les quartiers résidentiels d'Anathorey, où des Dockers auraient manifesté contre le gouvernement. Lukas sentit son cœur se serrer subitement lorsqu'il lut où s'étaient prétendument déroulées les manifestations. Il plia le journal et le rangea dans sa poche, avant de s'élancer à toutes jambes vers les lointaines Banlieues de la capitale. Murray n'eut pas le temps de demander à son maître où il courait que ce dernier lui ordonna de terminer sa mission. Lukas s'enfonça alors dans les rues d'Anathorey, où les gens ne parlaient plus que de cela : le Conseil des princes ne comptait plus que deux membres. La Princesse Ulhtia était morte ce matin.
Lukas n'avait pas l'habitude de courir, mais l'inquiétude qui lui tiraillait l'esprit prenait le pas sur son essoufflement. Il lui fallait atteindre cette maison le plus rapidement possible, oui, il le fallait. Allait-elle bien ? Pourvu que rien ne lui soit arrivé. Il fallait qu'elle se porte bien ! S'il lui était arrivé quelque chose, Lukas savait qu'il ne se pardonnerait jamais de ne pas avoir été à ses côtés pour la protéger, et la maintenir hors de danger...

Lorsqu'il arriva enfin devant l'imposant perron du manoir après lequel il courait depuis presque une demie-heure, Lukas s'arrêta, et reprit son souffle petit à petit. La rue était déserte, et salie comme les autres par la guerre. Mais il n'aurait su dire s'il y avait vraiment eu des émeutes précisément dans celle-ci. Sans plus attendre, il s'élança vers la porte, à laquelle il sonna à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'un domestique vienne lui ouvrir. Lukas, encore un peu essoufflé, essaya tant bien que mal de parler sans hacher ses mots.
« Pardonnez-moi... dit-il entre deux respirations au serviteur qui lui avait ouvert. Je n'étais pas attendu mais... Je dois absolument voir Lady Bliss Abberline... »
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bliss


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MessageSujet: Re: Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]   Dim 4 Oct - 20:10


Trois jours plus tôt.

« Vous avez des nouvelles de la maison familiale ? », « Très peu. Votre père s'est farouchement mêlé à la guerre comme vous le savez et... » La comtesse appuya son regard, insistant pour que le messager lui avoue la terrible vérité « Certains Qantiks ont tenté d'attaquer le domaine, mais rassurez-vous, votre père va bien. » La blondinette relâcha son souffle, s'étant même retenu de respirer « J'en suis ravie. Savez-vous quand est-ce que je pourrai rentrer ? », « Pardonnez moi, mais ce ne sont pas les seules nouvelles... », « Ah... ? », « Votre tante est décédée. Je suis désolé. », « C... Comment ? Tantine... ? », « Celle-ci même. Euh... Comtesse... ? COMTESSE ! » Le type se jeta sur elle alors qu'elle s'effondrait à même le sol, telle une poupée de chiffon. La petite n'avait pas perdu connaissance, mais ses jambes ne la soutenaient plus. Son visage était muet, mais ruisselant de larmes amères. Ses doigts s'accrochèrent à la chemise de l'homme qui éprouvait de la peine pour elle, alors que ses sanglots résonnaient dans le salon. Immédiatement, des domestiques la prirent en charge, la faisant s'asseoir dans le grand sofa en velours. Alors que son majordome congédia le messager, celui-ci rajouta « L'enterrement sera dans cinq jours. », « Att... Attendez... » Elle ne pouvait même plus parler, mais agitait une de ses mains pour le sommer d'approcher « Je... Où cela s'est-il... », « Chez le Duc Abberline lui-même. Elle a été prise dans une attaque contre votre père, et a été assassinée sur-le-champs. Elle n'a pas souffert. », « Bon ! Ca va bien oui ?! Allez, merci pour toutes ces informations, au revoir ! » Le majordome chassa le messager qui, pourtant, ne faisait que son travail...

