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Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]

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MessageSujet: Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]   Dim 27 Déc - 22:30

Le vent du désert soufflait fort en cette fin d’après-midi. Le soleil ardent continuait de darder ses chauds rayons sur les êtres peuplant cette terre. Pour ma part, je m’étais réfugiée sous l’abri d’Abraham, tentant d’échapper à la fureur de l’astre. Ces derniers temps, la température n’avait cessé de grimper. Tous espérait et moi la première qu’elle allait bientôt redescendre.

En attendant, je m’étais confortablement installée sous la tente, un verre d’eau dans la main. Près de moi, une enveloppe déchirée. Le matin même, j’avais reçus une lettre d’une personne toute particulière : celle qui nous avait permis, à Mamie Maas et moi, de nous enfuir. Sans elle, nous serions, à l’heure actuelle, exploitées, folles ou mortes mêmes. Les événements qui c’étaient produits cette année là, avait radicalement changés nos vies. Mamie Maas en était sortie malade psychiquement et moi marquée à vie. Tout cela remontait à près de trois ans.

Trois ans… Que le temps passait vite. Il s’égrenait à une vitesse folle, m’échappant des mains… Je secouais vivement ma tête dans une vaine tentative pour faire disparaître les souvenirs de cette époque. Bien entendu, cela n’y changea rien.

Je replongeais de plus belle dans les méandres douloureux de ma mémoire.

_______________________________________________________

Tout avait commencé par une chaude fin d’après-midi à Nordkia. L’air était lourd. Électrique même. L’atmosphère des Docks naturellement polluée n’en devenait que plus étouffante. La ville était grise des pieds à la tête mais ce jour, même l’horizon semblait de suie.

Ma famille demeurait dans une petite maison troglodyte sur le versant Nord du cratère ou s’étendait la ville. La vue y était imprenable. Combien de temps étais-je restée plantée devant la fenêtre de ma chambre à contempler le panorama ? Certainement plus qu’à aider ma mère. Ce fameux jour, cette dernière préparait tranquillement le repas dans la cuisine tandis que je mettais la table. Une table pour trois. Mon père avait délaissé ma mère durant sa grossesse, préférant les bras d’une autre et sa liberté. C’était ainsi ne cessait de dire ma mère. Elle était heureuse de m’avoir et Mamie Maas était là pour l’épauler. Cela suffisait à son bonheur. Nous étions ses amours et nous chérissait tendrement. Nous lui rendions son affection, consciente de la chance que nous avions d’être ensemble.

A cette époque, la vie était simple. Ma mère travaillait en tant que blanchisseuse à domicile et mamie en tant qu’écrivaine public. Ce qu’elles gagnaient suffisaient à notre existence. De toutes les manières, vivre à Nordkia amenait les habitants à devenir économes en tout. Il fallait se contenter de l’essentiel et la vie nous l’inculquait très tôt.

Je venais juste d’enlacer ma mère, en quête d’un peu de son amour et de sa chaleur quand quelqu’un toqua à notre porte. Ma mère, d’un signe de tête m’indiqua d’aller voir qui cela pouvait bien être.

Ce fut le jeune Maxence qui entra précipitamment et referma lui-même la porte. Il était en sueur et semblait très inquiet. Il s’agissait d’un des jumeaux de Monsieur Louis, un mécanicien, que j’avais rencontré il y a cinq ans de cela. Les deux familles étaient restées en contact et chacune rendait de petits services à l’autre. Maxence et ses bouclettes blondes de chérubin nous apportait notre courrier et les dernières nouvelles du quartier. Ces yeux bleus étaient partout et sa langue se déliait très facilement. A sept ans à peine, c’était une vraie commère. Je suspectais Mamie Maas de s’en servir comme espion. Ça n’aurait rien eu d’étonnant.

« Mélusine ! Mémé Maas ! »
Ses yeux virevoltaient affolés.

« Elle a été enlevée ! »

L'annonce eut l'effet d'un coup de tonnerre sur moi. Je le regardais avec des yeux ronds :
« Comment ça enlevé ? Par qui ? Comment ? Où ? Quand ? »

Maman c’était approchée à l’écoute de ses paroles, tendue.
« Assied toi, dis-je pleine d’autorité et raconte nous tout en détail ! »

En phase avec mes paroles, ma mère avait tiré une chaise et se précipitait dans la cuisine avant d’apporter un verre d’eau au gamin. Ce dernier après s’être assis et avoir pris une gorgée du précieux liquide, raconta :
« Elle s’était installée près de l’étal de l’épicier Burnas, vous savez. Nous hochâmes vivement la tête. Elle avait commencé à aider une vieille femme à rédiger une lettre pour son petit-fils. Tout ce passait bien. Elle m’avait demandé de surveiller les alentours comme toujours. A un moment j’ai eu très envie de pisser et je me suis éclipsé. C’était que deux minutes, je vous le promets ! Des larmes perlèrent au rebord de ses yeux. Quand je suis revenu, il n’y avait pas un chat aux alentours. Tout était silencieux mais j’ai tout vu : des hommes en noirs et masqués ont maitrisé mémé Maas et l’ont emporté ! Il était cinq ! »

« As-tu repéré un signe distinctif, quelque chose de bizarre, un insigne ? » Le questionnais-je.

