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La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)

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MessageSujet: La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)   Dim 10 Avr - 21:55

La pluie tambourinait sur les toits au rythme soutenu qu'avait inconsciemment adopté une jeune fille à l'allure incertaine. La capuche noire rabattue sur sa tête dissimulait son visage. Les talons de ses bottines de cuir usé claquaient sur le sol tandis qu'elle zigzaguait entre les étals du Parterre. Les commerçants avaient tous pensé à protéger leur marchandises des intempéries, et patientaient sagement jusqu'à ce que l'averse drue s'arrête d'elle-même.

Nordkia était une ville connue aussi bien pour ses dockers que pour ses commerces. Loin d'être aussi riche et huppée qu'Anathorey, la ville cratère n'en était pas misérable pour autant. Beaucoup de marchands venaient y vendre des tentures exotiques, des épices étrangères, et bien d'autres denrées, qui attiraient bon nombre d'acheteurs. Et c'est précisément ce qui avait attiré Eden aujourd'hui.

Elle comptait bien mener son projet de voyage à bien. Mais pour quitter Nordkia et survivre à une errance solitaire sur le continent, il lui fallait du matériel. Comme de quoi bivouaquer, de quoi se nourrir, de quoi affronter les différents climats, un véhicule ou au moins une monture. Et tout cela avait un sacré coût. La jeune paria n'avait pas d'héritage ou de trésor caché au fond de son jardin à dépenser. En fait elle n'avait même pas d'emploi, elle avait toujours survécu en chapardant à droite à gauche, une bourse, une pomme, des vêtements, et tout ce qui lui tombait sous la main.

Elle s'était fixée un objectif qu'elle atteindrai coûte que coûte. Elle rodait ainsi depuis plusieurs heures un peu partout en ville, guettant une proie naïve qu'elle détrousserai aisément. La pluie cessa de détremper les pauvres badauds lorsque la jeune voleuse quitta les docks. Plus elle s'approchait du Parterre au fond de la ville, plus la foule devenait dense, pour son plus grand bonheur. Elle glissa ses mains discrètes et agiles dans quelques besaces, poches et autres bourses. Fière de son butin elle s'apprêtait à retourner dans son petit chez elle lorsque quelque chose attira son attention.

Une femme se tenait devant un étal de tenues colorés et soyeuses, et semblait plongée dans ses pensées. Elle faisait approximativement la même taille qu'Eden et portait un yukata extravagant d'un vert peu commun, probablement coûteux. Elle avait l'air fragile et distraite. La proie idéal. La petite crapule se rapprocha de sa future victime l'air de rien, flânant le plus naturellement du monde. Elle jetait des coup d'œil aussi brefs que discrets à cette femme dont l'aspect se précisait à chaque fois qu'elle s'en rapprochait. Elle arborait une longue tignasse verte, coiffée en une couette sur le côté de sa petite tête. Plus les détails de sa tenue apparaissaient, plus elle semblait raffinée et riche. La petite voleuse arriva à la même hauteur que la femme à la tenue extravagante et la bouscula, faussement accidentellement. Elle s'excusa comme réellement embêtée et quitta la place rapidement.
Un sourire malicieux étira ses lèvres alors qu'elle s'isolait dans une petite rue attenante. Elle ouvrit la paume de sa main et contempla le grelot et la bourse qu'elle venait tout juste de dérober. Elle haussa un sourcil et rangea le fruit de son larcin dans sa propre petite besace. Qu'elle ne fut pas sa surprise de se retrouver soudainement face à sa dernière victime.
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MessageSujet: Re: La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)   Lun 11 Avr - 15:33


