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A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]

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Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 13 Déc - 10:21

"Les laboratoires d'Anathorey. Des lieux mystérieux à la fois pilier et fer de lance de toute la prospérité du peuple Ünik. Reclus à l'intérieur de ces immenses bâtiments d'acier, bien à l’abri des regards curieux, les scientifiques innovaient leurs projets fous dans le but de faire avancer la grande civilisation de la Cité Princière. Plus rien ne semblait irréalisable pour ces hommes de savoir. Leurs âmes brulaient d'une envie fulgurante de repousser les limites toujours plus loin. Et pour y parvenir, leur philosophie constituait un très bon exemple  à l'adage " la fin justifie les moyens". En effet, une fois au sein de ces murs, l'éthique et la moral perdaient toute signification. Certes quelques rumeurs circulaient discrètement à l'extérieur, mais personne ne s'en souciait vraiment, fermant les yeux sur ce mal nécessaire à son propre confort.

Éduqué justement sur des principes de valeur par l'ordre des Chasseurs Ailés quant à la singularité d'une existence, Ithilion n'appréciait pas trop ce tabou sur les odieuses expériences  qui s'y tramaient. Mais le soldat savait pertinemment que la survie d'Anathorey et de ces citoyens dépendaient largement des travaux de ces érudits. Plus particulièrement sur le développement des armes destructrices qu'étaient les Dzêtas, pour contrebalancer les attributs surnaturelles des Hybrids.

Le cadeau que lui avait offert son maitre, ce bracelet aux capacités redoutables, provenait des mains et des machines présentes ici. Chaque Dzêta représentait des mois de dures labeurs et leurs conceptions demandaient énormément de ressource. D'ailleurs, la complexité que représentait ces condensés de technologie induisait  souvent que seul le créateur réussissait à réparer ou modifier son "oeuvre".

-Tiens donc Mr gwendilan ! Cela faisait longtemps! J'ai été surpris de vous voir sur ma fiche de rendez-vous.

L'homme en blouse blanche s'installa derrière son bureau et posa ses lunettes sur une pile de dossiers bien ordonnée.

-Salut Erick. Ca fait un bail effectivement.

-Toujours pas de nouvelle de la charmante Elionne Histo ?

Devant le regard inexpressif et le silence lourd de sens du chevalier ,le scientifique se gratta la tête et décida de changer de sujet :

- Qu'est ce qui t'amène ici ?

Ithilion défit son bracelet et le posa sur la table.Un acte plutôt rare, car il n'appréciait pas de s'en séparer. Ill ressentait comme une sensation de nue. Jamais il ne quittait ce présent, il possédait trop de valeur à ces yeux pour en courir le risque. Cela dit, il n'avait pas vraiment le choix.


-J'ai un petit problème...depuis quelques semaines, j'ai l'impression que j'ai des problèmes. C'est comme si mon Dzêta n'en faisait qu'a sa tête... Des fois il fonctionne, des fois non, des fois à moitié"

Le dénommé Erik fronça les sourcils. De toute évidence, il ne semblait pas convaincu par la véracité de ces propos.

                                         *************

Deux puissantes détonations retentirent. Deux traits d'argents fusèrent avant de se ficher dans les corps factices des mannequins d'entrainement. Cela faisait un peu plus d'un mois qu'Ithilion entrainait à un rythme presque insoutenable sa nouvelle disciple. Et comme il s y attendait la motivation implacable de la demoiselle lui avait permis une progression assez impressionnante. Malgré son age avancé, comparé à celui initialement établie pour les recrutements, son corps commençaient déjà à se tailler de façon satisfaisante. Sally possédait une endurance naturelle que beaucoup lui envieraient, et qui contribuait en bonne partie à sa réussite. Loin d'être une qualité fondamentale pour faire d'elle une tireuse aguerrie, elle n'avait cependant pas manqué de le surprendre également de ce côté la. Lorsqu'elle le souhaitait, sa concentration devenait aussi imperturbable que les balles qu'elle tirait. Sa main n'avait jamais tremblé jusqu'à présent, l'hésitation ne provenait jamais de ses gestes. En vérité, seule la technique et les prises de décisions lui faisaient réellement défaut. Ithilion fût presque jaloux de l'aisance déconcertante avec laquelle elle avait appris à manier sa première arme à feu.
Il ne lui restait plus qu'à développer un esprit critique en lien avec la dogme de l'Ordre, et la jeune femme risquait d'arpenter cette voie au sommet de son art.
Elle l'impressionnait tellement qu'il se demandait presque si elle ne marchait pas petit à petit sur les traces d'Elionne Histo elle même. Une perception loin d'être la simple opinion d'un maitre aveuglé par la fierté d'avoir une élève aussi prometteuse.
Depuis que l'entrainement avait commencé, les deux üniks passaient au moins les trois quarts d'une journée ensemble. Malgré le peu de temps écoulé, ils avaient déjà pu partager toutes ces émotions qui créaient souvent des liens spéciaux. Le rythme effréné avait engendré des moments parfois très compliqués, très rudes, laissant parfois le doute venir perturber la motivation des deux parties, mais  ces périodes difficiles disparaissaient aussi vite, balayés par la complicité naissante entre eux. Au yeux d'Ithilion, un maitre ne devait pas seulement se contenter de transmettre son savoir et d'en faire baver son élève au travers d'exercices physiques côtoyant souvent les limites du corps originaire. Il était aussi important de partager des moments de rire et de communion. Leur relation était différente d'un apprentissage " classique" du fait de la maigre différence d'age qui les séparait. Et les bruits de couloirs ne manquaient pas de pointer du doigt ce duo atypique, ne se privant pas de s'en moquer dans leurs dos.
Ithilion se demandait parfois si son maitre avait subi les mêmes remarques lorsqu'elle l'avait pris sous son aile. De toute manière, il se fichait bien du regard des autres, sa seule préoccupation était d'aider Sally à s'épanouir sur la voie qu'elle souhaitait emprunter. Et au contraire, il ne manquait pas de s'afficher fièrement en compagnie de sa disciple, ne ratant pas une occasion de faire dans la provoque. Par ailleurs, celle qui, à son arrivée, baissait les yeux à la moindre remarque murissait aujourd'hui en une personne avec de l 'allure et des convictions.
Sally avait gagné en prestance. Il suffisait de la voir se tenir droite, arme de poing tendue vers sa cible, aussi immobile qu'une statue. Son oeil de visée appréciait calmement  la distance entre elle et ses objectifs. Sa manière de tirer s'affinait au fil des jours, tout comme ses résultats.
Comme prévu, Ithilion avait permis à Cecil d'assister  à certains entrainement pour ne pas séparer les deux compagnons. Cependant, les tensions entre le chevalier et le majordome persistaient toujours malgré le temps passé à se côtoyer.
-Un peu plus haut tes mains miss. indiqua l'enseignant en remontant un peu le bras de la tireuse en herbe. Tu ne maitrises pas bien le recul encore. Quand tu iras voir ta cible, tu te rendras compte que ton premier tir est souvent correct mais que le deuxième laisse à désirer.
De bêtes détails techniques. Ce genre d'affinement demandait  de l'expérience que Sally corrigerait à force de pratiquer. Mais le sablier continuait à s'écouler, et le maitre devait faire en sorte que son apprentie soit la plus complète possible pour la date butoir. Pour ne rien arranger, le contenu de l'épreuve avait bien été gardé secrète. Ithilion y voyait la une tentative malsaine de certains de ses supérieurs pour l'empêcher d'arriver à ses fins. Une tentative vouée à l’échec. Il veillera scrupuleusement à ce que l'examen proposé sera correct vis à vis de son élève. Et il ne doutait absolument pas des capacités à Sully à leur prouver sa valeur.
-Viens donc te poser cinq minutes. Tu en es à ton 50 éme chargeur.
Il attendit que SAlly le rejoigne et s'assoit entre lui et son ami. Il lui tendit une gourde remplie d'eau. Il dévisagea quelques secondes ce jolie visage, pourtant marqué par la fatigue. Les poches sous ses yeux ne trompaient pas, l'emploi du temps surchargé ne la laissait pas indemne. Il voyait bien ses muscles trembler de douleur à chaque geste lorsqu'elle relâchait sa concentration.
-Bon...on a dormi à peine 10h ces trois derniers jours. Je propose que cette après midi, on se donne quartier libre. On est largement dans les temps, et ça ne sert à rien de trop tirer sur nos réserves. Tu vas pouvoir faire ce que tu souhaites, ça te va ?


Dernière édition par Ithilion le Lun 30 Mai - 15:10, édité 1 fois
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Jeu 17 Déc - 22:44


Ses doigts tenaient fermement l'arme qu'elle tentait d'apprivoiser jour après jour. Si au début ils étaient crispés sur la crosse, son geste était désormais un peu plus souple, un peu plus pro. L'aisance prenait peu à peu la place de l'appréhension. Sally qui tremblait de peur face aux coups de feu hier aujourd'hui tremblotait de fatigue. Ses muscles, sollicités sans relâche toute la journée, tétanisaient sous le poids de son entraînement intensif. Son corps se fortifiait sa silhouette mince devint plus ferme, plus endurante. Elle n'avait guère l'habitude de puiser dans ses réserves pour fournir de tels efforts, mais elle parvenait à tenir la distance malgré la fatigue qui la happait parfois comme un aimant. Elle devait rester debout et l'écouter.
Quand il lui dit de relever un peu ses mains, elle obéit sans rechigner. Droite comme un jeune végétal, Sally se tenait debout sur ses jambes flexibles et souples. Elle ne devait pas être raide, relâcher ses épaules et maintenir ses bras bien parallèles au sol. Elle devait ouvrir les yeux, observer le canon, viser, retenir sa respiration et enfin, tirer sur sa cible – pour l'heure de modestes mannequins d'exercice. S'habituer à une telle posture n'avait pas été simple car allier fermeté et adresse était subtil pour elle. Elle tâchait malgré tout de se montrer à la hauteur des espoirs que l'on avait placé en elle et ne laissait pas l'épuisement la faire flancher. Attentive et docile, Sally apprenait l'art du tir d'élite, et l'art de s'intégrer à la société. Il lui aurait été fastidieux de dire lequel de ces deux apprentissages était le plus difficile.

Les premiers jours avaient été affreux. Elle eut beaucoup de mal à se débarrasser de sa maladive timidité, et à ne pas sursauter dès qu'elle entendait une détonation. La violence qui explosait au bout du canon de ces objets si petits l'impressionnait beaucoup, un peu trop au début. Son maître, Ithilion, avait cependant eu le tact de ne pas la brusquer, et n'avait encore jamais hausser le ton lorsqu'il s'adressait à elle. Sally appréciait qu'il fut si patient avec elle. Patient, et même bienveillant à son égard. Il ne la prenait pas par la main ni ne lui excusait ses bévues, il corrigeait ses erreurs et menait son entraînement d'une main de fer, mais il faisait preuve d'une très grande attention. Il partageait ses repas avec la jeune femme, il lui avait acheté quelques vêtements optimaux pour leurs activités, il riait même parfois à ses côtés. Ithilion avait un rire clair et fier, à l'image de son allure éclatante. Sally elle n'osait encore rire à gorge déployée, mais elle esquissait tantôt des petits sourires tendres, témoins de ce que son cœur fébrile et craintif s'enhardissait doucement, tout doucement. Elle ne se rendait pas encore compte qu'elle ne détournait plus le regard lorsqu'on la dévisageait, ni qu'elle se tenait de plus en plus droite, ou encore qu'elle ne marchait plus en regardant au sol. Elle avait commencé à changer, elle devenait petit à petit une personne plus sûre d'elle, plus mature.

Ithilion avait peut-être remarqué ces quelques changements. Ils n'avaient en tout cas pas échappé à Cecil, le grand protecteur de Sally et son unique ami avant que le Chevalier n'entre dans leurs vies. Cet ancien noble ayant endossé le rôle de domestique pour pouvoir évoluer librement – ou presque – dans le QG des Chasseurs ailés, veillait au maximum à ne pas être séparé trop longuement de Sally. Elle n'appréciait de toute façon pas non plus l'éloignement. Si elle avait pu tenir et se relever pendant ses moments de doutes et de faiblesse aux débuts de cet entraînement harassant, c'était grâce à lui. Il lui était arrivé de pleurer dans ses bras, exténuée et en proie au découragement. Il avait toujours su la remettre sur pieds. Lorsqu'elle était gênée par ses cheveux, ou sa poitrine trop opulente pour les mouvements sportifs, Cecil la coiffait, ou l'aidait encore à s'habiller. Au début les bandes qui lui serrait le thorax étaient douloureuses pour la jeune femme, mais elle avait fini par s'y habituer.
Lui en revanche ne s'était guère habitué au QG ni au Chevalier. Il éprouvait envers le maître de sa protégée une aversion dont il ne parvenait lui-même à s'expliquer la nature. Tout chez ce garçon le révulsait : sa tignasse désinvolte, son regard arrogant, ses manières de héros raté, sa condescendante grandeur d'âme, Ithilion était l'incarnation vivante de ce que Cecil ne pouvait supporter. La réciproque lui était bien rendue par l'intéressé, qui ne comprenait quant à lui pas pourquoi Sally était autant attachée à ce sale mouchard.

Pourtant tous trois étaient ce jour-là dans la salle d’entraînement au tir. Sally tirait, Ithilion observait et conseillait, et Cecil regardait en spectateur, derrière eux. Ils formaient un drôle de trio qui ne manquait pas d'alimenter les conversations au QG. C'était une situation très étrange pour la Paria et l'ancien noble, qui s'étaient juré de jouer la carte de la discrétion. Ce drôle d'énergumène, pas très grand et éclatant comme un joyau sous le Soleil avait dévié leur route d'une manière inattendue, mais tous deux n'avaient finalement pas protesté. Même Cecil n'avait su refuser une telle vie à Sally. N'était-ce que temporaire ? Il l'espérait. N'était-ce qu'en attendant un nouveau tournant du destin ? Elle ne voulait y croire.

« Viens donc te reposer cinq minutes, tu en es à ton cinquantième chargeur » dit Ithilion sur le ton du mentor sage et avisé qu'il était.
Sally acquiesça, et baissa les mains après avoir replacé la sécurité sur son arme comme il le lui avait enseigné. Elle la posa ensuite dans un rangement prévu à cet effet à côté de la piste de tir et vint s'asseoir entre son maître et Cecil, qui croisait les bras et les jambes d'un air un peu las. Ithilion tendit une gourde à son élève, qui s'en empara poliment d'une main un peu tremblante. Sally souffrait, mais elle tâcha de ne pas trop le montrer. Elle avait promis à son maître qu'elle endurerait la souffrance, quel qu'en soit son seuil, et ne voulait pas décevoir ses attentes sans quoi il perdrait la face devant ses supérieurs. Elle n'était pas experte en relations Üniks, mais elle avait compris assez vite qu'Ithilion et la hiérarchie n'étaient pas au cœur d'une tendre histoire d'amour. Ces soldats étaient comme Madame Sullivan : au moindre signe de défaillance, ils lui écraseraient la tête comme un insecte. Elle ne voulait pas que cela arrive au Chevalier, qui s'était montré si bon avec elle.
L'apprentie but plusieurs gorgées de l'eau fraîche qu'on venait de lui offrir, et soupira profondément. Comme Ithilion la dévisageait d'un air étrange, elle lui adressa une mine étonnée. Il lui proposa de prendre ce qu'il appelait « un quartier libre » pour l'après-midi. Il était l'heure pour elle de prendre un peu de bon temps. Cecil sembla soulagé d'apprendre qu'il ne passerait pas encore une fois des heures à se taler l'arrière train sur ces bancs aussi durs que des pupitres d'écolier. Ithilion affirma que Sally pourrait faire ce qu'elle voudrait.
« Très bien, alors je vais m’entraîner ! » lança-t-elle avec autant d'énergie qu'elle le put.
Cependant elle tremblait et avait des grosses poches sous les yeux. Le manque de sommeil était son principal ennemi alors que son corps puisait dans ses réserves les plus profondes pour lui permettre de rester debout. Mais face à la volonté candide de Sally de poursuivre l'entraînement, Cecil intervint, partant du principe qu'Ithilion ne pourrait pas convaincre la jeune femme de faire autre chose. Si le Chevalier avait beaucoup d'influence sur elle, c'était encore lui, l'Ünik vêtu de noir, qui avait l'emprise la plus effective.
« Ce serait contre-productif. Si tu t’entraînes encore cet après-midi tu seras épuisée demain et ton entraînement des heures à venir sera inefficace. Si tu te reposes en revanche, les résultats ne se feront pas attendre » expliqua-t-il à la jeune femme.
Elle l'écouta, fit une moue contrariée et se mit à réfléchir. Un quartier libre durant lequel elle pourrait faire ce qu'elle voulait... Mais elle n'avait aucune idée de ce qu'elle avait envie de faire. Elle qui avait toujours suivi les ordres, ou suivi Cecil une fois qu'ils avaient quitté les Laboratoires, ne s'était jamais soucié de ce qu'elle souhaitait. Cependant exprimer un vœux faisait aussi partie de son entraînement. Elle devait montrer à Ithilion qu'elle était capable d'avoir une volonté propre. Soudain, elle eut une idée.