« C’était pas des amateurs, mémé n’a même pas pu se défendre ! Tout le monde a disparu d’un coup donc ça doit être des gens connus, non ? J’acquiesçais vivement, louant l’esprit avisé de ma grand-mère pour avoir pris à son service ce malin petiot. Il avait des vêtements bien coupés, de ceux que l’on ne voit pas par chez nous mais plutôt chez les bourges. Y en avait un qui avait un truc épinglé à son torse. Une broche je crois. Mais il était loin et je ne sais pas comment définir sa forme… »

« Pourrais-tu le dessiner ? » Lui demandais-je, pressante.

« Je-je sais pas… »

Maman lui apporta une feuille et un crayon. Rassurante, elle lui caressa les cheveux et lui dit doucement :
« Prend le crayon. Voilà. Maintenant, ferme les yeux. Oui c’est bien. Inspire et expire un maximum. Fais-le plusieurs fois. Très bien. Concentre toi maintenant sur ma voix et continu de respirer par la bouche. Tu es de nouveau là-bas. Au moment précis où tu as vu cet insigne. Visualise le bien dans tous ses détails. La couleur qu’il a et qu’il renvoi, est-il arrondie ? D’une autre forme ? Est-ce une lettre gravée ? La taille qu’il a, sa largeur, … Rappelle toi de tout. Quand tu l’as bien visualisé, prend le crayon et dessine. Garde les yeux fermés. »

Elle continua ainsi de sa voix apaisante jusqu'à qu’il rouvre les yeux. Ma mère était un peu plus grande que moi, un mètre soixante-cinq. Elle avait les mêmes cheveux que moi en plus longs et disciplinés. Elle était d’une délicatesse qui tranchait avec  la rudesse de Nordkia. C’est cette même douceur qui l’avait empêché de prendre le pas de Mamie Maas. C’était son choix, elle avait conscience que ce métier n’était pas pour elle. Je respectais sa décision. C’était sage que de reconnaître ses limites. Elle était belle ma maman avec son visage aquilin et ses gestes emplis de grâce. Bon nombre de prétendants lui faissaient des avances mais sans succès. Elle se concentrait sur nous.

Elle me tendit la feuille sur laquelle avait dessiné le gamin, la mine sombre.

« Bonté divine ! » Jurais-je.

La mafia Busberry ! Nom de diou ! Mais qu’est ce qu’avait fabriqué Mamie Maas ?

« Pourquoi te demandait-elle de surveiller les parages depuis quelques temps ? » Le brusquais-je.

« Mais j’en sais rien moi ! Elle me payait, c’était le principal mais tu connais mémé Maas ! Elle ne dit rien de rien ! »

« Est-ce que les ravisseurs t’ont vus ? » Demanda ma mère.

« Non ! Ça j’ai tout fait pour ! »

« Merci Maxence. Merci de nous avoir prévenues. Rentre chez toi maintenant et pas un mot de tout cela, d’accord ? Ça vaut mieux pour tout le monde. »
Acheva gentiment Maman.

Il fila sans demander son reste. Maman avait les larmes aux yeux. J'étais paralysée. Sous le choc. Que faire?

Finalement, mère s’assit et éclata en sanglots. Immédiatement, j'allais auprès d'elle et la serrais dans mes bras. Plus tard les atermoiements: il fallait agir et vite.
Entourant fermement ma mère dans mes bras, je lui fis la promesse solennelle de ramener mamie parmi nous. Une promesse était une promesse. Énoncée à haute voix, je devais la réaliser. Je mis de coté ma peine, déterminée à tenir parole.

___________________________________

Après moult discussions, nous nous mirent d’accord pour que je la recherche. Il n’y avait que cette possibilité là de toute manière. Nous en étions arrivées à la conclusion que peut être Mamie Maas avait été enlevée à cause de ses pouvoirs. En effet, tout un chacun connaissait la mafia Busberry à Nordkia. Ce groupuscule criminel sévissait depuis très longtemps ici et c’était spécialisé dans le trafic de cobayes. Pour une somme plus ou moins grande, vous pouviez obtenir l’être parfait pour toutes vos expériences les plus farfelues et atroces… Bien entendu les enlèvements des personnes n’étaient pas forcément faits dans la dentelle et un pouvoir tel que le nôtre n’aurait pas été de refus pour eux… Mais cela ne restait que de l’ordre de la supposition.

Au bout de quelques jours, ayant interrogé toutes les personnes témoins de la scène, j’étais arrivée à la conclusion que Mamie Maas ne se trouvait plus à Nordkia. L’un des ravisseurs, celui avec l’insigne, avait parlé de se rendre à Anathorey pour un échange de bons procédés. Il semblait ravit de sa prise et clamait qu’enfin l’organisation allée prendre encore davantage d’envergure pour servir les ambitions de leur chef. Je me faisais un sang d’encre, un mauvais pressentiment serrant mon cœur.

J’eus beaucoup de chance d’arriver à Anathorey. Grâce aux relations de ma mère et de ma grand-mère plus précisément. C’était fou le nombre de personnes qu’elles connaissaient toutes deux !