♡♡♡

Bliss regardait par la fenêtre, le teint fade et le regard morne. Depuis derrière, le majordome posa doucement ses mains sur les bras de la comtesse, et celle-ci sursauta silencieusement « Dame, ne restez pas près des fenêtres, c'est dangereux. Depuis les... émeutes, vous savez que vous pouvez être blessée. » Elle leva ses yeux meurtris vers l'homme, acquiesçant doucement, se leva avant élégance malgré le deuil « Venez, je vais vous préparer du thé. », « Merci. » Elle le suivit, regardant ses pieds, avant de lever les yeux vers le mur du couloir, pour aller dans lune pièce un peu plus exigüe, mais plus sécurisée.
Sa tante était morte. L'être auquel elle tenait le plus, avait péri dans une guerre qui n'était pas la sienne. Son père, furieux de nature, avait voulu engendrer les hostilités, faire comprendre aux Princes qu'il était avec eux, parmi bien d'autres nobles, mais les femmes elles... Elles n'y étaient pour rien et pourtant, ce furent elles, toujours, qui prirent le malheur des uns.
Des larmes coulaient sans qu'elle ne s'en aperçoive, des souvenirs revenaient, certains qu'elle avait oublié car devenus banals. Mais maintenant, ils étaient importants, plus que jamais. Elle en voulait à son père. A cause de lui, de ses histoires, elle avait perdu sa mère, et maintenant sa tante. A travers la tristesse se mélanger un semblant de haine. Sentiment dur et éprouvant qu'elle n'avait pratiquement jamais ressentit. La colère n'avait rien à voir à côté de cela.. Mais Bliss était trop bonne pour se laisser dépasser comme ça, par une telle amertume.
Pensant nuit et jour à ces moments perdus, volubiles et éphémères, elle n'en dormait presque plus, se perdant dans un chagrin qui lui serrait le coeur et la gorge, tellement, qu'il lui faisait physiquement mal. L'éclat de ses yeux turquoises n'étaient plus qu'une petite étincelle presque submergée, que ses pleurs avaient bientôt engloutis.
Elle avait l'impression de revoir la perte de sa mère, le meurtre, comme ça chaque fois, comme si la vie lui en voulait, et désirait lui arracher tout êtres à ses côtés...

« Voici. Oh... Madame... » Le Majordome s'assit en face d'elle, lui tendant un mouchoir propre, prenant de ses mains celui imbibé, qu'elle tenait fermement mais qu'elle lui céda sans force « N'attendez pas de la sorte, Comtesse. Il faut que vous sortiez... La guerre est terminée, vos amies ne vous ont-elles pas recontacté ? » C'était une question réthorique. Bien sur que non, et il le savait mais il ne voulait pas voir sa maitresse de maison comme telle. Ainsi, elle secoua la tête, regardant sa tasse. Malgré la noirceur du thé, elle se vit dans les élans de lumières, et repensa immédiatement à son enfance qui s'était entièrement déroulée chez la soeur de son père. Une énième douleur à laquelle elle n'avait pas l'impression de s'habituer « Quand cela cessera-t-il ? », « Bientôt Madame, bientôt... »

Bliss, n'ayant que peu dormi, s'était évidemment levée tôt. Elle avait revêtit une simple robe d'intérieur, ne voyant pas pourquoi elle s'habillerait autrement et, pire, n'ayant pas le goût pour la mode en ces temps gris. Gris comme le monde. Ce dernier avait perdu toutes couleurs, et elle s'en était accommodée. Ainsi, elle ne prit pas cas à la couleur de son vêtement, ni même à celle de ses accessoire, se voyant presque par transparence dans le miroir de sa coiffeuse. De même, si d'habitude un serviteur la coiffait et la poudrait, ici, elle ne fit venir personne, se brossant tout juste les cheveux. Lorsqu'elle était arrivée dans le salon, une servante avait prit immédiatement le relais, lui faisant un chignon à quatre épingles, lui faisant subir sa coiffure, que Bliss ne repoussa pas. Au fond, cela lui importait peu...
A cause de la guerre et de la peur, la belle femme avait perdu du poids. Et depuis le décès de sa tante, elle avait arrêté de s'alimenter. Le Majordome l'a forcé, lui demandant, de grâce, de prendre quelques miettes de pain, mais c'était la mort dans l'âme qu'elle le faisait, avant de partir, vaquer dans sa demeure, l'esprit en peine.

Elle ne s'attendit cependant à aucune visite et, quand la sonnerie de l'entrée retentit, elle ne l'entendit même pas. Sur ordre du Majordome, un serviteur alla ouvrir. Bliss se tenait dans un petit salon, trop éloigné pour entendre la voix de l'invité. Le domestique, reconnaissant le Duc Rainforth immédiatement, le fit entrer pour fermer derrière lui. Accueilli par le Majordome qui sortait d'une pièce adjacente, celui-ci dit « Monsieur le Duc, vous me voyez honorer de votre présence. Mademoiselle Abberline est dans une situation de crise, et ne peut vous recevoir... » Jetant un coup d'oeil vers la porte de laquelle il venait de sortir, il soupira en disant « Faites attention à elle, Duc. » Libérant le passage, il lui ouvrit la porte pour l'inciter à entrer, avant de refermer derrière lui à nouveau.

