AccueilAccueil  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

N'oubliez pas de voter toutes les 2h sur les top-sites ♪

Races minoritaires et recherchées : Qantiks et Parias, détails ici !


Partagez|

A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Mar 1 Mar - 23:18


Après qu'elle fit ces révélations, Sally n'osa pas lever la tête pour regarder son maître dans les yeux. Elle lui avait menti délibérément en taisant sa nature de Paria, lui avait fait croire qu'elle était d'une autre nature et avait suivi ses enseignements comme si elle était son égale, une Ünik qui ne demandait qu'à faire ses preuves. Seulement, sa véritable origine faisait désormais courir un risque énorme au Chevalier. Cecil lui avait expliqué ce que l'on faisait aux Parias et à ceux qui les aidaient. Une mort subite et immédiate les attendait, sans qu'il soit besoin d'écouter aucune explication. Sally se demandait si elle avait encore le droit de se tenir à ses côtés, d'être son élève, ou ne serait-ce que de lui adresser la parole. Son cœur battait lourdement dans sa poitrine, chaque palpitation lui évoquant la culpabilité qui était la sienne.

Au bout d'un moment de silence qui parut interminable, Ithilion posa doucement sa main sur le visage de la jeune femme pour qu'elle relève la tête. Leurs regards se croisèrent comme les lames de deux épées s'entrechoquaient. Il ne souriait pas, il n'avait pas l'air mécontent, il ne disait rien. Interdite, Sally demeura silencieuse elle aussi. Il se leva, sans la lâcher du regard et toisa un instant la petite boule de misère qu'elle était, sur le pavé sombre d'une ruelle perdue de la capitale. Alors, il lui ordonna de se lever. Elle pouvait être sûre qu'elle allait en avaler des pompes, avec tout le cinéma qu'elle venait de lui faire !
Sally ouvrit des grands yeux stupéfaits. Le regard si clair qu'il lui avait lancé et cette manière qu'il avait de s'adresser à elle... Ithilion n'avait pas besoin de dire les choses pour qu'elle le comprenne, car peu à peu ils avaient appris à communiquer de la sorte, à être sur la même longueur d'onde. Elle avait le sentiment que rien n'avait changé. Il lui parlait comme à l'entraînement et lui avait même annoncé des exercices à venir. Quelque chose se rompit en elle. Ithilion ne la rejetait pas.

Le Chevalier aux cheveux blancs fit quelques pas pour sortir de la ruelle, sans attendre sa disciple. Incrédule, la petite Paria se leva doucement. Elle ne comprenait rien. Où était la révulsion que Cecil lui avait assurée ? Où était la peur ? Où était la colère d'avoir vécu avec un mensonge durant tout ce temps ? Sally peinait à croire que son maître lui en tienne pas rigueur. Et pourtant...
A tous petits pas, Sally rejoignit Ithilion qui attendait au croisement de la ruelle et d'un plus grand axe ensoleillé. Elle l'entendit promettre que, si jamais Sullivan osait sortir de son laboratoire pour essayer de remettre la main sur celle qu'elle avait indécemment appelée « sa fille », plus aucun endroit au monde ne saurait la protéger de ses Desert Eagle. Sally se crispa et serra les dents très fort, pour que le jeune homme n'entende aucun sanglot de sa part. La peur de l’Érudite mêlée au soulagement de ne pas être considérée comme un monstre par celui qu'elle admirait par dessus tout avaient suscité des émotions que seuls ses yeux pouvaient filtrer.
Pour que rien ou presque ne témoigne de son émotion, la jeune femme s'essuya les joues et osa rejoindre son maître. Comme elle s'oublia un instant, Sally cala sa tête contre l'épaule haute du Chevalier.
« Et moi, je ferai toutes les exercices qu'il faudra » murmura-t-elle timidement.
Si tel était le moyen de laver l'affront qu'elle avait fait à son maître, elle était prête à dormir en faisait le poirier s'il lui en donnait l'ordre.

¤¤¤ ~ ¤¤¤

Erwan Millard se hâtait dans les couloirs de la Chemistry Machine, haletant plus encore que s'il avait fait un marathon dans le désert. Il monta des escaliers qui n'en finissaient plus et tourna à de très nombreuses reprises dans de très nombreux sas, corridors et pièces qui sentaient le désinfectant, les machines à souder, l'encre et les produits chimiques. Lorsqu'il arriva devant la porte blindée portant un matricule compliqué sous-titré des lettres « D. Sullivan », il sortit son badge magnétique, le valida dans la petite pointeuse prévue à cet effet sur la gauche, et pénétra le laboratoire privatif dès que l'ouverture s'enclencha. Une voix robotisée féminine le salua. Il croisa quelques collègues qui lui indiquèrent que la patronne était dans son bureau. Millard n'était pas un garçon spécialement timoré mais il avait toujours des sensations désagréables semblables à des brûlures d'estomac quand il savait qu'il allait se retrouver face à sa supérieure. Cette femme autoritaire et hautaine le mettait profondément mal à l'aise. Ce jour-là, s'il avait rempli la mission qu'elle lui avait assignée, il ignorait comment elle allait réagir à la petite maladresse qui avait été la sienne. Devant la grande porte blanche du bureau de l'intéressée, il arrangea un peu ses vêtements, remis en ordre l'épais dossier de documents qu'il portait toujours sous le bras, et finalement, osa frapper trois coups. La voix qui lui dit d'entrer lui donnait déjà des frissons.

« Bonjour, Madame Sullivan » dit Millard, d'une voix à son grand dam chevrotante.

Doreene Sullivan était plongée dans un épais tas de rapports, pompeusement étalés sur son bureau. Elle daigna après quelques minutes relever le nez de son travail. Derrière des lunettes de lecture, ses petits yeux verts fouineurs s'écarquillèrent lorsqu'ils croisèrent la mine pâle du jeune Érudit. Ses lèvres écarlates esquissèrent aussitôt un immense sourire. C'était une expression figée et fausse, menaçante même, qui fichait froid dans le dos à Millard dès qu'il s'y trouvait confronté.
« Mon cher Erwan ! J'espère que tu me rapportes de bonnes nouvelles, lança Sullivan avec élan.
- Je reviens tout juste d'Anathorey, Madame, répondit Millard, raide comme une planche. Je me suis rendu dans une caserne de centre-ville, mais les militaires que j'y ai vu m'ont conseillé de déposer la requête au quartier général de l'escadrille des Chasseurs ailés ».
Devant le regard dubitatif que lui lançait sa patronne, impatiente, le jeune homme s'empressa de compléter son récit, en desserrant un peu le col de sa chemise.
« C-ce sont des Chevaliers spécialisés dans le tir d'élite, mais aptes aux missions de reconnaissance, d'escorte, et en l'occurrence, de recherches de personnes disparues. Je leur ai fourni toutes les informations que vous m'avez délivrées. J'ai présenté le sujet comme étant votre fille. L-l'on m'a assuré qu'une enquête serait ouverte dès demain. Je leur ai également laissé les coordonnées du laboratoire pour qu'ils puissent nous joindre »

Sullivan joignit les mains d'un air pleinement satisfait.
« Excellent ! s'écria-t-elle. Voilà qui me permettra de remettre la main sur Sally dans les plus brefs délais. Je suis navrée d'en arriver à mêler ces guignols de l'armée à mes affaires, mais c'est un cas de force majeure.
- A-assurément, Madame, répondit Millard, sans savoir s'il était opportun de sa part d'intervenir.
- N'est-ce pas ? Mes moyens demeurent limités, malgré les flatteries financières que me font parvenir tous ces nobliaux »
L’Érudite passa une main désinvolte dans sa courte chevelure cendrée. Son sourire était devenu malsain. Oui, toutes ces vieilles personnes richissimes qui ne savaient tellement pas quoi faire de leur argent qu'ils l'envoyaient à outrance à Sullivan, s'ils s'étaient laissés attendrir par ses faux idéaux, ou par sa cruelle promesse de repousser pour eux les limites de la vieillesse. Ce que ces gens étaient futiles, songeait-elle souvent.
« Dehors Millard, cracha-t-elle subitement. Appelle-moi tout de suite Aaron »
Le jeune homme ne se fit pas prier. Il s'inclina légèrement et sortit en quatrième vitesse. Il fit appeler l'assistant favori de Sullivan, puis il s'en retourna à ses propres expériences. Il tremblait encore de cette entrevue. Bien que très brève, elle lui rappelait combien il détestait travailler sous les ordres de cette sorcière. Il n'avait pas parlé de la fameuse photographie égarée, mais qu'importait. Ces Chevaliers ailés sauraient s'occuper du cas de Sally et il n'aurait pas à s'inquiéter pour son avenir... Tout irait très bien.

Aaron pénétra le bureau de Sullivan et ferma la porte derrière lui. Sa patronne lui expliqua en détail le rapport de Millard, sans cacher la profonde satisfaction qu'elle avait de bientôt pouvoir revoir sa fille adorée. L'assistant félicita sa supérieure pour cette première étape du plan, menée à la perfection par son puissant intellect.
« Par ailleurs Madame, que faisons-nous de l'autre sujet disparu ? demanda Aaron, avec beaucoup de zèle. Nous ne pouvons nous permettre de le laisser vaquer à sa guise à l'extérieur. Il sait bien trop de choses sur nos affaires.
- Très juste mon ami, répondit Sullivan, heureuse de pouvoir compter sur la présence d'esprit de son subordonné favori. Cependant on ne peut pas crier le nom de l'héritier d'un Duc sur tous les toits. Mais je peux t'assurer qu'il ne représente aucun danger pour le moment, sois tranquille»
L’Érudite s'adossa à son gros fauteuil de cuir, l'air comblé.
« J'irais même jusqu'à dire que si nous retrouvons Sally nous mettrons la main sur notre petit Cecil... »
Aaron acquiesça docilement. Il ne restait donc qu'à attendre les premiers résultats de l'enquête des Chasseurs. Patience serait de rigueur.

¤¤¤ ~ ¤¤¤

Au quartier général des Chasseurs ailés, Cecil faisait les cent pas entre les jardins, la cour intérieure et le hall d'entrée. Quand est-ce que ces deux-là allaient-ils daigner rentrer ? Le soir commençait à tomber. Il n'y tenait plus. Il devait absolument parler à Ithilion de ce qui se tramait !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Mer 2 Mar - 11:27

Le stress d'Ithilion retomba d'un coup lorsque la tête de Sally se cala sur son épaule. Les paroles délicates mais déterminées qu'elle lui murmura à quelques centimètres de l'oreille déclenchèrent une véritable vague de satisfaction à travers son corps. Il resta ainsi immobile encore quelques instants, enveloppant sa protégée de son soutient bienveillant, heureux que rien ne se soit brisé après un tel remous. Le temps filait mais pour une fois il s'en moquait. Cette douce sensation de chaleur au creux de son cou créait en lui un bien être étrange à ses habitudes.
Le déclic qui venait de se produire allait considérablement modifier les rapports entre les deux jeunes gens. Leur rapprochement risquait d'alimenter les ragots dans les couloirs, mais cela ne possédait aucune valeur d'importance. Il ne sacrifierait pas une telle opportunité de complicité sous prétexte d'un simple rang entre sa disciple et lui. Surtout qu'intégrer le cercle intime d'Ithilion relevait presque de l'exploit. Peu de personne pouvait se tarir de connaître l'être qui se cachait sous son épaisse carapace d'indifférence et d'arrogance. La gentillesse et la volonté impressionnante de Sally s'y étaient frayées un chemin sans difficulté, brisant cette immense forteresse à l'intérieur de lui comme vulgaire château de carte. A vrai dire, et bien que la raison lui échappait encore,  la jeune femme au regard bleu envoutant avait capturé sa sympathie à son égard dès le premier jour . Pourtant, ll n'appartenait  absolument pas au type chevalier qui partait à la rescousse de sa princesse pour mieux la courtiser. Son instinct s'était juste mis à pointer cette mystérieuse inconnue comme une boussole indiquerait le nord.
Et le chevalier ne regrettait pas d'avoir emprunté cette direction. En avait-il été de même pour lui lorsque Elionne Histo lui offrit la possibilité de la suivre ? Chaque jour passé, Ithilion comprenait de mieux en mieux la dévotion qu'elle lui avait porté, bien loin des principes militaires qui coupaient souvent court à tout lien d'affection. La récompense de voir grandir et s'épanouir Sally sous son entrainement n'avait pas beaucoup d'équivalent, hormis peut être une piscine remplie de pièce d'or.  Mais son plus grand plaisir provenait incontestablement de ce fruit d'une confiance incassable et d'une amitié étroite qui murissait chaque moment passé ensemble. Lui qui comptait ses amitiés sur les doigts d'une main.
Il plaça précieusement dans une fiole au fond de son esprit un petit échantillon de l'odeur subtile de la jeune femme et de cette chatoyante sensation qu'elle dégageait. Puis, il posa sa main dans le dos de la demoiselle pour lui montrer qu'il était temps de bouger et de laisser cet épisode se perdre dans les archives de l'histoire.

-Ne te sens pas obligée de raconter ça à Cecil, conseilla-t-il avant de partir. Et si tu le fais mais qu'il s'emporte, promets moi de ne pas baisser les yeux et d'assumer TON choix.


Au travers du récit de Sally, le chevalier avait découvert que le sort du faux majordome n'avait été sans doute guère plus enviable à l'intérieur des laboratoire. Cela ne changerait certainement pas l'antipathie qu'il éprouvait pour lui, mais il comprenait mieux la cause de se rapprochement intime avec elle. Ils étaient deux rescapés, seuls contre le monde. Enfin si cela devait être sa vision actuelle de la chose, Sally, quant à elle se jetait corps et âme, dans la philosophie opposée. C'était pour quoi le Chasseur Ailé souhaitait créer l'indépendance et l'autonomie dont avait besoin sa disciple pour parvenir à ses fins. Hors, Cecil ne donnait pas l'impression de se satisfaire de la direction libertaire que prenait son amie. Sa possessivité risquait de devenir un obstacle pour elle. Et si elle se déterminait à avancer plus haut, elle devra apprendre à le maitriser pour le surmonter. A ce moment la, Ithilion l'attendrait au départ  de l'un des deux chemins de ce croisement douloureux, prêt à soigner toutes les blessures et à la guider jusqu'au bout.

-Une dernière chose. reprit-il avec un extrême sérieux. A mes yeux,qu'importe ton origine, tu es l'égale de n'importe quel citoyen de cette cité. Toutefois, les gens restent focalisés sur leurs aprioris et n'essayent jamais de voir au-dela. Être une paria n'est pas bien vu, et malheureusement il va falloir que tu caches cette réalité. Mais a  vrai dire , on s'en moque ! Tes actions sont plus importantes que tes origines, alors souris !


Le sourire facétieux fît son retour sur le visage de l'éternel plaisantin. Il pinça alors les deux joues rosées de Sally et les tira pour lui faire retrouver également le sien. Ce sourire pur et communicatif qui emplissait son entourage de joie à sa vue et dont Ithilion devait admettre l'addiction.

-Allez en route, espèce de fontaine sur pattes. rajouta t-il en assénant une délicate claque sur le visage encore humide de sa disciple.