Mes premiers pas dans cette splendeur me laissèrent une drôle d’impression : beauté et sauvagerie maniérée étaient les mots qui me vinrent immédiatement à l’esprit pour la décrire. Les bâtiments, l’agencement des rues, les personnes croisées : tous étaient parfaits, millimétrés et n’avaient pour seul but d’étourdir le voyageur de passage. Je frissonnais. Il allait falloir que je fasse très attention… Ma boule au ventre c’était renforcée.

Après avoir trainé quelques temps dans les artères principales, je m’aperçus que le sujet sur toutes les lèvres était une série de meurtres. Fait troublant, les témoins de ces atrocités n’en gardaient aucuns souvenirs…
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Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]   Mer 30 Déc - 13:17

Le quartier dans Est d Anathorey était noir de monde. Les citoyens profitaient de cet après-midi, plus doux que les précédents, afin de sortir pour se prélasser devant les magasins en tout genre, où  bien encore faire œuvre de civilité  en allant colporter les derniers ragots du moment. Le plus important consistait à être bien vu, car le paraître fondait l'importance dans l'estime des autres à l'intérieur de cette cité de tout les excès. Malgré le monde, malgré la poussière, malgré la chaleur suffisamment lourde, chacun portait ses plus beaux atouts, exposant avec arrogance leurs bijoux les plus chers souvent révélateur de leur rang social. Sous ces airs de vie civilisée, Anathorey se comparait à une terrible jungle où la règle la plus primitive de ce monde persistait : Manger ou être mangé. Et la simple métaphore ne rendait pas la réalité moins violente. Si les passages à l'acte physique se voyaient freinés par la "bonne conscience" de chaque citoyen ou par la pression de l'état policier qui punissait  instantanément ce type d'agissement, il existait bien d'autres méthodes de satisfaire  son appétit de dominant. Plus discrètes, gravant des blessures invisibles sur la peau, ces crimes répétables usaient les victimes à petit feu. La manipulation devenait aussi bien un art de vivre qu'un art de survivre ici.
La mine réjouie. Le regard fier. Ithilion transperçait la foule en bombant le torse, arborant avec gloire le costume tout neuf des Chasseurs Ailés. Ah qu'il se trouvait beau à l'intérieur de ce long manteau manteau noir affichant en son dos l’emblème de son ordre : deux pistolets croisés reposant sur deux ailes d'argent. Une semaine à peine qu'il s'était vu octroyer ce titre prestigieux pour lequel il avait enduré des années de formation difficile.  Et son adoubement en tant que chevalier ne fût pas sa seule récompense. Il leva son avant-bras gauche et remonta sa manche pour admirer  une nouvelle fois le petit bracelet en cuir, incrusté d'une magnifique perle bleu qui ornait son poignet. Ce cadeau, qui en réalité se révélait être un Dzeta, provenait de son maitre et directrice de l'Ordre des Chasseurs Ailés : Elionne Histo. Son puissant potentiel, joint aux capacités impressionnantes du jeune Unik,  lui permettrait d'après elle de devenir un tireur hors paire. Et marcher sur les traces d'une personne aussi illustre que cette femme  forgeait le rêve d'Ithilion. Mais pour l'heure, il ne réussissait qu'à déployer une sorte de zone radar, dans laquelle il pouvait ressentir la signature électrique des êtres vivants ainsi que leurs mises en mouvement. Un atout néanmoins pratique pour un chasseur. Encore fallait-il savoir s'en servir. Il s'était déjà amusé à le déployer dans un endroit aussi bondé qu'aujourd'hui, mais son cerveau n'avait pas réussi à traiter le trop pleins de donnés que lui avait envoyé son dzêta, et il était ressorti de l'expérience avec un sacré mal de crâne. Pour autant, il ne baisserait pas les bras et son esprit vindicatif ne comptait pas en rester sur un échec.
Après une première semaine chargée en mission, l'Ordre lui avait donné quartier libre. Le corps du soldat, bien entendu habitué aux efforts intenses, commençait tout de même à réclamer un repos mérité. Son ego lui gardait une démarche à peu près normale , mais en réalité, chaque pas manquait de lui arracher une grimace de douleur.
D'ailleurs, il s'arrêta quelques minutes en s'adossant au coin d'une ruelle. Il sentit  un fourmillement de soulagement au niveau de ses cuisses. Cela lui tira même un soupire de soulagement. Le travail de Chasseur Ailé demandait beaucoup d'énergie. Le stress, le danger et l'action faisaient parti de son quotidien et mine de rien tirait un lourd tribut sur sa physique physique et moral. Fort heureusement, il n y avait pas que des inconvénients. Il tapota sa poche pour sentir avec un plaisir non caché la bourse remplie de pièce qu'il y cachait précieusement. Un geste également devenu courant. Les cliquetis métalliques de ses premières payes sonnaient à ses oreilles comme le début de sa richesse. Ce sentiment de puissance, d'une vie bien loin de la misère qu'il avait connu à Nordkia, entraina un rire incontrôlable. Les regards quelques peu déconcertés que lui jetèrent des passants eurent le don de l'agacer :
-Quoi ?! On a plus le droit d'être content ?!