« J'aimerais un ruban... » dit-elle, d'une voix douce. Celui que Cecil lui avait offert avait été taché et complètement fichu dans le braquage de la banque, le jour où ils avaient rencontré Ithilion. Depuis elle s'était contentée de bouts de ficelle ou d'épingles pas jolis du tout. Sally n'avait que très peu de goûts, car elle connaissait peu de choses, mais elle aimait les rubans, particulièrement ceux qui étaient épais, et d'une couleur sombre. C'était là la requête qu'elle adressa à son maître, les yeux brillants de fatigue, mais aussi de soulagement. Elle pourrait enfin marcher un peu sans devoir songer à l'ensemble de ses mouvements. Marcher, c'était simple.
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Mar 22 Déc - 16:16

Cette volonté farouche de toujours vouloir avancer plus loin, indépendamment des conséquence, Ithilion la connaissait bien. Cette même flamme avait brûlé en lui autre fois, lorsqu'il avait parcouru le tortueux chemin de l'apprentissage à la place de sa disciple. Une motivation brulante, curieuse de trouver des passages à chaque obstacle, capable de repousser les limites, mais dangereuse lorsqu'elle devenait trop flamboyante. Découvrir de nouvelles frontières à son corps demandaient beaucoup d'énergie, et le passionné commettait souvent l'erreur de ne pas écouter son cri de supplice, persuadé qu'il ne trouverait un repos  plus confortable qu'une fois son objectif atteint.
La formation au statut de chasseur ailé n'était pas tendre. Les muscles se retrouvaient meurtris par des heures d'exercices physiques. L'esprit devait supporter des cadences infernales oscillant entre concentration extrême, stress, réflexion spontanée et fatigue. Les courts temps de repos suffisaient à peine à récupérer de la journée précédente, enfermant le corps dans un cycle d'endettement infernale et jouant avec le point de rupture en priant pour que rien ne lâche.
Les nombreuses heures passées en compagnie de son élève avait permis au maitre de la découvrir  plus profondément que sa couche superficielle extérieure. Sally appartenait à ce genre de personne qui ne se plaignait jamais. Elle endurait sans protester tout les horribles exercices qu'imposait sa formation, s'impliquant toujours au maximum pour satisfaire ses  propres exigences. En ça, Ithilion n'eut pu rêver meilleur apprentie. Toutefois, il veillait avec une intention presque paternelle à ce que son investissement ne se retournait pas contre elle.
Lui même avait faillit subir les conséquences d'un acte aussi irresponsable que celui d'ignorer ses alarmes internes. Il se souvenait encore de la correction que lui avait infligé son maitre, lorsqu'elle l'avait surpris un soir dans la salle de tir, alors que ses jambes luttaient pour ne pas céder sous son propre poids. L'infirmerie avait du le garder quelques jours sous observation, et d'avantage à cause de la rouste passée par sa tutrice que sa condition physique au bout du rouleau. Une leçon à laquelle sa carcasse endolorie avait mit  beaucoup de temps à se remettre , mais que sa raison n'avait jamais oublié depuis.
Il espérait qu'il n'aurait pas à en venir à de telles extrémités avec Sally. Mais cette dernière  était malgré tout moins bornée, et possédait à ses côtés cette autorité à qui elle donnait une confiance aveugle. D'ailleurs, Cecil ne se priva pas d'intervenir avec la délicatesse dont il savait faire preuve uniquement quand il s'agissait de son amie. Ce genre d'intervention, Ithilion y était favorable car il savait pertinemment qu'elle aurait toujours un fond protectrice envers la jeune femme. Cela ne signifiait pas qu'il appréciait pour autant la présence de cet être hautain. Il avait peur que l'âme de Sally, presque aussi vierge qu'une feuille blanche, ne se ternisse des valeurs nauséeuses qu'entretenaient ce garçon aux airs d'aristocrate.
L'entrainement transformait petit à petit la grande timide qu'il avait rencontré en une femme affirmée. La rigueur du tir formait sa posture et consolidait ses doutes. Cependant, ce fût avec le regard d'une éternelle enfant qu'elle indiqua son souhait de se trouver un nouveau ruban. Ithilion la regarda avec un sourire conquis. Il ne comprenait toujours pas le cheminement qui les avait amené à cette situation d'aujourd'hui, mais il appréciait chaque jour ce cadeau que le destin avait posé sur sa route. Quelques fois le prenait la peur de voir tout ça disparaitre aussi brusquement que la sortie d'un rêve. Heureusement, les progrès spectaculaires de sa disciple balayaient ces craintes aussitôt.

-Et bien, vous allez pouvoir vous balader en ville.proposa alors Ithilion en rangeant les affaires de tir dans l'armoire. Je vous rejoindrai dans 2 h, je dois juste passer faire quelques petits trucs avant ! Je ne vous retrouverai ne vous en faite pas !

****


Le scientifique déposa le bracelet incrusté de la petite pierre bleu sur la table. D'une geste presque agacé, il nettoya les verres de ses lunettes avant de les reposer sur son nez. Ses sourcils formèrent deux arcs perplexes.

-J'avoue ne rien comprendre. J ai tout vérifié de fond en comble et je n'ai trouvé aucune défaillance technique.

L'examen avait duré si longtemps qu'Ithilion en avait perdu toute notion du temps, coincé à l'intérieur de ces locaux presque coupés de la réalité. Le soldat regarda quelques secondes le présent de son maitre. Il ne put retenir un soupire de frustration. Si le créateur lui même n'arrivait pas à résoudre cet épineux problème, les autres solutions paraissaient presque utopiques maintenant. Et cela attrista le chevalier car il savait pertinemment qu'il ne pouvait se permettre de partir en mission dans l'état actuel de son dzêta. Il en allait de sa propre vie ou celles de ses coéquipiers.
L'idée que l'erreur provenait en réalité du porteur commença à le ronger. Un doute amplifié par la résonance des derniers mots de l’érudit. Pourtant, il ne voyait rien qui justifierait une sorte de désaccord entre lui et son Dzêta. Cette arme était certes un objet aux potentiels incroyables,mais sans volonté propre, il suffisait simplement d'apprendre à le manipuler correctement.
Le scientifique capta la lueur de détresse ou d'incompréhension dans les yeux du Chasseur Ailé. Il croisa les bras tout en s'adossant confortablement contre son dossier :

-Ce que je propose, on va tenir un raisonnement scientifique. A partir d'aujourd'hui, à chaque fois que vous constaterez un défaut dans l'utilisation de votre Dzêta, vous noterez toutes les informations possibles : L'heure, la date, le lieu, ce qu'il y a autours de vous, ce que vous faisiez,pourquoi, qui, etc...

-Qui ? répéta Ithilion avec sarcasme. L'utilisation de mon dzêta peut etre remis en cause en fonction de si je suis à côté d'un camarade où de la concierge du coin ?

-Vous n'avez rien à y perdre. reprit le chercheur sans prendre en compte la moquerie de son interlocuteur. Je suis affirmatif, il n y a aucun dysfonctionnement matériel. Et à moins d'etre devenu amnésique pour une raison inconnue, je doute que vous ayez perdu votre capacité à l'utiliser aussi bien que Dame Histos.

Devant se résoudre à l'évidence, Ithilion croisa les bras à son tour. La proposition le fatiguait déjà, mais si cela lui permettait de ne pas devoir se séparer du cadeau d'Elionne si cher à ses yeux, il prendrait sur lui.


*****

Après avoir lâché Sally et Cecil dans le grand hall pour que la demoiselle puisse aller se doucher avant de sortir, Ithilion se dirigea quant à lui en direction de l'aile administrative. Il ne tarda pas à arriver devant la porte du bureau de Klegan. Le compte à rebours atteignait son mi-parcours et aucune information concernant l'épreuve d'intégration ne lui avait été communiquée. Il espérait donc ne pas ressortir de cette entrevue improviste sans savoir dans quoi sa disciple allait mettre les pieds.
Les trois coups contre la porte pour annoncer sa venue ne donnèrent pas suite. Afin de s'assurer que l'intendant ne se trouvait pas dans son bureau, Ithilion décida d'activer son radar. Le champ se déploya à son grand contentement sans caprice et il eut la surprise de sentir la signature de deux occupants à l'intérieur. La première étant bien évidemment celle de Klegan, et non loin  de lui se tenait celle de son ami Etan. Le chevalier fronça les sourcils, son partenaire ne l'avait pas prévenu de cet entretient. Un fait contraire à la complicité fraternelle sur laquelle s'était construite leur équipe avec Alaryk. A l'aide de son Dzêta, il put néanmoins capter la conversation à voix basses en rapportant les mots comme si il se trouvait lui même dans ce cercle de confidence :
-...ne peux me permettre de placer l'ordre des Chasseurs Ailés dans une fâcheuse position du point de vue des autorités.déclara le timbre caverneux du vétéran. Si ce que tu me rapportes est véridique, nous allons vers un grave problème que je ne saurai tolérer. Tu en as parlé réellement à personne ? Même pas à tes coéquipiers ?

-Personne monsieur. confirma la voix habituelle posée de son compagnon.
 
-Si ce que tu me rapportes est vrai, je me demande à quoi joue ce cretin.

-Il n'en a peut être pas conscience. Je sais que vous ne le portez pas dans votre coeur, mais il reste un soldat d'Anathorey.

Toujours immobile de l'autre côté du mur, Ithilion tentait de comprendre le sujet de la conversation. Il avait le drôle de pressentiment d'être un élément principal  au cœur d'une trame qui le dépassait pour l'instant. Pourtant, aucun de ses agissements de ces dernières semaines ne pouvait remettre en cause l'intégrité même de son ordre. Au contraire, comme promis, il avait calmé les ardeurs de son esprit insubordonné afin de pouvoir garder Sally au moins jusqu'à l'épreuve.  Une chose était sure, il n en resterait pas la, Etan allait devoir lui fournir quelques explications.
-Bien, on va éviter les problèmes, et je vais te charger d'approfondir l'enquête et revenir avec des preuves. conclut Klegan en faisant grincer sa chaise sur le parquet lorsqu'il se leva. Je te remercie d'être venu m'en parler Etan. Cela ne sortira pas de se bureau sans que la lumière soit clairement établie. Mais si cela est vrai, il y aura des répercussions qui ne seront pas de mon ressort.
-Je comprends bien. répondit le chevalier sur un ton neutre.
L'entendant se lever à son tour, Ithilion s'avisa de s’éclipser et de revenir plus tard. Compte tenu du ton de la discussion et de la suspicion portée sans doute à son égard, il ne valait mieux pas qu'ils ne le retrouvent devant la porte. Surtout qu'Etan connaissait parfaitement l'étendue des capacités de sa bourse sans fond.
Cette étrange entrevue venait de fissurer quelquechose dans la confiance qu'Ithilion portait à son ami. L'ambiance n'allait plus etre aussi chaleureuse dans les prochains jours. La méfiance allait gangréner vicieusement la relation entre les deux Uniks tant qu'un voile recouvrerait les mystères de cette histoire. Il se demanda si Alaryk faisait également parti de l'affaire contrairement à ce qui avait été prétendu. Il secoua la tête pour balayer ses mauvaises pensées. Peut être imaginait-il le pire scénario à tort. Après tout, rien ne l'avait clairement désigné dans le morceau d'échange qu'il avait capté.
 
Il redescendit dans le grand hall et se dirigea tout droit vers le jardin. Malgré ses tentatives d'ordonner ses pensées, des dizaines de questions se chamboulaient en un véritable chaos.  Il ne se rendit meme pas compte lorsqu'il croisa le chemin de Sally et Cecil qui s'apprêtaient tout juste à sortir. Si les chasseurs Ailés évoluaient par groupe de trois depuis leur enfance, c'était pour tisser des liens spécifiques entre les membres d'une même équipe. Se sentir trahit par son cercle le plus proche ne laissait pas Ithilion indifférent, lui pourtant au caractère si indépendant en temps normal.
Il se dirigea vers le pas de tir et fît apparaitre ses deux impressionnants Desert Eagle. La violente détonation explosa aussitôt. Chaque balle semblait destinée à détruire cette sensation bizarre qui se grandissait en lui telle une bête sombre, née de rancœur et de rage. Son instinct ne lui soufflait rien de bon, et si son visage gardait une expression placide, son coeur se resserrait à ce signe de mauvais présage.
Les détonations continuèrent à fuser à un rythme effréné, jusqu'à ce que le mannequin, déjà fatiguée par des centaines de balles, n'éclata en morceau. Le tireur cessa le feu, regarda les morceaux éparpillés au pieds de leur ancien corps avant de comprendre qu'il se tenait devant le même mannequin sur lequel Sally avait passé la journée. Sans savoir pourquoi, son coeur se resserra une nouvelle fois. Nouveau sombre présage ou simples enchainements de coïncidences ? Il espéra que tout se passait bien en ville.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 18 Jan - 18:24


Ithilion, qui était un maître à l'écoute, autorisa Sally et Cecil à se rendre en ville pour acheter ce fameux ruban. Il rangerait les affaires de tirs et la salle d'entraînement avant de les rejoindre dans Anathorey. Sans plus attendre, les promeneurs sortirent, se rendirent dans les vestiaire afin que Sally puisse se doucher et se mirent en route dès qu'elle fut propre et séchée. Tous deux avaient abandonné leurs vêtements de civils pour ne garder que leurs uniformes du quartier général, plus confortables et plus aisés à porter lorsqu'il s'agissait de se fondre dans la foule de la capitale. Cecil ne perdait pas de vue que les suppôts de Sullivan pouvait être à leur recherche, il s'agissait donc de se faire le plus discret possible – jamais on ne les soupçonnerait d'arborer le blason des armées Üniks. En marchant dans le hall du bâtiment pour sortir, il chuchota à Sally que dès qu'ils auraient mis la main sur la marchandise convoitée, ils devraient rentrer. Moins ils traînaient en ville, moins ils prenaient le risque de se faire voir et reconnaître. Anathorey était une immense cité où retrouver quelqu'un s'avérait sans doute plus compliqué que de chercher une aiguille dans une botte de foin, mais l'ancien noble préférait être prudent. Il lui coûtait beaucoup de l'admettre, mais c'était encore dans ce maudit refuge des Chasseurs ailés qu'ils étaient pour l'heure le plus en sécurité.

Les recommandations de Cecil trouvèrent en Sally une auditrice avisée. Elle qui l'écoutait autant que son maître pressa le pas vers la sortie, afin de perdre le moins de temps possible. Près des grandes portes, ils croisèrent Etan, l'un des coéquipiers d'Ithilion et un de ses plus fidèles amis à l'en croire. La jeune femme le salua respectueusement, mais l'intéressé ne lui répondit que par un petit rictus gêné, avant de s'empresser de changer de direction. Ce mal aise que le Chevalier avait eu du mal à dissimuler n'échappa nullement au regard avisé de Cecil, qui observa le dos d'Etan qui s'éloignait jusqu'à ce qu'il soit hors de vue.
« Monsieur Etan avait l'air un peu contrarié, souffla Sally, légèrement soucieuse.
- Son travail le préoccupe, sans doute... » répondit-il, non sans avoir remarqué également que leur petit malheureux était descendu de l'escalier qui menait droit au bureau de Klegan. Se passait-il quelque chose qu'ils ignoraient ? Le jeune homme indiqua à sa partenaire qu'ils devaient se dépêcher et ils partirent dans le centre ville d'un pas vif et énergique.

La petite clochette de la mercerie tinta joliment lorsqu'ils en sortirent. Sally tenait entre les mains un petit paquet élégamment décoré de bolduc, qui contenait l'objet de ses convoitises. Les pommettes rosies par le plaisir, elle adressait des regards radieux à Cecil, si bien qu'au bout d'un moment il ne sut plus où se mettre.
« Allons ce n'est qu'un morceau de tissu, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
- Mais si, c'est important. Grâce à lui je n'aurai plus les cheveux dans les yeux pendant l’entraînement ! répondit Sally, alors qu'une bourrasque encombra son visage de longues mèches rebelles et indisciplinées.
- Pourquoi ne les coupes-tu pas dans ce cas ? répliqua Cecil, qui tentait de replacer tant bien que mal les cheveux de son amie. Tu n'aurais plus tous ces ennuis.
- Non, je n'ai pas envie.
- Tiens donc. Et je peux savoir depuis quand tu as ce genre d'envie ? »

Ce disant ils arrivèrent près d'un petit parc public, où poussaient d'immenses arbres et quelques plantes, bien rares dans la végétation sèche et désertique d'Anathorey. Un banc vide se trouvait sous leur ombre paisible. Sally s'en approcha, défit le paquet et tendit le ruban à Cecil.
« Et si tu me le mettais ? »
Cecil soupira profondément.
« Après tout ce temps tu as toujours besoin de moi pour te coiffer ? La jeune femme lui adressait un regard si droit et franc qu'il ne s'entêta pas longtemps. Bon, très bien... »
Elle s'assit sur le banc, et il se plaça derrière elle pour lui saisir délicatement les cheveux afin de commencer son ouvrage.  Le faux majordome avait toujours été doué de ses mains. Ses talents se déployaient du maniement des armes – au niveau conventionnellement considéré comme acceptable chez les nobles – à la coiffure pour jeune fille. Sally était un parfait modèle en la matière et depuis le jour où ils s'étaient rencontré, il s'était donné la tâche d'entretenir sa longue et épaisse chevelure brune. Après quelques minutes, il les avait noués en un chignon qui lui tombait joliment sur la nuque. Quand il eut terminé elle se leva et trottina jusqu'à un petit kiosque à journaux dans la vitrine duquel elle observa son reflet. Elle se tourna et se retourna, particulièrement enthousiaste. C'était la première fois qu'elle se dégageait un peu le visage et le cou, ce qui n'était pas déplaisant du tout finalement.
« Tu me trouves jolie ? demanda-t-elle à Cecil qui s'était rapproché.
- Voilà que tu te soucies de plaire, à présent ? répondit-il en fronçant les sourcils d'un air suspicieux.
- Tu ne réponds pas ?
- Dit celle qui ignore mes questions depuis tout à l'heure.
- Ce n'est pas la même chose ! » affirma-t-elle, sans démordre. Devant elle, l'ancien duc sentait peu à peu ses forces l'abandonner. C'était très curieux. Auparavant il pouvait la mener par le bout du nez comme un rien, il lui suffisait de dire un mot. Voilà qu'elle commençait à lui tenir tête, et pire que tout, avec un certain aplomb. Ils s'assirent de nouveau sur le banc, où il poussa de nouveau un gros soupire.
« Qui êtes-vous, et qu'avez-vous fait de Nancy ? » articula-t-il non sans quelque agacement. Sally ne lui répondit que par un petit sourire malicieux. Elle attendait que son maître arrive, et profitait de la belle journée qu'était son jour de repos.