La route du retour vers le quartier général se passa en silence. Rien de négatif, au contraire. Le trajet donna l'occasion aux deux complices d'assimiler correctement l'épisode qui venait de se produire. Surtout qu'un doute commença à entacher l'engouement d'Ithilion par rapport à la réussite de son élève, car si sa nature de Paria ne lui avait pas échappé, qu'en devenait-il pour les autres ? Le problème s'annonçait épineux. Même si l'effet inhibiteur sur les dzêtas dû à leur présence ne présentait pas un fait connu par la société, il ne s'agissait pas non plus d'un secret d'état. Surtout dans le cadre d'une formation d'élite préparé au maximum d'éventualités signifiantes, dans laquelle perdre la capacité d'utiliser son dzêta représentait un risque pour la mission à ne pas sous-estimer.
Alors quelles solutions envisager ? Garder Sally hors de portée des autres soldats, en plus d'attirer peut être la curiosité, ne ferait que reporter l'échéance à son intégration obligatoire au sein d'une équipe. Fuir les Chasseur Ailés lui étaient inenvisageables, jamais il ne laisserait la grande Institut de son maître aux mains dégradantes de son intendant actuel. Au fur et à mesure qu'il s'approchait de la structure des Chasseurs Ailés, Ithilion examinait minutieusement toutes les possibilités qui s'offraient à lui. Malheureusement, aucune ne se montra suffisamment viable sur le long terme pour retenir son attention.
Soudain,  alors qu'il réfléchissait à l'éventuel réaction de ses deux camarades Alaryk et Etan si le secret venait à être découvert, la discussion de son ami dans le bureau de Klegan resurgit comme un flash dans ses pensées.
"
-Si ce que tu me rapportes est vrai, je me demande à quoi joue ce cretin.

-Il n'en a peut être pas conscience. Je sais que vous ne le portez pas dans votre coeur, mais il reste un soldat d'Anathorey."

Les dents d'Ithilion se serrèrent de frustration. Une étrange impression le prit :celle de devenir une proie inconsciente de l'étau qui se refermait lentement autour de lui. Il espérait ce fourvoyer, mais il avait parlé de son problème récurrent de Dzêta à Etan, au cas où ses larges connaissances auraient pu sortir une explication. Deplus, ce dernier avait passé beaucoup de temps près de lui ces derniers jours. Le gout amer de trahison devenait de plus en plus fort à mesure qu'il réalisait ce que représentait la discussion espionnée. Markus Klegan au courant qu'une Paria foulait les sols de son ordre militaire ne présageait rien de bon.
 Le coeur d'Ithilion  battit la chamade lorsqu'ils arrivèrent devant la porte du QG. Une première voix dans la tête lui conseillait de ne pas franchir le palier et de partir loin avec Sally, tandis qu'une autre lui avisait de ne pas tirer de plan sur la comète. Après tout, lui même arguait qu'il existait une solution à chaque problème. Le chevalier inspira une grande bouffée d'air avant de traverser le porche pour se retrouver dans le hall d'entrée. Bien sûr, il ne s'attendait pas à un comité d'accueil armé jusqu'au dent, attendant patiemment son retour pour le jeter en cellule. Quoi que. Il se tourna vers Sally en cachant son trouble à travers son visage souriant :


 -Bon, on va faire quelques exercices de base pour ce soir et d....


Un bruit de pas à la course rapide l’interrompit dans sa proposition. Cecil s'approchait d'eux avec une démarche différente de son assurance ordinaire. Mais avant que celui-ci ne pût dire quoi que ce soit, une voix interpella le chevalier :


-Ithilion. J'aimerais te parler. Maintenant.


Le ton ferme d'Etan ne laissait aucune matière à discuter. Il était rare que l'on ose s’adresser de cette manière à l'ünik aux cheveux blanc, surtout de la part de son ami. Le regard gris acier d'Ithilion se durcit comme du métal


-Ca tombe bien, moi aussi.  répondit-il  à celui qu'il considérait à présent comme un traitre. Allez dans ma chambre et attendez moi la-bas. ordonna t-il à Sally et Cecil sur un ton implacable avant de s'avancer vers Etan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Mer 2 Mar - 14:46


Ithilion posa gentiment sa main dans le dos de Sally pour lui faire signe de ce qu'il était temps de s'en aller. Avant de sortir de la ruelle, il lui conseilla de ne rien dire à Cecil, ou alors d'assumer jusqu'au bon son choix si d'aventure elle décidait de le faire. Elle ne devrait pas baisser la tête ni détourner le regard. Si Cecil était informé de cette réalité, elle devrait le mettre devant le fait accompli sans sourciller ni montrer aucun signe de honte. Sally acquiesça sérieusement. De toute manière c'était elle la première intéressée dans l'histoire, la décision lui revenait de droit. Le Chevalier ajouta que même si à ses yeux elle était l'égal d'un citoyen d'Anathorey, elle devrait garder encore garder sa nature secrète, car d'autres personnes pourraient se montrer moins ouvertes d'esprit. Après lui avoir donner une petite claque amicale sur le visage pâle de la jeune femme, Ithilion déclara qu'ils devaient retourner au QG à présent. Ils sortirent de la ruelle et empruntèrent le grand axe peu avant ensoleillé, au dessus duquel à présent le ciel prenait une couleur orangée. En trottinant tranquillement à côté de son maître, Sally ne pouvait s'empêcher de sourire. Tant pis si c'était idiot. Ses révélations avaient aidé Ithilion à y voir plus clair, mais elle aussi avait compris quelque chose, qui lui sembla alors essentiel : le monde n'était peut-être pas aussi hostile que lui avait décrit Cecil.  

Les deux compagnons arrivèrent au bout de leur route silencieuse et gravirent le parvis de la caserne des Chasseurs ailés. Le soir tombait peu à peu. Les soldats en ronde faisaient le roulement du changement d'horaire et l'on commençait à allumer les lampes. Bientôt l'atmosphère de la nuit emplirait doucement les couloirs de cet immense QG, qui devenait chaque jour de plus en plus familier à Sally. Elle n'avait jamais véritablement eu de maison, hormis le sas aseptisé dans lequel elle avait été enfermée jusqu'à ses dix-huit ans. Par la suite elle avait vogué de taverne en maison de passe, pour finalement trouver Cecil avec qui elle bougeait tout le temps. C'était la première fois depuis son évasion qu'elle restait au même endroit si longtemps.
Ithilion se tourna vers sa disciple pour lui annoncer les exercices du soir, mais il s'interrompit au beau milieu de sa phrase. Les pas pressés de Cecil se dirigeaient vers eux avec une anxiété qu'aucun d'entre eux ne lui connaissaient. Cependant le faux majordome n'eut pas le loisir de demander un entretien avec le Chevalier et la jeune femme, car Etan arriva d'une aile adjacente. Sans adresser un regard aux autres, il dit à Ithilion qu'il voulait lui parler immédiatement. Inquiétée par cette demande soudaine, Sally leva les yeux vers son maître. Il adressait une mine distante à celui qu'il décrivait hier encore comme le plus fidèle de ses amis. Il lui répondit qu'il avait lui aussi à lui parler et suivit Etan après avoir ordonner à la jeune femme et Cecil d'aller l'attendre dans sa chambre. Sally les regarda partir d'un air inquiet. Elle espérait que les deux hommes ne se soient pas fâchés. Loin de ces considérations amicales, son compagnon vêtu de noir craignait de voir dans cette conversation un lien avec le fait qu'Etan se soit rendu dans le bureau de Klegan ce matin. Voilà qui n'augurait rien de bon.
« Allons-y » dit Cecil lorsque les Chevaliers furent hors de vue.

Sally ferma la porte de la chambre d'Ithilion une fois à l'intérieur. Le faux majordome alla s'installer dans un fauteuil et intima à la jeune femme de s'asseoir à son tour. Même si Ithilion n'était pas là, il devait la mettre au courant de la mission qui avait confiée à Alaryk plus tôt dans la journée. Devant lui, elle baissait la tête d'un air contrarié. Il remarqua également qu'elle avait les yeux rouges.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demanda-t-il en croisant les bras.
- Tout va bien, répondit Sally d'un ton calme. Cecil soupira
- Je vois bien que tu mens. Tu ferais mieux de me dire tout de suite ce qui te tracasse, quand bien même je finis toujours par...
- Ithilion est au courant pour moi » l'interrompit-elle sans se départir de son ton feutré.
Sally releva la tête pour regarder Cecil droit dans les yeux. Il réalisa ce qu'elle venait de lui dire au bout de quelques secondes. Il se leva d'un bond vers la fenêtre et passa nerveusement sa main sur son visage. Elle, se tenait droite et demeurait impassible. Elle savait que Cecil se mettrait en colère.
« Comment est-ce arrivé ? s'écria l'ancien noble
- Un petit incident cet après-midi l'a mis sur la piste, après que tu nous as laissé seuls. J'ai été contrainte de lui en parler.
- Vraiment ? répondit Cecil, qui tentait tant bien que mal de ne pas laisser entendre que sa voix tremblait de colère.
- Oui. Comme tu le vois il n'a pas mal réagit. Il a dit que nous allions garder le secret tous les trois. Rien ne semble avoir changé pour lui »
Cela change tout pour moi, songea Cecil. Il n'était absolument pas enchanté à l'idée de devoir partager le secret de Sally avec une tierce personne. S'ils étaient emmêlés dans des intérêts communs jusqu'à lors, ils étaient désormais tous dans le même bateau. Si l'un d'eux tombait, c'était le masque de leur trio qui s'effondrait entièrement. Le jeune homme lança un regard furibond à Sally qui l'observait en silence, l'air serein. Il marcha en long et en large dans la pièce avant de venir se rasseoir, le visage plongé dans les mains. Ils étaient dans une belle pagaille...
« J'imagine qu'il aurait fini par le découvrir de toute façon , dit-il après avoir recouvré un peu son calme. Mais nous avons un problème.
- Tout ira bien, tâcha de le rassurer Sally, en posant une main sur son épaule. Je sais qu'il ne dira rien, nous pouvons compter sur lui.
- Je ne parlais pas de ça, répliqua sèchement Cecil en se redressant subitement. Un peu penché en avant, il se mit à parler à voix basse. J'ai croisé Alaryk en rentrant. Quelqu'un est passé au bureau des requêtes civiles pour lui confier la mission de retrouver Sally Sullivan ».

« Tu es recherchée, Sally, et ce sont les Chasseurs ailés qui sont chargés de t'arrêter. Nous ne sommes plus en sécurité ici»
Sally dévisagea Cecil, abasourdie par cette nouvelle.
« Cette sorcière aura déployé en vain ses propres moyens ava,t de faire appel à ceux de l'armée, ajouta son compagnon par souci d'exhaustivité. Mais à l'instar de Sullivan, les militaires savent exactement comment procéder. Il nous reste sans doute très peu de temps avant d'être démasqués. Nous n'avons pas le choix, nous devons convenir avec Ithilion d'un moyen de sortir du QG et ne plus jamais revenir.
- Mais pourquoi ? s'écria vivement Sally, plus pâle que la mort.
- Réfléchis, personne n'aura pitié de nous si on apprend que nous sommes là sous de faux nom, et qui plus est si ta nature de Paria est révélée au grand jour. Que tu le veuilles ou non ce sont des choses qui se remarqueront tôt ou tard. De plus tu ne peux contrôler le Sin. Ces Chasseurs ne demanderont pas même deux sous pour te jeter dans les pattes de Sullivan !
- Non, non, pas Ithilion, affirma la jeune femme en secouant la tête. Pas lui, il ne ferait pas ça.
- Ah ! Ce que tu peux être bête ! Tu crois qu'il oserait défier une Érudite renommée, lui, ce tout petit soldat de rien du tout ? Quand il apprendra que c'est toi que Sullivan recherche, il se séparera de toi pour ne pas avoir de problème, tout comme on se débarrasse d'un parasite !
- C'est faux ! cria Sally en sautant sur ses jambes. Tu dis n'importe quoi, je sais qu'il ne nous trahira pas ! »

Cecil observa interdit la jeune femme qui haletait de colère. Il se leva à son tour pour lui faire face. Leurs regards s'affrontaient comme des combattants avant un duel à mort. Quand il se sentit plus calme, le faux majordome lui demanda d'une voix rauque :
« Qu'est-ce qui te pousse à lui faire confiance à ce point ? »
Sally ne répondit rien. Soudain le jeune homme eut peur de comprendre ce qui se tissait dans le coeur et l'esprit de sa protégée.
« Sally... Tout sauf ça. Ne fais pas cette bêtise.
- Mais de quoi est-ce que tu parles ? » demanda la jeune femme, qui ne comprenait plus rien à ce que lui racontait Cecil.
Il recula et se laissa tomber sur le lit du Chevalier, oubliant totalement l'endroit où il se trouvait. Ce n'était pas le moment de perdre l'esprit. Allongé sur les draps, il soupira profondément, comme pour purger sa tête de toute pensée parasite et parvenir à mieux réfléchir. Dans quel pétrin s'étaient-ils fourrés, tous les deux ? Il avait toujours su qu'il aurait dû utiliser son Dzêta sur Ithilion quand ils étaient à la banque. Il lui aurait ordonné de les oublier et leurs routes ne se seraient plus jamais croisées. Pourquoi n'avait-il pas suivi son instinct ?
Timidement, Sally vont s'asseoir aux côtés de Cecil qui fermait les yeux. On aurait dit qu'il dormait.
« J'ai déjà parlé de Sullivan à Ithilion. Il sait qu'elle représente un danger. Mais il m'a promis qu'elle ne me ferait rien tant qu'il serait à mes côtés »
Elle s'appuya sur son coude et se pencha vers le jeune homme, comme pour lui faire entendre plus clairement ce qu'elle avait à lui dire.
« Il ne nous trahira pas, Cecil »

L'intéressé rouvrit les yeux pour dévisager Sally. Cette jeune fille si jolie et si laide à la fois qui causait moult tourment sans même s'en apercevoir.
« Attendons qu'il revienne... » lâcha-t-il laconiquement. Il était fatigué d'avoir à argumenter avec elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Mer 2 Mar - 20:53

La distance entre Ithilion et Etan mesurait bien la tension presque palpable entre les deux üniks. Ils marchèrent dans un silence glaçant comme si ils se rendaient dans une arène où allait avoir lieu un terrible duel à mort. Et l'image ne s'éloignait pas tant que ça de la possible réalité. Si ils avaient grandi depuis tout petit ensemble, Etan n'avait jamais complètement joué le jeu de la totale confiance. Aujourd'hui le prouvait encore, sauf que cette fois les conséquences ne présentaient pas les mêmes proportions que les précédentes. Rien n'était fait encore. Ithilion pouvait se trouver complètement à côté de la plaque. Il espérait fortement que tout cela ne soit qu'une suite de mauvais enchainements qui aboutiraient à  un simple quiproquo. Seulement, l'attitude de son confrère ne présageait rien de cet ordre là. Il connaissait ce masque fermé, cette démarche tendue, ce ton aussi cinglant qu'un coup de fouet. Les signes de circonstances très graves.


Après s'être engagé dans un énième couloir, Etan ouvrit une porte au battant assez massif avant de s'engouffrer dans une salle. A l'intérieur, le sol était recouvert d'une sorte de tapis en matière synthétique. Contre les murs sobres de toutes décorations, des mannequins se disposaient ici et la. L'intrigue et la méfiance d'Ithilion se mirent en alerte, car il ne comprenait pas pourquoi son coéquipier l'avait mené dans la salle de combat. Etan prit soin de fermer la porte correctement avant de s'avancer vers lui en prenant la peine de justifier les lieux :


-Ici  les murs sont plus épais pour que les sons ne sortent pas de la pièce. J ai pensé que ça serait un bon endroit pour discuter.


-Consciencieux comme toujours. cracha Ithilion comme du venin.


L'un des sourcils d'Etan s'arqua de surprise face à l'animosité inattendu de son ami.


-Tu as passé un mauvais après-midi en compagnie de ta  disciple ?