Il croisa les bras et tourna la tête afin de ne pas s'énerver d'avantage devant l'air moqueur de ces abrutis. Il tomba alors sur un écran publique qui délivrait un message de prudence suite à une série de meurtres et de vols inexpliqué dans cette partie de la cité prospère. Le jeune chevalier fronça les sourcils. L’écho de cette vague sombre résonnait dans beaucoup de conversations. Le Quartier Générale se retrouvait sur le qui-vive avec cette affaire à la nature surréaliste, presque chimérique. Jusqu'à présent les scènes de crime restaient complètement muette quant à une éventuelle piste, seules les victimes témoignaient de la réalité des évènements.
Anathorey ne possédait pas seulement le visage d'un paradis sur terre, où les magnifiques architectures étincelantes accueillaient la communion des âmes dans un train de vie d'abondance. Non, comme souvent, la part d'ombre grandissait sous l'influence de la lumière. Un équilibre à la base de la dogme des Chasseurs Ailés. Toutefois, si en temps normal ces deux mondes parallèles vivaient dans un rythme opposé, l'attraction de la lumière attiraient parfois les convoitises de ces originaires, tels des insectes nocturnes. Et l'un des rôles des individus comme Ithilion consistaient à traquer ces üniks de l'ombre et de les mettre hors d'état de nuire. La justice n'était qu'une fable sous le joug des trois princes, mais certains bastions de cette valeur tentaient tout de même d'établir un certain ordre. Bien des défauts pouvaient qualifier la personnalité du disciple à la chevelure couleur neige, mais l’éducation de son maitre lui avait inculqué un code éthique dépourvu de toutes mauvaises considérations. Quelque soit la situation, il restait droit et digne à ses idées.
-HEY TOI LE MINUS !! héla alors une voix sur sa droite. J ai passé la matinée à nettoyer cette vitrine alors tu vas dégager fissa !

Une veine apparut sur la tempe de l'interpellé. Les yeux gris aciers du tireur d'élite transpercèrent de part en part le commerçant courroucé qui venait de sortir de son magasin. Pas forcément complexé par sa taille légèrement plus petite que la moyenne, du moins de ce qu'il prétendait, lui en faire la remarque le mettait rapidement hors de lui. Il commença alors à s'avancer vers l'ünik échauffé. Ce dernier ne se laissa pas impressionner et fit de même, ne se doutant absolument pas, sous ces apparences trompeuses,  du monstre qu'il venait de réveiller .
Sur le passage du chevalier se tenait une jeune fille à la chevelure blonde et au regard perdu. Il l'écarta gentiment tout en exprimant sa détermination :
-Éloigne toi petite, ça va saigner grave.

Il arriva à la hauteur du commerçant qui devait faire une bonne tête et demi de plus que lui, mais le chevalier ne se démonta pas.
-Je suis peut être petit, mais je fous de grandes tartes

Sans attendre plus d'explication, et sans aucune autre forme de procès, il dégaina un immense coup de pied dans les parties  intimes du géant qui se plia sous la douleur. L'effort lui coûta tout de même un bon coup de fouet sur la cuisse. Autour d'eux, la foule s'était un peu écartée, sans pour autant louper une miette du spectacle aux allures burlesques qui allait certainement alimenter les conversations du prochain quart d'heure. 
La tension retomba immédiatement dans la tête d'Ithilion, comme si ce coup avait complètement servi d'exutoire à sa colère. Aussitôt, il récupéra ce sourire narquois qui le caractérisait tant.  Il tapota avec insolence le dessus du crâne rasée.
-Allez mon gros, respire un bon coup et ça passera.
Soudain, dans un beuglement de rage, le commerçant se releva et leva son immense poing dans le but de abattre de toutes ses forces sur le visage nargueur d'Ithilion. Un coup maladroit qu'un soldat entrainé comme lui n'eut pas de mal à anticiper. Il se déplaça élégamment sur le côté et fît un croche-pied dans le but de mettre à terre son assaillant. Malheureusement, l'Ünik se montra plus tenace qu'il ne le paraissait, et  emporté par son élan, il termina sa course en percutant violemment la jeune fille qui n'avait pas bougé. Une vague de rire éclata.
Ithilion jura et accourut aider la malchanceuse, intégrée malgré elle dans cette altercation. Il poussa sans ménagement le commerçant qui semblait encore souffrir du bas ventre pour dégager l'inconnue.
-Je te prie de m'excuser petite. Je t'avais prévenu qu'il fallait reculer.
Il l'aida à se relever, et lorsqu'elle porta son regard sur lui, il s'aperçut que quelque chose clochait. Les traits de son visage et surtout la profondeur de son regard à la profondeur abyssal ne correspondaient pas avec son apparence juvénile. Un peu à l'instar de son maitre, cela donnait l'impression qu'une entité à l'âge indéterminable avait pris possession d'un jeune corps.
-Je tiens à me faire pardonner, si je peux me permettre de t'accompagner un peu plus loin de ce chahut. Je me nomme Ithilion, Chevalier d'Anathorey. rajouta t-il avec une très légère révérence. Viens avec moi, tu as l'air d'avoir besoin de reprendre tes esprits. Je connais un endroit où on pourra boire tranquillement, le temps que tu récupères.
Sans vraiment attendre de réponse, il l'invita d'un geste à le suivre. L'océan de personne s'écarta sur leur passage avant de reprendre aussitôt tout l'espace  devenu inoccupé.
Ils ne marchèrent pas très longtemps. Ithilion s'installa à une terrasse presque vide dans une ruelle un peu plus calme, perpendiculaire à l'artère principale. Lorsque le serveur eut déposé les rafraichissement, le chevalier saisit son verre et avala une gorgée.
-Et du coup, aurais-je au moins le droit à un prénom ? Je suis encore navré que tu ais du subir ce dommage colatéral.
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MessageSujet: Re: Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]   Sam 9 Jan - 22:53