Diya observait la voûte céleste plombée de lourds nuages. La luminosité était faible dans la ville puits, notamment dans les rues basses. La demoiselle se trouvait dans une artère marchande, quelque part entre les six ou sept premiers paliers, c’était là que, quelques semaines auparavant, Merybel avait repéré une robe sur un étal. Mais à ce moment là, seule la survie de Lilith comptait et elles avaient donc passé leur chemin. A présent que l'anniversaire de la jeune Elite approchait à grand pas, son amie avait décidé de revenir à Nordkia afin de lui offrir le vêtement qui avait attiré son attention. Slalomant entre les étals qui contenaient autant de babioles que d'objets digne d’intérêt, la Cyborg fut contrainte de s'abriter lorsque les première goûtes d'un imminent orage s'écrasèrent sur sa peau légèrement tannée à force de voyager. D'une moue réprobatrice, la demoiselle jeta son dévolu sur une boîte à couture en bois dont les motifs floraux, fait main d'après le marchand, plairait certainement à son amie avant de se tourner vers un marchand de bouquets floraux dont les flagrances parfumaient toute l'allée. D'un bond elle alla s'abriter sous l'échoppe suivante et son visage s'illumina. Enfin elle retrouvait les tissus chatoyant dont la longue robe bleu pastel toujours présente. D'un geste elle capta l'attention de la femme occupée à couvrir les articles qui avaient du mal à tenir sous la toile protectrice. Cette dernière s'avança avec le sourire charmeur de celle qui veux vendre et la discussion fut rapide. Bien que son Sigma aurait pu lui permettre d'obtenir le vêtement bien moins cher que le prix affiché, Diya se refusa à opérer ainsi et se contenta d'une réduction de dix pour cent sur le prix originel.

Le temps de payer son dû à la petite dame puis de replonger sa main dans son sac pour ranger sa bourse, la bague d'Eracléa s’était mise à briller avec insistance. Un regard furtif aux alentours ne permis pourtant pas à la Qantik de déterminer d'où venait la menace mais elle décida de rester sur ses gardes. Quelques minutes plus tard elle sentit une légère pression sur son épaule en même temps qu'on la bousculait. Le regard rivé aux étoffes soyeuses, elle fit mine de ne rien remarquer en répondant aux excuses que ce n'était pas grave. Le tintement distinctif de son grelot, bien que masqué par le bruit des bâches dont on chasse l'eau après l'averse lui confirma que la personne venait bien de la voler. Lorsque la pression se relâcha, la demoiselle se tourna discrètement et vit disparaître l'ombre dans la foule. Soupirant elle la suivit, se faufilant entre les habitants dont l'humeur, accordée au temps, donnait envie de rentrer chez soit s'enrouler dans un plaid avec un bon chocolat chaud. Son Yukata favoris empêchait certes les larges mouvements, mais ne la contraignait pas outre mesure si jamais elle devait se battre pour récupérer le précieux présent d'Aenaelle. Arrivée dans une rue perpendiculaire à celle où elle avait fait son achat, elle retrouva le voleur présumé, occupé à contempler son gain. Après avoir rangé celui-ci dans une besace, elle fut surprise de se retrouver face à la Qantik. 

Diya prit le temps de l'observer, les saphirs rivés à ses émeraudes ne la quittant pas. Il s'agissait d'une femme, dont la corpulence et l'age devait être similaire au sien, vêtu d'habits sombres qui n'attiraient pas l'attention et d'une capuche qui masquait en partie une chevelure entre le noir et le marron foncé, plutôt courte. La bague d'Eracléa continuait de briller à sa main gauche, comme pour lui rappeler que l’individu pouvait être dangereuse et la Cyborg fit apparaître une Kurokaze dans sa main. La dague charbonneuse se dessina dans un essaim de brume noire tandis que la jeune femme déclarait, calmement, tentant de convaincre l'Unik :

" J'aimerais ne pas avoir à faire usage de cette arme. Je te laisse l'argent si tu en as besoin, mais je tiens beaucoup au grelot que tu m'a subtilisé."