¤¤¤

Assis en tailleur sur les brins frais d'une pelouse à l'ombre, un jeune Érudit se frottait les yeux frénétiquement en baillant comme s'il n'avait pas dormi depuis trois jours. Tout débraillé au milieu de ses papiers qui s'étalaient autour de lui, il les ramassa à tâtons dès qu'il eut terminé de nettoyer ses lunettes. Il n'était pas arrivé en ville depuis très longtemps, mais redécouvrir Anathorey pour le rat de laboratoire qu'il était s'avérait très compliqué, et le fatiguait plus qu'il ne l'aurait cru. Il n'avait pas eu le choix : le patron avait parlé et il avait été décidé que ce serait lui qui irait trouver l'armée afin d'obtenir les renseignements dont on avait urgemment besoin.
« Urgent, urgent, tu parles ! grommela-t-il en se relevant. Ça fait plus d'un an et c'est maintenant qu'on s'affole ! »
Il rangea tous les documents qu'il venait d'examiner à nouveau dans sa sacoche, et s'empressa de marcher en direction de la sortie du parc. Il devait se dépêcher trouver un poste de sécurité, un garde ou quelque chose qui portait le blason du Prince Faust. Les pouvoirs des Érudits avaient été déployés en vain, si bien qu'ils ne pourraient avancer que si les Chevaliers acceptaient de leur prêter main forte. Le temps pressait. Le jeune homme aux lunettes toutes rondes et aux cheveux en bataille hâtait le pas, un peu déboussolé et incommodé par la chaleur. Alors qu'il allait sortir, il manqua de percuter une jeune femme qui courait vers un kiosque voisin. Il s'excusa brièvement, sans prendre la peine de regarder qui il avait failli flanquer à terre, et poursuivit sa route. Il fouilla frénétiquement dans la poche, et sortit de celle-ci une photographie d'une jeune fille de dix-huit ans.

« Je me demande si elle a beaucoup changé depuis le temps... » Il tourna le papier, pour lire les inscriptions à la main qui avaient été faites sur son dos. On pouvait y lire le nom de « Sally Sullivan » tracé par une plume autoritaire et impatiente. L’Érudit haussa les épaules, et s'enfonça profondément dans les rues d'Anathorey, à la recherche d'informations.


Dernière édition par Sally Sullivan le Jeu 7 Avr - 0:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 22 Fév - 14:42

Si la raison, suite à cette séance de défoulement, avait permis à Ithilion de rétablir le calme dans son esprit, il restait néanmoins un arrière goût fade de sentiment de trahison.  Pour l'instant, il ne s'agissait que de pressentiments suite à une discussion dont il ne possédait pas toutes les clés. Mais dans tout les cas, l'essence même des groupes au sein des Chasseurs Ailés induisait une transparence complète avec ses coéquipiers. Le simple fait qu'Etan semblait couvrir quelquechose sans qu'il n'ait mis au courant ses propres camarades inquiétait Ithilion, car cela renforçait l'hypothèse qu'il soit bel et bien le coeur du problème.
Le doute était un poison redoutable. Tantôt foudroyant, tantôt minutieux à la manière des vagues travaillant au fil du temps les pieds d'une falaise, il s'immisçait dans l'esprit des gens et pouvait y faire des dégâts considérable. L'ünik détestait cette sensation. Il la fuyait même. Préférant largement suivre le chemin que lui indiquait son instinct, quitte à se tromper et rebondir, plutôt que de rester bloqué au croisement de l'incertitude. Ce fichu grain de sable, pour l'heure minuscule, risquait pourtant de bloquer toute la mécanique qui s'était construite dans l'équipe Sigma. Ithilion allait devoir vite faire la lumière sur cette affaire.  Tout comme lors d'un combat, il valait mieux prendre les devants pour ne pas se retrouver en fâcheuse posture par manque d'anticipation.
Ithilion frappa dans ses mains. La vague d'énergie remonta ses bras engourdies par le puissant recule de ses armes, avant de se répartir dans le reste de son corps  et l'aida à se lever. En premier lieu, il devait rejoindre sa disciple comme promis. Ce moment de complicité en dehors de l'entrainement lui changera d'air et cela lui laissera le temps pour méditer sur la façon de régler ses soucis. Même si il ne faisait aucun doute que la finesse n'encadrerait pas son plan d'action.

Avant de sortir en ville, le Chasseur Ailé  retourna dans sa chambre afin de troquer sa tenue d'appartenance à l'ordre, pour un ensemble sobre qui lui permettra de se mêler à la foule sans distinction. Il tapota d'un geste nostalgique la couverture de l'épais guide d'utilisation de son dzêta qui trônait sur son bureau. Dernier présent de son maitre et ironiquement symbole perpétuel de son enseignement. Bien que la comparaison aurait mis cette femme à l'égo tout aussi démesurée en pétard, Ithilion voyait ce livre comme une sorte d'artefact de sa présence en ces lieux.
Une fois redescendu dans le hall, une voix l'interpella. Une voix désagréable à ses oreilles et qui le fit grimacer car elle appartenait à une personne dont il n'avait absolument pas envie de parler pour l'instant.

-Markus... lâcha-t-il désagréablement en se retournant. Je suis pressé, que ce passe t-il ?

Déjà qu'en temps normal la relation électrique entre les deux hommes explosait pour un rien, cette affaire n'allait surement pas arranger le courroux que portait Ithilion à son égard. Cependant, il devait rester calme et se tenir à carreau. L'avenir de Sally dépendant malheureusement de la volonté de l'intendant en direction des Chasseurs Ailés, il ne voulait pas briser ces semaines d'efforts sur de simples suppositions. Son visage se détacha alors, et il réussit même à offrir un sourire à son interlocuteur. Ce dernier resta complètement de marbre, comme à son habitude. Klegan lui tendit simplement un dossier.

-Il s'agit de la liste des épreuves de l'examen de Chasse de cette année. Si tu en parles à quelqu'un d'autre, je te fais fusiller. J ai décidé que ta disciple participera avec les autres concurrents. Si elle réussit elle poursuivra le cursus classique. Comme le hasard fait bien les choses, l'examen a lieu cette année et dans deux mois et demi. Çà te laisse un peu de répit

Ithilion cligna plusieurs fois des yeux, complètement abasourdi par ce geste inhabituel de la part de son supérieur.

-Merci...réussit-il tout simplement à répondre.

Complètement indifférent à sa réaction, le vétéran lui avait déjà tourné le dos pour retourner se terrer dans son bureau, laissant Ithilion pantois. La décision de Klegan était à la fois rassurante et mauvaise. Voir très mauvaise. Parvenir au titre de Chasseur Ailé se déroulait en trois grandes étapes. Tout d'abord, il y a l'examen d'admission. La plus part du temps, des enfants étaient sélectionnés dès leurs plus jeunes âges et passaient une série d'épreuves jugeant leurs capacités. Ensuite, ils étaient entrainés plusieurs années par quelques formateurs jusqu'à pouvoir passer l'examen de Chasse. Une épreuve réputée dans tout le corps militaire d'Anathorey pour sa violence et sa complexité. Son but : épurer les candidats pour ne garder que la crème de la crème. Cela n'était qu'ensuite que ces rescapés se voyaient divisés en groupe de trois, avec un maitre personnel dont la tâche se résumait à faire réussir ses élèves lors de l'examen de l'Envol. Cependant cette dernière épreuve se révélait proportionnellement beaucoup moins difficile par rapport à l'examen de Chasse. Le fait qu'il était impossible de s'y préparer étant donné que les épreuves changeaient à chaque fois en constituait la première raison. Et il fallait au minimum cinq années de préparation avant de pouvoir espérer le réussir. Certes sa disciple montrait des capacités plus que satisfaisantes, mais face à des machines de guerre bien plus expérimentées, sa réussite relèverait presque du miracle. Heureusement que son supérieur, pour une raison qui lui échappait encore, avait tordu le règlement et lui avait fourni les points qu'ils allaient devoir travailler d’arrache-pied.
Ithilion remonta rapidement mettre ce document en sureté. Il espérait fortement que Klegan ne s'était pas moqué de lui en lui remettant consciemment de mauvais renseignements. Aucune cachette ou forteresse au monde ne pourrait protéger cet homme du châtiment du disciple d'Elionne Histo si tel était le cas. Mais malgré l'aversion  envers celui qu'il considérait comme un imposteur à la place de son maitre aux commandes, il pouvait se rassurer en admettant que dernier possédait tout de même des valeurs bien ancrées. Si elles divergeaient souvent avec celles propres au fondation de l'Ordre,  il n'en restait pas moins un homme droit.
Il cacha le fameux dossier bien soigneusement sous une pile de paperasse à l'intérieur d'un tiroir. Maintenant il n'avait plus qu'à retrouver sa disciple pour lui annoncer ce changement de programme. En sortant de sa chambre, il croisa dans le couloir la deuxième personne sur qui le chevalier ne voulait absolument pas tomber maintenant : Etan. Ithilion ne s'arrêta pas et disparut dans les marches.

A l'extérieur, la température presque étouffante n'avait pas empêché la foule d'être de sortie. Quoi de mieux qu'un bon après-midi à se promener à l'intérieur de ces architectures célestes ? Ithilion ne pouvait blâmer les citoyens d'Anathorey de se pavaner dans les rues pour échapper aux soucis du quotidien. Bien que leurs problèmes se trouvaient pour la majorité sur une échelle bien insignifiante.
Lui ne prenait pas suffisamment de temps pour respirer.  Son mode de vie ne lui permettait pas tellement ce genre de luxe, mais cela lui convenait amplement. Son corps réclamait de l'action. Son esprit se nourrissait de l'adrénaline procurée par goût du risque et le rythme endiablé des missions.  Même si il ne refusait pas non plus une bonne pause en compagnie de ses proches pour festoyer, rire, profiter de cette qui pour eux tenait à un fil.

A l'aide de son dzêta, il repéra rapidement l'aura à présent familier des deux compères. Il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour les rejoindre. Avant d'aller à leur rencontre, il s'arrêta quelques instants, couvert par la foule, pour observer la jeune fille. Cette dernière affichait un regard pétillant et son sourire éclatant laissait transparaitre sa joie de vivre cet instant. Vu les dernières semaines qu'elle venait de passer, normal qu'elle appréciait autant ce moment de liberté. Ithilion contempla sa disciple pendant quelques minutes, sans se lasser de voir ce doux visage exprimer autant d'enthousiasme.  Il appréciait beaucoup Sally. Sa délicatesse, sa franchise, son émerveillement pour le monde. Naturellement, avec la proximité de leur relation, il constatait les changements que lui intimait inévitablement la formation de Chasseur Ailé. Mais elle évoluait à la manière d'une rose : augmentant chaque jour en beauté, en charme et surtout en piquant.
Lorsqu'il décida enfin de se montrer, il prit bien soin d'arriver dans le dos de la jeune femme avant de lui souffler à l'oreille avec un grand sourire goguenard :

-Excusez moi mademoiselle, je voudrais pas vous inquiéter, mais vous avez un morceau de tissu dans les cheveux.


Connaissant l'émotivité de Sally, il préféra quand même rattraper son humour qui la restabilisait si souvent en la rassurant :

-Mais il te va comme un gant ! Une vraie Duchesse d'Anathorey. Où une chèvre..
.rajouta-t-il en faisant tinter la petite clochette avant d'éclater d'un rire franc.

Décidément, c'était plus fort que lui. Il ne se moquait pas méchamment, il adorait simplement voir la moue de Sally lorsqu'elle était la cible de ses plaisanteries de gamin.

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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 22 Fév - 17:40


Sally sursauta lorsque son maître, qui arriva discrètement derrière elle, lui dit au creux de l'oreille qu'elle avait un morceau de tissu dans les cheveux. Elle eut le réflexe d'y porter sa main, avant de comprendre qu'il parlait du ruban qu'elle venait d'acquérir et de se trouver stupide d'avoir réagit ainsi. Ithilion ajouta tout sourire que l'accessoire lui allait à ravir. Il la compara d'abord à une Duchesse d'Anathorey, puis à une chèvre, en faisait tinter d'une pichenette la petite clochette accrochée au chignon. Sally baissa les yeux, un peu déçue d'être comparée à la cousine d'un bicorne. Sa mine déconfite fit éclater de rire le Chevalier, qui était toujours très bon public de son propre humour.
« Je suis la Duchesse des chèvres ? s'interrogea Sally, qui ne comprenait pas comment Ithilion avait pu pensé à une noble puis à un animal en aussi peu de temps rien qu'en la regardant, et tentait de faire un rapprochement entre ces deux choses de prime abord très différentes.
- Vois le bon côté des choses, renchérit Cecil qui n'avait pu s'empêcher à son grand dam de sourire à la petite farce. Tu te demandais si tu étais jolie, tu as ta réponse.
- C'est méchant, Cecil » répliqua la jeune femme en souriant, finalement amusée par la situation.

Les deux compagnons se levèrent du banc sur lequel ils avaient attendu Ithilion pour lui faire face et que l'on décide de ce que l'on allait faire de cette journée de repos. A dire vrai, le Chevalier et Sally étaient ceux qui en avaient le plus besoin. Cecil se montrait beaucoup plus oisif dans ses tâches et ne craignait pas de se montrer peu zélé pour un majordome censé être parfaitement loyal à son employeur. Il aurait été toutefois difficile de dire avec certitude s'il était réticent à l'idée d'une telle balade à cause de la chaleur ou à cause de sa constante mauvaise humeur.
« Trêve de bavardages, lança-t-il en croisant les bras d'un air sévère, déjà las d'une conversation qui avait à peine commencé. Que fait-on à présent ? »
Il n'était guère enchanté à l'idée de devoir passer tout un après-midi aux côtés de ce gringalet aux cheveux blancs qui le faisait bouillir dès qu'il ouvrait la bouche. Plus tôt ils seraient rentrés mieux cela vaudrait. Le QG ne lui manquait pas plus que cela, mais la tranquillité de sa chambre se faisait ardemment désirer dans le bourdonnement entêtant et continuel des rues d'Anathorey. Comme si elle l'avait entendu penser, Sally se risqua à faire une proposition qui tomba à pic.
« Comme il fait très chaud, nous pourrions aller dans un café pour boire des rafraîchissements ? »

Elle sourit en joignant les mains, heureuse de pouvoir un peu marcher dans la capitale en compagnie de Cecil et d'Ithilion. La première fois qu'elle s'y était promenée, elle avait été prise en otage dans une banque à peine une heure après son arrivée. Elle n'avait rien vu de la ville et avait ensuite été emmenée au siège des Chasseurs Ailés. L'heure était venue de réparer ces contretemps !
« Ce n'est pas une mauvaise idée, répondit Cecil, d'un ton qui laissait très bien entendre qu'Ithilion n'aurait pas à donner son avis sur la question. Allons-y »
Il donna le bras à Sally se manière assez possessive, en veillant bien à ce qu'elle ne s'éloigne pas d'un pouce de lui. Les deux compagnons avaient pris l'habitude de se déplacer ainsi attachés lorsqu'ils se retrouvaient dans des lieux publics où ils pouvaient potentiellement se perdre – ce que Cecil redoutait par dessus tout les premières semaines où il avait retrouver la jeune femme. Depuis ils ne parvenaient pas vraiment à se détacher de cette coutume, dont ils ne devaient guère avoir conscience. Pendant leur marche, Sally adressa régulièrement des sourires à son maître, très soucieuse malgré tout qu'il se trouve bien à ses côtés. L'entraînement l'avait peut être endurcie, mais elle demeurait peu sûre d'elle dans les environnements inconnus. La présence des deux hommes, bien qu'ils ne s'appréciaient pas, lui faisait beaucoup de bien. La petite troupe trouva finalement un petit café dans des rues reculées du centre-ville, où il n'y avait pas beaucoup de monde ni beaucoup de bruit. La terrasse ombragée, sous les tentures claires et les branches d'arbres était même tout à fait calme. Ce fut dans cet endroit apaisant qu'ils s'assirent et attendirent de pouvoir passer commande.