Ça faisait maintenant plusieurs heures que je marchais dans ce dédale de rues, d’artères et de boulevards. Il fessait doux, une légère brise caressait le visage des passants. Mais à force d’arpenter cette ville si clinquante, ma soif ne fit que grandir. Je n’avais aucune idée de l’endroit où je me trouvais… Où que je regarde, je ne croisais que le regard hautain et indifférent des insulaires. Ce qui n’améliorait pas mon humeur… Que croyaient-ils donc, ces nobliaux à la bedaine rebondie, ces mégères aux décolletés ahurissants, ces domestiques vieillots et sinistres ? Que cette ville était le centre du monde ? Qu’elle allait assurer leur avenir par le simple fait d’en parcourir les allées ? Que le reste des habitants de ce monde leur devait d’office respect et allégeance ? Beuh !

Je reniflais méprisante, mon nez agressé par tous ces effluves de parfum. Quels êtres aveugles… La colère grondait dans les tréfonds de Nordkia et elle enflait, enflait et se répandait à toutes les franges de la société Unik. Combien de temps encore cette monarchie totalitaire où la loi du plus fort et surtout du plus riche s’appliquait, allait perdurer ? Qui sait ? À la réflexion, cette loi continuera d’exister à divers degrés, quelles que soient les personnes au pouvoir et leurs intentions… Depuis trop longtemps déjà, elle était ancrée dans les mœurs de la haute société qui en sortait toujours victorieuse. Et bien entendu, les petites gens en bâtissaient. Ah ! La domination sociale… Était-ce dans la nature humaine ou n’était-ce qu’un modèle sociétal évitant l’anarchie ?

Toute à mes sombres ruminations, je continuais à m’enfoncer, toujours plus en avant, dans le cœur de cette pompeuse cité. Enfin de ce qu’il me semblait. C’était quand même rudement impressionnant toutes ces grandes bâtisses, blanches, éclatantes… Une farce, une illusion, mais elle remplissait son rôle : rendre béat d’admiration et d’envie les petits visiteurs, voyageurs, espions.

Dans tous les cas, je ne voyais toujours pas comment j’allais bien pouvoir retrouver Mamie Maas dans cette immensité ! Au nom des deux Lunes ! Étais-je stupide à ce point ? À quel point m’étais-je aveugle à penser qu’avec… et bien, Enigma, un carnet, un crayon et une carte, j’allais bien pouvoir me dépatouiller… Je m’arrêtais brusquement en plein milieu de la grande avenue et me tapais le front. Mais oui ! La carte ! Déjà repérer où je suis serait une grande avancée. Des grommèlements sourds me ramenèrent à la réalité : mieux valait éviter de m’arrêter là. Autant en profiter pour s’asseoir quelque part et me reposer. J’étais fourbue.

Arrivant à m’extraire du flot mouvant d’humains avides d’aller je ne sais où, je m’aventurais dans une ruelle plus tranquille. Sous la devanture pompeuse et ridiculement chargée d’une boutique, je m’installais à même le sol, près de la porte. Que cela faisait du bien ! J’abaissais la capuche de ma cape sombre. Attrapant ma sacoche, je fouillais, fébrile, à la recherche de la carte que m’avait donnée maman. Mes sourcils tressaillirent. Ce pourrait-il que ? Je me pris la tête entre mes mains et fourrageais rageusement mes cheveux. Nom d’un saltimbanque aviné ! Où avais-je mis cette carte ? Comment avais-je pu la perdre ou l’oublier ? Mais quelle tête de linotte suis-je !

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Un jeune homme surgit de la foule, stoppant net mon atermoiement. Surgir n’était pas le bon terme : la foule s’ouvrit au devant de lui. Mais qu’est-ce-que c’était encore que cela ?

L’homme, visiblement moins âgé que moi, arborait une tenue sombre, digne d’un chevalier, son long manteau noir, claquant dans son sillage. Il en avait la prestance et bombait prétentieusement son torse. Pas étonnant que ses voisins s’écartent… Je souris. Simple comme bonjour : donnez-vous un air important et immédiatement l’on vous donnait du crédit… Je haussais les épaules et continuais de l’observer, n’ayant que ça à faire de toutes les manières. Il était petit et svelte, avait des cheveux d’une curieuse couleur pour la jeunesse apparente de son visage : blanche comme la première neige. Étrange… Plus il s’approchait, plus je distinguais ses traits : des yeux gris perçants, un sourire moqueur. Un jeune chevalier, tout juste adoubé ? A son air de fanfaron, ça ne serait pas étonnant. Sa démarche souple et assurée témoignait d’un dur travail mais bizarrement à chacun de ses pas, sa mâchoire se crispait légèrement. Etait-il blessé ?