Bliss ressemblait à une statue. Elle était vêtu d'une petite robe champagne en mousseline, ornée de quelques dentelles et broderies au niveau du bustier. Sa peau scintillait sous la faible lumière qui venait de la fenêtre posée sur le haut plafond. Ses yeux turquoises regardaient inlassablement une peinture, et aussi étrange que cela puisse paraitre, la jeune femme paraissait amaigrie et fatiguée. Le visage tiré par ses insomnies et ses pleurs, s'accordait avec son corps faible et tremblant.
Son cou pivota, se tordit, pour voir qui était entrer. Elle avait sentit son odeur et, pourtant, son cerveau n'avait pas fait le rapprochement avec l'être aimé.
Mais quand elle le vit, ce fut en deux temps. Le temps de constater qui était là, et le temps de constater que son coeur avait arrêté, en partit, de pleurer. Sa bouche s'ouvrit, et un chuchotement en sortit enfin « Lukas... »
Il était là.
Si beau, si soyeux... Il était le pilier de sa vie, en cet instant et pour toujours. Elle s'était éprise, amouraché de ce Prince charmant, qu'elle considérait comme une beauté fatale, autant que comme un futur mari aimant. La complétion de son âme, comme celle de son esprit. Ils s'accordaient, s'harmonisaient, avec un seul regard. Du bout des lèvres ils se murmuraient des mots doux voilés, le tout autour d'une tasse de thé élitiste. Des sourires, des oeillades, rien ne trompait. Les deux s'étaient trouvés.
Bliss, au fond d'elle, attendait sa venu. Il était là, et elle s'en délectait. Elle fut autant soulagée que quiconque, mais malheureusement, ayant malmené son corps, ce fut tremblante, qu'elle se leva.
« Lukas... » Heureusement que la servante l'avait coiffé.
« Je... » Heureusement que le Majordome l'avait sommé de s'habiller.
« Lu...kas... » Heureusement qu'elle avait décidé de se lever.
En face de lui, elle leva la tête vers le visage de ce géant. Il avait des épis dans les cheveux, et elle ne su pas d'où venait toutes ces mèches noires hirsutes. Elle leva une main, haussant des doigts fins, pour remettre doucement ces cheveux couleurs jais. La petite femme ne tomba pas dans ses bras telle une veuve éplorée, au contraire, elle souriait. Ses larmes coulaient et pourtant, elle souriait, la gorge serrée, la voix muette. Elle était si heureuse qu'il soit là, elle avait envie de lui dire mille merveilles, mais se retint, ne voulant pas passer pour une indécente. Puis elle baissa les yeux, prenant sa main. La belle femme en caressa la paume, la peau douce du noble, avant de la regarder, puis de la porter à son visage. Doucement, elle la posa sur sa joue, et son sourire s'évanouit, fermant les yeux, pour laisser aller ses pleurs, lèvres tremblantes « T... Tantine est morte... » Elle agita tout doucement son visage, aimant ce contact, n'osant tellement pas aller plus loin et pourtant, elle voulait se coller à lui dans le but d'apaiser sa peine, de part son contact et sa chaleur « Des... Qantiks... Ils l'ont assassiné. » C'était difficile de parler, de lui avouer, de se l'avouer, de l'accepter... Mais il était là. Il était là, peut être pour peu de temps, peut être n'était-ce qu'une visite brève mais... Elle voulait rester avec lui. Qu'il ne l'abandonne pas, ne la laisse pas seule. Jamais.
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Prince de rien (Lukas R.)


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MessageSujet: Re: Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]   Dim 4 Oct - 22:18


Le serviteur qui avait ouvert la porte à Lukas le regarda d'un air surpris, avant de lui ouvrir et de le laisser entrer. Lukas le remercia et pénétra le hall de l'élégant manoir. Dans un grand miroir près de l'entrée, il aperçut la tête qu'il avait après avoir courut comme un dératé au travers des rues d'Anathorey. Il avait des épis, et ses vêtements avaient un peu souffert de son agitation. S'il put remettre en place le col de sa chemise et sa longue redingote noire, le majordome l'interrompit avant qu'il ne puisse replacer correctement ses cheveux. De quoi avait-il donc l'air, alors qu'il rendait visite à une demoiselle si chère à son cœur... Mais les paroles du majordome l'informèrent d'une situation autrement plus importante que son état capillaire. D'un air grave et concerné il l'informa de ce que sa jeune maîtresse se trouvait dans une situation de crise, et qu'elle ne pouvait le recevoir.
« Comment cela, une situation de crise ? » demanda Lukas d'une voix blanche. Il craignait que le pire ne lui soit arrivé.
Bien qu'il y sembla d'abord peu enclin, le majordome le laissa entrer dans le petit salon où se trouvait la jeune femme. Il le pria, avec toute la loyauté dont savait faire preuve un serviteur, de ne pas brusquer sa maîtresse, et de faire attention à elle. Lukas acquiesça, un regard sincère et déterminé adressé au majordome suffisant à démontrer qu'il y serait particulièrement vigilant. La porte du petit salon se referma derrière lui, et il se retrouva face à Bliss.

