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Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]

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Speed Racer (Néo Collins)


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MessageSujet: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Dim 4 Oct - 21:08

L'ambiance au Démineur battait son plein. Depuis le début de la famine qui causa la guerre, la taverne avait dû fermé. Il n'y avait à l'époque plus rien à manger si ce n'était des quignons de pain rassis ou des tubercules sèches. L'eau potable s'était faite tellement rare que l'on en venait à récuperer les eaux usées, et en les filtrant tant bien que mal, on parvenait à faire des réserves. Mais avec la fin de la guerre qui venait d'être prononcée et les donations de vivres offertes par les nobles d'Anathorey, la petite gargote avait pu reprendre du service. Dès que les portes furent de nouveau ouverte, les clients arrivèrent nombreux. Beaucoup de Dockers appréciaient l'endroit, pour la qualité du service et la gentillesse du personnel.
Personnel qui était très loin de chômer ce jour-là. Janyse, serveuse dans l'établissement, avait été obligée d'appeler au secours sa mère, Betty, ainsi que sa jeune sœur Lucya. Les trois femmes se démenaient pour que les clients puissent commander en de bonnes conditions et puissent manger un peu dans les meilleurs délais. Elles couraient partout, suaient, criaient les commandes dans les cuisines, allaient servir, lavaient, rangeaient, recommençait... Il y avait longtemps qu'elles n'avaient travailler comme cela ! Lorsque sonna l'heure du service de l'après-midi et que la taverne se vida un peu, elles purent enfin s'asseoir sur une chaise, et souffler un peu. La sueur perlait sur leurs fronts, mais elles avaient le sourire : enfin, enfin le travail reprenait ! Lucya leur apporta un très grand verre d'eau – presque propre – qu'elles burent d'une traite. Peu de temps après cette tempête de travail, Neo arriva en compagnie de Tobias et de Lysa.
« Salut tout l'monde ! » lança Neo, avec entrain. Lui et Tobias avaient repris le travail, tout comme Lysa, ce qui faisait qu'eux aussi étaient de bonne humeur. Janyce les accueilli avec son habituel sourire radieux, et s'en alla derrière le bar pour préparer une éventuelle commande.

« Vous arrivez après les principales hostilités les enfants, leur dit gentiment Betty.
- Désolé Madame Collins, mais on avait du boulot nous aussi il faut dire ! lui répondit gaiement Tobias.
- Je suis ravie de te voir en si bonne forme, mon petit Toby. Comment va ta jambe ? »
Le petit blond de mécanicien tâta son membre inférieur, qui avait été brisé lors de la bataille qui avait opposé les armées d'Anathorey aux Hybrids, à Nemoto.
« Elle est complètement guérie ! Tout comme le bras de notre p'tit Neo ! » Ce disant, Tobias tapa dans le dos de son ami d'enfance. Betty jeta un regard attendri à son fils, fort soulagée de le voir recouvrer la forme. Lui, il rougit un peu d'être traité comme un enfant, et s'en alla s'asseoir devant le bar, face à Janyce, comme à son habitude. Lysa vint s'asseoir à ses côtés.
« Vous avez l'air bien fatigués, tous les deux... dit Janyce d'une voix douce.
- Le vieux Walker y va pas d'main morte avec la reprise, répondit Neo. 'Jamais eu autant de taf dans le hangar. A cause des convois et des donations, faut réviser les Vanships.
- D'ailleurs les navettes entre Anathorey et Nordkia sont nombreuses. Ce matin j'ai dû faire le trajet une bonne quizaine de fois. C'est harassant ! »
soupira Lysa. La jeune pilote qu'elle était avait du donner beaucoup d'énergie pour remplir ses missions, d'autant plus que l'escadron des Vanship de Nordkia comptait de nombreux blessés de guerre dans ses rangs. La charge de travail en plus était répartie, mais elle n'en était pas moins très lourde.
« En tout cas, si on peut être crevé de nos boulots aujourd'hui, c'est parce qu'on a bien mouché les crétins du gouvernement qui sont v'nus l'autre jour ! A Nordkia, les amis !! » lança Tobias, en brandissant un verre de cette eau si rare. Tous l'imitèrent et burent, heureux de pouvoir respirer après la fin de la guerre. Ils partagèrent ensuite un repas bien mérité.

Au moment de débarrasser, l'on entendit soudain beaucoup de bruit en dehors de la taverne. Betty et Janyce allèrent voir ce qu'il se passait. Tous les Dockers étaient descendus dans la rue, et cela fourmillait sur les parois de la Cité jusqu'aux Docks. Les gens hurlaient leur joie, on scandait des slogans politiques tels que « à bat le Conseil ! » ou « Nordkia libre, hourra ! ». Le reste de la troupe sortit à son tour, et tous restèrent interloqués devant ce spectacle. Que se passait-il donc ici, soudainement ?
« Là-haut ! dit Lucya, en pointant du doigts les Docks. Des Vanships de retour d'Anathorey. Ils ont peut-être rapporté une bonne nouvelle... ».