-Ho non au contraire, elle ne l'a rendu que meilleure, contrairement à certains de mes proches qui essayent de me poignarder dans le dos.


L'attaque était direct. La franchise habituelle du chevalier aux cheveux blancs ne manquait pas de mordant. Visiblement, il ne souhaitait pas tourner autour du pot durant des heures. Que la raison en soit Sally où non, cette discussion privée avec Markus Klegan n'avait rien d'anodine et il détestait par dessus tout que l'on complote derrière lui.
L'esprit aiguisé de son brillant ami ne mit pas longtemps à faire le lien.


-Ho je vois que tu espionnes les conversations maintenant. soupira Etan en réajustant ses lunettes. Et de tes supérieurs en plus. Je vois...Bel utilisation de ton Dzêta, bien que quelque peu frauduleuse


-Ce n'était pas ma première intention, se défendit l'accusé. Disons qu'il ne s'agit que d'un heureux concours de circonstances.


La discussion avait à peine commencé qu'ils arrivaient au coeur du sujet. Ignorant la contre-attaque, Etan plongea alors ses deux yeux bleu abyssal dans ceux de son camarade. Il était facile de se noyer dans la profondeur de son regard à l'image de l'étendue complexes de ses pensées, mais habitué, Ithilion ne se laissa pas impressionné pour autant. Exposer la moindre faille à ce tacticien hors-paire signait presque automatiquement la défaite.


- Ne me dis pas que tu savais pour ta disciple en l'amenant ici ? demanda alors celui-ci en enfonçant ses mains dans ses poches.


-Je l'ai découvert il y a à peine une heure.


L'esquisse  très subtile d'un sourire s'afficha alors sur le visage du Chasseur Ailé aux lunettes. Une expression de soulagement très brève qui n'échappa pas aux yeux de faucon de son interlocuteur.


-Très bien, acquiesça Etan de la tête. Dans ce cas, il y a moyen de faire jouer la présomption d'innocence en ta faveur. Je sais que t 'y résoudre va être très difficile, mais S....


-LA FERME !!


L'injonction avait éclaté dans l'air, telle une balle de fusil. L'ambiance devint aussitôt électrique dans la salle. Connaissant la nature imprévisible de son camarade, Etan se tourna très légèrement de profil pour anticiper une éventuelle réaction trop spontanée de sa part.


-C'est avec moi que tu aurais du en parler en premier ! poursuivit Ithilion, bouillonnant de rage. Pas à ce traitre de Klegan !!


-Écoutes, tenta de s'expliquer son coéquipier en gardant un calme placide. Si elle reste ici, cela sera découvert tôt ou tard. Et c'est tout l'ordre qui risque d'en subir les conséquences pour avoir caché  l'enfant d'un blasphème.


-Elle n'a jamais demandé à naitre ainsi !Maitre Histo elle même disait que chacun devait avoir sa chance dans ce monde. Sally vaut bien mieux que ce crétin d'intendant et que beaucoup d'Ünik !!


-Laisse notre supérieur en dehors de tout ça ! Sombre idiot ! s'échauffa soudainement Etan. Sache pour ta gouverne, qu'il te laisse une porte de sortie inespérée par rapport à ta situation. Il a concédé à te protéger en présumant que tu n'étais pas conscient du problème. Sans lui, tu serais sans doute en geôle demain.


Un nouveau silence s'installa. Les deux Üniks se toisèrent ainsi quelques secondes, essayant de retrouver leurs calmes. L'implication de Markus Klegan donnait à l'affaire peu de façon de se terminer en faveur du maitre et de la disciple. Toutefois, il ne comprenait pas alors l'intervention de l'intendant en début d'après midi. Il en fît part à Etan qui se mit à rire nerveusement.


-Il ne voulait simplement pas éveiller tes soupçons et être sûre que Sally allait rester le plus longtemps possible dans les parages en attendant que l'enquête se fasse. Jusqu'a présent nous n'étions pas certains à cent pour cent, et en homme droit, Klegan a préféré ne pas faire de vague inutile avec toi. Mais ton aveux de tout à l'heure met un terme à cette enquête plus tôt que prévue. On te laisse une chance que tout se passe bien et juste expulser Sally et son accompagnateur hors de la cité. Rien de plus. Entends raison Ithi, je fais ça pour que tout se passe au mieux. Déjà estimes toi heureux qu'elle garde la vie sauve.


Une sorte de vertige prit d'assaut les pensées du chevalier.  Le piège sournois que lui avait tendu celui qu'il considéré une journée plus tôt comme un frère le sonna littéralement. Le sol sembla se dérober sous ses pieds tant il n'avait plus prise sur la situation. Pourtant il y existait forcément un moyen. Son cerveau travaillait à pleins régime pour trouver la solution qui permettrait à Sally de poursuivre son rêve au sein de ces lieux. Il ne voulait  pas la laisser retourner à l'état d'animal, chassée de la civilisation du fait de son unique existence, perdue dans la misère et la rudesse de ne pas avoir de toit. Et il ne pouvait la laisser aux mains possessifs de Cecil qui la considérait comme une propriété personnelle.
Pour la première fois depuis longtemps, Ithilion se sentit en bout de course. Ses jambes cédèrent sous le poids de ce choix cruel que lui imposait l'impitoyable destin. Difficile de lutter contre une machine aussi imposante et pesante que la société. Face à ce titan, seule l'impuissance subsistait bien souvent. Et cela faisait mal. Très mal. Tout comme la douleur d'imaginer le désespoir déformant le visage angélique de sa disciple à l'annonce de la triste nouvelle. Son regard se perdit dans le vide, comme si il voulait fuir cette réalité méprisable.
Apitoyer par la détresse de son ami, Etan s'en approcha délicatement avant de tapoter son épaule en marque de compassion. La main d'Ithilion balaya ce geste amical d'un revers enragée.


-Je suis désolé mon ami, mais ce n'est qu'une paria. N'en fait pas tout une histoire s'il te plait, elle n'a pas sa place ici. Si ça peut te rassurer, je vais demander à Markus, si je peux m'occuper moi même de l'expulsion demain. Ils n'accepteront jamais que tu participes.


-Dégage.. réussit simplement à articuler l'ünik à l'âme déchirée.


Le Chasseur Ailé haussa les épaules et sortit sans rien rajouter de plus. Il préférait laisser à son ami d'enfance le calme nécessaire pour qu'il se fasse une raison, et n'agisse pas stupidement.


Ithilion resta planter au centre de la pièce pendant de longues minutes. Toutes ses forces et toute son entrain l'avaient quitté. Dissipées aussi sèchement que la possibilité pour Sally de réaliser son simple désir : vivre d'égale à égale avec ce monde qui la haïssait. Pourtant entrainé à conserver le pleins contrôle de ses moyens, le tireur d'élite ne parvenait pas à réprimer ce sentiment nauséeux à l'intérieur de son corps et de son esprit. Il se demanda comment aurait agi son maitre confronté à ce cas. Sa clémence et son jugement de valeur portée sur l'action individuelle  plus que sur les liens du sang auraient ils permis un tel pied de nez à la loi Ünik ? Après tout, les Parias ne reconnaissaient pas d'un simple coup d'oeil. Et pourtant, il n'avait fallu que quelques mois pour démasquer le cas de son élève.
Une profonde fatigue l'envahit subitement. Il se leva à la manière d'un revenant et lentement se dirigea vers sa chambre. Sur son chemin, tout le monde le dévisagea avec étonnement mais il n' y prêta aucune attention. Sa seule préoccupation était le cas de Sally, dont le visage flottait dans sa tête comme une obsession. Complètement abattu, quand il rentra dans sa chambre, ce ne fût que par automatisme qu'il arriva jusqu'à son lit. Tout était mort en lui. Il se laissa tomber sur le matelas, victime de ce tir invisible qui venait de toucher son coeur. Son poing s'écrasa alors fébrilement contre son coussin. Encore et encore. Unique moyen de vider toute la frustration et la rage qui  l'habitait. Sa voix murmurait en boucle ces deux mots " une solution" comme une prière futile en appel à un miracle.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Sam 12 Mar - 14:10


Sally et Cecil attendaient Ihilion dans la chambre depuis bientôt une heure. Le silence les enveloppait comme l'obscurité qui tombait peu à peu dans le ciel d'Anathorey. Quand on n'y vit bientôt plus rien, Sally se leva du lit et alluma les quelques lampes qui se trouvaient dans la pièce. Cecil ne bougeait pas du matelas depuis qu'il s'y était allongé et demeurait totalement muet. Si elle avait désiré prendre la parole pour ne plus subir la tension qui régnait séant, elle n'osa jamais le faire, intimidée par l'air contrarié de son ami. Elle savait très bien qu'il se fâcherait si elle lui parlait alors qu'il n'était pas d'humeur à bavarder.
Quand les hauts parleurs du QG annoncèrent le couvre-feu, Cecil se leva d'un bond du lit, se dirigea vers la porte, puis après s'être tenu derrière elle sans bouger, se mit à nouveau à faire les cent pas.
« Bon sang, que peut-il bien fabriquer ? » maugréa-t-il, de plus en plus rongé par l'inquiétude.
Sally soupira discrètement et s'assit dans un fauteuil. Elle tortillait ses doigts sur ses genoux, elle aussi un peu anxieuse. Elle songeait qu'ils avaient croisé Etan en début d'après-midi et que celui-ci avait l'air contrarié, ainsi qu'au fait que jamais elle ne l'avait vu s'adresser aussi froidement à Ithilion. Ils étaient, d'après son maître, de très vieux amis. S'étaient-ils disputés sans que Cecil ni elle ne fussent au courant ? Aussitôt elle pensa à Alaryk et elle sentit son ventre se nouer. Que ferait-il s'il apprenait que Nancy et Sally n'étaient qu'une ?

Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit. Ithilion entra d'un pas lourd et la referma derrière lui. Sally s'était levée immédiatement et Cecil avait fait volte-face comme un guerrier sur le qui-vive. Le Chevalier avait l'air aussi sombre que dépité, et ne leur adressa aucun regard. Il marcha comme s'il portait sur son dos le poids de toute la misère du monde, et se laissa mollement tomber sur le lit. En marmonnant qu'il fallait trouver une solution, il martela son matelas d'un poing à la fois hargneux et désespéré. Les deux occupants de la chambre l'observèrent, l'une avec surprise et l'autre avec inquiétude.
« Qu'est-ce qu'il te voulait ? » demanda Cecil qui impatient ne pouvait plus supporter davantage de suspense.
Ithilion se redressa, la mine grave et le regard sombre. D'un ton laconique il leur avoua qu'Etan avait deviné la véritable nature de Sally. Il avait découvert qu'elle était une Paria après avoir mené une enquête personnelle et discrète sur son compte, car la jeune femme avait éveillé en lui des soupçons depuis fort longtemps. Il avait couru en avertir Markus Klegan et ce soir, s'il avait voulu parler à Ithilion, c'était pour qu'un compromis soit trouvé. Le Chevalier au cheveux blancs ne serait pas chassé des rangs du QG si Nancy la Paria partait le lendemain dès l'aube, et qu'elle ne revenait plus jamais.

Sally chancela, trembla, se mit à transpirer et se laissa tomber fébrile sur le fauteuil le plus proche d'elle. S'ils apprennent ton secret, les autres auront peur de toi. Tu serais rejetée. Voilà pourquoi il ne faut pas qu'ils sachent. Les paroles de Cecil tournaient dans sa tête à lui en donner le vertige. Elle se sentait au bord du gouffre. Tout le monde saurait bientôt qu'elle était une aberration, une monstruosité qui n'aurait jamais dû naître. Sullivan disait donc vrai ? Non... Son maître ne l'avait pas traitée ainsi cet après-midi. Il s'était montré bon avec elle. Mais Klegan ne se montrerait pas aussi compréhensif, même Sally dans son immense naïveté pouvait d'ores et déjà le savoir. Que faire, que devaient-ils donc faire ?
Après ces révélations Cecil sentit qu'un ulcère commençait à se former dans son estomac. Ce n'était pas possible, bon sang, ce n'était pas possible, pas possible ! Ils avaient pourtant fait preuve de prudence ! Ils avaient fait croire à un Dzêta, ils avaient inventé un passé de toute pièce, ils avaient tenté de dissimuler la nature de Sally au maximum ! Comment diable cet Etan avait-il pu les découvrir si tôt ? Le faux majordome avait manqué de vigilance. Cela ne lui ressemblait pas. L'atmosphère de tiédeur complaisante de ce QG l'avait sans doute ramollis.
« Et merde... » marmonna-t-il entre ses dents.

A force de marcher nerveusement dans la chambre, il s'arrêta devant un miroir accroché sur le mur. Il leva son regard vers le reflet sombre. Il voyait Sally éberluée plus pâle que la mort et derrière elle, Ithilion toujours affalé sur le lit, totalement dépassé par la situation. Cecil glissa vers sa propre image, et croisa son propre regard dans le miroir. Ses yeux vairons, l'un noir et l'autre rouge, dont on avait scellé le pouvoir lorsqu'il était entré chez les Chasseurs ailés. Il fixa pendant quelques secondes son iris rouge, témoin de son redoutable Dzêta endormi... L'ancien noble sourit légèrement. Finalement une telle opportunité ne se représenterait pas. L'occasion était trop belle. Il devait bondir dessus. Ithilion n'aurait pas le choix : soit il acceptait la solution que venait de trouver Cecil, soit il serait contraint de dire adieu à sa petite Sally.
« Nous devons aller voir Markus Klegan, dit-il à voix basse au Chevalier, qu'il toisait à côté du lit. Si j'utilise le pouvoir de l'Eye-order sur lui, je peux renverser la situation à notre avantage »

Sally releva la tête d'un air intrigué. Cecil défiait Ithilion du regard sans chanceler une seule seconde.
« Je sais que tu n'aimes pas cette idée. De deux choses l'une : soit je modifie l'esprit de Klegan afin que rien de cette histoire ne nous porte préjudice, soit tu acceptes d'être séparé de Sally et de passer pour un traître devant l'ensemble de tes proches. C'est à toi de voir... »

« Mais sache que moi, je refuse de la perdre à cause de cette sale petite fouine de binoclard » cracha Cecil, désignant par ces termes injurieux Etan, qu'il n'avait jamais apprécié, et qui maintenant à ses yeux n'était plus qu'un obstacle hostile à éliminer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 14 Mar - 19:44

L'annonce avait éclaté comme une bombe dans la petite chambre du Chasseur Ailé.  Sous le choc, Sally s'était laissée choir sur le fauteuil, disposé fort heureusement juste derrière elle, son élan de confiance réduit en éclat par l'ultimatum que lui imposait l'Ordre face à la réalité de sa vraie nature. Le faux majordome s'était mis à traverser frénétiquement la pièce en long et en large, comme un animal en cage cherchant désespérément une sortie à la prison qui l'entourait .  
Cette agitation n'atteignait pas la conscience d'Ithilion pour laquelle le temps venait subitement de se suspendre.  Il osait même pas relever la tête de peur de croiser le regard détruit de sa jeune disciple.  La belle utopie qu'il lui avait dessiné quelques heures plus tôt était devenue l'esquisse d'un drame aux antipodes de ses promesses. Et pourtant, le rouage des préjugés les entrainerait inéluctablement vers cette fatalité, quelque soit leurs tentatives. Son entrain insoumis connaissait les limites de ses capacités à agir et à provoquer des conséquences. Intégrer une paria découverte parmi les fleurons de l'armée Ünik  équivalait presque à l'idée risible de demander aux princes d'abdiquer. Aux yeux hautains de cette société qui préférait camper sur son histoire et ne pas prendre la peine de juger la singularité, Sally ne resterait qu'une chimère  au sombre présage.  Le fruit de l'union impur avec une sous race. Une image dégradante et infondée que ne partageait pas le chevalier. L'enseignement de son maitre et surtout sa propre expérience lui avait appris que les Hybrids ne constituaient pas une branche inférieur des originaires. Il s'agissait simplement d'un peuple  avec son histoire, ses idées, dont la voie librement choisie les avaient menés sur d'autres chemins que les Üniks.  Si ces pensées pouvait l'envoyer directement à l'échafaud pour trahison, Ithilion savait en son fort intérieur qu'elles portaient en leur sein une part de la vérité. Son coeur protégerait encore ce peuple parmi lequel il avait grandi, mais il considérait ses ennemis comme un adversaire défendant ses valeurs d'égale à égale.. En ce sens, Sally ne devenait pas illégitime selon lui. Après tout, elle n'était qu'une créature lâchée malgré elle au milieu du torrent tumultueux de cette guerre et ne demandant qu'à rejoindre l'une des deux rives sans être rejetée à l'eau.