La jeune femme de ses pensées était assise dans un fauteuil, au fond de la pièce tamisée. Près de la fenêtre, elle brillait d'une pâleur affolante. Ses grands yeux clairs, d'ordinaire luisant de douceur et de joie de vivre, s'étaient teintés d'un voile sépia terne et triste. D'épaisses cernes parasitait son visage si fin que la peine incommensurable qui pesait sur ses frêles épaules avait amaigri. Elle tourna vers lui ce visage fatigué, renversé par un chagrin sourd. Mais malgré cela, elle était si jolie, si belle dans son élégante robe d'une couleur chaude, et rassurante, comme elle l'était elle-même lorsque tout allait bien. Mais à l'évidence ce jour-là quelque chose n'allait pas du tout. Lorsqu'elle se leva, toute tremblante, pour venir l'accueillir, il ne put s'empêcher de s'élancer vers elle, comme s'il craignait qu'elle ne s'effondre. Bliss semblait tenir debout grâce à des fils invisibles, les seules sources de ses dernières forces. Diable, qu'était-il arrivé pour que son aimée soit si diminuée ?

La triste Lady leva un visage pourtant attendri vers Lukas. D'une petite voix, comme perdue, comme si elle l'appelait pour chercher à l'atteindre, bien qu'il soit proche d'elle, la jeune femme prononça son prénom, à plusieurs reprises.
« Je suis là... » lui répondit-il, avec grande douceur.
Il la dévisageait avec une certaine stupeur, terriblement surpris de la trouver ainsi. S'était-elle faite agressée pendant une émeute ? Que lui était-il donc arrivé ? Mais la comtesse était visiblement trop choquée pour qu'il ne l'assaille immédiatement de toutes ces questions, qui taraudaient son cœur. Sa petite main de poupée se leva vers les épis qui parsemaient la tête négligée de Lukas. Ses doigts fins, ces si petits doigts de fée, vinrent discipliner jusqu'à la plus rebelle des mèches noires du jeune homme. Ce faisant Lukas plongeait son regard sombre dans les iris larmoyants de celle qui prenait soin de lui. Elle lui souriait, mais ses lèvres bien vite furent mouillées par ses larmes qui coulaient le long de ses joues comme des perles amères. A mesure qu'elles couraient sur sa peau claire, Luka sentait son cœur se serrer petit à petit. Il détestait la voir ainsi. Alors qu'elle avait saisit une de ses grandes mains, il passa doucement l'autre sur son visage, pour essuyer une larme du bout de ses doigts. Le flot ne s'interrompait pas, mais Lukas n'entendait pas cesser son geste. Il sécherait autant de fois qu'il le faudrait, car jamais il n'abandonnerait cette Lady. Bliss était un rayon de soleil chaleureux dans sa vie, un petit bout de femme qui donnait du sens à la pièce de théâtre dramatique qu'était son existence. Elle était un jour apparue dans sa vie comme une grande lumière, radieuse et belle comme une déesse, douce comme un ange... Elle était tout ce qu'il attendait, tout ce qu'il avait attendu pendant de longues années. Quelqu'un avec qui un seul regard permettait de tout se dire, quelqu'un avec qui il serait à l'aise, avec qui il n'aurait pas besoin de voiler les faiblesses qui parfois harcelaient son être. Cette jeune femme était une bénédiction, sa bénédiction, et il était près à lui offrir tout l'amour qu'il pourrait essorer de son cœur d'homme pour la rendre heureuse. Et il savait, à la manière qu'elle avait de l'observer elle aussi, qu'elle était prête à s'offrir à lui s'il lui demandait. S'il osait la demander, et quand il oserait le faire.