Soudain, Neo sentit une main se poser sur son épaule. Lorsqu'il se retourna pour voir qui l'interpellait, il ne put s'empêcher de pousser un exclamation de surprise.
« Euphy ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
La plus âgée de ses sœurs lui adressa un sourire timide derrière ses lunettes rondes. Elle était vêtue de son uniforme de bonne : une petite robe noire, un tablier blanc et une coiffe de la même couleur. Ses cheveux, aussi rouges que l'étaient ceux de sa fratrie, étaient noués en une sage natte champêtre. Lorsqu'elle vit sa fille, Betty lui sauta dans les bras, et tous l'accueillirent avec grande joie, particulièrement les filles Collins. Cela faisait des mois que leur sœur n'était pas revenue à Nordkia. Euphy semblait pourtant un peu triste. Elle fit rentrer tout le monde dans la taverne, et prit la parole devant l'étonnement général.
« Ecoutez-moi...  Je vais vous expliquer pourquoi tout le monde semble si heureux dehors. Ce matin à Anathorey, nous avons appris... nous avons appris que la princesse Ulhtia est morte. Elle se serait suicidée hier soir, dans sa chambre... On l'a découverte ce matin. C'est ce que disent les journaux, en tout cas ».
Adossée contre la porte de la taverne, Euphy baissait les yeux. Devant elle se tenait sa famille, silencieuse. Dehors, on entendait tambouriner le brouhaha de la foule, en proie à de très vives réactions. Tous étaient bouche bée, gelés dans le silence, étonnés comme jamais ils ne l'avaient été. Après ces minutes d'inertie, Lucya vint se blottir dans les bras de sa mère, qui lui avait tendu la main tendrement.
« Elle s'est donc suicidée... Celle qui nous a prit papa est morte. » souffla Betty, en serrant fort dans ses bras sa petite fille silencieuse. A son tour, Janyce s'approcha d'Euphy, et posa une main reconnaissante sur son épaule. Toutes deux avaient l'air terriblement soulagé. La femme qui leur avait prit leur père et qui faisait souffrir Nordkia depuis de si longues années était morte. Plus jamais elle ne ferait de mal à qui que ce soit. Tobias se joignit à elles, lorsqu'elles commencèrent à discuter de l'avenir de la Cité. Lysa quant à elle, osa un regard vers Neo. Il s'était retourné, pour que personne ne voie son visage. Les bras ballants le long du corps, il ne disait rien. Il ouvrait un regard vide et interloqué. Il était sombre comme une tombe. Alors que tout le monde autour de lui recommençait à discuter gaiement, lui, ne disait absolument rien.

Vers le milieu de l'après-midi, Lysa et Euphy décidèrent de retourner à Anathorey pour aider à charrier les convois de vivre dans les Vanships qui partiraient en direction des Docks. Elles demandèrent à Neo et Tobias de venir, pour leur prêter la force de leurs petits bras musclés. Si Tobias accepta avec entrain, Neo se contenta de suivre le mouvement sans rien dire. Taciturne. Personne ne l'avait jamais vu ainsi. Mais il fallait se mettre au travail. Ils grimpèrent dans le Vanship de Lysa, et tous partirent jusqu'à Anathorey.
Sur place, ils se dirigèrent vers les portes d'entrée Nord de la Cité, où se trouvaient présents nombreux Dockers et domestiques qui organisaient les transferts de provisions, de vêtements, et d'eau. Tobias, Lysa et Euphy se mirent immédiatement au travail, et chargèrent à leur tour les Vanships. Au bout d'une heure, Tobias lança soudain un peu paniqué :
« Les filles, vous savez pas où est passé Neo ?! »
L'intéressé avait disparu. Pas moyen de repérer sa tignasse rouge parmi la foule ! Euphy baissa un regard bienveillant vers Lysa, qui soupira, en arguant que leur frère ne grandirait décidément jamais.

Neo était parti d'un pas laconique vers un endroit où il se saurait seul. Il était déjà venu plusieurs fois à la capitale, et la demoiselle Keegan lui avait montré ses petits endroits secrets, où tout était calme. Au sommet du toit sur lequel il avait un jour passé un bout de soirée avec elle, il laissait pendouiller ses jambes dans le vide, le regard baissé vers le bas. Il entendait la rumeur de la foule qui s'agitait au pied de l'immeuble. Depuis cette hauteur, les gens ressemblaient à de vrais insectes. C'était comme ça qu'elle voyait les gens, cette brave Princesse... Et dire qu'elle était clamecée... Ça lui donnait envie de vomir.
Neo s'assit en tailleur, sur le rebord de l'immeuble, toujours aussi près du vide, et demeura prostré ainsi. En silence. Il avait l'impression qu'un poids énorme s'était abattu sur son cœur. Qu'importe qu'elle soit morte, cette ordure... Cela ne lui ramènerait pas son père.
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MessageSujet: Re: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Mar 6 Oct - 15:51

« Salut M’man, bien dormi ?
- Oui très bien, et toi ? Chaussette n’a pas trop chahuté ?
- Nooooon, tu sais très bien que cette petite renatsu est adorable, même toi tu as craqué j’en suis sûre ! »

Daniella grimaça avant de tendre une tasse à sa fille. Les deux Keegan prenaient souvent leur petit déjeuner ensemble, c’était au final l’un des seuls repas qu’elles prenaient ensemble, Olivia étant souvent en balade à l’heure des autres repas. C’était donc un matin comme les autres pour elles, Daniella buvait un café noir en décortiquant un muffin aux fruits rouges préparés le matin même. Olivia préparait son thé tranquillement, elle avait encore l’air endormie. Elle avait l’air d’une enfant dans son pyjama mauve, une image qui faisait toujours rire sa mère qui ne manquait pas de lui faire la remarque, après tout, elle serait toujours sa petite fille. Une fois le thé prêt, la brunette prit également un muffin mais au chocolat, elle commença à le grignoter tranquillement avant qu’on ne leur apporte le journal. Max était l’un des seuls domestiques de la maison, plus parce qu’il était un ancien ami de son père, il avait toujours été au service des Keegan en fait. Mais sa seule tâche de la journée consistait à aller acheter le journal pour le ramener à Daniella qui le feuilletait tous les matins à la même heure. Mais ce matin-là, Max affichait une drôle de mine en déposant ce qu’Olivia qualifiait de torchon élitiste sur la table. Olivia lança au vieil homme une remarque alors que sa mère attrapait le journal pour commencer sa lecture.