Il s’installa à coté de moi sans me prêter la moindre attention et je pu voir l’emblème dans son dos : ceux de l’ordre des Chasseurs Ailés. Mamie Maas m’avait un jour conté l’histoire de ce dernier. Un groupe de puissants et disciplinés guerriers à la botte des Princes… Il soupira et j’entendis le tintement caractéristique d’une bourse bien remplie. Il était rudement étrange ce type : il se mit à rire à gorge déployée ce qui ne passa pas inaperçue. Avec toute la finesse qui semblait le caractériser, il se mit à les invectiver copieusement. Ce gars était un cliché en puissance… C’en était presque absurde.

_______________________________________________________________

« Flash info spécial : nouveau cas d’assassinat en plein jour. Il c’est produit dans le nord-est d’Anathorey. La victime serait un serviteur du Comte Delfoy. Comme pour les 15 autres cas de vols et de meurtres, il n’y a aucun témoin. Ceux susceptibles d’avoir des informations ne se souviennent de rien. Les services spéciaux de nos Sérénissimes Souverains sont à pied d’œuvre, mais pour l’heure, aucune information ou avancées n’ont été communiquées. Les craintes commencent à peser sur un éventuel complot visant ses Majestés. »


À l’écoute de ces mots, une terreur sourde s’empara de mon cœur. Nos craintes étaient fondées ma mère et moi… Un meurtre en plein jour sans que personnes ne se souviennent de rien ? Ce ne pouvait être qu’une simple coïncidence. Mamie… Au nom des Lunes… Au nom des Lunes… Le Comte Delfoy… Une avancée. Une première piste sérieuse. Mais je devais trouver où demeurait cet homme et essayer d’interroger les autres domestiques ou la famille. Mais avec quelle autorité ? Je soupirais de frustration.

« Hey ! TOI LE MINUS !!! J’ai passé la matinée à nettoyer cette vitrine alors tu vas dégager fissa ! »
Le commerçant de la boutique était sorti en furie, ahanant tel un bœuf. Il s’adressait au chevalier d’un ton d’une rare violence.

Ça allait virer au vinaigre…

La suite devint floue. Une réponse. Un coup de pied très bien placé. Et je fus percutée par la barrique qu’était l’homme en furie. Des étoiles dansèrent devant mes yeux.

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« Et du coup, aurais-je au moins le droit à un prénom ? Je suis encore navré que tu ais du subir ce dommage collatéral. »


Ithilion… Chevalier d’Anathorey… Je souris sous cape. Prenant le temps de savourer la boisson aux senteurs exotiques qu’il m’avait offert, je dévisageais mon interlocuteur. Il semblait sincèrement désolé de m’avoir mêlé à son altercation. C’était la deuxième fois qu’il s’excusait. Il était plus jeune que moi. A peine sorti de l’adolescence, encore emplis de cette fougue, de cette hargne  qui caractérisait cet âge de la vie… Il baissa les yeux, face à l’intensité de mon regard. Si jeune pour un chevalier… Compétent donc ? Dans tous les cas, il en possédait la droiture, bien qu’il la cache sous couvert de sa verve. Honnêtement, il m’intriguait.  

Ma colère face à ce cirque était retombée. L’urgence de la situation qui nouait mon ventre était de retour. Mon dos me faisait encore un peu souffrir, mais au moins je pouvais étancher ma soif. Et j’en avais grand besoin. La terrasse où il m’avait emmené était calme avec pour seul clientèle nous-mêmes. J’appréciais ce répit temporaire. Je n’aimais pas les foules compactes comme celles qu’il y avait en permanence ici. Le bruit non plus. Étrange en sachant que Nordkia grouillait de vie, était en perpétuel mouvement. Je haussais les épaules et reposais mon verre d’un geste sec.

La pause était finie. Il me fallait des infos. Le temps pressait.

« Un Chasseur Ailé… »

À ces mots, ses yeux s’agrandirent et il se crispa.

« Ton prénom. »

« Bien jeune que tu es pour avoir été adoubé, n’est-il pas ? Où est-ce normal ? Quel effet ça fait d’être à la botte des Princes et de participer activement à l’asservissement des plus humbles sujets vivant ici-bas ?» J’étais curieuse.

Ses yeux se durcirent, devenant aussi dur que l’acier. Était-ce un point sensible ? Je repris immédiatement, le cerveau en ébullition.

« Tu n’es pas originaire d’Anathorey, c’est ça ? Tu viens de Nordkia, non ? Tu as quelque chose de différend des gens d’ici. Ta démarche, tes gestes, tes paroles. Elles ne collent pas au décor. Tu n’es pas plein de mièvreries empoissonnées et tu sembles trop franc pour appartenir à la noblesse. Et honnêtement, je veux bien croire que les insulaires soient vaniteux et cupides, mais toi, tu frises le ridicule… Faire tinter ta bourse pour en apprécier le son et le poids et en rire de suffisance, c’est vraiment manqué de finesse. Tu ne viens pas d’ici. L’argent se cache ici, derrière des rideaux tirés, derrière des portes blindées. Et, … »

« Moi qui pensais tomber sur une demoiselle perdue et secouée, je me retrouve à parler à une voyante ! Remarque, l’un n’empêche pas l’autre… » Il ricana après m’avoir coupé. « Serait-ce mon jour de chance ? » Il posa ses mains sur la table, paumes vers le ciel en geste brusque. Une lueur de défi dans le regard. Un sourire narquois aux lèvres. « Qu’est-ce que l’avenir me réserve ? »

« Ton sourire ne cache pas ton trouble, pauvre sot. » Répondis-je, tranchante.