-Tu as fini de te lamenter ?! C'est pas comme ça que je t'ai élevé !
Un doux parfum de fleur monta aux narines de l'ünik dépressif. Ses yeux captèrent alors le bas d'une longue tenue blanche familière.  En relevant peu à peu la tête, il découvrit la gracieuse silhouette de cette magnifique femme à la peau blanche. Dans son dos s'écoulait une chevelure en cascade du même blanc que celle du jeune Chasseur Ailé qui commença seulement à comprendre l'identité de celle qui se tenait ainsi devant lui :

-M...Maitre..mais...balbutia-t-il complètement incrédule. Cela fait des mois que...

-Je t'ai manqué ?! lui demanda alors la voix à la fois douce et goguenarde de la directrice de l'Ordre. Évidemment que oui suis-je bête ! Tu n'es rien sans moi ! Enfin c'est ce que je constate devant le déchet que je retrouve...
Pourtant en manque depuis des semaines de la présence charismatique de son maitre, Ithilion baissa aussitôt son regard, honteux de son état actuel.

-Tout ne se passe pas toujours comme on le souhaite...
-Et c'est une raison pour pleurnicher comme une fillette ?!  Roh....J'ai l'impression d'avoir plus de couille que tu devrais en avoir.
L'attitude toujours aussi peu poétique et en total contraste avec  l'élégance aux allures de princesse de cette femme  tira un sourire au jeune homme. La présence rassurante d'Elionne lui donnait l'impression que tout allait s'arranger. Qu'importe le comment. Qu'importe le pourquoi. Elle était là.

-mon pauvre petit.... Tu ne fais meme plus la différence entre la réalité et une hallucination.
lâcha -t-elle soudainement d'un air sincèrement navré.
-Que...quoi ?s'étonna Ithilion, complètement dépassé par les circonstances.

-Tu as intérêt à te bouger, sinon tu vas le regretter à mon retour ! Crois-moi, et tu sais que je les tiens toujours mes promesses moi ! Alors tu vas me faire le plaisir de tenir les tiennes, si tu ne veux pas ressembler à un morceau de viande piétiné par un millier de passant un jour de marché quand j'en aurais fini avec toi.

-Je me suis foutu dans un sacré pétrin...

-Parce que cette admirable jeune fille est une Paria ? Parce que ton petit confort est menacé par l'abruti qui me sert de remplaçant et qui n'a jamais su comprendre les valeurs de cet Ordre ? Mon pauvre que tes problèmes sont pitoyables....
Ces propos, bien que mordant, ne portaient aucune une once de colère, mais leurs significations pénétrèrent en profondeur le nœud de réflexion qui se formait dans l'esprit du soldat.  

-Tss ...c'est facile de dire ça quand on disparait pour les fuir...
Cette remarque chargée d'une profonde amertume ne sembla pas atteindre sa cible au début. La grande dame planta simplement ses mains sur ses hanches et se pencha pour se retrouver à la hauteur du visage de son disciple. Celui-ci se trouva plongé de force dans cette tempête glacial qui enveloppa sa vision sur un visage  ferme..

-Je...ne...fuis...jamais.
découpa séchement son maitre en réponse à l'attaque. Mais oses me manquer encore une fois de respect, et tu vas découvrir ce que c'est de fuir . Maintenant, bouges toi, le temps c'est de l'argent, tu le sais mieux que quiconque non ?
Elionne se redressa et commençait à se diriger vers la sortie lorsqu'elle s'arrêta tout à coup.

-Ho ! J'oubliais...

Le puissant coup de poing que lui asséna son maitre ramena l'ancien disciple dans le monde réel.
Ithilion retrouva le lourd silence pesant, ponctué uniquement par les cents pas de Cecil. Avec un étrange mélange de manque et de déception, il lança un regard nostalgique à l’endroit où se trouvait son maitre quelques seconde plus tôt. Un sourire résigné barra son visage. Pourtant cette courte retrouvaille, bien que brève et illusoire, avait opéré des changements en son fort intérieur.  Il sentait l'assurance reconquérir les zones de doute enfouies en lui. L'envie de combattre regagnait petit à petit sa place dans l'esprit du fougueux chevalier. Devant cette renaissance, son sourire s'élargit d'avantage. Même à des centaines de kilomètres, cette sorcière trouvait le moyen de lui venir en aide lorsque le navire prenait l'eau. Son retour, il l'attendait de pied ferme. Et pour sûr, il resterait digne de la confiance qu'elle avait posé sur ses épaules.
Au même instant, Cecil se retourna vers l'ünik toujours assis sur le lit. Une expression de lucidité et de satisfaction éclairait son visage d'habitude si froid. Il lui parla alors de la possibilité d'utiliser son dzêta si répugnant sur Markus Klegan. Quelle ironie que la clé de ce problème provienne d'une arme sournoise qu'Ithilion avait condamné fermement dans ses convictions. Car si il acceptait cette proposition qui faisait presque figure de miracle, il perdrait toute légitimité pour lui en interdire l'utilisation plus tard.
Toute fois, le visage blême de Sally lui serrait le coeur et il ne pouvait se résoudre à perdre cette bataille. Aussi bien pour lui que pour ce lien qui l'unissait à cette jeune demoiselle prometteuse.
Ithilion se claqua le visage avec ses deux main avant de se remettre debout sur ses deux pieds. Il ne pouvait plus se permettre de flancher ainsi. Son rôle en tant que Chasseur Ailé et surtout entant que guide aux côtés de Sally lui interdisaient ce genre de faiblesse. Sa nature même brûlait d'une flamme indomptable qu'il ne laisserait plus s'éteindre par le dépit. Et déjà une idée perça la couche dure

-Etan n'a joué que le rôle que lui impose son statut, tout comme tu joues le tiens pour sauver Sally.
répondit-il finalement à l'adresse du faux majordome. Mais ...soit.

La confiance de nouveau gonflée à bloc, il se rapprocha de son amie pour lui poser une main rassurante sur l'épaule.  Bien qu'il se trouvait à présent stupide, qu'il avait peur de passer pour un beau parleur après cet inadmissible instant de faiblesse, il voulait lui montrer que finalement il ne se laisserait pas abattre. Après tout, il restait un Originaire comme un autre, avec ses failles. L'importance était de se relever une fois à terre et de remettre le pied à l'étrier. Cet élan, Ithilion souhaitait l'inculquer à sa disciple afin qu'elle puisse marcher toujours plus loin.

-Je sais ce que tu dois être entrain de te dire. Mais n'oublies pas ce que je t'ai dit tout à l heure. Ça ne sera pas facile, mais ne te laisse pas influencer par le jugement des autres.

Puis, il porta un regard perçant à Cecil. L'éclat de sa volonté flamboyait au travers de ses iris gris acier.

-En effet, je ne vois pas d'autre solution que d'utiliser ce dzêta. Mais avant tout, je veux savoir comment il fonctionne et surtout que tu me dises ce que tu comptes faire à Klegan.  Je sais que tu ne m'apprécies pas mais malgré tout, je ne peux te laisser faire cavalier seul sur ce coup.

Tout en parlant, il s'était dirigé vers un tiroir. Il fouilla quelques secondes avant de sortir un gant noir, produit dans une matière difficile à évaluer. Il le passa à la main avant d'aller toucher du bout du doigt le visage de Sally.

-Et pour plus de discrétion on va utiliser ceci.

Devant le fauteuil où la Paria se trouvait toujours assise se tenait à présent sa copie conforme à la place du Chasseur Ailé.  Les mêmes formes, le même visage, le même regard innocent. Cet objet permettait de prendre l'apparence d'une personne avec qui le porteur rentrait en contact physique. Cela allait jusqu'à synthétiser le son de la voix de l'individu ciblé. Même son compagnon de toujours ne saurait détecter la Sally factice d'un simple coup d'oeil tellement la ressemble était frappante. Un outil d'infiltration redoutable qui allait permettre à Cecil de l'accompagner sans attirer l'attention.

-Si jamais ça se passe mal, il ne vaut mieux pas que Sally soit impliquée de près ou de loin. Tu prendras l'apparence d'un autre le temps d'appliquer le plan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 20 Mar - 16:09


Le Chevalier, atonique et complètement anéanti depuis plusieurs minutes, se redressa face à Cecil une fois que la proposition fit son chemin dans son esprit. La situation désespérée le poussa à accepter ce plan qui le dégoûtait jusqu'aux tréfonds de son être. Manipuler l'esprit d'autrui allait à l'encontre de tous les principes d'Ithilion, mais force était de constater qu'à ce moment-là ils n'avaient pas le choix. Bien qu'il fut dans la même position délicate que ses deux compagnons, Cecil ne pouvait réprimer la grisante vague de satisfaction immense qui s'élevait en lui rien qu'à voir complètement acculé ce médiocre gringalet albinos.
Le faux majordome observa Ithilion se lever et se diriger vers Sally. Il lui pressa l'épaule avec la même douceur qu'un confident pour lui assurer que rien de ce qu'il lui avait dit plus tôt dans l'après-midi n'avait changé : elle ne devait pas faire attention aux qu'en dira-t-on. La jeune fille adressa un regard perdu à son maître sans rien répondre. Elle était partagée. D'un côté son instinct de survie lui dictait de partir très loin, tout de suite, et de ne jamais revenir, mais d'un autre, elle avait un brûlant désir de demeurer aux côtés d'Ithilion et de croire en ses paroles. Ses iris glissèrent vers Cecil, qui souriait d'un air narquois. Sally s'étonna un peu de ce brutal changement d'attitude. Lui qui angoissait comme jamais il y avait à peine quelques instants arborait une mine assurée désormais. Elle comprit qu'il avait trouvé une idée pour les sortir de là, et poussa un petit soupire de soulagement. Ils n'étaient pas sortis de leurs ennuis, mais Cecil était un homme rusé et très intelligent.

Le Chevalier aux cheveux blancs, plus déterminé que jamais lui aussi à les sortir de leur pétrin, demanda à son serviteur infidèle de lui expliquer en détail comment fonctionnait son fameux Dzêta.  Avant que celui-ci ne se lance dans des explications, Ithilion ajouta qu'ils allaient également se servir d'un petit artifice qu'il gardait secrètement. Il alla farfouiller dans une commode à côté du lit et sortit un gant de cuir noir qu'il enfila avec précaution. Il se dirigea ensuite vers Sally, dont il effleura délicatement le visage du bout des doigts. La jeune femme sursauta lorsqu'elle vit que son maître, par ce simple geste, était parvenu à copier son apparence dans les moindre détails. Son visage, sa silhouette, ses cheveux, ses vêtements et même sa voix avaient été reproduits à l'identique. Ithilion, qui parla de la même voix fluette que la Paria, expliqua que le gant était un outil d'infiltration que Cecil utiliserait pour l'accompagner dans le bureau de Markus Klegan. Il prendrait l'apparence d'un Chevalier lambda du QG, afin qu'aucun soupçons ne soient éveillés.

Le sourire de l'ancien noble s'élargit, jusqu'à ce qu'il pousse un petit rire supérieur et satisfait.
« Voilà qui est tout à fait pratique » dit-il d'un ton complaisant.
Avec cet outil et son Dzêta, l'affaire était d'ores et déjà dans le sac. Klegan pouvait dire adieu à son esprit de vieux crétin rigide. Il s'assit dans le fauteuil qui se trouvait face à Sally, s'installa à son aise et commença les explications.
« L'order-eye est une lentille de contact que je garde en permanence à mon œil droit. Il me permet de donner des ordres à quiconque me regarde droit dans les yeux. L'immense avantage de ce dispositif est qu'il est totalement impossible pour le sujet d'ignorer ou de refuser l'ordre que je formule, quand bien même il irait à l'encontre la plus totale de ses principes ou de ses convictions »
Cecil demeura silencieux quelques courts instants, pour que l'effet dévastateur de son Dzêta prenne ses empreintes dans l'esprit d'Ithilion. Avait-il imaginé une seule seconde que celui qu'il traitait comme un serviteur était doté d'un pouvoir aussi effrayant ?
« Pour que cela fonctionne donc, poursuivit l'Ünik vêtu de noir, je dois m'assurer que ma cible me regarde directement. Elle se retrouve sous mon emprise dès que j'active ce pouvoir. L'ordre que je lui donne devient pour elle une vérité absolue, inébranlable, et elle s'y plie. Quand le contact visuel est rompu, c'est-à-dire lorsque je relâche la personne, cette vérité perdure dans son esprit. Elle n'a cependant pas eu conscience de l'activation de mon Dzêta, ni de ce qu'elle se trouve toujours sous son emprise. En outre, elle ne saura pas non plus faire le parallèle entre le passé et le présent dans lequel j'ai imposé la nouvelle vérité. En d'autres termes, même si mon ordre est normalement pour la personne une immense aberration, il devient indiscutable lorsqu'il passe par mon Oeil... »

« De ce fait, il nous sera très facile de faire accepter à Klegan la présence de Sally au sein des Chasseurs... Cela n'aura plus rien d'étonnant à ses yeux »
Cecil arborait une mine satisfaite au plus haut point. Tous ces avantages alléchants ne pouvaient que convaincre cette fine bouche de Gwendilan. Quand bien même il trouvait ce Dzêta à vomir, il ne pourrait qu'admettre sa nécessité.
« Il y a bien entendu des limites, ajouta le déloyal valet dans un souci d'exhaustivité. Je ne peux employer ce pouvoir que sur une personne à la fois. Il ne faudra donc aucun autre témoin que toi dans la pièce, sinon nous serons découverts. Je ne peux pas non plus ordonner à quelqu'un de tuer autrui, de se blesser ou ni de se suicider ».