« Eh bah … t’en fais une drôle de tête Max, quelqu’un est mort ?
- Nom de … Impossible ! »

Olivia sursauta alors que sa mère renversait sa tasse de café en abattant le journal sur la table. Il devait y avoir une sacrée grosse nouvelle dans cette feuille de choux. Daniella pesta en ramassant la tasse et en épongeant, la brunette en profita pour attraper le journal. Son regard se figea sur la une, un gros titre, un seul et une photo. Un visage que tous connaissaient, malheureusement, et une nouvelle qui si elle était « bonne » pour certains, ne faisaient que soulevait plus de doute.

« Sérieusement ? La princesse est … morte … »

La jeune élite n’avait jamais portée la défunte dans son cœur, loin de là, elle se montrait à peine polie et respectueuse à l’égard des Princes. Mais cette nouvelle était on ne peut plus choquante, que se passerait-il maintenant ? Que deviendrait le triumvirat qui dirigeait le monde des üniks maintenant qu’une tête était tombée ? Elle avait mis fin à ses jours ? Olivia ne pouvait pas y croire, elle était trop fière pour partir ainsi, quelque chose clochait, c’était sûr. Ou alors, c’était son esprit fouineur qui voulait encore voir un complot là où il n’y avait que la déchéance d’une princesse et son désespoir. Le petit déjeuner se termina dans le silence, chacune réfléchissant silencieusement aux conséquences de cette nouvelle. Il était pas loin de dix heures lorsqu’Olivia regagna sa chambre pour s’habiller, d’un air distrait, elle gratta la tête de Chaussette qui resta là, assise sur le lit de l’élite quand celle-ci quitta la maison familiale. Curieuse, la brunette marcha une bonne partie de la journée, écoutant à droite à gauche les diverses réactions des gens. Des scènes de liesse contenue par endroit, des larmes feintes ou non ailleurs, allez savoir ce qui était vrai et ce qui était faux dans tout ceci. Elle croisa notamment Cécile, son amie avec qui elle avait découvert l’horreur de la guerre. Cécile semblait attristée par le sort d’Ulhtia, même si elle lui reconnaissait de nombreux torts. La princesse avait décidé d’en finir et cela suffisait à rendre la blondinette plus douce à son égard, car après tout, l’amour de ses frères n’avait pas suffi à lui faire oublier la situation politique troublée de leur royaume. Les deux jeunes femmes restèrent un long moment à discuter avant qu’Olivia ne réalise que la journée était déjà bien avancée, elle n’avait rien mangé à midi et son estomac se rappelait à elle. Elle se décidait à rentrer chez elle, s’arrêtant prendre un sac de bonbons en chemin, mais son regard perçut quelque chose de peu commun. Tout en haut d’un bâtiment, sur SON toit, Olivia remarqua une silhouette. Qui pouvait bien se trouver là-haut ? Personne d’autre ne connaissait ce coin … Personne sauf la seule personne à qui elle l’avait montré. Elle ne pouvait pas penser une seule seconde qu’il soit là mais Olivia grimpa quand même rapidement les étages jusqu’à se trouver sur le toit. Il était pourtant bien là, que faisait Neo assis l’air mélancolique sur son toit ? Doucement, la brunette s’approcha pour lui tendre le paquet de bonbons.

« Un aliment inutile pour fêter ça ? Je ne pensais pas que tu te souviendrais de cet endroit, je pensais encore moins t’y trouver … Que faites-vous là monsieur Collins ? »

Lui adressant un sourire, Olivia vint s’asseoir à côté de lui sur le toit, laissant un court silence s’installer avant de reprendre.

« J’ai du mal à croire à la nouvelle … Que va-t-il se passer maintenant … »
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MessageSujet: Re: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Ven 9 Oct - 22:51

Neo l'échine courbée laissait tomber son regard dans le vide qui s'étendait devant lui. Il se sentait lourd et inerte, enraciné farouchement dans la pierre de la terrasse où il s'était assis. Mais il savait que s'il se laissait tomber en avant, sa vie volerait en éclat, comme celle de la Princesse ce matin. Un vent chaud et humide chargé de touffeur fit remonter de vieux souvenirs à son esprit. La maison il y avait des années, quand elle était bien plus vivante, ses sœurs qui couraient partout et ses parents qui s'aimaient. Il put presque la sentir, la grosse main bossue de son père qui se posait gentiment sur son crâne de môme. Tout le monde disait de son père qu'il était un homme bien, un chic type même, un peu rustre mais suffisamment nuancé pour avoir plu à la timide femme qu'était sa mère. Ça faisait des années qu'il était parti...
Oui, douze bonnes années. Et il avait atrocement souffert les quelques jours qui ont précédés sa mort, à cause de cette eau dégueulasse et pourrie qu'Anathorey avait distribué sur les Docks, un jour où les contrôles avaient mal été assurés. Pas que l'eau qui normalement parvenait à Nordkia soit bonne, mais ce jour-là, c'était pas de l'eau qu'on leur avait donné. C'était du poison, de la mort en soupe, qui a pourri les entrailles de ceux qui l'avaient bue, petit à petit, doucement. Tout doucement, comme un serpent se resserre peu à peu autour de sa proie avant d'extraire de la gorge de sa victime tout dernier souffle de vie. C'était ce qui était arrivé à Diego Collins. Il était mort jeune, et comme un chien. A cause d'une décision d'une Princesse capricieuse qui faisait mal son boulot. On les comptait plus, toutes ces familles qui avaient perdu un proche dans l'incident des eaux de Nolmë.