Un sourire engageant se peignit sur les traits de la Qantik alors qu'elle tendait la main, ouverte, vers l'inconnue pour qu'elle lui rende son bien. Elle pouvait comprendre que l'absence d'argent dans cette ville pousse certaines personnes à voler, et ce que contenait sa bourse ne lui manquerait pas plus que cela, il fallait l'avouer. Maintenant que le Dernier Paradis tournait bien les rentrées d'argent régulière suffisait amplement à subvenir à leurs dépenses. Elle pouvait bien le lui laisser. Mais pas le grelot. Non, ça, il en était hors de question.
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MessageSujet: Re: La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)   Lun 11 Avr - 18:05

Sous le choc de la surprise tous les muscles de la voleuse se tétanisèrent et sa bouche s'entrouvrit légèrement. Elle se reprit aussi vite qu'elle le put. Au cours de sa courte existence dans la ville semie-soutéraine des üniks, elle avait appris que laisser transparaître sa faiblesse était une grave erreur. Elle ne pouvait pas se permettre de montrer à son interlocutrice à quel point elle était surprise et désarçonnée. Comment cette femme avait elle pu se rendre compte de l'acte crapuleux dont elle avait été victime ? Habituellement, Eden était très douée dans son art frauduleux et personne ne l'avait, au grand jamais, prise la main dans le sac, au sens littéral du terme. Quelque chose rampait à l'orée de sa conscience, un vague sentiment d'avertissement, comme une voix qui lui criait que cette femme là était loin d'être ordinaire.

Les nuages de plomb qui se prélassaient dans les cieux furent dérangés par une bourrasque de vent violente, et la lumière chaude du soleil se mit à inonder la scène. La visibilité gagna en clarté et la jeune paria pu à présent détailler avec précision les traits de la femme aux cheveux verts. L'ovale immaculé de son visage était orné de deux prunelles dont la couleur lui évoquait les pierres précieuses qu'elle avait entraperçues (et dérobé cela va de soi) quelques jours plutôt au cou d'une bourgeoise enfarinée. Ses yeux brillaient d'une lueur faite de détermination et d'intransigeance. Ses petites lèvres roses et closes ne trahissaient aucun frémissement de crainte ni de colère ce qui était pour le moins curieux. Les traits de ce visage si peu anodin semblaient froids bien que fins et gracieux. La pensée absurde qu'une certaine beauté tout en délicatesse se dégageait de la jeune femme traversa l'esprit d'Eden l'espace d'un bref instant comme suspendu dans le temps.

Cependant l'admiration qui avait gagné la voleuse durant quelques secondes, vola en éclats lorsque les rayons de l'astre du désert ricochèrent sur une lame plus sombre que les tréfonds caverneux de Nordkia. Bon sang, Eden n'avait jamais rien vu de semblable à cette arme. Une sirène d'alarme intérieur fit bourdonner ses oreilles, boostant ses sens et inondant son corps d'adrénaline. A ce moment précis la beauté, l'étrangeté et le mystère que dégageait son interlocutrice n'eurent plus aucune espèce d'importance, et pour cause : elle représentait un danger, potentiellement mortel.

- J'aimerais ne pas avoir à faire usage de cette arme. Je te laisse l'argent si tu en as besoin, mais je tiens beaucoup au grelot que tu m'a subtilisé.

Elle avait parlé d'un ton calme mais impérieux. Alors que ses mots résonnaient dans l'air encore frais de la ruelle, l'étrangère tendit la main devant elle, réclamant ses biens.
La paria jeta un regard vers la paume tournée vers la voûte céleste, puis vers le sourire amical qui lui étaient adressés. Cette démonstration d'émotion lui rappelait les mimiques que les üniks de son ancien orphelinat adressaient aux jeunes bambins. Elle n'était plus une enfant et elle se demanda pourquoi cette femme pouvait bien croire qu'une moue d'encouragement plaiderait sa cause. La jeune hors-la-loi pris cependant le temps de réfléchir aux options qui s'offraient à elle.