¤¤¤~¤¤¤

Erwan Millard marchait d'un pas vif et énergique, transpirant sous le soleil, en veillant à ce que l'épaisse pile de documents qu'il gardait sous le bras ne s'envole pas. Il avait traîné la patte depuis qu'il avait quitté le parc, mais l'enseigne de l'armée accrochée à un grand bâtiment blanc qui se trouvait juste un peu plus loin au bout de son chemin lui redonna du cœur au ventre. C'était un petit poste d'avant-garde mais on saurait sans doute le renseigner là-bas – du moins l'espérait-il. Il entra dans la bâtisse et s'adressa au premier homme portant l'uniforme de l'armée qu'il trouva. Il le salua chaleureusement, se présenta, et lui expliqua qu'il travaillait pour une femme qui avait récemment perdu sa fille et qui désespérait de la retrouver. Il montra la photographie de Sally à l'homme, ainsi qu'à deux de ses collègues qui les avait rejoint, avant d'ajouter que la jeune fille en question était disparue depuis plus d'un an. Les soldats lui indiquèrent qu'ils travaillaient surtout à la sauvegarde de l'ordre public et que la recherche de personne n'était pas leur spécialité. Cependant Millard saurait trouver des gens plus qualifiés s'il se rendait au quartier général des Chasseurs Ailés, qui se trouvait à deux pas d'ici. L'intéressé les remercia et se mit aussitôt en route.

Cette caserne a bien plus de gueule que ce petit commissariat citadin, songea le jeune homme lorsqu'il se retrouva devant l'escalier qui menait au hall d'accueil. Il gravit les marches les yeux plissés derrière ses épaisses lunettes rondes, éblouis par le reflet de la lumière du jour sur les dalles blanches, et cligna d'un air un peu ahuri lorsqu'il fut enfin entré. Cette bâtisse était aussi immense que richement décorée, et encore ! Millard savait très bien qu'il n'avait pas tout vu. Cependant l'aménagement de la première salle accueillant les visiteurs semblait donner le ton solennel et prestigieux qui rimait avec les voix de cette institution. Les Chasseurs Ailés, d'après son informateur, étaient des tireurs d'élite spécialisés dans les missions les plus périlleuses, allant de l'exploration à l'escorte. Mais leurs moyens étant plus importants que ceux de la police de ville, en raison de leur très prestigieuse clientèle, il était plus pertinent de s'adresser à eux si l'on recherchait quelqu'un.
L'audacieux Millard jeta son dévolu sur le premier Chevalier qu'il croisa, encore une fois peu désireux de s'enfoncer trop loin dans le QG pour trouver quelqu'un de compétent. On l'y conduirait, ou il rentrerait bredouille. Il n'avait pas étudié la biochimie toute sa vie pour courir après les jeunes femmes fugitives.
« Bonjour Monsieur ! lança-t-il gaiement à l'intention d'un des Chasseurs. Il s'agissait d'Alaryk, qui après un début de journée un peu difficile se voyait affublé de la pénible mission de renseigner le désinvolte Érudit. Excusez-moi de vous déranger présentement !
- Je peux vous renseigner ? » répondit mollement le colosse, déjà las de l'énergie de ce tout petit bout de mec qui s'agitait dans tous les sens. Avec ses grosses lunettes sur le pif, on se doutait facilement qu'il était du genre rat de laboratoire plutôt qu'homme de combat.
« A vrai dire, je suis à la recherche d'une jeune personne. Et l'on m'a dit que je trouverai ici les hommes les plus qualifiés de la capitale en la matière ! » s'exclama Millard avec beaucoup d'entrain. Peut-être un peu trop. Mais s'il voulait que ce géant sans cervelle s'intéresse à son cas, il devrait le brosser dans le sens du poil.
Alaryk lui fit signe de le suivre. Satisfait, Millard arrangea tous les papiers qui pesaient sous son bras et suivit son informateur. Pour le moment, il n'avait encore montré la photographie de Sally à personne.
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 22 Fév - 21:23

Si il y avait bien une chose qui n'évoluait par contre chez Sally, il s'agissait de sa réaction à l'humour. Malgré des heures de tentative d'explication du second degré avec un maitre en la matière, le concept semblait totalement échapper à cet éternel enfant. Cela constituait sa personnalité si particulière qui amusait et attirait quelque peu le jeune chevalier.
A cause de la chaleur, la demoiselle souhaita se désaltérer à l'ombre d'une terrasse.  Son compagnon, à l'humeur boudeur comme d'accoutumé, accepta la proposition sur le ton du choix le moins pire. Cet homme à la peau si pâle ne semblait supporter ce magnifique temps ensoleillé, telle une sombre créature mis à mal par l'éclat de l'astre solaire. L'image tira un sourire à Ithilion car elle correspondait bien à la personnalité mielleuse, froide et sournoise de ce type aux attitudes un peu bourgeoise. Heureusement que Sally montrait moins de manière. Le chevalier se retint de faire une remarque lorsque le faux majordome se saisit du bras de sa disciple pour la garder bien à ses côtés, comme si il avait peur de la perdre dans la foule. Fondamentalement ce geste ne le gênait pas, mais Sally allait devoir s'émanciper un peu plus rapidement à présent si elle voulait réussir à s'engager pleinement dans sa formation. Tout ne s'apprenait pas par de simple mimétisme, il fallait que la demoiselle commence à réfléchir par elle même. Toutefois, ayant cet après-midi comme quartier libre, il n'allait pas faire le rabat joie au risque d'altérer l'humeur rayonnante de son amie.

Avec le flux dense de citoyen qui se promenait, il leur fallut attendre quelques minutes avant de pouvoir se dégoter quelques places protégées du soleil à un café. Ils prirent commande aux frais du Chevalier, qui ne manqua pas de grimacer lorsque Cecil commanda l'une des boissons les plus chères, mais le sourire de sa disciple l'empêcha d'éclater un scandale.  Le temps défilait paisiblement, tout comme les discussions s'enchainaient en légèreté. Sally aimait en savoir un peu plus sur les mœurs de cette grande cité qui l'accueillait en son sain. Les échanges entre les deux hommes se parsemaient de pique habituel, avec une animosité modérée par la présence de la jeune fille qui les liait contre leur gré.
Arriva alors l'instant où Ithilion commença à expliquer à Sally son bref échange avec Markus Klegan. Préférant cependant garder pour lui la partie du dossier, par peur d'être entendue par des oreilles indiscrètes et ne souhaitant pas prendre de risque en présence d'un individu dont il n'avait aucunement confiance, il expliqua le principe de cette épreuve de Chasse.

-La bonne nouvelle, c'est que Markus a plus ou moins officialisé ta première partie vu qu'il te permet de passer l'épreuve officielle. Et cela signifie que tu seras  considérée comme égale à tout tes proches si tu passes l'épreuve. Enfin j'aurais même tendance à dire supérieur étant donné le temps que tu as eu pour t'entrainer...rajouta t-il avec sarcasme envers cette situation merdique.

Il lui raconta quelques types d'épreuves des examens passés. Notamment la plus célèbre. Celle qui traversait les académies militaires depuis des années et que les générations d'aujourd'hui peinaient à croire. Ce récit était passé du stade de simple rumeur à celui d'une véritable légende dévoilant la sélection spartiate de l'Ordre des Chasseurs Ailés. D'après celle-ci, le groupe d’apprentis auraient été  lâchés en pleins cœur de la forêt sombre Hybrid. A chacun, il ne leur aurait été laissé qu'un short, un maillot, un couteau, ainsi qu'un pistolet muni d'une unique balle. L'objectif aurait été de construire tout d'abord deux camps dans lequel ils auraient à survivre pendant deux semaines. Puis, à l’issue de cette échéance, les survivants auraient été divisés en deux équipes. L'épreuve, toujours d'après ce terrible mythe, ne se serait finie uniquement lorsque l'une des deux équipes aurait exterminé l'autre.

-Évidemment, cela n'est que le résultat de ragots amplifiés et déformés. rassura Ithilion devant la mine peu rassurée de sa disciple. Toutefois, si on ne vous demandera pas de vous entretuer. La première partie de l'épreuve reflète plus ce qu'on peut vous demander. Cela sera surement difficile et dangereux, mais rien de mortel. Des inspecteurs sont normalement la pour y veiller.

Il ne pouvait pas non plus lui cacher la vérité. Si les morts à cette épreuve se comptaient sur les doigts d'une personne, les blessées ou les abandons par déficiences physiques n'étaient clairement pas aussi rare. Cette épreuve refroidissait  en général les candidats lorsqu'ils en découvraient le contenu. D'ailleurs un silence lourd de sens venait de tomber autour de la table. Parfois Ithilion redoutait que sa disciple ne s'était pas représentée la complexité du chemin qu'elle empruntait. Si sa voie effleurerait les cimes de la liberté, la vie ne sera jamais toute rose au sein des Chasseurs Ailés.

Allez pètes un coup Sully ! lâcha tout à coup Ithilion en donnant des petits coups de coude complices à sa disciple. Tu as le meilleur professeur que tu pouvais avoir ! Je vais faire de toi une tueuse ! Avec ton talent, il y aura aucun souci !! Tu vas en chier mais tu n'auras aucun souci !

Soucieux de simplement faire prendre conscience à sa disciple du chemin qu'il lui restait à parcourir, et non pas de la décourager, il lui posa  son index sur sa joue pour forcer délicatement la rencontre de leurs deux regards.

-Tu as largement les moyens d'y parvenir si tu en fais une conviction profonde. Il te suffit juste de te donner les moyens et de ne surtout pas sous-estimer ce qu'il t'attend. Si tu as le moindre doute, fais confiance en ton instinct. Si tu as des questions, poses les en ceux envers qui tu as réellement confiance.

Après toutes ces heures passées ensemble, un lien de confiance commençait à s'installer entre le maitre et la disciple.En plus de cela, un certain langage se construisait petit à petit. Et si la demoiselle ne comprenait pas encore le deuxième degré, elle se familiarisait de plus en plus avec l'implicite de ce langage particulier qui les rapprochait.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Jeu 25 Fév - 1:22


Lorsque les boissons furent commandées, Ithilion raconta à Sally la conversation qu'il avait eue avec Markus Klegan juste avant de les rejoindre. Elle se crispa, légèrement impressionnée par cet homme au regard dur, dont elle savait que les relations avec son maître n'étaient pas très bonnes. Heureusement cette fois le Chevalier ne s'était pas fait réprimander à cause d'elle, comme cela était arrivé plusieurs fois. Ils avaient simplement parlé des modalités des épreuves qui attendaient pour bientôt les nouvelles recrues qui intégreraient les Chasseurs ailés, si d'aventure ils les réussissaient. Elle l'écouta attentivement, en buvant par moment quelques gorgées d'un jus verdâtre étrangement sucré. A mesure qu'il lui contait les épreuves passées, elle sentait un nœud se serrer de plus en plus dans sa gorge et dans son ventre. L'assurance dont elle avait fait preuve en arrivant au QG lui paraissait bien lointaine. Depuis quelques temps, ses paupières un peu lourdes, ses muscles du haut du corps qui la lançaient et ses nuits de sommeil agitées commençaient à avoir raison de son moral. Sa motivation se laissait parfois doucement ronger par des petites voix goguenardes qui surgissaient de nulle part, pendant ses entraînements ou dans le ventre mou du soir. Elles lui sifflaient de sales conseils déguisées en arguments irréfutables. Quand elle les écoutait, Sally avait le dur sentiment qu'elle n'y arriverait jamais. Elle ne serait jamais une chasseuse, elle ne serait jamais une Ünik, et surtout, elle le décevrait lui, Ithilion Gwendilan, qui pour une raison qui lui était inconnue, avait cru en elle rien qu'après quelques heures passées ensemble. Quelque part, c'était sans doute la pire chose qui puisse lui arriver. Soucieuse, elle baissa les yeux et soupira profondément.

Ithilion lui donna alors des petits coups de coudes et lui conseilla, gai comme un pinson, de « péter un coup ». Elle écarquilla des gros yeux surpris, tandis que Cecil manqua de s'étouffer en sirotant son cocktail. Ce langage peu châtié était très désagréable à ses oreilles de nobles. Ce Chevalier était décidément un rustre mal embouché. En son for intérieur, il espérait que ce comportement roturier ne déteigne pas sur Sally, qu'il avait eu du mal à éduquer – car on pouvait en effet parler d'éducation tant Cecil avait appris de choses à la jeune fille.
Sally n'entendait pour sa part que les encouragements d'Ithilion. Elle devait lui faire confiance ! Après tout, il était le meilleur professeur, un spécialiste dans son domaine. Il ferait d'elle une véritable tueuse, et avec le talent qui était le sien, elle serait bientôt capable du meilleur ! Légèrement rassurée, la jeune femme esquissa un sourire timide. Le timbre clair de son maître éliminait tous les murmures qui pourrissaient dans ses oreilles. Il les balayait tout simplement, avec une telle désinvolture que rien qu'à l'écouter elle avait le sentiment qu'elle pourrait effectivement devenir un grand soldat d'Anathorey.

Le Chevalier posa doucement un doigt sur le visage de Sally, pour qu'elle redresse le menton et croise son regard. Il avait l'air si sérieux, et lui parlait d'une voix si avenante que c'en était très déstabilisant. Elle pourrait y arriver. Elle en avait les moyens. Elle devait se faire confiance, ne rien sous-estimer de ce qui l'attendait, et surtout, poser les questions aux personnes fiables de son entourage si elle avait le moindre doute.
« Oui... » souffla Sally, impressionnée par cet élan de soutien de la part de son maître.
Ithilion n'était pas quelqu'un de fondamentalement tendre. Il lui avait dit que son entraînement serait dur et n'avait pas menti. Parfois, la jeune fille en pleurait, lorsqu'elle était seule dans sa chambre, là où même Cecil ignorait ce à quoi elle pouvait bien penser. Mais il était un pilier, un guide, un chef qu'elle était prête à suivre jusqu'au bout du monde tant ces dires étaient réconfortants et porteurs d'espoir.
Sally soutint le regard du Chevalier. Ses grands yeux clairs étaient criants de franchise, de droiture. On y lisait toute la foi qu'il avait en l'avenir de sa disciple. Ils se regardèrent ainsi quelques instants, sans rien dire, à l'ombre paisible du grand arbre. La jeune femme finit par détourner le regard en rougissant un peu. Par moment elle se sentait mal à l'aise face à Ithilion sans qu'elle ne puisse en expliquer la raison.
« Je ferai de mon mieux ! » assura-t-elle, en regardant le ciel bleu au travers des branches de l'arbre qui les préservait des violents rayons du soleil. Un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres, tout discret mais sincère.

Cecil posa son verre vide sur la table et croisa les bras, l'air de s'ennuyer ferme. Il observait les maître et disciple d'un œil peu avenant. La tournure que prenaient les choses ne lui plaisait pas du tout. Il lui faudrait bientôt intervenir s'il ne voulait pas que Sally et ses chances lui glissent entre les doigts.

¤¤¤ ~ ¤¤¤

Dans le bureau d'enregistrement des requêtes civiles, Erwan Millard s'agitait comme un forcené sous les yeux éberlués d'Alaryk et de deux secrétaires. Tous trois étaient là pour entendre ce que ce petit jeune homme maigrelet avait à leur dire, mais voilà qu'il avait étalé tous ses papiers au sol, renversé sa mallette, vidé l'intégralité de ses poches, et secouait frénétiquement sa veste dans tous les sens. Il avait l'air un peu ennuyé et grommelait à toute vitesse des « bon sang » depuis près de dix minutes. Au bout de ce délai, le compagnon d'Ithilion, appuyé sur un des comptoirs du bureau, s'impatienta légèrement :
« On peut se contenter d'un nom, vous savez, dit-il d'un ton un peu las.
- Je ne comprends pas. J'avais cette photographie sur moi il y a à peine une demie heure ! protesta l’Érudit, qui transpirait à force de rechercher le portrait dans tout son bazar.
- Vous l'aurez égarée, répondit gentiment l'une des secrétaires, désireuse de conclure cette histoire sans fâcher personne. Dans un premier temps, je peux vous suggérer de nous faire une description de la jeune fille perdue. Vous pourrez revenir avec un nouveau portrait d'elle plus tard.
- Eh bien, oui, je suppose... » concéda Millard, sans grand enthousiasme.
Merde. Comment allait-il pouvoir dire à Sullivan qu'il avait perdu bêtement la photographie du sujet ? Il y avait son nom écrit au verso, mais comme l'affaire était censée se dérouler de la manière la plus discrète possible... Nul doute qu'il allait sévèrement se faire remonter les bretelles. Il envisagea un instant de mentir à sa patronne, mais son instinct de survie lui souffla de ne pas essayer. Quoiqu'il advienne il était à présent dans de sales draps.

