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Mémoires d'un bébé

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MessageSujet: Mémoires d'un bébé   Sam 20 Fév - 16:52

Enfin. J’ai plié mes bagages, je pars pour de vrai. Une longue épopée vers la Cité Neutre, seule, à travers le désert, avec comme seul compagnon de voyage, mon Temps qui ne vit que dans mes rêves. C’est à s’en demander s’il existe. A chaque fois que je m’endors, c’est d’un sommeil long mais si léger que je dois me réveiller chaque jour en prenant du poids de mes soucis. Dormir ne m’aide pas. Je ne dors pas réellement, je réfléchis avec un Temps qui n’a pas vraiment le temps de s’occuper de moi – le comble. Je ne fais que vivre ailleurs, en m’assoupissant ici. Finalement, chaque matin de mon existence est condamné à m’amener un peu plus de fatigue. Je veux dormir, tout le temps, je ne désire plus que cela, mais à l’horloge de mon corps, ce n’est pas encore l’heure. Je me regarde dans un miroir. Je n’ai même pas l’air épuisée ; ce n’est plus moi qui prend soin de mon corps, ce n’est plus l’Ünik que j’étais, mais un tout ce tas d’engrenages qui régissent mes besoins. Ces amas de ferraille qui, sans pause et sans fatigue, cliquètent, claquent, s’entrechoquent, se fracassent. Sifflent, grincent, crissent. Et ce tic-tac infernal qui hurle dans mon cœur. Je suis une horloge vivante, mais j’ai plutôt l’impression d’être une usine à bombes. Je finirai par exploser, et je ne serai même pas là pour voir le feu d’artifice de mes entrailles. Dommage.

J’approche mes doigts des aiguilles qui décorent mon buste. Je me vois les arracher avec rage, les torturer en les tirant, en les tordant. Je les entends hurler et me supplier d’arrêter. Et pourtant, tout ce que j’ai le courage de faire, c’est de les caresser du bout des doigts, pour sentir leur froideur sur ma peau qui en frissonnerait presque. Il y a un intrus dans mon corps, et je suis asservi par lui, mon Temps, qui ne me laisse plus un moment à moi. Nous nous sommes un peu apprivoisés l’un l’autre.

Par-dessus ma jupe rouille et mon chemisier blanc, je revêts un long manteau dans une matière étrangement douce, à l’aspect rude, de couleur sable. Parfait pour être rien, dans le désert. Mais l’Erudit qui m’a « sauvée », ou transformée… Non, qui m’a donné naissance. L’Erudit qui m’a donné naissance a souvent répété que ce manteau était in-dis-pen-sable pour les longues traversées, comme celle que j’entreprends.

« Un vêtement comme celui-ci, il n’y en a pas partout ! C’est moi-même qui l’aie créé ! Lors des grands froids nuptiaux du désert, il pourra te tenir chaud. Et il permettra à ta peau de ne pas être brûlée lorsque le Soleil n’aura qu’une envie, te carboniser(il dit cela avec une sorte de frisson dans la voix, comme pour m’effrayer). Alors, évidemment, je t’interdis de le perdre. »

Je souris, je dois avoir l’air heureuse de partir. Je regarde le résultat dans le miroir. Ce sourire n’a rien à voir avec mes yeux qui ne reflètent pas d’âme. Ils ne donnent aucune impression : ni quelque chose de méchant, ni de gentil. A moi, ils me font peur. Mieux vaut ne pas sourire. De toute façon, je ne leur ai jamais souri, je crois.
J’attrape le sac que l’Erudit m’a donné, fabriqué dans le même tissu que mon manteau, pour tenir au frais l’eau et la nourriture contenues à l’intérieur. Je l’enfile sur mon dos. J’avance lentement vers la grande porte du laboratoire, celle qu’on ne m’a jamais ouverte. Ornée d’énigmatiques symboles, elle m’a l’air haute de plusieurs cieux. C’est peut-être ma petite taille, qui me donne cette impression. Je lève la tête à m’en briser la nuque, pour voir le haut de la porte.

Depuis combien de temps n’ai-je pas vu le Soleil ?

L’Erudit et mon infirmière s’approchent de moi. Ils me laissent encore faire face à cette porte immense quelques secondes, puis l’infirmière me prend la main pour me tirer vers une toute petite porte en bois d’ébène, mais si moisie qu’elle n’a plus rien d’admirable.

« C’est ici que tu t’en vas. »

J’ai toujours cru que la sortie était cette porte immense, qu’on ne pouvait pas forcer, ni casser ; devant laquelle on était impuissant. J’apprends par cœur, pour la dernière fois, tous les contours de cette porte.