Cecil leva un regard assuré vers Ithilion.
« Qu'en dis-tu ? C'est exactement ce dont nous avons besoin pour nous débarrasser de Klegan »
Le jeune homme se garda cependant bien de parler d'Etan, qu'il n'avait pas pour autant oublié. Si Markus serait facile à éliminer, restait à ne pas éveiller les soupçons de ce binoclard quant au brutal changement d'avis de son supérieur. Il était un soldat, il obéirait aux ordres, mais Cecil répugnait à l'idée qu'il fut au courant de la vérité sur Sally. Une petite idée trottait dans sa tête... Restait à voir quand il pourrait la mettre à exécution.
De son côté la jeune femme observait Ithilion – ce qui l'intriguait un peu, vu qu'il avait pris son apparence. Elle était très curieuse de savoir ce qu'il penserait de tout cela. Elle décida en son for intérieur que s'il refusait le plan de Cecil, elle s'enfuirait dans la nuit sans rien dire à personne. Ainsi, ni lui ni son ami ne seraient plus jamais importunés par sa présence.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 27 Mar - 14:09

Le sourire satisfait du faux majordome surprit quelque peu Ithilion, d'ordinaire habitué à de la médisance et du mépris pour chacune de ses idées. Un lien inattendu de coopération se tissait entre eux. Protéger Sally coûte que coûte constituait un but commun qui leur imposait une trêve dans leur interminable guerre d'égo afin de collaborer efficacement. Une fois que cet imposant obstacle sera franchi, le naturel reprendra indéniablement le pas sur leur relation électrique.
-N'est-il pas ? renchérit alors le chevalier en reprenant son apparence d'origine. Maintenant à toi.
Le porteur de cet affreux Dzeta violait le principe même du libre-arbitre de tout à chacun. Ithilion ne trouvait rien de pire que de se voir priver de la liberté, à ses yeux, la plus fondamentale : celle de penser. Ce sanctuaire assurait normalement un ultime refuge dont même le pire des tyrans ne parvenait en saisir le total contrôle.  Enfin c'était ce qu'il croyait jusqu'à l'apparition de Cecil. La personnalité insurgée du Chasseur Ailé n'appréciait absolument pas ce passe-droit qu'avait fourni ces démons de scientifiques dans les mains d'un Ünik. D'ailleurs, il ne comprenait pas qu'un Dzêta dont le potentiel permettait à son utilisateur de soumettre les trois princes d'un simple regard avait été lâché dans la nature.
Ithilion regarda le jeune ünik prendre tranquillement place au sein du fauteuil avant que celui-ci ne débute les explications. Le dégoût monta en lui au fur et à mesure que son interlocuteur détaillait la vertigineuse puissance de sa lentille. Une envie meurtrière traversa même son esprit dans l'intention de libérer la planète de ce qu'il pensait être une abomination. Un monstre à l'intelligence et au pouvoir immense qui serait très difficile à arrêter si il décidait d'en faire mauvais usage. Une simple balle suffirait pour s'assurer que jamais Cecil ne se laisserait emporter par l'ivresse du pouvoir. Lorsqu'un individu goûtait à cet enivrant nectar, il devenait souvent difficile de résister à l'envie d'en boire d'avantage. Et personne ne viendrait pleurer sa disparition. Personne sauf Sally.
Pour l'instant, Ithilion ignorait si la jeune femme agissait comme une sorte de garde-fou sur le porteur de " l'order-eye". En fait, maintenant qu'il en connaissait un peu plus sur leur histoire tragique, il lui apparut qu'une possible raison pour que Cecil acceptait cette vie misérable à l'ombre provenait de cette Sullivan. Une question surgit alors dans ses réflexion : Et si éliminer cette abjecte tortionnaire ouvrirait en réalité une boite de pandore ? Le moment semblait sans doute mal choisi pour réfléchir à ce deuxième problème qui touchait la sécurité de sa disciple, mais il plaça cette interrogation dans un coin  de son esprit pour la reprendre plus tard.
Aussi surprenant que cela pouvait paraître, Cecil dévoila les "limites" de son dzêta. Le chevalier les trouva bien pâle au demeurant, mais elles avaient le bon goût d'exister et ces informations trouveront peut être leurs utilités. Si un jour la rivalité déjà explosive entre les deux hommes venaient à se transformer une véritable adversité, Ithilion devra se méfier de ce regard comme de la peste.
Ce même regard, mélange de braise et de ténèbres qui se posa alors sur lui d'un air interrogateur. Maintenant il fallait choisir. Renoncer à ses principes pour protéger une personne devenue importante pour lui ou refuser cette option immorale et suivre un autre chemin. Seulement l'autre chemin signifiait également perdre la personne la plus cher à son coeur : Elionne Histo.
Toujours à côté de la jeune concernée par cette histoire, le maitre attentionné capta son regard déboussolé, complètement perdue par la dégradation si soudaine de son morceau de paradis. Il soupira. En réalité il ne savait pas ce qui le refrénait à ce point. Markus Klegan était un homme exécrable qui sapait le délicat et complexe équilibre sur lesquels reposaient l'Ordre. De plus, lui même ne pouvait se tarir d'être un exemple en terme de valeurs. Etait-ce seulement la peur d'être tombé face à un Ünik à la capacité si terrifiante, si puissante, qu'il préférait lui faire utiliser son don au minimum pour éviter le pire ?Eviter qu'il prenne plaisir à prendre possession de l'âme des autres. Pourtant, dos au mur, Ithilion n'avait pas d'autre solution si il souhaitait conserver son quotidien entre ses murs en compagnie de sa disciple. Alors soit. Cette entorse à ses convictions et aux lois ne sera pas la première.
Il se dirigea vers la porte de sa chambre en indiquant aux deux fugitifs de ne pas bouger.
Quelques minutes plus tard, le chevalier réapparut avec un sourire semi-satisfait. Dans sa main, il fit sauter le petit gant noir avant de le jeter en direction de Cecil. Après quelques explications, celui-ci prit alors l'apparence d'un homme un peu plus petit en taille  mais à la musculature bien plus massif. Les cheveux courts à la coupe militaire, un visage impeccablement rasé,une tenue soigné, le faux majordome venait de se transformer en un membre des chasseurs ailés.
-Tu t'appelles Siegfried. lui indiqua alors Ithilion. Le vrai est parti sur ma demande en ville me chercher une broutille dans le quartier nord. On a donc  une petite heure pour opérer.
Maintenant, il ne fallait plus qu’espérer que personne ne vienne les importuner sur la route, mais Ithilion avait soigneusement choisi un confrère qui ne payait pas de mine parmi les siens. Et puis son complice n'appartenait pas à la dernière branche des imbéciles, il saurait agir habilement en cas d'interpellation gênante.
Ne souhaitant pas perdre d'avantage de temps, les deux üniks se firent un signe de tête entendu pour engager le départ. Juste avant de sortir,  Ithilion s'approcha de Sally et lui tira les deux joues jusqu'à ce que naisse sur son visage l'esquisse du sourire qu'il appréciait temps.
-Je te préfère comme ça ! lui dit-il avec un clin d'oeil. Ne permets pas à la stupidité de ce monde de te laisser porter la responsabilité de sa médiocrité.
Sur le chemin, ils ne croisèrent la route d'aucun soldat. A croire que le Q.G s'était complètement vidé en ce début de soirée. Au moins, grâce au radar du chevalier à la tignasse blanche, ils étaient rassurés que leur cible se trouvait bien dans son bureau et isolée.
A voix basse, Ithilion se permit de parler du cas d'Etan à son acolyte.
-Je me chargerai du cas d'Etan. Il ne vaut mieux pas que tu utilises ton Eyes-order sur lui. Cela pourrait se retourner contre nous.
En effet, Etan ne possédait pas n'importe quel Dzêta. Et la perspicacité de son ami ne se laissera pas duper par un changement  d'attitude si abrupt de Klegan. Surtout sur le cas d'une Paria. Certes, il ne pourra pas faire le rapprochement avec Cecil et son pouvoir, mais il cherchera à comprendre. Et lorsqu'il partait en chasse d'informations, il finissait toujours par arriver à ses fins. La situation actuelle en était la preuve. La méthode rigoureuse et sans faille de ce Chasseur Ailé le rendait réellement redoutable. A la limite du parano, il n'omettait aucune possibilité, mêmes les plus farfelus dans ses plans de réflexions. Voila pourquoi, il ne valait mieux pas tenter d'utiliser l'order-eye contre lui. Et si son utilisateur aurait voulu en savoir un peu plus, il n'en eût pas le loisir car les deux üniks venaient d'entrer dans le couloir de l'administration.
Devant la porte de l'intendant, Ithilion inspira profondément avant de taper les trois coups du point de non-retour. Le temps sembla se ralentir jusqu'à se figer. Seuls sa respiration et les battements contrôlés de son cœur le rattachaient à la réalité des secondes qui défilaient. Soudain une voix impérative leur somma de rentrer.
Markus Klegan, assis confortablement dans son siège derrière son bureau, accueillit les deux arrivants en fronçant les sourcils.
-Tiens donc...Mr Gwendilan. J'allais vous convoquer justement. Mais que me vaut l'honneur de votre visite cette fois ? En compagnie de vous Siegfried ?
Le regard des deux hommes se croisèrent. Un sourire mi figue-mi-raisin barra le visage d'Ithilion face à la victoire de ce premier combat.  Mais à quel prix ? Surtout qu'il en restait encore une grosse bataille avant que le calme ne revienne au sein de l'Ordre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Jeu 7 Avr - 0:55


Effectivement dos au mur, Ithilion n'eut d'autre choix que de se rallier au plan de Cecil. Le dégoût lisible sur son visage pâle de jeune homme intègre ravit au plus haut point le faux majordome, qui se complaisait toujours dans les situations où il sentait plus fort que les autres. Sa fierté n'était que plus gonflée par les rapports d'aversion que les deux Üniks se portaient. Le regard perdu de Sally avait eu raison des sentiments du Chevalier : s'il avait été en proie au doute, l'idée de perdre la disciple en qui il avait placé tant d'espoir et de projets l'effrayait bien plus que d'enfreindre ses propres préceptes moraux. Ils étaient tous dans le même panier, ils n'avaient plus le choix.

Ithilion se leva pour se diriger vers la porte et indiqua aux deux autres de ne pas bouger pendant son absence. Il revint quelques instants plus tard et appliqua quelques doigts de son gant d'espion sur le visage de Cecil. L'intéressé fut pris d'un vertige si soudain qu'il en fut déséquilibré. Lorsque ce fut terminé, il remarqua dans le miroir qu'il arborait désormais la carrure très baraqué d'un jeune soldat, à la coupe en brosse, les yeux clairs et rasé de près. Il arqua un sourcil, se trouvant fort peu élégant en comparaison à l'ordinaire raffinement de ses traits de noble. C'était cependant le prix à payer pour se rendre chez Klegan sans éveiller le moindre soupçon si d'aventure Ithilion et lui croisaient un autre membre du QG. L'heure du dîner venant de sonner, c'était malgré tout improbable. Le Chevalier indiqua à Cecil qu'il se nommait désormais Siegfried, jeune gradé, dont le véritable spécimen était parti en mission en ville et ne reviendrait pas avant une bonne heure.
« C'est amplement suffisant » déclara Cecil d'un ton hautain.

Sally observait les deux hommes avec grande anxiété. Elle savait que lorsque Cecil avait un plan, tout se passait toujours exactement comme il l'avait prévu. Elle avait aussi confiance en son maître. Mais une petite voix perverse l'empêchait de se débarrasser de ses doutes... Et si tout ne se passait pas aussi bien ? Désemparée elle baissa les yeux, les paupières lourdes de fatigue et le cœur empli de culpabilité.
Aussitôt, Ithilion s'approcha d'elle et lui tira les joues pour tendre un sourire sur son visage triste. Elle articula un petit « aïe » alors qu'il lui faisait face d'un air ravi. Il la préférait comme ça, et lui conseilla de ne pas se laisser atteindre par la médiocre stupidité de ce monde. Il la relâcha et sorti immédiatement accompagné de Cecil, après qu'ils aient échangé un regard confiant pour la première fois de la soirée – et sans doute depuis leur rencontre. Sally se leva brutalement, et les regarda partir au travers de la petite ouverture de la porte. Elle la referma aussi vite que son sourire s'évanouit.

Dans les couloirs qui les mènerait au bureau du commandant, Ithilion parla discrètement à Cecil – ou Siegfried – du cas d'Ethan. Il ne faudrait pas utiliser l'Order-eye sur lui, car il possédait un Dzêta tout aussi redoutable. Cecil adressa un regard plein de dédain au Chevalier. Décidément ce tubercule s'entêtait à lui donner des ordres, c'était absolument insupportable.
« Nous en reparlerons plus tard... » souffla-t-il d'un air mauvais.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de l'antre de Markus Klegan, Ithilion frappa trois coups. Ils pénétrèrent la pièce après que la voix forte du militaire leur accorde le droit d'entrer. Le haut gradé était confortablement installé au fond de son fauteuil, depuis lequel il les toisait d'un air arrogant.
« Tiens donc, M. Gwendilan. J'allais vous convoquer, justement. Mais que me vaut l'honneur de votre visite cette fois ? En compagnie de vous, Siegfried ? »
Cet homme était à vomir. Son ton mielleux de supérieur hiérarchique qui mijote un mauvais coût donnait des envies de meurtres à Cecil. C'était ce ridicule vieillard se donnant des grands airs de vétéran qui avait osé menacer Sally, et par là même ses précieux plans ? L'idée d'utiliser l'Order-eye sur lui n'en était que plus plaisante. Il allait écraser ce misérable insecte et lui retourner l'esprit sans même qu'il ne s'en rende compte. Pendant son petit discours, qu'il espérait d'un effet retentissant, Klegan fit l'erreur de croiser le regard de Cecil, de ce brave Siegfried qui n'avait jamais dû causer d'ennui à qui que ce soit. C'est au travers du visage innocent de ce petit mec insignifiant que l'horrible Dzêta se mit en action : l’œil droit s'illumina de rouge, et le contact visuel fut établi. C'en était fini du pédant Chevalier. Cecil s'approcha du bureau, avec la démarche d'un félin près à bondir sur sa proie.

« Nous aimerions toute votre attention Monsieur, demanda Cecil en toute fausse modestie.
Subrepticement, son pouvoir commença à faire effet sur le commandant. Celui-ci acquiesça sans rien répondre, l'air complètement hébété.
« Aujourd'hui vous avez reçu Etan ici-même, dans votre bureau. Il est venu vous faire part de certains doutes quant à l'origine de la jeune Nancy Hathaway. Selon lui elle ne serait pas une Ünik, mais une authentique Paria. Est-ce que je me trompe ?
- Non, c'est la vérité, répondit mécaniquement Klegan.
Plus rien ne captait sa conscience hormis l'envoûtant regard de celui qui lui lavait le cerveau. Cet homme était bien pathétique, il ne s'était même pas méfier de la venue d'Ithilion, son subalterne si rebelle avec qui il avait de très mauvais rapports. C'était presque trop facile.
« Dans l'esprit des petites gens, côtoyer un Paria est un crime impardonnable au vu de l'histoire de notre grand peuple. Cet être est le fruit d'une union interdite et sale, qui dégrade la pureté de notre sang. C'est bien ce que vous pensez également, Markus ?
- Oui. Il faut la chasser du QG ou l'éliminer purement et simplement.
- Commandant, je croyais que vous aviez plus de jugeote que cela, fit semblant de déplorer Cecil. Ne comprenez-vous pas que Nancy peut s'avérer une arme redoutable ? Permettez-moi de vous rappeler la nature du pouvoir des Parias. Le Sin, la force neutre, est ce qui permet d'anéantir l'énergie de tous nos Dzêtas et les rend inutilisables, mais il réduit à l'état de courant d'air les Dons de nos ennemis Hybrids, ainsi que les Sigmas redoutables des Qantiks. Ne voyez-vous pas l'immense potentiel de cette jeune femme ?
- Utiliser... le Sin... ?
- Parfaitement. Je m'étonne qu'un homme de votre génie n'y ait songé immédiatement après les révélations de notre cher Etan ! Songez, commandant, à la force incommensurable que peut acquérir l'ordre des Chasseurs ailés en utilisant les capacités du Sin. Plus aucun ennemi ne saurait résister à la puissance de nos troupes ! »
Klegan acquiesçait, les yeux vides et la bouche ouverte. Son cerveau enregistrait et tenait pour absolues les propositions de Cecil. Désormais il voyait en Sally la providence qui permettrait de redorer le blason de son armée.
« Il n'y a rien à craindre. Cette jeune femme est sous le charme de Gwendilan ici présent. Je peux vous assurer qu'elle lui obéit au doigt et à l’œil sans discuter, ni même réfléchir. Comme un chien fidèle.
- Je comprends, affirma le commandant toujours ahuri.
- Très bien. Vous ferez les choses comme je viens de vous les décrire. Il vous est interdit d'attenter à la vie de Nancy ou de la chasser. Vous ne révélerez jamais sa nature de Paria à qui que ce soit. Vous la laisserez entrer dans l'ordre des Chasseurs ailés et n'interviendrez jamais dans les affaires de l'équipe d'Ithilion Gwendilan. Vous resterez un simple supérieur hiérarchique. Si Etan revient vous voir pour vous parler de cette affaire, vous l'éconduirez. Débrouillez-vous pour le faire sans éveiller les soupçons. C'est un ordre, Markus.
- Très bien » répondit Klegan.