Parfois quand le sommeil lui manquait, Neo se demandait quelle serait sa relation avec son père s'il était toujours vivant. Est-ce qu'ils bosseraient ensemble ? Est-ce qu'ils seraient aussi proches qu'ils l'étaient autrefois, quand il était tout gamin et qu'il suivait partout son modèle avec admiration ? Il aurait sans doute envisagé la vie différemment... Il aurait sans doute pas fait le con avec toutes ces filles, il aurait été quelqu'un de plus mature, de plus responsable. Peut-être quelqu'un de plus épanoui aussi.
Accoudé sur ses genoux, Neo plongea sa tête dans ses mains. Ça ne servait à rien de penser à tout ça maintenant. Son père était mort, et il ne le reverrait plus jamais, il ne l'entendrait plus jamais ni ne lui parlerait un jour. C'était fini tout ça, alors à quoi bon conjecturer la vie en imaginant des choses inutiles, qui plus est qui le faisaient souffrir ? C'était au tour de cette Ulhtia d'être morte. Suicide ou pas, finalement le Docker s'en moquait bien. Tout ce qu'il voyait dans les titres des journaux, ce n'était pas une mort tragique, mais une fuite. Elle avait glissé entre les doigts de son destin, elle avait réussi à s'échapper de ce monde tordu, elle s'était faufilée comme une anguille et quelque part, ça le mettait en colère. Un goût amer lui colla au palais comme l'ombre de son père se glissait e encore toujours dans ses pas depuis ces si longues années. La rancœur mêlée à la tristesse valsaient dans sa tête, oisives et moqueuses, alors qu'il tentait de garder les pieds sur terre.

Mais parfois, des petites lumières venaient éclairer ce quotidien difficile. Oui. Des petites lumières, toutes petites, comme la flamme d'une bougie rassurante dans le noir, qui réchauffe quand on s'approche d'elle. Ces moments-là faisaient chaud au cœur. Et malgré sa morosité, ce jour-là, quand Olivia Keegan se retrouva par hasard à ses côtés sur le toit de cet immeuble qu'elle lui avait montré, Neo se sentit réchauffé. Un petit peu, un tout petit peu.
Quand elle s'approcha de lui pour le saluer, le jeune homme se redressa un peu. Mais son regard gris ne quittait pas le toit des immeubles qui peuplaient le paysage urbain devant eux.
« Oli... » dit-il à voix basse, en guise de salut.
Elle lui tendit un paquet de bonbons, ces drôles d'aliments qui ne nourrissaient pas mais qu'on grignotait pour le fun. Il hocha simplement la tête en guise de refus. Ces petites billes de couleur acidulées ne lui faisaient pas envie. Il n'était pas d'humeur à ça.

Olivia ne cacha pas sa surprise de trouver son ami en ces lieux, et curieuse comme à son habitude, elle lui demanda ce qu'il était venu faire ici. Bien qu'il eut de la compagnie, Neo ne fit pas l'effort de paraître un peu plus gracieux. Il se gratta la nuque dans un geste un peu mou :
« J'avais envie... je sais pas. De me poser dans un endroit calme, un peu loin de tout » répondit-il tout aussi laconiquement. Mais ce qu'il avait dit n'était que mensonge. S'il avait voulu être au calme, s'il avait vraiment désiré s'isoler dans un lieu éloigné de tout pour ne croiser personne, il aurait pris sa Skooth comme à chaque fois, et aurait roulé jusqu'à plus soif dans le désert. Puis il se serait jeté dans la poussière, face contre ciel pour perdre son regard dans l'univers, jusqu'à ce qu’apparaissent les premières étoiles.
Non. S'il était venu ici, et Neo le savait, c'est parce que quelque part il avait espéré voir Olivia. Il avait dû recherché sa présence sans vouloir l'admettre. Comme d'habitude il se voilait la face et préférait fermer les yeux sur ce que pourtant il devrait chérir comme un trésor fragile et éphémère.

La jeune fille s'assit à côté de lui sur le rebord abrupt de la terrasse tout proche du vide. Ni l'un ni l'autre ne parlèrent pendant un moment. Ils n'échangèrent pas un regard non plus. Pourtant il semblait à Neo qu'aucun d'eux ne ressentait le moindre malaise par rapport à cela. Eux qui ne venaient pas du même monde avaient fini par assouplir les liens des traditions qui les enchaînaient respectivement à leurs lieux de naissance. Il n'y avait plus de bourgeoise d'Anathorey ni de Docker de Nordkia. Il ne restait qu'Olivia, et Neo.
Pensive, c'est elle qui finit par briser leur mutisme. Elle disait avoir du mal à réaliser cette histoire de suicide et s'interrogeait sur l'avenir. Neo siffla entre ses dents. A l'entendre on aurait pu le croire amusé, mais à vrai dire, il était particulièrement amer.
« Franchement... Y va rien s'passer. On va tous rester comme des cons à attendre que nos destins prennent un tournant particulier, mais rien ne va arriver. Anathorey restera Anathorey, et Nordkia restera Nordkia. »

Neo leva les yeux vers le ciel. Il faisait très beau. C'était agaçant une si belle journée, qui tombait pile à cette date. Ce soleil qui brillait toujours, pourquoi luisait-il de ses mille feux sans jamais se lasser ? A croire que quelque part là-haut, quelqu'un se payait la tête des petits habitants d'Urban City.
« Tu sais... cette idée que rien ne changera, ça m'énerve. Elle s'en tire bien, la princesse, maintenant qu'elle est morte. Jamais elle payera pour tout le mal qu'elle a fait à Nordkia. C'est à cause d'elle qu'autant de gens ont une vie dégueulasse, et jamais ils pourront lui demander des comptes. Elle a trouvé le moyen de se défiler. La belle affaire... »
Jamais Ulhtia n'aurait à répondre de ses mauvais choix de régence qui avaient mené Nordkia dans la misère. Jamais elle ne ferait d'excuses pour tous les gens qu'elle avait tué, indirectement, par ses décisions irresponsables et capricieuses. Jamais justice ne serait faite aux Dockers. Le pire étant que rien ne leur garantissait qu'avec la mort de cette ordure leur vie serait plus douce. Neo ne comprenait pas pourquoi tous ces abrutis avaient crié leur joie à Nordkia. Faust et Tarion n'étaient pas réputés pour être tendres non plus. De plus, chacun d'eux administrait déjà un tiers du peuple Ünik. Maintenant que le tiers Nordkia se retrouvait sans maître, les deux Princes allaient peut être l'abandonné, le laisser de côté pour de plus nobles préoccupations que gérer la vie d'une bande de péquenauds prolétaires. Ou pire, ils abandonneraient totalement la cité ouvrière. C'était à faire peur.