Alaryk se rapprocha de l’Érudit une fois qu'il eut ranger toutes ses affaires, et commença à l'interroger sur la personne disparue qu'il leur fallait retrouver. Une des secrétaires s'empara d'un formulaire, et nota frénétiquement chaque information, tandis qu'une autre farfouillait dans des piles de dossiers dont Millard n'avait aucune idée de l'utilité. Il indiqua que la jeune fille envolée se nommait Sally Sullivan. Elle devait être âgée de dix-neuf ans, et était de petite taille. Elle avait de très longs cheveux sombres et des yeux clairs – Millard n'avait pas bien regardé la photographie de Sally, croyant qu'il pourrait la délivrer aux Chasseurs, c'est pourquoi il ne put donner que très peu de détails sur le physique de l'intéressée.
Alaryk fit une moue résignée une fois que les formulaires furent remplis et les dossiers mis en ordre.
« Je ne vous cache pas qu'on risque de ne pas aller très loin avec les informations que vous nous avez donné. L'ensemble reste assez vague, dans la fourmilière qu'est Anathorey, je n'imagine pas combien de jeunes femmes répondent à votre description. Et ce problème devient vertigineux si on envisage d'étendre nos recherches à Nordkia !
- Peu d'entre elles répondront au nom de Sally Sullivan, rétorqua sèchement Millard, agacé par le ton de ce Chevalier. Vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir, n'est-ce pas ? Et avec discrétion, ça va sans dire ? Il en va de la santé d'une mère folle d'inquiétude pour sa fille, je vous le rappelle !
- Oui, oui, oui » répondit Alaryk, peu convaincu par la verve du gringalet. A ses yeux on était face à une fugue d'adolescente, qui s'éternisait. Elle avait peut-être fuit pour suivre un amoureux, des conneries comme ça.
« On commencera les recherches dès demain. Je vais réunir une équipe, qui se chargera de cette mission jour et nuit. Laissez-nous une adresse pour que l'on puisse vous contacter. Vous serez mis au courant de chaque avancée de l'enquête ».

Millard acquiesça, remit les informations demandées et salua tout ce beau monde avant de s'en retourner dans les Laboratoires. Il avait, tout comme Sally exactement au même instant, une boule de nerfs qui croissait dans son ventre.
Perdu dans ses pensées, il manqua de percuter un Chevalier qui tournait dans le couloir. Il s'excusa brièvement, et partit à toute vitesse en trottant comme un lapin. Le soldat le regarda partir, en arquant les sourcils. Remarque, ces drôles d'oiseaux, on en croisait souvent près du bureau des requêtes. Il haussa les épaules et continua sa route vers la sortie du QG. Lorsqu'il arriva sur les marches du perron, il remarqua que traînait là un petit morceau de papier. Curieux, il se pencha pour le ramasser. Il était inscrit dessus « Sally Sullivan ». C'était un genre de note ? Il retourna le petit papier et constata qu'il s'agissait du portrait d'une jeune fille. Elle avait le visage pâle et fin, une épaisse chevelure brune et de grands yeux bleu. Il la trouva jolie. En souriant, il rangea la photographie dans le revers de sa veste d'uniforme. Il traversa la rue et croisa des subordonnés qui le saluèrent avec un sérieux militaire :
« Vice-capitaine Dawkins ! Vous partez en mission ?
- Tout juste, répondit Dawkins en souriant aimablement. Mais je serai de retour ce soir. Pourrez-vous vous occuper de ce dont je vous ai chargé d'ici-là ?
- Ce sera fait, Monsieur ! » répondirent les subordonnés en chœur. Chacun partit de son côté.

Dawkins était un homme jeune, fort, et surtout respecté des autres membres du QG car il respectait lui-même toutes les personnes qu'il y croisait, du plus haut gradé au plus petit domestique. En marchant, il avait des airs de prince au grand cœur, et la tête haute il parcourut Anathorey avec bonne humeur. Puis il entendit, tout comme Sally, une petite voix dans sa tête. Cette fille, dont il avait trouvé la photo par terre, il était persuadé de l'avoir déjà vue quelque part...
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Jeu 25 Fév - 16:25

Le regard rivé vers le ciel, Sally semblait caresser le désir de pouvoir s'envoler. Cette belle image réconforta Ithilion quant à la détermination de son apprenti. Certes ses ailes commençaient à peine à pousser, mais une fois déployées,il ne faisait aucun doute que ses capacités l'emporteront dans les plus hautes sphères. La vie offrait parfois de drôle de destinée. Tout comme lui, cette enfant de la misère se voyait ouvrir des chemins dont elle n'avait sûrement jamais osé  rêver. Telles des chenilles misérables  vouées finalement à se transformer en un avenir aux possibilités plus épanouies.
Du coin de l'oeil, Ithilion capta la brève expression âpre sur le visage de Cecil. Après tout ce temps, le chevalier n'arrivait toujours pas à éclaircir le mystère des intentions ou des convictions de cet Ünik. Sa condescendance et ses manières supérieurs agaçaient prodigieusement Ithilion. Plus encore, ce dernier ne parvenait pas à comprendre l'intérêt que jouait Sally dans son existence. Tantôt à ses petits soins, tantôt il donnait l'impression de la considérer comme un objet précieux dont il était l'unique propriétaire. Et ce point, si il s'avérait exact, risquait de devenir problématique par la suite, car inévitablement, le faux majordome pourrait devenir un obstacle à l'émancipation de sa disciple.
Ithilion connaissait les sentiments que Sally attachait à son ami proche.  Malheureusement, viendra vite le jour où elle devra faire le douloureux choix de se séparer de l'une des deux raisons qui faisaient son bonheur aujourd’hui hui.  Il ne souhaitait pas voir un jour ce sourire étincelant s'éteindre par un flod de profonde tristesse, mais lui même savait pertinemment qu'avancer signifiait laisser des choses derrière soit.
Le serveur arriva au niveau de la table pour poser l'addition devant le chevalier. Celui-ci s'empara du petit bout de papier avant de s'exclamer :
-Quoi ?!! Tout ça pour trois petits verres ?
Son regard voyagea à trois reprises entre le ticket et le serveur, resté planté à côté de lui en attente du paiement. L'Ünik radin comme pas deux finit par se résigner en haussant les épaules et en faisant la moue :
-Mettez le sur mon compte ....bande d'escroc...

-Navré Mr Gwendilan, refusa l'employé. Cela fait plus de trois mois que vous nous devez plus de  deux cents pièces Guinées . Alors aujourd'hui vous payez où cela risque de mal se terminer pour vous.

L'ünik, un grand homme à la musculature plutôt bien fourni, croisa les bras en guise de signe assez explicite quant à sa détermination à ne pas repartir bredouille. La mine déconfite, Ithilion sortit la bourse logée précieusement à l'intérieur de sa veste et sortit le compte nécessaire pour régler l'addition. Mais le serveur ne se démonta pas  :
-Il manque toujours deux cents Guinés Mr gwendilan ...

-Ha ? Mince j'avais pas vu. râla le pingre aux cheveux blancs, pleins de mauvaise fois, avant de fourrer dans la main du serveur  la somme manquante d'un geste désinvolte. Venez ! Je ne resterai pas un instant de plus dans cet établissement de VOLEURS ! rajouta-t-il d'un ton furieux à l'adresse de SAlly et  Cecil, avant de se lever en prenant bien soin d'attirer le plus possible l'attention. J'espère que mon prochain contrat sera votre tête !!!

Médusé, le serveur secoua simplement la tête d'un air navré avant de retourner à l'intérieur du bar pour reprendre le service. Quelques rires amusés de l'audience, face à cette scène de scandale pathétique, finirent de mettre en rogne le coupable plaidant sa victimisation. Boudeur, le chevalier partit quelques mètres devant en grommelant toute sa rancœur à l'encontre de cette Cité aux prix démentiels.  Quand il se trouvait dans cet état, Sally avait compris par expérience qu'il valait mieux attendre que l'orage passe. D'ailleurs, le chevalier ne prit même pas la peine de s'assurer  que sa disciple et son détestable compagnon le suivaient toujours.
L'arrivée de la jeune femme dans son quotidien s'était révélée bénéfique sur le comportement explosif de son maitre, notamment tenu par la promesse faite à Markus Klegan de se tenir à carreau. Ce changement n'avait guère échappé à bon nombre de membres des Chasseurs Ailés, soulagés par cette période d'accalmie soudaine. Il subsistait néanmoins des sujets ou l'ünik demeurait sensible. Trois pour être exact : Elionne Histo, sa disciple et l'argent. Les gens ne changeait jamais complètement, et ayant vécu dans la précarité la plus sévère, son attrait pour cette ressource tristement nécessaire pour mener une existence minimum digne n'avait fait que grandir avec le temps. Il ne se cachait pas de ce défaut et se moquait de savoir qu'il pouvait être mal vu. Lui gagnait cette richesse au péril de sa vie, contrairement à beaucoup d'individus répugnants dans cette cité de tout les excès. Et si il affectionnait ces petits bouts de métaux précieux, il n'en vendrait pas pour autant son âme.
Alors que ses pensées commençaient à refroidir, une voix réussit à se défaire du brouhaha ambiant pour arriver jusqu'à son oreille. L'ünik qui l'interpellait n'était d'autre que Dawkins, un jeune gradé du QG. Ithilion le regarda s'approcher de lui de sa démarche droite sublimée par sa tenue impeccable de l'Ordre. Dawkins était l’archétype du soldat irréprochable et bon dans tout ce qu'il entreprenait. Un guerrier redoutable, intelligent, que tout le monde respectait et entièrement dévoué envers les autres et sa nation. Tout cela expliquait son ascension rapide au sein de la hiérarchie malgré son jeune âge. De plus, au delà d'être un excellent tireur, Ithilion le tenait en haute estime pour sa conformité aux valeurs initiales de l'Ordre des Chasseurs Ailés.  Une qualité de plus en plus rare parmi ses adeptes. 
De ce fait, le soldat appartenait au cercle très fermés des amis du chevalier aux cheveux blancs. Lorsqu'il fût près de lui, les deux üniks se saluèrent d'une accolade amicale.

-Je vois que tu es en tenue de cérémonie. Que fais-tu dans les parages ?
demanda alors Ithilion en le reluquant de haut en bas.

-Haha ! Je dois me rendre au palais pour assurer la sécurité d'un banquet. lui répondit-il en dévoilant sa dentition aussi parfaite et éclatante que tout le reste. Je m'arrête juste deux minutes pour reprendre mon souffle. C'est que ces armures d'apparats ne sont pas faites pour traverser la ville avec une telle chaleur.

-Tu te laisses aller Cedric. Il va falloir te remettre au sport.
Un rire franc éclata des deux côtés, la mauvaise humeur d'Ithilion complètement dissipée par l'aura si apaisante de son ami. Lorsque Dawkins lui retourna la question, il se mit sur le côté pour lui dévoiler avec un grand sourire  les deux personnes qui l'avaient finalement suivi en retrait et dont il ne souciait absolument pas quelques secondes plus tôt.
- Je prenais simplement un peu de bon temps avec Nancy et mon Majordome. Bah quoi ? y a quand même pas de mal à s'prendre un peu de bon temps...
La remarque vint en réponse de l'expression troublée qui s'afficha sur le visage du fier soldat. Pour une raison qu'Ithilion ne saisit pas, la venue de Sally  sembla focaliser toute son attention sur elle. Comme si sa présence, d'ordinaire discrète et oubliée,  le déstabilisait.  Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il la rencontrait.  Il se retourna vers sa disciple avec un air suspicieux avant de revenir à Cedric dont l'attitude bienveillante était revenue.

-Ha non ! C'est bien, c'est bien... il faut tu as raison ! lui concéda finalement Dawkins.
Le ton de sa voix trahissait le travail d'un intense effort de réflexion. Peut être que l'histoire d'Etan rendait Ithilion simplement parano, mais il sentait que quelque chose clochait. Son instinct captait réellement une sorte de mal aise, bien que très subtile et cette ambiance nébuleuse autour de lui commençait sérieusement à l'inquiéter. Surtout qu'il n'en comprenait pas la raison.

-Et bien salut  Nancy. reprit le soldat en posant sur l'intéressée un regard scrutateur, caché par un immense sourire. Un peu de repos ne fait pas de mal après l'entrainement infernale que tu subis, n'est ce pas ?
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Ven 26 Fév - 1:11


Vint le moment de payer l'addition, sans nulle doute le moment le plus pénible de la journée pour Ithilion. Il fallait être aveugle et sourd pour ne pas savoir qu'il était très attaché à l'argent et de ce fait fort peu enthousiaste à l'idée de le dépenser. Le café où ils avaient décidé de s’arrêter était un élégant troquet, aux prix malheureusement trop élevés au goût du Chevalier. Quand le serveur lui tendit la note, il ne put retenir une exclamation de surprise, outré par le montant de leur commande. Il voulut que l'on écrive cela sur son ardoise, mais l'employé refusa, à raison d'un retard déjà important dans le paiement de visites précédentes. Un ajout, et c'était la colère du patron assurée ! Ithilion jeta une bourse pleine de guinées sur la table, avant d'enjoindre à ses deux compagnons de quitter immédiatement ce repaire d'escrocs. Sally se leva immédiatement et suivit son maître qui marchait à une vive allure, fort mécontent. Cecil quant à lui s'amusa très hautement de la mauvaise humeur d'Ithilion. Il se paya le luxe de présenter des excuses au serveur pour « l'impolitesse de son ami un peu rustre ». Même si l'intéressé n'avait pas entendu cette remarque, le faux majordome était très enjoué d'avoir pu ainsi dire du mal de lui. La prochaine fois il s'assurerait de le faire en face de lui, rien que pour le plaisir de le faire sortir de ses gonds. C'était un véritable jeu d'enfant...

Sur le trajet du retour, Sally marchait derrière son maître qui fulminait. Elle avait appris à ne pas l'approcher lorsqu'il était en colère, et particulièrement lorsqu'il était agacé pour des raisons d'argent. Elle ignorait pourquoi, mais il semblait très attaché à des petits bouts de métal doré. Cecil lui avait expliqué qu'il s'agissait de monnaie et que l'on ne pouvait acquérir des bien et service uniquement en contrepartie d'une poignée de ces fameuses guinées. Si elle avait saisi la logique de l'offre et de la demande, ses subtilités lui échappaient, car jamais l'idée de râler après un prix ne lui était venue à l'esprit – cependant, à rester aux côtés d'un Chevalier un peu avare, rien ne lui garantissait de demeurer si passive toute sa vie.
Sally entendait son maître aux cheveux blancs grogner après ces « voleurs de commerçants de la capitale » qui n'étaient plus ce qu'ils étaient. Des voleurs, des escrocs, des extorqueurs, il saurait leur rendre la pareille un jour à ces gredins ! Discrètement mais sans réussir à se contenir, la jeune femme riait légèrement à l'entendre si mécontent. Au début de leur relation, si ces colères avaient pu l'impressionner, à présent elle s'en amusait beaucoup, mais sans aucune moquerie contrairement à Cecil. Lui arborait un air supérieur de noble qui n'avait pas peur de mettre la main au portefeuille, puisque tel l'exigeaient les règles strictes du commerce d'Anathorey. Il avait largement les moyens de payer, mais quel maître faisait payer son majordome à sa place ? Si cet Ithilion avait eu deux sous de jugeote – et c'était le cas de le dire – il aurait confié sa bourse à Cecil, pour maintenir l'illusion du fidèle domestique qui gère l'argent de son maître et s'occupe de l'ingrate tâche du paiement. Oh mais non, le Chevalier ne se serait jamais réduit à confier son précieux argent au rat noir qu'il était ! C'est pourquoi il était réduit à payer lui-même, et à se couvrir de ridicule à chaque fois. Cecil se sentait si puissant qu'il avait du mal à réprimer son sourire cynique.

« Gwendilan ! J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu ! » fit soudainement une voix de l'autre côté de la rue.
Sally et Cecil observèrent l'homme qui les saluait. Ils reconnurent Cedric Dawkins, qui les saluait d'un geste amical, en arborant une mine polie et sympathique. Ils savaient tous deux que c'était un homme assez haut gradé au sein de l'ordre des Chasseurs, mais qui semblait mettre un point d'honneur à s'adresser à tout le monde sur un ton simple et accessible. Sally trouvait cela très gentil et voyait en lui un homme de bien, tandis que Cecil plaçait cela froidement sur le compte du jeune âge du Chevalier – Dawkins ne devait compter à peine quelques années de plus que lui. Toujours était-il que cet homme avait réussi l'exploit de se trouver parmi les maigres rangs des amis d'Ithilion. Les deux hommes se rejoignirent et échangèrent quelques mots amicaux, comme ledit Gwendilan semblait avoir retrouvé sa bonne humeur habituelle.
Dawkins se rendait au palais pour assurer la sécurité d'un banquet. Il portait pour l'occasion un uniforme d'apparât qui selon ses dires était assez peu adapté au climat torride d'Anathorey. Sally l'observait d'un air admiratif, très impressionnée de pouvoir discuter avec un homme d'une si haute importance. Elle se demanda s'il était plus fort qu'Ithilion, et s'il était plus gradé que lui. Cecil quant à lui demeurait en retrait, comme l'exigeait son rôle de domestique. Ce n'était pas pour lui déplaire, car les hommes tels que Dawkins, qui s'amusaient à faire croire que tout le monde était égal à ses yeux, l'horripilaient profondément. On ne lui ôterait jamais de l'esprit que les Chevaliers n'étaient qu'une bande de « m'as-tu vu » sans fierté véritable.