Soit elle s'avouait vaincue et restituait à l'inconnue le grelot qu'elle lui avait subtilisé, grelot qui semblait précieux, étant donné l'ardeur et l'énergie dépensées pour le récupérer, et qui pourrait potentiellement lui rapporter de quoi acheter trois bonnes semaines de vivres ; soit elle prenant la tangente en pariant sur les capacités physiques et le niveau de ruse que possédait cette femme gracile qui lui faisait face.
Si elle se pliait à sa volonté, elle s'avouait plus faible que cette femme et se soumettait en quelque sorte à elle, d'autant que rien ne garantisse qu'elle puisse s'en tirer saine et sauve. Sans compter qu'elle encourrait le risque de se retrouver remise aux autorités de Nordkia, et peut être même dépouillée de l'intégralité de son butin du jour. Si elle choisissait de fuir, elle avait de grandes chances de s'en tirer car elle connaissait la ville cratère comme sa poche, et puis ça n'aurai pas été sa première course poursuite loin de là. Sans compter qu'elle était rapide et endurante ce qui lui permettrait de semer son adversaire.
Cependant elle avait déjà commis l'erreur de sous-estimer l'inconnue, et s'était ainsi retrouvé en fâcheuse position avec une lame acérée sous le nez. Fronçant les sourcils elle prit la décision qui lui faisait encourir le moins de risques.

Lentement elle glissa la main dans la besace, et saisi entre ses doigts le grelot encore tiède depuis qu'elle l'avait tenu dans sa main. Elle ressortit son point serré autour de l'objet avec autant de méfiance et de précaution qu'elle le pouvait. Sur ses gardes elle tendit tout doucement le bras vers la main tendue et … au dernier moment elle projeta l'artefact dans les airs dans une ligne droite aux dessus de leurs têtes. Elle n'attendit pas de voir si son adversaire avait levé le menton pour suivre des yeux la diversion, et se précipita vers l'autre bout de la ruelle. Ses pieds martelaient le sol au même rythme que son cœur qui frappait sa poitrine. Des bruits de pas résonnèrent derrière Eden et elle se maudit d'avoir été si confiante. D'un bond elle grimpa sur une rambarde et se hissa aussi vite que possible sur le toit de la petite échoppe en se servant des imperfections de la façade. Sans un regard par-dessus son épaule, elle pri la poudre d'escampette de toit en toit avant de sauter sur une charrette de peau de bête qui amorti sa chute. L'onde de choc coupa néanmoins le souffle à la jeune fugitive qui entra dans une petite maisonnée au hasard le temps de se dissimuler au regard de son potentiel poursuivant.

Elle prit de grandes inspirations pour calmer les battements de son cœur affolé par l'effort qu'elle avait fourni. Le silence de la pièce en était presque oppressant, elle regarda autour d'elle, tentant de comprendre où elle avait trouvé refuge. La pièce était plongée dans une semi-pénombre, elle y distingua un lit, des affaires de voyages... Soudain la réponse à sa question silencieuse la frappa au point de lui faire perdre l 'équilibre. Elle était entrée par la fenêtre d'une chambre d'auberge, de gîte, ect... et bien évidemment, pas n'importe quelle chambre... Visiblement sa chance l'avait abandonnée aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)   Lun 11 Avr - 19:28


La femme la toisait, et Diya eut l'impression qu'elle calculait ses chances de fuir autant qu'elle la jaugeait. Puis lorsqu'elle la vit enfin s'avancer, le soulagement illumina son visage. Enfin, peut être avait elle jugé trop la situation, ce qu'elle compris trop tard. Car après avoir sortit l'objet de son sac, la voleuse s'avança avant de le balancer promptement au dessus de sa tête, droit vers la ruelle où les Dockers continuaient de circuler. Les lèvres de la Qantik s’arrondirent jusqu'à former un o parfait et elle se précipita derrière le grelot juste après avoir vu la demoiselle foncer en ligne droite dans la direction opposée. Pestant contre ces situations compliquées qui pourraient, au moins de temps en temps, se passer plus simplement, elle se mit à scruter les pavés. Il lui fallut peu de temps avant de mettre la main sur le précieux cadeau qui s’était arrêté dans le caniveau. Elle effectua ensuite un demi-tour, en se demandant si cela valait le coup de la poursuivre maintenant qu'elle n'avait plus aucune raison de le faire. Puis haussant les épaules et faisant disparaître la dague qu'elle avait gardé par sûreté, la Cyborg décida de rentrer déposer la robe empaquetée dans la chambre qu'elle avait loué pour son déplacement. Après tout la petite taverne disposant de quatre chambres se trouvait à deux pas, et l'adrénaline qui l'avait parcouru plus tôt lui fit parcourir cette distance en moins de temps qu'elle ne l'aurait cru. Montant les marches souplement, la demoiselle ouvrit la porte de sa chambre dont la clef, rouillé, aurait bien eu besoin d'un coup de neuf, et s'arrêta brusquement.