« Tobias n'a plus sa mère » poursuivi Neo. « Elle est morte y a quatre ans suite à une longue maladie. Et si la Princesse avait autorisé le transfert de certains médicaments vers Nordkia, elle aurait pu guérir. J't'apprendrai rien si je te dis que ça s'est pas passé comme ça ».
Évidemment les traitements même les plus rudimentaires ne parvenaient pas à la cité du désert. Et malheureusement les médecins n'avaient rien pu faire pour aider la pauvre maman.
« Moi aussi. Mon père, il... » Neo se tut, sentant sa voix se serra dans sa gorge tout comme son poing tremblant posé sur la pierre. Il serra jusqu'à ce que les jointures de ses doigts soient blanches, jusqu'à ce qu'il ne sente plus sa main dont il avait chassé tout le sang. Neo était désinhibé de colère. D'une colère qui n'était que le masque peu mystérieux d'une tristesse immense qu'il commençait à ne plus contrôler.

Mais non, il ne pleurerait pas.
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MessageSujet: Re: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Jeu 15 Oct - 20:31

Il avait l’air perdu dans ses pensées, des pensées moroses ou douloureuses. C’était plutôt rare de voir Neo comme cela, lui qui d’ordinaire était souriant, détendu. Etait-ce une conséquence de la nouvelle du jour ? Pourquoi la mort de la princesse aurait-elle eu cet effet sur lui ? Voilà ce qu’Olivia se demanda lorsqu’elle s’installa à côté de lui sur le rebord de ce toit, contemplant le vide et l’agitation de la capitale. Elle lui avait demandé ce qu’il faisait là, car c’était cette question qui l’interrogeait le plus. Pourquoi n’était-il pas à Nordkia en train de fêter cela avec les autres dockers ? D’un air las, le docker répondit simplement qu’il avait envie de calme, en d’autres termes les scènes de liesse qui devaient animer Nordkia n’étaient pas à son goût. Lorsque vint la question de la suite, Olivia sentit un peu plus cette lassitude, à moins que ce ne soit autre chose. La nouvelle de la mort de la princesse ne changerait rien pour Neo, pour lui ils resteraient tous les mêmes, dans les mêmes carcans, et finalement lui qui avait été si silencieux se laissa aller à parler.

Fixant les toits de la ville, Olivia se contenta de l’écouter, ne l’interrompant à aucun moment. Ce qui lui pesait donc tant, c’était que la princesse ne recevrait jamais la justice qu’elle aurait mérité pour tout le mal qu’elle avait causé. Jamais plus elle ne serait inquiétée pour toutes ces familles qu’elle avait détruites par ses choix. Le regard  ambré de la brunette se fit plus douloureux lorsque Neo évoqua le cas particulier de Tobias et finalement son cas à lui. Ses iris brillants se posèrent sur le docker, elle pouvait voir qu’il se contenait  et instinctivement, sa main vint se poser sur celle de Neo.

« Je … Je n’avais pas pensé à tout ceci de cette façon mais … C’est une forme de justice, même si elle s’est défilé comme tu le dis. Elle ne causera plus de tort, ni à Nordkia ni à Anathorey. Et puis … Les choses peuvent changer, en bien comme en mal mais tout peut toujours changer. Regardes … Est-ce que tu aurais pensé te trouver là aujourd’hui un an en arrière ? »

La brunette retira sa main, détournant le regard un instant. Elle craignait de ne pas trouver les mots pour sortir Neo de son humeur morose. Elle pouvait comprendre ce qu’il ressentait pourtant, ce vide qui devait lui laisser la mort de la princesse. Quand elle avait appris par hasard que la mort de son père n’était peut-être pas vraiment la faute d’un docker récalcitrant, Olivia s’était mise à rechercher encore plus la raison de sa mort, cela faisait partie d’elle. Et elle avait toujours cela pour elle, mais Neo n’avait plus personne à détester ou à blâmer pour la mort de son père. Plus personne ne pourrait subir le joug de la justice pour les morts engendrées par la politique d’Ulhtia. Il était également possible qu’elle se trompe complètement, mais quoiqu’il en soit, la brunette voulait aider le rouquin à sourire. Elle saisit sa main et entremêla ses doigts fins à ceux du docker avant de sourire d’un air doux.

« Tu … Tu préférais peut-être resté seul pour réfléchir et maudire la défunte, mais tu sais combien je suis bornée parfois. Alors au moins … laisse-moi rester avec toi pour pester. Les réactions des bourgeois et des nobles sont mitigées, je ne sais pas exactement ce qu’il en est sur les docks mais ici … Certains craignent pour la suite des événements, les deux autres sont pas forcément des tendres, certains ont peur de devoir aider Nordkia maintenant qu’elle n’est plus là … Tout le monde réagit à sa façon je suppose *marquant un légère pause avant de reprendre à voix plus basse* Faust et Tarion sont aussi responsables qu’elle dans toutes ces morts … Peut-être qu’ils rencontreront cette justice, eux. »

Olivia laissa un nouveau silence s'installait, un silence qui n'avait rien de particulièrement pesant. Lorsqu'elle restait silencieuse avec sa mère, c'était mauvais signe, lorsqu'elle l'était avec ses amis, ça l'était également mais pas pour les mêmes raisons. Mais avec Neo, elle pouvait être silencieuse et profitait tout de même de ces instants, comme si sa seule présence suffisait à accomplir de grandes choses. Elle était sûrement naïve là-dessus, mais elle voyait la disparition de la princesse comme un signe positif, une occasion à saisir pour aider Nordkia plus qu'ils ne pouvaient le faire avant, elle et les autres familles nobles.
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MessageSujet: Re: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Jeu 29 Oct - 23:54