« Je veux connaître vos noms, avant de partir. »

Les deux me regardent avec une certaine surprise. Ce n’est sûrement pas la meilleure formulation d’adieux. Mais je n’ai pas envie de faire dans le tragique.

« Tu n’as pas besoin de les connaître. Tu t’en vas, pourquoi t’encombrer la tête de souvenirs inutiles ? »

Il me connaît assez pour manier mes désirs et en faire des prétextes. Ce que je veux, en effet, c’est oublier le passé. Un certain passé, en tout cas.
Me souvenir une dernière fois pour mieux oublier.
J’ai l’impression du déjà-vu, en me disant cela. Ou peut-être du déjà-vu, vu, vu et revu. Alors je m’exécute. Une dernière fois, avant de m’en aller pour de bon, je me souviens.



Née dans une famille de bourgeois, je suis plus que gâtée par mes parents. Je suis l’enfant cliché des fortunés d’Anathorey. Tout à fait charmante, d’après les amis de mes parents.
Je sais bien que dans ce monde, tout est apparence, et ce qu’ils disaient ne reflétait pas toujours ce qu’ils pensaient.
Mais à Urban City, je suis bien trop jeune pour comprendre cela. Trop naïve, insouciante, et surtout fière de tous les compliments qu’on me fait.


Je dois dire qu’aujourd’hui encore, je pourrais en être pleine d’orgueil. Ces grands génies, maîtres du monde, qui s’abaissaient à m’aduler. Les Üniks sont des êtres ironiques.

Malgré tout, mes parents ont fait de moi une jeune fille parfaite, selon leurs critères. A l’aube de mes 12 ans, je joue de la musique en arrachant mon âme pour la mettre dans le son, je dessine, peins et maîtrise l’aquarelle comme le fusain et la craie. J’asservis les mots pour en faire mes poèmes. Je n’ai pas 15 ans que je me suis imprégnée des sciences et des mathématiques à les graver dans mon squelette. Tout m’appartient. Je suis une petite fille parfaite, pleine de savoir, de joie de vivre, et de fierté.
Mais posséder tous les savoirs, ce n’est pas suffisant.


Quand on est trop gâté, on veut toujours plus. On envie ce que les autres ont. Je ne me rends compte qu’aujourd’hui qu’on est vide de ses acquis. Tout ça, ce n’est que du rien, comparé à l’infini. Du rien auquel on a donné une valeur, pour s’en donner une à soi-même.

Et pour moi, je n’ai pas de valeur si je ne suis pas aimée. L’amour acheté de mes parents et leurs amis ne valent rien, je le sens sans m’en rendre compte. Je commence à vouloir devenir une femme, ou plutôt la femme que toutes les petites pourries-gâtées rêvent de devenir. C’est plutôt difficile, quand la femme rêvée a une poitrine voluptueuse, est grande et ensorceleuse à vous faire atteindre le septième ciel par un baiser de ses lèvres de velours. Moi, je ne suis qu’une gamine. Au final, tout ce que j’ai pour moi, ce sont mes connaissances qui n’intéressent personne et mes cheveux : doux et longs, ils ont une couleur de bois de chêne.
Ca n’empêche pas que je désire tout m’accaparer. Tous les hommes sont pour moi. C’est avec cette idée en tête que je connais mes premiers ébats.


Ca me dégoûte, je ne veux plus y penser.

Il faut continuer. Se souvenir pour mieux oublier. C’est douloureux, mais c’est un mal pour un bien. Je suis jeune, mais ça n’a pas l’air de gêner mes amants. En échange de mets luxueux, d’argent, ou parfois juste pour satisfaire mes désirs, nos corps se débattent l’un dans l’autre. Deux morceaux de viande dont les peaux huileuses claquent l’une contre l’autre.

Ces images qui reviennent. Je me vois en gros plan. Je ne veux plus y penser.

Mon visage crispé mais satisfait. Les leurs, ils n’en ont plus. Ils n’ont plus de visages, ils ne sont qu’un ensemble, dénommé par « mes amants ». Je ne saurais dire leurs noms. Ils ont été changés en un monstre horrible, avec milles visages qui se ressemblent tous, qui ont tous la même expression. Une satisfaction au-dessus des autres.

Je ne veux plus y penser.

Nous sommes des porcs. Des animaux d’abattoirs, qui grouinent si fort que tout Anathorey pourrait l’entendre. Existe-il des êtres comparables à la laideur que nous représentons ?

Je ne veux plus y penser. C’est oublié.