Ses mâchoires se serrèrent, tentant de garder son sang-froid et son air amusé.

Je pouffais. Mon sourire devint dur.

« Les cartes te conviennent ? »


Sans attendre de réponse, je tirais de ma sacoche le dessin de Maxence et le posais sur la table.

À la vue de l’insigne de la mafia Busberry, toute nonchalance disparut de son visage, remplacée par une concentration à toute épreuve.

« Votre si puissante et pompeuse cité risque bien de sombrer dans le chaos, petit homme. Déjà, tu peux y voir les prémices. Voici ton avenir. Puisse-t-il être glorieux et durable… » Ironisais-je.

Il m’étudia avec plus d’attention.

« Qui es-tu ? »

« Quelqu’un qui recherche un des siens. Et qui pourrais t’aider à faire de toi un héros. »

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Chevalier Ailé (Ithilion)


RPG
Âge : 23
Groupe: Elite
Inventaire: Bourse sans fond

MessageSujet: Re: Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]   Sam 16 Jan - 10:39

Certaine personne donnait l'impression de vivre dans un autre monde, décrochée de de cette réalité. Le regard insondable de la jeune femme, ainsi que ses affirmations qui avaient fait mouches mirent Ithilion mal à l'aise. Cela faisait des années que son maitre l'avait arraché des griffes de la pauvreté de Nordkia. Depuis, il avait été éduqué à la civilité,  dressé par l'éducation stricte et spartiate des Chasseurs Ailés. Il ne pensait pas avoir gardé autant d'artefact gestuel de son passé. Certes, il ne s'était jamais senti complètement citoyen d'Anathorey. Une part de lui, toujours libre et  indompté, ne supportait pas ce mode de vie d'abondance et d'hypocrisie. Et si sa formation l'intimait de mettre sa vie en danger pour protéger celle d'autrui, qu'il ne remettrait jamais en cause la volonté des princes, il se souciait quand même de l'état de son ancienne patrie.
Le chevalier commença à s'amuser avec une pièce en la faisant habilement voyager entre ses doigts. La stupéfaction et l'agacement d'avoir été lu comme livre ouvert laissa place à de l'amusement. En tant que tireur d'élite, il savait pertinemment que l'oeil devenait une arme redoutable une fois entrainé.  Il retrouva son sourire railleur et s'installa au fond de son dossier tout en croisant les bras :
-Tiens donc, une voyante qui n'est pas capable de trouver ce qu'elle a perdu.  Quelquechose me pousse à ne pas trop te faire confiance étrangement .
Il attrapa son verre, et après avoir une but une gorgée, il reposa les coudes sur la table pour avancer son visage vers son interlocutrice  :


Anathorey a tenu à des millénaires de guerre. Bien stupide serait celui ou celle qui tenterait de défier les trois princes en y installant le désordre. Alors inutile de me la jouer fin du monde, si tu as des problèmes, je suis apte à t'aider. cela dit la gloire ne m’intéresse pas.
Conscient que ce geste contribuerait à l'image de sa personnalité vénale et radine, il sortit  la fameuse bourse dont la fille s'était bien permise de se moquer et il la posa sur la table, bien en évidence.


-La gloire, la notoriété n'apportent que des problèmes ! Moi je veux simplement du pognon ! Et je me fiche de ce que tu peux en penser. Mais sache que je suis sans doute le meilleur traqueur que tu ne pourras jamais trouver.

Ces paroles pouvaient passer pour le discours basique de l'ünik prétentieux à la langue bien pendu, seulement la prétention d'Ithilion se basait contrairement à la plupart de ses semblables sur des faits établis. Sa formation de "Chasseur Ailé" ne constituait pas un simple titre prestigieux qui permettait de parader dans les rues. Ses soldats subissaient un apprentissage très complet et très complexe, manipulant les armes, entrainant leur corps, développant des facultés de pistages, de tactique d'intervention, etc.
De plus, le chevalier possédait un Dzêta assez spécial. Un atout redoutable qui fonctionnait en osmose avec ses capacités naturelles et leurs permettait de briller d'avantage.
Mais pour l'instant, il ne souhaitait pas trop l'exposer aux yeux de tous.  Un atout restait efficace tant que se conservait l'effet de surprise. Et même si l'idée d'être  reconnu et craint par cette faculté lui caressait langoureusement son amour-propre, Ithilion restait néanmoins quelqu'un de compétent qu'il ne fallait pas sous-estimer.


-Et qui donc as-tu perdu pour venir de si loin ? le sourire malicieux d'Ithilion en disait long. Racontes moi tout en détail, sans mystification, et ensuite je pourrais sans doute t'aider.