Quand il eut fini de cracher le venin qui se distillait encore dans ses poumons, Neo sentit qu'Olivia vint poser avec douceur sa main sur la sienne. Alors la colère qu'il ressentait et toute cette rancœur qui l'avait animé depuis qu'il avait apprit la nouvelle s'amoindrirent. Il se redressa un peu et adressa un regard légèrement étonné à la jeune femme. Elle avait elle aussi la mine un peu sombre, mais ses grands iris dorés l'observaient d'un air si franc qu'il en fut capturé et ne dit rien. La jeune femme, d'une voix douce et empathique, affirma qu'elle comprenait ce que pouvait ressentir Neo, mais elle estimait pour sa part que la mort de la Princesse Ulhtia était une forme de justice, si étrange fut-elle. Ainsi réduite au silence, plus jamais sa capricieuse personne ne ferait de mal à qui que ce soit, et plus jamais Nordkia n'aurait à la craindre. Olivia croyait, d'autant plus, que les choses pourraient changer pour les Üniks. Elle demanda à Neo s'il aurait pu imaginer se tenir ici, à ses côtés et sur les toits d'Anathorey, il y avait un an de cela.
« Non... » répondit le garçon, bien forcé d'admettre qu'elle avait raison.
Il aurait donné cher pour voir les choses à sa manière, pour voir à quoi ressemblait le monde derrière ces grands yeux ambrés qui l'avaient déstabilisé. Malheureusement son esprit était trop petit, trop bête pour prendre suffisamment de hauteur. Neo craignait que les deux autres Princes, au mieux délaissent Nordkia, ou au pire, décident de mesure plus drastiques pour soumettre à nouveau les Dockers à l'autorité du Conseil. Ce de quoi ils n'étaient pas à l’abri. Et qu'adviendrait-il des bourgeois et des nobles qui avaient aidé Nordkia ? Seraient-ils punis ? Autant de questions qui taraudaient son esprit comme une harcelante rengaine, qui le plongeait dans une angoisse, une colère et une tristesse profondes qu'il avait de plus en plus de mal à cacher. Son visage pâle et ses yeux gris étaient devenus plus ternes que le sable alors qu'il pensait amèrement à toutes ces choses et au décès de son père.

Doucement, les doigts des deux Üniks s'entremêlèrent, tirant une nouvelle fois Neo de ses mauvaises pensées, mais cette fois il ne fit pas l'étonné et rendit une petite pression à la main de la jeune femme. Elle était douce et délicate, comme celle d'une fille de bonne famille. Lui, il avait des grandes mains de mécanicien, pas spécialement chouettes. Pourtant elle était venue la toucher et à présent ils ne se lâchaient pas. Est-ce qu'il aurait imaginé ça il y a un an, hein ? Non, définitivement pas.
Olivia, d'un sourire timide et chaleureux, pria gentiment le Docker de la laisser rester à ses côtés, au moins le temps qu'il leur faudrait pour râler un bon coup. Elle enchaîna sur les réactions mitigées et inquiètes qu'elle avait pu entendre à Anathorey. Les deux autres Princes n'étaient pas tendres non plus, force était de l'admettre... Mais la bourgeoise les estimait aussi coupables que la Princesse de ce qui arrivait aux Üniks. Neo se demanda alors si à Anathorey, on souffrait aussi d'une manière ou d'une autre de la tyrannie des Princes. C'était la première fois qu'il s'interrogeait de la sorte, et s'en trouva aussitôt bien égoïste.

Un silence s'installa à nouveau sur les deux jeunes gens qui réfléchissaient tous les deux intensément, le regard fixé devant eux sans chercher à capter l'attention de l'autre. Peut-être au contraire cherchaient-ils à tout prix à ne pas croiser leurs regards. Mais ce mutisme permis à Neo de  réaliser certaines choses, auxquelles jamais il n'avait pensé auparavant.
« A Nordkia, les gens se réjouissent de cette nouvelle, dit-il d'une voix blanche après ce long moment de silence. Ils pensent que tout ira pour le mieux maintenant. Ils sont contents ».
Le jeune homme sentit un sourire étirer doucement sa bouche morne pour la première fois de la journée.
« Mine de rien, et même si ça a été très dur, la guerre aura rapproché les Dock' et les riches. Adriano a amorcé le mouvement, mais énormément de nobles et de bourgeois ont fait comme elle. Résultat on a pu revivre à peu près comme il faut, et on a même pu reprendre le boulot. »
Il tourna vers sa compagne un regard un peu plus assuré, un peu plus heureux qu'auparavant. Il reprenait petit à petit du poil de la bête.
« Ça non plus je l'aurais jamais imaginé. Pas plus que je me serais douté de la fois où j't'ai emmenée à moto loin de Nolmë jusque dans la cité, ni de celle où on a dansé tous les deux à cette soirée bizarre dans le désert »
Neo faisait allusion à la Nuit des âmes, de laquelle il avait gardé un souvenir étrange. La vision d'une Olivia timide sur la piste, qui lui avait prit la main avec douceur, qu'il avait tenue dans ses bras alors qu'une mèche de cheveux était tombée entre ses yeux dorés, et qui s'était appuyée contre lui quand l'heure était venue de rentrer. Il avait souvent songé à cette mèche de cheveux, qu'il avait replacé derrière son oreille, et du rougissement qui s'était emparé d'Olivia suite à son geste. Neo savait ce que c'était que d'émouvoir une jeune fille, mais jamais lui-même n'avait vraiment été ému par quelqu'un. Mais plus le temps passait et plus il lui semblait que « l'effet Keegan » était dénommé par tout un chacun d'un nom plus bien simple, bien plus courant, qui sonnait parfois de manière idiote à son oreille. Il ne pouvait alors se résoudre à s'avouer qu'il était tombé sous le coup de cette malédiction... Mais pour combien de temps encore ?

