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Et des pierres de ces ruines nous rebâtirons l'espoir. [Event part. III][&Eilwen]

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MessageSujet: Et des pierres de ces ruines nous rebâtirons l'espoir. [Event part. III][&Eilwen]   Dim 8 Nov - 18:42


Le Styx avait regagné son incandescence rougeoyante et la demoiselle était de retour dans la Cité Neutre après ce voyage aux laboratoires avec Eilwen. A Ishval, tous se remettaient lentement, meurtris par le souvenirs des tirs et des affrontements. L'odeur que la mort avait laissé semblait stagner au dessus de leur têtes, attendant d'être chassée par la prochaine tempête. Diya attrapa une compresse et la plongea dans une bassine avant de la poser sur le front d'un Qantik dont la blessure s’était infectée et lui causait une terrible fièvre. Elle s’était levé aux aurores pour forcer Elly à se reposer en prenant sa place. Il avait fallu qu'elle insiste longuement mais l'I.A. avait fini par accepter de quitter le chevet des blessés, à contre cœur. D'autres infirmières et volontaires s'affairaient à faire leur possible pour aider les rescapés. Plusieurs avaient déjà périt de leurs infections. Dans la cité en ruines on ne disposait malheureusement pas de remèdes miracles et les médicaments, autres bandages et désinfectant étaient rares et insuffisants. La Cyborg vit Gareth entrer dans le vieux supermarché et demander des nouvelles à l'une des collègues d'Elly. Son air sombre lui appris rapidement que celles ci n’étaient pas bonnes et l'homme du rassurer l'infirmière qui semblait à bout de nerfs. Un soupir lui échappa, las, et elle tordit le linge qu'elle venait de tremper dans la bassine pour le reposer sur le front du Qantik allongé devant elle. 

Plus tard, en fin d'après-midi, un nouveau groupe de blessés fut amenés dans leur hôpital improvisé. Les hommes couverts de poussière dont les vêtements étaient déchirés par endroits avaient le visage fermé. Certains affichaient des plaies et des bleus et le bal des soins commença rapidement pour les nouveaux venus. L'un d'eux, qui avait eut beaucoup de chance, expliquait que son ami était mort à une longueur de bras de lui, écrasé par le plafond qui s’était écroulé sur eux. Diya écoutait distraitement, suivant les gestes minutieux d'Elly qui recousait une plaie. Elle avait bien essayé d'apprendre à le faire elle-même, mais ses mains forgées pour manier les dagues étaient loin d'être aussi minutieuses et la demoiselle craignait de ne causer plus de tord que de bien. Le temps passait, lentement, la nuit était entamée depuis longtemps maintenant et la fatigue commençait à se faire sentir. Seulement ... Le sommeil la fuyait depuis de nombreux jours déjà, depuis l'attaque à vrai dire. Les affrontements avaient laissés des souvenirs si amer et marquant qu'ils revenaient sans cesse hanter son subconscient et rien ne paraissait prédire leur disparition. La douce I.A. lui conseilla de prendre une pause tout en la poussant vers la sortie.

La fraîcheur apaisa son âme alors que la myriade d'astres laiteux s’étendait sur la voûte obscure. Son regard erra un instant, perdu, et ses jambes se mirent en mouvement de leur propre chef, la menant dans une rue adjacente à celle où se trouvait l’hôpital de fortune. Une bâtisse avec une grande terrasse surplombait cette dernière. Diya y grimpa et s'assit sur la rambarde, les pieds dans le vide et le regard au loin. La Cyborg était incapable de deviner de quoi demain serait fait, elle voulait cependant croire qu'en faisant de son mieux les choses évolueraient. Espérer une période de paix était peut être insensé, mais qui pouvait lui en vouloir après tout ? Ces derniers temps c’était d'avantage la colère et la rancœur qui animait les discussions. A croire que ces combats n'avaient pas suffit à prouver à quel point tout ceci était ridicule. Des pas résonnèrent dans son dos et la voix de Mathias lui parvint, inquiète malgré qu'il cherche à le cacher :

" Tu devrais dormir, tu ne récupéreras jamais à ce rythme."

La demoiselle fit passer ses jambes par dessus la barre de métal et s'appuya dessus, faisant face à l'Elite pour lui répondre, attristée :

" Je n'y parviens pas, je ne fais que ressasser tout ce qui s'est passé. Autant ne pas perdre ce temps inutilement et le mettre à profit, non ?"