L'ami d'Ithilion lui demanda à son tour ce que tout ce petit monde faisait dans le coin. On lui expliqua que c'était aujourd'hui un jour de repos pour la discipline et qu'une sortie en ville avait été improvisée pour l'occasion. Le sourire de Sally fondit petit à petit en mine très troublée. Sous le regard intense que lui lançait Dawkins, elle rentra les épaules et baissa la tête, comme une petite fille honteuse d'une bêtise qu'elle aurait faite. Pourquoi la regardait-il donc comme ça ? Au bout de quelques secondes, Dawkins finit par dire que leur petite balade était une excellente idée. Cecil arqua un sourcil, l'air suspicieux. Cet homme était-il si lent à la détente ? Il avait mis du temps à faire cette remarque bien inutile. Cette journée était décidément une immense perte de temps. Loin de ces pensées amères, le vice-capitaine continuait d'observer Sally. Quelle étrange ressemblance avec la jeune femme dont il venait de ramasser le portrait... Ithilion parlait d'elle comme de Nancy, Nancy Hatthaway si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Le nom était différent, mais le visage était si semblable que c'en était très perturbant. En tout cas la petite Nancy était toute aussi jolie que cette inconnue, Sally Sullivan. Il lui faudrait vérifier, dès qu'il aurait terminé de discuter avec eux.

« Eh bien, salut Nancy, dit-il en souriant de toutes ses dents. Son sourire cachait cependant son attentif regard de limier, qui prenait soin de retenir chaque détail du visage timide et empourpré qui lui faisait face. Un peu de repos ne fait pas de mal après l'entraînement infernal que tu as subi, n'est-ce pas ? »
Le ton avenant qu'il avait pris et la douceur de son timbre rassurèrent Sally, qui avait cru l'espace d'un instant qu'elle s'était encrassé la joue, le menton, ou le front. Ou les trois. Elle se détendit un peu.
« Oui, répondit-elle d'une voix calme. Mes exercices sont difficiles c'est vrai, mais je fais de mon mieux. Et Maître Gwendilan est très à l'écoute »
Ce disant, elle souriait et son regard brillait un peu, ce qui n'échappa en aucun cas à l'attentif Dawkins. Il comprit aussitôt qu'un lien de complicité très profond liait Ithilion à sa disciple. Il rit légèrement, comme touché par la remarque de Sally.
« Voilà qui change de la hargne des tigresses que l'on peut croiser au QG, n'est-ce pas messieurs ? » lança-t-il d'un air joyeux.
Le peu de femmes qui comptaient parmi les rangs des Chasseurs ailés s'en sortaient en montrant les crocs et en ne se laissant surtout pas marcher sur les pieds des hommes. Toutes avaient un fort caractère et gare à qui les ennuyait. Sally quant à elle appartenait sans aucun doute à la catégorie des créatures les plus douces que l'on pouvait y croiser. Que ce fut une bonne ou une mauvaise chose importait peu, Dawkins avait décidé de prendre la chose avec optimisme. Il sortit de son gousset une petite montre, dont les aiguilles étaient plus avancées qu'il ne l'aurait cru. Comme le temps passait vite !
« Je vais devoir vous faire faux bond, mon ordre de mission n'attendra pas que l'herbe pousse ! Messieurs dames, ce fut un plaisir. Gwendilan, j'espère que tu m'accorderas un verre un de ces jours. Belle fin de journée à vous ! »

Dawkins poursuivit sa route, et dès qu'il eut tourné à un carrefour, il sortit de nouveau la photographie qu'il avait gardé sur son cœur. C'était incroyable... Nancy était vraiment le portrait craché de cette Sally Sullivan. Elles avaient la même couleur de cheveux, le même petit nez fin, et surtout la même mélancolie dans ce regard si bleu. Le verre qu'il boirait avec Ithilion serait sans doute l'occasion d'éclaircir quelques peu cette histoire nébuleuse. Nancy avait peut-être un sosie. A moins que cette belle jeune femme sortie de nulle part, accompagnée de cet homme longiligne tout vêtu de noir, n'ait une histoire plus intéressante. Il brûlait d'avance, en tout cas, de faire plus ample connaissance avec ces deux-là.

Devant le QG, Cecil soupira de soulagement dès que le vice-capitaine fut hors de vue. Quel type ennuyeux. Sally l'avait suivi du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse.
« Je le trouve très gentil, dit-elle naïvement en souriant. Le connaissez-vous depuis longtemps ? » demanda-t-elle ensuite à son maître.
« Bien, fit soudainement Cecil, qui ne tenait plus à bavasser de la sorte. Si vous le permettez, je vais me retirer. Cette journée de repos concerne Sally et je n'ai pas envie de jouer la potiche plus longtemps. Restez donc tous les deux à faire ce qui vous chante, je trouverais à m'occuper de mon côté ».
Même si Ithilion ne le permettait pas, Cecil s'en irait après les avoir salué. Il n'avait qu'une hâte, se mettre sur son lit et faire une sieste. Sa mauvaise humeur et la chaleur le fatiguaient, il ne voulait plus rien entendre si ce n'était le silence d'une pièce calme et paisible, allongé dans la pénombre où personne ne viendrait le déranger.
Sally voulut le retenir, mais c'était trop tard, l'irascible noble était déjà parti. Elle se promit d'aller le voir dans sa chambre le soir venu pour discuter un peu avec lui. Même s'il n'était pas d'accord, elle entrerait et s'installerait à ses côtés pour quelques instants.
« Qu'allons-nous faire à présent ? » demanda-t-elle finalement à son maître, à court d'idée.
On était en fin d'après-midi mais ils avaient encore quelques heures devant eux avant d'être contraints à regagner leurs quartiers. Elle se tenait disponible, prête à accepter n'importe quel programme.

Quand ils parcourut les couloirs, Cecil croisa Alaryk, pour son immense plaisir. Par souci d'être fidèle à son rôle du parfait petit majordome, il salua avec respect l'ami de son maître et lui demanda comment il se portait.
« Ah Fried, si tu savais. On vient de me refiler une de ces patates chaudes aux requêtes civiles ! Je dois retrouver quelqu'un, mais j'ai qu'un nom et une description si banale qu'elle pourrait correspondre à la moitié de la capitale, voire de Nordkia. Autant dire qu'on n'est pas sorti de l'auberge avec cette mission.
- Vous devez retrouver une personne portée disparue ?
- Comme je viens de le dire.
- Certes, pardonnez-moi. J'ignorais que les Chasseurs ailés avaient un tel éventail de compétences, dit-il d'une voix de fausset.
- Hahaha, la polyvalence, c'est ce qui sauve les emplois de nos jours ! lança Alaryk, en donnant une lourde accolade dans le dos de Cecil. Le bougre avait une telle force que le noble manqua une respiration. Je t'abandonne ici, je m'en vais constituer une équipe de choc pour mener à bien cette merveille ! »

Alaryk s'éloigna d'un pas pressé. Cecil l'observa d'un air mauvais. Retrouver les personnes disaprues rentrait donc dans les attributions d'un tel escadron de l'armée ? Voilà qui présentait des risques. Il n'était pas totalement paranoïaque, mais il redoutait que cette information ne remonte aux oreilles de cette vieille peau de Sullivan. Si ce n'était déjà fait...
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Sam 27 Fév - 17:19

La suite de la conversation se déroula en toute courtoisie. Un échange bref et simple entre Dawkins et Sally qui pourtant  ne rassura pas complètement son maître. Les comportements et les personnalités de chacun se dévoilaient inexorablement avec le temps. Et cela faisait des années qu'Ithilion côtoyait le vice-capitaine. Si cet ünik  émérite possédait bon nombre de qualités enviés par son entourage, il n'en restait pas moins quelqu'un de simple dans sa façon d'agir ou de réagir. Sa réaction aussi subite qu'étrange à la vue de Nancy avait donné l'impression d'une sorte de prise de conscience. Hors jusqu'ici, ces deux la s’étaient côtoyés  plus d'une fois, notamment lors de repas au réfectoire, sans que n'apparaisse un tel trouble. Certes, cela ne concernait qu'un court instant, mais le regard aiguisé d'Ithilion captait avec une précision que l'on pouvait difficilement remettre en cause le moindre évènement qui se déroulait dans son champ de vision. Impossible de l'avoir imaginé. Les yeux de Dawkins s'étaient bien chargés d'incompréhension lorsqu'ils s'étaient posés sur sa disciple. Quelquechose clochait. L'instinct du Chasseur Ailé aux cheveux blancs n'arrêtait pas de se mettre en alerte depuis qu'il avait surpris cette discussion dans le bureau de Markus. Ce maudit dialogue le travaillait depuis tout à l'heure, régurgitant dans son fort intérieur  la nauséabonde sensation de trahison. Petit à petit, le doute érodait la confiance infaillible qui le liait avec ses camarades. N'allant pas non plus jusqu'à s'imaginer que le monde fomentait un terrible complot contre lui, il sentait que des chemins convergeaient vers le sien, telles des météorites, et que le choc le forcerait à lui faire prendre une direction bien moins exaltante.

Rappelé par le temps et l'ordre de sa mission, Dawkins s'excusa avant de s'éloigner vers le lieu de son rendez-vous. Si la fin de la rencontre s'était déroulée avec la même légèreté que d'ordinaire, Ithilion ne put s’empêcher de garder un oeil sur le vice-capitaine jusqu'à ce qu'il soit entièrement engloutit par le flot de passants, à l'affut de la moindre attitude suspect. Sans pour autant s"en rassurer, rien de notable ne se produisit.
Sally se retourna alors vers lui avec un grand sourire, et lui demanda depuis combien de temps ils se connaissaient avec cet homme qu'elle semblait apprécier. Et pour cause, lui même ne concevait pas qu'une personne aussi droite que Dawkins ne soit mêlé à une affaire aussi flou.
-Depuis tout petit, lui répondit alors Gwendilan en lui retournant son sourire. Il n'a qu'un an de plus que moi, et il a toujours été un ünik admirable. Malheureusement, son influence n'a pas eut d'emprise sur moi.

En effet, si ces deux Chasseurs Ailés possédaient des valeurs très proches attachées à l'ordre qu'ils servaient, leurs personnalités se trouvaient pour ainsi dire aux antipodes l'une de l'autre. Pourtant, les deux garçons avaient très vite fraternisé.  Ce rapprochement s'expliquait peut être dans la montée fulgurante et les aptitudes peu communes qu'ils avaient démontré au fil de leur parcours.
Enfin Ithilion ne connaissait personne qui soit en mésentente avec ce courageux et  digne personnage. Enfin sauf peut être Cecil, que la rencontre semblait avoir lassé et qui préféra retourner au Q.G sans s'attarder sur les détails. Et si le départ de son ami devait entacher un peu l'humeur de sa disciple, Ithilion se réjouissait de poursuivre l'après midi sans ce croque-mort rabat-joie  qui ne supportait pas de mettre un pied devant l'autre. Après tout, cet après midi devait se supposer reposante. Les problèmes ne se règleraient de tout évidence pas dans l'heure, alors Ithilion décida de finir cette journée au mieux en compagnie de Sally.
-Suis moi ! s'adressa-t-il alors à elle en lui faisant un signe de la main. Je vais te faire découvrir un endroit qui sans doute devrait te ravir.

L'habituel regard interrogateur que lui porta de la jolie demoiselle attisa la bonne humeur du chevalier, car il précédait toujours une expression d'émerveillement candide mais attendrissante. Un spectacle auquel Ithilion devait admettre son addiction croissante.
Il l'amena devant un immense édifice carré duquel entrait et sortait des dizaines de personnes en permanence. Au-dessus de l'entrée s'affichait en lettre capitale le nom du bâtiment : ARCADIA. Une fois au frais à l'intérieur et leurs yeux habitués à une luminosité plus sombre, un véritable univers coloré se dévoila devant eux.  Une musique forte et dynamique saturait les oreilles afin de couvrir le brouhaha général. Au long des murs se disposaient d'innombrables bornes d'arcade  lumineuses devant lesquels s'agglutinaient des personnes, principalement d'âge jeune, assistant aux performances des joueurs qui martelaient frénétiquement leurs boutons.  Ce lieu se constituait comme un véritable temple du jeu. Il y en avait pour tout les goûts, toutes les envies. Cela allait du simple billard, aux jeux virtuels utilisant les technologies les plus sophistiquées en passant par des machines à sous. Mais cet endroit ne flamboyait pas d'une bonne réputation. Considéré également comme le temple de la débauche, les gens venaient  également se défouler au travers des jeux violent, simulant une réalité virtuelle pour vaincre leurs peurs, réaliser leurs fantasmes en compagnie d'une sublime créature illusoire, voyager aux travers de leurs rêves ou vivre une autre vie.  Les tenues excentriques s'accordaient avec l'ambiance embrumé par la fumée des cigares et de l'alcool coulant à flot. Pourtant aucune tension ne régnait. L'humeur se décrivait bonne enfant.
Client habitué, venant  régulièrement en compagnie d'Alaryk, le Chasseur Ailé choisit un jeu de course de Vanship ultra rapide à travers la capitale. Il posa le casque sensorielle délicatement sur la tête de Sally, et lui expliqua le fonctionnement de la machine.
-Le casque va t'immerger comme si tu conduisais un vrai vanship. Ne t'en fait pas tu auras juste à appuyer sur la pédale pour avancer, et utiliser ce guidon pour te diriger. Le principe étant d'arriver le premier au bout du chemin. Si tout va te paraitre réaliste, tu ne risques rien évidemment !  Alors prends ton pied !

Il s'installa à son tour. Lorsque tout les paramètres furent configurés, le jeu se lança et les deux amis se trouvèrent au commande d'un vanship, au milieu d'un décor surréaliste. Tout le temple s'était transformé en un vrai terrain de course, même le boucan de la salle de jeu avait été remplacé par le vrombissement des machines de course.  Alors que le décompte s'initia, Ithilion taquina son adversaire :
Ne t'en fais pas je te laisserai un peu d'avance, le temps que tu t'habitues !
Son sourire s’effaça lorsqu'il vit le bolide de la novice démarrer au quart de tour au top départ,  laissant le chevalier trop sûre de lui complètement sur le carreau.



                                    **********
Bon les d'jeun's. commença Alaryk en se grattant la tête. Je ne vous cache pas que cette mission va sans doute etre la plus longue de votre vie, mais il faut bien commencer quelque part.
Avec le peu d'information que lui avait fourni ce type, tout les Chasseurs Ailés confirmés avaient décliné ce contrat bien trop pénible. Et le colosse ne pouvait leur en vouloir car il regrettait de plus en plus d'avoir accepté. Autant chercher un grain de sable spécial dans le désert. Il s'était donc résolu à prendre des jeunes recrues dont l'enthousiasme et la fougue suffirait amplement pour cette mission. Lorsqu'il leur expliqua la situation, il vit rapidement leurs visages aux anges se rafraichir.
-Et bien quoi ? Vous vous imaginiez que vous iriez faire la protection rapprochée des princes ? se moqua Alaryk d'un ton sévère.
Personne n'osa répondre à l'imposant chevalier. Et sans doute valaient-ils mieux pour eux qu'aucun n'ose mettre un pied en dehors du rang. Maintenant qu'ils s"étaient engagés, leur devoir leur insufflait d'aller jusqu'au bout.
Alaryk regretta que Matt ne soit toujours pas rentré de sa convocation. Ce type possédait un Dzêta qui lui aurait sauvé la vie dans cette situation. D'ailleurs, il devait son titre de Chasseur Ailé uniquement grâce à ce Dzêta. Il agissait comme une sorte de centre de donnée dans lequel se trouvait tout les citoyens de la ville. Il aurait suffit d'y entrer  les informations de la personne recherchée et tout les Üniks correspondant au critère se seraient affichés. Une capacité vraiment utile pour le Q.G qui prenait vraiment soin de bichonner son utilisateur. Malheureusement, beaucoup d'autres services faisaient appel à lui et Alaryk ne connaissait absolument pas sa date de retour. Alors sa liste de choix se limitait à y aller à l'ancienne. Chercher des pistes et propager la demande par des informateurs.

- Bien ! Allons y .... soupira t-il en prenant les devant de sa petite équipe.
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Jeune fille traquée (Sally S.)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 28 Fév - 0:14


Discret comme un chat, Cecil suivit Alaryk dès qu'il eût tourné dans le couloir. Cette histoire de retrouver les personnes disparues l'avait grandement intrigué et il se demandait comment s'y prenaient les Chasseurs lorsqu'ils étaient affublés d'une telle mission. Il refusait cependant l'idée de demander ouvertement à ce grand gaillard la procédure suivie, c'est pourquoi il préféra se glisser dans l'ombre de ses pas pour écouter ce qu'il dirait à sa fameuse équipe de choc. Alaryk parvint après plusieurs tours du QG à réunir un escadron de jeunes soldats qui l'accompagnèrent docilement dans une salle de réunion pour un briefing. Comme la porte n'avait pas été entièrement close, Cecil demeura près de l'entrée, adossé au mur pour que les occupants de la pièce ne le remarquent pas, et pour qu'il puisse dignement réagir si quelqu'un arrivait. De toute manière il était le majordome d'Ithilion Gwendilan, le compagnon de cette armoire. Il pourrait prétexter une information à lui transmettre, mais qu'il l'attendait dehors par souci de ne pas interrompre sa réunion.