Les mots que Bliss prononça enfin glacèrent Lukas. Sa tante bien aimée était morte. Il y avait de cela quelques jours, des Qantiks l'avaient assassinée. Elle avait doucement posé sa joue contre la paume du jeune noble, qu'elle avait doucement caressé avant de faire cet aveu très dur, qui avait dû lui demander beaucoup de forces. Horrifié par la nouvelle, Lukas sentit les muscles de son visage se détendre, pour arborer une mine grave et affectée. C'était là donc la raison de toutes ces larmes, de ce chagrin crève-cœur qu'elle contenait dans son petit corps tremblant.
« Oh, Bliss... »
Lukas caressa avec tendresse et compassion le visage dévasté de la jeune femme. Puis, sans réfléchir à l'étiquette et n'écoutant que ce que le bon sens lui dictait de faire en pareille situation, il passa doucement ses bras autour des épaules de la jeune femme, et la serra précautionneusement contre lui. Il posa sur le crâne blond offert de l'éplorée un petit baiser réconfortant.
« Je suis désolé. Je suis vraiment désolé... » dit-il dans un souffle.
Lui qui avait connu l'horreur de la perte d'un proche, que l'on arrachait à la vie d'une manière injuste et brutale, savait combien Bliss devait avoir mal et froid à l'intérieur. C'était là l'image de cette guerre absurde : la violence et la rancœur des peuples s'était installée jusque chez les civils innocents, si bien que les femmes, les enfants, et les familles payaient pour des politiques racistes et haineuses. Cela n'était pas normal. Jamais un tel drame n'aurait dû arriver... Mais rien ne servait de dire toutes ces choses-là. Lukas savait qu'il devait être là, et montrer à la jeune femme, digne et fière comme toute Lady, qu'elle pouvait se reposer sur lui lorsqu'elle sentait ses forces l'abandonner. Il serait son aide, la main toujours tendue vers elle, qu'elle pourrait saisir et ne jamais lâcher si tel était son souhait.

Lukas garda Bliss de longs instants contre lui. Il sentait palpiter en lui le désir de la soulager de ses maux. L'étrange contact, doux et soyeux qu'elle lui offrait, le transportait jusqu'aux tréfonds de ses pensées les plus rêveuses. Il la désirait. Par dessus tout. Il la chérissait comme une idole à qui il avait voué corps et âme. Il voulait faire de cette jeune femme sa destinée. Sinon il n'aurait plus qu'à mourir.
« Bliss... Venez quelques temps vous reposer chez moi » osa-t-il après un long silence.
Ces mots auraient de quoi faire pâlir la police des bonnes mœurs de l'élite. Vivre sous le même toit, un homme et une femme, sans être mariés ? Malheureusement pour les traditions, Lukas se fichait éperdument de ce que l'on pourrait penser. Il baissa vers Bliss un regard déterminé et confiant, respirant le sérieux, sincère comme il ne l'avait jamais été.
« Je crains que si vous ne restez seule ici, vous ne finissiez par dépérir. Il vous faut changer d'air... Je suis prêt à vous accueillir sur mon domaine le temps que vous jugerez bon. Je suis tout aussi prêt à accueillir un de vos serviteur, ou toute autre personne dont vous auriez besoin ».
Il caressa sa joue encore une fois, dans un geste amoureux. Aussi amoureux que Lukas l'était de cette jeune Lady, si belle et si fragile.
« Permettez-moi de vous aider à traverser cette épreuve, Bliss... »
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bliss


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MessageSujet: Re: Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]   Dim 4 Oct - 23:27


Il était tout ce qu'elle désirait. Princesse dans ses bras, elle n'en attendait pas moins de ces frôlements, qui électrisaient presque son corps à chaque fois. Etait-ce un coup de foudre ? Le genre d'approche immédiate et pourtant très touchante ? ELle ne le savait pas. Bliss connaissait cet homme depuis des années, depuis son enfance, son adolescence, mais avec la mort de sa mère, la vie les avait éloigné. Puis voilà que, joueuse, avant la guerre, elle les avait rapproché pour les faire se rencontrer à nouveau, se redécouvrir. La comtesse avait donc rencontré Lukas à deux fois par le passé, passant un temps précieux à ses côtés. Assez pour lui montrer qui elle était, se présenter plus respectueusement, et parler comme deux personnes devaient le faire. Des pensées communes, des goûts presque similaires, des échanges d'idées. Leurs bavardages ne furent pas de simples connivences, mais bel et bien un intéressement mutuel. Et cet engouement avait la place à de l'impatience chez la jeune femme. L'envie de le revoir, de lui parler à nouveau, de marcher à ses côtés ou de partager une tasse de thé. Ils étaient fait de la même matière, ayant subit tous deux des maux trop douloureux pour être surmontés seul. Et pourtant, ils n'avaient pas le choix, et durent s'en contenter.
Mais heureusement, les deux êtres ne se construisaient pas autour de leurs malheurs, préférant regarder devant eux, l'avenir et les prochains mois.
Mais la guerre éclata, et chacun fut reclu de part et d'autres. Alors lorsqu'il entra dans cette pièce tamisée, à la fois éclairée et pourtant si froide, Bliss savait que c'était lui. Celui qu'elle attendait inlassablement, devant cette fenêtre. Celui que son coeur désirait plus que tout... Pleurer dans les bras de son père, elle n'y pensait même pas. La présence de ce reste de famille, n'était pour elle qu'une morsure venimeuse de serpent. Non... Elle préférait rester seule, sinon rester à ses côtés.