Repensant au fait qu'il fasse parti d'un des groupes de reconstructions, la Qantik ajouta, curieuse. Tout était bon pour cesser de penser à l'avenir :

" Comment avancent les travaux de rénovations ?"

Le jeune homme replaça ses lunettes d’aviateur sur sa tignasse sombre et vint s'adosser à la rambarde, à coté d'elle :

" Lentement, il faut évaluer la solidité de chaque construction pour éviter que ... d'autres accidents comme celui d'aujourd'hui n'arrivent. Et même quand nous sommes prudents ils nous arrive de nous faire avoir. Le temps et le sable ronge les constructions, la plupart des fondations doivent êtres consolidées avant d'être remises en état pour qu'on puisse y loger du monde. C'est pas demain que chacun aura sa jolie petite maison avec jardin et piscine je le crains."

Son trait d'humour fit soupirer Diya qui se demandait si le luxe lui manquait. Il ne se plaignait jamais de devoir rester ici avec elle, et avait même fini par s'entendre avec la plupart des Qantiks qui ignoraient qu'il était en réalité le fils d'une Duchesse. La demoiselle leva la tête vers le ciel, sa main masquant partiellement la dame laiteuse qui leur apportait une douce lumière, sa voix rêveuse et douce s’éleva dans l'obscurité :

" Un jour la Cité Neutre sera un havre de paix où il fera bon vivre. Cela prendra le temps qu'il faudra, mais nous y arriverons."

Des voix lui parvinrent depuis le bas de la rue et la jeune femme fit un signe de la main aux nouveaux venus pour les inviter à s'approcher. 


Dernière édition par Diya le Mar 9 Fév - 4:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et des pierres de ces ruines nous rebâtirons l'espoir. [Event part. III][&Eilwen]   Jeu 10 Déc - 16:51

Sur les rives du Styx, mon regard resta accroché longuement aux serpents de feu qui s'écoulaient lentement vers leur lointaine destinée. J'eus du mal à détourner mes yeux de ce spectacle, absorbée par le ballet incandescent du fleuve qui avait retrouvé sa nature originelle. Pourtant, il fallait que je continue d'avancer. Ainsi, mes pas tracèrent finalement dans le sable chaud du désert un chemin différent de celui qu'empruntait Diya. La Qantik retournait auprès des siens, tandis que je poursuivais ma route, bien décidée à atteindre la Sylva le plus rapidement possible. Si je mourrais d'envie de visiter la Cité Neutre, j'avais plus hâte encore de rejoindre le couvert apaisant de la forêt sacrée. Plus que tout, mon corps criait grâce et me suppliait d'arriver le plus rapidement possible; il était urgent que je trouve une cure au mal qui me rongeait. Mes poumons étaient en flammes, mes muscles semblaient se déchirer à chaque mouvement que je faisais. Mon départ précipité de Nordkia ne devait son urgence qu'à la force grandissante de ma maladie, et si le voyage et la chaleur du désert avaient quelque peu éliminé le poison qui coulait dans mes veines, les aventures que je venais de vivre dans les laboratoires m'avaient fortement mise à l'épreuve. J'étais épuisée. Il me fallait arriver, et vite.

Ainsi, aussi difficile fut-il pour moi, j'avançais, pas après pas, luttant à chaque instant contre la douleur qui me submergeait, la chaleur qui m'écrasait. Mon corps avait atteint un seuil tel que les sensations me quittèrent lentement, jusqu'à n'être plus que floues, impalpables. Comme en transe, j'avais parfois l'impression de quitter mon corps, que mon esprit, ne voulant plus souffrir, voulait le laisser derrière lui. Puis le sable se dérobait sous mes pieds, et je reprenais soudainement conscience de moi-même, de mon corps endolori, de la douleur qui m'étreignait. Alors je continuais d'avancer. Tant bien que mal. Jusqu'à ce que le bien n'existe plus et qu'il ne reste que le mal.
Harassée par la souffrance qui battait sourdement à mes oreilles, épuisée par l'indomptable dureté du désert, terrassée par le soleil qui continuait de darder sur moi ses rayons de feu. Implacable. Du sommet d'une dune, je finis par chanceler, m'effondrer. Pour ne plus me relever.

Dans les brumes du sommeil qui m'abritait je me sentais bien. En paix. La lumière m'entourait, me réconfortait, m'accueillait à bras ouverts. Sensation de déjà vu, de déjà ressenti, comme la fois où j'avais manqué de me noyer dans la rivière d'Eracléa. Étais-je entrain de mourir ? Ce serait trop bête, eus-je le temps de penser. Avant de sombrer de nouveau...