La réunion débuta. Alaryka prévint d'emblée les jeunes Chevaliers que cette mission ne serait pas une sinécure, en raison des faibles renseignements que l'auteur de la requête avait transmis – il aurait même dû selon lui la refuser. Cecil se dit que l'intéressé avait sans doute payé une coquette somme, qui aux yeux de cette bande de raclures minables était bien plus précieuse que n'importe quelle argumentation. La quête n'en aurait paru que moins fastidieuse.
Les recrues se virent distribuer une copie du dossier d'ordre de mission. Des soupirs et des exclamations de surprise désolée se firent entendre, sous les éclats de rires d'Alaryk. Ces petits gars pensaient-ils sérieusement qu'ils allaient tout de suite se retrouver en charge d'une mission au palais ?
Les soldats protestèrent.
« Les informations sont trop superflues, chef !
- Si les Chasseurs plus expérimentés ont refusé de prendre en charge l'affaire en raison de sa difficulté, je vois mal comment « les bleus » pourraient la mener à bien.
- Taisez-vous ! gronda Alaryk, bras croisés et menton fier. Vous êtes rentrés dans l'armée pour vous la couler douce et ne prendre que les missions gagnées d'avance ? Vous croyez que c'est en vous fichant les doigts dans l'pif que vous gravirez les échelons et deviendrez de dignes soldats d'Anathorey ? »
La troupe se reprit aussitôt, et répondit en chœur un « chef, non chef ! » enthousiaste, qui leur redonna à tous du courage. Le travail qui les attendait était un travail d'équipe. Ils sauraient s'organiser ensemble et à eux tous ils démêleraient les fils de cette histoire mystérieuse.
« Euh, mais on n'a même pas un nom, pour commencer ? demanda timidement un jeune soldat au fond de la salle.
- Page deux, espèce de miro. Y a écrit noir sur blanc « Sally Sullivan » ! Jeune femme d'environ dix-neuf ans, disparue depuis un an, cheveux longs, bruns et yeux clairs ! » lui répondit hilare un de ces collègues.
Tandis que le jeune homme se confondait en excuse, embarrassé par son étourderie, et que les autres riaient de lui, Alaryk secoua la tête en soupirant. C'était décidément pas gagné gagné cette affaire...

De l'autre côté de la porte, Cecil sentit son ventre se tordre violemment, à tel point qu'il en eût le vertige. Il ne revenait pas de ce qu'il venait d'entendre. Il n'était pas venu pour connaître l'identité de la personne recherchée, mais à présent qu'il connaissait cette information il ne pouvait pas rester sans rien faire. Décontenancé, il fit quelques pas dans le couloir, puis déséquilibré il s'appuya sur le mur en tenant sa gorge, haletant. Cela ne se pouvait... Si Sally était recherchée par l'armée, cela signifiait que Sullivan avait bougé. Ses moyens n'avaient sans doute pas eu raison de leur mobilité. Il en était sûr, l'auteur de la requête ne pouvait être que cette femme. Cecil s'était déjà chargé de tuer tous les gens en contact de qui ils avaient pu se trouver avec Sally, à l'exception d'Ithilion et des autres membres du QG.
Reprendre sa respiration et ses esprits lui prit du temps. L'inquiétude soudaine qui s'était emparée de lui et les souvenirs atroces qu'il avait de Sullivan avaient manqué de le faire vomir. Il était plus sensible qu'il ne l'aurait cru. Cependant qu'il marchait pour recouvrer son calme, Cecil réfléchit à un moyen d'action. Il ne fallait surtout pas que cette mission ait lieu. Bien que personne, a priori, ne connaisse le véritable nom de Sally, le faux majordome n'était pas suffisamment au point sur les méthodes et les moyens des Chevaliers pour baser une stratégie parallèle à leur enquête. C'était trop risqué, même si leur mission consistait à retrouver un grain de sable dans toute la poussière d'Anathorey – voire de Nordkia comme l'avait souligné Alaryk. Comment annuler cette mission ? Cecil envisagea d'utiliser son Dzêta sur Alaryk et par là même lui ordonner de faire cesser les recherches et de ne plus jamais répondre à une quelconque requête concernant Sally Sullivan, mais il y avait là deux problèmes. Premièrement, cela arrivait bien trop tôt après le dépôt de la demande, des soupçons seraient tout de suite émis. Deuxièmement ce petit crétin aux cheveux blancs, s'il s'apercevait du subterfuge, deviendrait ingérable – bien que ce fut hautement improbable. Cecil préférait rester prudent. Une utilisation différée de quelques jours de son Dzêta était sans doute possible, mais son raisonnement le mena de nouveau à la première difficulté, à savoir qu'il ne pouvait se permettre de laisser la mission débuter, pas même un embryon. C'était bien trop risqué.

A son grand dam, Cecil arriva à la conclusion qu'il n'était pas en mesure de décider seul de la façon d'agir. Il devait urgemment retrouver Sally et Ithilion pour les mettre au courant. Si la jeune femme ne serait pas très utile, le Chevalier saurait peut être quoi faire. L'idée de coopérer avec ce garçon lui déplaisait autant que s'il dû boire du cirage, mais ils étaient dans une impasse. Il fallait qu'ils se concertent.

¤¤¤ ~ ¤¤¤

Comme ils se retrouvèrent seuls, Ithilion fit signe à Sally de le suivre, ce qu'elle fit, en apposant sur lui des yeux intrigués. Il l'emmena à quelques rues du QG, devant une haute bâtisse blanche, à l'entrée de laquelle se croisaient une foule de personnes qui entraient et sortaient, tous de très bonne humeur. En guise d'enseigne, l'endroit s'était doté de grandes lettres formant le mot « Arcadia » au dessus de la porte. Ithilion et Sally entrèrent. Elle fut frappée par l'obscurité qui régnait dans les couloirs et la salle où ils s'arrêtèrent, seules des boîtes électroniques étranges ainsi que des minuscules néons colorés éclairaient l'endroit. Il régnait un bruit indescriptible, que ce fut à cause de la musique festive qui battait les tympans ou le brouhaha de la foule joyeuse. Cela sentait fort l'alcool et le tabac que les clients commandaient et consommaient à outrance. Curieuse de découvrir ce nouvel endroit, Sally regardait partout autour d'elle avec émerveillement, et trouva que tout était d'une beauté incroyable. Cette ambiance chaleureuse lui faisait un peu penser aux tavernes de Nordkia, bien qu'on n'y trouvât rien d'aussi élaboré que les objets présents à Arcadia. Elle manqua plusieurs fois de perdre la trace de son maître, mais elle parvint toujours à le retrouver et lorsqu'il se retourna vers elle, il ne devait s'être aperçu de rien.

Ithilion présenta à Sally une grosse machine sombre de la taille de la penderie où elle rangeait ses vêtements au QG, qui comportait deux sièges à l'allure confortable. Il lui demanda de s'installer sur l'un d'entre eux, et lui posa sur la tête une sorte de casque auquel un câble épais était connecté pour le relier à la machine. Il expliqua qu'il s'agissait d'un jeu de simulation de course de Vanship. Dès qu'il mettrait en marche la machine, Sally serait plongée dans une réalité virtuelle où elle devrait jouer les pilotes de Vanship. Ithilion serait à ses côtés dans un appareil concurrent, et le but serait d'arriver le premier à la fin du parcours.
« C'est un jeu ? » répéta la jeune femme, incrédule.
C'était la toute première fois de sa vie qu'elle s'adonnait à une telle activité. La nouveauté l'émoustilla. Dès qu'Ithilion eut terminé de lui expliquer les commandes, elle sentit qu'elle avait grande hâte de commencer.

Soudain la salle d'arcade disparu, ainsi que ses bruits et même ses odeurs. Sally se retrouvait sous le soleil de Nordkia, dans un Vanship qui vrombissait fortement derrière une ligne noire tracée au sol. Une jeune femme sur le côté tenait en l'air un drapeau. Elle tourna la tête pour observer un peu ce qui l'entourait. La modélisation virtuelle de Nordkia était impeccable, on aurait vraiment cru s'être téléporté ! Le compte à rebours pour le départ se mis en marche. Alors, elle devait appuyer sur cette pédale-ci ? Dès que la jeune femme virtuelle baissa le drapeau, Sally sentit son appareil partir en trombe, ce qui la fit pousser une petite exclamation de surprise. Le paysage défila à toute vitesse, tandis que ses mains maladroites s'emparaient du levier directionnel. Sa trajectoire fut un peu maladroite sur les premiers mètres, mais elle finit par prendre un peu le coup de main, car les commandes n'étaient vraiment pas compliquées. Si elle faisait ci elle allait à droite, si elle faisait cela elle allait à gauche. C'était ça pour freiner, ça pour accélérer. Elle avait compris. A mesure qu'elle progressait, Sally admirait le paysage qui défilait à vitesse fulgurante devant ses yeux. Pour elle, la sensation de voler, même virtuelle, fut magique. Elle en oublia totalement la course !

Bizarrement au bout d'une minute, le casque se mit à peser un peu lourd sur sa tête. Non, à vrai dire il la serrait un peu. Ne se resserait-il pas petit à petit sur son front ? Une voix virtuelle se dit entendre, et déclara qu'une fonctionnalité de jeu avait été activée. Mais à son écoute Sally frissonna. Qu'est-ce qui avait été activé ? Pourquoi ce casque commençait-il à lui faire mal ? Elle se mit à trembler, en sentant petit à petit des mains se glisser le long de ses bras pour les lui tenir fermement de sorte qu'elle ne bouge plus. Quelle était cette odeur acre de produits stérilisant ? Pourquoi entendait-elle des Érudits parler entre eux ? L'écran du jeu commença à se brouiller, et petit à petit elle ne vit plus Nordkia, mais le Laboratoire où elle avait passé son enfance. Madame Sullivan lui tenait le bras avec fermeté pour l'immobiliser, tandis que d'autres lui enfonçaient sur le crâne un casque rempli d'électrode. Il n'y avait plus qu'à activer la nouvelle fonctionnalité et l'expérience pourrait commencer.

Le Vanship virtuel de Sally s'écrasa tandis qu'elle poussait un cri de terreur. Elle se débarrassa du casque violemment et se débattit si brutalement qu'elle en chuta de son siège. Haletante, sur le sol, elle ne vit pas de laboratoire, mais toujours dans cette salle d'arcade enfumée. Personne n'avait tenté de l'immobiliser, ni n'avait posé un doigt sur elle. En revanche de nombreux visages inconnus lui adressaient des regards éberlués. Tremblante, Sally se releva et voulut s'excuser. Mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Se sentant perdue, elle jeta plusieurs regards paniqués autour d'elle. Il faisait noir, si noir dans cet endroit. De la lumière, elle voulait voir la lumière du jour ! La jeune femme se précipita hors du bâtiment, en bousculant de nombreuses personnes à son passage, pour se ruer dehors comme une prisonnière s'échappait de prison.
Elle courut jusqu'à une rue adjacente, où elle tenta de reprendre son souffle. Appuyée contre le mur et la tête baissée, son regard complètement affolé était fixé sur les pavés gris, au-dessus desquels ses jambes tétanisaient. Elle se laissa doucement glisser contre la paroi et émit un petit sanglot. Sally comprit que ce qu'elle avait vu dans ce jeu n'était pas réel. Ce n'étaient que des souvenirs de l'époque où elle servait Madame Sullivan. Elle lui mettait souvent des casques semblables à celui du jeu pour étudier ses réactions cérébrales aux expériences. Cela faisait pourtant un an qu'elle n'était plus à la botte de cette femme. Sally fut étonnée. Finalement, elle n'avait jamais réalisé à quel point elle avait souffert aux côtés de cette Érudite, et à quel point elle en avait peur.
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Chevalier Ailé (Ithilion)


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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 28 Fév - 18:44

La course effrénée dans les rues de Nordkia se passait plutôt mal pour l'amateur du jeu. A fond les gaz, Ithilion n'arrivait pas à rattraper sa fougueuse disciple qui, malgré ses trajectoires maladroites, confortait son avance en prenant des risques non-considérables. De nature mauvais joueur, le chevalier pesta contre le jeu en ne comprenant pas pourquoi son véhicule n'avançait pas. Perdre contre une fille qui s'essayait au jeu pour la première fois lui sembla inconcevable. Il ne voyait pas d'autre raison qu'un fichu bug pour expliquer cette défaite cuisante qui se dessinait de plus en plus. Soudain,  le vanship devant lui s'écrasa sur le sol. Aux anges de voir la situation se renverser, Ithilion ne manqua pas de se moquer de Sally lorsqu'il doubla le lieu du crash.

-Voila ce que c'est d'aller trop vite jeune fille !! hahahahaha !!!


Mais alors que la lignée d'arrivée apparaissait dans sa ligne de mire, il sentit une main lui tapoter l'épaule. Surpris, le chevalier retira son casque et foudroya du regard le jeune qui osait l'importuner dans un moment aussi crucial. Son expression changea vite lorsqu'il sentit comme une perturbation dans l'ambiance autour de lui. Les gens regardaient en direction de la sortie, ils se parlaient entre eux comme une confidence. Certains riaient, d'autres semblaient nager dans l'incompréhension.  L'individu qui l'avait arrêté dans sa course  s'approcha alors de lui. Son haleine puait le mélange d'alcool et de cigarette. Il lui apporta la réponse à cette agitation :

-je crois que ta copine a pété un câble mec. Elle s'est cassée dehors comme une folle. lui dit-il d'un ton nonchalant en lui pointant la rue extérieur.


Une part de son esprit toujours immergé dans le jeu, Ithilion mit quelques secondes avant de remarquer l'absence de Sally sur la place d'à côté.. Son ventre se serra lorsque la réalité lui explosa au visage. Il sauta aussitôt sur ses deux pieds, remercia l'adolescent d'un tapotement sur l'épaule et courut vers la sortie.  Dehors, il profita du petit promontoire du haut des marches pour tenter de repérer la jeune fille à travers la foule. L’inquiétude grandit au fur et à mesure  qu'il ne la trouvait pas devant le bâtiment. Ce comportement inhabituel de la part de sa disciple lui souleva des tonnes de questions.  Un unique point rassurant : Sally s'était apparemment enfuie seule. Préférant la retrouver au plus vite, il ne perdit pas plus de temps pour activer son dzêta.  Un poids  libéra sa préoccupation lorsqu'il sentit l'aura familière de son amie, immobile dans une rue adjacente.  Il s'y dirigea immédiatement.
Arrivée à l'embrochement, il aperçut sa disciple en boule sur la pavé froid, tremblante de tout son corps. Alors qu'il s'en approcha d'un pas serein, une sensation étrange le prit. Soucieux de retrouver Sally le plus rapidement possible afin de comprendre, il en avait oublié d'éteindre son dzêta. Hors, plus il s'enfonça dans la rue et plus l'écho des milliers de mouvements à l'intérieur de sa zone s'affaiblirent jusqu'à disparaitre. Son dzêta semblait devenir d'avantage aveugle à chaque pas qui réduisait la distance entre lui et la jeune femme en pleure. Un déclic se produisit alors au profond de lui. Ces dernières semaines, les soucis s'étaient multipliés avec le présent de son maitre, mais il n'avait jamais été confronté à cette situation.  La raison de ce dysfonctionnement se trouverait-il alors dans le mystère qui enveloppait les deux compères rencontrés pendant l'épisode de la banque ? Au moment où il s'arrêta devant elle, son cerveau commença à tisser les liens entre ces évènements.

*********



"-Ce que je propose, on va tenir un raisonnement scientifique. A partir d'aujourd'hui, à chaque fois que vous constaterez un défaut dans l'utilisation de votre Dzêta, vous noterez toutes les informations possibles : L'heure, la date, le lieu, ce qu'il y a autours de vous, ce que vous faisiez,pourquoi, qui, etc..."




Assis à son bureau face à un cahier de note ouvert, Ithilion tapotait frénétiquement la table avec son crayon pendant qu'il réfléchissait aux résultats retournés par la méthode du scientifique. Au plus lointain qu'il se souvenait, la première défaillance de son dzêta avait eu lieu durant la prise d'otage. Le matériau constituant l'appareil était conçu pour résister à des conditions extrêmes, difficile de croire qu'un mauvais coup serait la source de son problème. Pourtant, il avait minutieusement relevé toutes les fois où son dzêta n'avait réagi , tachant de noter soigneusement le maximum d'information possible. Toute fois aucune élément ne semblait corréler.  Surtout que l'utilisation de son dzêta s'était réduite conséquemment depuis qu'il formait sa nouvelle disciple, cela ne facilitait pas la recherche du défaut. Ni le temps, ni le lieu ne rentraient en compte jusqu'à présent. Agacé de ne rien trouver de probant, Ithilion jeta un dernier coup d'oeil sur les ratures avant de refermer ses notes d'un geste las. Il passait sûrement à côté d'un détail qu'il oubliait de considérer, mais il continuait à lui échapper.





***********

A présent, ce détail lui apparaissait comme une évidence. Jamais il n'aurait pensé  devoir faire attention à l'influence de personnes extérieurs. Mais à bien y réfléchir, Sally s'intégrait à perfection dans l'équation. Depuis le l'épisode à la banque jusqu'à aujourd'hui, sa disciple se trouvait effectivement près de lui à chacun de ces dysfonctionnements. Un autre élément lui sauta à l'esprit : Sally ne possédait pas de Dzêta. Et si ces deux hypothèses s'avéraient, alors le chevalier connaissait pertinemment ce que signifiait la présence de ces deux symptômes. Comme une simple étincelle jetée sur de la poudre, les morceaux de ce puzzle complexe autour de ce mystérieux couple se rassemblaient petit à petit en dévoilant le tableau final. Ithilion soupira en comprenant le pétrin dans lequel il s'était inconsciemment fourré. Cependant, aucun dégoût ne naquit face à cette révélation. Les valeurs inculquées par Elionne lui avaient toujours appris à respecter une vie, qu'elle soit Ünik, Hybrid ou.....Paria.  Son désir de voir Sally s'épanouir ne changerait d'aucune manière, qu'importe ses origines. Seuls les risques impliqués devenaient plus importants, car aider une Paria risquait de lui couter son appartenance aux Chasseurs Ailés, voir sa vie.