C’est oublié. Nous verrons. Parmi eux, un seul a réussi à obtenir un nom. Un jeune homme qui me semble bien triste. Des cheveux noirs aux reflets nuit, de petits yeux fatigués et sombres. J’éprouve de la pitié pour lui. Non pas qu’il ait l’air malheureux, mais il y a quelque chose d’un peu mélancolique, sur lui. C’est peut-être ce qui m’a attirée. Quel bel hameçon, la mélancolie. Elle en attraperait plus d’une, de ces idiotes qui cherchent l’amour. Nous passons beaucoup de temps ensembles, lui et moi, à cultiver notre amour pour qu’il devienne la plus belle plante qui n’ait jamais existé. Je pense que nous nous aimons à l’infini, et pourtant à égalité. Les mathématiques devraient me faire comprendre qu’il y a des infinis plus grands que d’autres, mais je suis du genre têtue. Je reste des heures avec lui, à ne rien faire, juste à l’aimer. Il n’a rien d’extraordinaire, mais parle drôlement bien. De beaux mots, une belle syntaxe, il sait me parler et surtout me flatter comme personne ne l’a jamais fait.

Aïe.

Toujours aimable, sensible, attentionné.

Aïe.

Parfait ?

C’est douloureux. Arrêtons ici. J’aurai tout le temps de m’en souvenir plus tard.
A l’ouverture de la vieille porte d’ébène, je plisse les yeux. Les reflets du Soleil contre la dalle blanche du sol des laboratoires m’éblouissent. Je n’ai pas le temps de m’en plaindre. Je dois partir, maintenant.
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MessageSujet: Re: Mémoires d'un bébé   Mer 24 Fév - 1:10

Je garde les yeux fermés un instant. Si la lumière du jour me brûle la rétine, j’ai aussi besoin de réfléchir. Maintenant, pour la première fois de mes deux vies, je suis livrée à moi-même, seule au milieu d’un monde si vaste. Je dois faire mes propres choix. Je glisse mes mains dans les poches de ce manteau bien trop grand. Je dois plus passer pour une fugitive que pour une nouvelle-née. Je ne sors pas, je fuis du ventre du laboratoire.

Je tends la main au ciel pour essayer d’attraper un peu d’avenir, j’en ai l’insolence. A peine mes doigts sortent-ils de l’ombre de mes épaisses manches que les rayons du Soleil viennent embraser ma peau. Je m’empresse de rabaisser la main, la brûlure me ramène à la raison : quelle folie que de vouloir s’approprier l’avenir. Si le destin existe, ce n’est pas moi qui l’écris. Personne ne peut avoir la prétention de le faire. Pas des êtres comme nous, Üniks, Hybrids, Parias et Qantiks.

Je rouvre les yeux avec une lenteur que je me découvre, par peur que le Soleil ne me retire la vue. Je m’attendais à voir, autour de moi, peut-être une grande ville, ou un quartier animé par des centaines de Qantiks. Oui, il y a bien des centaines de Qantiks, autour de moi. Mais pour l’animation, je repasserai plus tard. Des cadavres d’automates jonchent le sol de pyramides qui m’ensevelissent sous leur grandeur. C’est un cimetière de fer dont aucun mort n’a eu le droit d’être enterré. Personne n’est venu à leur enterrement, pour pleurer leur départ, et personne n’a prié pour que rien ne leur arrive de mal, là où ils vont. Ils nient eux-mêmes leur existence personnelle : même tête, même corps d’argent, de cuivre, de fer, et tous les autres métaux. Ils sont rangés, les uns à côté des autres, à distance égale. On dirait des gardes. Pourtant, ils ont l’air morts.

Ce spectacle m’effraie. Je me vois en chacun d’eux : une expérience ratée dont la ferraille ne peut même pas servir à créer d’autres expériences, qui à leur tour, ne réussiront pas. Est-ce qu’eux aussi, on les a envoyé à la liberté ? Est-ce que moi aussi, je vais crever à côté d’eux, pour rejoindre le décor ? Par peur de répondre à l’affirmative à cette deuxième question, je ne m’attarde pas. J’entame une marche au milieu de tous ces frères éteints, sans confiance. Par une paranoïa que je me trouve justifiée, j’ai l’impression que ceux que je viens de dépasser me suivent, pour essayer de m’attraper et m’enfoncer avec eux dans leur théâtre de morts. Ca a pour effet de me faire presser le pas, même si mes jambes me semblent ankylosées à cause de la peur. Avec cet engourdissement, je dois forcer pour marcher vite, et n’ayant pas l’habitude, je commence déjà à fatiguer. J’essaye de ne pas penser que devant moi se trouve un désert dont la taille m’est totalement inconnue. Je serai obligée de passer par là, de toute façon, si je veux un jour atteindre la Cité Neutre. J’en rêve déjà un peu.