À travers le brouillard épais qui m'entourait, des voix me parvinrent, lointaines. Et proches à la fois. Si j'étais incapable de sentir mon corps, mon esprit semblait, lui, s'être finalement réveillé. Ma conscience émergea, lentement, se raccrochant aux bruits qu'elle percevait, sombres échos qui se répercutèrent dans le lointain. Je les perdis un moment, puis ils revinrent, plus distincts. Je m'y cramponnai comme mes doigts s'accrocheraient à une faille au bord d'un précipice. Avec l'énergie du désespoir. Je ne voulais pas lâcher prise.

« Mais nous n'avons aucune garantie qu'elle soit comme nous Ed ! Quand arrêteras-tu de ramasser chaque paumé qui croise ton chemin ? »

« Comment une gamine pareille pourrait-t-elle être un danger pour nous ? Surtout dans un état pareil ! Je t'en prie, gardons-la encore un peu, au moins le temps qu'elle se réveille. Puis... Nous aviserons. »

« Arrête, cela fait près de trois jours qu'elle est dans le coma, tu crois vraiment qu'elle va s'en sortir ? Et quand bien-même elle se réveillerait, comment pourrons-nous savoir si elle n'est pas envoyée par les Üniks ou les Hybrids ? Que feras-tu si elle est une espionne ? »

L'homme hésita, puis répondit d'une voix blanche, cassée.

« Le nécessaire. »

Nouveau moment de silence, puis la femme reprit la parole avec dureté.

« Bien, elle est donc sous ta responsabilité Ed. Je te fais confiance. Mais si elle apporte le moindre malheur sur notre cité, les conséquences seront lourdes. Sans équivoques pour elle, difficiles pour toi. »

Le message était clair. Les pas de la femme s'éloignèrent de mon lit tandis qu'un soupir profond se faisait entendre. Ed, celui qui m'avait visiblement retrouvée dans le désert, semblait être épuisé, et la lassitude qui étreignait son souffle était palpable. Je sentis un contact chaud sur... Mon avant-bras ?

« J'espère que tout ira bien... »

Puis la chaleur disparut, le Qantik s'éloigna à son tour de mon chevet, quittant d'un pas lent et claudiquant mon environnement proche. Sous les draps, mes doigts bougèrent lentement. La main de l'homme, présence chaleureuse, avait fini de me tirer de mon sommeil, m'avait permise de reprendre conscience de mon corps. Corps que j'avais abandonné, si j'en croyais la discussion qui venait d'avoir lieu, pendant près de trois jours. Trois jours ! Je n'en revenais pas, et pourtant je ne pouvais que constater une chose : j'étais vivante. Vivante ! Cette pensée me tira un sourire. Ce n'était pas la première fois qu'elle me venait, et la joie étreignait mon cœur. Décidément, Origin's n'était pas prête à se passer de moi.
Délicatement, discrètement, je fis bouger mes orteils, plier chacune de mes articulations. Je ne semblais ne rien avoir de casser, tout semblait fonctionner correctement. Je contins un soupir de soulagement, ne voulant pas alerter les personnes qui m'entouraient. Les yeux toujours fermés, mon esprit avait repris à toute allure, carburant comme jamais pour analyser la situation dans laquelle je me trouvais. De toute évidence, les personnes qui m'entouraient étaient des Qantiks, sinon pourquoi se méfieraient-ils des Üniks et des Hybrids ? Peut-être étaient-ils des parias, mais cette option me semblait bien moins vraisemblable. Pour vérifier mes pensées et curieuse de ce qui m'entouraient, j'ouvris lentement une paupière pour jeter un coup d’œil à la pièce dans laquelle je me trouvais. Trois détails retinrent mon attention avant que je ne referme les yeux. D'une part, les pièces mécaniques saillant des corps des différentes personnes qui m'entouraient clamaient sans aucune contestation possible la nature de mes hôtes. Par ailleurs, l'endroit où je me trouvais était semblable à un hôpital de fortune, vaste hangar qui abritaient de nombreux lits, chariots et brancards dans lesquels reposaient de nombreux blessés. Si je n'avais pu observer bien longtemps la scène, le chaos qui régnait était évident. Autant visuellement que sonorement. Même les odeurs qui montaient à mon nez étaient imprégnées des horreurs de la mort et de la peur. Prégnantes. Envahissantes. Une vague de nausée me submergea, je tentais de la contrôler. J'avais totalement repris contact avec mon corps, preuve en était que mes sens étaient subitement réceptifs à chaque odeur, son et bruit qui m'entouraient. J'eus besoin de longues respirations pour apaiser le vertige qui m'avait saisi. Que s'était-il passé ici ? Si j'avais conscience des conflits qui agitaient notre planète, je n'avais aucune idée des actes réels qui se déroulaient. À vrai dire, je n'avais pas vraiment envie de le savoir. Cette pensée pouvait paraître égoïste, mais je savais pourtant la faiblesse de mon esprit sensible qui aurait du mal à y faire face. Alors je tentais de me préserver, tant bien que mal. Il fallait déjà que je m'occupe de moi-même, que j'apprenne à me contrôler avant de tenter quoi que ce soit pour cette planète que je chérissais tant. Mon temps viendrait. En attendant, je devais quitter cet endroit sans me faire repérer, et fuir rapidement. Je ne voulais ni attirer ni causer d'ennuis.