Au dela du rôle du chevalier volant au secours d'une jolie princesse, le Chasseur Ailé souhaitait gagner en expérience, et son instinct lui soufflait étrangement que l'histoire de cette demoiselle allait le mener dans une intéressante intrigue.
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MessageSujet: Re: Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]   Sam 23 Jan - 18:16

A sa tirade, j’éclatais de rire. Naturel et simple. Le serveur leva vers moi un regard désapprobateur qui en disait long : quelle honte qu’une femme rit à gorge déployée ! Tellement inconvenant dans cette si belle cité ! En réponse, je lui lançais une œillade appuyée. Le rouge lui vint aux joues et il s’en fut brusquement dans la réserve. Mon rire redoubla. Ithilion regardait mon manège, une étrange lueur dans le regard. Réfléchissait-il ? Se demandait-il sur qui il était tombé ? L’aventure l’appelait-il ?

J’avais visé juste. Un Nordkien. Le hasard faisait décidément bien les choses… Ça devait faire très longtemps qu’il vivait à Anathorey au vu de sa mine surprise quand j’avais énoncé cette idée. Sans doute pensait-il que les années passant, il c’était fondu dans le décor et que sa vie antérieure était derrière lui. Mais non. Il fallait être né à Anathorey et y avoir grandis pour se fondre totalement dans le moule, du moins au niveau de la gestuelle. Après les pensées dépendaient de chacun. Toujours est-il que parfois, il devait sans doute être tiraillé entre son côté Nordkien, dégouté de cette société d’abondance et de façade et son côté Anathorien, attiré par la richesse. Paradoxal, non ?

Mais il y avait un bémol dans sa réflexion : sa cité était réellement en danger. Et le pouvoir des Princes, face à un ennemi qui bougeaient ses pions sans laisser de trace, pouvait être sérieusement mis à mal. Sans doute pas détruit… Nos chères têtes couronnées se complaisaient dans leur mystère, mais il était évident qu’il y avait quelque chose de louche : depuis combien de temps étaient-elles à la tête de cette nation? Et ce, sans transmission de pouvoir où changements là-haut. Étaient-elles immortelles ?

Je fermais les yeux. Il fallait que je me recentre. Visiblement l’approche héros sauvant le monde ne fonctionnerait pas. La gloire ne l’intéressait pas. Seulement l’argent : la grosse bourse trônant sur la table en était la preuve. Mais malgré ses dires, il souhaitait m’aider. Son intérêt était éveillé. Une aventure : qui résisterait à son appel ? Pas un jeune homme tout juste adoubé. Je souris.

A son instar, je me rapprochais de lui, tenant mon visage dans mes mains et plongeant mes yeux  bleus dans les siens.
« Ceux qui vont voir des voyantes ne veulent qu’une seule chose : entendre ce qu’ils veulent entendre. Mais qu’importe ! Je n’ai pas le temps pour ce genre de badinage. »  

Je reprenais, ma voix telle un murmure.
« Tu dis que ce serait folie… Pour affaiblir une cité, il suffit de s’attaquer à ses bases et de distiller la terreur. C’est ce qui se passe déjà, ne sens-tu pas dans l’air cette tension ? Ne vois-tu pas la démarche et les mines des passants ? En temps normal, est-ce-que ce marchand t’aurait attaqué comme ça ? C’est la première fois que je viens ici, mais même moi, je m’en suis aperçue… Et… »

Je m’arrêtais quelques instants, cherchant mes mots. J’étais crispée sur mon siège, toujours aussi proche de mon interlocuteur.
« Et la personne que je recherche pourrait bien être mêlée à cette affaire de meurtres en série… Malgré elle. Elle a été enlevée et la seule chose que je sais, c’est que la mafia Busberry en est responsable… Elle a, hum, comment dire, des facultés particulières qui leur sont bien utiles dans l’exécution de leurs forfaits… Mais, ça la met en danger de mort et ma famille de même. Je dois la retrouver le plus vite possible pour nous protéger tous, moi et les miens. » Je prononçais ces derniers mots avec force et détermination.

« J’ai besoin de ton statut et de l’autorité qui t’est conférée en tant que chevalier pour remonter jusqu’à elle. Je n’ai pas d’or, je n’ai rien à t’offrir de ma personne, sauf une chose : une péripétie. »


C’était comme si le temps c’était arrêté. Je fixais Ithilion avec une intensité que je percevais moi-même comme étant peu commune. Peu importe qui il était. Peu importe pour qui il travaillait. Peut importe qu’il ait pu être le pire des malfrats, des vénaux et des hypocrites. Peu importe… L’urgence était là. Elle étreignait mon cœur, me paralysait et une angoisse indicible me serrait la gorge. L’urgence. C’était peut-être un piège ou la pire des bêtises de ma vie, mais il me fallait agir.

Une des leçons de Mamie Maas me revint alors en tête :
« Ne laisse rien ni personne connaître la nature de notre don. Si cela advenait, il ne te resterait qu’une seule chose à faire : effacer tes racines. Effacer ton existence. Fuir et survivre. »

Un pressentiment traversa alors mon être : le changement était en marche. Ma vie allait changer. Cette certitude se répandit dans tout mon être, écrasant mes épaules d’un lourd poids. J’eus peur. Terriblement peur.

« Je m’appelle Mélusine et tu es mon dernier espoir. Une promesse est une promesse, je me dois de la réaliser. »

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Souvenirs, souvenirs... [Pv Ithilion]

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