Après une bonne heure de marche et de cauchemar, où le paysage ne change jamais – se succèdent bâtiments et Qantiks obsolètes, j’arrive enfin à m’extirper de cette forêt de laboratoires et de morts. Je pose pour la première fois mes pieds dans le sable chaud. Je le sens malgré mes chaussures, tout comme je sens la chaleur du Soleil s’abattre sur moi, malgré le manteau. Le paysage est différent ; malheureusement, je sais qu’il ne variera pas pendant longtemps. Jusqu’à quand, je ne sais pas. Longtemps doit être une indication suffisante. Je réalise que ce voyage, dont j’étais jusqu’alors impatiente, va devenir le pire Enfer que je n’ai jamais connu. Des heures, des jours, peut-être des semaines et des mois, qu’est-ce que j’en sais ? J’ai bien vu une carte du monde, je sais que je dois marcher tout droit, mais combien de temps ? Assez pour survivre ? Je sais que je ne mourrai pas de fin, de soif ou de sommeil. Mon corps s’occupe de tout. J’ai peur pour ma tête. Il faut qu’elle tienne le coup, qu’elle n’explose pas. Je n’aurai jamais personne avec qui parler.



Après une première journée de marche éreintante, première nuit de sommeil absent.

- Tu penses être seule ?

- Oui, un peu.

Cette fois, il s’est présenté sous la forme d’un jardin, dont les saisons alternent sans prévenir. Je suis assise sur un banc, et ne sent ni la chaleur, ni le froid, ni rien. Je vois juste la beauté du jardin varier, mais rester fidèle à elle-même. C’est une beauté permanente, qui perdure à travers le cycle des saisons. J’aurais aimé être belle, moi aussi. Comme les saisons, les beautés se succèdent, héritières les unes des autres. Chaque femme est une saison, à sa façon. Mais chaque année, une saison s’éteint, et sa beauté, spécifique à cette année, et donc unique, s’éteint avec. Toutes les femmes perdent leur beauté, à un moment ou un autre. Mais moi, j’aurais voulu être vraiment belle, grande, avec des formes gourmandes.

J’aurais voulu être la femme que toutes les petites pourries-gâtées veulent devenir.

Non, pas comme ça. Je dois penser à d’autres choses. Je regarde les saisons défiler, et c’est le Temps qui me ramène à d’autres pensées.

- Tant que je suis avec toi, tu n’es pas seule.

- Tu n’existes que dans mes rêves. J’ai marché plusieurs heures sans personne à mes côtés. C’est la première fois que ça m’arrive.

- Je peux t’accompagner en dehors de tes rêves. Je peux être à tes côtés tout le temps. Mais je crains que tu ne te lasses de moi.

- Jamais je ne m’ennuierai de toi ! Tu es le seul ami que j’ai !

- C’est certain, pour l’instant.

Je comprends bien ce qu’il veut me dire. En renaissant, je me suis promis de ne plus jamais avoir d’amis. J’ai un peu rompu cette promesse, en devenant amie avec le Temps. Si je ne suis pas capable de tenir parole envers moi-même, comment pourrais-je lui demander de me faire confiance ? Pourtant, j’ai envie de le savoir près de moi. Je sais que c’est par égoïsme, mais je ne veux pas que lui, le Temps, m’en veuille. Est-ce que je suis capable de tenir une promesse, une vraie, à un ami ? Je n’ai plus le droit d’en douter.

- Je te propose de faire ça sous forme d'un contrat. Celui qui rompt l’accord en premier devra en payer le prix. Tu restes à mes côtés pour toujours, et je n’aurai jamais d’autres amis.

- Avant d’accepter, je dois être honnête avec toi. Tout d’abord, jamais tu ne pourras me faire payer quoi que ce soit.

Je le sais, mais c'est plus un défi que je me lance. Je veux savoir si je suis capable de tenir mon engagement.

-      Ensuite, si je suis avec toi, je n’existe que pour toi. Je pourrais me matérialiser, mais il n’y aura que toi qui me verras. Jamais les autres ne sauront que je suis là, je ne pourrais jamais les toucher ni avoir un impact sur leurs vie. En tant que le Temps, je fais mon travail de temps, sans que les gens ne prêtent attention à moi comme personne. Il n’y a que toi, qui fais cela. C’est pour cette raison que tu seras la seule à me voir et m’entendre.

- J’en ai conscience et je l’accepte.

- Alors j’accepte aussi.


Je me réveille en silence, tandis que le Soleil somnole encore. Je vois, à côté de moi, un jeune homme grand et fin comme une aiguille, coiffé comme un as de pique. Il porte une écharpe, et sa peau est très blanche.

- Tu risques de te brûler la peau, habillé comme ça.

- Ne t’en fais pas pour moi. Ni les autres vivants, ni le Soleil ne me voient.
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