Cecil sourit d'un air narquois. Ses ordres étaient désormais gravés dans l'esprit de ce misérable crétin. Plus jamais il ne serait un danger pour eux. Il rompit le contact visuel et désactiva son Dzêta. Après un moment d'absence, Klegan secoua la tête et reprit peu à peu ses esprits.
« Oui, euh... Merci pour cet entrevue, messieurs. Vous pouvez disposer ».
Les deux Chevaliers saluèrent solennellement le commandant, et sortirent du bureau. Cecil ne disait rien, de peur de se mettre à rire, à rire comme jamais l'envie ne l'avait pris. Il était absolument ravi d'avoir laminé Klegan, d'avoir réduit à néant son libre-arbitre. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait forcé son pouvoir. Cependant il devrait se reposer, son œil droit subissait une cécité temporaire du fait de ce que les ordres donnés avaient été cette fois importants et nombreux. En deux jours il recouvrirait la vue. Il ne restait plus qu'à s'occuper de cet ordre de mission au nom de « Sally Sullivan ».

A l'autre bout du QG, Cedric Dawkins rentrait de sa mondaine mission. Ses pas se dirigeaient vers la chambre d'Ithilion, où la pauvre Sally tremblait, au bord du malaise encore une fois.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 24 Avr - 13:31

La scène avait pris une tournure surréaliste. Klegan d'ordinaire si autoritaire, au charisme si écrasant, à la volonté si oppressante, apparaissait à présent comme un animal docile, complètement soumis à la voix mielleuse ainsi qu'à cette pierre précieuse et ardente dans le regard de Cecil. Son libre arbitre venait de se faire littéralement happer dans ce puissant engrenage du "My Order".
Spectateur de la manipulation, Ithilion garda tant bien que mal un visage impassible face à la capacité de cette arme sournoise et imparable. Bien qu'il se savait dans le même camp par le biais de Sally, le chevalier se tenait prêt à réagir au moindre geste où à la moindre parole suspecte du faux marjordome. Son esprit était tendu comme un arc dont la flèche ne manquerait pas le coeur de sa cible si besoin s'en faisait sentir.

Cecil déroula le plan comme il l'avait expliqué dans la chambre. Les petites graines qu'il inséminait dans les pensées de Klegan prenaient immédiatement racine au plus profond de son être. Aux yeux du commandant, la paria devenait petit à petit une opportunité nouvelle, un instrument de combat de valeur dont il pourrait se servir. En temps normal, même cet argument n'aurait eu aucun poids face au dégout qu'éprouvait ce vétéran  à l'encontre de cette catégorie de " sous-originaire", mais maintenant dans son regard luisait la lumière de la révélation. Pour conforter la sécurité du sujet principal de toute cette complication, Cecil s'assura d'enfoncer quelques clous supplémentaires dans la tête de son otage pour que Sally puisse continuer à vivre normalement au sein des Chasseurs Ailés. Personne ne pourra la chasser et personne ne devra être mis au courant quant à sa véritable nature.
Toujours en retrait, Ithilion acquiesça devant cette prise d'initiative, tout en restant prudent et en scannant chaque injonction qu'ordonnait  le porteur du My Order".  Il se prépara à bondir à l’évocation d'Etan, mais fort heureusement, Cecil ne commit pas d'écart à l'encontre de son camarade. Markus accepta ces ordres aussi simplement qu'un élève devant la requête de son maitre.

Le sourire satisfait qui s'afficha sur le visage du jeune manipulateur agaça profondément Ithilion. Il semblait se délecter de détruire ce sanctuaire intime que représentait la liberté cérébrale. La liberté d'agir ou même de penser comme on le souhaite. Quand bien même il s'agissait de Klegan et surtout du cas de sa propre disciple, l'ünik aux cheveux blancs ne se sentit pas des plus à l'aise d'avoir usé d'une telle méthode. Pourtant menteur et manipulateur sans vergogne lorsqu'il souhaitait arriver à ses fins, ses cibles avaient au moins une chance de ne pas se faire entourlouper, contrairement aux victimes de ce dzêta.
Après un court moment de flottement, le supérieur sembla sortir d'un instant de sommeil. Ses repères semblaient complètement déboussolés. Il secoua la tête pour tenter de remettre de l'ordre dans ses idées mais le ton sur lequel il les invita à prendre congé ne mentait pas sur son état de déstabilisation  actuelle.

A l'extérieur, une fois que la porte du bureau se referma derrière eux, Ithilion ne put contenir un profond soupire de soulagement. Ce qui était fait était fait. Et pour Sally, il n'hésiterait pas à le refaire si la situation l'exigeait. Cette séance lui avait montré néanmoins à quel point Cecil représentait un danger. Certes, il connaissait le fonctionnement de cette lentille qui emprisonnait l'âme au moindre contact visuel, mais  il ne pourrait esquiver le regard de cet impertinent  imbu de sa personne. Son propre ego ne le permettrait pas. A l'avenir, le chevalier se promit de rester d'avantage sur ses gardes face.

-Bon allons rassurer la demoiselle en détresse
lâcha Ithilion en tendant le gant pour changer d'apparence à son allier provisoire. Je m'occuperai d'Etan après cela.


Le retour se passa en silence entre les deux Üniks. Ithilion n'allait pas s'en plaindre. Il aurait du mal à se contenir  si ce dernier se réjouissait ou se vantait de ses capacités misérables. Deja que ses yeux pétillants en disaient trop long. Au moins ce fâcheux problème était d'ores et déjà un mauvais souvenir et le poids qu'il ressentait depuis tout à l heure commençait à se relâcher. Le retour du sourire de sa disciple à l'annonce de cette bonne nouvelle se dessinait dans son esprit. La tension allait pouvoir redescendre. Enfin c'était ce qu'il pensait.
La présence de Dawkins dans sa chambre lorsqu'il en ouvrit la porte lui offrit un magnifique ascenseur émotionnel. Au fond de la pièce, toujours figée sur sa chaise, Sally retenait à grande peine les larmes  de couler. Le Chasseur Ailée toujours paré de son armure d'apparat se retourna vers le propriétaire des lieux et afficha son éternel bonne humeur :

-Ho Ithilion ! Je t'attendais. Ta disciple n'a pas l'air très bien, elle n'a pas pipé mot depuis que je suis arrivé.


-Que fais-tu la Dawkins ?

La réponse avait claqué dans l'air. Encore à cran par la découverte du secret de Sally et la trahison de Etan, la patience du chevalier arrivait au bout de ses maigres réserves. L'intrus prit un air faussement surpris devant cette réaction agressive .

-Calme toi ! Qu'est ce qu'il te prend tout à coup ?


Ithilion ignora totalement le vice-capitaine et se dirigea aux côtés de sa protégée  dont la pâleur cadavérique devenait inquiétante. Il prit sa petite main tremblante entre les siennes pour que sans les mots, ses pensées aillent apporter du réconfort au sein du tourment qui la bousculait.

-Nancy..T'a t-il dit ou demandé quelquechose ?lui demanda t-il d'une voix douce mais ferme.

-Très bien, je reviendrai plus tard quand l'ambiance sera moins lourde.
lâcha soudainement Dawkins en se dirigeant vers la sortie.

Un bruit de sourd le coupa dans son élan. Quelqu'un approchait en courant vers la chambre. La porte faillit voler en éclat dans la violente irruption que fit Alaryk, tout essoufflé et complètement en sueur.

-Ihii... Ithii...Je...faut que je te parle... ENORME PROBLEME!!

Le colosse jeta soudainement un regard surpris face à tout ce petit monde à l'intérieur de la pièce.

-ha....lâcha t-il

-Ferme la porte Alaryk, ordonna alors Ithilion, méfiant devant l'attitude  peu commune de Dawkins. On va parler Cedric. Reste ici.

Puis il se retourna vers Sally dont les paroles restaient bloquées à la frontière de ses lèvres :

- Nancy, réveilles toi ! Je t'ai posé une question.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 24 Avr - 18:29


Sally tremblotait toute seule dans la pénombre de la chambre de son maître. Assise au fond d'un fauteuil dans lequel elle ne parvenait pas à être à l'aise, elle ruminait de mauvaises pensées qui la plongeaient dans l'angoisse. Le tic-tac d'une petite horloge était le seul bruit perceptible dans la pièce silencieuse. La jeune femme ne bougeait ni pieds ni pattes, en attendant le retour d'Ithilion et de Cecil, partis depuis bien longtemps à son goût. Il était rare qu'elle se retrouve seule depuis son évasion du Laboratoire, Cecil l'avait toujours accompagnée partout depuis qu'ils s'étaient rencontrés, et Ithilion ne la lâchait pas non plus d'une semelle. Dans ces moments de solitude inhabituels elle se sentait mal. C'est pourquoi lorsqu'elle entendit des pas s'arrêter juste devant la porte de chambre, elle se précipita sur la poignée et ouvrit, le cœur débordant d'espoir qu'il s'agisse des deux hommes. Mais lorsque le visage de Cedric Dawkins apparut, elle sursauta vivement et étouffa un petit cri de surprise. Le militaire, qui avait la main levée comme quelqu'un qui s'apprêtait à toquer pour s'annoncer, la dévisagea d'un air un peu surpris.
« Je te prie de m'excuser Nancy, je ne voulais pas te faire peur, lui dit-il.
- Non, ne vous excusez pas, c'est moi qui suis un peu... nerveuse » répondit Sally d'une voix chevrotante.
Dawkins la dévisageait encore de cette drôle de façon, comme un peu plus tôt dans la journée. Bon sang que lui voulait-il ? Elle recula tandis qu'il faisait un pas dans la chambre.
« A ce que je vois Ithilion n'est pas là. Me permets-tu de te tenir compagnie jusqu'à son retour ? Je dois lui parler.
- Oui... » murmura Sally, qui ne cessa de reculer que lorsqu'elle buta contre la fenêtre. Elle n'osait regarder le Chevalier dans les yeux, beaucoup trop anxieuse pour Ithilion et Cecil, et désormais bien mal à l'aise à cause de sa présence. Elle n'avait pas non plus osé lui demander de partir, encore trop peu sûre d'elle pour formuler de telles requêtes. Son attitude un peu étrange n'échappa pas à Dawkins.
« Est-ce que tout va bien ? Tu as l'air effrayée. »
Sally secoua la tête et ne répondit rien. Elle se crispa davantage lorsque le soldat s'approcha d'elle et posa une main amicale sur son épaule d'un air contrarié. Il lui demanda de lui dire ce qu'elle avait. Elle prétexta des maux de ventre en sachant fort bien que Cedric ne serait pas dupe. Pourtant il s'en contenta, comme s'il était soucieux de respecter les secrets de la jeune femme. Il lui adressa un sourire un peu gêné.
« Le moment est peut-être un peu mal choisi, mais puisque tu es là, je pense pouvoir t'en parler » Ce disant il fouilla dans le revers de sa veste et sortit la photographie de cette jeune et jolie Sally Sullivan, qu'il avait ramassée plus tôt. Il la tendit à l'intéressée, qui pâlit comme la mort dès qu'elle la tint entre ses doigts fébriles.
« J'ai trouvé ce portrait aujourd'hui même dans le QG, complètement par hasard. Au verso on peut lire le nom de Sally Sullivan, mais je trouve que tu ressembles beaucoup à cette jeune fille. J'aimerais avoir ton avis sur la quest-... »
Il s'interrompit car Sally lui rendit brutalement la photographie, la mine grave et le regard affolé. Décidément très surpris, il l'observa de précipiter dans un fauteuil, dos à lui, immobile et muette comme un tableau sinistre. Elle ne leva plus le regard vers lui ni ne dit plus rien à partir de cet instant. Dawkins rangea le portrait, sans lâcher du regard Nancy qu'il n'avait pas l'habitude de voir se comporter ainsi, et vint s'asseoir dans un siège face à elle, un peu moins serein qu'à son arrivée. Finalement cette ressemblance n'était peut-être pas une coïncidence, contrairement à ce qu'il avait tenté de se convaincre depuis qu'il avait ramassé cette photographie.

Une longue demie-heure plus tard – qui parut durer des jours tant l'atmosphère entre les deux occupants de la chambre était lourde – Ithilion et Cecil pénétrèrent la chambre, de retour de leur mission. Le cœur de Sally manqua un battement, et aussitôt qu'elle croisa le regard de son ami vêtu de noir, elle baissa les yeux, presque honteuse d'elle ne savait quoi. Dawkins, heureux comme jamais il ne l'avait été de revoir Ithilion, l'accueillit avec bonne humeur. En guise de réponse, le Chevalier aux cheveux blancs lui demanda sèchement ce qu'il fabriquait ici. Eh bien, quelle humeur ce soir au QG, se dit le pauvre Cedric, qui ne comprenait pas du tout ce qui se passait.
« Nancy, t'a-t-il demandé quelque chose ? » demanda Ithilion, qui avait fort bien remarqué que sa disciple était au bord de la rupture émotionnelle.
« Très bien, je reviendrai plus tard lorsque l'ambiance sera moins lourde » déclara Dawkins, qui sentait que ce n'était pas le moment le mieux choisi pour parler à son ami. La question qui lui brûlait les lèvres depuis le début d'après-midi attendrait.
La porte de la chambre s'ouvrit si brusquement devant lui qu'il manqua de la recevoir en pleine figure. Alaryk fit son apparition, haletant et suant comme un fugitif, et ânonna qu'ils avaient un « énorme problème ».
Pour couper court à cette scène où tout le monde partait dans tous les sens, Ithilion ordonna à ses deux amis de rester et de fermer la porte. Ils allaient parler à présent. Puisque de toute manière lui, Cecil et Sally étaient dos au mur, c'était un pari à prendre. Mais avant cela, il demanda à nouveau à la jeune femme si Dawkins lui avait dit quoi que ce soit qui l'aurait mise dans l'embarras.

Sally leva son regard vers son maître. Ses grandes prunelles bleues ne reflétaient plus de la peur, mais à présent une très grande fatigue. La fatigue de porter sa propre existence sur ses frêles épaules. Elle détourna ses yeux vers Dawkins et lui dit d'une voix lointaine :
« Montrez-lui le portrait »
Incrédule, le militaire s'exécuta et tendit la photographie à Ithilion. Il reporta son regard sur Sally, qui s'était levée, le dos droit et les mains jointes. Puisqu'elle n'avait pas à avoir honte d'elle-même, elle dirait la vérité.
« C'est moi ».
Cecil et Alaryk se penchèrent par dessus l'épaule d'Ithilion pour observer le portrait et lire le nom qui se trouvait au verso du papier glacé. Il s'agissait bel et bien de Sally alors qu'elle était âgée de dix-huit ans. Cecil savait que cette image avait été prise peu avant l'accident et son évasion. Il pâlit à son tour, tandis qu'Alaryk frappa du poing dans sa paume, du même air que ceux qui viennent de comprendre quelque chose d'essentiel pour résoudre une énigme.
« Ah ! C'était donc ce portrait que cherchait l'Erudit de tout à l'heure !
- Quel Érudit ? s'écria Cecil.
Il ne put toutefois attendre la réponse d'Alaryk : le jeune homme sentit une douleur brutale lui étreindre l'oeil droit. Il chancela un peu et s'assit sur le lit qui se trouvait tout près de lui. Des maux de tête commençait à le prendre également. Il avait trop forcé sur son Dzêta, il lui fallait du repos. Mais ce n'était définitivement pas le moment.