Les yeux écarquillés, Diya fixa avec surprise la voleuse qui s’était échappé plus tôt. Que venait elle faire ici ? La demoiselle fronça les sourcils, avait elle été envoyé par quelqu'un pour lui nuire ? Après tout, un partenariat avec la Duchesse Draspery avait autant d'avantages que d'inconvénients et la Qantik s’était attirée de nombreux ennemis en dépouillant les laboratoires par deux fois, ainsi qu'en proférant des paroles encourageant la réconciliation inter-raciale que les Nantis d'Anathorey voyait comme une insulte intolérable. Mais de là à envoyer une voleuse ? A moins que la femme ait d'autres talents cachés ? La jeune femme dénoua ses cheveux et relâcha ses épaules sans quitter l'inconnue des yeux, feignant une attitude détendue bien qu'elle soit sur ses gardes. Sans détourner les yeux elle alla déposa le sachet contenant le présent pour Merybel sur le lit aux draps tâchés par endroits. Puis, enfin, elle se décida à lui adresser la parole, plus amusé qu'inquiète :

" Puisque nous sommes visiblement destinée à nous croiser laisses moi t'offrir un repas chaud, je meurs de faim !"

Le but était bien évidement d'évaluer si la voleuse représentait une menace. Si ce n’était pas le cas elle accepterait sans doute, surtout après lui avoir piqué sa bourse ce qui prouvait d'une certaine façon qu'elle ne devait pas manger à sa faim. Ou peut être refuserait elle par fierté? Diya s'étira puis se tourna pour saisir une robe plus légère dans son bagage tout en lançant :

" Oh, si tu veux partir c'est maintenant, je ferais comme si je n'avais rien vu."

D'un rire malicieux, sans plus se méfier de la jeune femme, Diya s'enferma dans la minuscule salle de bain attenante pour se changer, ignorant si sa visiteuse serait encore là ou non lorsqu'elle franchirait à nouveau la porte. Elle n'avait rien de précieux dans ses bagages, à peines quelques affaires de rechanges et des bottes de voyages. Tout ce qui lui était important était à présent sur elle. Les deux Trancheuses-de-vents nouée à sa cuisse, l'exemplaire original de kurokaze à leur coté, le grelot et la bague à leur place habituelle et autour de son poignet gauche le mystérieux pendentif en forme de lune dont elle n'avait pas encore découvert l'utilité. Tout en se débarbouillant et en enfilant la robe à volants orangée, elle jeta par dessus son épaule :

"Tu aimes les côtes de porcs ? Il parait que cet établissement en sert d'excellente ! Je préfère le poisson mais bon, un peu de changement ne nuit à personne."

Après avoir ajusté son décolleté qui refusait de se mettre en place correctement, Diya poussa la porte, cherchant du regard la demoiselle aux cheveux sombres. Elle avait conservé son sourire bien que celui ci ai gagné en sincérité et la regardait à présent d'égal à égal. 
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MessageSujet: Re: La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)   Mar 19 Avr - 12:39