De ses grandes mains, il releva son petit visage de poupée, cherchant à la choyer, à l'aimer, et à l'apaiser. La douce ouvrit les yeux, calma doucement ses sanglots, se perdant dans le regard aussi touché qu'elle, de cet homme si bon. Et alors, lorsqu'il la prit contre lui, sans gêne aucune, Bliss profita égoïstement de cela, faisant attention de ne pas froisser ses beaux vêtements. Elle toucha son dos, posant sa tête contre son torse, entendant les battements de son coeur.
Elle entendait la vie, ce qu'elle chérissait, et après quelques secondes comme cela, petit à petit, ses gémissements cessèrent, sa voix se fit plus claire. Sans sortir de cette étreinte qu'elle trouvait chaude et sécurisée, elle murmura « J'espère... Ne pas salir votre chemise... » Bliss parlait pour se rassurer, pour se rassurer de sa présence, savoir qu'effectivement, il était bien là, comme il l'avait dit lui-même. Ce timbre de voix... Il lui avait tellement manqué. Tant de mois séparés l'un de l'autre, et pourtant...

Bliss savait que ces gestes n'étaient pas anodin. Seuls des êtres proches et consentant avaient le droit de se toucher de la sorte. Tous les gestes étaient forcément connotés et, pourtant Bliss ne s'offusquait d'aucun, tout aussi encline que lui dans cette toute nouvelle relation. La société Ünik était assez impartiale pour forger les relations, et de tels échanges n'étaient pas n'importe lesquels en vérité... La comtesse ne bougea pas, même lorsqu'il embrassa ses cheveux tirés, se laissant bercé par la situation. Elle sentait ses yeux sur elle, ses mains l'entourant, et une vague de bien être l'étreignit. Si fort, qu'elle cru s'endormir sur le champ, mais ses pensées la tinrent belle et bien éveillée.
Lukas lui proposa un séjour chez lui. La Comtesse, sans en être effrayée, leva la tête pour le regarder alors. Ses joues ne ruisselaient plus, étant sèches et légèrement rosies. Ses grands yeux turquoises l'interrogeaient, ne sachant que dire ou que faire. Tous deux savaient que c'était contraire aux règles. Pas plus d'un après-midi en compagnie d'un homme, en temps que femme, surtout si aucun des deux n'étaient pas mariés. Bliss avait l'habitude d'envoyer promener assez souvent ce genre de traditions ancestrales mais, étrangement, maintenant qu'elle était devant le fait accompli de quelqu'un de similaire, elle ne savait que répondre ! Eh bien... La jeune femme en deuil se voyait affublée de bien des tourments. Mais elle n'avait pas peur pour elle, évidemment, elle avait peur de la réaction de son père... Si celui-ci l'apprenait...