Dawkins, qui n'y tenait plus, s'exclama immédiatement :
« Est-ce que je peux savoir ce qu'il se passe exactement ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 1 Mai - 13:20

En règle générale, Ithilion ne réagissait pas de façon très prononcé face à la détresse d'autrui. Pourtant, à chaque fois qu'il percevait dans les yeux de sa disciple ce regard s'approchant de celui d'un condamné à mort résolu à son sort, son coeur se serrait affreusement. Une sensation bizarre venait se coller à chacune de ses pensées. Une sorte de stase qui le plaçait au rang de simple spectateur, alors qu'il sentait qu'une chose essentielle lui échappait lentement mais inexorablement. La voix de Sally lui parut déjà si loin lorsqu'elle s'adressa à Dawkins, alors que ses doigts tenaient toujours fermement sa petite main presque tremblante.
La photo que lui remit son confrère amena une pièce importante du puzzle. Une pièce qu'il aurait cependant préféré perdue et oubliée. Le portrait d'une Sally plus jeune, plus pâle, plus svelte le regardait avec le même visage usée qu' à l'instant présent. Au dos, Alaryk et Ithilion y découvrirent écrit le véritable nom de la demoiselle. Une zone d'ombre s'éclaira alors dans la tête de son colossal ami qui se rappela d'un érudit en lien avec cette photo. Cette révélation dissipa d'avantage le voile du toute quant à la cause et surtout l'origine de ce qui se trouvait de toute évidence être un avis de recherche.  Devenus aussi glaciale que la mort, les yeux d'Ithilion se plissèrent pour scanner minutieusement le cliché, comme si il cherchait à apercevoir ce monstre au travers du regard figée de sa disciple. Son apparence, ainsi que les détails de sa vie lui étaient complètement inconnus. Il ne connaissait cette " Madame Sullivan" que par les horribles traitements qu'elle avait fait subir à Sally et qu'elle tenait visiblement à poursuivre. Malheureusement pour tenir un tel laboratoire, il devait s'agir d'une personne influente et surtout bien protégée par les hautes sphères. Éliminer cette femme revenait à mettre tout son ordre en péril. Une possibilité qu'il ne pouvait tout simplement pas envisager.
Cecil, comme sonné part l'annonce d'Alaryk, alla s'assoir sur le lit. De son côté, Dawkins, qui était le seul dans cette pièce à ne posséder aucune pièce de ce mystérieux casse-tête, commença à s'impatienter et demanda des éclaircissements sur tout ces évènements.
Sur le moment, Ithilion hésita. Révéler la véritable histoire de sa disciple à un gradé signifiait ouvrir de nouvelles failles dans sa couverture. Pourtant, il allait bien falloir donner quelque chose à Dawkins pour étancher sa curiosité car il savait que ce dernier ne lâcherait pas l'affaire, amenant par ailleurs un nouveau lot de problèmes absolument pas nécessaire. Autant jouer la carte de la vérité. Ou plutôt de la demi-vérité. L'ünik aux cheveux blancs se releva alors et se plaça derrière le fauteuil de sa disciple, posant ses deux mains sur le dossier.
-Sally et Cecil sont deux fugitifs, échappés des laboratoires d'Anathorey. expliqua-t-il, venant directement aux faits.
Jusqu’à présent, Alaryk ne connaissait simplement que la véritable identité des deux protégés de son ami. Pour lui , il ne s'agissait que de deux inconnus qu'il avait récupéré sur un coup de tête. Ce pan de vérité sur leur histoire l'abasourdit :
-Et bah punaise mon gars...quand tu décides de n'importe quoi, tu le fais bien...
Face à cette découverte, Dawkins perdit complètement l'expression avenante habituellement incrustée sur son visage. Ses traits se durcirent, laissant place à la vrai personnalité du grade qu'il représentait dans l'Ordre :

-Tu as fait rentrer deux fuyards dans notre Ordre en sachant pertinemment qu'ils venaient des laboratoires ? Te rends-tu compte de la fâcheuse position dans laquelle tu as entrainé tout tes frères, Ithilion Gwendilan ?

-Bien évidemment que je le sais. lâcha l'accusé aussi tranchant qu'une lame de rasoir. As-tu bien entendu ce que j'ai dit ? Des laboratoires ! Ce sont des cobayes, Cédric. Et vu ce que m'a raconté Sally, cela ne ressemble en rien à un petit projet clandestin.

-C'est bien le problème...
Effectivement, si les expériences sur les Üniks dans les laboratoires étaient protégés par les hauts responsables, alors dissimuler ces deux anciens sujets risquaient de leur amener beaucoup d'ennuis si cela remontait jusqu'à leurs oreilles. Si  quelques rumeurs  circulaient à voix basses au sujet de ces sombres trames à l'intérieur des blocos des érudits, personne ne s'en révoltait. Cela faisait bien longtemps que l'altruisme où l'empathie avait disparu à l'intérieur de cette cité. Les scientifiques cachaient à peine ces expériences, du moins sur les animaux ou les hybrids, prétextant qu'elles contribuaient à découvrir de nouveaux savoirs sur le corps pour améliorer le bien être de ses citoyens. Ainsi ils amadouaient le peu d'éthique qui subsisterait encore à l'intérieur de ces esprits avides de d'avantages de conforts,  de richesse ou même de vie.
L'expérimentation sur des Üniks comme Cecil ou des parias comme Sally n'avait cependant pas du tout étonné Ithilion lorsqu'il l'avait découvert, bien que cette réalité le dégoutait profondément de cette societé.

-Sally n'est pas sur la liste noire. argumenta t-il. Les laboratoires ne veulent pas que tout le monde sache qu'ils jouent avec des jeunes Üniks comme de simples objets. Ils ne peuvent pas faire autrement qu'être discret. Avec l'entrainement, un peu de maquillage et une nouvelle coupe, on peut rendre Sally méconnaissable et donc échapper à tout risque.
Plonger en pleine réflexion, le militaire en costume d'apparat devint une véritable statut. A peine clignait-il de l'oeil. Il fixait avec attention la petite chose fragile toujours prostrée dans son fauteuil, jugeant sans doute les risques que  représentaient sa présence au sein de ces lieux.
Alaryk intervint alors, toujours prêt à soutenir son ami d'enfance et constatant qu'il avait besoin d'un réel soutient :

-C'est vrai que la petiote n'a fait de mal à personne. Comme l'a dit Ithi, le risque pour que ce soit découvert si nous voulons la dissimuler est proche de 0. C'est une ünik, on ne peut pas les laisser la reprendre dans ces bâtiments de l'enfer.
-Proche de zéro, c'est pas de zéro. rétorqua Dawkins en détachant chaque syllabe. Je n'ai rien contre ta disciple Ithilion, je ne veux pas la rendre au laboratoire. Mais la laisser ici...

-Et si je te dis que même Klegan est au courant et participe à cela ?demanda alors le chevalier qui sortait un atout de poids.
L'argument fronça les sourcils du vice capitaine. Le chef intendant de l'Ordre était connu pour sa rigueur strict sur le règlement et sa loyauté inébranlable envers sa patrie. De plus, tout le monde connaissait les rapports chaotiques qu'il entretenait avec Ithilion. Savoir que ces deux hommes travaillaient ensemble pour cacher des fugitives sonnait comme faux.

-Il n y a que mon équipe, Markus et toi maintenant qui êtes au courant. Puis-je te faire confiance Cedric ?
Cette question d'Ithilion n'en était pas réellement une. D'ailleurs l'intéressé le comprit très bien mais ne se laissa pas impressionner pour autant. Au contraire, il s'approcha d'un pas en direction du fauteuil et bomba un peu le torse en signe d'indocilité.

-Ce n'est pas une question de confiance. Mais je vais aller de ce pas parler à Klegan, si cette demoiselle est vraiment sous sa protection, alors je m'engagerai à participer à sa dissimulation.
La tension retomba d'un cran dans la chambre. Si l'ordre venait d'en haut, ce soldat devenait un homme digne d'une confiance infaillible. Ithilion acquiesça de la tête et désigna la sortie d'un mouvement de bras.

-Alors vas y, tu sauras où me trouver une fois ton entrevue terminée.
Dawkins hocha également la tête en retour et se dirigea vers la sortie. Une fois partie, le maitre tapota l'épaule de son apprentie avant de se tourner vers Cecil. L'expression de son visage demandait silencieusement au faux majordome  si il fallait s’inquiéter du résultat du "my-order".
De l'autre côté de la chambre, un raclement de chaise se fit entendre. Alaryk venait de s'assoir en soupirant bruyamment.

-Ptin mon gars...Quand est ce que tu vas te calmer sur les situations pourries ?
Puis, il jeta un œil mi-dur mi-rassurant à Sally.

- Ne t'en fait pas. Tu es tombée entre les mains du pire sociopathe que porte cette planète. Personne n'arriva à t'enlever tant qu'il ne l'aura pas décidé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 2 Mai - 22:59


Ithilion répondit à l'impatience de Cédric Dawkins par l'explication pure et simple de la vérité. Les véritables identités de Sally et Cecil furent révélées, ainsi que leur origine fugitive et leur parcours. Le Chevalier exposa sans pudeur la situation frauduleuse dans laquelle ils se trouvaient, sans crainte de dévoiler sa propre position délicate. Lorsqu'il eut terminé son récit, la mine de Cédric se fit sévère. Il arborait le visage d'un militaire soucieux, inquiet de ce que les lois qui régissaient son ordre fussent bafouées de la sorte. Est-ce qu'Ithilion se rendait compte de ce qu'il avait fait ? L'intéressé ne se départit pas de sa conviction, car il estimait avoir agit selon une bonne justice. Il refusait de laisser des Originaires devenir les cobayes d'une Erudite arriviste. Les regards des deux hommes s'affrontaient. Tous deux savaient leur cause juste, tous deux comprenaient l'autre. Sally se tenait à l'écart, comme effacée dans la pénombre de la chambre. Cecil serrait les dents et adressait un regard assassin à ce Dawkins, ce énième soldat pathétique qui posait en grand défenseur de l'honneur d'un ordre ridicule. L'orgueil de ces Chevaliers l'horripilait au plus haut point. Pourtant l'aplomb de Cédric parut déchanter lorsqu'Ithilion sortit de sa manche l'appui de Klegan. C'était sans doute le seul moyen de faire en sorte qu'il se taise. Ithilion savait que son ami ne serait pas dupe, il n'avait que trop côtoyé ce vétéran pour savoir qu'il était totalement inflexible. Même l'appui d'Alaryk n'aurait suffit à le convaincre, Dawkins voulait en avoir le cœur net. Il décida de se rendre dans les quartiers de leur supérieur pour l'interroger sur la question, et jura que si la hiérarchie s'accommodait de la situation, il en ferait de même et l'affaire serait close.

Le soldat passa la porte de la chambre après ces pourparlers, laissant derrière lui un silence figé et tendu. Ithilion ne bougeait pas, Sally non plus. Seul le crissement du siège sur lequel Alaryk s'assit brisa la quiétude. Lui, il n'avait pas l'air de s'en faire plus que cela. Il avait l'habitude des idées bizarres d'Ithilion, et depuis le temps il ne cherchait plus à comprendre. La confiance qu'il plaçait en lui le poussait à croire en lui. Si Ithilion estimait qu'il fallait agir de la sorte, c'était certainement qu'il fallait le faire. Était-ce à dire que lui, Alaryk, en aurait fait autant dans les mêmes circonstances ? Rien n'était moins sûr. D'ailleurs cette confiance ne l'empêchait pas non plus de rabrouer son ami. Il s'était mis dans un sacré pétrin cette fois et n'était pas près d'en sortir. Son regard glissa sur Sally, qui restait muette. Il la savait peu bavarde, mais son teint diaphane témoignait des émotions fortes qui la tiraillaient et la maintenaient dans son mutisme. Si on lui avait dit que cette petite brune qu'il avait aperçue il y a de cela des semaines à la banque allait devenir une de leurs camarades, jamais il ne l'aurait cru. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser Ithilion à la prendre sous son aile finalement ? Il avait du mal à croire que Sally ait pu confier son passé douloureux en un simple après-midi à un parfait inconnu. Mais après tout, elle était tellement naïve – d'aucuns disaient au QG qu'elle était carrément bête. Petite mine ou pas, il lui adressa des paroles à la fois dures et réconfortantes : elle était dans de beaux draps, mais elle l'était avec Ithilion Gwendilan. Un sociopathe de renom à la capitale qui ne lâchait jamais la main de la personne à qui il avait accordé son aide !
Sally lui répondit par un sourire chaleureux auquel il ne s'attendait pas. Elle avait l'air doux et résigné à la fois. Sa foutue expérience des Laboratoires l'avait très certainement meurtrie au plus profond de son âme. Il ne fut pas aussi bienveillant lorsque son regard se porta sur Cecil.
« Eh, ça va ? » lui lança-t-il, intrigué par la tête de six pieds de long qu'arborait ce type au faciès de croque-mort. Il avait l'air encore plus sinistre que d'habitude.

Le faux majordome se tenait la tête, en écarquillant le seul œil qui n'était pas couvert par sa main si crispée que les jointures de ses articulations en étaient blanches. « Ce sont des cobayes, Cédric ! ». Cette phrase tournait en boucle dans son esprit, dans un écho morbide qui lui donnait le vertige. Un cobaye, un objet... Lorsqu'il fermait les yeux pour reprendre le dessus sur son tournis se dessinait devant lui l'horrible portrait de Sullivan. Les laboratoires, l'obscurité, le silence et soudain le bruit assourdissant... L'odeur affreuse de science, la lumière blafarde, le bruit de ces engins infernaux, et surtout, la sensation de ces mains rampantes qui se trémoussaient sur son corps, sur tout son corps, jusqu'au plus profond de sa chair... Cecil fut soudainement pris d'un haut le cœur qu'il eut du mal à contrôler. Son gémissement de douleur à moitié étouffé attira Sally, qui paniquée se pencha vers lui et lui demanda si tout allait bien. Il leva les yeux. Son regard plongea sur la silhouette de la jeune femme, sur ses formes courbes que tant d'hommes semblaient adorer, vouloir déchiqueter à belles dents... C'était à vomir.
« Ne me touche pas ! » s'écria-t-il, en frappant la main qu'elle avait tendu vers lui.
« Arrière... Ne m'approche pas... Je te l'interdis... ! »
Il avait mal au ventre. Sa gorge le serrait. Il haletait, il transpirait, il avait du mal à respirer. Il fallait qu'il sorte, tout de suite, il lui fallait de l'air, voir l'extérieur, immédiatement. En titubant un peu il bondit sur ses deux jambes et sortit en trombes de la chambre, sous le regard ébahis des occupants. Sally demeura interdite quelques instants. Mais qu'est-ce qui lui prend ?