Près du brancard sur lequel je reposais, j'avais aperçu mes affaires éparpillées au sol comme si l'on y avait fouillé. C'était très certainement le cas. J'espérais que rien n'eut bougé, que la lance de maman ainsi que le couteau de papa soient toujours en ma possession. Puis je chassai ces pensées de mon esprit. Ce n'était pas la priorité. Il fallait que j'élabore un plan pour m'en aller le plus discrètement possible. Il se dessina de lui-même dans mon esprit, simple et efficace. Réconfortée par cette idée, je décidais de m'accorder un repos supplémentaire. Après tout, la nuit était la meilleure gardienne des secrets et je profiterais de sa douce obscurité pour m'y glisser tout en gagnant encore un peu de sommeil. J'avais tout à y gagner. Sans que je n'eus à attendre bien longtemps, le sommeil vint me cueillir dans ses bras pour m'emmener bien loin...

Lorsque j'ouvris les paupières, lentement, je pus constater dans un sourire que les lunes d'Origin's étaient bel et bien à leur place dans le ciel. Leur lumière baignaient la vaste salle de bienfaisance tandis que les bips réguliers des cardiogrammes, moniteurs de contrôle et autres machines veillaient sur les personnes qui oscillaient entre sommeil réparateur et rêverie éveillée. Au milieu des allées, quelques Qantiks allaient et venaient d'un patient à un autre pour s'occuper de lui, panser une plaie ou simplement discuter. Tous avaient l'air épuisé. Aucun ne me prêtait attention.
Après m'être assurée que je sentais de nouveau bel et bien mon corps, je me levai discrètement de mon lit, m'accroupis pour récupérer mes affaires tout en étant le moins visible possible. La lame de la lance de maman, de même que le couteau de papa, bien dissimulés dans un compartiment caché de mon sac, n'avaient pas bougé de leur place. Je retins un nouveau soupir de soulagement avant de passer ma ceinture autour de ma taille, de mettre le sac sur mes épaules. Parfois, la lumière est un meilleur refuge que l'obscurité. Quand tu ne peux te dissimuler, marche avec assurance. Je me rappelais de cet enseignement de ma mère tandis que je me levai et me dirigeai d'un pas confiant jusqu'à la porte qui semblait donner sur la sortie. Si mon cœur palpitait, si mes mains tremblaient légèrement, personne ne m'arrêta pour autant et je pus passer le seuil sans rencontrer aucun problème. Cette fois-ci, le soupir de soulagement que j'offris à la nuit fut palpable. Sans un regard en arrière, en dehors d'un remerciement que j'adressai à Ed pour l'aide qu'il m'avait apporté, je me glissai enfin dans l'obscurité tout en tentant de ne pas trop m'enthousiasmer sur ce qui m'entourait.
Pourtant, j'étais fascinée. Faite de bric et de broc, de tout et de rien, la Cité Neutre ressemblait plus à une immense décharge à ciel ouvert plutôt qu'à une ville. Mais si l'on observait attentivement sous les monceaux de métaux, de bois et de pierre, l'on pouvait deviner des bâtiments qui avaient été comme sculptés dans ces matières premières, avec un génie qui me rappelait celui de mon père. Le tarabiscotage des bâtiments mettaient en valeur l'ingéniosité des Qantiks qui les avaient construits. Papa aurait adoré cet endroit. Époustouflée par la ville, tout besoin de fuir m'abandonna alors qu'une envie irrépressible de découvrir ce lieu qui semblait regorger de mystères et de merveilles me saisit. Si la vie m'avait guidé jusqu'ici, autant lui faire confiance et suivre les aspirations de mon cœur. Sans plus réfléchir, mes doigts crochetèrent une première prise sur la façade d'un bâtiment fait de métal, et mon ascension commença, souple et fluide à la fois.