La main du Chasseur Ailé se dirigea lentement vers l'épaule de cet animal apeuré.  Lorsque ses doigts chargés de bienveillance entrèrent à son contact, son amie sursauta et eut un geste de recul. Ne supportant pas de la voir autant en peine, Ithilion se glissa doucement entre elle et le mur, s'assit délicatement derrière avant de l'enlacer en la serrant contre lui, toujours en silence.  Heureusement que personne n'assistait à la scène tellement le visage d'Ithilion avait pris une couleur rouge pivoine, peu habitué à ce genre de geste d'affection avec une fille. En vérité, seul son maitre l'avait déjà enlacé de la sorte, avec une intention presque maternelle, lors d'un moment des plus sombres. Mais en plus d'être une femme à la beauté reconnue, les deux jeunes gens ne possédaient que quelques années d'écarts, ce qui renforçait son mal aise.
Le temps fonctionnait au ralenti. Comme si une bulle  les avaient emporté hors de tout. Il se délecta de la douce chaleur réconfortante qui voyageait entre leurs corps. La respiration de Sally s'apaisa à son grand contentement.



-Qu'importe ce qu'il s'est passé, tu n'as plus rien à craindre, lui souffla t-il avec une assurance inébranlable. C'est pour ça que tu as rejoins les Chasseurs Ailés,t'endurcir et devenir libre. Cela va te demander d'être forte et de ne plus exposer de faiblesse à ceux qui te veulent du mal.

Il attendit quelques secondes que ces mots fassent effet dans l'âme tourmenté de sa protégée. Plus qu'une promesse, Ithilion souhaitait lui faire comprendre  qu'outre d'être sur le chemin pour devenir une battante redoutable, elle possédait à présent un allier de taille  qui fera voler en éclat les obstacles qu'elle n’arrivera pas à surmonter.
Cependant, cet engagement nécessitait un coût dont il avait absolument besoin pour éviter de se retrouver dans une impasse Cet instant d'intime complicité ne pouvait présenter une meilleur occasion de s'ouvrir complètement sur le sujet. Avec une voix rassurante, Ithilion reprit la parole en espérant que son amie ne se refermerait pas comme une huitre.

-Par contre, je pense qu'il va falloir parler, tu ne crois pas ? Si les Chasseurs Ailés sont vraiment ton désir, je te guiderai jusqu'au bout. Mais, on va avoir besoin de ne plus se cacher de secret. Qu'en penses-tu ?

Il savait pas qu'elle allait être la réaction de sa disciple. Il ne voulait pas la brusquer et encore moins la replonger dans la terreur en ressassant le passé. Toutefois, il l'aidera à retraverser ces mauvais moments de part sa présence.
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 28 Fév - 23:17


Sally demeura prostrée dans cette ruelle sombre pendant de longues minutes. Elle songea à sa fuite, honteuse. Elle était pourtant sûre d'avoir acquis un peu d'assurance, un peu de force durant ses entraînements aux côtés de son maître. Elle avait cru, l'espace d'un mois, qu'elle était une personne capable de lever la tête fièrement même devant ceux qui la méprisaient. Elle s'était persuadée qu'elle ne serait plus jamais ennuyée par son passé car quelqu'un lui avait tendu la main pour aller de l'avant. Son ami de toujours se trouvait même à ses côtés, inéluctablement. Les choses ne devaient pas être si simples. Ses souvenirs la harcelaient dans ses moments de calme, durant ses nuits, et pour la première fois en plein jour. C'était la faute de ce fichu casque, qui lui avait rappelé des sensations que jamais elle n'aurait voulu éprouver à nouveau. Sally enfouit son visage dans ses genoux, complètement mortifiée. Comment pourrait-elle regarder son maître dans les yeux après un tel aveu de faiblesse ?

Une main se posa doucement sur son épaule. Elle sursauta vivement et leva une main devant elle en se retournant, comme pour se protéger d'un danger. Son regard croisa la mine sérieuse d'Ithilion, qui malgré sa course, avait réussi à la retrouver. Avant qu'elle ne puisse prononcer la moindre parole d'excuse ou de justification, le Chevalier s'assit derrière elle et la serra contre lui. La fermeté de son geste était mêlée à une douceur rassurante, qui fit que Sally se détendit petit à petit, calée sous son menton. Elle cessa de trembler, et la vague d'émotion qui submergeait son cœur se tarit. Sally se sentit étrangement apaisée. Dans les bras de son maître, elle se sentait protégée. Cecil aussi l'avait parfois prise dans ses bras, mais elle n'avait jamais ressenti une telle émotion. Elle se sentait bien. C'était comme si, pour la première fois depuis sa fugue du Laboratoire, elle arrivait à complètement se détendre.
Ithilion lui souffla doucement qu'elle n'avait désormais plus à avoir peur, comme s'il avait compris l'origine de son mal être. Désormais, elle embrassait la voie des Chasseurs ailés, elle n'avait plus à craindre ceux qui voudraient lui faire du mal. Elle devenait de plus en plus forte, elle arriverait à tourner le dos définitivement à ses mornes souvenirs. Les paroles de son maître tournaient dans l'esprit de la jeune femme comme une valse. Il était là, juste devant elle, et il la tenait pour la soutenir, jusqu'à ce qu'elle soit capable de danser seule. Alors elle serait devenue quelqu'un qui n'aurait jamais, plus jamais besoin de courber la tête devant qui que ce soit. Sally voulait y croire. De tout son cœur elle voulait que ses mots si réconfortants lui emplissent le cœur de sorte qu'elle retrouve du courage.

Elle ne bougea pas. Silencieuse, Sally contemplait le vide qui s'étalait sur les pavés. Pourtant, elle se sentait mieux. Ces sentiments de panique qui l'avaient assaillie dans la salle d'arcade s'étaient dissipés. Profitant de la proximité qui était la leur à ce moment-là, le Chevalier ajouta qu'il était sans doute temps de lever le voile sur certains non-dits qui s'étaient installés entre eux. La jeune femme acquiesça après un moment d'hésitation. Cecil serait sans doute très en colère... Mais cacher davantage la vérité à son maître lui paraissait incorrect. Elle ne voulait pas être une menteuse pour l'homme qui avait eu foi en elle, et qui la soutenait, envers et contre tout. Elle se douta que la révélation qu'elle allait lui faire serait difficile à entendre. Peut-être serait-il dégoûté à jamais, peut-être voudrait-il qu'elle disparaisse de sa vie. Mais c'était un pari à prendre. Ithilion faisait toujours preuve d'intégrité. Sally était encore sa disciple. Elle décida de le prendre en modèle, comme son rôle le lui imposait.
Elle se retourna doucement vers Ithilion, pour ficher profondément son regard dans celui du Chevalier.
« Je ne suis pas une Ünik » dit-elle à voix basse.
Son visage arborait une mine sombre, à la fois triste et déterminée, que personne ne lui connaissait encore, pas même Cecil.
« Je suis une Paria »
Sally baissa les yeux sitôt qu'elle eut prononcé ce mot, comme si elle était gênée d'avoir à l'articuler. Ce n'était pas totalement faux.
« Honnêtement, je ne sais bien ce que cela veut dire. Cecil m'a expliqué que j'avais en moi du sang Ünik et du sang Hybrid. Il m'a dit que je ne devais le dire à personne, car les Hybrids sont les ennemis jurés d'Anathorey, depuis toujours. Que si les gens le savaient, ils auraient peur de moi, et que je serai rejetée. Voilà pourquoi je lui avais promis de garder ce secret »
A mesure qu'elle parlait, la voix de Sally s'emplissait de tristesse et de remord. Elle ne pouvait cependant pas arrêter son récit à ce moment-là.
« Il m'a aussi dit que si Madame Sullivan s'intéressait à moi depuis que je suis toute petite, c'est parce que je possède un pouvoir dont personne n'est doté à Urban City. Pour les Érudits, les Parias seraient une denrée précieuse et exceptionnelle... C'est pour ça qu'elle voulait que je reste là-bas, dans son Laboratoire. Je lui servais de ''cobaye''. ».

« Un jour, Madame Sullivan m'a dit que ma seule raison de vivre était de servir ses intérêts. Que comme j'étais sa chose, elle avait tous les droits sur moi. A ses yeux, je n'étais pas une personne, mais son objet, et qu'elle pouvait disposer de moi à sa guise. J'étais petite, et elle était si en colère que je n'ai pas osé m'opposer à elle »
La jeune femme posa sa main sur le bras d'Ithilion et le serra un peu, comme pour se raccrocher à quelque chose qui ne lui ferait pas perdre la tête.
« Peu après il y a eu un accident dans le Laboratoire et je me suis enfuie. La porte était ouverte et j'ai vu le désert. Je ne me souviens plus très bien de la suite. Tout ce que je sais c'est qu'après un temps, j'ai rencontré Cecil à Nordkia. Il m'a dit qu'il me cherchait, et qu'il était lui aussi ''le fils'' de Madame Sullivan. Mais je ne l'ai jamais croisé quand j'étais là-bas. J'ignore totalement ce qui lui est arrivé »
Sally leva ses grands yeux vers Ithilion.
« Je ne comprends pas pourquoi elle l'a utilisé. Il est un Ünik. Il n'est pas un monstre aux pouvoirs étranges... »

Il était vrai que Sally n'avait aucune idée de ce que pouvait bien être l'histoire de Cecil. Elle réalisa alors qu'elle ignorait tout de lui. Il ne lui avait jamais dit pourquoi Madame Sullivan s'était intéressée à lui. Aux yeux de la jeune femme, Cecil n'était pas un Ünik banal. Il était son tout premier repère dans la vie – avant qu'Ithilion n'entre dans sa vie. De ce fait elle l'aimait de tout son cœur. Mais elle avait le pré-sentiment que si elle l'interrogeait sur le sujet, il se mettrait très en colère. Cecil était comme de la braise. Il brûlait discrètement, mais si on essayait de le toucher on risquait d'être gravement blessé.
Sally baissa la tête, comme anéantie par tout ce qu'elle venait de dire.
« J'espère que vous me pardonnerez pour ces mensonges... Je suis désolée. Je suis vraiment désolée... » dit-elle d'une petite voix.

Elle serrait toujours très fort le bras de son maître. Qu'adviendrait-il d'elle s'il la rejetait ?
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MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Mar 1 Mar - 18:29

Petit musique de circonstance :)

Le visage gonflée de tristesse, Sally se tourna alors lentement vers Ithilion. Ses yeux encore humides dévoilèrent le rempart de sa volonté, construite au fil des derniers jours, craquelé par la peur. Cet échange silencieux suffit au chevalier pour comprendre l'importance de ce qu'elle s'apprêtait à lui confier. Son regard empli de douleur ressemblait à celui de l'âme perdue qui se trouvait au bord du gouffre et qui, n'ayant plus rien à perdre, allait s'abandonner à l'ivresse du vide. Une chute vertigineuse que le chevalier souhaitait amortir le plus possible, mais qu'il ne pouvait empêcher. A présent qu'ils marchaient tout les deux sur un chemin intimement lié, ils devaient éviter ces zones d'ombre  qui risquaient de les coincer un jour dans une impasse regrettable pour leurs avenirs.
Les premiers mots sortirent tant bien que mal de la bouche de son amie. La vérité éclata alors aux oreilles d'Ithilion qui ,préparé à cette annonce, garda une expression impassible. Le regard des autres sur la nature de Sally semblait déjà avoir laissé chez elle des traces indélébiles dans sa conscience. Il suffisait de voir la manière avec laquelle elle avait baissé les yeux lorsqu'elle avait articulé avec difficulté l’appellation de sa véritable nature. Difficile de réagir autrement au vu du dédain que  recevaient ces enfants de la trahison de la part des deux grandes civilisations. D'abord tués, aujourd'hui rejetés, Elionne Histo avait expliqué à Ithilion la misérable importance portée à ces êtres à peine mieux considérés que des animaux.
 Et cette indifférence, ce mépris, l'ancien Nordkien connaissait bien les dégâts qu'elle pouvait engendré sur le développement de sa propre personne. Certes, il ne l'avait pas connu à un tel degré que pouvait l'être un Parias, mais aux yeux d'Anathorey où même de certains citoyens de Nordkia, faire partir de la branche la plus basse ne donnait parfois guère d'avantage de valeur. Sans doute était-ce pour cette raison, ajoutée à l'approche particulière de la réflexion enseignée chez les Chasseurs Ailés, qu'Ithilion ne considérait pas les Hybrids et les Parias sur une échelle inférieur à la sienne. Son camp, il l'avait choisi et il le défendrait coûte que coûte, tuant ces adversaires sans remords si besoin. Toutefois, il préférait juger les personnes au cas par cas plutôt que sur la stigmatisation réductrice d'une opinion générale. Et il tenait cet appréciation également pour son propre peuple, dont pour lui l'existence de certains représentants ne valait  celle de certains Hybrids. Où de Sally. Cette jeune fille rentrée par hasard dans sa vie ne demandait qu'à parcourir le monde de la même manière que la plus modeste des personnes.  Sa volonté et ses motivations faisaient d'elle quelqu'un de bien plus respectable que le moindre "sang pur" en subsistant à ces besoins sur le dos du bas peuple, tel un parasite immonde.

La suite de l'histoire ne fût sans grande surprise que le reflet abject de la réalité des laboratoires. Le chevalier ne put s'empêcher de serrer les poings en imaginant les ignobles traitements que ces soit-disant apprentis-dieux avaient fait subir à une fillette effrayée et sans défense. D'ailleurs tout en racontant d'une voix chancelante son histoire insoutenable aux mains de la dénommée Madame Sullyvan, les mains de Sally s’agrippèrent au bras du Chasseur Ailé comme un ultime repère dans la réalité.
Le sang d'Ithilion bouillonnait de colère tant l'atrocité d'un tel traitement impunis et malheureusement intouchable le révoltait. Il n'avait jamais été dupe sur les expériences qui pouvaient être menés à l'intérieur des kilomètres de couloirs aseptisés  de ces forts surprotégés. Mais écouter le récit d'une rescapée donnait une toute autre ampleur à cette vérité. Surtout lorsque la personne en question appartenait à ses proches.
Voila en tout cas qui expliquaient un bon nombre de points sur les deux fugitifs.  La naïveté de Sally, le renfermement de Cecil, la peur permanente d'être traqué occupant sans cesse une part de leurs esprits usés.  Si survivre à de telles tortures témoignaient d'une force hors du commun; s'échapper de ces structures et réussir à se reconstruire en dehors paraissaient encore plus incroyable. L'admiration d'Ithilion envers sa disciple augmenta de paire avec l'envie de l'aider à s'en sortir.  Il ne laisserait pas tout ces efforts pour remonter à la surface se faire balayer par la médiocrité de la face sombre d'Anathorey. Complètement anéantie par ses aveux,  SAlly semblait redouter le regard de son maitre.  L’écho de sa rédemption s'estompèrent dans le silence froid de la rue dans laquelle ils se trouvaient. 

La main de l'ünik se posa avec délicatesse sur la pommette moite de son amie afin de l'intimer à relever la tête. Nul besoin de mot, ce simple geste chargé de tendresse et de fermeté suffisait pour lui faire comprendre la nature de son message. Parias ou non, rien ne changerait désormais. Elle était Sally. Elle était sa disciple. Il la mènera jusqu'au bout de sa promesse, à l'image de son maître qui avait tout donné pour lui offrir cette chance d'exister.
Toujours sans piper mot, Ithilion se redressa avant de se mettre sur ses deux pieds. Son coeur n'apprécia pas le spectacle de cette âme à terre, en proie au doute et à la peur de l'abandon. Mais il se retint de lui tendre la main pour l'aider à se relever. L'élan devait venir d'elle même afin d'en garder le contrôle et de prévenir une nouvelle chute. Toujours en gardant son masque indécelable, il offrit simplement cette réponse à la détresse de sa disciple :

-Debout Miss. Crois moi tu vas en manger des pompes pour m'avoir fait ce cirque.

Puis, il tourna légèrement les talons tout en commençant à s'éloigner. Il ne craignit pas de ressortir seul de cette ruelle. La  force et le courage ne manquaient chez cette guerrière à la personnalité de soie. Si son maitre dorénavant veillera sur son intégrité, Sally devra se renforcer et avancer par ses propres moyens.  Le cas contraire signifierait qu'elle méritait nullement de prétendre au titre de l'ordre des Chasseurs Ailés. Cette attitude froide, aux antipodes de la démonstration d'affection précédente, adopté par le maitre était donc une façon de montrer la confiance qu'il plaçait en sa disciple, malgré toutes ces révélations. Cependant, les murs rapportèrent soudainement une autre promesse aussi rassurante que glaçante :

-Si cette Sullyvan ose sortir de son laboratoire pour te retrouver. Plus aucun endroit au monde ne pourra la protéger de moi.

Attendant au croisement qui donnait sur l'artère principale, Ithilion sentit une drôle de sensation parcourir son corps. Malgré les abondants rayons de l'astre solaire, il avait froid. Et son esprit semblait guetter impatiemment quelque chose. Un bruit de pas. Un mouvement. Un contact...
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A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]

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