Neo serra un peu plus sa main à celle d'Olivia.
« Tout ça, quand j'y pense, c'est un peu dingue. On n'a rien décidé et pourtant c'est arrivé. Alors Oli, tu peux rester ici aussi longtemps que t'en a envie. Que ce soit pour râler, pour pleurer, ou pour rire, et quoi qu'il arrive dans nos chiennes de vies. Je... t'enverrai jamais voir ailleurs si j'y suis. »
Le jeune homme regarda sa compagne droit dans les yeux ce disant. Il était parfaitement sincère, mais il se sentait fragile également, comme s'il avait un peu effrité la coquille protectrice autour de son cœur.
Pour combien de temps encore ? Impossible d'être précis, mais cette coquille allait à l'évidence, craquer d'un jour à l'autre.
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MessageSujet: Re: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Dim 8 Nov - 19:01

Silencieux, contemplant l’horizon agité de la capitale de l’élite, les deux üniks réfléchissaient aux conséquences de la nouvelle du jour. Quelle serait la vie ici, quelle serait la vie là-bas ? Les Princes avaient-ils prévu de d’agir d’une poigne encore plus ferme contre les üniks récalcitrants ? Olivia ne pouvait se résoudre à imaginer cette possibilité, elle ne voulait pas voir les Docks en proie à de nouvelles violences, elle ne voulait pas voir ses amis, sa famille stigmatisés car ils avaient eu l’audace d’aider les moins fortunés qu’eux. Neo confirma ce qu’Olivia pensait, sur les Docks tout le monde devait faire la fête pour célébrer cette nouvelle, leur tyran n’était plus. La reine est morte, vive la reine ! Le docker continua en évoquant ce que la guerre avait eu de positif, c’était un discours bien moins morose que celui qu’il avait tenu quelques instants auparavant, Olivia ne savait pas si elle devait s’en féliciter, mais elle s’en réjouissait, c’était certain. Voir Neo aussi sombre, ce n’était pas une chose agréable, en plus d’être très étonnant et inquiétant comme état. La brunette lui rendit son sourire, levant les yeux au soleil en riant doucement à l’évocation de leurs divers périples, la fois qu’elle avait cru mourir assise à l’arrière de son engin démoniaque ou la fois où elle s’était sentie comme une idiote sur la piste de danse.

L’atmosphère était plus détendue, même si Olivia ne se sentait pas vraiment à l’aise. Ou plutôt, elle se sentait étonnamment à l’aise et c’était ce qui la perturbait. Sa main dans celle de Neo, leurs doigts entremêlés. La brunette écouta attentivement les mots du docker. Il … ? Elle ne réalisa qu’elle était tendue que lorsqu’elle sentit tout son être se détendre. Elle s’attendait à quoi en plus ? Elle ne put s’empêcher de rire doucement à nouveau, c’était sûrement nerveux. La tension de cette journée, la tension de ce moment. Peu à peu, Olivia reprit ses esprits pour finalement plonger ses billes ambrées dans celles du docker.

« Oh mais même si tu me disais d’aller voir ailleurs si tu y étais, tu crois que tu pourrais te débarrasser de moi si facilement ? Tu sais combien je suis têtue pourtant … Enfin pas que j’irai te harceler ou quoique ce soit hein … Je … Je devrais me taire *tournant son regard vers l’horizon avant de reprendre* Je suis rassurée de te revoir avec le sourire. »

La brunette attrapa quelques bonbons de son autre main, elle avait quand même prévu de se goinfrer de sucreries avant le repas, ce n’était que la présence de quelqu’un sur son toit qui l’avait détournée de sa voie. Et puis manger des bonbons lui donnait une raison plus ou moins valable de ne pas parler, car si elle se remettait à parler, elle avait peur de ce qu’elle pourrait dire. Tout ce qu’elle avait envie de dire, c’était que maintenant peut-être que la situation s’arrangerait, peut-être que la tension entre Nordkia et Anathorey se calmerait, peut-être qu’elle pourrait se rendre plus facilement sur les Docks et que réciproquement Neo pourrait plus facilement venir lui rendre visite à Anathorey. Mais tout ceci, cela la ferait passer pour une idiote qui ne voyait que sa petite vie au milieu de ce grand choc politique. Sa petite vie. Qu’elle avait changé quand Olivia y repensait. Il y avait sa mère qui s’était adouci, sa tante qui faisait à nouveau partie de sa vie, et … Il y avait Neo. Qu’était-il pour elle au juste ? C’était une question à laquelle elle évitait soigneusement de répondre depuis un moment déjà même si tous les éléments de réponse étaient là depuis quelques temps.

Ses sourires incontrôlés, son angoisse lorsqu’elle n’avait pas de nouvelle ou lorsqu’elle en avait et qu’elles étaient mauvaises, son soulagement de le voir en bonne santé, son cœur qui s’emballait dès qu’ils se trouvaient plus proches, cette évidence alors qu’elle se trouvait assise sur le rebord de ce toit avec lui. Doucement, Olivia tourna à nouveau son regard vers le jeune homme. A nouveau, son cœur s’emballa, comme pour lui dire qu’elle ne faisait pas erreur en lisant tous les indices qu’elle préférait jusque-là éviter. Ses joues virèrent une nouvelle fois au rouge avant qu’elle ne retourne la tête. C’était idiot de se sentir ainsi, d’avoir si peu confiance en elle. Instinctivement, ses doigts se refermèrent un peu plus sur ceux du docker avant qu’elle ne se laisse tomber doucement sur le côté, reposant sa tête contre l’épaule de Neo, toujours silencieuse. Inspirant profondément, Olivia soupira doucement avant de reprendre, souriant en fixant le vide.