Le Duc la regarda avec une intensité qu'elle captura. La douce le connaissait, et depuis toujours il était quelqu'un de doux et de respectueux. Même son père n'avait alors pas à le craindre, elle en était certaine. Certaine qu'il ne lui dirait rien alors.
Et puis, que faire, puisqu'elle l'aimait...
Bliss s'adoucit alors, souriant, fermant légèrement les yeux sous cette bouche étirée et pleine de dents en parfaite santé « Lukas... Votre bonté me touche. Il est vrai que cette maison est bien vide. » Elle détourna un peu les yeux, timide « Sans vous... » Enlevant ses mains de son dos, elle se mit plus à l'aise en les posant délicatement sur ses bras finement musclés. Essayant de faire abstraction de ce détail, elle rajouta « Et je pense que mon majordome serait d'accord avec vous. Je l'avoue honteusement, je n'ai plus d'appétit depuis trois jours, et je n'en dors pas plus la nuit. Mes journées sont aussi fade que le gruau. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de mon coeur... Je dois me reconstruire, mais, pour le moment, je doute y arriver seule. » Elle leva alors les yeux et la tête vers lui, petite poupée dans ses grands bras, à l'intérieur de ses grandes mains « Et qui mieux que vous pouvez me proposer pareille aide ? Je... Je sais qu'il n'est pas l'heure des confidences, et pourtant j'ose vous l'avouer : j'ai autant pensé à vous qu'à ma... défunte tante, ces derniers jours. Peut être l'espoir que vous veniez me tirer de ma léthargie ? Je ne sais pas, mais ce que je vois, c'est que vous l'avez fait et je vous en remercie du fond du coeur, Lukas. » Ses yeux pleins d'eau étaient prêt à déverser un torrent mais elle retint le flux, voulant se montrer plus forte que cela, même à travers la mort d'un proche « Si votre Majordome peut faire le travail pour deux, alors j'aimerai autant que le mien reste ici. Si ce n'est pas possible, j'emmènerai donc Euclide. » Légèrement tourmentée, elle dit « Etes vous venu en voiture ou dois-je avancer la mienne... ? » Mettant une main devant sa bouche elle dit « Pardonnez-moi, je ne voulais pas me faire si pressante. » Bien qu'elle avait envie de quitter ce cocon noir, elle avait aussi autant envie de paraitre et de rester distinguée aux yeux du Duc. L'élégance à toute épreuve...

Lorsqu'elle levait les yeux vers lui, et malgré cette tristesse difficilement contenue, c'était avec gourmandise qu'elle le regardait. Comme une femme pouvait être éprise et gourmande d'un homme. Sans arrières-pensées malsaines, juste avec ses lubies de jeune fille, elle voyait en lui l'homme par excellence. Plus âgé, sage, clairvoyant, beau et tout aussi raffiné qu'elle. Un idéal, un modèle de mari qu'aucun ne pouvait égaler. Bliss le touchait, en cet instant. Vierge de tout homme, elle se laissait intimidé par tout ce qu'elle pouvait frôler des doigts ou des yeux chez lui. Pourtant, ici, le chagrin étant omniprésent, c'était sans y penser qu'elle l'avait vu presque accourir vers elle, la prendre contre lui, et baiser ce front de porcelaine.
Alors oui, elle était heureuse de pouvoir partager sa vie, même si ce n'est qu'en temps qu'invité meurtrie, amie en deuil...

« L'enterrement est après demain. M'accompagneriez-vous, mon ami ? » Et ces mots lui coutaient tellement...

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Prince de rien (Lukas R.)


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MessageSujet: Re: Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]   Dim 25 Oct - 16:41


Le regard clair que la délicate Lady lançait au jeune Duc était déstabilisant. De taille, elle était bien plus petite que lui, et pourtant face à elle il se sentait minuscule. Lui n'était qu'une homme seul, serti d'ombre et vêtu de noir, tandis qu'elle, était claire et brillante comme un astre dans la nuit sombre, un point de repère, et une lumière d'espoir. Il la voyait si belle, si blanche et lumineuse comme un ange vivant au dessus du monde, si bien qu'il réalisait n'être qu'un Ünik, un petit être qui vivait le regard tourné vers l'avenir depuis qu'il l'avait retrouvée. Quand il l'avait revue il avait réalisé qu'il avait presque oublié cette petite lady si douce, qu'il avait connu il y avait des années. La mort entre-temps s'était emparée de ceux qu'il aimait. Ainsi Lukas s'était retrouvé seul, et n'avait cessé de ruminer ses souvenirs, son amertume, et sa tristesse à l'acide saveur de la culpabilité. Mais un jour, elle était revenue dans sa vie sans crier gare. Tout lui avait alors semblé plus doux, plus facile à vivre. L'amour naissant en lui avait fait de Lukas un homme nouveau. Cette jeune femme avait su rendre ses couleurs à la photographie noire et triste de sa vie.

D'une voix douce et l'air humble, Bliss remercia Lukas pour son offre et avoua en rosissant un peu que sa demeure lui semblait bien vide sans lui. Mais puisqu'elle avait perdu l'appétit et le sommeil, elle accepta sagement la proposition. Persévérer dans la solitude l'aurait de toute manière conduite à la perte de sa santé et ce n'était pas quelque chose que Lukas entendait laisser faire. La jeune femme, qui le dévisageait d'un regard pénétrant, avoua également qu'il avait occupé ses pensées autant que sa pauvre tante défunte. Le Duc secoua légèrement la tête, très touché par cet aveu mais également attristé.
« Pourquoi ne m'avez-vous pas appelé plus avant, Bliss ? Vous savez fort bien que je ne suis jamais trop occupé pour vous... »
Le choc d'une perte familiale, les règles de bienséance et la pudeur d'une Lady l'avaient sans doute empêchée de lancer un appel au secours. Mais Lukas voulait démontrer à Bliss qu'il était pour elle le plus fidèle des amis, ainsi que le plus noble des prétendants. Elle viendrait donc séjourner chez lui quelques temps, pour que son cœur et son esprit se remettent peu à peu de leurs blessures. Lukas savait que Murray et les autres domestiques étaient tout à fait prompts à s'occuper d'une personne supplémentaire sans que leur rythme de travail n'en soit perturbé.