Reprenant lentement son souffle dans sa cachette qui lui offrait une sécurité toute relative, Eden se décolla du mur. Elle se mit à détailler la pièce dans la semi-obscurité ambiante. La seule source de lumière semblait être la fenêtre par laquelle elle était entrée. Ouverture gracile encadrée par deux pans de tissus épais qui ondulaient légèrement, encore perturbés par l'intrusion intempestive de la jeune crapule. La peinture qui recouvrait les murs avait vieillie tant et si bien qu'il était difficile d'en déterminer la couleur. Le sol était recouvert d'un parquet brut, raillé et entaché par le temps, dont certaines lattes grinçaient. Le mobilier aussi simple qu'utilitaire ne présageait pas qu'un invité très aisé puisse déambuler dans la pièce. En fin de compte la pièce paraissait même un peu miteuse. Même en retournant le contenu des tiroirs et des sacs de voyages qui traînaient là, il y avait peu de chance de trouver un objet qui vaille vraiment le coup d'être dérobé. Pendant son inspection, la voleuse s'était avancé vers le centre de la pièce, et elle dut faire vivement volte face lorsqu'un cliquetis caractéristique déchira l'épais silence. Quelqu'un déverrouillait la vieille porte et s'apprêtait à entrer. Elle examina rapidement ses options de fuite : inutile de se jeter vers la porte pour tomber directement nez à nez avec le locataire ; quand à la fenêtre, unique ouverture de la pièce je vous le rappel, elle se trouvait sur le même mur que le battant de bois, elle se ferai donc prendre à coup sûr. Vers le fond de la chambré se trouvait une porte qui menait certainement à une salle de bain attenante, toutefois impossible de savoir si l'on pouvait s'enfuir par là. Elle n'eut pas le temps de tester sa théorie que, la personne à qui elle s'attendait le moins poussa l'épais battant.

La femme aux cheveux verts la fixait depuis le seuil, tout aussi surprise qu'elle. Comme un lièvre surpris par un chasseur, elles se regardèrent un instant en chien de faïence, avec des soucoupes à la place des yeux. L'inconnue au grelot se ressaisit la première. Elle pénétra dans sa chambre en refermant derrière elle, dans une attitude détendue. Elle libéra ses mèches verdoyantes qui glissèrent sur ses épaules et dans son dos avec panache. Tout en gardant un œil sur la voleuse, elle déposa ses emplettes sur le petit lit et ouvrit la bouche, sans animosité ni appréhension semblait il.

-Puisque nous sommes visiblement destinée à nous croiser laisses moi t'offrir un repas chaud, je meurs de faim ! Oh, si tu veux partir c'est maintenant, je ferais comme si je n'avais rien vu.

Eden fixa son interlocutrice avec incrédulité. Cette dernière s'enferma dans la petite pièce qui devait être une salle d'eau. Elle avait du mal à évaluer la situation. Pourquoi cette femme se montrait elle aimable avec elle, allant même jusqu'à lui proposer un repas, alors qu'un peu plus tôt elle l'avait détroussé ? La jeune voleuse hésitait et ne parvenait pas à se décider, aussi son estomac le fit pour elle lorsqu'il se tordit en lâchant une plainte lancinante. Elle n'avait rien avalé de la journée et n'allait certainement pas cracher sur un repas chaud. Elle allait tenter le sort et accepter la proposition.
La jeune étrangère fit à nouveau son entrée dans la pièce vêtue d'une robe aux couleurs du couchant.

-Tu aimes les côtes de porcs ? Il parait que cet établissement en sert d'excellente ! Je préfère le poisson mais bon, un peu de changement ne nuit à personne.