Les pas de Cecil le menèrent jusqu'aux jardins du QG où la nuit était tombée paisiblement. L'air frais du soir colla à sa peau comme la sueur qui perlait de son front et rendait son torse moite sous son uniforme. De son regard borgne, il vit dans le ciel flotter tout là-haut les deux Lunes, qui illuminaient d'une lumière calme la capitale bientôt endormie. Le rythme de son cœur ralentit, tout comme sa respiration. Il se laissa tomber à la renverse, en soupirant de soulagement. Il ferma les yeux.
Il la détestait. Oh oui, comme il pouvait la haïr. Le seul qui aurait le plaisir de lui arracher la gorge pour qu'elle s'étouffe dans son propre sang, ce serait lui. Il crèverait cette chienne d’Érudite qui avait écorché son âme. Celle qui avait fait de lui un monstre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Dim 29 Mai - 14:00

Le départ en trombe de Cécil laissa derrière son passage un silence glacial.  Ithilion n'avait même pas essayé de le retenir. Son cas l'importait peu, même si la scène lui parût presque  surréaliste. D'ordinaire si impénétrable, l'accumulation des derniers évènements semblaient avoir pesé lourdement sur la conscience du faux majordome.  Sentir les serres invisibles de son ancienne tortionnaire s'approcher lentement pour le capturer de nouveau, ainsi que Sally, avait dû lui réveiller d'anciennes blessures.
Lorsque resurgissaient les insoutenables fantômes du passé, capables de semer le chaos sans que l'on puisse les repousser, difficile de résister face à un ennemi si volatile et pourtant à la présence si pesante. Dans l'armée, ce genre de traumatisme tabou réduisait des titans à l'état de simples frêles êtres vivants après de violents épisodes. L'origine était totalement différente mais le terrible mécanisme causait les mêmes ravages.
Devant le regard désorienté de sa disciple, Ithilion la reconduisit calmement s'assoir sur le fauteuil .  La fin de journée allait être consacrée à un profond repos. Tout le monde en avait besoin après une telle période de crise.


-Ne t'en fais pas pour Cecil. Il va prendre l'air et revenir quand ça ira mieux. rassura Ithilion à l'adresse de la jeune femme. Tu vas rester ici pour la fin de la journée et surtout reposes toi.  Demain on reprend les hostilités.

Il lui décocha un clin d'oeil complice avant de se retourner vers Alaryk. Son ami de toujours lui offrit un demi-sourire dont la signification ne trompait pas. Qu'importe la situation désastreuse dans laquelle pouvait se fourrer Ithilion, ce dernier mettrait toujours tout en œuvre pour l'aider. Ce colosse serait prêt à retourner des montagnes pour honorer ce lien de confiance étroit entre les deux üniks. Pourtant cette fois le problème touchait le coeur même de l'Ordre. A ses yeux, Dawkins n'était certes pas le plus légitime à la tête des Chasseurs Ailés, mais cette situation périlleuse risquait de détruire  ce qu'il servait depuis des années.
Lui rendant le même sourire, Ithilion s'approcha de lui et lui donna un léger coup de poing sur l'épaule droite. Ce que son ami ne connaissait pas encore dans l'histoire, c'était la part de responsabilité d'Etan ainsi que son altercation avec lui.  Il hésitait à en faire part à Alaryk car il savait que cela pourrait fragiliser d'avantage l'union des trois chevaliers. Pourtant les codes des Chasseurs Ailés intimaient de ne cacher aucune information aux membres de son équipe. L'ünik aux cheveux blancs prit une profonde inspiration avant de se lancer :


-Ecoutes Alaryk, je dois te parler de quelques choses...
***
Le visage serein de son grand ami laissa place à une sorte de sourire désabusé. Il avait écouté le fond de l'histoire sans piper mot, un fait suffisamment rare pour souligner à quel point cela devait le toucher.  Ithilion n'avait omis aucun détail, même concernant la véritable nature de Sally. Il espérait par ce biais qu'Alaryk comprendrait la réaction d'Etan sans pour autant porter de jugement à sa disciple et sans la nuire.  
-La petiote est donc une...paria ? répéta Alaryk incrédule. Es-tu devenu complétement cinglé ? Une paria ?
La réaction du soldat n'avait rien de surprenant. Tout comme la majorité des citoyens d'Anathorey, il portait une image de dégout face à ces êtres bâtards, fruits de l'union entre des traitres et de ces sauvages de la forêt de la Sylva. Néanmoins, Ithilion garda son calme. Cette nouvelle pierre dans la balance ne risquera pas de la faire pencher du mauvais côté, du moins il l'espérait.


-Si je ne te l'avais pas dit, est ce que ça aurait changé ta vie ? lui demanda-t-il dans l'espoir d'ouvrir les yeux de son coéquipier. Paria n'est un mot stupide qu'on leur donne, tout comme l'aversion qu'on leur porte.
Le soldat resta muet, cherchant sans doute une réponse appropriée. L'argumentation n'avait jamais été son fort et il s'était habitué à souvent suivre l'opinion d'Ithilion.  Son regard traduisait le conflit qui se produisait à l'intérieur entre le matraquage intellectuelle qu'il subissait depuis son enfance et  le raisonnement de son frère d'arme.
Voyant le doute s'installer dans l'esprit de son ami, Ithilion décida de profiter de ce moment de faiblesse. Il fit signe d'approcher à sa disciple.


-Regarde la Alaryk. Ressemble t-elle a une hybrid ? A t-elle la même personnalité ? La même façon de parler ? Est-elle responsable de la manière dont elle est arrivée sur ce monde ?
Le visage du colosse ne changea pas d'expression. Il porta cependant son regard en direction de la jeune disciple comme si il la découvrait une deuxième fois.


-Si tu connaissais son histoire, tu te rendrais compte que des üniks ont été bien plus misérables que les futilités que l'on pourrait reprocher à Sally. insista Ithilion. Parle lui, pose lui des questions, mais s'il te plait Al', fais moi confiance...Elle mérite amplement sa place ici.

Alaryk secoua la tête et se dirigea vers la porte de la chambre.

-Je...je vais réfléchir Ithi. t'es sans doute allé un peu loin ce coup ci


La porte se referma derrière lui, laissant le maitre et la disciple seuls dans la pièce. Ithilion commençait à se demander si il n'avait pas fait une erreur en livrant ce secret à son compagnon. Il aurait besoin d'allier pour poursuivre cette folle idée de conduire Sally sur la route des Chasseurs Ailés. Surtout si ces membres du laboratoire n'avaient pas laché l'affaire. Si même Alaryk n'était pas prêt à le soutenir en faisant fi des doctrines erronées de l'Etat concernant les Parias, alors  la suite se révèlerait bien plus compliquée.

-Quel crétin !
jura t-il en allant s'assoir sur son lit. Il lui faut toujours trop de temps pour se rendre compte que j'ai raison !

Cette phrase était une manière de rassurer son élève quant à l'allégeance d'Alaryk envers lui. Elle était également et surtout une manière de se rassurer lui même. Il regarda ses pieds se balancer lentement dans le vide tout en réfléchissant à tout ces évènements de la journée.

-Sally ? demanda t-il soudainement. Qu'as tu envie de faire au plus profond de toi ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Jeune fille traquée (Sally S.)


RPG
Âge : 19 ans
Groupe: Discret
Inventaire: Poupée de chiffon

MessageSujet: Re: A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]   Lun 30 Mai - 15:01


Debout près du lit, Sally écoutait d'une oreille distraite la conversation que tenaient Ithilion et Alaryk juste à côté. Elle n'osait pas intervenir pour se défendre, ni sortir pour rejoindre Cecil qui venait de rejeter sèchement son aide. Un demi-sourire s'esquissa sur son visage triste. Cela ne faisait qu'un mois qu'elle avait rejoint l'ordre des Chasseurs ailés. Trouver sa place n'était pas si facile, et cerner le caractère spécial de Cecil lui prendrait encore du temps. Tout était encore à faire. Elle tourna la tête vers Ithilion, qui s'agitait au milieu d'une vive plaidoirie en faveur de sa disciple. Envers et contre tous, il la défendait. Qu'importaient les dogmes de l'armée, au diable les valeurs anathoriennes : le chasseur aux cheveux blancs voulait la protéger des dangers qui la guettaient. Personne n'avait encore agi de la sorte avec Sally. Ce soir-là, quand elle réalisa les affronts qu'il faisait à l'ensemble de son univers pour la garder à ses côtés, et la grave situation à laquelle tout cela pouvait le mener, la jeune femme sentit une vive émotion lui pincer le cœur. Agissait-il comme son maître, ou plutôt comme son ami ?
Alors qu'elle tâchait de contenir ses affections, Ithilion lui fit signe d'approcher. Elle obéit sans rechigner. Le jeune homme la plaça face à Alaryk, qui l'observait d'un air dubitatif. Il lui demanda s'il trouvait qu'elle ressemblait à une Hybrid, s'il percevait en elle les même stigmates que leurs ennemis, et surtout, s'il la croyait responsable de sa naissance. Sally regardait ce Chevalier bien plus grand qu'elle droit dans les yeux, l'air fatigué mais non moins résolu. Alaryk fuyait son regard, mal à l'aise devant la Paria qu'elle était. Ithilion renchérit : parle-lui, écoute-la, pose lui des questions, mais ne la juge pas trop vite. Rien n'y fit, le géant se sentait perdu et préférait réfléchir. Cette fois-ci, son ami effronté était peut-être allé trop loin. Alaryk quitta la pièce le cœur lourd et l'air embarrassé. Ithilion et Sally se retrouvèrent seuls dans la lumière tamisée de cette chambre où tant de choses s'étaient passées en une seule soirée.

Après un moment de silence, Ithilion jura et alla s'asseoir sur son lit en pestant que tôt ou tard Alaryk se rendrait compte qu'il avait tort. Il serait alors forcé de rejoindre leurs rangs, et de faire face avec eux, aux défis qui les attendaient tous.
« Désormais, je ne suis plus la petite inconnue qu'il avait repérée à la banque » dit Sally avec calme et abnégation. Elle ne déplorait pas ce qui s'était passé, ni l'attitude d'Alaryk à son égard. Au contraire, elle croyait en ce qu'à partir de cet instant, il la voit telle qu'elle était réellement. Peut-être avait-elle mûri, ou peut-être était-elle d'un naturel peu rancunier, mais quoi qu'il en soit elle n'éprouvait aucun ressentiment envers ces messieurs qui dénigraient sa nature. C'était sans doute parce que parmi toutes ces personnes, il y en avait un qui avait juré de ne pas l'abandonner, et qui accompagnait sa parole de gestes courageux.
Ithilion, qui balançait nonchalamment ses pieds au dessus du parquet, demanda soudainement à la jeune femme ce qu'elle voulait faire au plus profond d'elle.
« J'aimerais dormir, répondit-elle en s'approchant de son maître. Il est tard et l'entraînement reprend demain. Je dois être en forme, sinon on ne pourra rien faire ».
Elle se pencha pour saisir la main de son maître. Elle lui sourit en la serrant un peu, d'un sourire chaleureux et sincère qui montait jusque dans ses yeux clairs.
 « Laissons-leur le temps d'accepter toutes ces nouvelles, dit-elle d'une voix douce et bienveillante. Cela fait beaucoup de surprises en une soirée, c'est normal qu'ils soient étonnés. Quelque part, je suis soulagée de ne plus avoir à me dissimuler d'eux »
Son autre main vint se poser sur celle du Chevalier. Ses doigts entouraient ceux de son maître délicatement, comme si elle tenait un petit oiseau.
« Merci de tout ce que vous faîtes pour moi, Ithilion. Je vous promets de ne pas vous décevoir, et que tous vos efforts n'auront pas été vains »

Sally se dirigea vers la porte, et souhaita bonne nuit à son maître avant de quitter la pièce. Elle croisa Etan en marchant dans le couloir qui menait à sa chambre. Le soldat, qui ne put l'éviter en raison du grand vide des lieux, stoppa ses pas juste devant ladite chambre sans le savoir.
« Tu vas te coucher ? demanda-t-il un peu sèchement à celle qui n'était à ses yeux qu'une sale Paria qui n'avait rien à faire dans le QG.
- Comme vous le voyez, répondit Sally. Elle lui adressa un sourire doux, dont le jeune homme perçut bien malgré lui la tendresse. Bonne nuit, Monsieur Etan »
Etan la regarda jusqu'à ce qu'elle eut disparu dans l'encadrement de la porte de sa chambre et reprit sa route.

Dans les jardins, sous les deux Lunes, Cecil et Cédric Dawkins échangeaient quelques mots. Le Chevalier avait aperçu Cecil étendu sur l'herbe en revenant du bureau de Markus Klegan, et avait pris peur en le voyant inerte. Tous deux étaient nonchalamment assis sur la pelouse froide. Ceux qui les connaissaient bien auraient été fort surpris de voir ces deux hommes prestants et dignes dans une position aussi détendue.
« Pour ne rien vous cacher je suis éberlué par ce que le commandant Klegan vient de me dire, déclara Dawkins, appuyé sur ses paumes, le regard perdu dans les étoiles. Jamais je n'aurais cru qu'un homme de principes comme lui s'asseye sur le protocole d'une telle façon !
- Je ne saurais vous apporter une explication, répondit Cecil avec détachement. Je ne connais rien de la cause militaire »
Dawkins rit un peu.
« Il est vrai que vous devez être bien plus au fait des préceptes de la domesticité, Fried ! »

Cecil adressa un regard vide de toute émotion à Cédric, dont le sourire s'effaça peu à peu à mesure qu'il dévisageait cet homme mystérieux qu'était le majordome de son ami. Avait-il blessé ce garçon en lui rappelant sa condition roturière ?
« Qu'avez-vous à l’œil ? lui demanda-t-il pour briser la glace.
- Un petit accident pendant mon travail, mentit le faux domestique.
- Je ne vous imagine pas maladroit. J'ai entendu dire que vous aviez de l'expérience. »
Un nouveau silence se glissa entre les deux hommes. Dawkins était un homme perspicace, tout comme Cecil. Mais si ce dernier était discret, le premier était curieux.
« Vous avez bel et bien de l'expérience, Fried ?
- Ma foi, si je vous dis qu'elle n'est pas si longue, allez-vous me jeter dans les geôles de l'ordre ?
- Bien sûr que non, rétorqua Dawkins, qui ne parvenait pas à se sentir aussi à l'aise avec Cecil qu'avec les autres personnes avec qui il discutait. S'il était capable de cerner facilement les personnes qui l'entouraient, l'ancien noble lui posait des difficultés.
- Vous saviez que Sally était une Paria ?
- Monsieur Dawkins, serait-ce un interrogatoire ? » adjura Cecil, d'un air vaguement impatient.
Cédric lui adressa une mine surprise, Cecil lui répondit par un regard impénétrable. Il se regardèrent ainsi en silence jusqu'à ce que le chant d'un oiseau nocturne sorte le Chevalier de sa torpeur. Il sourit d'un air malicieux en se relevant.
« Non. Et je crois que chacun de nous a son histoire, cachée au fond d'une boîte à secrets qu'il convient parfois de laisser close ».

Cecil se leva à son tour, en approuvant fortement ce que venait de dire Dawkins. Les deux hommes décidèrent qu'il était temps pour eux de se retirer dans leurs quartiers respectifs. Ils se souhaitèrent la bonne nuit et se séparèrent.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

A la croisée des chemins.[ Pv Sully ] [terminé]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» A la croisée des chemins
» Une croisée des chemins salvatrice [PV Mei Lee Huang / Sirina Dubarson]
» La croisée des chemins [PV Rosiel]
» Préval à la croisée des chemins; droite ou gauche?
» A la croisée des chemins || Louise
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Origins ::  Urban City  :: Anathorey-