La toute jeune Lady s'enquit de savoir s'il faudrait qu'elle fasse avancer une de ses voitures, ou bien si Lukas avait déjà pris les dispositions nécessaires pour leur transport. Il sentit son estomac se serré à peine avait-elle fini de prononcer ces mots... Comment lui dire qu'il était venu en courant depuis les remparts Sud d'Anathorey ? Il passerait sans nul doute pour un parfait imbécile. Sans la lâcher du regard, et la tenant toujours dans ses bras, Lukas tâcha de réfléchir à un moyen de retomber sur ses pattes sans paraître en situation d'inconfort. Lui qui était prévoyant d'ordinaire avait fait cette proposition spontanée dans la hâte, en dépit de toute organisation. Preuve était faite que la jeune femme lui faisait perdre l'esprit. A peine eut-il ouvert la bouche pour demander à envoyer un faucon dans son domaine qu'un valet entra dans la pièce où les deux nobles conversaient.
« Monsieur le Duc, votre majordome m'a chargé de vous dire qu'il vous attend dehors le temps que durera votre entrevue.
- Je vous remercie » répondit Lukas avec aplomb, comme si tout était parfaitement normal.
Il jeta un coup d’œil rapide à la fenêtre, et vit en effet une voiture attelée de Kokobots qui les attendait dehors, Murray ayant prit la place du cocher. Lukas ne put s'empêcher de sourire d'un air satisfait. Cet homme était un drôle d'oiseau. Il n'avait aucune idée de la manière dont le majordome s'y était pris pour le retrouver, mais l'ancien tueur à gages qu'il était avait sans doute encore une fois mis ses compétences au service du noble, ce qui n'était pas pour lui déplaire. « C'est le minimum que puisse faire le majordome du Duc de Rainforth... » aurait certainement dit Murray, s'il avait entendu les pensées de son maître. Voilà en tout cas qui permettait à Lukas de ne pas paraître idiot devant la femme qu'il aimait.

Quand le serviteur venu l'informer se retira du petit salon et laissa les deux nobles dans l'intimité de leur affection, le jeune homme adressa un sourire chaleureux à la jeune femme.
« Nous prendrons donc la voiture qui nous attend dehors. Il est inutile de déranger votre personnel pour le voyage. A partir de maintenant, vous êtes sous ma responsabilité et j'entends bien subvenir au moindre de vos besoins, ma chère ».
Soudainement plus audacieux, il caressa délicatement de quelques doigts sa joue pâle et douce, et descendit jusque sur son petit menton, effleurant à peine le coin de ses lèvres ce faisant. Ces lèvres vierges de toute empreinte amoureuse qu'il rêvait d'un jour pouvoir mordre d'un baiser, en clamant haut et fort que Lady Abberline était devenue Duchesse de Rainforth.
« Et je vous en prie, ne me remerciez pas. Je ne supporte pas l'idée que vous souffriez, et j'ai de la peine à vous voir si triste. Permettez-moi de vous apporter mon aide, Bliss... »
Sa main quitta son visage tandis qu'il posait sur elle un regard doux et aimant.
« Je vous accompagnerai aux funérailles si tel est votre souhait. Ce n'est pas une cérémonie heureuse, et si je puis être un réconfort pour vous, je serai honoré d'être à vos côtés. »

Derrière la porte, on entendait des domestiques marcher rapidement d'une pièce à l'autre. S'agitaient-ils en vue du départ de leur maîtresse ?
« Avez-vous besoin d'un peu de temps pour rassembler quelques affaires ? Je ne suis pas pressé ma jeune amie, cependant je me tiens à votre disposition pour que nous partions à l'heure qui vous sierra le mieux. »
Murray était un homme patient, tout comme l'était Lukas. Bien qu'il brûlait de pouvoir panser les plaies du cœur de sa bien aimée.
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Dans l'écrin des Banlieues [Event III - Pv Bliss A.]

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