Si certain de mes mouvements étaient encore quelque peu rouillés, comme cette rambarde que j'agrippais un instant avant de passer au-dessus, j'étais heureuse de sentir mes muscles se mouvoir selon ma volonté. Le repos que je m'étais offerte sans le vouloir était finalement plus positif qu'autre chose, et si je sentais toujours quelques douleurs de part et d'autre de mon être ce n'était rien comparées à celles dont je souffrais auparavant. Enfin parvenue au sommet, je me redressai de toute ma hauteur pour contempler fièrement le tableau qui se dressait devant moi. Moment de répit, mon souffle s'accorda à celui de la nuit. Lent et profond. Infini. Pareil au ciel étoilé dont la magnificence n'avait d'égal que celle qui émanait de la Cité Neutre endormie, géante de métal qui brillait de mille feux argentés, dorés, et cuivrés, sous les astres de la nuit qui la couvaient de leur regard bienveillants. Une brise paisible et douce, chaleureuse, vint me caresser le visage. Je fermai les yeux, bercée par le calme nocturne. En paix.
Plus bas, des voix me parvinrent, me tirant de la douce torpeur qui s'était emparée de moi. Je m'accroupis instinctivement, comme pour mieux dissimuler ma présence. Emportée par la vue qui m'avait aspiré dans une longue contemplation, je ne m'étais pas aperçue qu'à seulement quelques mètres plus bas, une première silhouette s'était glissée par dessus une rambarde, puis une deuxième l'avait rejointe. Sous le clair des lunes, les cheveux émeraudes, la voix douce et l'ombre projetée ne me laissèrent aucun doute. C'était Diya ! Un sourire se dessina sur mon visage, amusée par la situation, heureuse de déjà croiser sa route à nouveau. Nos pas s'étaient quittés quelques jours auparavant seulement. Si la jeune femme et moi nous connaissions à peine, l'aventure que nous avions connu ensemble nous avait lié, et sans que je ne puisse me l'expliquer je sentais que ce lien était fort, important. Lumière. J'allais m'avancer pour venir à sa rencontre quand je me rendis soudainement compte de la situation. Si la Qantik avait été amicale avec moi dans le désert, je ne savais pas comment elle réagirait quant à ma présence dans sa ville. Par ailleurs, elle n'était pas seule. Un homme se trouvait avec elle. De même, elle avait agité sa main vers la rue pour inviter de nouvelles personnes à la rejoindre.
Mal à l'aise, j'étais déchirée entre mon envie et la crainte que j'avais de la voir. Je n'étais pas en terrain neutre, j'étais chez les Qantiks. Le fait que j'ai tu mes origines avait, je le savais parfaitement, jeté la suspicion de la jeune femme à mon égard, bien qu'elle se soit montrée arrangeante. Je ne savais que faire. Alors je restai plantée là, entre ombre et lumière, désir et peur, le souffle hésitant et le cœur bondissant. Puis, sans prévenir, mon estomac gargouilla. Bruyamment. Je me retins de lâcher un juron et me tapis derrière la pile de métal qui faisait office de tour au bâtiment, fermant un instant les yeux comme si ne rien voir me permettrait de ne pas être vue. Évidemment, cela faisait trois jours que je n'avais pas mangé, et bien que je ne m'en sois pas rendue compte auparavant, je n'avais plus qu'une chose en tête : faim. J'avais faim. Cela, et la hantise d'avoir été découverte. Pourtant mon estomac semblait l'entendre d'une autre façon, et le gargouillis qu'il laissa de nouveau échapper ne me laissa plus d'autre choix que de l'écouter. Encore une fois, il fallait que je me rende à l'évidence. Je n'étais qu'un grain de poussière envoyé par l'univers, je me devais de suivre la route qu'il traçait pour moi.
Me redressant lentement, inspirant profondément, je sortis de l'ombre pour m'avancer calmement dans la lumière lunaire. Un sourire léger aux lèvres, la main passant avec gêne dans mes cheveux, mon regard croisa celui de la Qantik émeraude.