Eden ne se sentait pas vraiment assez à l'aise pour décrocher un mot. Se tortillant légèrement en passant son poids d'une jambe à l'autre elle hocha la tête. Les deux femmes quittèrent la chambre et pénétrèrent dans la taverne en elle-même. Des odeurs alléchantes flottèrent jusqu'au narines de la paria, se faisant, son estomac se manifesta à nouveau. Elle posa par habitude une main sur son ventre sans même s'en rendre compte. Elle suivi sa compagne d'un soir tout en observant les clients attablés, et ceux avachies sur le bar. Plusieurs regards se tournèrent vers les deux nouvelles arrivantes. Certains intrigués, d'autres lubriques, ou juste méfiants. Eden passa nerveusement la langue sur ses lèvres, être sur le devant de la scène, l'objet de l'attention des autres n'était pas dans ses habitudes, et elle craignait qu'on la démasque. Tout un chacun savait à quel point les parias, les « bâtards » étaient haïs. Sans plus de cérémonie elles s'attablèrent dans une sorte de petite alcôve un peu à part et l'aubergiste prit leur commande. Le bruit des couverts qui s'entrechoquaient, le crépitement du feu dans l'âtre, les rires gras et les échos de conversations lui parurent soudain assourdissants. Elle ouvrit la bouche et se demanda ce qu'elle pourrait bien dire. Feignant l'attitude de ceux qui sont sûr d'eux et en savent plus qu'il n'y parait elle décida d'aller au plus simple.

-Alors mademoiselle … ?

Lorsque la jeune femme lui donna son nom elle hocha la tête et poursuivit sans se présenter, elle y viendrait fatalement de toute façons.

-Que pouvais tu bien faire au marché de Nordkia ? Je doute que faire les boutiques soit ton seul but à en juger par l'arsenal que tu dissimules sur toi ?

Bien évidemment Eden faisait référence à l'étrange lame qu'elle avait vu dans la rue un peu plus tôt dans la journée, bien qu'elle se doute que ça n'était pas la seule arme que son interlocutrice devait transporter. Elle enregistra avec soin la réponse dans un coin de sa tête. Plus elle côtoyait cette femme plus elle l'intriguait, et ne semblait pas être aussi simple et banale qu'elle le laissait entendre. La jeune voleuse sentait grandir en elle toute une armada de questions. Elle voulait lui poser des questions sur l'extérieur, sur les lieux où l'étrangère s'était rendue, l'endroit d'où elle venait, sur les habitants de la Sylva et ceux de la Cité Neutre. Elle voulait aussi en apprendre davantage sur cette femme si intrigante aux yeux d'émeraudes, yeux qui semblaient bien plus âgés que ce que son apparence suggérait. Mais elle n'était pas dupe, non seulement il était peu probable que cette femme dévoile toute sa vie à une pure inconnue, mais en plus ce monde reposait sur le principe du donnant donnant. Si vous voulez quelque chose, vous devez en payer le prix. Une faveur en vaut une autre, et des réponses ont besoin d'informations.
L'aubergiste leur apporta leurs assiettes et elle attendit qu'il se soit éloigné. Regardant son interlocutrice sous ses cils, elle se lança.

-Je m'appelle Eden, je suis née et j'ai grandi à Nordkia, je ne suis jamais sortie de ce trou. Et toi, d'où est ce que tu viens ? Parce que je vois bien que tu n'es pas d'ici. Tu as beaucoup voyagé ?


Hrp:
 
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MessageSujet: Re: La voleuse et la voyageuse (PV DIYA)   Jeu 21 Avr - 21:48


La Qantik observa son invitée qui se balançait d'un pied sur l'autre, mal à l'aise, et son sourire s’accentua quand elle accepta son invitation d'un signe d'un tête. Un escalier de bois grinçant les mena dans un salle de grande envergure meublée de quelques tables et banquettes où se prélassaient de nombreuses personnes, bruyantes ou trop occupées à mastiquer. Certaines les regardèrent passer en haussant un sourcil curieux, d'autres les dévisagèrent de façon plus insistantes. La jeune femme n'y fit pas attention et les entraîna vers une table à l'écart, dans un coin où elles seraient tranquilles pour discuter. Elle comptait bien laisser cours à sa curiosité un minimum. Le patron, un homme plutôt grassouillet dont le tablier avait sans doute été blanc un jour, prit leur commande avant de s'esquiver en le laissant se regarder dans le blanc des yeux. La Cyborg aurait bien eut quelques questions à lui poser, mais elles se bousculaient tant qu'il était impossible de donner la priorité à l'une ou l'autre d'entre elle. Lui coupant l'herbe sous le pied, son invitée lui fit comprendre qu'elle souhaitait connaitre son identité. D'un ton calme, presque surpris de la voir entamer la conversation, la demoiselle répondit :

" Tu peux m’appeler Diya."