« Je suis heureuse d’être là … avec toi … Je … »

Sa gorge se noua, la ramenant à son mutisme mais ne chassant pas le sourire qui illuminait son visage. Elle se sentait idiote mais elle était heureuse, cette journée serait sûrement le point de départ d’une nouvelle ère pour le monde, pour elle.
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Speed Racer (Néo Collins)


RPG
Âge : 24 ans
Groupe: Docker
Inventaire: Outils - Barre de fer téléscopique - Clés de sa Skooth

MessageSujet: Re: Ceux qui étaient forts hier [Ft. Oli' - Event 3è partie]   Dim 29 Mai - 0:07

Quand Neo lui dit que jamais il ne l'enverrait balader, Olivia répliqua avec malice que quand bien même, elle ne le laisserait pas tranquille si facilement. Il ne put s'empêcher de rire face à l'audace de sa compagne. Il la connaissait suffisamment bien, cette jeune femme têtue qui jamais ne lâchait le morceau tant qu'elle n'était pas parvenue à ses fins. Lui, il était pessimiste, plutôt du genre à abandonner facilement. L'entrain d'Olivia, voire son obstination, forçaient son admiration autant qu'ils l'amusaient.
« Je suis rassurée de te revoir avec le sourire, lui dit-elle.
- Merci, Oli » répondit doucement Neo, sans chercher à le réprimer.
Le silence revint sur le toit, ponctué par le chant des Pôns qui voletaient alentours, et par le bruit que faisait la main de la jeune femme lorsqu'elle la plongeait dans le paquet de bonbons qu'elle avait apporté. Neo se souvenait du jour où elle lui avait fait goûté cette chose bizarre, sucrée et acidulée, minuscule et éphémère qui n'était pas nourrissant et qui causait des soucis dentaires. Il s'était senti grimacer de surprise et elle avait rit. Ce jour-là ils se connaissaient à peine, et lorsqu'ils s'étaient dit au revoir, ils ne se doutaient certainement pas qu'ils seraient amenés à se revoir aussi régulièrement.

A quoi pouvait bien penser Olivia à ce moment précis ? Neo s'interrogeait tant qu'il tenait sa petite main dans la sienne, et qu'elle avait la tête toujours calée contre son épaule. Elle n'était pourtant pas du genre à se laisser aller contre n'importe qui. Au contraire, elle était plutôt farouche, comme la fois où ils avaient croisé ce gosse de riche nommé Terence, qu'elle s'était empressée d'envoyer balader sans forme quelconque de courtoisie anathorienne. Que lui valait ces traitements de faveur ? Neo n'avait jamais interroger son entourage sur le sujet. Ses sœurs se seraient emballées, Tobias se serait foutu de lui, et sa mère était la dernière personne au monde à qui il se confiait. Il sentait qu'un fil, aussi délicat que celui d'un ver à soi, commençait à se tisser dans son cœur, pour former le nom d'Olivia et n'en plus sortir. Plus le Docker y réfléchissait, plus il en venait à la conclusion qu'il devait admettre la réalité. Cette réalité dans laquelle il pensait que seuls les types sensibles ou romantiques tombaient.
Olivia soupira légèrement, puis en regardant l'horizon droit devant elle, elle dit à Neo qu'elle était heureuse d'être là, sur ce toit avec lui. Il ouvrit la bouche pour lui répondre, mais sa gorge se serra soudainement et sa voix ne se fit pas entendre. Aucun son d'ailleurs ne se fit entendre à défaut d'une réplique avisée. A croire que la sincérité d'Olivia l'avait rendu aphone.

Il tourna la tête vers l'épaule où elle reposait sa tête, dans l'espoir de capter son regard. Lorsqu'elle releva son visage, toute capacité de réflexion quitta son esprit. Il oublia le petit Docker précaire qu'il était, il oublia le rang de celle qu'il avait sous les yeux, il oublia l'endroit où ils se trouvaient. La seule chose dont il avait conscience était qu'il se trouvait aux côtés d'une belle jeune femme dont la présence ne le lasserait jamais. Leurs doigts étaient fermement mêlés, tout comme leurs existences entre les deux cités Üniks, dont les remparts et les préjugés n'avaient pas été suffisamment grands pour les détourner l'un de l'autre. Emporté par ce vide qui s'était formé dans son esprit, Neo fut comme happé par une force dont il n'avait aucun contrôle. Sans plus de cérémonie, il se pencha sur les lèvres d'Olivia et l'embrassa.
C'était très doux... Son baiser dura quelques secondes, jusqu'à ce qu'il se sépare d'elle en effleurant le bout de leurs nez. Quand il la regarda de nouveau droit dans les yeux, il réalisa ce qui venait de se passer. Une vraie douche froide s’abattit sur lui. Mais bordel, qu'est-ce qu'il était en train de foutre ? Il n'avait pas réfléchi. C'était comme un réflexe, il l'avait regardée et n'avait pas résister. Il avait craqué, sans vraiment le vouloir, cela avait été plus fort que lui. Mais qu'est-ce qu'elle allait en penser ? Pourquoi il agissait toujours comme un abruti ?!
Neo eut un sec mouvement de recul, pour respecter de nouveaux les frontières personnelles de sa compagne, et sentit qu'il commençait à transpirer un peu. Il stressait. Merde, quel idiot, mais quel idiot... !
« Euh...J-je... »
Il ne put même pas articuler quoi que ce fut. Face aux grands yeux d'Olivia et à son visage pâle, il se faisait tout petit. Et il s'attendait à recevoir une gifle monumentale pour l'affront qu'il venait de lui faire !

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