« Décidément, le monde est petit! »

Un rire soufflé m'échappa, juste avant que mon estomac ne se remette à chanter. D'autant plus gênée, mon visage s'empourpra mais je ne lâchai pour autant pas la scène des yeux. Vigilante au moindre détail. Un pied dans le prolongement de mon axe, l'autre légèrement écarté, m'offrant une garde discrète mais bel et bien présente au cas où il me faille réagir promptement. Et si mon sourire était serein, mon mental, lui, était loin de l'être et fulminait à toute allure. Pourvu que tout ne se passe sans anicroche.
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MessageSujet: Re: Et des pierres de ces ruines nous rebâtirons l'espoir. [Event part. III][&Eilwen]   Mar 9 Fév - 2:22


Alors qu'Elly arrivait, les bras chargés de plats emballés dans d’aluminium, la Cyborg se retourna, certaine d'avoir entendu un léger gargouillis derrière elle. Haussant les épaules tout en croyant s’être trompée, la demoiselle se propulsa sur le coté afin de se remettre sur ses pieds et se dirigea vers l'I.A. pour l'aider à se décharger. L'odeur appétissante se répandit dès que la jeune femme eut soulevé le couvercle d'une boîte hermétique. De la viande marinait dans un jus brunâtre accompagné de quelques champignons, sans doute du troc avec des habitants de la Sylva. Visuellement cela ne semblait pas réellement bon, mais pour ceux qui vivait dans le Sidhe c’était un repas de roi. Trop curieuse pour se retenir, la Qantik écarta l’aluminium qui couvrait d'autres mets. Des légumes dans l'un, des biscuits secs dans l'autre. Salivant, elle s'exprima :

" Elly c'est un vrai repas de fête que tu nous amènes là ! Où as tu eu tout ça ?"

La jolie brune pouffa et s'adossa à la rambarde aux côtés de Mathias avant de lui répondre :

" Des proches des blessés nous ont ramenés plein de trucs pour nous remercier des soins prodigués, tellement que même en ayant partagé avec tout le monde il y a encore des restes. Et comme j'etais certaine que tu n'aurais rien mangé j'ai pris l'initiative d'en prendre avec moi. Goûte tu va voir c'est succulent !"

Diya bavait presque lorsqu'un second bruit, similaire au premier, retentit à quelques mètres derrière elle. Cette fois la Cyborg avait détecté la présence de quelqu'un. Il ne fallut pas longtemps pour que le mystère soit résolu, une femme sortit de l'ombre pour s'avancer vers eux. La jeune femme ne mis pas longtemps à la reconnaître, mais Mathias et Elly, qui ne la connaissait pas, eurent des réactions légèrement plus brusque. La soigneuse s’était reculé derrière Diya et le jeune Elite avait saisit une lourde pince pendant à sa ceinture, la brandissant comme une arme, le regard déterminé. La Qantik soupira, frappant le haut du crâne de l'homme de l'arrête de sa main, ce qui lui valu un regard empli d'incompréhension. L'I.A. qui commençait à bien la connaitre se détendit aussitôt, comprenant que la situation ne nécessitait pas cette réaction. La demoiselle frappa dans ses mains et déclara :

" Les amis, je vous présente Eilwen, je vous ai déjà parlé de notre périple dans les laboratoires Uniks afin de restaurer la vrai nature du Styx, vous vous souvenez ?"

Mathias rangea l'outil à son ceinture tout en se désintéressant de la situation. Il ne se priva toutefois pas de son habituel mauvaise humeur, traduite par une remarque maugréé à voix basse :

" Moi qui pensais qu'il allait y avoir de l'action."

La Cyborg sourit et reporta son attention sur la nouvelle venue, s'avançant pour saisir ses mains. Elle était contente de la revoir si vite ! Mais les présentations devaient être faites en bonne et due forme :

" Eilwen, je te présente mes amis, Elly une infirmière de la Cité Neutre, et Mathias un... maçon ? Disons plutôt un stupide siscon reconverti aux travaux pratiques !"

L'Unik lui balança un morceau de ferraille ramassé à la va-vite. Diya l'esquiva aisément et lui tiré la langue, amusée et fière de sa blague. Se souvenant du bruit qui avait attiré son attention, la Cyborg désigna la nourriture et ajouta :

" Et si on partageait ? Il y en a trop pour moi toute façon !"
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