Suite à quoi la femme hocha la tête avant d’enchaîner sur une suite de questions concernant autant la raison de sa présence à Nordkia, que l'arme qui n'avait pu lui échapper dans la ruelle. Le regard de la Qantik se fit plus dur un bref instant avant de déclarer :

" Je suis venue acheter un cadeau pour une amie. Elle avait repéré une robe sur l'étal où tu m'as abordé et heureusement pour moi le prix était trop exorbitant pour qu'elle ait été achetée entre temps. Quand à ce que tu as vu, il s'agit d'une arme enchantée nommée Kurokaze, ne te fie pas à sa consistance ténébreuse, elle est aussi tranchante que la plus affûtée des dagues. Quand on voyage il faut avoir de quoi se défendre."

La jeune Cyborg se tue, elle ne devait pas en dévoiler trop non plus. Si jamais la situation l'exigeait elle devait pouvoir compter sur l'effet de surprise, et parle de l'arme laser aurait pu effrayer la voleuse. Diya détourna les yeux aux souvenirs des dégâts que celle ci avait causé durant la Grande Purge. Elle revoyait les cadavres carbonisés, entendait résonner les cris de douleurs et de terreur au milieu des rangs ennemi. Le monstre tapis en elle ronronna, cela faisait un moment que la Qantik n'avait pas utilisé son Sigma, cela la démangeait. Heureusement pour elle, l'aubergiste revint avec deux assiettes creuses copieusement chargées, la tirant de la spirale dans laquelle elle était tombée. La fumée des plats chauds forma un rideau inconsistant entre elles et permit à la demoiselle de reprendre ses esprits. Quand son invitée reprit ses questions, le visage de l'ancienne Hybrid était à nouveau serein, débarrassé des fantômes du passé. Elle écouta calmement ses nouvelles demandes en piquant dans ce qui devait être une ratatouille coupée vulgairement. Quelques frites venaient rejoindre cette piètre garniture, encadrant la côtes de porc, heureusement conséquente par rapport au prix demandé. Après s'être brûlé la langue, Diya lâcha, rêveuse :

" Enchantée Eden, pour ma part j'ai grandis dans la Sylva avant de partir découvrir le monde. Je n'en ai bien sûr pas encore fait le tour, il y a tant à découvrir et à partager sur Origin's !"

La Cyborg embrocha un morceau de viande et le dégusta avec délice en fixant la chapardeuse qui n'avait toujours pas touché à son assiette, avant de commenter, la critique facile :

" Pas mauvais, j'en ai goûté de biens meilleures mais j'imagine que pour ce genre d'établissement on ne peut pas s'attendre à mieux. Tu devrais manger, avant que ce soit froid."

La moitié de ses légumes avalés, Diya attaqua à son tour, parla volontairement plus bas que le ton général de la taverne afin que seule son interlocutrice l'entende :

" Tu as un travail à Nordkia ? Je pourrais m’arranger pour que ton salaire soit augmenté. Voler ne t'attirera que des ennuis, ils doivent être peu nombreux ceux qui réagissent avec autant de calme que moi lorsqu'il se rendent compte qu'on leur a arraché leur bourse. Tu as l'air intéressée par ce qui se trouve en dehors d'Urban City, qu'est ce qui t’empêches de partir à l'aventure ?" 

La Qantik avait plongé ses grands yeux curieux dans ceux d'Eden. La jeune femme la captivait, elle était si différente d'elle et pourtant, il y avait quelque chose, dans son attitude quand elle était entrée dans la salle à la vue de tous, qui lui avait rappelé sa première visite. La crainte d'être remarquée, de s'attirer le regard des autres. Elle avait vu la peur nuancer les eaux limpides que formaient ses yeux, et cela l’inquiétait autant que l'intriguait.
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